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Franc-Maçonnerie partie 13 : Les Racines de l’humanisme dans la Kabbale

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Nous avons vu que la Kabbale est une doctrine remontant à l’Egypte antique, qui pénétra et contamina la religion qu’Allah avait révélée aux Israélites. Nous avons par ailleurs vu qu’elle repose sur une vision pervertie qui considère les êtres humains comme n’étant pas créés, mais comme étant des créatures divines existant depuis l’éternité.

L’humanisme pénétra en Europe à partir de cette source. La croyance chrétienne reposait sur l’existence d’Allah, et la croyance que les êtres humains étaient Ses serviteurs dociles créés par Lui. Mais, avec la propagation de la tradition des templiers à travers l’Europe, la Kabbale commença à attirer un grand nombre de philosophes. Ainsi, au 15ème siècle, un courant humaniste débuta qui laissa une trace indélébile sur le monde des idées européen.

Ce lien entre humanisme et Kabbale est souligné dans plusieurs sources. L’une d’elle est le livre du célèbre auteur Malachi Martin, intitulé The Keys of This Blood. M. Martin est professeur d’histoire à l’Institut Biblique Pontifical du Vatican. Il explique que l’influence de la Kabbale peut être clairement observée chez les humanistes :

Ainsi que l’historien de l’Université du Vatican Malachi Martin l’a montré, il existe une étroite relation entre la montée de l’humanisme en Europe et la Kabbale ….
Ainsi que l’historien de l’Université du Vatican Malachi Martin l’a montré, il existe une étroite relation entre la montée de l’humanisme en Europe et la Kabbale ….

« Dans ce climat inhabituel d’incertitudes et de défis qui marqua le début de la Renaissance italienne, surgit un réseau d’associations humanistes qui aspiraient à échapper au contrôle global de l’ordre établi. En raison de leurs aspirations, ces associations étaient obligées d’exister en secret, du moins à leur début. Mais outre le secret, ces groupes humanistes étaient construits autour de deux caractéristiques principales.

Premièrement, ils étaient en rébellion contre l’interprétation traditionnelle de la Bible telle qu’elle était soutenue par les autorités ecclésiastiques et civiles, et contre les bases philosophiques et théologiques qu’offrait l’Eglise en termes de vie civile et politique…

Comme on pouvait s’y attendre avec une telle animosité, ces associations avaient leur propre conception du message originel de la Bible et de la révélation d’Allah. Ils se saisirent de ce qu’ils considéraient être un corps ultrasecret de connaissance, une gnosie, qu’ils basaient en partie sur les milieux culturels et occultistes provenant d’Afrique du Nord, notamment d’Egypte, et en partie sur la Kabbale juive classique…

Les humanistes italiens expurgèrent l’idée de la Kabbale qui en devint presque méconnaissable. Ils reformulèrent le concept de gnosie et en firent un simple verbiage. La gnosie spéciale qu’ils recherchaient était un savoir secret permettant de maîtriser les forces aveugles de la nature à des fins sociopolitiques. » [39]

En résumé, les sociétés humanistes formées à cette époque souhaitaient remplacer la culture catholique de l’Europe par une nouvelle culture prenant ses racines dans la Kabbale. Ils avaient pour ambition de créer un changement sociopolitique pour y parvenir. Il est intéressant de retrouver aux sources de cette nouvelle culture, outre la Kabbale, les doctrines de l’Egypte antique. Le professeur Martin écrit :

« Les initiés de ces premières associations humanistes étaient des adeptes de la Grande Force (le Grand architecte du cosmos), qu’ils représentaient sous la forme du tétragramma sacré, YHWH… [Les humanistes] empruntèrent d’autres symboles (la Pyramide et l’œil qui voit tout) principalement à des sources égyptiennes. » [40]

Il est relativement intéressant que les humanistes fassent usage du concept de « Grand architecte de l’univers », un terme encore utilisé aujourd’hui par les maçons. Cela révèle qu’il doit y avoir un lien entre les humanistes et les maçons. Le professeur Martin écrit :

« Sous d’autres climats nordiques, à la même époque, une alliance bien plus importante avec les humanistes prenait place. Une alliance que personne n’aurait pu prédire.

Dans les années 1300, à une époque où les associations humanistes-kabbalistes commençaient à chercher leur place, il existait déjà, particulièrement en Angleterre, en Ecosse et en France, des confréries médiévales composées d’hommes…

Personne au 14ème siècle n’aurait pu prédire une fusion d’esprits entre les francs-maçons et les humanistes italiens…

La nouvelle maçonnerie s’éloigna de l’allégeance au christianisme ecclésiastique romain. Et là encore, comme pour les humanistes occultistes italiens, le secret garanti par la tradition de la Loge fut essentiel dans ces circonstances.

Les deux groupes avaient toutefois plus de points communs que le seul secret. D’après les écrits et les documents de la maçonnerie spéculative, il est clair que le principe religieux central se transforma en croyance dans le Grand architecte de l’univers (une figure familière dès lors grâce à l’influence des humanistes italiens)… Le Grand architecte était immanent et l’élément principal d’un cosmos matériel, un produit de l’esprit « éclairé ».

