Médine

Anâ-Muslim : Rappeur et imam, les nouveaux profils de la da’wa

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On ne compte plus ces rappeurs qui usent de références islamiques dans leurs textes, où « la tchatche se mélange au verset du Coran’’.

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بسم الله الرحمن الرحيم

Au nom d’Allah, Le Tout-Miséricordieux, Le Très-Miséricordieux

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Ce qu’il y a de particulièrement pervers dans un système oppressif et manipulateur dans une société libérale-libertaire, c’est que tout peut-être utilisé pour asseoir son pouvoir de domination même les éléments qui paraissent le moins évidents.
Un récent article paru dans Libé intitulé ‘’les rappeurs d’Allah’’ (http://www.lexpress.fr/culture/musiq…ah_489437.html)
nous permet de développer un peu plus le sujet et de le préciser concernant le problème du contrôle social de la jeunesse musulmane par le rap dans ce pays.

Rappelons qu’en France, le contrôle absolu de la minorité musulmane, sa soumission complète, sa docilité envers le pouvoir est une obsession historique. Transformer et manipuler les musulmans est le but messianique de la République universaliste, qu’elle soit coloniale ou postcoloniale.
Le contrôle du culte musulman et de ses fidèles, se fait certes par la création d’instances officielles qui dépendent directement du ministère de l’intérieur (CFCM), de la nomination unilatérale des « partenaires’’ nationaux et locaux par le pouvoir central et ses affiliés.
Elle se fait par l’accès aux mass-médias des intellectuels et/ou imams « musulmans’’ officiels et tolérés.
Sans parler du fait que dans beaucoup de communes, le maire intervient lui-même et très implicitement dans la désignation du responsable de la communauté musulmane locale (qui le récompensera bien sûr comme il se doit).

La dernière des tendances qui s’est manifestée à l’horizon était celle des stars du show-biz, du monde des néons et des paillettes, celui des stars de la musique, du sport et de la télé, bien entendu à condition d’être issus des banlieues et des cités de France (ou d’en avoir le profil).
Leur potentiel de manipulation de la grosse masse de cette jeunesse perdue et sous éduquée est inouï : l’avenir de la da’wa made in Canal + c’est bien eux, La fouine en djellaba et Benarfa en Qamiss…
De tous temps ces « bicots et négros’’ de service se sont toujours sentis obligés de parler de l’Islam, surtout depuis que celui-ci est devenu le sujet et la préoccupation majeure de la France. Mais ici oublions les vieilles techniques de francisation utilisées par les anciennes stars du show biz ou la France Black-blanc-Beurs de l’équipe du mondial 98, tout cela est un échec total.
Comme plus récemment, les fatwas stériles de Jamel Labouzze rendant licite le vin : sa prière au mur des Lamentations et sa soumission au système suffisent à le cramer définitivement par tous les petits de sa Trappes natale… Il n’est désormais le comique que des bobos parisiens, des collabeurs et des blédos du Maroc (qui –de plus- ne savent rien de la réalité de cette vermine, manipulés par la propagande royale de 2M et sa promotion du festival de Marrakech, véritable promotion du vice et interdiction de la vertu…).
Ici nous parlerons donc d’une politique activement engagée dans l’Islam de certaines personnalités issues du show-bizz parce qu’elles sont vues comme « musulmanes’’ par le grand public.

