Nouvel Ordre Mondial

Aïssam Aït-Yahya : Les minorités musulmanes d’Occident ou comment le pseudo-réformisme détruit l’Islam ?

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Nous avons déjà expliqué comment s’était mise en place la création de nouvelles dénominations pseudo-juridiques pour qualifier l’espace mondial contemporain. Avec une justification par le fait, qui a commencé par revoir et rejeter la notion de Dar al Kufr, puis adopter une vision minimaliste du Dar al Islam, et finissant par une combinaison-fusion des deux, qui aboutira à la totale acceptation par les musulmans abusés d’un seul et unique « Dar » mondialisé. Toutefois, rappelons qu’au départ c’est la nécessité -voire l’exigence- de répondre à certaines problématiques qui a poussé ces nouveaux penseurs et imams, intellectuels et théologiens, à créer ces nouveaux principes, nouveaux principes totalement inacceptables, non pas seulement car les résultats sont faux et même dangereux pour l’intégrité de l’Islam, mais parce que toute la méthodologie de réflexion et d’analyse des problèmes est elle-même gravement erronée.

Ce postulat de départ est de prendre pour fait acquis, la présence de plusieurs millions de musulmans en Occident, issus de l’immigration, immigrés ou convertis (Près de 16 millions en Europe et 3 millions en Amérique du Nord). Or vivant en dehors du monde musulman, il fallait donc des réponses à leurs interrogations et questions nouvelles que suscitait cette présence. Bien entendu, ces imams-théologiens, à la méthodologie innovée, en plus de ne pas être foncièrement enracinés sur le terreau du dogme musulman (condition pour voir fleurir un fiqh islamiquement cohérent), ont de manière très évidente cherché à légitimer d’office et absolument cette présence musulmane en Occident. Sans jamais en discuter les raisons historiques ou la légalité islamique autrement que de manière superficielle et simpliste, en balayant d’emblée les fondements, pour se jeter sur les ambiguïtés, en faisant des cas exceptionnels et leurs permissions (rukhsa) une règle générale, et la règle générale si exceptionnelle qu’elle devient une théorie utopique jamais appliquée (telle la shari’a elle-même)…

Pour cela, ils développèrent l’idée d’un fiqh spécialement adapté aux minorités musulmanes vivant en Occident : le fiqh al-aqalliyât (de qalîl signifiant peu). Prenant pour modèle le Prophète lui-même (sallallahu ‘alayhi wa salam) à la Mecque et ceux des premiers émigrés musulmans en Abyssinie, ce fiqh fait des versets mecquois la base de son existence.

Il ne s’agit pas de remettre foncièrement en cause celui-ci, mais de montrer comment ce genre de fiqh dans des mains peu intègres (théologiquement parlant) qui n’ont pas la conscience et l’éthique que suppose cette tâche, peut causer bien plus de mal qu’autre chose.

Principes méthodologiques de la déconstruction de l’Islam par le fiqh al aqalliyât d’Occident

Tout d’abord, ils partent du postulat ‘alamiyat ul-islam : l’universalité de l’Islam. Notion fondamentale issue de la croyance musulmane : l’Islam est une vérité adoptable et applicable en tout temps et tout lieu (fi kulli makân wa kulli zamân). Pourtant chez eux, lorsque l’on analyse leurs discours, leurs prises de positions et les résultats de leurs « efforts de jurisprudence » (ijtihâd) on remarque très aisément que toutes les modalités sont complètement inversées et en absolue défaveur de l’islam et de ce qu’il recouvre. Puisque l’Islam est universel : finalement c’est donc à l’Islam de faire l’effort doctrinal de se réformer pour épouser l’universalité (occidentale !) et aux musulmans de faire des concessions dans le temps et l’espace où ils vivent. Il faut préciser ce point : on ne remet pas en cause l’idée que le musulman ne peut pas vivre pleinement son Islam et sa pratique dans un pays non-musulman.

Certes, il est évident qu’il y a toujours compromission entre ce que l’on doit faire et ce que l’on peut que faire. Seulement ces compromis doivent être légaux d’un point de vue de l’Islam, dans le but visé et dans son essence, et surtout ne pas amorcer de logique perverse et contre-productive pour l’intégrité de l’Islam lui-même (ce qui n’est pas le cas avec le fiqh al-aqaliyyat de nos nouveaux juristes). Inutile de revenir sur les multiples situations schizophréniques de cette situation, qui de toute façon est islamiquement anormale. C’est notre point de divergence avec eux, puisqu’eux n’y trouvent fondamentalement aucune contradiction. Car c’est que le principe de ‘alamiyat al islam va les aider à alléger le fiqh musulman traditionnel. Trop lourd, trop rigide selon eux. Rendre plus aisé à pratiquer les rites du culte et les autres obligations liés à l’Islam : c’est la notion de tayssir al fiqh (faciliter le fiqh).

C’est de cette manière qu’ils ouvrent ici la boite de Pandore, car c’est donner à un espace historiquement et culturellement non-musulman la capacité et le droit d’influer sur la pratique de la religion elle-même. Non pas de manière temporaire, non pas de manière exceptionnelle, limitée dans le temps, non pas de manière circonstanciée : mais de manière absolue et légale puisqu’à la base, on considère légitime la présence musulmane en Occident (qui n’est plus considéré comme un vrai Dar al Kufr). Finalement ces derniers en arrivent même à accepter l’idée d’un ‘urf gharbi: des coutumes occidentales ”musulmanes” intégrées au fiqh de l’islam lui-même. Ils usent de manière enfantine de paroles de grands juristes qui énoncent qu’en fiqh on peut prendre parfois en compte les  »usages » ; mais ce qu’ils n’ont pas compris c’est que ce sont des usages issus des  »particularismes régionaux » de population musulmane et islamisée depuis des siècles ! Alors qu’à la base et en réalité ici dans notre cas, nous avons une culture majoritaire non musulmane, sécularisée postchrétienne, avec ses valeurs, son mode de vie et ses pratiques totalement non musulmane. Or ces pratiques sont intégrées et légitimées pour la faire entrer dans les modalités même de définition des règles du culte ! Ce n’est donc plus le culte (musulman) qui fonde la culture (majoritaire): mais la culture dominante [occidentale] qui règle le culte de la minorité [musulmane]. Voilà en somme comment on facilite l’assimilation absolue des musulmans à des valeurs qui ne sont pas les leurs et comment on occidentalise l’islam en occidentalisant les musulmans grâce au fiqh perverti. C’est ainsi qu’on comprend que cette notion de ‘alamiyat al islam est une parole véridique par laquelle ces nouveaux théologiens n’obtiennent que le faux, du fait de leurs conceptions et compréhensions erronées (kalimatul haqq yurîdû biha al-bâtil).

