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Histoire de l’Egypte Partie 10 : Les relations entre l’Iran et l’Égypte

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Depuis les temps anciens, l’Égypte et la Perse (Iran) représentaient deux civilisations qui étaient en concurrence. Avec la conversion à l’Islam suite aux invasions arabes et à la conversion au chiisme de l’Iran, ces deux rivaux sont devenu deux pôles d’enseignement et de culture opposé dans la région. L’Égypte avec l’Université sunnite d’al-Azhar* et l’Iran, centre de l’enseignement chiite duodécimain. 

Après la révolution chiite en Iran en 1979, l’Égypte accueille le Chah Mohammad Reza Pahlavi en fuite. Suite à cela, et aux relations amicale entre Anouar al-Sadate et le régime du Chah, l’Iran de Rouhollah Moussavi Khomeini va entretenir des relations conflictuelles avec l’Égypte. De son côté, l’Égypte redoute que la révolution chiite ait un effet positif sur les volontés des groupes islamiques jihadiste (sunnite) de prendre le pouvoir par la force. Cette crainte sera celle de toutes les nations arabes et ce confirmera avec l’assassinat du président Anouar al-Sadate en 1981.

Le soutien de l’Égypte à l’Irak de Saddam Hussein lors de la guerre Iran/Irak est le résultat de plusieurs intérêts qui se croise, dont l’une est la dissolution que cette idée de révolution ne s’exporte chez elle. En 1984, l’Égypte accuse l’Iran et la Libye d’avoir poser des mines maritime dans la mer rouge et le golfe de Suez, et serait responsable de la destruction de 14 navires. Après l’enquête, l’Égypte découvre que l’acte a été financé par l’Iran et rompt immédiatement toute relations diplomatiques avec elle. A la fin de la guerre Iran/Irak en 1988, l’Égypte est soucieuse de la libération des soldats égyptiens combattants aux côté de l’Irak mais du vivant Khomeini, aucun gestes ne sera fait de la part de l’Iran. Toutefois, à la mort de ce dernier, l’Iran adoptera une politique de rapprochement avec les états de la région.

La guerre du Golfe fût une aubaine pour l’Iran, qui non seulement retire des bénéfices de l’augmentation de la vente du pétrole lors de l’embargo qui touche l’Irak, mais aussi parce la coalition menée par les Etats-Unis accomplissent ce qu’elle n’a pas pu faire durant les huit ans de guerre contre l’Irak. De plus, cette intervention permet d’affaiblir Saddam Hussein sur le plan militaire, lui qui possédait l’armée la plus puissante et la plus moderne de la région suite à la vente d’armes par ses anciens alliés occidentaux.

En décembre 1991, le président iranien Hashemi Rafsanjani se rend en visite officiel au Soudan. Ce pays avait soutenu l’Irak lors de la guerre avec l’Iran mais avait accueilli le dirigeant iranien avec ferveur dû au discours révolutionnaire suite aux mesures punitives prises par l’Arabie Saoudite et la coalition à son encontre. Cette possible présence iranienne au Soudan sur le long terme a irrité grandement l’Égypte car ces deux États ont une histoire commune très ancienne et sont reliées par la vallée du Nil. Hosni Moubarak considère ce rapprochement comme une menace pour ces intérêts, surtout que l’Iran n’hésite pas à financer des groupes jihadistes sunnites comme le Front Islamique du Salut (FIS) en Algérie ou encore al-Nahda en Tunisie. L’Égypte se sent ainsi encerclée par l’Iran.

Pour restreindre l’invention occidentale et celle de l’Iran dans le Golfe, l’Égypte décide de convaincre d’autres nations arabes de prendre en charge leur propre sécurité. C’est ainsi que l’Égypte décide, en 1992, l’envoi d’une partie de ses forces en Arabie Saoudite pour protéger la région face au régime chiite, qui souhaitait le contrôle et la maîtrise maritime du Golfe.

 

 

Histoire de l’Egypte Partie 10 : La position de l’Égypte lors de la première guerre du Golfe

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Une semaine avant l’invasion de l’Irak, dirigé par les Etats-Unis, le Congrès américain propose d’annuler la dette égyptienne en contre partie de la non intervention de Hosni Moubarak aux côtés de Saddam Hussein. A ce moment, l’Égypte est le pays le plus endetté du tiers-monde avec 60 milliards de dollars de dettes et une populaire qui s’accroît de jour en jour. Cette annulation tombe à pique pour le président égyptien. Ajoutons à cela qu’une grande partie de la population ne souhaitait pas soutenir une une nation arabe (Irak) contre une autre nation arabe (Koweït).

