Mohammed Ali

Histoire de l’Egypte Partie 2 : De la mort de Mohammed Ali au Mandat britannique

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Abbas II Hilmi (1874/1944)

Considéré comme ayant une incapacité mentale, Mohammed Ali est destitué du pouvoir. Son fils Ibrahim Pacha est nommé régent en juillet 1848 mais à la mort de Mohammed Ali, le 2 août 1849, les britanniques remplacent Ibrahim Pacha par son son neveu Abbas, connu sous le nom de Abbas Ier Hilmi, car réputé proche des britanniques. Contrairement à ce qu’avait envisager les anglais, Abbas Ier va mener une politique anti-occidentale et anti-moderniste, puis se rapproche de l’Empire Ottoman et combat à ses côté lors de la guerre de Crimée en 1853.

En 1854, le roi Abbas Ier sera assassiné par ses esclaves et sera remplacé par son oncle Mohammed Saïd Pacha. Contrairement à son prédécesseur, le nouveau roi renoue avec les puissances occidentales, notamment la France dont il maîtrise la langue après avoir suivi ses études à Paris. Il accorde à ces derniers, plus particulièrement son ami Ferdinand de Lesseps, le terrain pour construire le canal de Suez. Les travaux débutent en 1859 et ne seront terminés qu’en 1869.

Il crée la banque d’Égypte en 1854 et nomme François Auguste Ferdinand Mariette directeur Service de conservation des antiquités de l’Égypte. Mohammed Saïd Pacha meurt en 1863 et son neveu Ismaïl Pacha prend sa succession. Ismaïl Pacha a étudié à l’École d’état major à Paris. Il fut initié à la franc-maçonnerie par l’entourage de Ferdinand de Lesseps. Il poursuit la politique pro-occidental de son oncle. Lorsque le canal de Suez est terminé, Ismaïl Pacha reçois une délégation occidentale pour fêter l’événement, dont l’impératrice Eugénie, la femme du franc-maçon et Empereur Napoléon III. Il charge François Auguste Ferdinand Mariette de faire visiter à ses invités les sites archéologiques, ainsi que le premier musée du pays : le musée de Boulaq.

Ismaïl Pacha va entreprendre une séries de conquête où il finira par annexer le Darfour à l’Égypte, mais il sa progression sera arrêtée par l’Abyssinie (Empire d’Éthiopie) en 1874. Cette série de campagnes militaires va ruiner le pays et Ismaïl Pacha va être dans l’obligation de vendre ses actions sur le canal de Suez, en 1875, au premier ministre britannique Benjamin Disraeli. Cela n’empêche pas la faillite du pays et les finances vont passer sous le contrôle des puissances occidentales. Ces dernières vont en profiter pour s’ingérer de plus en plus dans la vie politique du pays qui va entraîner la constitution d’un conseil des ministres composé d’un britannique, d’un français et d’un égyptien.

La population égyptienne se divise alors en deux :

  • Ceux qui sont favorable à l’Occident.
  • Ceux qui prônent un retour à l’Islam.

Une mouvement nationaliste va se créer, à partir de ceux qui appellent à un retour de l’Islam, et sera à la tête d’une révolte contre Ismaïl Pacha. Ahmed Arabi Pacha, le porte parole du mouvement nationaliste mais aussi officier dans l’armée, appelle à la révolte et il obtient un large soutien de la par de la population.

N’acceptant pas cette situation, Ismaïl Pacha tente un coup d’État en 1879 pour se débarrasser de la mainmise des français et des britanniques sur la gestion du pays, mais cela va échoué et il sera dans l’obligation de s’exiler en Turquie où il mourra près de Constantinople. Il sera remplacé par son fils, Mohammed Tawfiq.

Mohammed Tawfiq est un franc-maçon comme son père. Sous son règne, la Grande-Bretagne va un peu plus prendre le contrôle du pays. Il va notamment perdre le contrôle du Soudan, qui avait été conquis par son père. Ahmed Arabi Pacha s’allie avec l’armée, les paysans et les oulamas pour destitués Tawfiq, qui est remplacé par Abbas II, et combattre l’ingérence étrangère. Il interdit l’accès au port d’Alexandrie aux navires français et britanniques. Ces derniers ne tardent pas lever les troupes nécessaires pour combattre Ahmed Arabi. Toutefois, la France hésite à attaquer et décide de se retirer contrairement à la Grande-Bretagne. Les troupes égyptiennes sont défaites lors de la bataille de Tel el-Kebir et Ahmed Arabi est condamné à mort par Abbas II mais cette sentence sera annulée pour être remplacée par un exil forcé suite à l’intervention des britanniques. Il faut noté que Ahmed Arabi Pacha était aussi membre de la franc-maçonnerie