Aucune base conceptuelle ne pouvait permettre de réconcilier une telle croyance avec le Christianisme. Car de telles idées étaient exclues et considérées comme un péché, l’enfer comme châtiment et le paradis comme récompense, et le sacrifice perpétuel et éternel de la messe, saints et anges, prêtre et pape. » [41]

Bref, en Europe, au 14ème siècle, naquit une organisation humaniste et maçonnique prenant ses racines dans la Kabbale. Et cette organisation ne considérait pas Dieu, comme le faisait les juifs, les chrétiens et les musulmans : le Créateur et le Souverain de l’univers entier et le seul Seigneur et Dieu de l’humanité. A la place, ils utilisaient un concept différent, comme celui de « Grand architecte de l’univers », qu’ils considéraient comme faisant « partie de l’univers matériel ».

Autrement dit, cette organisation secrète qui apparut en Europe au 14ème siècle, rejeta Allah, mais sous le concept de « Grand architecte de l’univers », accepta l’univers matériel comme divinité.

Pour obtenir une définition plus claire de cette croyance pervertie, nous pouvons passer au 20ème siècle et examiner la littérature maçonnique. Par exemple, un des plus anciens maçons de Turquie, Selami Isindag, a un livre intitulé Masonluktan Esinlenmeler (Inspirations de la franc-maçonnerie). Ce livre a pour objectif de former les jeunes maçons. Il explique ce qui suit sur la croyance maçonnique en un « Grand architecte de l’univers » :

« La maçonnerie n’est pas impie. Mais le concept de Dieu qu’ils ont choisi est différent de celui de la religion. Le Dieu de la maçonnerie est un principe supérieur. Il est au sommet de l’évolution. Par la critique de notre être intérieur, par la connaissance et la progression délibérée sur le chemin de la science, de l’intelligence et de la vertu, nous pouvons diminuer l’écart entre lui et nous. Ensuite, ce dieu ne possède pas les caractéristiques du bien et du mal des êtres humains. Il n’est pas personnifié. Il n’est pas considéré comme le guide de la nature ou de l’humanité. Il est l’architecte du grand travail de l’univers, de son unité et de son harmonie. Il est la somme de toutes les créatures de l’univers, un pouvoir total englobant tout, une énergie. Malgré tout cela, il ne peut pas être accepté comme un commencement … c’est un grand mystère. » [42]

Dans le même ouvrage, il est évident que lors que les francs-maçons parlent du « Grand architecte de l’univers », ils font référence à la nature ou plutôt qu’ils vouent un culte à la nature :

« En dehors de la nature, il n’existe aucune force responsable de nos pensées ou de nos activités… Les principes et doctrines de la maçonnerie sont des faits scientifiques reposant sur la science et l’intelligence. Dieu est l’évolution, dont un élément est la force de la nature. Par conséquent, la réalité absolue est l’évolution elle-même et l’énergie qui l’englobe. » [43]

Le magazine Mimar Sinan, un éditeur spécialiste des francs-maçons turcs formule également la même philosophie maçonnique :

« Le Grand architecte de l’univers est une inclination vers l’éternité. C’est une entrée vers l’éternité. Pour nous, c’est une approche. Il suppose la quête continuelle de la perfection absolue dans l’éternité. Il forme une distance entre le moment actuel et la pensée franc-maçonne ou la conscience. » [44]

Il s’agit de la croyance à laquelle les maçons pensent quand ils disent : « nous croyons en Dieu, nous n’acceptons aucunement les athées parmi nous. » Ce n’est pas Dieu que les maçons vénèrent, mais les concepts naturalistes et humanistes, tels que la nature, l’évolution et l’humanité, divinisés par leur philosophie.

Quelques symboles maçonniques
Quelques symboles maçonniques

En examinant brièvement la littérature maçonnique, il est possible de se rendre compte que cette organisation n’est rien d’autre qu’un humanisme structuré et de voir que son objectif est de créer à travers le monde entier un ordre laïc et humaniste. Ces idées sont nées chez les humanistes de l’Europe ; du 14ème siècle, mais les maçons d’aujourd’hui les proposent et les défendent toujours.

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Notes :

[39] Malachi Martin, The Keys of This Blood: The Struggle for World Dominion Between Pope John Paul II, Mikhail Gorbachev, and the Capitalist West, New York, Simon & Schuster, 1990, pp. 519-520

[40] Malachi Martin, The Keys of This Blood, p. 520

[41] Malachi Martin, The Keys of This Blood, pp. 521-522

[42] Dr. Selami Isindag, Sezerman Kardes V, Masonluktan Esinlenmeler, Istanbul 1977, p. 73

[43] Dr. Selami Isindag, Sezerman Kardes V, Masonluktan Esinlenmeler, Istanbul 1977, p. 79

[44] Mimar Sinan, 1989, no. 72, p. 45

Société moderne partie 8 : La franc-maçonnerie sous la deuxième République

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« Le courant conservateur (= catholique) qui a jaillit en 1843, grossi sous l’action du parti catholique, devient assez puissant pour enrayer le mouvement révolutionnaire. En 1849, le Pape Pie IX est mis en fuite et la République romaine est installée en Italie. Grâce à la puissance et au poids du parti conservateur en France, Louis-Napoléon interviendra militairement contre la République de Rome et réinstallera le Pape sur le trône pontificale. Les conservateurs réussissent à obtenir une loi sur la liberté de l’enseignement, la liberté des conciles et la liberté du dévouement chrétien.