Les savants de l’Université Al-Azhar soutiennent la décision de Moubarak et délivrent une fatwa sur mesure à l’Arabie Saoudite pour demander la protection d’une armée non musulmane. Une seconde fatwa sera édictée à l’encontre de l’Irak, qui est accusée d’avoir déviée de la loi islamique pour avoir pris les armes contre une autre nation musulmane. Ils prennent toutefois garde à ne pas définir de manière précise les critères qui rendent un chef d’État, un régime politique mécréant, de peur que cela se retourne contre eux. Le 21 août 1990, Al-Azhar lance un appel pour combattre l’injustice du dirigeant irakien et que tout bon musulman ce doit de répondre à cet appel.

Le guide des Frères Musulmans se prononce en défaveur de l’intervention armée contre l’Irak et dénonce la participation d’Israël au sein de la coalition menée par les Etats-Unis. Il affirme que bien que Saddam Hussein ait commis des actes répréhensibles, il n’en demeure pas moins que les irakiens sont des musulmans et que tout les États arabes se doivent de ne pas soutenir l’effort de guerre au profit des Etats-Unis et d’Israël. Il appel donc tous les musulmans à ne pas se battre aux côtés des sionistes contre « nos frères et sœurs musulmans d’Irak ».

Outre le financement américain, la cause de l’opposition à Saddam Hussein est le refus de l’Égypte de perdre son rôle de leader du monde arabe. En effet, après la victoire du président irakien face à l’Iran, ce dernier est vu comme un héros dans le monde arabe. Hosni Moubarak travaille depuis une décennie déjà pour que l’Égypte puisse renouer avec le monde arabe et ainsi retrouver sa place de leader. Or, l’émergence d’un nouveau leader adulé par les populations arabes à contrarié ses projets. Ainsi, pour bloquer toute possibilité expansionniste de l’Irak, l’Égypte se positionne comme défenseur du Koweït, un État « frère ».

Avec la victoire de la coalition dirigé par les Etats-Unis, l’Égypte sort grande gagnante malgré les conséquences désastreuses sur son économie. Elle est débarrassée de son rival Saddam Hussein et peut ainsi retrouver sa place de leader dans le monde arabe. La connaissance du dossiers par les ambassadeurs égyptiens en poste dans les différentes capitales des nations arabes leur a été d’une grande aide dans la gestion du conflit, ce qui a été apprécié par ces États. Ces derniers reconnaissent l’utilité de ces ambassadeurs, ce qui augmentera le prestige de l’Égypte et une reconnaissance de son rôle incontournable dans la gestion des crises dans la région.

Histoire de l’Egypte Partie 9 : La réconciliation avec les voisins arabes

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Ligue Arabe

La diplomatie de Hosni Moubarak envers les autres États arabes, est une diplomatie de la réconciliation. En effet, mise au ban des nations arabes après la paix avec Israël, l’un des objectifs majeures de Hosni Moubarak, va être de renouer avec les États arabes de la région malgré les désaccords. Cette volonté de réconciliation n’ira, toutefois, jamais à l’encontre de la paix avec Israël, que le président égyptien souhaite maintenir. La pseudo condamnation de l’intervention Israël au Liban en 1982, à permis à Hosni Moubarak d’asseoir sa légitimité en tant qu’État incontournable de la région. 

Pour renouer avec ses voisins, l’Égypte va envoyer des délégations de diplomates qui font l’aller-retour entre les différentes capitales arabes. Des accords commerciaux ainsi que des échanges dans les domaines sportifs et artistiques sont une première approche du président égyptien en vue d’une réconciliation. Hosni Moubarak va s’investir dans la résolution des conflits au Moyen-Orient et ce tout au long de règne dans le but de faire de l’Égypte le leader des États de la région. Elle va soutenir l’Irak de Saddam Hussein contre l’Iran chiite, elle va émettre des réserves quand à l’assassinat d’un diplomate israélien à Londres qui serait imputé à l’OLP de Yasser Arafat (et qui servira d’excuse à Israël pour envahir le sud du Liban). Elle prendra la défense des palestiniens lors de la première Intifada en 1987, jugeant la répression israélienne disproportionnée. Ces prises de positions vont aboutir à des tensions avec Israël, ainsi qu’un gel des pourparlers sur la résolution du conflit israélo-palestinien. Cette stratégie était voulue pour le président égyptien pour marquer son retour au sein du camp arabe malgré son souhait de ne pas vraiment tourner le dos à Tel-Aviv.

En effet, l’objectif de la diplomatie égyptienne est de soutenir les palestiniens les plus modérés pour qu’ils reconnaissent Israël comme État souverain. Cette position est calquée sur les revendications américaines qui exige que les palestiniens reconnaissent Israël, mettent fin à leur actes « terroristes » en contre partie de la reconnaissance américaine de l’OLP. En 1989, l’Égypte réintègre son siège au sein de la Ligue Arabe. Mais le retour définitif de l’Égypte au sein du concert des nations arabes se fera à partir de la première guerre du Golfe.