 

Histoire de l’Egypte Partie 1 : Mohammed Ali

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Mohammed Ali [1760/1849]
Le 19 mai 1798, Napoléon Bonaparte quitte la France pour envahir l’Égypte et débarque le 1er juillet 1798. Le sultan Sélim III est furieux et, avec le soutien des britanniques, déclare la guerre à la France. La Grande Bretagne finit par se rendre compte que l’armée ottomane est incapable de vaincre la France et décide d’intervenir à ses côtés. En décembre 1800, Mohammed Ali, d’origine albanaise et vivant en Macédoine, est envoyé en Égypte avec l’armée ottomane pour combattre la France. Il escalade rapidement la hiérarchie militaire jusqu’à devenir général après le retrait de la France en 1804.

Des rivalités se font sentir entre les Mamelouks et les Ottomans qui veulent tout deux contrôler l’Égypte. Les britanniques soutiennent les Mamelouks car ils sont plus contrôlables que les Ottomans. Les oulamas s’opposent à la prise du pouvoir par les Mamelouks et Mohammed Ali en profite pour les soutenir dans le but de s’accaparer le pouvoir. Le 12 mai 1805, ses troupes ne sont toujours pas payés et Mohammed Ali accuse le gouverneur Kurchid Pacha d’en être le responsable. Ce dernier prend la fuite et Mohammed Ali est élu Pacha d’Égypte par les oulamas. Ces derniers demandent au sultan Sélim III de ratifier la décision, ce qu’il fait car il n’a pas les moyen d’empêcher cette investiture. Mohammed Ali se charge alors d’éliminer ses opposants parmi les Mamelouks.

L’objectif de Mohammed Ali est de construire un empire pouvant rivaliser avec l’Empire Ottoman. Pour se faire, il décide de moderniser l’Égypte en mettant en place les infrastructures nécessaires pour atteindre son but. Des routes et des canaux sont construits, il nationalise les terres et les paysans sont rémunérés en conséquences de leur travaux.

L’armée sera aussi au centre de la modernisation car il s’agit de son principal point d’appui en cas d’agression extérieure. Il recrute des soldats parmi les paysans. En 1811, le sultan Mahmoud II, sous l’impulsion de la Grande-Bretagne, ordonne à Mohammed Ali d’attaquer les wahhabites qui ont pris le pouvoir en Arabie. Ce dernier envoya son fils, Ibrahim Pacha, à la tête de l’armée pour détruire le premier État saoudien fondé en 1744 par Mohammed Ibn Abdel Wahhab et Mohammed Ibn Saoud. L’armée réussi à repousser les forces wahhabites et leur dirigeant, Abdallah Ibn Saoud Ibn Abdel ‘Aziz, sont repoussés dans le Nejd, plus précisément dans la ville de la famille Saoud : Diriyah. L’armée égyptienne rase entièrement la ville et capture Abdallah Ibn Saoud Ibn Abdel ‘Aziz, qui sera envoyé à Constantinople [Istanbul] pour y être exécuté.

Premier Etat Saoudien [1744/1816]
En 1824, Mohammed Ali vient en aide à l’Empire Ottoman, à la demande du sultan, lors de la guerre d’indépendance grecque. Les troupes égyptiennes vont être d’une grande aide à l’Empire et Mohammed Ali s’attend à être récompenser comme il se doit.

Il se révoltera cependant contre l’Empire Ottoman, en 1931, car le sultan a refuser de lui donner le contrôle de la Syrie ottomane (Syrie, Palestine, Liban, Sud de la Turquie et l’Est de la Jordanie),chose qu’il lui avait promis en échange de son aide lors de la guerre d’indépendance grecque et la guerre contre la Russie. L’armée égyptienne attaque et prend le contrôle de la Syrie ottomane, puis se dirigent vers Constantinople mais l’avancée est arrêtée par les puissances occidentales qui le force accepter un cessez-le-feu. Un accord est signé à Kütahya où l’Empire accepte de céder la Syrie ottomane à l’Égypte en échange du retrait égyptien de l’Anatolie (Turquie actuelle).

