Italie

Histoire de Libye Partie 3 : Les années Mouammar Kadhafi

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L’idéologie de Mouammar Kadhafi est basée sur l’anti-impérialisme, l’anti-colonialisme, le nationalisme arabe, la référence à l’Islam, à la révolution permanente du peuple, au pouvoir du peuple et à la négation de l’idée d’État. Il prononce un discours à Zwara en 1973, où il appelle à la révolution populaire et au pouvoir du peuple. Ce discours avait pour but de gagner le cœur de la population, farouchement hostile à l’idée d’un État centralisé. Connaissant les structures sociales et mentales de son pays, Mouammar Kadhafi a jouer la carte du pouvoir au peuple. Il légitime le recours à la violence envers ceux qu’il appelle les « malades ». Il s’agit de ceux qui s’opposent au nationalisme arabe, aux communistes, aux frères musulmans et aux partisans de l’ancien régime. Il fait fermer les bases britanniques et américaines sur son territoire et prend le contrôle des revenus du pétrole et entreprend l’expulsion des italiens.

En 1975, Mouammar Kadhafi publie le Livre Vert où il explicite la troisième théorie politique qui s’oppose au capitalisme et au communisme. Le cœur de cette théorie est la révolution permanente du peuple.

 

Le 2 mars 1977, Mouammar Kadhafi instaure le pouvoir du peuple à travers le Parlement libyen : le Congrès Général du Peuple. L’État appartient au peuple et est représenté par le peuple. Il porte le nom de Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire et Socialiste.

Une tentative de coup d’État à l’encontre de Mouammar Kadhafi est déjouée en 1975. Le colonel Kadhafi en profitera pour mettre en place des Comités Révolutionnaires dont l’objectif est de prendre le contrôle des universités dans le but de défendre la Révolution et en exerçant un contrôle idéologique sur la population, principalement les étudiants. Ces Comités Révolutionnaires ne sont pas des organes gouvernementaux car le pouvoir appartient en théorie au peuple. Les universités ont été choisie par Mouammar Kadhafi car il s’agit d’un lieu propice à la naissance de vagues contestant le pouvoir en place. Pour limiter ces contestations et pour être cohérent avec la théorie politique qu’il propose, Mouammar Kadhafi utilise le peuple contre lui en assurant la réussite des études et l’obtention des diplômes à ceux qui dénonce les contestataires du système en place, qu’ils soient étudiants ou professeurs qui s’écarterait de l’idéologie officielle.

Mouammar Kadhafi annonce que l’Islam est compatible avec son idéologie, ce qui lui vaudra l’hostilité des savants qu’il n’hésitera pas à neutralisé et affirmera que l’interprétation des textes n’est pas seulement le monopole des savants. L’objectif de cet action est de permettre une interprétation de l’Islam qui soit compatible avec son idéologie pour promouvoir cette dernière tout en obtenant le soutien de la majorité musulmane qui compose le pays. Ainsi, il affirme que la polygamie est illicite, ce qui n’est pas le cas puisque le Prophète (Sala Llahou Aleyhi wa Salam) était polygame et que rien dans le Coran l’interdit. Il affirme aussi que les peines corporelles comme l’amputation ne peuvent-être appliquée et interdit à tout groupe d’utiliser l’Islam pour une quelconque action politique.

L’Islam est placé sous le contrôle de l’Etat et les savants, imams, associations caritatives sont toutes sous son contrôle. Les savants et imams sont formés à l’université al-Asmariya à Zliten. A la fin de leur cursus, ils ne peuvent prendre leur fonctions que si les comités révolutionnaire, les services de sécurité et les représentants des chefs tribaux les y autorises. Le soufisme est encré au sein des diverses tribus libyenne, ce qui explique l’implication de ces dernières dans le contrôle de l’Islam par l’Etat mais aussi à la naissance d’un faux islam qui colle avec leur vision déviante de la religion d’Allah. Le soufisme libyen se trouve être en très bonne relation avec le pseudo-islam promu par l’Etat libyen.

Mouammar Kadhafi (1942/2011)

Sur le plan internationales, Mouammar Kadhafi s’opposa à l’impérialisme américain. A cet effet, il acheta des armes à l’Union Soviétique mais refusa toutes installation de bases soviétique en Libye au nom de son anti-impérialisme. A la suite de l’effondrement de l’Union soviétique, Mouammar Kadhafi demanda au prince Abdallah Ibn Abdel ‘Aziz al-Saoud et à Nelson Mandela d’intervenir auprès des Etats-Unis pour lever l’embargo envers la Libye pour que les sociétés américaines puissent remettre en état ses installation pétrolières. Il accepta toutes les conditions imposées par l’ONU pour sa réintégration au sein de la communauté internationale. Le 12 septembre 2001, Mouammar Kadhafi condamna l’action d’al-Qaïda et échangera avec la CIA des informations sur les moudjahidin.

Suite à l’invasion de l’Irak par les troupes américaines en 2003, Mouammar Kadhafi fait détruire ses armes chimiques et abandonne ses recherches sur la mise au point d’armes nucléaires et balistiques. Il fit détruire ces armes sous le contrôle des Etats-Unis.