Le cas des rappeurs est le plus explicitement révélateur de cette tendance

En effet comme le souligne l’article à juste titre, on ne compte plus les labels et les collectifs surfant sur le fait islam comme « Din record » ou « la Boussole ».
On ne compte plus ces rappeurs qui usent de références islamiques dans leurs textes, où « la tchatche se mélange au verset du Coran’’.
Et là encore, il y en a pour tous les goûts : sauce mystique soufie pour Abd el Malik le transfuge du rap, à la sauce complotiste et pro Tariq Ramadan pour le dénommé « Médine’’, à la hardcore habache pour Kerry James…
Et nous passons sur tous les autres qui saupoudrent leurs textes d’une dialectique musulmane soit-disant décomplexée.
Ce que n’expliquent pourtant pas les auteurs, c’est que pour certains d’entre ces rappeurs, rappeler et mettre en avant une touche d’islamité à leurs textes est issu d’une stratégie doublement opportuniste : c’est le gage de montrer à ses fans que culturellement ils viennent toujours du même monde qu’eux, mais c’est aussi et surtout, la volonté de ne pas « décrocher’’ de leur public. La hantise pour ces rappeurs c’est aussi d’être vus comme des traitres au moment où politiquement et socialement la pression devient plus forte.
Car la majorité de ce public qui, même en carence idéologique et culturelle, est en perte de repères, fait toujours de l’Islam la référence suprême de leur identité.
Et ces rappeurs, comme n’importe qui, remarquent très bien cette tendance à la réislamisation de la jeunesse des quartiers, qui s’accélère année après année. Ainsi en bon biznessmen qu’ils sont, s’ils veulent vendre, ils ont tout intérêt à suivre cette tendance à l’Islam (en marketing on parle d’adéquation du produit avec la demande des consommateurs)…
Mais il est vrai aussi que pour les autres, il s’agit de véritable motivation personnelle suscitée par leur propre spiritualité.
Quoiqu’il en soit, pour tous, leur vision de l’Islam même revendiquée, publique et assumée comme marqueur d’une « révolte sociale’’ reste et restera toujours un instrument de domination au service du pouvoir et du système.

Sans en refaire l’historique, rappelons que le rap originel et la culture de rue qu’il véhiculait (dès les années 90 en France), prônait l’insoumission, la révolte, voir l’émeute et pire la révolution. Il était radicalement anti système, il prônait la solidarité de quartier, ethnique, religieuse, de classe (qu’importe le dénominateur commun), il appelait à l’union contre les autres, contre le système et ses représentants (les « flics’’ notamment). Mais dès la fin des années 90 le rap ‘’commercial’’, en réalité rap libéral-libertaire, a supplanté et tué dans l’œuf le rap historique.
Car bien entendu son potentiel était beaucoup trop subversif et nuisible, politiquement beaucoup trop dangereux s’il venait à s’organiser en dépassant le cadre de la culture hip-hop.
Aujourd’hui, la réislamisation grimpante fait que ce rap-là n’est plus en phase avec cet élément de plus en plus prégnant de la jeunesse afro-maghrébine qui constitue le gros du public : « C’est donc un rap sacré, réconcilié avec la religion des parents, qui grandit à l’ombre du rap « profane », hédoniste et capitaliste, couvert de chaînes en or et envahi de bimbos en string. Un rap qui dresse en français des louanges à Allah et devient un moteur de « réislamisation » des jeunes dans les banlieues. ».
Sauf que les auteurs de cet article, qui bien entendu se récusent à donner au facteur « islam » un pouvoir décisif dans le processus de changement politico-social (idée politiquement incorrecte) ce n’est absolument pas ce rap qui est acteur et moteur de réislamisation, c’est la réislamisation qui touche une partie du Rap obligé de se mettre à jour

