religions séculières

Conseil de lecture : Textes Politiques Tome 2

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Le Tome 2 des textes Politiques édité par les Editions Nawa se concentre sur la Siyassa Shari’yya de Ibn Taymiyya, qui a été entièrement traduite et commentée par Aïssam Aît-Yahya. Pour commencer qu’est-ce que la Siyassa Shari’yya ? Ibn Khaldoun nous dit : « La  siyassa est l’art de gouverner une famille ou une cité conformément aux exigences de la morale et de la sagesse, afin d’inspirer aux masses un comportement favorable à la conservation et à la durée de l’espèce. » Il s’agit donc d’une « conduite politique émanant d’une autorité (sultan) se conformant à la légalité religieuse (shar’) et découlant d’elle ».

Aïssam Aît-Yahya met en avant le contenu et l’utilité de la siyassa à l’époque de Ibn Taymiyya mais aussi son utilité et ses limites à notre temps. Il démontre que les solutions proposées par certains savants à une période donnée ne sont pas forcément à répété à notre époque où la configuration mondiale à changer et ait en faveur de l’Occident laïque. Les islamologues et autre laïques du monde arabe tentent de trouver des voies permettant la sécularisation des sociétés musulmanes en donnant une mauvaise interprétation des textes de certains savants du sunnisme comme Ibn Taymiyya. Ce livre nous en donne un bon exemple mais apporte aussi des réponses à exploité pour revivifier les sociétés musulmanes sans forcément passer par l’insurrection armée qui est, malheureusement, la pratique courante dans le monde musulman depuis la mort de Ali Ibn Abou Talib et qui plonge la société musulmane dans le chaos et la stagnation.

Le livre met aussi en avant la conduite que les dirigeants se doivent d’adopter pour gouverné en respectant le Coran et la Sunna et met aussi l’accent sur les responsabilités des gouvernés qui ne sont pas sans reste dans l’état actuelle des choses. Aïssam Aît-Yahya propose des piste à suivre et des modèles d’institutions islamiques théoriques et à mettre en place pour permettre la bonne gouvernance en se basant sur la siyassa de Ibn Taymiyya mais aussi sur l’exemple des Califes Bien Guidés dont Omar Ibn al-Khattab. Il déconstruit, entre autres, le mythe de l’interdiction de se rebeller contre le détenteur du pouvoir en affirmant, preuves à l’appuie, que cette décision à été prise pour empêcher les révoltes des sectes comme les chiites et les Khawarijs, alors qu’elle n’a aucune valeur à notre époque car n’a de légitimité qu’à son époque. A travers ce mythe, les gouverneurs absorbent le pouvoir religieux en faisant des savants de simple fonctionnaires de l’Etat, ce qui revient à suivre les traces des Occidentaux qui ont donné aux rois le pouvoir religieux (ex : Louis XIV le roi soleil) et qui a fini par entraîner la sécularisation puis la laïcisation de ces pays.

Aïssam Aît-Yahya : La réalité religieuse de l’Éducation Nationale !

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Histoire et IslamL’école, à l’heure de la mondialisation triomphante, n’a plus la seule vocation d’instruire, mais de modeler, de former et avant cela, de transformer.

D’ailleurs historiquement le changement de dénomination est très révélateur en France : en moins d’un siècle nous sommes passés du Ministère de l’Instruction Publique à celui de l’Éducation Nationale. La première dénomination manifestait une part de neutralité car nous étions dans une simple logique de transmission passive du savoir (mais incompatible et paradoxale avec les bases idéologiques progressistes de la IIIe République). Or, avec la seconde, il y a désormais la volonté affichée et active de prendre en charge totalement l’individu par un État tutélaire, celui de la mère-patrie [1] qui cherche à se substituer à la famille, au groupe d’appartenance ou à la communauté pour en faire un éternel enfant-citoyen qui même une fois adulte n’a pas le droit de s’émanciper de sa tutelle, et d’ailleurs ne le souhaite pas.

C’est pourquoi on peut dire que « L’école ignore de nos jours des savoirs de l’esprit qui donnent l’intégrité, la volonté, la force, la force et la persévérance. L’indépendance est rarement de mise à l’école; l’indépendance acceptable est une indépendance canalisée en fonction des canons qui assurent la reproduction d’un certain modèle de société« . Mais il s’agit aussi de rappeler qu’avec un État d’une nature très particulière tel que la France, certaines discipline enseignées ont un objectif clairement théologique.
C’est-à-dire, que la ou les religions séculières (laïcité, humanisme, démocratie, rationalisme…), qui ont créé l’État moderne français, ont donné à certaines disciplines une fonction religieuse : transmettre à tous les citoyens le même mythe des origines, le même dogme et la même foi. Comme nous l’avons déjà dit précédemment , c’est bien l’Histoire qui est la base élémentaire de l’élaboration de cette culture nationale française. Or comme le disait le philosophe Alain : « Culture et culte sont des mots de la même famille » ainsi la culture nationale renvoie directement à l’idée de culte national ou tout simplement à l’idée de religion national.