Histoire de l’Egypte Partie 8 : La stratégie américaine en Égypte

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Depuis les accord du camp David, les Etats-Unis ont mis toutes les chances de leur côté pour faire de l’Égypte un allié dans la région. En effet, sous Anouar al-Sadate, l’Égypte fût le premier pays arabe à faire la paix avec Israël, quand bien même la population n’était pas en accord avec son dirigeant. C’est pourquoi les Etats-Unis vont profité de cette opportunité pour conserver cette ouverture en aidant économiquement l’Égypte.

De 1975 à 1991, les Etats-Unis ont investi dans le pays 17 milliards de dollars, il s’agit du plus grand programme d’aide depuis le plan Marshall, qui avait servi à la reconstruction de l’Europe après la seconde guerre mondiale. De plus, 20 milliard de dollars sont accordés à l’Égypte pour permettre l’achat d’armes américaines. Pour l’Égypte, le soutient des Etats-Unis permet d’obtenir une stabilité régionale mais aussi sur le plan internationale. Pour les américains, cette collaboration permet de garantir la paix égyptienne avec Israël, d’entretenir des contacts dans le domaine du renseignement militaire mais aussi de s’implanter dans la région. Implantation qui lui permettra d’influencer les pays arabe dit « modérés », ainsi que la mainmise sur le pétrole et les bases militaires égyptiennes.

Les accords de Camp David étaient une alliance militaire entre les Etats-Unis, Israël et l’Égypte car une fois débarrassé d’une possible attaque au niveau de sa frontière avec l’Égypte, Israël s’est concentrée, dès 1982, sur sa frontière nord avec le Liban pour détruire les infrastructure de l’OLP palestinien. Le soutien américain à l’Égypte a créer une double dépendance : la première celle de l’Égypte par rapport aux dollars américains injectés chaque année dans son économie et la seconde celle des Etats-Unis, qui reste dépendant de cette injection de liquidité pour maintenir un équilibre régionale en assurant la paix avec Israël et en cassant l’unité arabe. Cette stratégie a permis aux Etats-Unis de trouver une relais à l’influence saoudienne qui s’affaiblit peu à peu au fil des années.

Cette situation s’illustre à plusieurs reprises, à commencer par l’attaque d’Israël au Liban, qui sera condamnée par l’Égypte mais sans interventions militaire de sa part, bien qu’Israël n’ai pas respecter les accords du Camp David qui stipulaient que tout conflit devant être résolue par des moyens pacifiques. De leur côté, les Etats-Unis continue à utiliser leur veto pour protéger Israël.

Téléchargement : Pourquoi la Oumma n’a pas pu secourir la Palestine ?

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L’Observatoire des islamologues de France a rédiger un article concis sur les causes de l’humiliation des palestiniens et plus largement de la communauté musulmane.

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Téléchargement : Les origines coloniales du drapeau palestinien !

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Le drapeau palestinien a été créé par les colonisateurs occidentaux après avoir insufflé le nationalisme chez les musulmans pour briser le lien qui les unissaient  au delà de leur appartenance ethnique.

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LES CHAPITRES DU LIVREDrapeau

  • Le drapeau palestinien
  • Les autres drapeaux arabes
  • Évolution du drapeau libyen
  • Évolution du drapeau syrien
  • Évolution du drapeau yéménite

Ciné Deen : La maladie du Nationalisme !

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Le Messager d’Allah (salla Allahou ‘alayhi wa salam) dit également : « Celui qui lutte, sous un drapeau en faveur d’une cause partisane ou qui répond à l’appel d’une cause partisane ou pour aider une cause partisane et meurt par la suite, sa mort est une mort pour la cause de la jahiliya ».

Abdallah Ibn Hussein, premier roi de Jordanie

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JORDAN-ABDALLAH
Abdallah Ibn Hussein (1882/1951)

Une enfance entre Istanbul et le Hedjaz

Abdallah est né en février 1882 à La Mecque. Il passe les premières années de sa vie dans le Hedjaz avant de devoir s’exiler avec son père Hussein et ses frères (Ali 1879-1935 et Faysal 1883-1933) à Constantinople en 1891, où le sultan ottoman Abdülhamid II préfère les garder à proximité, en les plaçant en résidence surveillée sur la rive européenne du Bosphore. C’est là que le jeune Abdallah reçoit l’essentiel de son éducation et découvre les différents courants modernistes et culturels qui se développent dans la capitale en pleine effervescence au début du XXème siècle.

Lorsque son père est autorisé par le nouveau régime Jeune-turc à rentrer dans le Hedjaz en tant que Chérif de La Mecque en 1908, Abdallah, alors âgé de 25 ans, doit renoncer à la vie de palais pour retrouver les coutumes bédouines en Arabie. Il aura cependant vite l’occasion de retourner à Constantinople, en tant que député du Hedjaz au nouveau Parlement prévu par la Constitution de 1876 et rétabli par les Jeunes-Turcs. Entre 1910 et 1914, il multiplie donc les voyages entre Constantinople et le Hedjaz. Au cours de ces longs voyages, le jeune Hachémite se lie d’amitié avec le khédive d’Egypte. C’est d’ailleurs au Caire qu’Abdallah rencontre pour la première fois le consul britannique en Egypte, Kitchener, en avril 1914.