Encore une fois ce rap là n’aura rien de subversif, ni de politiquement nuisible même dans sa version islamique. Le pouvoir et son système n’ont déjà pas toléré l’existence d’un rap contestataire, ce n’est pas pour voir le risque d’avoir un rap antisystème nourri de l’Islam. Aïssam Ait Yahya, expliquant le lien entre la spiritualité soufie d’Abd el Malik et le but de son rap, avait déjà écrit dans son premier livre en 2010 : « Avec cette originalité chez Abd el Malik lorsque l’on remarque que sa vision de la foi « musulmane » est en adéquation avec la fonction sociale de sa musique : « Pour moi, le rap est la musique du 21e siècle. Elle est totalement en phase avec son époque. Même le gangsta rap, avec son consumérisme, sa misogynie et ainsi de suite, nous en apprend sur notre époque. Il ne faut pas s’arrêter à la pointe de l’iceberg. Il faut aussi prendre en compte sa facette conscientisée.’’ Et le frère Aïssam en conclut que : « En effet, le rap consumériste et individualiste est à la subversion politique ce que le soufisme innovateur est à la spiritualité : une dégénérescence pathologique qui n’a pas d’autre but que d’être plaisant et conforme aux exigences sociales du système Dominant. ». On pourrait montrer d’ailleurs, dans le prolongement de son dernier livre sur le lien entre Irja et Laïcité, qu’en réalité une grande partie de ces rappeurs -parmi ceux qui restent entre le rap gangsta et le rap muz- usent très souvent dans leurs textes « musulmans’’ d’une vision laïque et moderne de l’islam : « il n’y a que Dieu qui peut me juger » ou « j’ai de comptes à rendre qu’à Allah » ou « la justice des hommes je m’en fous y a que Dieu qui peut me juger » et bien d’autres textes prouvent que leur définition de la foi et vision de la foi tiennent de l’irja (inconscient ici) qui est une porte de l’idée laïque en Islam… Ce qui entre donc complétement dans le cadre du processus de sécularisation des musulmans.
D’ailleurs un « spécialiste » du salafisme, Samir Amghar ne s’y est pas trompé, en expliquant :
« La marche des beurs en 1983 et la lutte pour l’intégration menée par les grands frères ont été ressenties comme des échecs par les jeunes de la deuxième et de la troisième génération. La seule utopie sur le marché des utopies, c’est donc l’islam, pas le syndicalisme. Epouser une religion particulière est une façon d’inverser la domination sociale, politique, économique. Ce n’est plus le regard des autres qui prime, mais celui de Dieu. Le rap musulman s’inscrit alors dans une forme contemporaine de dawa, c’est-à-dire une sorte de prosélytisme convivial où le rappeur se fait imam. »

Ainsi, ces nouveaux rappeurs ne resteront que des agents de manipulation sous contrôle du système qui n’ont ni la rengaine politiquement hardcore de l’ancien rap historique, ni la posture militante potentiellement exploitable de l’Islam : en somme des prêcheurs de bonne parole républicaine, citoyenneté et civisme, à rassurer les mamies les plus craintives.
Bien entendu, politiquement, ils seront des relais nationaux et intra-communautaires obligés des intérêts de partis quand il sera nécessaire de mobiliser électoralement les citoyens musulmans. Finalement ces rappeurs-prédicateurs sont : « Croyants [avec une foi laïque, NDA], pratiquants [mais pas trop] et tolérants [surtout], ces rappeurs se produisent en concert devant des jeunes filles en hidjab, pratiquent les cinq prières quotidiennes [après ou avant la boite de nuit] et prônent « l’amour comme seul vêtement, comme le manteau du prophète »… »
Dès lors, ils peuvent même tenir des conférences sur des sujets qui les dépassent (mais de nos jours popularité rime avec pertinence), avoir la notoriété pour écrire avec des intellectuels reconnus, et écrire même leurs autobiographies… Tel dernièrement, La tête de Fouine qui nous a sorti la sienne et dans laquelle il montre qu’il peut passer très facilement du Whisky et du shit à l’éducateur de cité qui explique ce qu’est l’islam et que surtout : ‘’l’islam des barbus c’est pô bien’’. Mais sentant la contradiction au fond de lui, entre son infâme soumission au système et son obligation de tenir le lien avec son public, il est forcé de rappeler quand même à son public son seul « fait de gloire » : avoir été accusé à tort d’être un incendiaire de synagogue… Ce qui explique aussi le pourquoi de la collabeuration avec Patrick Bruel, soutien inconditionnel de l’entité juive.

Obligés d’avoir une face « islamique » ou sincères, il n’en reste pas moins qu’ils ne pourront qu’aider le système dans sa volonté de créer cet islam de France et de contribuer à renforcer le contrôle des musulmans, en aucun cas, être vecteurs d’une autonomisation et d’une élévation de la conscience musulmane globale dans les intérêts de l’Islam.
Et en réalité dans ce milieu fassadique et nauséabond la sincérité est très rare pour pouvoir être citée : seul Fabe et Diam’s ont été les plus logiques et visiblement les plus sincères en mettant un terme à une carrière qui aurait plus tenu à la schizophrénie qu’autre chose.
Dès lors footballers-prédicateurs et imams-rappeurs, cette nouvelle espèce risque d’être pire que tout ce que nous avons connu.
Certes leur potentiel de nuisance est en dessous de zéro pour les musulmans ayant le minimum requis, mais devant la masse de nos jeunes et pour le système ils servent de disjoncteur et ont l’utilité d’une déviation. Car ces fans qui les « questionnent sur Dieu, le Coran, la religion, leur suggèrent des thèmes de chansons… » auront de grande chance de rejoindre, une fois mûrs et matures, la masse de ces musulmans, profondément musulmans mais uniquement dans les aspects sous parfait contrôle du système.
Un islam complétement sécularisé (voire laïque en France), auquel la société libérale garantit le minimum sous réserve de lui prêter totale allégeance sans vouloir autre chose et sans vivre la contradiction.
Certes cela relève encore de l’utopie mais la stratégie méritait d’être soulignée…