Comment le fiqh al aqaliyyat se transforme en fiqh al mustadh’afîn

Dans tout environnement politique et social dans lequel une minorité exogène perd sa cohésion intracommunautaire, l’assimilation est la règle, et elle finira par adopter valeurs et pratiques dominantes. Or dans un environnement coercitif, exigeant de se délester d’une partie de son identité pour faire symboliquement partie d’une communauté nationale, qui plus est, restrictive en termes de liberté, alors le processus d’assimilation radicale est d’autant plus renforcé. Que dire quand cette communauté perd les fondamentaux protecteurs qui définissent son identité et utilise des outils qui lui permettent de s’autodétruire ? Dans ce genre de société -telle la France- le fiqh al aqaliyyat, qui allège prétendument les contraintes et donne des pseudos-solutions à de vrais problèmes, est condamné à n’être qu’une suite perverse de concessions. L’ordre politique négocie peu (surtout pas avec les musulmans considérés comme les derniers représentants de l’ordre ancien à convertir à la modernité) ou ne négocie carrément pas quand il sait que la communauté musulmane n’a aucune cohésion.

Dans ce cas de figure, ce fiqh n’est qu’un fiqh du fait accompli, incapable de donner de vraies solutions, il permet simplement de faire accepter la situation telle quelle aux musulmans. Ce fiqh al aqaliyyat devient même un instrument privilégié du pouvoir dans le processus d’assimilation de ces minorités musulmanes. C’est l’outil de la réforme de l’islam et tous les réformistes qui ont le vent en poupe le savent et l’utilisent. Il y a une création d’un nouvel islam, totalement sur mesure grâce aux outils traditionnels de fiqh.

– Le principe de maslaha wa masfada (avantages et inconvénients) est inversé : la maslaha est celui du système, ce sont ses seuls intérêts qui sont pris en compte en réalité, ses seules vues et objectifs qui constituent la référence derrière toute la fumée qui sert à embrouiller la vision du musulman. Et revenir à la réalité de l’Islam est justement la masfada, la corruption, le trouble à l’ordre public.

– La règle Adh-dharûra tubîhu al-Mahzhûrât stipulant que la nécessité permet exceptionnellement les interdits, est la panacée suprême permettant de rendre licite l’illicite. Dans notre société débridée ultra libérale, individualiste où la surconsommation est la règle, tout devient nécessaire et tout est nécessité… En réalité, la nécessité de vivre comme les ”autres” est finalement la vraie nécessité qui peut et pourra tout permettre.

– Le principe de akhaffu adhararayn consistant dans une situation problématique imposée à choisir le moindre mal, devient une règle qui ne repose sur plus aucune logique de hiérarchie du mal. Justement car la mashala et la mafasda sont elles-mêmes inversées : le mal absolu est donc la solution la plus authentiquement islamique et le moindre mal est la solution ambiguë et innovatrice. Avec leurs conceptions, le mal est ce qui va à l’encontre de ce que souhaite le système, le moindre mal est d’accepter les solutions du système, ses règles du jeu, alors même que les musulmans ont la possibilité et la liberté de choisir d’autres solutions islamiquement plus licites et rationnellement plus viables.

– Le principe de maqassid ash shari’a était un outil servant à déterminer les buts et les objectifs (qasd) généraux de la shari’a, afin de pouvoir trouver des solutions à des problèmes, des indications pour montrer la voie (shari’a) à suivre pour les nouveaux ijtihâd. Mais dans leurs mains déterminer ces buts et objectifs devient la cause ultime pour annuler la shari’a elle-même. Ils croient avoir saisi ces objectifs, donc il devient inutile de garder cette shari’a comme voie législative à suivre.

– Le principe de fiqh al waqi‘, lui aussi est mal compris : cet outil permet de comprendre la réalité présente à travers les  »yeux et la conscience de l’Islam », afin que les juristes aient la compréhension globale du monde contemporain, ou celle plus précise d’un contexte particulier, pour émettre des solutions en absolue pertinence avec les sources islamiques. Ce principe dans cette compréhension innovatrice devient un des moyens pour que l’islam intègre en son sein la réalité contemporaine quelle qu’elle soit sans la remettre en cause. Ainsi, l’islam assimile son époque sans pouvoir influer sur cette époque. Et pire : ce n’est plus l’Islam qui comprend son temps, c’est le temps présent qui détermine la compréhension de l’Islam.

On pourrait multiplier ce genre d’examen critique et citer d’autres principes, pour montrer que tout cet ensemble au sein du fiqh al aqaliyyat transforme une minorité musulmane en minorité faible incapable de faire face avec son Islam à la réalité contemporaine. Une minorité sous pression qui tombe dans une logique de concession conscientisée par ce fiqh, servant à lui donner bonne conscience : ne sachant pas que ce fiqh les condamne à la faiblesse éternelle et même à la disparition de leurs identités spécifiques. Ou du moins la disparition des vrais marqueurs de cette identité. Le fiqh al aqaliyyat n’est en réalité, ici dans cette méthodologie déviée, qu’un fiqh al-mustadh’afîn (opprimés). Le problème est beaucoup plus grave, car ici, cela ne concerne pas que le fiqh en matière rituelle, cultuelle, vestimentaire ou alimentaire. Mais implicitement, il a touché, touche et touchera davantage le dogme lui-même avec des répercussions gravissimes. C’est comme si cette idée de tayssir al-fiqh se transformait aussi au fur et à mesure de son application dévoyée en tayssir al ‘aqida. Le dogme lui-même est allégé, amputé et modifié, par ce fiqh al-aqalliyat qui donne naissance par son ‘urf gharbi à une aqida al aqalliyat occidentalo-compatible.

Ici, je pourrais prendre des dizaines de cas (fatawas ou déclarations), extrêmement polémiques pour démontrer méthodiquement tout ce processus (les plus perspicaces feront très rapidement les déductions et les liaisons eux-mêmes) mais cela est inutile : il suffit de comprendre tout le mécanisme et d’en vérifier soi-même la validité.