Le rapprochement avec les Britanniques

Abdallah cherche alors à convaincre les Britanniques d’aider son père à obtenir un pouvoir autonome et héréditaire sur le Hedjaz. Mais cette première prise de contact n’aboutit pas et Kitchener se contente d’assurer la sympathie de la couronne d’Angleterre pour la cause hachémite. Ce n’est que quelques mois plus tard, avec l’entrée en guerre de l’Empire Ottoman aux côtés des Empires centraux, que les Alliés, et notamment les Britanniques, commencent à trouver un certain intérêt à la famille Hachémite qui, de par son prestige religieux, pourrait entériner les appels aux Djihads lancés par le calife de Constantinople ; les contacts se multiplient alors entre la famille Hachémite et les autorités britanniques (correspondance Hussein-MacMahon) jusqu’à ce que la révolte arabe contre les Ottomans soit déclenchée en 1916. Abdallah est chargé, tout comme ses frères, de l’organisation des combats. Si Abdallah y joue un rôle non négligeable en maintenant avec son frère Ali un blocus efficace sur Médine jusqu’à la fin de la guerre, c’est véritablement Fayçal qui, conseillé par le Britannique Lawrence d’Arabie, assure les principales victoires des forces nationalistes arabes en remontant jusqu’en Syrie. Abdallah justifiera plus tard cette révolte comme une volonté de rétablir un Islam arabe, qui était alors usurpé et bafoué par le gouvernement Jeune-turc. D’une manière plus générale, le Chérif et ses fils rêvent de restaurer, sous leur égide, l’ancienne gloire des Arabes en réunissant les populations chrétiennes, musulmanes et juives des provinces arabes de l’Empire ottoman dans le cadre d’une confédération. Chaque fils Hachémite serait alors à la tête d’un Etat arabe qui constituerait cette confédération. Abdallah entretiendra cette ambition toute sa vie.

De plus, de par leur prestige, les Hachémites considèrent qu’une certaine primauté leur revient sur les tribus de la péninsule arabe. Mais ce n’est pas l’avis du principal ennemi du Chérif, Abd al-Aziz Ibn Saoud, émir du Nedjed, qui menace fortement leur position. Abdallah, au caractère peu belliqueux, doit alors affronter ce redoutable adversaire en mai 1919. Le 21 mai, la prise de Turaba par Abdallah tourne au désastre : son campement est attaqué par surprise pendant la nuit par les guerriers Ikhwan. Abdallah, qui échappe de justesse à la mort, est contraint de s’enfuir et perd une bonne partie de ses hommes. Conscient de son impuissance face à Ibn Sa’oud, il choisit de remonter vers Maan, dans le nord de la Péninsule avec 300 hommes (essentiellement des bédouins et des nationalistes syriens) en novembre 1920. Il convoite alors le royaume d’Irak. Mais ce dernier sera donné à son frère Fayçal après que les Français l’aient écarté du trône de Damas. Les Britanniques font finalement appel à lui pour le gouvernement provisoire de l’émirat de Transjordanie (Jordanie actuelle).

Abdallah, émir puis roi de Transjordanie (1921-1946)

Abdallah est chargé par Churchill, alors secrétaire du Colonial Office, de l’administration de la Transjordanie contre 5 000 livres sterlings par mois. La protection britannique et la présence du gouvernement de Palestine lui sont acquises, ainsi la présence française au Levant, ce qu’il rejetait jusqu’à présent.

En tant qu’émir, il éprouve, dans un premier temps, de nombreuses difficultés à imposer son autorité sur les divers tribus de la région. Il subit également de nombreux raids des troupes saoudiennes qui menacent même la capitale Amman. C’est finalement grâce aux forces britanniques qu’il réussit à se maintenir à la tête de l’émirat. Malgré l’importance de sa charge, la marge des pouvoirs d’Abdallah est extrêmement limitée et les postes clés de l’administration du pays sont contrôlés par des personnalités britanniques. Cette apparente soumission d’Abdallah envers les Britanniques lui vaudra de nombreuses critiques de la part de ses voisins arabes.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, l’attitude d’Abdallah dans la défense des positions britanniques aboutit à l’indépendance de l’émirat puis à la formation du Royaume de Jordanie en 1946. La présence Britannique reste cependant très marquée dans le domaine financier ou militaire par exemple.