Dès lors, on ne s’étonnera pas que pour Jules Ferry, l’école doit enseigner la « religion de la patrie« , et l’histoire tel qu’elle est comprise et inculquée par le clergé de la république française est donc ici comparable au Livre de la Genèse dans la Bible pour les religions judéo-chrétiennes : un récit religieux.
En France sûrement plus qu’ailleurs, les manuels scolaires d’histoire ont donc toujours eu un but prosélyte : convertir. Encore une fois, on ne prêche pas un converti, mais on cherche avant tout à convertir les autres, les nouveaux arrivés, les différents, les étrangers aux mœurs, traditions et croyances tout aussi étrangères, en d’autres mots : les païens de la république laïque, qu’ils soient nés en France ou non, qu’ils soient étrangers ou même Français de souche. [2]
Prenons par exemple, le plus célèbre des manuels d’Histoire français jamais rédigés, intitulé « Le petit Lavisse ». Ce manuel, réédité près de 50 fois en 1876 jusqu’au début des années 50, a eu le temps de former plusieurs générations d’élèves et de professeurs. Dès les premières pages, le ton est donné : « Dans ce livre tu apprendras l’histoire de la France. Tu dois aimer la France parce que la nature l’a faite belle, et parce que son histoire l’a faite grande« . On le voit bien, l’injonction est ici clairement assimilable à un ordre religieux tels les commandements de la Bible, et il ne s’agit là que de l’un de ses nombreux commandements. Il n’est donc pas étonnant que certains aient appelé Le petit Lavisse : « L’Évangile de la République« .

Il es évident que ce genre de manuel d’histoire, vu aujourd’hui comme une caricature par les historiens eux-mêmes, n’existe plus en France. L’enseignement de l’histoire n’est plus aussi explicitement « religieux » dans les messages qu’ils véhiculent, car il y a été tout simplement « modernisé », il utilise des méthodes beaucoup plus subtiles pour arriver aux mêmes objectifs.

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[1] Patrie vient du latin « Pater » signifiant Père : la mère-patrie peut-être alors comprise comme la fusion symbolique de la mère et du père dans une seule et même entité artificielle, devant recevoir l’unique et absolue piété filiale…

[2] Tel était le but des historiens de la IIIe République : éradiquer les particularismes régionaux, leurs cultures et histoires, en les réduisant à des folklores soumis à l’histoire officielle française écrite à Paris.

Source : Aïssam Aît-Yahya dans « Histoire et Islam : Comprendre la Naissance d’une Science », pages 12, 13 et 14.

Aïssam Aït-Yahya : Définition du terme « religion » !

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De l'idéologie islamique françaisePour les individus ne comprenant « religion » que dans un sens usé et amputé, ce postulat peut paraître comme une bien étrange prétention.

Il serait dont plus qu’utile d’étudier ici ce que recouvre le terme religion lui-même, d’en comprendre son sens le plus profond, ses évolutions, son fond et ses formes, pour en tirer un sens fondamental, afin de l’indexer et l’actualiser de manière viable aux réalités dans lesquelles nous plongerons.
Nombres d’auteurs ont longuement étudié le terme religion, afin de comprendre l’intérêt de son utilisation dans un monde qui s’est sécularisé.
En réalité, la sécularisation et la laïcisation, n’ont pas seulement réduit le christianisme à ce que l’on sait, dans un mouvement parallèle, elles se sont aussi attachées à réduire la portée de la définition et du sens que recouvrait originellement le terme de religion.
Michaël Culoma nous rappelle les antiques étymologies du terme religion et ce qu’elles impliquent : « La première origine est proposée par quelques Anciens comme Lucrèce, et par de nombreux auteurs chrétiens comme Tertullien, Lactance et Saint Augustin. Ils expliquent le latin religio par les verbes ligare et religare, signifiant lier et relier […] La religion serait un lien de piété unissant structurellement les hommes, notamment par le partage ainsi que par la création d’une relation commune à la Divinité. […] La seconde origine, qui se révèle aussi comme la plus probable est donnée par les stoïciens et notamment Cicéron. Ils expliquent le latin religio par le verbe legere, signifiant cueillir, ramasser ou religiere qui signifie recueillir, récolter. Elle s’entend comme la ferveur personne de l’homme face à une puissance spirituelle suprême. » ( Michaël CULOMA, La religion civile de Rousseau à Robespierre, L’Harmattan, 2010, p.17/18).

Deux étymologies différentes qui semblent apparemment antagonistes : une axée sur une certaine sociabilité de la religion et l’autre beaucoup plus portée sur le salut individuel…
Pourtant au lieu de les opposer comme beaucoup d’auteurs, Michaël Culoma à l’intelligence de les unir pour proposer une définition globale : « Cependant, ces deux acceptions ne sont pas exclusives l’une de l’autre. C’est ainsi que le phénomène religieux prend toute sa consistance dans cette double définition. […] Elle se consigne alors dans un double rapport, le premier vertical, qui transcrit la relation entre l’homme et la divinité ; et le second horizontal qui met en exergue le lien qui structure la communauté des croyants ».

Pourtant on constate que sous les effets de la modernité, cette définition et cette compréhension de la religion s’est complètement atrophiée pour ne plus représenter que l’idée d’une foi sans dogme, sans œuvre, une spiritualité sans attache. Et parfois sans même que s’attache à elle cette idée de foi, dans le sens le plus vidé du terme religion…
Plus généralement, le terme religion n’est utilisé, presque exclusivement, que pour désigner les religions traditionnelles (Islam, Judaïsme, Christianisme) ou les spiritualités asiatiques (Hindouisme, Bouddhisme, Shintoïsme, etc…)
Or dans la communauté scientifique, de la sociologie des religions à l’anthropologie, un mouvement rénovateur cherche à retrouver une définition viable de la religion en adéquation avec son temps.
Ces travaux se sont accélérés depuis la seconde moitié du vingtième siècle, et aboutissent tous à une reformulation plus moderne, sans être radicalement innovatrice du terme religion.
Nous nous attacherons à comprendre le terme de « Religion » dans les définitions les plus abouties qui lui ont été données jusqu’à présent.
Si nous adoptons une méthodologie chronologique, nous citerons en tout premier lieu De Tocqueville, qui donne au terme religion un sens déjà particulier, lorsqu’il la définit : « …comme tout ce que l’homme admet sans le discuter » ( Agnès ANTOINE, L’impensé de la démocratie, Fayard, 2003, p.410).