Du fiqh al mustadh’afîn au fiqh fâsid wa mufsid

Rappelons que tout ce fiqh prévalait pour les minorités musulmanes du monde occidental, ce fiqh al-aqaliyyat, son tayssir al-fiqh et son ‘urf gharbi, tout cela déjà conditionné par le refus d’utiliser la notion de Dar al-Kufr et d’en tirer les conclusions qui en découlent. Pourtant, lorsqu’on sait que le phénomène de Mondialisation est un euphémisme pour ne pas dire Occidentalisation du monde, un autre phénomène extrêmement pervers se réalise. Le monde occidental domine indubitablement le monde depuis au moins deux siècles. La démocratie, les droits de l’homme, le libéralisme, la laïcité, le positivisme, le darwinisme, le socialisme (entre autres) sont toutes des philosophies clairement nées et façonnées dans le monde occidental. Et aujourd’hui elles constituent toutes des valeurs universelles, car l’occident s’est imposé universellement au monde. Le monde occidental constitue donc l’absolue référence de toutes les anciennes ères de civilisation. Or, le fiqh al-aqaliyyat et toutes ses funestes implications, développées à l’origine uniquement pour le monde occidental, tend à dépasser son cadre d’origine, et s’étend aussi dans le monde musulman.
Car comme l’Occident constitue la référence absolue, un modèle que tous tendent à suivre, l’islam occidental devient lui-même une référence pour les musulmans censés vivre dans des pays musulmans, au sein de sociétés musulmanes régies par des états musulmans. Cet islam créé en Occident, donc totalement occidentalo-compatible, a été créé dans leurs laboratoires et s’exporte par le phénomène de Mondialisation.

On se rappelle d’ailleurs les paroles de certains hommes politiques français qui disaient bien que l’Islam de France, est un projet qui dépasse même les frontières françaises. C’est ainsi que l’islam acceptable dans le monde occidental devient le seul islam que l’Occident accepte pour le monde musulman. Or les musulmans n’ont pas les moyens de s’y opposer puisqu’ils ont adopté et intériorisé le fiqh de la faiblesse. Ce qui est le plus cynique dans ce processus, c’est que par le phénomène de Mondialisation, les musulmans du monde arabo-islamique se sécularisent massivement et deviennent des croyants et des adeptes des religions séculières. Finalement, les musulmans authentiquement musulmans deviennent une minorité au sein de leurs propres pays, eux-mêmes prêts à avaler ce fiqh al-aqaliyyat finissant par son tayssir al-‘aqida

C’est un véritable cercle vicieux destructeur de la réalité de l’Islam et de la réalité de ce que recouvre l’identité musulmane qui se met en place. La logique de ce processus veut que nous allions tout droit vers l’acceptation par les musulmans d’un Dar Mondialisé qui n’est pour eux ni un Dar al-kufr ni un Dar al-Islam sans même qu’ils ne s’en soucient.

L’adoption d’un fiqh pervers qui ne se sert d’outil qu’à des fins de contorsions idéologiques et de manipulations scientifiques des sources authentiques et des règles véritables. Un phénomène de tayssir al-‘aqida, qui créé une nouvelle religion toujours dénommée islam mais complètement vidée de sa substance originelle et acceptable par le nouvel ordre politique mondial. La création de musulmans ”nominaux”, adeptes en réalité de religions séculières, refusant et combattant eux-mêmes les points les plus fondamentaux du dogme islamique.

Qui sont les musulmans qui résisteront à ce phénomène, et comment le combattront-ils efficacement, sont les deux seules inconnues de toutes ces évidences.

Aïssam Aït-Yahya

Source : Nawa édition

Aïssam Aït-Yahya : Dâr al-Kufr et Dâr ul-Islâm : Orientalistes et Néo-réformistes à l’assaut de la vision islamique du découpage mondial

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Pour comprendre l’opposition des néo-réformistes à la traditionnelle vision islamique concernant le découpage de l’espace mondial, il faut tout d’abord revenir sur les causes de notre situation actuelle. Pour ce faire, il est indispensable de séparer les facteurs externes des facteurs internes :

L’analyse externe vise à déterminer le contexte et l’environnement, en quoi ils influent négativement, comment ils aggravent ou de quelle manière ils ont fait naître le problème. Nous en avons déjà fait souvent référence ici et là : les causes historiques, la réalité contemporaine, le monde occidental, ses forces et ses pressions, qui font en sorte de ne pas laisser l’Islam libre de s’épanouir dans son espace civilisationnel, et demeurer seul maître de son histoire. Toutes ces entreprises, ces opérations, ces manipulations, ces buts et objectifs sont clairement visibles par toute personne éclairée, et ils sont d’autant plus faciles à saisir et à comprendre quand il s’agit de pointer du doigt les « autres ».

L’analyse interne, quant à elle, vise à diagnostiquer les faiblesses internes, savoir où elles se trouvent, comment elles sont apparues, de quelle manière elles aggravent la situation générale. A contrario c’est donc mettre le doigt là ou précisément le mal agit pour être capable d’élaborer des solutions. Par contre cette analyse est la plus ardue des deux car elle suppose recul et esprit critique. Elle suppose d’étudier un corps social dont on est partie prenante. Or, islamiquement parlant, l’analyse interne est prioritaire : « Lorsqu’un malheur vous atteint […] vous dites : “D’où vient ce malheur ?” Réponds-leur : “Il vient de vous-mêmes” » (Sourate al-’Imrân, V165).

Le mal le plus absolu, au delà de la situation collective des musulmans, c’est la dénaturation de l’Islam, son occidentalisation (via le processus de sécularisation), l’amputation d’une grande partie de sa réalité effective, la fin de sa civilisation (le pouvoir d’imposer son ordre chez elle). Tous ces facteurs impactent négativement sur la conscience musulmane, dans la vision de ce qu’est réellement l’Islam, dans les pratiques quotidiennes et dans la réalité de la foi. Ce cercle vicieux s’est renforcé depuis plus d’un siècle : en sécularisant l’Islam pour qu’il sécularise les musulmans, ou en sécularisant les musulmans de sorte qu’eux-mêmes sécularisent l’Islam. Un islam occidentalisé appliqué par des musulmans occidentalisés, que cela soit à Paris ou au Caire. Un orientaliste disait lors de la période coloniale: «*je n’appelle plus les musulmans à entrer dans le christianisme mais à sortir de l’Islam. Nous avons dépensé beaucoup d’argent, prononcé de nombreux discours, malgré cela nous n’avons pas réussi à dévier un musulman de sa religion. Il est plus facile de détruire que de construire. La destruction du musulman constitue la destruction de la religion elle-même». Or remarquons aujourd’hui que les enfants de ces orientalistes d’antan ont très bien compris que la meilleure des stratégies pour obtenir le meilleur des résultats est de faire détruire l’islam, par des musulmans eux-mêmes, de sorte que tous sortiront de l’Islam réel pour entrer dans un Islam fictif sans même en avoir eu conscience. De la même manière qu’il est plus facile à des étrangers de dominer un pays en faisant croire à sa population qu’il est indépendant que d’être directement au commande lors d’une colonisation…

Cette stratégie est largement facilitée dans le monde musulman et au delà dans le monde occidental, par une idéologie de la soumission inconsciente, innovée et créée par des individus et groupes issus de la Oumma très largement identifiables (historiquement et islamiquement). Ces derniers ont mis en place malgré eux toute une nouvelle architecture qui, sous divers prétextes, n’aboutira qu’à détruire la structure du dogme authentique de l’Islam, l’orthodoxie sunnite et finalement l’identité musulmane dans ce qui la distingue des autres. Tout ceci n’aboutissant qu’à incorporer l’Islam dans un nouveau Dînmondialiste, constitué simplement de sectes (firaq) ou d’écoles (madhâhib) dont l’une sera appelée ”islam” pour mieux tromper les musulmans.