En 1839, l’Empire Ottoman décide de reprendre le contrôle de la Syrie et attaque les troupes de Mohammed Ali mais ils sont vaincu par l’armée égyptienne lors de la bataille de Nisibe. L’Empire est alors au bord de l’effondrement mais les puissances occidentales forcent Mohammed Ali à retirer ses troupes en Égypte. Un accord est trouvé entre les britanniques et Mohammed Ali. Ce dernier accepte de retirer son armée et de ne plus chercher à envahir la Syrie, en échange de quoi, la Grande Bretagne accepte de reconnaître Mohammed Ali et ses descendants comme héritiers légitime de l’Égypte.

Naissance de l’Arabie Saoudite partie 3 : Le second État saoudien (1850/1891)

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Second_Saudi_State_BigLa menace saoudienne réduite à néant, l’armée de Mohammed ‘Ali quitte le Nejd en 1819 et se replie dans le Hedjaz. Le seul membre de la famille Saoud à avoir échappé au massacre fût Tourik Ibn Abdallah Ibn Mohammed Ibn Saoud (qui était le fils de Mohammed Ibn Saoud et le frère de Abdel ‘Azziz Ibn Mohammed), un des cousin de ‘Abdallah Ibn Saoud Ibn Abdel ‘Aziz. Tourik Ibn Abdallah décide de reconquérir le Nejd et reprend Diriyah en 1821 et Ryad, qui deviendra son nouveau fief. Le reste du Nejd lui fera allégance en 1824. Il étend sa domination sur le Hassa, à l’ouest sur les côtés du golfe persique, et conclut une alliance, au nord, avec ‘Abdallah Ibn Rachid qui domine le Djebel Chammar.

Tourik Ibn Abdallah Ibn Mohammed Ibn Saoud est assassiné en 1834 et son fils Fayçal lui succède. Ce dernier devra faire face à des luttes au sein de la famille Saoud. Ces luttes sont entretenus par les égyptiens qui réussirent à mettre au pouvoir, de 1838 à 1841, un membre de la famille Saoud à la place de Fayçal Ibn Tourik. Ce dernier reprendra le pouvoir en 1841 et le conservera jusqu’à sa mort en 1865. Le second État saoudien comprend le Nejd et le Hassa.

Les Ottomans ne tardent pas à prendre le contrôle du Hassan et Mohammed Ibn Rachid, qui avait conclut une alliance avec Tourik Ibn Abdallah, prendra le contrôle du Nejd en 1892. ‘Abdel Rahman Ibn Fayçal prend la fuite et trouve refuge au Koweït.

Naissance de l’Arabie Saoudite partie 2 : Le premier État saoudien (1744/1816)

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First_Saudi_State_BigMohammed Ibn Saoud se lance dans les conquêtes des villages voisins et en profite pour détruire les idoles, tout en diffusant le Tawhid (l’Unicité de Dieu). A sa mort en 1765, Mohammed Ibn Saoud contrôle ma majeure partie du Nejd, où la population est sortie de l’ignorance de l’association (chirk akbar) à Allah Sobana wa Ta’ala.

Mohammed Ibn Abdel Wahhab mourra en 1792 et le fils de Mohammed Ibn Saoud, Abdel ‘Aziz, poursuit le Jihad. En 1802, il met à sac la ville Kerbala (contient le tombeau de Hussein Ibn ‘Ali Ibn Abou Talib et qui est vénéré par les chiites). L’année suivante, ils font la conquète de Taïf et poursuivent avec Medine et La Mecque. Cependant, les villes saintes ne sont pas saccagés, seul les tombeaux des saints adorés par les polythéistes sont détruites. Abdel ‘Aziz Ibn Mohammed Ibn Saoud est assassié en 1803 et son fils Saoud Ibn Abdel ‘Aziz lui succède à la tête du premier État saoudien.

Surpris par la conquête du Hedjaz par la famille Saoud, le Calife Ottoman, Mahmoud II ordonne à son vassal Mohammed Ali, pacha d’Egypte, de reconquérir La Mecque et Médine. La guerre éclate et en 1818, après deux ans de combat, l’armée de Mohammed ‘Ali repousse celle de ‘Abdallah Ibn Saoud Ibn Abdel ‘Aziz (qui a succéder à son père Saoud Ibn Abdel ‘Aziz en 1815) dans le Nejd. Diriyah, la ville natale de la famille Saoud, est prise est rasée par l’armée de Mohammed ‘Ali. ‘Abdallah Ibn Saoud Ibn Abdel ‘Aziz est capturé puis envoyé à Constantinople où il sera décapité par le Calife Mahmoud II.