Le philosophe français André Lalande analyse quant à lui l’aspect social de la religion en la définissant comme : « Une institution sociale caractérisée par l’existence d’une communauté d’individus unis par :
– L’accomplissement de certains rites réguliers et par l’adoption de certaines formules.
– La croyance en une valeur absolue, avec laquelle rien ne peut être mis en balance, croyance que cette communauté a pour objet de maintenir.
– La mise en rapport de l’individu avec une puissance spirituelle supérieure à l’homme, puissance conçue soit comme diffuse, soit comme multiple, soit comme unique, Dieu » ( Roger BENJAMIN, Nature et avenir de la religion, L’Harmattan, 2002, p.37).

Le déblaiement du vieux terme religion se poursuivant, c’est en anthropologie sociale qu’il va acquérir une profonde pertinence. Surtout depuis que l’américain Clifford Geertz a expliqué la religion avant tout comme un système symbolique culturel : « Une religion est un système de symboles qui agit afin d’établir des humeurs et motivations durables chez les hommes en formulant des conceptions d’un ordre d’existence général et en revêtant ces conceptions d’une telle aura de réalité que ces humeurs et motivations semblent tout à fait réalistes » ( Bruno ETIENNE, L’Islam en France, Edition du CNRS, 1990).

La dernière définition la plus pertinente à notre sujet et suivant notre chronologie est celle de Raymond Aron, lorsqu’il nous explique sa méthodologie pour définir certaines idéologies contemporaines : « Je propose d’appeler religion séculières les doctrines qui prennent dans les âmes de nos contemporains la place de la foi évanouie et situent ici bas, dans le lointain de l’avenir, sous la forme d’un ordre social à créer le salut de l’humanité ».
Et nous pouvons rappeler que ce sont bon nombre de ces doctrines et idéologies modernes que Friedrich Nietzsche appelait « religions de substitutions » et que bien après lui, le sociologue américain, Thomas Luckmann, dans un monde sécularisé voire laïcisé, a qualifié de « religions invisibles ». Ces religions sont justement imperceptibles par les consciences humaines affectées par la modernité et n’ayant gardé à l’esprit, qu’un sens institutionnel et historique du terme religion, sens totalement désuet, puisque incapable de rendre compte de la réalité des religions contemporaines.
Sans comprendre toutes ces définitions et leurs portées, il n’est pas étonnant de voir que l’extrême majorité de ceux, qui manient à tort et à travers les différents concepts philosophico-idéologiques cités précédemment (de la démocratie à l’humanisme), soit ignorent leurs fonds et leurs formes profondément religieuses, soit le contestent farouchement.
En revanche les auteurs les plus objectifs qui ont bien compris leurs fondements et leurs origines, leurs prétentions et leurs buts, et qui perçoivent la réalité du terme religion, attestent très clairement de cette acceptation religieuse, et même, de leurs caractères fondamentalement religieux. Ainsi, toutes ces idéologies contemporaines entrent, indubitablement dans le cadre de ces définitions.

Aissam Ait Yahya – De l’idéologie islamique française

Aissam Aït-Yahya : Les leçons andalouses d’Ibn Hazm : le militantisme sans collaboration ni soumission !

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« A travers l’histoire de l’Islam on remarque très souvent que les époques troublées ont donné des musulmans et des musulmanes d’exception »

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بسم الله الرحمن الرحيم

Au nom de Dieu, Le Tout-Miséricordieux, Le Très-Miséricordieux

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A travers l’histoire de l’Islam on remarque très souvent que les époques troublées ont donné des musulmans et des musulmanes d’exception. Ces environnements hostiles, ces événements difficiles et douloureux produisent toujours une minorité d’individus dotés d’une Foi, d’une Raison et de qualités au delà du commun de leurs semblables. Car leur regard, leur intelligence, leurs interprétations et postures ont été aiguisés par le choix fatidique de leurs engagements.
Ils sont le fruit d’une Histoire tout en étant l’un des moteurs de celle-ci, alors que la masse, soit soumise soit collaboratrice, est toujours portée par le courant dominant et n’est en aucun cas capable d’orienter positivement le déroulement des événements.

La fatidique période de la fin du califat de Cordoue (1000-1050) ainsi que la première époque de taïfai1qui s’en suivit, fut une cassure irrémédiable dans l’Histoire musulmane d’Al Andalous : le choc politique, social, économique fut extraordinairement profond pour les contemporains, si l’on considère la rapidité du désastre. En moins d’une génération, en moins d’une vie d’homme, on a pu connaître les fastes de la puissance musulmane ainsi que la misère et l’humiliation de la dislocation du califat, des guerres civiles et de l’occupation chrétienne castillane.
Lisons certains passages tirés de chroniques des savants et lettrés de l’époque notamment celle d’Ibn Hayyan : «La période précédente m’accorda un répit. A la suite de quoi j’en arrivai au début de cette abominable fitna […] qui disloqua la jama’a, jeta par terre le solide royaume, et surpassa toutes les autres fitna islamiques. Son degré de monstruosité provoqua en moi un traumatisme qui me détourna de vouloir écrire son histoire...»2
De Abou ‘Obeyd Al Bakri : «la fitna qui remonte au début des années 400 [1007] et qui perdure jusqu’à nos jours, en l’an 460 [1067] a effacé les traces de ces bourgades et transformé l’aspect de cette prospérité. La plus grande partie de la région de Cordoba est désormais inhabitée du fait de l’exil de ses habitants»3
ou d’Ibn Bassam : «Allah sait que ce livre est le fruit d’un cœur blessé et d’une pensée affaiblie, en un siècle inconstant comme un caméléon. La cause est mon exil de Santarem, à l’extrémité de l’Algarve d’où j’ai émigré, dans la débâcle et la peur, après que les bandes chrétiennes, vague après vague sont venues à bout de l’homme de haut lignage comme du vagabond…»4