Dialectique et méthodologie de l’imposture

Nous allons essayer de voir ici quelles sont les terminologies (mustalahât) et la méthodologie (minhâj) de cette nouvelle idéologie (fikra jadida). Nous allons essayer d’analyser de quelle manière leurs véritables innovations (bid’a), leurs visions biaisées et tronquées, leurs erreurs de bonne foi, leurs négligences condamnables, leur manque de rigueur, ou alors leurs tromperies, leurs manipulations, leurs mensonges et leurs propres illusions, s’y prennent de manière méthodique pour délier un à un les liens fondamentaux de l’islam dans nos cœurs et nos esprits : « Les liens de l’islam seront défaits les uns après les autres, et chaque fois qu’un lien sera défait, les gens s’attacheront au suivant. Le premier à être défait sera le lien de la Loi (d’Allah), et le dernier sera le lien de la prière».

Rejet de la dichotomie Dar al Islam/Dar al Kufr

Un des premiers sujets auxquels se sont attaqués ces nouveaux philosophes et leurs « chuyûkh », a été de remettre en cause la traditionnelle vision musulmane du monde. D’un côté le domaine de l’islam, les terres dans lesquelles ses lois, ses valeurs, son ordre, sa culture et son pouvoir règnent et dominent sur le plans juridique et politique, que ses habitants et sa population soient majoritairement musulmans ou non (Dar al-islâm). De l’autre coté, il y a tout le reste, c’est-à-dire les terres et territoires qui ne sont pas sous domination politique de l’Islam, cela même si la population est majoritairement musulmane. Or, si ces terres ne sont pas dominées par l’Islam, c’est qu’elles le sont par autre chose que l’Islam, cette autre chose n’étant pas l’islam est donc son opposé par essence, le non-islam quelle que soit sa forme et ses différentes modalités : c’est à dire al-Kufr (Dar al-kufr). Ibn Qayyim dit dans Ahkâm ahl adh-dhimma : « la majorité (jumhur) a dit le dar al-islâm est celle qui est la propriété des musulmans et gérée par les lois de l’islam, et ce qui n’est pas administré par l’islam n’est pas un dar al-islâm ». Comment ont-ils procédé pour rejeter ce principe clair et limpide ? Deux grandes méthodes.

1/ Première méthode : la multiplication des terminologies

Puisque ces derniers se réclament d’une certaine tradition scientifique sunnite, ce rejet ne pouvait pas être franc et décomplexé comme on le retrouve chez certains auteurs laïques modernistes par exemple. Ils se fondent donc sur tels ou tels ijtihad antérieurs décontextualisés, en les surexploitant et en finissant par regrouper toutes leurs propres extrapolations pour donner naissance à de nouveaux ijtihad totalement innovés au-delà même des limites légales de la jurisprudence. On voit apparaître chez eux des termes comme :

– Dar Al Sulh (domaine de la conciliation)
– Dar Ad Da’wa (domaine de la prédication)
– Dar ash Shahada (domaine du témoignage)
– Dar al Amn (domaine de la sûreté).

Il ne s’agit pas de dire que certaines de ces terminologies n’ont jamais été utilisées par d’honnêtes savants dans l’histoire de la jurisprudence islamique, mais de montrer qu’aujourd’hui entre des mains malintentionnées et/ou non fermement enracinées dans le dogme, ou utilisées par des esprits déviants aux méthodes avec des buts innovés : elles se révèlent être des armes de destruction massive de la conscience islamique des musulmans. Celle qui détruit en eux la pertinence et l’intérêt de garder l’absolue dichotomie Dar al-Islam/Dar al-Kufr. Cette profusion de termes permet de semer la confusion et de faire oublier les fondamentaux ; en l’occurrence il s’agit ici de faire disparaitre l’idée qu’il y a (eu) et qu’il doit exister un Dar Al-Islâm malgré tout : c’est à dire là où l’Islam est absolument maître chez lui pour défendre son intégrité (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, vous en conviendrez tous). Nous disons bien « absolue dichotomie » car tous ces nouveaux termes ne pourront jamais remplacer la pertinence de ceux mis en place par les premières générations (salaf salih) et confirmés par leurs successeurs (khalaf). Car aujourd’hui, les configurations ont changées et le Dar ad Da’wa, Dar Shahada, et Dar al Amn sont utilisés par ces nouveaux penseurs et « imams » pour désigner l’ancien Dar al-Kufr (le monde non-musulman) mais dans lesquels vit une importante minorité musulmane : et c’est là que toute cette nouveauté prend son importance. Pour eux, le monde non-musulman est un monde dans lequel le musulman doit et peut faire de la prédication (da’wa) dans lequel il peut témoigner son islam (shahada) et où il est en sûreté (amn). Ce discours a pour seul but en réalité de justifier leur présence en Dar al-Kufr, et pour inciter à intérioriser comme absolument naturelle leur vie et leur mort en plein milieu de ces territoires non-musulmans ! Alors qu’une quantité astronomique de preuves à en faire déborder les bibliothèques sunnites montrent, stipulent et expliquent que cette situation est anormale, réprouvée, conditionné dans le temps et le lieu à certaines catégories précises (commerçants, diplomates, étudiants, etc.). Nos auteurs justifient cette présence sans jamais s’interroger, ne serait-ce que de l’ordre du « qui suis je, d’où je viens et où vais-je » (dont les vraies réponses sont devenues paradoxalement dangereuses pour ces « philosophes »).

L’utilisation de ces nouveaux concepts est imparfaite, partiale et orientée d’une manière qui n’a jamais été faite avant eux. Ces « réformateurs » ont même échoué dans le but qu’ils se sont fixés (à savoirredéfinir une vision du monde islamiquement pertinente) puisque toutes ces nouvelles terminologies ne peuvent pas qualifier à elles seules l’ancien Dar al-Kufr et de ce fait ne peuvent pas le remplacer totalement. Leur construction pseudo-scientifique bâclée ne sert qu’à justifier à posteriori une position en laquelle ils croient déjà comme la Révélation : à savoir qu’il n’y aurait aucune contradiction ou incohérence au fait que des populations civiles musulmanes vivent dans un ordre non-musulman.