Abdallah et les sionistes

Abdallah n’a jamais abandonné l’espoir de réaliser l’union de la Grande Syrie, qui regrouperait dans un même Etat la Syrie, le Liban, la Palestine et la Transjordanie. Il voit alors, dans la montée des antagonistes entre Juifs et Arabes dans la région et dans le départ de la Grande-Bretagne de Palestine en 1947, une bonne opportunité d’absorber la partie arabe de la Palestine dans son royaume. De plus, il souhaite redonner aux Hachémites leur légitimité religieuse en récupérant la troisième ville sainte de l’Islam : Jérusalem. Il s’oppose donc fortement aux actions du Mufti de Jérusalem Hadj Amin al-Husseini qui œuvre pour l’établissement d’un Etat palestinien sous son patronage.

Abdallah, guidé par ses ambitions expansionnistes, entretient alors des relations ambiguës avec les autorités sionistes avec lesquelles il cherche un arrangement territorial. Les manœuvres d’Abdallah sont alors extrêmement mal perçues par l’ensemble des dirigeants arabes qui condamnent fortement ses prétentions.

Lorsque l’Etat d’Israël est proclamé par Ben Gourion en mai 1948, l’ensemble des Etats arabes lui déclare la guerre. Abdallah qui n’arrive pas à établir un accord de non-agression et de partage avec les sionistes (afin que la Cisjordanie et Jérusalem lui reviennent), choisit d’entrer également en guerre contre le jeune Etat hébreu. A l’issue des combats, la Jordanie obtient la Cisjordanie et la partie arabe de Jérusalem. Cette annexion est confirmée par le vote du Parlement le 24 avril 1950 mais engendre d’innombrables critiques des pays arabes ainsi que la colère des nationalistes palestiniens. Cette action lui coûtera finalement la vie : le 20 juillet 1951, le roi Abdallah est assassiné par l’un d’entre eux à l’entrée de la grande mosquée al-Aqsa de Jérusalem. Ainsi, fortement critiqué à la fin de sa vie, Abdallah n’aura pas pu réaliser le vieux rêve d’union arabe.

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Bibliographie
Louis-Jean Duclos, La Jordanie, Paris, Presses Universitaires de France, 1999.
Marc Lavergne, La Jordanie, Paris, Editions Karthala, 1996.
Remi Kauffer, La Saga des Hachémites, la tragédie du Moyen-Orient, Paris, Editions stock, 2009.

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Source : http://www.lesclesdumoyenorient.com/Abdallah-ibn-Hussein-premier-roi.html

Franc-Maçonnerie partie 11 : Des Templiers aux Maçons

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734154_10151346607801880_1144622404_nLorsque nous avons mentionné les templiers plus tôt, nous avons remarqué que cet ordre particulier de croisés avait été touché par un « secret » trouvé à Jérusalem, qui leur fit abandonner le christianisme pour pratiquer des rites magiques. Nous avons indiqué que de nombreux chercheurs étaient arrivés à la conclusion que ce secret était lié à la Kabbale. Par exemple dans son livre, Histoire de la Magie, l’écrivain français Eliphas Lévi, présente des preuves précises révélant que les templiers furent initiés aux mystérieuses doctrines de la Kabbale, c’est-à-dire qu’ils furent secrètement formés à cette doctrine. [29] On voit donc qu’une doctrine avec des racines en Egypte antique a été transmise aux templiers par le biais de la Kabbale.

Dans Le Pendule de Foucault, le célèbre romancier italien, Umberto Eco, narre ces faits au cours de l’intrigue. Tout au long du roman, il raconte par la bouche des protagonistes que les templiers furent influencés par la Kabbale et que les kabbalistes possédaient un secret dont on pouvait retrouver la trace à l’époque des pharaons de l’Egypte antique. D’après Eco, certains juifs éminents apprirent des secrets venus de l’Egypte antique et insérés plus tard dans les premiers cinq livres de l’Ancien Testament (Le Pentateuque). Mais, ce secret, transmis secrètement, ne pouvait être compris que des kabbalistes (Le Zohar, écrit plus tard en Espagne et formant le livre fondamental de la Kabbale, traite des secrets de ces cinq livres). Après avoir déclaré que les kabbalistes lisèrent ce secret égyptien dans les mesures géométriques du temple de Salomon, Eco écrit que les templiers l’apprirent des rabbins kabbalistes présents à Jérusalem :

« Le secret, c’est-à-dire ce que le Temple avait déjà complètement révélé, est soupçonné uniquement par un petit groupe de rabbins restés en Palestine… et les templiers l’apprirent d’eux. » [30]

Un modèle du Temple de Salomon. Les templiers et les maçons, du fait de leurs croyances superstitieuses concernant le Prophète Salomon (Que la Paix de Dieu sur lui), pensent qu’un "secret" existe dans ce temple provenant d’anciennes civilisations païennes. C’est pour cette raison que la littérature maçonnique insiste tant sur le Temple de Salomon.
Un modèle du Temple de Salomon. Les templiers et les maçons, du fait de leurs croyances superstitieuses concernant le Prophète Salomon (Que la Paix de Dieu sur lui), pensent qu’un « secret » existe dans ce temple provenant d’anciennes civilisations païennes. C’est pour cette raison que la littérature maçonnique insiste tant sur le Temple de Salomon.

