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Les Juifs dans l’Empire Ottoman de 1492 à Sabbataï Tsevi : Terre d’Accueil et d’Espoirs Messianiques

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Conférence de Gilles Veinstein qui est un historien français, spécialiste d’histoire turque et ottomane sur le thème : « L’Empire ottoman de 1492 à Sabbataï Tsevi : Terre d’accueil et d’espoirs messianiques ».

Abolition du Califat partie 6 : Conclusion

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Ainsi se termine cette petite série d’article sur l’abolition du Califat Ottoman. Le but était de résumer cette période assez méconnue de l’histoire occidentalo-musulmane car occultée par l’éducation nationale qui nous parle très superficiellement sur le but et les conséquence de la première guerre mondiale d’où l’importance de rechercher l’information par nous même.

A l’avenir, si Dieu le veut, j’essayerai de développer les biographies des personnages influent qui ont eu un rôle important à cet époque comme Mustafa Kemal Atatürk, Abd al-Aziz Ibn Saoud, Mohammed Amin al-Husseini.

Vous pouvez aussi vous reporter à la section Jeunes-Turcs qui vous permettra de comprendre les troubles qui ont secouer la société turc et qui ont permis la passation de pouvoir des mains des musulmans (Calife Adbülhamid II) à ceux des laïques (Jeunes-Turcs) : https://islamreinfo.wordpress.com/category/jeunes-turcs-2/

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Calife Abdülhamid II (1842 – 1918)

 

Abolition du Califat partie 3 : Les turcs laïque prennent le pouvoir et abolissent le Califat

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1011339-La_formation_de_la_TurquieLes britanniques ont réussi à promouvoir et exploiter le nationalisme arabe dans la péninsule arabique comme un moyen efficace d’attaquer et d’affaiblir le Califat Ottoman. En conséquence, les arabes se révoltèrent contre la domination ottomane sur la base d’une offre britannique d’aide pour réaliser l’indépendance nationale. Et comme une conséquence de la perte des villes de La Mecque et, éventuellement, Médine, l’appel pan-islamique du Calife ottoman subi des dommages irréparables. Les britanniques et les français ont réussi à gagner le soutien militaire islamique de l’Inde, du Maghreb et d’autres régions et ainsi à la fois arabes et des non-arabes se sont battus contre leur frères turcs. Le résultat fut que l’Empire Ottoman a été non seulement défait, mais les fondations islamiques incarnés par le Califat ont été détruits.

Sur les cendres de la défaite ottomane durant la Première Guerre Mondiale, les forces laïques nationalistes turcs, dirigée par Mustafa Kemal, a mené une guerre « après la guerre » avec tant de courage, de brillance et de détermination que les pouvoirs las de la guerre européenne ne pouvait rien faire pour empêcher les Turcs d’infliger une cuisante défaite aux Grecs. Le Traité de Lausanne, signé en 1924, a donné une reconnaissance internationale à celui qui avait été gagné par les armes turques sur le champ de bataille.

Les forces nationalistes turcs avaient été en conflit constant avec le Calife ottoman pendant plus de cinquante ans, luttent pour limiter ses pouvoirs grâce à un ordre constitutionnel qui remplacerait ce qu’ils considéraient être une dictature autocratique. Les forces nationalistes turcs ont été essentiellement laïque dans leurs perspectives politiques et ont été très impressionnés par la pseudo supériorité de la civilisation occidentale sur l’Empire ottoman.

Après la perte des villes de La Mecque et Médine, et après que les arabes et non arabes musulmans avaient combattu contre eux, les turcs se sentaient libéré de toute attache au monde islamique. Et ils n’ont pas tardé à adopter le modèle moderne laïque à la place du modèle traditionnel du Califat.

Ce changement de régime à permis l’instauration de la séparation de « l’église » et de « l’Etat », ce qui était irréalisable sous le modèle traditionel du Dar al-Islam. La nouvelle Grande Assemblée nationale turque a nommé Abdul Mageed comme Calife en 1922 pour servir en tant que chef de « l’Eglise » islamique. Son califat, cependant, a été dépouillé de tout pouvoir temporel (comme le Pape en Occident qui n’a plus aucun pouvoir temporel). Ils ont été dévolus à l’État.

Il est tout aussi inévitable que le modèle laïque devait se décomposer dans le milieu islamique de la Turquie. Il n’a pas été, et n’est toujours pas possible, de faire avec l’islam ce que les européens ont fait avec le christianisme. Le Calife n’a pas été, et ne pouvait être, l’équivalent du Pape car l’islam orthodoxe ne reconnait pas la division entre l’Église et l’État. En effet, il n’existe pas d’équivalent à l’Eglise catholique dans le système islamique.

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Mustafa Kemal Atatürk (1881 – 1938)

Il est vite devenu évident que le modèle d’Etat moderne et laïque ne pouvait pas se concrétise tant que le Califat n’était pas supprimé. Il est également devenu évident que les ennemis de la République kémaliste allaient chercher à utiliser le Calife pour déstabiliser la République et, éventuellement, de supprimer Mustafa Kemal. Les forces nationalistes turques ont rapidement fait entendre que la République, dans un milieu islamique, devait trouver le courage de prendre le contrôle de l’islam et subordonnée l’islam à l’État au risque de subir le sort de voir l’islam prendre le contrôle de l’État et restaurer le Dar al-Islam.

Il n’est donc pas surprenant d’apprendre que la Grande Assemblée nationale turque a adopté, le 3 Mars 1924, une loi abolissant le Califat. L’adoption de cette loi a marqué un moment décisif dans l’histoire de la communauté musulmane après une période de treize cents ans, durant laquelle l’institution du Califat a été presque universellement reconnu par les musulmans comme essentielle à leur religion.