Explication par l’exemple contradictoire

Si les termes Dar ad-Da’wa, Dar ash-Shahada, et Dar al-Amn sont vraiment justes pour qualifier exclusivement l’ancien dar al-kufr : dans ce cas, est-ce que les musulmans vivant dans le « Dar al-Islam » n’auraient pas/plus besoin de da’wa, de rappel à l’ordre et d’incitation au bien et à l’interdiction du mal (al-amr bil ma’rûf wa nahi ‘anil munkar) et leur territoire ne serait-il pas/plus aussi un Dar ad Da’wa ? Le Dar al Islam n’est-il pas aussi un Dar al Shahâda par excellence ? Et même le plus absolu et naturel de tous ? Le Dar al Islam est-il toujours un endroit où règne la sûreté pour les musulmans et donc forcément un Dar al-amn selon cette compréhension ? Le Dar al Kufr est-il un monde totalement uniforme pour énoncer que les musulmans ont la liberté d’y professer publiquement leur foi ? Comment et selon quels critères juger alors de cette liberté ? On pourrait multiplier ce type de questions pour multiplier les contre-sens sans aboutir au résultat souhaité. Non. Si ces terminologies peuvent à la fois être utilisées pour l’un ou l’autre des territoires, leur pertinence linguistique est quasi nulle. Absolument rien ne peut remplacer de manière convaincante la distinction fondamentale entre Dar al-Islam et Dar al-Kufr. Sachant que ces deux mondes sont aussi traversés par de multiples réalités qui doivent être nuancées, en fonction des contextes politiques, géographiques et/ou régionaux. Mais quoiqu’il en soit cette dichotomie est la plus claire de toutes, en tout cas dans le cadre islamique…

2/ Deuxième méthode : le prétexte de la guerre et la terminologie pacifiste

L’autre méthode pour réfuter cette dichotomie est politiquement plus sournoise. Elle consiste à délégitimer (très implicitement) le concept de Dar al-Kufr car celui-ci renverrait automatiquement ou symboliquement au Dar al-Harb (domaine de la guerre). Ironiquement, ils réutilisent le plus souvent les mêmes arguments (inversés) que les orientalistes islamophobes (le comble pour ces individus qui, au départ, voulaient nous libérer de ces stéréotypes). C’est donc une espèce de honte coupable inconsciente qui est ici dévoilée.

L’orientalisme islamophobe énonce que le découpage politique du monde par le droit musulman entre le domaine de la paix et le domaine de la guerre démontre la vision guerrière et intolérante de l’Islam. Or, nos malheureux « réformistes » reprennent quasiment la même argumentation pour justifier leur nouvel ijtihad.

Dans notre monde régi par l’Organisation des Nations-Unies (basée sur la philosophie politique occidentale) qui a érigé la Paix et les Droits de l’homme en mesure de toute chose, les nouveaux penseurs et théoriciens de l’Islam se refusent d’utiliser le terme Dar al-Kufr qui renvoie selon eux au Dar al-Harb, c’est-à-dire aux terres à conquérir et aux populations non-musulmanes à convertir. Cela renverrait donc au jihad, aux croisades, à la violence et à tout ce champ lexical honni par l’humanisme et le pacifisme mondial. Encore une fois leurs esprits binaires et vulgarisateurs font l’impasse des vraies et profondes explications, car si le Dar al-Harb désigne automatiquement un Dar al-Kufr, tout Dar al-Kufr n’implique pas forcément d’être un Dar al-Harb réel dans lequel les actions militaires sont obligatoires ou légales pour les musulmans. Car ces actions militaires et son état de guerre, sont toujours laissés à l’appréciation des détenteurs d’autorité (wulat al-umûr) selon les intérêts (masâlih) de l’Islam et des musulmans (sauf cas de légitime défense ou nulle permission n’est requise pour se défendre des envahisseurs), autrement dit en fonction de l’état actuel des relations internationales.

Il y a même très souvent chez les anciens juristes une utilisation purement linguistique du terme Dar al-Harb comme simple synonyme de Dar al-Kufr sans que cela n’implique chez eux l’idée d’un véritable état de guerre, mais plutôt un état d’hostilité et d’opposition politique, ainsi qu’une distinction entre diverses sphères d’influences. « Hostilité », car justement il n’y a pas eu de conclusion d’accord de paix, de trêve et de relation de bon voisinage avec les autorités islamiques légales représentant le Dar al-Islam (une partie ou son tout avec le califat dans les théories classiques du droit international musulman). Il s’agit donc de l’exact contraire de ce que certains appellent un Dar al ‘ahd (traité), Dar al Sulh (conciliation) ou un Dar al Hudna (trêve), qui restent tous fondamentalement des Dar al-Kufr sans être dans la pratique réelle des Dar al-Harb, mais pouvant tous potentiellement le devenir en cas de bouleversement dans les relations politiques et diplomatiques.

Dès lors, même si on adopte ces terminologies : d’un côté Dar al-Islam, de l’autre un Dar al-Harb et un Dar al-‘Ahd, cela ne peut toujours pas remplacer la dichotomie fondamentale, car Dar al-Harb et Dar al-‘Ahd appartiennent toujours et tous deux au Dar al-Kufr…

Ainsi, l’idée de ne pas utiliser Dar al-Kufr du fait de son caractère prétendument « belliqueux et offensant » ou comme prélude, selon eux, à l’état de guerre, est complètement biaisée car le Dar al-Kufr est une qualification juridique d’un territoire qui ne présage en rien de la nature des relations politico-diplomatiques qu’entretient ce territoire avec le Dar al-Islam… Cette dichotomie islamique de l’espace mondiale veut simplement démontrer les limites d’influences respectives entre la civilisation islamique et les autres. Ces nouveaux intellectuels, juristes ou imams s’appuient donc sur une méthodologie complètement inversée : ils comprennent l’islam et ses théories au prisme du contexte actuel et des idéologies (occidentales) qui dominent ce contexte, mais ne cherchent absolument pas à comprendre ce contexte en se basant sur l’Islam et ses fondements (fahm al waqi’ bil islam wa layssa fahmu islam bil waqi’). Et c’est en se basant sur l’état actuel du monde et en considérant cette situation comme une « preuve par le fait », qu’ils ont voulu revenir sur la traditionnelle dichotomie, alors que tout leur prétendu « ijtihad », en sus de ne rien apporter et de ne pas être capable de remplacer l’ancienne avec une réelle pertinence, entraîne au contraire des effets extrêmement dangereux pour la réalité de l’Islam et son devenir comme nous allons le voir.