On est frappé de leur stupeur, voire de leurs états  »comateux », se lamentant sur leurs villes dévastées, de l’état de leur population, des parades et défilés des armées chrétiennes.
Il y a le clan des lettrés, chouyoukh et ‘oulamas lamentateurs passifs comme nous venons de le voir, mais il y a aussi le clan des collaborateurs qui, tous après la chute du califat, sont rentrés au service de tels émirs, de tels sultans, de tels ou tels walis, qui se partageaient le califat comme un immense gâteau. Se disputant des miettes, toujours prêts et fiers pour se combattre mutuellement, mais toujours conciliants, généreux, affables, amicaux voire fraternels avec les royaumes et princes chrétiens qui dévoraient méthodiquement le Dar al Islam. Et ces courtisans du pouvoir sont beaucoup trop nombreux pour être énumérés (de même qu’il sera impossible de tous les énumérer aujourd’hui…).

Les appels au jihad, à la reconquête et à la résistance ne rencontraient que très peu d’échos parmi la population, car rares étaient les chouyoukh andalous qui y appelaient. Encore plus rares étaient ceux qui y participèrent. Les chroniques ne signalent qu’un cas très remarquable car révélateur : le Cadi et cheikh ‘Ali Ibn Qassim Ibn ‘Achara. Remarquable, car il n’était justement pas andalou mais originaire de Salé au Maroc… Témoignant du fait que la plupart des moutawi’a (volontaires du jihad) n’était, ne venait et ne viendrait que du Maghreb.
Cette seule information, quatre siècles avant la fin du dernier royaume musulman d’Andalousie en 1492, nous fait comprendre aujourd’hui, qu’Al Andalous, était bel et bien condamnée à disparaître.

Parmi les militants, les insoumis, les rebelles, ceux qui n’acceptèrent pas la fatalité, et qui luttèrent intellectuellement, par la plume, par le savoir, par la raison, par le texte contre le système pervers qui se mettait en place, et vers ceux à quoi il amenait inéluctablement l’ensemble de la société musulmane d’Al Andalous : il y avait Ibn Hazm Az Zahiri (994-1064).
Sa vie entière fut passée à l’ombre de la décomposition du pouvoir califal et de l’effritement de la puissance musulmane.
Dès lors, il n’avait qu’une idée en tête, le rétablissement du Califat islamique légal, l’épine dorsale de la puissance musulmane, le critérium suprême de la seule légitimité politique musulmane.
Ainsi il va s’engager dans une voie sans retour, périlleuse, difficile, et dangereuse, de celles qui hypothèquent les opportunités de carrière et de vie tranquille, rangée à l’abri des soucis de toutes sortes.
Cette voie est celle de la critique radicale, de l’insoumission à l’ordre politique, de l’indépendance intellectuelle, basée sur un Islam total et sans concession.
Très vite, il sait que l’épreuve va être difficile et même historique : «…c’est une épreuve qui nous a été imposée qu’Allah nous en libère ! Une fitna vers le mal qui par bien des aspects qu’il serait trop long de rapporter, a détruit les pratiques religieuses sauf chez ceux qu’Allah a préservés»5

Et Ibn Hazm n’est pas du genre à se lamenter, mais à attaquer le cœur des problèmes, et comme la cause est politique, c’est donc tout le système politique qui s’est mis en place après le califat qu’il va remettre en cause, sans langue de bois, sans belles paroles soporifiques, sans autres excuses à faire dormir un insomniaque ; c’est clair et sans appel : « la cause fondamentale en est que chaque responsable de ville et de forteresse partout dans notre andalous, du premier au dernier est un brigand de grand chemin, par Allah et son prophète, un agent de fassad à travers le pays. Ce que vous constatez de vos propres yeux, ce sont leurs attaques contre les biens de musulmans gouvernés par un prince adverse, c’est la licence qu’ils octroient à leurs troupes de piller toute région […] c’est le fait qu’ils imposent aux musulmans des taxes non coraniques….»6.
L’ordre islamique étant rompu, le dîn étant émietté, la population musulmane d’Al andalous se soumet aux caprices, aux passions des nouveaux potentats qui ne cherchent qu’à satisfaire leur soif de pouvoir personnel, elle se soumet donc à un nouvel ordre avec ses règles, ses lois et ses codes, en un mot à un nouveau dîn… Interprétation contemporaine diront certains ?
Relisons alors Ibn Hazm : « …c’est un scandale abject, une violation des lois de l’Islam, un démaillage, maille après maille, une création d’une nouvelle religion alors que les prérogatives appartiennent à Allah seul»7.