Source : http://www.ana-muslim.org/rappeur-imam-les-nouveaux-profils-dawa/

Mohammed Ibn Abdelwahab, le Wahabisme et les Saoud

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Muhammad Ibn Abdelwahab :

Né en 1703 à Aynia dans le  Nejd (une partie de l’Arabie Saoudite d’aujourd’hui), il a commencé à étudier le Coran à l’âge de 10 ans puis le Fiqh sous la tutelle de son père, un savant hanbalite renommé. Il voyagea ensuite pour continuer son enseignement entre la Mecque, Médine et  Bassora (Irak). Il retourna ensuite à son village pour prêcher l’unicité absolue et l’adoration de Dieu uniquement.

Il fut épaulé dans sa quête par le prince Mohammed Ibn Saoud et ont réussi à unifier la péninsule arabique qui était alors divisée en plusieurs tribus. Il est mort en 1772 et ses disciples ont continué à propager le message du Tawhid.

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Sa doctrine, At-tawhid (l’unicité) :

Durant la période où a vécu Mohammed Ibn Abdelwahab, la oumma musulmane vivait une dégradation de ses croyances à cause de la propagation des innovations qui n’ont aucun rapport avec les préceptes de l’islam. L’adoration des tombeaux avait aussi atteint son paroxysme et de nombreuses sectes égarées se prétendaient de l’islam. De nombreuses pratiques comme le port des gris-gris, la visite des diseurs de bon-aventure, les sorciers, la construction des mausolées sur les tombes des pieux, l’imploration des morts et des vivants, l’intercession, les sacrifices pour les pieux, les serments par d’autres que Dieu, etc… sont apparues parmi les musulmans et se sont propagées donnant naissance à un islam vidé de tous ses principes et surtout de sa principale prescription : l’adoration de Dieu seulement.

وَأَنَّ الْمَسَاجِدَ لِلَّهِ فَلَا تَدْعُوا مَعَ اللَّهِ أَحَدًا – الجن 17

Les mosquées sont consacrées à Allah: n’invoquez donc personne avec Allah.

Ibn Abdelwahab, passa sa vie à combattre cette forme égarée d’idolâtrie. Il commença par détruire les mausolées de la même façon que le prophète Abraham détruisit les idoles vénérées par son peuple et que le prophète Mohammed celles qu’abritaient la Kaaba. Évidemment, ceci ne pouvait pas passer inaperçu et il se fit rapidement de nombreux ennemis parmi les communautés qui profitaient de ce marché juteux qu’est la visite des tombeaux et les dons d’argent et de sacrifices qui en découlaient.Ces pratiques sont devenues tellement ancrées qu’il a connu une résistance farouche de la part de certains leaders religieux de son époque. De nombreuses voix se sont levées pour discréditer cette “nouvelle religion”.

Les pratiquants de ces superstitions aussi -convaincus qu’il s’agit d’actes les rapprochant de Dieu- n’ont pas apprécié la campagne d’Ibn Abdelwahab et tout ce beau monde appuyé par les communautés soufie et chiite, les astrologue, les pseudo-guérisseurs et autres charlatans ont tout fait pour se mettre sur la voie de la cause l’homme à la tête de ce retour à l’origine et de cette purification de la religion. On le traita d’hérétique, de collabo, de Takfiri et ses disciples aujourd’hui sont traités d’extrémistes, de terroristes, d’intolérants… De la même façon, le prophète fut traité de menteur, de magicien, de poète par les mécréants.