Lorsque les templiers adoptèrent cette doctrine kabbaliste d’origine égyptienne, ils entrèrent naturellement en conflit avec l’establishment chrétien qui dominait l’Europe. Un conflit qu’ils avaient en commun avec une autre force importante : les juifs. Après que les templiers furent arrêtés, par ordre commun du Roi de France Philippe le Bel et du Pape en 1307, l’ordre entra dans la clandestinité, mais son influence perdura, et ce d’une manière plus radicale et plus déterminée.

Comme il a été dit précédemment, un nombre significatif de templiers échappa à l’arrestation et en appela au Roi d’Ecosse, le seul royaume européen à l’époque qui n’avait pas accepté l’autorité du Pape. En Ecosse, ils infiltrèrent la guilde des maçons et, à termes, en prirent le contrôle. Les guildes adoptèrent les traditions des templiers et ainsi, la graine maçonnique fut plantée en Ecosse. Le courant dominant de la maçonnerie, « le rite écossais ancien et accepté » existe encore jusqu’à ce jour.

Au fil de nos enquêtes détaillées dans le Nouvel ordre maçonnique, il nous a été possible de retrouver dès le début du 14ème siècle des traces des templiers (et de certains juifs alliés à eux) à différentes époques de l’histoire européenne. Sans entrer dans les détails, voici certains titres de chapitre sous lesquels nous avons examiné le sujet :

• On trouvait en Provence, en France, un important refuge de templiers. Pendant les arrestations, ils furent très nombreux à s’y cacher. Une autre caractéristique importante de cette région est qu’il s’agit du centre de kabbalisme le plus connu en Europe. C’est en Provence que la tradition orale de la Kabbale fut transcrite sous forme de livre.

• La révolte des paysans en Angleterre, en 1381, fut, d’après certains historiens, attisée par une organisation secrète. Les experts qui étudient l’histoire de la maçonnerie s’accordent sur le fait que cette organisation secrète n’était autre que les templiers. C’était plus qu’un simple soulèvement civil : une attaque planifiée contre l’Eglise catholique. [31]

• Un demi-siècle après cette révolte, un ecclésiastique en Bohême du nom de Jean Huss lança un soulèvement contre l’Eglise catholique. Dans les coulisses de ce soulèvement, on retrouvait encore les templiers. En outre, Huss était très intéressé par la Kabbale. Avigdor Ben Isaac Kara fut l’un des plus importants noms influencés par le développement de ses doctrines. Kara était un rabbin de la communauté juive de Prague et un kabbaliste. [32]

Des exemples tels que ce dernier sont le signe que l’alliance entre les templiers et les kabbalistes avait pour objectif un changement de l’ordre social européen. Ce changement impliquait une modification de la culture chrétienne de l’Europe et son remplacement par une culture basée sur des doctrines païennes comme la Kabbale. Ensuite, après ce changement culturel, des changements politiques suivraient. Les révolutions française et italienne, par exemple…

Dans les sections suivantes, nous analyserons certains moments décisifs de l’histoire de l’Europe. Nous découvrirons qu’à chaque étape on retrouve une force qui souhaitait aliéner l’Europe de son héritage chrétien pour le remplacer par une idéologie laïque et, avec ce programme en tête, détruire ses institutions religieuses. Cette force essaya de faire accepter à l’Europe une doctrine qui avait été transmise depuis l’Egypte antique par la Kabbale. Comme nous l’avons évoqué précédemment, à la base de cette doctrine se trouvent deux concepts importants : humanisme et matérialisme.

Commençons tout d’abord par analyser l’humanisme.

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Notes :

[29] Eliphas Lévi, Histoire de la Magie, p. 273 ; Nesta H. Webster, Secret Societies And Subversive Movements, Boswell Publishing Co., Ltd., Londres, 1924

[30] Umberto Eco, Le Pendule de Foucault, traduit de l’italien par Jean-Noël Schifano, Editions Grasset, p. 450

[31] Pour ces thèses sur la Franc-maçonnerie, voir John J. Robinson, Born in Blood: The Lost Secrets of Freemasonry, New York : M. Evans & Company, 1989

[32] Encyclopaedia Judaica, vol. 10, p. 759

Franc-Maçonnerie partie 2 : Les Templiers

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Les templiers ou, sous leur nom complet, les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon, furent fondés en 1119, c’est-à-dire 20 ans après la prise de Jérusalem par les croisés. Les fondateurs de l’ordre étaient deux chevaliers français, Hugues de Payns et Geoffroy de Saint-Omer. Au départ, l’ordre comptait 9 membres, mais s’agrandissait régulièrement. Leur nom fait référence au Temple de Salomon, car ils choisirent pour base la montagne du temple où se trouvaient les ruines de ce dernier. Sur ce même emplacement se trouvait le Dôme du Rocher (Qubbat as-Sakhrah).