Il est vrai que les mêmes causes donnent toujours les mêmes effets, et que les paroles les plus magistrales de nos prédécesseurs sont toujours celles qui nous donnent l’impression d’avoir été prononcées aujourd’hui.
Ibn Hazm, comme Ibn Taymiyya trois cent ans plus tard, comme d’autres les siècles suivants, savaient et comprenaient très bien que la soumission des musulmans à un autre ordre temporel que celui de l’Islam, les  « désislamisaient » au profit d’une autre religion.
Et Ibn Hazm disait déjà de ces détenteurs de la force militaire et donc souvent aussi de l’autorité politique que : « …s’ils apprenaient que dans l’adoration de la croix il y avait de quoi faire marcher leurs affaires, ils s’empresseraient de se convertir. Nous les voyons rechercher de l’aide des chrétiens et permettent à ceux-ci de s’emparer des femmes des musulmans, de leurs enfants et de leurs hommes, emmenés en servitude dans leurs pays. Que de fois leur cèdent-ils des villes et des places-fortes, dont les chrétiens chassent l’Islam et qu’ils peuplent de cloches ! Qu’Allah les maudisse tous ! Qu’Il leur afflige le châtiment avec l’un de ses sabres» [8].
Mais que dirait donc Ibn Hazm s’il voyait l’état des nôtres actuellement, tous convertis aux religions séculières et soumis à ces nouvelles religions et qui participent de manière claire et consciente à la destruction de la réalité de l’Islam au sein même des consciences musulmanes ?

Ibn Hazm voulait ébranler les consciences, il voulait frapper fort les esprits de ses contemporains, les secouer violemment afin qu’ils réagissent.
Pour cela il a aussi compris qu’il fallait surtout s’attaquer aux sorciers et aux magiciens, non pas à ceux qui jettent des sorts en ayant recours à des forces obscures, mais ceux qui savent utiliser le savoir des mots et des paroles de la science authentique, mais toujours pour ensorceler les consciences musulmanes. Mettant en garde les musulmans contre ces fonctionnaires qui ont fait leurs demeures les antichambres des palais des tyrans de toutes sortes dans le monde arabo-musulmans (ou ceux qui  »squattent » les mairies, préfectures et ministères en France) Ibn Hazm écrit : «Ne vous trompez pas ! Que ne vous égarent ni les foussaq, ni les prétendus juristes qui habillent d’une peau de mouton un cœur de bête sauvage, qui décorent du nom de bien le mal des gens du mal, qui les aident dans leurs fisq»[9].

Les œuvres d’Ibn Hazm débordent de ce genre de diatribes effrénées, de paroles aussi acerbes et tranchantes qu’acides et cinglantes. Il luttait contre un système en décomposition menaçant de décomposer les musulmans eux-mêmes.
Il faut dire que si le Maghreb n’était pas aussi proche d’Al Andalous, elle aurait été perdue par l’Islam bien avant 1492 encore… Et avec les Almoravides, les Almohades jusqu’aux Merinides, le Maghreb a envoyé durant trois siècles des centaines de milliers de volontaires au jihad cherchant à stabiliser le front…
Mais peine perdue, car à quoi bon stabiliser le front, si idéologiquement la bataille dans les consciences andalouses était déjà perdue ?
Rappelons que toute la clique de roitelets andalous et leurs fonctionnaires assermentés étaient très réticents à faire appel aux Almoravides de Youssouf Ibn Tachfine : il faut attendre la prise d’une des plus grandes métropoles musulmanes, Tolède, pour que la population d’Al Andalous prenne peur. C’est sur une initiative de certains savants de Cordoue que fut prise cette décision, et sans prendre conseil auprès de leurs « Wali amr » ou « houkam shar’i ».
Ce n’est qu’après la bataille et la victoire de Zallaqa[10], que les imams et chouyoukh se rallient en masse aux Almoravides (ce qui n’est pas sans rappeler certaines girouettes  »professionnelles du ‘ilm » dans le monde arabe après la chute de Ben Ali, Kaddafi et Moubarak, auprès d’eux contre leur population, et finalement s’excusant de leurs erreurs de jugement et ralliant la réalité quand elle s’impose à eux…).
Puis finalement, quand les rois d’Al andalous comprirent que la récréation andalouse était finie, ils n’hésitèrent pas à vouloir s’allier aux chrétiens pour défendre leurs misérables trônes face aux Almoravides. Ibn Al Kardabouss rapporte le dialogue qu’il y a eu entre le scrupuleux Youssouf Ibn Tachfine et les savants andalous qui lui déclarèrent :
« – Ces chefs [rois d’Al andalous], il est illicite de leur obéir et il ne faut pas qu’ils gouvernent, parce qu’ils sont des foussaq et des libertins (fajarra). Débarrasse-nous-en !
– Comment en aurais-je le droit ? J’ai conclu un pacte avec eux, de ne pas les renverser ?
– S’ils avaient conclu un pacte avec toi, voici qu’ils l’ont rompu. Ils ont envoyé un message à Alphonse, au terme duquel ils se rallient à lui contre toi, afin de te faire tomber entre ses mains et lui céder leur pouvoir. Hâte-toi de les renverser tous ! Nous en serons responsables devant Allah. Si nous commettons un péché c’est nous qui devrons en rendre compte et non toi. Mais si tu les épargnes alors même que tu peux les vaincre, ils livreront le reste du pays aux chrétiens et c’est toi qui en sera responsable devant Allah
 ![11] »
C’est dire, que ces  »grand imams » commencèrent à revenir à ce que Ibn Hazm écrivait quelques années auparavant : «Il est vrai que le dire d’Allah : « Et celui d’entre vous qui les prend pour alliés est des leurs » est à prendre au sens apparent, et que celui-ci est donc un kaffir parmi les kouffars, et ceci est une vérité sur laquelle ne divergent pas deux Musulmans.»[12]