وَعَجِبُوا أَن جَاءَهُم مُّنذِرٌ مِّنْهُمْ وَقَالَ الْكَافِرُونَ هَذَا سَاحِرٌ كَذَّابٌ –ق 3

Et ils (les Mecquois) s’étonnèrent qu’un avertisseur parmi eux leur soit venu, et les infidèles disent: ‹C’est un magicien et un grand menteur,

At-tawhid (l’unicité de Dieu) est la raison pour laquelle Dieu a envoyé les prophètes et révélé les livres sacrés. Toutes les religions ont pour premier et principal but de combattre le Shirk (polythéisme).

إِنَّ اللّهَ لاَ يَغْفِرُ أَن يُشْرَكَ بِهِ وَيَغْفِرُ مَا دُونَ ذَلِكَ لِمَن يَشَاء وَمَن يُشْرِكْ بِاللّهِ فَقَدِ افْتَرَى إِثْمًا عَظِيمًا –النساء 47

Certes Allah ne pardonne pas qu’on Lui donne quelque associé. A part cela, Il pardonne à qui Il veut. Mais quiconque donne à Allah quelque associé commet un énorme péché.

Nouh (Noé) a été envoyé à son peuple lorsque ceux-ci ont commencé à vénérer les cinq personnages les plus pieux de leur génération que sont  ” Wadd, Suwaa, Yaghouth, Yaouq et Nasr ” (Sourate Nouh 24). Ces hommes étaient de leur vivant un exemple à suivre en termes de bonté et de dévotion, à leur mort des statues les représentant ont été érigées en souvenir de leur piété. Après quelques génération, le peuple de Nouh a commencé à les vénérer.

Le wahhabisme n’est ni une voie ni un groupe. C’est un simple appel au Tawhid, à la revivification des pratiques religieuses originales étouffées sous la multitudes, de sectes, des groupes, d’interprétations. C’est un retour à la aquida authentique du prophète et de ses compagnons. Et de la même façon que le prophète et ses compagnons ont connu une résistance de la part des adorateurs d’idoles, les nouveaux polythéistes ont essayé de freiner l’avancée de ce mouvement. Même s’il s’agit de l’essence même de l’islam, certains ont du mal à l’accepter et le combattent de toutes leurs forces comme s’il s’agissait d’un dogme totalement étranger à cette religion.

أَجَعَلَ الْآلِهَةَ إِلَهًا وَاحِدًا إِنَّ هَذَا لَشَيْءٌ عُجَابٌ –ص 5

Réduira-t-il les divinités à un Seul Dieu? Voilà une chose vraiment étonnante

Les ennemis de l’islam se sont aussi alliés à cette propagande pour altérer l’image de cet appel au Tawhid, il leur est plus favorable que les musulmans se noient dans les abîmes des innovations, de l’ignorance, des pratiques païennes, de l’adoration des Awliya et des “pieux” que de revenir à un islam authentique, nettoyé de ces rituels fétichistes. Car c’est cette croyance en l’unicité et la foi pure, associés à une confiance absolue placée en Dieu qui a permis aux musulmans de braver tous les obstacles depuis la révélation du message.

Les Saoud et les américains :

Les Saoud ont exploité la voie de Mohammed Ibn Abdelwahab pour asseoir leur domination sur le monde islamique. Il ont profité de la pureté de cet appel au Tawhid pour s’ériger en représentants de l’islam d’autant plus qu’ils ont réussi grâce à l’appui britannique à s’emparer de la Mecque et justifier leur régime aux yeux des musulmans.

Ce n’est qu’avec la prise du pouvoir de Abdel Aziz Ibn Saoud et son alliance avec les occidentaux que le « Wahabisme » est devenu un outil politique. Ce roi et ses héritiers ont prêté allégeance aux américains en effectuant un pacte ; pétrole contre protection.

1Abdel Aziz Ibn Saoud et Franklin Roosevelt

Ils ont offert aux ennemis de la voie du Tawhid le bâton pour faire battre l’islam, sali la mémoire de Mohammed Ibn Abdelwahab et fait entrer les mécréants sur les terres sacrées qui abritent la Mecque. Les générations qui suivirent n’ont fait qu’empirer les choses, justifiant leur égarement à l’aide de savants et d’imams complètement acquis à leur traîtrise ou ne possédant pas assez de courage pour s’opposer à leurs régents.