La destruction des frontières-barrières protectrices et Le mondialisme

Car en effet, notre monde actuel est  »mondialisé », les frontières économiques tendent à disparaître pour laisser place à la libre circulation des hommes, des marchandises et des capitaux, de même que les frontières politiques tendent elles aussi à être relativisées (mais jamais entre les pays musulmans, très bizarrement !). L’uniformisation des lois, des codes, des cultures et des valeurs au niveau de la planète menace l’humanité entière en créant un homme unique, pensant et vivant fondamentalement de la même manière, tout simplement déclinée en couleurs et langues différentes (le temps de mettre en place le clonage industriel, la langue unique et sa religion mondiale). L’idéologie mondialiste se sert de termes-propagande et de leurs effets comme la démocratie, les Droits de l’homme, l’économie de marché pour réduire l’homme à l’état d’esclave inconscient et heureux de l’être. Or, ces nouveaux penseurs et imams de l’égarement ont pris pour prétexte l’état actuel du monde pour détruire la vision islamique et traditionnelle de celui-ci. D’ailleurs ils procèdent toujours ainsi dans toutes les problématiques, ils donnent pertinence à la situation et font une fatwa qui valide le contexte sans chercher à modifier islamiquement ce contexte. C’est ainsi qu’ils font délibérément le jeu des forces les plus hostiles à l’islam en accélérant l’acceptation du processus mondialiste dans les consciences musulmanes : il n’y a pas ou plus besoin de Dar al-kufr ou Dar al-Islam, mais il y aura en réalité un unique Dar al-shahâda, al-amn, al-sulh, ad da’wa mondialisé dans la plus pure vision du New World Order. Puisqu’en parallèle, même le Dar al-Islam est vidé de sa plus juste définition par tous les courants islamiques (soumis au système) en lui cherchant une simple et petite définition minimaliste pour ne pas troubler l’ordre politique établi. Pourquoi ? Car islamiquement si nous revenons sur la définition de Dar al-Islam qui fait le consensus historique on remarque qu’il n’existe pratiquement pas…

C’est ainsi que chez certains (peut-être les plus risibles de tous) un Dar al islam est simplement devenu un domaine où l’appel à la prière (adhan) est public, intégrant de ce fait plusieurs villes/régions du monde anglo-saxon ou du monde asiatique (boudhisto-communiste) dans le Dar al-Islam… Et n’ayant toujours pas compris que cette condition est un indice dans la qualification juridique d’une terre et non la définition elle-même…

D’autres parmi les néo-réformistes, la conditionnent simplement à des exigences de sécurité et de tolérance pour les musulmans, pouvant donc faire de certains pays anglo-saxons, scandinaves ou même le Japon des contrées du Dar al-islam… Comment ne pas voir que ces fausses définitions sont de si belles aubaines pour l’état actuel du Monde ? Monde où tous les intérêts sont satisfaits au détriment de ceux de l’islam ! Finalement, ce refus d’accepter et de se soumettre à la vision islamique traditionnelle du Dar al-Islam et Dar al-Kufr, en comprenant la réalité de leurs vraies significations, ne peut être qu’une preuve de l’acceptation du projet mondialiste et du triomphe de sa vision, que cela soit conscient ou non. Plus de Dar al-Islam ni de Dar al-Kufr pour mettre en place un Dar al Insanniya uniforme (domaine de l’humanité), pour un être humain uniformisé vivant sous un même et unique ordre politico-culturel : dans la plus pure vision fantasmée du projet mondialiste.

D’ailleurs remarquons maintenant comment la terminologie musulmane Dar al-Islam et Dar al-Kufr protège de fait le  »non-islam » : elle lui accorde un droit d’existence car elle reconnaît par pragmatisme que sur Terre, il peut y avoir une terre non-islamique mais elle reconnaît cette possibilité (bien qu’elle réprouve le kufr sur le plan philosophique), et c’est déjà en soi un principe de reconnaissance mutuelle totalement différent de la pensée mondialiste. Cela de la même manière qu’à l’intérieur d’un véritable Etat islamique, les minorités religieuses non-musulmanes ont le droit de vivre décemment, en sécurité et selon leurs croyances et leurs rites. La liberté et la tolérance issues de cette dichotomie en politique internationale, rejoignent la liberté et la tolérance de la distinction ahlul islam/ahlul dhimma au sein même d’un Etat/société musulmane.

Ne pas reconnaître la validité de ces principes (dar al-islam et dar al-kufr) c’est valider finalement le totalitarisme mondialiste qui cherche à effacer toutes sortes de délimitation, de distinction, et de particularité quelle soit issue de l’islam ou non.

Aïssam Aït-Yahya

Source : Nawa Editions

Anâ-Muslim : Genèse religieuse et philosophique de l’Occident !

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Source : http://www.ana-muslim.org/genese-religieuse-philosophique-de-loccident-2/

IslamRéinfo TV : Histoire de la franc-maçonnerie

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Histoire de la franc-maçonnerie des origines jusqu’à nos jours.

Madonna, la sabbataïste qui veut instaurer l’islam du nouvel ordre mondial

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9782864325567_1_75Pour ceux qui ne le savent pas, Madonna est « née catholique, convertie au judaïsme il y a 17 ans, et adepte de la Kabbale (mystique du judaïsme), Madonna vient de révéler, dans une interview accordée au Harper’s Bazaar, qu’elle s’intéressait à l’Islam et qu’elle étudiait actuellement le Coran.

Sensibilisée à l’Islam depuis qu’elle connaît le Malawi, la star planétaire américaine finance désormais des écoles musulmanes religieuses dans le pays. “Je suis la construction d’écoles pour les filles dans les pays islamiques et j’étudie le Coran” a-t-elle confié. “Je pense qu’il est important d’étudier tous les livres saints” a-t-elle ajouté.

Et comme son ami Yaman le lui a dit : “un bon musulman est un bon juif, et un bon juif est un bon catholique, et ainsi de suite”, un adage avec lequel elle ne peut “être plus en accord” a-t-elle déclaré. »

Source : http://www.lemondejuif.info/madonna-tourne-page-kabbale-coran/

D’après les propos de Madonna, elle-même, il est clair que cette femme est une sabbataïste, c’est-à-dire une adepte de Sabbataï Tsevi, le faux messie car une des caractéristiques de cette secte juives est de changer de religion comme de chemise pour faire avancer la venue du Machiah (le messie juif).