C’est peut-être ainsi qu’il faut comprendre le puissant militantisme social et politique d’Ibn Hazm : comme un agent anti-dissolvant de la foi musulmane qui, s’il était entré aux services des plus puissants roitelets d’Al Andalous, en étant moins « radical » et plus conciliant, aurait pu réaliser une carrière plus prestigieuse encore que celle de son père auprès du célèbre Abi Amir Al Mansour. Toutes ces analyses sociales et politiques  »radicales » ont été confirmées par d’autres, mais toujours en retard, tous n’avaient pas son regard visionnaire, tous n’étaient pas aussi engagés et scrupuleux.

Méditons toujours tout cela, par une espèce d’analogie historique quant à notre propre réalité tant française qu’internationale, car notre environnement politique et social oppressif n’est pas de la même nature que celui de l’époque d’Ibn Hazm qui ferait plutôt penser à ce qui se passe actuellement dans le monde arabo-musulman, et en Syrie particulièrement.
Mais les acteurs sont les mêmes, il n’y en a toujours eu que trois grandes catégories :
– La minorité collaboratrice, conciliante, soumise, partie prenante de l’ordre établi, elle est institutionnalisée par le pouvoir, elle a seule la légitimité de la représentation de l’islam et des musulmans. L’hypocrisie et la traîtrise ne sont parfois même plus des qualificatifs suffisants pour certains d’entre eux : tant cela suppose d’avoir malgré tout un minimum de conscience islamique. Et ils finissent toujours par croire, tous, à leurs mensonges, qui au départ ne se nourrissaient pourtant que du « Juste Milieu » et de « Moindre Mal ».
– La masse des musulmans du commun qui incline ici et là, subit, tombe souvent dans le fatalisme et la résignation, accaparée par son propre instinct de survie, par ses objectifs à court terme et la satisfaction de ses intérêts immédiats, contemplatrice et manipulable…
– La minorité active, militante, se basant sur un dogme inébranlable, constamment déployée sur tous les fronts, éveillée à déjouer toutes les ruses, toutes les manipulations, appliquée à dénoncer le faux, le mensonge et les illusions. Ils ont le regard constamment rivé sur les horizons lointains, la raison en constante méditation, le cœur sensible, les mains tranchantes, une volonté d’acier : mais par dessus tout, ils ont conscience qu’ils représentent le verrou d’une forteresse qui, s’il venait à être ouvert, serait conquise une fois pour toutes.

Qui sont les nouveaux Ibn Hazm [13] ? Qui avait donc tort ? De qui se souvient-on aujourd’hui ?
Qui sont les volontaires (moutawi’oun) à la stabilisation du front idéologique ?
Les temps corrompent, les volontés faiblissent, les dogmatiques finissent par être pragmatiques jusqu’à la lie, le  »juste milieu » en est réduit au  »juste selon la pensée conforme », et le reste est considéré comme radical ou réactionnaire.
Mais finalement : qui est acteur de l’histoire et qui ne fait et ne fera que la subir ?
Et chacun d’entre nous est capable de réaliser ces analogies : ceux dont les consciences ont gardé un minimum de lucidité.

Ce qu’il faut retenir ici c’est que tout système politique qui domine un lieu à un moment donné de l’histoire, cherche à exclure, minorer et stigmatiser la minorité active et militante qui lui fait fasse.
Ce système a le temps pour lui, il possède d’immense moyen de persuasion, il sait bien que si ces interlocuteurs n’ont pas de bases solides, de fondements, de principes inaliénables, ils ne pourront que se résigner, infléchir, en un mot se soumettre.
« Ils aimeraient bien que tu transiges avec eux afin qu’ils transigent avec to» (An nissa/120)

Quant à nous: que tous sachent que nous ne transigerons pas avec les points de notre dogme et nos croyances ainsi que leurs implications, même si nous restons absolument ouverts au dialogue, à la compréhension de ce contexte et de ces modalités.
Dés lors, il est clair qu’Anâ-muslim sera perçue comme radicale, car refusant d’adopter le Juste Milieu du système avec lequel nous n’avons pas transigé.
J’invite nos contradicteurs à comprendre que l’adjectif «radical» dans un environnement tel que le notre est tout sauf une insulte, en lisant ce qu’en disait l’économiste et politologue allemand Hans Herman Hope: «En fait, il ne faut jamais avoir la moindre hésitation à s’engager dans un radicalisme (« extrémisme ») idéologique. Non seulement tout le reste serait contre-productif, mais plus important encore, seulement les idées radicales, en effet, des idées radicalement simples peuvent remuer les émotions des masses ternes et indolentes. Et rien n’est plus efficace, pour persuader les masses, que de cesser de coopérer avec le gouvernement et que d’exposer de façon constante et sans relâche, la dé-sanctification et le ridicule des gouvernements et de ses représentants comme des fraudes morales et économiques: empereurs sans vêtements sujets au mépris et cibles de toutes les moqueries»14

Anâ-muslim n’a pas d’autres volonté que de suivre ce militantisme sans concessions que nous avons rappelé ici avec Ibn Hazm, ces certitudes qui sont les siennes et les nôtres. Acteurs de notre propre histoire, en espérant qu’après nous, apparaîtront les gens du ribat, non pas pour sauver ce qui est perdu cette fois, mais pour refonder ce qui a disparu. Et d’une certaine manière, anâ-muslim est déjà un ribat intellectuel, un centre de conviction insensible aux pressions, aux modes et au conformisme que cela soit dans l’action, la pensée ou l’analyse. Et si nos analyses et postures sont décrites comme « radicales », elles le sont comme l’ont été toutes les analyses visionnaires et qui, toutes, sont confirmées par les événements actuels et par l’Histoire.