Ils ont, entre autre, réduit les libertés, combattu le jihad et les savants religieux intègres (plus de 3000 savants sont en prison aujourd’hui), empêché leur peuple de participer à la vie politique, favorisé les non-musulmans au détriment des musulmans, se sont tus face à l’occupation de la Palestine, rendus le hajj difficile en établissant de nombreuses conditions, se sont accaparés les richesses du pays et placé leurs hommes à tous les postes de responsabilité, etc…

Source : http://abouhamza.wordpress.com/2012/06/04/muhammad-ibn-abdelwahab-le-wahabisme-et-les-al-saoud/

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Notes :

Je me suis permis de corriger légèrement l’article car apparemment l’auteur a confondu le roi Fayçal d’Irak (1885 – 1933), le fils du Chérif Hussein de la Mecque, et le roi Fayçal d’Arabie Saoudite (1904 – 1975).

Le roi Fayçal 1er d’Irak a conclu un pacte avec Chaim Weizmann, qui porte pour le nom « Accord Fayçal-Weizmann », en 1919 où le roi Fayçal 1er accepte l’application de la Déclaration Blafour, qui prévoit la création d’un foyer national juif en Palestine, à la condition que les britanniques respecte leur promesse d’indépendance envers les arabes.

weizmann_and_feisal_1918Chaim Weizmann et le roi Fayçal 1er

Abolition du Califat partie 4 : Abd al-Aziz Ibn Saoud s’allie aux Anglais pour saboter la restauration du Califat

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monde_arabe1930La Grande-Bretagne avait noué des liens d’amitié avec Abd al-Aziz Ibn Saoud et avait employé la corruption. Abd al-Aziz Ibn Saoud a reçu une somme mensuelle de 5000 livres sterling par le Trésor Britannique en échange de sa neutralité face à la rébellion du Chérif Husain contre le Calife ottoman, l’imposition de l’état hachémite sur le Hedjaz, et les efforts diplomatiques et militaires de Grande-Bretagne dans la péninsule à l’encontre du Califat ottoman. Abd al-Aziz Ibn Saoud était un atout majeur que la Grande-Bretagne voulait exploiter à la suite de la volonté du Chérif Hussein de rétablir le Califat.

Le pouvoir saoudien dans le Nejd (= région de la péninsule arabique), qui a resurgi avec la prise de Riyad en 1902, a été le produit d’une ancienne alliance (conclu au milieu du XVIIIe siècle) entre le chef de tribu Mohammed Ibn Saoud (1710 – 1765) et le chef religieux Mohammed Ibn Abdelwahhab (1703 – 1792). Cette alliance assurait que si les descendants de Mohammed Ibn Saoud exercent le pouvoir politique sur le territoire régi par l’alliance, les affaires religieuses seraient soumises à l’autorité des descendants de Mohammed Ibn Abdelwahhab.

La Grande-Bretagne donna le feu vert à Abd al-Aziz Ibn Saoud de déplacer ses forces contre le Chérif Husain quatre jours après que celui-ci ait réclamé la restauration du Califat. En soutenant Abd al-Aziz Ibn Saoud, les britanniques étaient sûr que tant que les saoudiens régnerait sur le Hedjaz, le Califat ne pourrait jamais renaître.

En quelques mois, Abd al-Aziz Ibn Saoud réussi à conquérir la Mecque, et le Chérif Hussein avait fui vers Djeddah. Les britanniques sont finalement intervenu pour le chasser physiquement de la péninsule arabique en lui offrant un confortable exil à Chypre. Suite à cela, Médine et à Djeddah furent également été sous la domination d’Abd al-Aziz Ibn Saoud.

Plus d’un siècle plus tôt, l’alliance entre Mohammed Ibn Saoud et Mohammed Ibn Abdelwahhab avait réussi à surmonter les défenses de Taïf et La Mecque. Le Calife à Istanbul avait obtenu du gouverneur d’Égypte Mohammed Ali, d’envoyer une armée vers le Hedjaz, sous la direction de son fils Ismail Pacha. Les guerriers de Mohammed Ibn Saoud ont rapidement été chassés du Hedjaz vers le désert. Un siècle plus tard, il n’y avait plus de Calife et toutes les puissantes communautés musulmanes étaient sous la domination coloniale occidentale ce qui permis à Abd al-Aziz Ibn Saoud et ses descendant de maintenir leur domination sur la région.