Certains diront que j’exagère et qu’elle soit sincère, mais je rétorquerai que d’après les propos de l’intéressée même, elle dévoile son appartenance religieux. Lorsque son ami Yaman lui dit : “un bon musulman est un bon juif, et un bon juif est un bon catholique, et ainsi de suite” et qu’elle répond qu’elle est d’accord avec ces propos, il est clair qu’elle prône le syncrétisme du nouvel ordre mondial et qu’elle se révèle être une sabbataïste car sans cette lecture, les propos de Yaman n’ont aucun sens.

De plus que Madonna finance la construction d’école pour femme dans les pays islamiques, cela est très inquiétant…

Je finirai par dire à une certaine catégorie de musulman : arrêtez de vous extasier lorsqu’une star se convertie à l’islam et faites attention à ne pas adorer des idoles modernes.

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Aissam Aït Yahya : Sécularisation de la foi musulmane !

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Il s’est fait connaître en développant des analyses atypiques sur la réalité du monde contemporain au prisme de l’Islam. Son premier ouvrage De l’idéologie islamique française a posé les fondements théoriques d’une posture intellectuelle militante, de plus en plus adoptée par la nouvelle génération de musulmans occidentaux. Ce dernier opus présente une étude critique et originale des argumentaires théologiques qui, au sein de l’Islam, prônent la laïcité et la sécularisation.
Aissam Ait-Yahya analyse les fondements de la sécularisation et de la laïcisation du monde musulman, en cherchant à vérifier si, comme pour le christianisme, il n’existe pas une interprétation religieuse facilitant ces processus. Il pense trouver cette justification laïque dans une vieille hérésie apparue au Ier siècle de l’Islam, dénommée  »Irja ». Il prouve que cet irja a de grandes affinités avec la théologie de Paul de Tarse et avec le judéo-christianisme. Les mécanismes induits par cette pensée « murjite » aboutissent, selon lui, à la création d’une laïcité musulmane, présente même au sein des courants les plus fondamentalistes, tel que le salafisme.

Les origines chrétiennes d'une laïcité musulmane

 

Franc-Maçonnerie partie 16 : L’Objectif Maçonnique : Etablir un Monde Humaniste

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nwoLa philosophie humaniste, que les maçons estiment énormément, repose sur le rejet de la foi en Allah et l’adoration des êtres humains, ou la vénération de l‘humanité à Sa place. Mais, ceci soulève une question importante : les maçons se réservent-ils cette croyance pour eux seuls ou souhaitent-ils la faire adopter par d’autres ?

A l’examen des écrits maçonniques, la réponse apparaît claire : l’objectif de cette organisation est de répandre la philosophie humaniste dans le monde entier et d’éradiquer les religions monothéistes (l’Islam, le Christianisme et le Judaïsme).

Par exemple, dans un article publié dans le magazine maçonnique Mimar Sinan, il est écrit : « Les maçons ne recherchent pas l’origine des idées du mal, de la justice et de l’honnêteté au-delà du monde physique, ils pensent que ces concepts sont nés des conditions sociales, des relations sociales d’une personne et de ses combats dans la vie » et d’ajouter : « La maçonnerie essaie de propager cette idée dans le monde entier. » [53]

Selami Isindag, un maçon turc senior écrit :

« D’après la maçonnerie, afin de sauver l’humanité de la morale du surnaturel basée sur les sources religieuses, il est nécessaire d’établir une morale reposant sur l’amour de l’humanité qui n’est pas relative. Dans ses principes moraux traditionnels, la maçonnerie prend en compte les tendances de l’organisme humain, ses besoins et leur satisfaction, les règles de la vie sociale et leur organisation, la conscience, la liberté de pensée et de parole, et enfin, tout ce qui entre dans la formation de la vie naturelle. Pour cette raison, son objectif est d’établir et d’encourager la morale humaine dans toutes les sociétés. » [54]

Ce que Maître Isindag entend par « sauver les êtres humains de la morale basée sur les sources religieuses » est l’aliénation de tous de la religion. Dans le même ouvrage, Isindag explique cet objectif et ses « principes pour l’établissement d’une civilisation avancée ».

Les principes positifs de la maçonnerie sont nécessaires et suffisent à l’établissement d’une civilisation avancée. Ils regroupent :

– L’acceptation que le Dieu impersonnel (Le Grand architecte de l’univers) est lui-même évolution.

– Le rejet de la croyance dans la révélation, le mysticisme et les croyances vides.

– La supériorité de l’humanisme rationnel et du travail.

Le premier de ces trois articles ci-dessus suppose le rejet de l’existence d’Allah. (Les maçons ne croient pas en Allah, mais dans le Grand architecte de l’univers, et la citation ci-dessus indique que par ce terme, ils entendent évolution.) Le deuxième article rejette la révélation d’Allah et la connaissance religieuse reposant dessus. (Isindag lui-même définit ceci comme des « croyances vides ».) Et le troisième article exalte l’humanisme et le concept humaniste de « travail » (comme dans le communisme). (Allah est bien au-dessus de ce qu’ils Lui imputent.)

Si on considère comment ces idées sont enracinées dans le monde aujourd’hui, on peut apprécier l’influence jouée par la maçonnerie.

Il s’agit d’un autre élément important à noter ici : comment la maçonnerie a-t-elle mis en branle sa mission contre la religion ? A l’examen des écrits maçonniques, on remarque qu’ils souhaitent détruire la religion, particulièrement au niveau sociétal au moyen d’une « propagande » massive. Maître Selami Isindag jette la lumière sur ce sujet dans ce passage de son livre :

« …Même les régimes excessivement répressifs ont échoué dans leurs tentatives de détruire l’institution de la religion. D’ailleurs, les durs excès des méthodes politiques, dans leurs tentatives d’éclairer la société en sauvant le peuple d’une foi et de dogmes religieux vides produisirent l’effet contraire : les lieux de culte qu’ils souhaitaient fermer sont aujourd’hui encore plus remplis que jamais, et la foi et les dogmes qu’ils interdirent comptent encore plus de membres. Dans une autre conférence, nous avons souligné que face à un thème touchant au cœur et à l’émotion, l’interdiction et la force restent sans effet. La seule manière d’amener les peuples des ténèbres aux lumières est la science positive et les principes de la logique et de la sagesse. Si les gens sont éduqués selon ce principe, ils respectent les aspects humanistes et positifs de la religion, mais se préservent de ses croyances et ses dogmes stériles. » [55]

Pour comprendre le sens de ces paroles, il est nécessaire d’en faire une analyse rigoureuse. Isindag indique que la répression de la religion rendra les gens religieux encore plus motivés et renforcera la religion. Par conséquent, afin d’empêcher le renforcement de la religion, Isindag pense que les maçons devraient la détruire au niveau intellectuel. Ce qu’il entend par « science positive et principes de la logique et de la sagesse » n’impliquent pas réellement la science, la logique ou la sagesse. Mais simplement une philosophie matérialiste et humaniste, qui utilisent ces slogans accrocheurs comme camouflage, similairement au darwinisme. Isindag affirme que, lorsque ces idées sont disséminées dans la société, « seuls les éléments humanistes de la religion seront respectés », c’est-à-dire que les seuls éléments de la religion qui subsisteront seront ceux approuvés par la philosophie humaniste. Autrement dit, ils veulent rejeter les vérités de base constituant la charpente de la religion monothéiste (Isindag les appelle des croyances et des dogmes stériles). Ces vérités sont les réalités ultimes telles que l’homme est créé par Allah et est responsable envers Lui.