L’histoire de l’Islam, de ses exploits et de ses héros n’a jamais été écrite par les collaborateurs assermentés et autres agents des systèmes corrompus en place, mais immortalisée par le crayon du temps en lettres sublimes sur le grand Livre de la destinée des hommes.

Aissam Aît-Yahya pour Anâ-Muslim 

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[1] Taïfa, littéralement partie ou morcellement, de l’arabe ملوك الطوائف ”les royaumes morcelés”. Après la chute du califat de Cordoue, une multitude de principautés, royaumes et émirats se constituèrent sur ses ruines. Indépendants les uns des autres, ils se formèrent toujours autour de grandes cité-états faisant office de capitale (Cordoue, Séville, Grenade, Saragosse, Tolède, Valence, etc.), désunies constamment en lutte fratricide ; on peut voir la période de Taïfa comme celle de la fitna par excellence dont seuls tirèrent profit les chrétiens. Il y eut dans l’histoire d’Al andalous, trois périodes dites de Taïfa. Celle de l’époque d’Ibn Hazm fut la première (1031-1086), elle se poursuivit jusqu’à la réunification des Al Mourabitoun.

[2] Ibn Hayyan (987-1076), historien andalou. Passage rapporté par Ibn Bassam dans Dahira T2, page 576. (وأنسأتني المدة إلى أن لحقت بيدي منبعث هذه الفتنة البربرية الشنعاء المدلهمة، المفرقة للجماعة، الهادمة للملكة المؤثلة، المغربة الشأو على جميع ما مضى من الفتن الإسلامية، ففاضت أهوالها تعاظما أدلهني منها، نفس الخناق، وبلل الرماق؛ فاستأنفت من يومئذ تقييد ما استقبلته من أحداثها؛ )

[3] Abou Obeyd Al Bakri (1014-11094), faqih, géographe et botaniste.

[4] Ibn Bassam (décédé en 1148), Al dakhira fi mahasin ahl al jazira, T1, p.19. (وعلم الله تعالى أن هذا الكتاب لم يصدر إلا عن صدر مكلوم الأحناء، وفكر خامد الذكاء، بين دهر متلون تلون الحرباء؛ لانتباذي كان من شنترين قاصية الغرب، مفلول الغرب، مروع السرب؛ بعد أن استنفد الطريف والتلاد، وأتى على الظاهر والباطن النفاد، بتواتر طوائف الروم، علينا في عقر ذلك الإقليم؛ وقد كنا غنينا هنالك بكرم الانتساب، عن سوء الاكتساب، واجتزأنا بمذخور العتاد، عن التقلب في البلاد؛ )

[5]Rissalatou Ibn Hazm. ( فهذا أمر امتحنا به نسأل الله السلامة . وهي فتنة سوء أهلكت الأديان إلا من وقى الله تعالى . لوجوه كثيرة يطول لها الخطاب )

[6] Ibid ( وعمدة ذلك ؛ أن كل مدبر مدينة أو حصن في شيء من أندلسنا هذه ، أولها عن
آخرها محارب لله ورسوله صلى الله عليه وسلم ، ساع في الأرض بالفساد . للذي ترونه عيانا من شنهم الغارات على أموال المسلمين من الرعية التي تكون في ملك من ضادهم . وإباحتهم لجندهم
قطعةالطريق. ضاربون للجزية والمكوس والضرائب على رقاب المسلمين . مسلطون لليهود و النصارى على قوارع طرق المسلمين . معتذرون بضرورة لا تبيح ما حرم الله غرضهم منها استدامة إنفاذ أمرهم ونهيهم )

[7] Ibid. ( وهذا هو هتك الأستار ونقض شرائع الإسلام وحل عراه عروة عروة، وإحداث دين جديد، والتخلي من الله عز وجل)

[8] Ibid. ( والله لو علمواأن في عبادة الصلبان تمشية أمورهم لبادروا إليها، فنحن نراهم يستمدون النصارى فيمكنونهم من حرم المسلمين وأبنائهم ورجالهم يحملونهم أسارى إلى بلادهم، وربما يحمونهم عن حريم الأرض وحسرهم معهم آمنين ، وربما أعطوهم المدن والقلاع طوعاً فأخلوها من الإسلام وعمروها بالنواقيس، لعن الله جميعهم وسلط عليهم سيفاً من سيوفه)

[9] Ibid. (فلا تغالطوا أنفسكم ، ولا يغرنكم الفساق والمنتسبون إلى الفقه ، اللابسون جلود الضأن على قلوب
السباع. المزينون لأهل الشر شرهم . الناصرون لهم على فسقهم )

[10] ou Bataille de Sagrajas. Remportée en 1086 par les Al-Mourabitoun et les Andalous. Elle stoppe les avancées chrétiennes permises par la chute du Califat de Cordoue.

[11] Rapporté par Ibn Khaldoun, Kitāb al-ʻibar et Ibn al Kardabous dans Tarikh al Andalous.

[12] Al Mouhallah bil athar, T11, p138.