Les templiers se nommèrent « pauvres chevaliers », mais en peu de temps, ils devinrent très riches. Les pèlerins chrétiens, venus d’Europe jusqu’en Palestine, étaient entièrement sous le joug de cet ordre, et c’est grâce à leur argent qu’ils s’enrichirent. De plus, ils établirent pour la première fois un système de chèques et de crédit, semblable à celui d’une banque. D’après les auteurs britanniques, Michael Baigent et Richard Leigh, ils établirent une sorte de capitalisme moyenâgeux, et pavèrent le chemin pour le système banquier moderne avec leurs transactions à intérêt. [5]

Les templiers furent les principaux responsables des attaques des croisés et du meurtre des musulmans. C’est pourquoi, le commandeur suprême musulman Saladin, qui vainquit l’armée des croisés en 1187, à la bataille de Hattin, et qui plus tard délivra Jérusalem, exécuta les templiers pour les meurtres qu’ils avaient commis, alors même qu’il avait pardonné un grand nombre de chrétiens. Malgré la perte de Jérusalem et les nombreux morts et blessés déplorés, les templiers existaient toujours. De plus, malgré la diminution progressive de la présence chrétienne en Palestine, leur puissance en Europe se renforçait, et en commençant par la France, puis dans d’autres pays, ils devinrent un état dans l’état.

Les templiers développèrent une foi païenne la faisant passer pour chrétienne.
Les templiers développèrent une foi païenne la faisant passer pour chrétienne.

Il va sans dire que leur puissance politique inquiétait les monarques européens. Mais un autre aspect des templiers mettait également mal à l’aise le clergé : l’ordre s’était progressivement éloigné de la foi chrétienne, et lors de son séjour à Jérusalem, avait adopté des doctrines mystiques étranges. Des rumeurs racontaient qu’ils organisaient d’étranges rites pour donner forme à ces doctrines.

Ainsi, en 1307, le Roi de France, Philippe Le Bel, décida de faire arrêter tous les membres de l’ordre. Certains réussirent à s’échapper, mais la plupart d’entre eux furent arrêtés. Le pape Clément V se joignit également à cette purge. S’ensuit une longue période d’interrogatoires et de procès, au cours desquels de nombreux templiers reconnurent avoir nourri des croyances hérétiques, rejeté la foi chrétienne et insulté Jésus dans leurs messes. Enfin, les responsables des templiers, appelés « grands maîtres », à commencer par le plus important d’entre eux, Jacques de Molay, maître du Temple élu en 1293, furent exécutés en 1314 par ordre de l’Eglise et du Roi. La majorité d’entre eux furent emprisonnés, et l’ordre dispersé et officiellement dissous.

Les templiers fuyant l’Eglise, furent recueillis par le Roi d’Ecosse, Robert 1er Bruce
Les templiers fuyant l’Eglise, furent recueillis par le Roi d’Ecosse, Robert 1er Bruce

Certains historiens ont tendance à présenter le procès des templiers comme un complot ourdi par le Roi de France et à considérer les chevaliers innocents des accusations portées. Mais, cette interprétation échoue bien sous plusieurs aspects. Nesta H. Webster, la célèbre historienne britannique aux connaissances approfondies sur l’histoire occulte, analyse ces aspects dans son livre, Secret Societies and Subversive Movements. D’après elle, la tendance à absoudre les templiers des hérésies qu’ils confessèrent pendant les procès est injustifiée. Premièrement, au cours des interrogatoires, malgré les allégations habituelles, tous les templiers ne furent pas torturés.

Les guerriers et les banquiers: un livre sur les templiers
Les guerriers et les banquiers: un livre sur les templiers

« En outre, les confessions des chevaliers semblent-elles être le fruit de la pure imagination des hommes sous la torture ? Il est assurément difficile de croire que les comptes-rendus détaillés de la cérémonie d’initiation faits par des hommes répartis dans différents pays, tous semblables les uns aux autres, mais formulés différemment, soient de pures inventions. Si les victimes avaient été forcées d’inventer, elles se seraient sûrement contredites entre elles, auraient hurlé dans leur agonie que toutes sortes de rites extravagants et invraisemblables avaient lieu dans le seul but de satisfaire les demandes de leurs interlocuteurs. Mais tel ne fut pas le cas, chacune d’entre elles semblent décrire la même cérémonie plus ou moins intégralement, avec des caractéristiques propres à la personnalité du narrateur, et dans l’ensemble, toutes les histoires concordent. » [6] 