De plus, Abd al-Aziz Ibn Saoud jouissait de l’amitié et la protection de la Grande-Bretagne, qui était la super-puissance de l’époque. Il n’y avait donc aucune possibilité immédiate de déloger les forces d’Abd al-Aziz Ibn Saoud de l’Haramain et du Hedjaz.

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Abd al-Aziz Ibn Saoud (1880 – 1953)

Bien que Abd al-Aziz Ibn Saoud ait prit le contrôle du Hedjaz, il était encore confronté à un problème d’envergure. Il devait élaborer une stratégie qui permettrait d’éviter la possibilité qu’il soit destitué de son trône. L’Université d’Al-Azhar au Caire a proposé de convoquer un Congrès international sur le Califat islamique dans le but de nommer un nouveau Calife dans le monde musulman. Abd al-Aziz Ibn Saoud voulut saboter ce Congrès en organisant un Congrès rival à La Mecque au moment du pèlerinage de 1926. Cela signifie que le Congrès de La Mecque aurait lieu à un mois du Congrès du Caire, ce qui rend difficile pour les délégués d’assister aux deux conférences. De plus, le Congrès de La Mecque a été programmée pour coïncider avec le pèlerinage, ce qui lui donna un net avantage sur la Congrès du Caire.

La victoire tactique du Congrès de La Mecque a joué un rôle important en permettant au reste du monde musulman de suivre l’exemple de Mustafa Kemal (= Président turc athée qui a laïcisé la Turquie, c’était un sabbataïste et un franc-maçon) et son modèle d’Etat laïque pour la Turquie.

Abolition du Califat partie 2 : La Première Guerre mondiale cause la chute de l’Empire Ottoman

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En 1916, pendant la Première Guerre mondiale, le Calife ottoman avait perdu le contrôle de La Mecque et de Djeddah. Son contrôle sur Médine a été maintenue pendant toute la guerre et ne prit fin qu’en 1919 lorsque certaines troupes ottomanes dans la ville ont été amenés à se rebeller contre leur chef héroïque, Fakhri Pacha.

Après que le Calife ottoman ait perdu le contrôle du Hedjaz, le Califat a été tellement mutilés qu’il s’est maintenu à Istanbul juste pour quelques années avant de s’effondrer totalement. Ce fut un succès vraiment remarquable de la part des britanniques. L’affaiblissement du Califat a déstabilisé toute la structure de l’Empire ottoman. En 1919, les troupes britanniques, sous le commandement du général Allenby, s’emparèrent de Jérusalem.

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Les Arabes avaient combattu avec Allenby à Jérusalem pour arracher le pouvoir au Calife ottoman. Ils convoitaient le pouvoir sur le Hedjaz, mais il était encore nécessaire d’attendre pour voir si le Calife ottoman serait capable de retrouver la force nécessaire pour réimposer son autorité sur le Hedjaz. Lorsque, le 3 Mars 1924, le Califat ottoman a été aboli, il est devenu évident qu’aucune menace n’existait.

Le 7 Mars 1924, le Chérif Hussein a revendiqué pour lui-même le Califat. Son titre le plus important était qu’il exerçait de facto un contrôle local sur le Hedjaz. Il était aussi un hachémite (= il appartenait aux Banu Hachim, de la tribu des Quraysh à laquelle le Prophète (Paix et Bénédiction de Dieu sur lui) lui-même appartenait; cela est très important car seul un hachémite a le droit de contrôler les lieux saints que sont La Mecque et Médine). En fait, cela pesait si lourdement parmi les Oulamas (= savants musulman) que le Cadi de Transjordanie a rapidement accepté la revendication et reconnu Hussein comme Calife.

Les sionistes ont forger une alliance avec l’Angleterre pour détruire l’Empire ottoman dans le but de créer un foyer national juif en Palestine. Cette alliance fut finalement clair avec l’accord Sykes-Picot de 1916 et la Déclaration Balfour de 1917. L’objectif a été de démanteler l’ensemble de l’ordre public islamique de manière à rendre l’Islam impuissante à empêcher le sionisme d’atteindre son but. Il était également très clair pour les britanniques et les sionistes que la création de l’État juif d’Israël, ne pouvait être établie en Palestine tant que le monde musulman possédait un Calife pouvant mobiliser ses ressources et la ferveur religieuse des musulmans pour les utiliser à des fins militaires.