[13] Ibn Hazm est mort, rahimaoulah, près de 20 ans avant que les Al-Mourabitoun n’arrivent en Andalousie. Bien qu’il fut un farouche partisan du califat des Omeyyades et que Youssouf Ibn Tachfine reconnaissait la légitimité du califat abbasside (puisque les Omeyyades n’existaient plus…). Nul doute qu’Ibn Hazm aurait était leur partisan. Peu avant sa mort, les musulmans subissaient défaite sur défaite et nombre d’offensives chrétiennes, notamment de Ferdinand Ier de Léon et de Castille. Plusieurs places fortes et villes sont prises, avec massacres, réductions en esclavage et expulsions des populations musulmanes (Ferdinand impose le tribut au roi de Saragosse, envahit Tolède, prend la place stratégique de Coïmbra et gagne la bataille de Graus).

[14] In fact, there must never be even the slightest wavering in one’s commitment to uncompromising ideological radicalism(“extremism”). Not only would anything less be counterproductive, but more importantly, only radical—indeed, radically simple—ideas can possibly stir the emotions of the dull and indolent masses. And nothing is more effective in persuading the masses to cease cooperating with government than the constant and relentless exposure, de-sanctification, and ridicule of government and its representatives as moral and economic frauds and impostors: as emperors without clothes subject to contempt and the butt of all jokes” Hans-Hermann Hoppe, Democracy—The God that Failed: The Economics and Politics of Monarchy, Democracy, and Natural Order, New Brunswick, N.J.: Transaction Publishers, 2001), p94

Source : http://www.ana-muslim.org/les-lecons-andalouses-dibn-hazm-le-militantisme-sans-collaboration-ni-soumission/

Conseil de lecture : Les origines chrétiennes d’une laïcité musulmane de Aïssam Aît-Yahya

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Les origines chrétiennes d'une laïcité musulmaneAïssam Aît-Yahya revient avec un nouvel ouvrage : « Les origines chrétiennes d’une laïcité musulmane ». Celui-ci fait suite à « De l’idéologie islamique française » et se focalise plus sur la sécularisation, puis la laïcisation, de l’islam voulu par les ennemis d’Allah.

Pour cela, Aïssam Aît-Yahya nous explique la structure du système religieux chrétien et répond aux questions : pourquoi et comment le christianisme s’est sécularisé puis laïcisé ? Pour montrer la différence dans la structure entre le christianisme et l’islam, il revient sur le système religieux islamique et nous montre qu’il ne peut se sécularisé et encore moins se laïciser, contrairement au christianisme (qui contient les base de sa propre destruction). Enfin, il nous explique en quoi consiste l’irja, ses liens avec le christianisme et les sectes juives à l’époque du Prophète ‘Issa/Jésus (Que la Paix de Dieu soit sur lui), puis nous prouve par A + B que cette religion (irja) remplace petit à petit l’islam dans la compréhension qu’on les musulmans de leur religion. Ce phénomène est inconscient et il nous explique que la stratégie des ennemis de l’islam est bien de pervertir la compréhension de la religion et donc de remplacer l’islam par l’irja sans que les musulmans et musulmanes ne s’en rendent compte. Ce phénomène à lieu à la fois en Occident mais aussi dans les pays arabo-musulman, notamment l’Arabie Saoudite.

Un livre que tout musulman(e) se doit d’avoir lu car il est important de comprendre par où les ennemis d’Allah, de Son prophète (Que la Paix et la Bénédiction de Dieu soit sur lui) et des croyants et croyantes, veulent « détruire » l’islam, où du moins pervertir sa compréhension pour sécularisé/laïcisé les musulman(e)s. Surtout que l’irja est capable d’infiltrer des courants très orthodoxe de l’islam sunnite comme le salafisme apolitique, ce qui est très difficile à détecter, d’où l’importance de prendre connaissance de l’analyse de l’auteur sur cette question.

Conseil de lecture : De l’idéologie islamique française de Aïssam Aît-Yahya

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De l'idéologie islamique françaiseDe l’idéologie islamique française de Aïssam Aît-Yahya est un livre magistral comme j’en ait rarement lu. En effet, l’auteur nous propose une réflexion concernant les religions séculières (démocratie, laïcité, communisme, capitalisme, etc…) et pour ce faire, il nous plonge à l’origines de ces dernières, qui n’est autre que le christianisme. Étonnant de prime abord, Aïssam Aît-Yahya arrivera à nous convaincre en nous apportant les preuves nécessaires à ces propos en les irriguant de citations provenant de divers ouvrages. Suite à cela, il se propose de faire un parallèle entre l’islam et le christianisme et affirme que l’islam ne peut, contrairement au christianisme, se sécularisé, et de ce fait, les ennemis de l’islam cherchent à laïcisé les musulmans en pervertissant leur pratiques (seul moyen pour eux d’arriver à leurs fins) et non pas en cherchant à l’intérieur de l’islam un moyen de sécularisé cette religion.

Un livre très important que tout les musulmans se doivent d’avoir lu au moins une fois. Je précise aussi que se livre n’est pas destiné qu’aux seuls musulmans, l’auteur l’ayant écrit pour que le plus grand nombre puisse comprendre ses propos et aussi en réponse aux ennemis de l’islam.

Enfin, Aïssam Aît-Yahya affirme que son « idéologie islamique française », repose sur la promotion de l’islam orthodoxe dans son entier, à savoir sa branche spirituel et temporel et qu’il refuse de mettre de côté la dimension politique de la religion qui est un pilier à respecter contrairement à ce que prône certains musulmans touché par la sécularisation/laïcisation de la société française laïco-franc-maçonne.