En résumé, les maçons ambitionnent de détruire les éléments de la foi qui constituent l’essence de la religion. Ils souhaitent diminuer le rôle de la religion à un simple élément culturel qui exprime ses idées sur un nombre de questions morales d’ordre général. Le moyen pour y parvenir, d’après eux, est d’imposer l’athéisme à la société sous couvert de science et de raison. Leur objectif ultime est néanmoins de déposséder la religion de sa place comme élément culturel et d’établir un monde complètement athée.

Dans un article de Isindag, dans le magazine Mason, intitulé « Science positive – Les obstacles de l’esprit et la maçonnerie » il explique :

« En conséquence de tout cela, je voudrais dire que l’obligation humaniste et maçonnique la plus importante pour nous tous est de ne pas nous éloigner de la science et de la raison, de reconnaître que c’est l’unique et meilleur moyen d’après l’évolution, de répandre cette foi parmi les gens et de leur enseigner la science positive. Les paroles d’Ernest Renan sont très importantes : « Si les gens sont instruits et éclairés par la science positive et la raison, les croyances stériles de la religion s’effondreront d’elles-mêmes. » Les paroles de Lessing soutiennent ce point de vue : « Si les êtres humains sont instruits et éclairés par la science positive et la raison, un jour la religion n’aura plus de raison d’être. » [56]

G. E. Lessing et E. Renan. Les maçons voulaient réaliser le rêve de ces deux écrivains athées en effaçant la religion de la face de la terre.
G. E. Lessing et E. Renan. Les maçons voulaient réaliser le rêve de ces deux écrivains athées en effaçant la religion de la face de la terre.

Voilà l’objectif ultime de la maçonnerie. Ils souhaitent détruire complètement la religion et établir un monde humaniste fondé sur le « caractère sacré » de l’humanité. C’est-à-dire qu’ils souhaitent établir un nouvel ordre d’ignorance, dans lequel les hommes rejettent Allah Qui les a créés et se considèrent divins… (Allah est bien au-dessus de ce qu’ils Lui imputent) Cet objectif est la raison d’exister de la maçonnerie. Dans le magazine maçonnique du nom de Ayna (Miroir), ceci est appelé « Temple des idées » :

« Les maçons modernes ont modifié l’objectif des anciens maçons de construire un temple physique en une idée de construction d’un « Temple des idées ». La construction d’un Temple des idées sera possible lorsque les principes et vertus maçonniques seront établis sur terre et le nombre de sages accrus. » [57]

Pour étendre davantage cet objectif, les maçons travaillent sans relâche dans de nombreux pays à travers le monde. L’organisation maçonnique est influente dans les universités, d’autres institutions éducatives, dans les médias, dans le monde des arts et des idées. Elle ne cesse jamais ses efforts pour disséminer sa philosophie humaniste dans la société et discréditer les vérités de la foi à la base de la religion. Nous verrons plus tard que la théorie de l’évolution est un des principaux moyens de propagande des maçons. En outre, ils ambitionnent de construire une société qui ne mentionne même pas le nom d’Allah ou de la religion, mais satisfait uniquement au plaisir, désirs et ambition matérielle des humains. Ce sera une société formée des gens qui ont tourné ouvertement le dos [Coran, Sourate 11, verset 92] à Allah, comme l’avait fait le peuple de Madyan, mentionné dans le Coran. Dans cette culture de l’ignorance, il n’y a pas de place pour la crainte ou l’amour d’Allah, obéir à Sa volonté, pratiquer des actes d’adoration, ni pour des réflexions sur l’au-delà. En fait, ces idées sont considérées comme étant vieillottes et propres aux gens non instruits. Ce message est asséné dans les films, les bandes dessinées et les romans.

Partie 1 : Super-héros, cultes païens et sorcellerie !

Partie 2 : Super-héros, cultes païens et sorcellerie !

Partie 1 : Mangas, cultes païens et satanisme !

Les maçons jouent un rôle leader dans cette vaste supercherie. Mais, de nombreux autres groupes et individus sont également impliqués dans la même tâche. Les maçons les acceptent en tant que « maçons honoraires », et les considèrent comme leurs alliés car ils partagent la même philosophie humaniste. Selami Isindag écrit :

« La maçonnerie accepte par ailleurs ce fait : Dans le monde extérieur, on trouve des sages, qui bien que n’étant pas maçons, embrassent l’idéologie maçonnique. Car cette idéologie est vraiment l’idéologie des êtres humains et de l’humanité. » [58]

Cette lutte continuelle contre la religion repose sur deux arguments ou justifications de base : la philosophie matérialiste et la théorie de l’évolution de Darwin.

Dans les deux chapitres suivants, nous examinerons ces deux arguments, leur origine et leur relation avec la maçonnerie. Alors, nous serons en mesure de mieux comprendre les coulisses de ces idées qui influencèrent le monde depuis le 19ème siècle.

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Notes :

[53] Moiz Berker, « Gercek Masonluk », Mimar Sinan, 1990, no. 77, p. 23

[54] Dr. Selami Isindag, Sezerman Kardes V, Masonluktan Esinlenmeler, Istanbul 1977, p. 62

[55] Dr. Selami Isindag, Masonluktan Esinlenmeler, Istanbul 1977, pp. 145-146

[56] Dr. Selami Isindag, « Olumlu Bilim-Aklin Engelleri ve Masonluk », Mason Dergisi, année 24, No. 25-26 (décembre 76 – mars 77)

[57] Ibrahim Baytekin, Ayna, Janvier 1999, no : 19, p. 4

[58] Dr. Selami Isindag, Masonluk Ustune, Masonluktan Esinlenmeler, Istanbul 1977, p. 32