Mais la revendication du Califat par le Chérif Hussein était incompatible avec les objectifs britanniques. Si ces dernier avait donné leur autorisation au Chérif Hussein, celui-ci aurait alors pu mobiliser le monde musulman pour rétablir le Califat et ainsi constituer une menace pour l’influence britannique et le contrôle sur de grandes parties de Dar al-Islam. De même, la restauration du Califat aurait rendu le contrôle juif sur la Palestine et de Jérusalem tout à fait impossible.

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Edmund Allenby (1861 – 1936)

Abolition du Califat partie 1 : L’importance du Califat et la trahison des arabes

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Le siège du Califat a été le symbole ultime de l’islam, une force dominante dans la vie publique. Sans le Califat dans le monde musulman, il n’y aurait jamais eu de pouvoir. Il y avait, cependant, un lien permanent entre le Califat et le contrôle des Haramain ( = territoires sacrés de La Mecque et Médine). Toute personne qui pourrait réussir à rompre ce lien aurait paralyser l’institution du Califat et, à terme, rendre le monde musulman impuissants !

Tout au long des 1400 années de l’histoire de la Oumma (= communauté musulmane) du Prophète Mohammed (Paix et Bénédiction de Dieu sur lui), personne n’a jamais pu être nommé à la tête du Califat sans qu’une telle personne soit capable d’avoir le contrôle effectif ou la capacité d’exercer un contrôle, sur le Hedjaz (= région ouest de l’actuel Arabie Saoudite) en général et la Haramain en particulier. Le siège du Califat et l’autorité sur les Haramain, ont toujours été indissociables dans la conscience politico-religieux de la Oumma.

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Ce lien indissociable avait aussi un fondement dans la Charia (= lois islamique) dans la mesure où le Hajj (= lieux saint de l’islam qui sont visités par les musulmans lors de leur pèlerinage) est une institution obligatoire à tous les musulmans, et le Hajj implique un voyage physique au Hedjaz. Personne ne peut donc être reconnu comme étant le chef suprême des musulmans s’il n’a pas l’autorité et les moyens d’exercer la responsabilité de l’organisation et l’administration du Hajj. Et cela, bien entendu, comprends la liberté et la sécurité des pèlerins et, par conséquent, la nécessité de pouvoir contrôler le Hedjaz. En conséquence, même lorsque le siège du Califat a été transférée du Hedjaz à Koufa (Irak), Damas, Bagdad, le Caire et même à Istanbul, les califes ont toujours pris le plus grand soin à maintenir leur autorité et leur contrôle sur le Hedjaz.

Ce principe a continué sans interruption jusqu’à la chute de l’Empire ottoman lors de la Première Guerre mondiale. Les ennemis de l’Islam ont grandement étudier et ont fini par comprendre le lien entre le Califat et le contrôle des Haramain, puis ils ont planifiés leur stratégie pour rendre l’islam impuissants, et ainsi limiter la foi musulmane au domaine privée. En d’autres termes, ils ont séculariser l’islam comme ils l’ont fait avec les chrétiens en Europe.

La civilisation occidentale n’a jamais réussi à vaincre et à prendre le contrôle de l’islam, mais elle a réussi à intégrer le monde musulman au sein du modèle laïc. La stratégie consistait à ce que le Hedjaz soit soumis à l’influence occidentale, afin que le Califat puisse être affaibli et finalement éliminé.

Les britanniques, conscients de l’importance primordiale du Hedjaz et des Haramain, ont compris que la survie même du Califat ottoman dépendait de leur contrôle sur le Hajj. Ils se sont alors concentré pendant la Première Guerre mondiale à arracher le Hedjaz du contrôle du Calife ottoman. Ceci s’est réalisé lorsque le Chérif Hussein (= gardien des lieux saints de la Mecque et Médine) a été poussé par les britanniques à se rebeller contre le Calife ottoman pour établir sa propre autorité sur le Hedjaz en vertu d’une alliance avec les britanniques.

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Chérif Hussein Ben Ali (1856 – 1931)