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Il semblait que l’Eglise allait triompher de l’esprit révolutionnaire. Mais non, le courant catholique n’était pas assez pur, et le courant maçonnique ne faisait que suspendre un instant son action. Le courant catholique était déjà infecté par le libéralisme. Le libéralisme catholique consiste essentiellement dans l’effort fait pour rapprocher l’Eglise et le Monde, l’Évangile et les Droits de l’Homme, pour réconcilier, comme le dit Pie IX, l’Eglise et la « civilisation », la civilisation tel que l’a entendue l’humanisme de la Renaissance, telle que la veut la franc-maçonnerie. Ce mariage ne pouvait aboutir qu’au triomphe du mal. »

Société moderne partie 1 : La Renaissance du paganisme en terres chrétiennes

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Carte_Humanisme_RenaissanceLe XIIIe siècle marque l’apogée de la religion catholique en Europe jusqu’à ce que Philippe le Bel conteste l’autorité du Pape Boniface VIII et réussi à le faire enlevé par le chevalier Guillaume de Nogaret. Le peuple vient au secours du Pape et le libère des forces française mais ce dernier tombe malade et meurt 1 mois après.

Ceci marque la première révolte du pouvoir temporel contre le pouvoir spirituel et depuis cet événement, cela ira de pire en pire jusqu’à nos jours où nous sommes témoins de hostilité ouverte du monde moderne et plus particulièrement en France et en Europe contre toute forme de religion (principalement le christianisme et l’islam).

Vous aurez remarqué que l’école républicaine nous apprends que le Moyen âge fût une période d’obscurantisme et n’est pas étudier en profondeur. Par contre, on nous vante les bienfaits d’une autre période appelé la Renaissance. Pourquoi appeler cette période « Renaissance » ? L’école de la République nous réponds qu’il s’agit d’une période d’avancé technique extraordinaire où l’Europe renaît de ses cendres… cendres hérité du Moyen âge où a prévalu l’obscurantisme religieux.

Henri Delassus nous en apprends plus sur le terme « Renaissance », selon lui il s’agit de la Renaissance du paganisme ( = religion polythéiste des païens ) car c’est à cette période que les contestations contre l’Eglise catholique, donc contre Dieu, prennent leurs racines.

« La lutte ne commença et ne devint nécessaire que lorsque les jeunes humanistes rejetèrent toute l’ancienne science théologique et philosophique comme n’étant que barbare, prétendirent que toute notion scientifique se trouve uniquement contenue dans des ouvrages anciens, entrèrent en lutte ouverte avec l’Eglise et le christianisme, et trop souvent jetèrent un défi à la morale. »

[Extrait de l’ouvrage « L’Allemagne à la fin du Moyen-âge », page 50]

Je vais maintenant cité un passage du livre « La conjuration antichrétienne » d’Henri Delassus, qui à le mérite d’être très clair sur le sujet :

« Le changement s’opéra d’abord dans les âmes. Beaucoup perdirent la conception d’après laquelle toute fin est en Dieu pour adopter celle qui veut que tout soit en l’homme. Le cœur ne fut plus pour aimer Dieu, l’esprit pour le connaître, le corps pour le servir, et par là mériter la vie éternelle. Le plaisir et la jouissance devint le but de la vie. Les inventions nouvelles, l’imprimerie, la poudre, le télescope, la découverte du nouveau monde, etc…, venant s’ajouter à l’étude des œuvres de l’antiquité, provoquèrent un enivrement d’orgueil qui fit dire : la raison humaine se suffit à elle-même pour gouverner ses affaires dans la vie sociale et politique. La civilisation renouvelée du paganisme agit d’abord sur des âmes isolées, puis sur l’esprit public, puis sur les mœurs et les institutions. Ses ravages se manifestèrent en premier lieu dans l’ordre esthétique et intellectuel : l’art, la littérature et la science se retirèrent peu à peu du service de l’âme pour se mettre aux gages de l’animalité : ce qui amena dans l’ordre moral et dans l’ordre religieux cette révolution qui fut la Réforme. De l’ordre religieux, l’esprit de la Renaissance gagna l’ordre politique avec la Révolution. La Renaissance est donc le point de départ de l’état actuel de la société. Tout ce dont nous souffrons vient de là. Si nous voulons connaître notre mal, et tirer de cette connaissance le remède radical de la situation présente, c’est à elle qu’il faut remonter. »

Je rappel que Henri Delassus a été félicité par le Pape Pie X (1835 – 1914) concernant son ouvrage « La conjuration antichrétienne ».