Abolition du Califat partie 4 : Abd al-Aziz Ibn Saoud s’allie aux Anglais pour saboter la restauration du Califat

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monde_arabe1930La Grande-Bretagne avait noué des liens d’amitié avec Abd al-Aziz Ibn Saoud et avait employé la corruption. Abd al-Aziz Ibn Saoud a reçu une somme mensuelle de 5000 livres sterling par le Trésor Britannique en échange de sa neutralité face à la rébellion du Chérif Husain contre le Calife ottoman, l’imposition de l’état hachémite sur le Hedjaz, et les efforts diplomatiques et militaires de Grande-Bretagne dans la péninsule à l’encontre du Califat ottoman. Abd al-Aziz Ibn Saoud était un atout majeur que la Grande-Bretagne voulait exploiter à la suite de la volonté du Chérif Hussein de rétablir le Califat.

Le pouvoir saoudien dans le Nejd (= région de la péninsule arabique), qui a resurgi avec la prise de Riyad en 1902, a été le produit d’une ancienne alliance (conclu au milieu du XVIIIe siècle) entre le chef de tribu Mohammed Ibn Saoud (1710 – 1765) et le chef religieux Mohammed Ibn Abdelwahhab (1703 – 1792). Cette alliance assurait que si les descendants de Mohammed Ibn Saoud exercent le pouvoir politique sur le territoire régi par l’alliance, les affaires religieuses seraient soumises à l’autorité des descendants de Mohammed Ibn Abdelwahhab.

La Grande-Bretagne donna le feu vert à Abd al-Aziz Ibn Saoud de déplacer ses forces contre le Chérif Husain quatre jours après que celui-ci ait réclamé la restauration du Califat. En soutenant Abd al-Aziz Ibn Saoud, les britanniques étaient sûr que tant que les saoudiens régnerait sur le Hedjaz, le Califat ne pourrait jamais renaître.

En quelques mois, Abd al-Aziz Ibn Saoud réussi à conquérir la Mecque, et le Chérif Hussein avait fui vers Djeddah. Les britanniques sont finalement intervenu pour le chasser physiquement de la péninsule arabique en lui offrant un confortable exil à Chypre. Suite à cela, Médine et à Djeddah furent également été sous la domination d’Abd al-Aziz Ibn Saoud.

Plus d’un siècle plus tôt, l’alliance entre Mohammed Ibn Saoud et Mohammed Ibn Abdelwahhab avait réussi à surmonter les défenses de Taïf et La Mecque. Le Calife à Istanbul avait obtenu du gouverneur d’Égypte Mohammed Ali, d’envoyer une armée vers le Hedjaz, sous la direction de son fils Ismail Pacha. Les guerriers de Mohammed Ibn Saoud ont rapidement été chassés du Hedjaz vers le désert. Un siècle plus tard, il n’y avait plus de Calife et toutes les puissantes communautés musulmanes étaient sous la domination coloniale occidentale ce qui permis à Abd al-Aziz Ibn Saoud et ses descendant de maintenir leur domination sur la région.

De plus, Abd al-Aziz Ibn Saoud jouissait de l’amitié et la protection de la Grande-Bretagne, qui était la super-puissance de l’époque. Il n’y avait donc aucune possibilité immédiate de déloger les forces d’Abd al-Aziz Ibn Saoud de l’Haramain et du Hedjaz.

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Abd al-Aziz Ibn Saoud (1880 – 1953)

Bien que Abd al-Aziz Ibn Saoud ait prit le contrôle du Hedjaz, il était encore confronté à un problème d’envergure. Il devait élaborer une stratégie qui permettrait d’éviter la possibilité qu’il soit destitué de son trône. L’Université d’Al-Azhar au Caire a proposé de convoquer un Congrès international sur le Califat islamique dans le but de nommer un nouveau Calife dans le monde musulman. Abd al-Aziz Ibn Saoud voulut saboter ce Congrès en organisant un Congrès rival à La Mecque au moment du pèlerinage de 1926. Cela signifie que le Congrès de La Mecque aurait lieu à un mois du Congrès du Caire, ce qui rend difficile pour les délégués d’assister aux deux conférences. De plus, le Congrès de La Mecque a été programmée pour coïncider avec le pèlerinage, ce qui lui donna un net avantage sur la Congrès du Caire.

La victoire tactique du Congrès de La Mecque a joué un rôle important en permettant au reste du monde musulman de suivre l’exemple de Mustafa Kemal (= Président turc athée qui a laïcisé la Turquie, c’était un sabbataïste et un franc-maçon) et son modèle d’Etat laïque pour la Turquie.