Tahrir

Histoire de l’Egypte Partie 12 : La vague d’attentats des années 1990

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Une vague d’attentat va viser le tourisme égyptien durant toute la décennie 1990. L’objectif des jihadistes est de porter un coup à l’économie égyptienne à travers l’industrie du tourisme, qui se trouve au premier rang des rentrées financières du pays. L’apport financier du tourisme se trouve loin devant les entrées cumulés par la vente du pétrole et des droits de passage du canal de Suez.

En septembre 1992, des coups de feu sont tirés sur un bateau de croisière sur le bord du Nil. Le 21 octobre, une touriste britannique est tuée à Daïrout. Cette attentat est revendiqué par le groupe Jama’at al-islamiyah, dont le chef spirituel n’est autre que le Cheikh ‘Omar Abdel Rahman, qui avait émis une fatwa permettant l’assassinat du président Anouar al-Sadate. Pour contrer la crise, Hosni Moubarak est investi de pouvoirs exceptionnels et fait arrêter 600 membres d’organisations musulmanes considérés comme extrémiste. La confréries des Frères Musulmans suivra et les arrestations seront nombreuses.

Jama’at al-islamiyah intensifie ses actions et vise des fonctionnaires de l’Etat et les coptes, dont sont issus beaucoup de fonctionnaires et de l’intelligentsia* égyptienne fortunée.

Les attentats se multiplies de la fin de l’année 1992 jusqu’à l’attentat le plus meurtrier le 26 février 1993 au Caire. Une bombe explose dans un café populaire situé place Tahrir et fait 3 morts et 17 blessés dont 6 étrangers. Le 8 juin, une bombe est placée dans un bus près des pyramides et fait 2 morts et 15 blessés dont 5 touristes britanniques. Le 26 octobre, une grenade est lancée dans l’hôtel Sémiramis au Caire, et tue 2 américains, 1 français et 1 italien. Le 12 décembre, deux hommes en moto ouvrent le feu sur 2 touristes allemands et leur guides égyptiens au nombre de deux.

Malgré le mécontentement de tout les partis et la vague d’attentats qui frappe le pays, Hosni Moubarak est réélu pour un troisième mandat. Le président égyptien répond à la violence par la violence en multipliant les pendaisons, incarcérations dans les bagnes du désert et entre 10 000 et 20 000 arrestations dans les rangs des musulmans. Toutefois, ces mesures n’ont aucun impact car le nombre de partisans est trop élevé.

Le 26 juin 1995, Hosni Moubarak se rend à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, à l’occasion du 31eme sommet de l’Organisation de l’Union Africaine (OUA). A 1 km de l’aéroport, le convoi est attaqué par des islamistes qui vise principalement le véhicule du président égyptien. Dans la confusion, Hosni Moubarak ordonne à son chauffeur de rejoindre l’aéroport et s’envole pour le Caire où il tiendra une conférence en accusant les dirigeants soudanais. L’identité des assaillants ne sera jamais connu même si l’organisation Jama’at al-islamiyah revendique l’attentat le 3 juillet 1995, soit 7 jours après les faits.

Le 18 avril 1996, 20 touristes grecs sont tués et 14 blessés près des pyramides de Gizeh. Une acte qui aussi revendiquer par Jama’at al-islamiyah.

Le 17 novembre 1997, aura lieu l’attentat le plus meurtrier à Louxor, ville qui avait été épargné par la vague de violence. Le groupe Jama’at al-islamiyah à attaqué des touristes en visite devant l’un des temples de la ville et fait des dizaines de morts. Le bilan est lourd, 58 touristes suisses, allemands et japonais sont tués ; 10 égyptiens et 24 occidentaux sont blessés. Jama’at al-islamiyah réclame la libération de 30 000 de ses partisans des prisons égyptiennes et la libération de leur chefs spirituels Cheikh ‘Omar Abdel Rahman détenu par les Etats-Unis.

Cette attentat a porté un coup presque fatal à l’industrie du tourisme puisque les recettes chutes de 50%. Toutefois, Jama’at al-islamiyah perd le soutien populaire dont elle a bénéficié jusqu’ici. Ne pouvant se passer de ce soutiens, elle désavouera l’attentat en affirmant qui aurait été perpétré par de jeunes recrues. Des négociations auront lieu avec Hosni Moubarak qui s’engagera à libérer 4 000 prisonniers. En contre partie, Jama’at al-islamiyah abandonnera les action violentes et s’engagera sur le militantisme politique.

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* Ensemble des intellectuels d’un pays engagée dans un travail de création et de diffusion de la culture, accompagnée par les artistes et les enseignants.