Quoi qu’il en soit, le procès des templiers se solda par la fin de l’ordre. Mais, bien que l’ordre cessât « officiellement » d’exister, il ne disparut pas réellement. Au cours des arrestations soudaines de 1307, certains templiers s’échappèrent en réussissant à brouiller les pistes. D’après une thèse s’appuyant sur différents documents historiques, un nombre important de templiers se réfugia dans le seul royaume européen qui ne reconnaissait pas l’autorité de l’Eglise catholique au 14ème siècle, l’Ecosse. Ils s’y réorganisèrent sous la protection du Roi d’Ecosse, Robert 1er Bruce. Quelques temps plus tard, ils découvrirent un moyen pratique de camouflage grâce auquel ils poursuivirent leur existence clandestine : ils infiltrèrent la plus importante guilde des Îles Britanniques médiévales : la loge des maçons, pour finir par en prendre le contrôle. [7]

La loge des maçons changea de nom au début de l’ère moderne, et se nomma « Loge maçonnique ». Le Rite écossais est la plus ancienne branche maçonnique et remonte au début du 14ème siècle, aux templiers réfugiés en Ecosse. Les noms donnés aux plus hauts degrés du Rite écossais correspondent aux titres attribués des siècles plus tôt aux chevaliers de l’ordre des templiers. Ils sont toujours utilisés de nos jours.

Bref, les templiers n’ont pas disparu, mais leur philosophie, leurs croyances et leurs rituels perdurent sous la forme de la franc-maçonnerie. Cette thèse est soutenue par une pléthore de preuves historiques, et est admise aujourd’hui par un grand nombre d’historiens occidentaux, qu’ils soient francs-maçons ou non. Dans notre livre, Le Nouvel ordre maçonnique, nous avons examiné en détail ces preuves.

Les magazines publiés par les maçons pour leurs propres membres font souvent allusion à cette thèse qui établit que la maçonnerie remonte aux templiers. Les francs-maçons admettent volontiers cette théorie. Un de ces magazines, intitulé Mimar Sinan (publication des francs-maçons turcs) décrit la relation entre l’Ordre des templiers et la franc-maçonnerie en ces termes :

Le magazine Mimar Sinan, publication maçonnique turque privée destinée à ses propres membres.
Le magazine Mimar Sinan, publication maçonnique turque privée destinée à ses propres membres.

« En 1312, lorsque le Roi de France, sous la pression de l’Eglise, abolit l’Ordre des templiers et donna leurs biens aux Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, les activités des templiers ne cessèrent point. La grande majorité des templiers trouva refuge dans les loges de francs-maçons existant en Europe à cette époque. Le chef des templiers, Mabeignac, avec d’autres membres, trouva refuge en Ecosse, déguisé en maçon sous le nom de Mac Benach. Le Roi d’Ecosse, Robert 1er Bruce, les accueillit et les laissa jouer une influence importante sur les loges maçonniques en Ecosse. Par conséquent, les loges écossaises acquirent une importance considérable en termes d’art et d’idées.

Aujourd’hui, les francs-maçons prononcent le nom Mac Benach avec considération. Les maçons écossais, qui héritèrent de l’héritage des templiers, le ramenèrent en France des années plus tard et y établirent la base du rite connu sous le nom de Rite écossais. » [8]

Pour conclure, nous estimons qu’il est évident que les racines de la franc-maçonnerie remontent à l’Ordre des Templiers et que les maçons ont adopté la philosophie de cet ordre. Les maçons eux-mêmes le reconnaissent. Mais assurément, ce qui compte le plus pour nous, c’est la nature de cette philosophie. Pourquoi les templiers ont-ils abandonné le Christianisme pour devenir un ordre hérétique ? Qu’est-ce qui les a conduit jusque là ? Pourquoi ont-ils connu un tel changement à Jérusalem ? Par l’entremise de la maçonnerie, quel a été l’effet sur le monde de cette philosophie adoptée par les templiers ?

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Notes :

[5] Michael Baigent, Richard Leigh, The Temple and the Lodge, Londres, Corgi Books, 1990, pp. 78-81

[6] Nesta H. Webster, Secret Societies And Subversive Movements, Boswell Publishing Co., Ltd., Londres, 1924, Chapitre 3

[7] Pour ces thèses sur la Franc-maçonnerie, voir John J. Robinson, Born in Blood: The Lost Secrets of Freemasonry, New York. M. Evans & Company, 1989

[8] Ender Arkun, « Masonlarin Dusunce Evrimine Katkisina Kisa Bir Bakis », Mimar Sinan, 1990, no. 77, p. 68

[9] Teoman Biyikoglu, « Tampliyeler ve Hurmasonlar », Mimar Sinan, 1997, no. 106, p. 11

[10] Teoman Biyikoglu, « Tampliyeler ve Hurmasonlar », Mimar Sinan, 1997, no. 106, p. 9

[11] Teoman Biyikoglu, « Tampliyeler ve Hurmasonlar », Mimar Sinan, 1997, no. 106, p. 19