Histoire de Libye Partie 2 : La colonisation franco-britannique

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Idriss Ier (1889/1983)

A la fin de la seconde guerre mondiale, la France et la Grande Bretagne se partagèrent la Libye. La Tripolitaine et la Cyrénaïque pour les britanniques et le Fezzan pour la France. En 1947, l’émir Idriss Ier de retour en Cyrénaïque, fut accueilli triomphalement par la population et s’installa à al-Bayda. Il réprima toute opposition et déclara l’indépendance de la Cyrénaïque le 1er mars 1949. Il unifia la Tripolitaine et le Fezzan à la Cyrénaïque mais le peuple de ces régions ne furent pas enthousiaste face à cet événement. L’indépendance de la Libye fut proclamée le 24 décembre 1951 à Benghazi. 

Perdant les élections, le Parti du Congrès National de Tripolitaine affirma qu’il y avait eu des fraudes et appela à la manifestation. Idriss Ier réprima violemment les manifestants et utilisa cet événement pour interdire tous les partis. La découverte du pétrole en Cyrénaïque, à partir de 1959, obligea le roi à abandonner le système fédéral et à unifier réellement la Libye. Pour cela, il utilisa le nationalisme arabe et fit adopter une nouvelle Constitution en 1963. Malgré cela, la Libye demeure un État fondé sur l’appartenance tribale.

Le 1er septembre 1969, douze officiers de l’armée libyenne profite de l’absence du roi pour prendre le contrôle des points stratégiques du pays. Ils affirment appartenir au Conseil de Commandement de la Révolution (CCR). A leur tête, le colonel Mouammar Kadhafi, alors âgé de 27 ans, lit le premier communiquer du Conseil de Commandement de la Révolution.

Mouammar Kadhafi (1942/2011)

 

Histoire de Libye Partie 1 : La colonisation italienne

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Benito Mussolini (1883 / 1945)

Le 29 septembre 1911, l’Italie envahie la Libye dans le but de se constituer un empire colonial comme le reste des puissances européenne à l’époque. Elle prendra définitivement le contrôle totale de la bande côtière libyenne en 1912 où l’armée ottomane sera définitivement mise hors d’état de nuire. Un traité sera signé à Ouchy (Quartier de Lausanne en Turquie) le 17 octobre 1912, où l’Empire Ottoman renonce à sa souveraineté en Libye. En contre partie, l’Italie cède l’île de Rhodes et les îles aux alentours aux ottomans.

La première guerre mondiale, qui débute le 28 juillet 1914, oblige l’Italie à rapatrier une grande partie de ses troupes stationnées en Libye. Les différentes tribus en profite pour se révolté contre le colonisateur et lui arrache la Cyrénaïque et le Fezzan. Seul la Tripolitaine reste sous le contrôle italien. La Grande Bretagne soutiens Idris Ier, futur émir de la Cyrénaïque, et membre de la confrérie soufi al-Sanoussiya qui aura un rôle centrale dans la résistance face au colonisateur. Il faudra attendre la montée au pouvoir de Benito Mussolini en 1922, pour que l’invasion italienne soit relancée. Pour se faire, il nomme le Maréchal Rodolfo Graziani à la tête des opérations et lui donne carte blanche pour reprendre le contrôle de la Cyrénaïque. Ce dernier utilisera tout les moyens nécessaires pour atteindre son objectif, notamment la construction d’une barrière de barbelée le long de la frontière avec l’Égypte pour couper l’arrivée d’éventuelle renforts, mais aussi la déportation massive dans des camps de concentration. Il réussi à faire fuir l’émir Idriss Ier et les chefs de la confrérie soufi al-Sanoussiya, qui trouvèrent refuge au Caire (Égypte). La rébellion prit fin en 1932, lors de la chute de la ville de Koufra et la mort du leader de la résistance : Omar al-Mokhtar.

Contrairement à la Tripolitaine, la Cyrénaïque à souffert de la violence de l’armée italienne dirigée par le Maréchal Rodolfo Graziani, avec l’extermination de plus de la moitié de sa population. Cet épisode marquera le renforcement de l’identité de la région qui déjà s’est démarquée de elle de la Tripolitaine depuis l’antiquité. Une fois l’ordre rétablie en Cyrénaïque, l’Italie entama sa colonisation de peuplement et ce n’est pas moins de 100 000 italiens, majoritairement de pauvres agriculteurs, qui s’installèrent en Libye, dont plus de la moitié en Cyrénaïque. Les terres furent arrachées à leur propriétaires légitime pour être léguée aux colons.

 

Franc-Maçonnerie partie 41 : Le combat contre la religion en Italie

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Un autre pays dans lequel les activités maçonniques étaient évidentes était l’Italie.

Une publication de la maçonnerie italienne
Une publication de la maçonnerie italienne

Jusqu’en 1870, le territoire italien était occupé par plusieurs petits états, restes des temps féodaux. Le plus important de ceux-ci était l’Etat papal. Il était situé à Rome, gouverné par le Pape, et contrôlait une grande partie de l’Italie centrale. Les maçons d’Italie furent fondés comme une extension des maçons français et commencèrent à exercer une influence en Italie à partir du début du 19ème siècle. Ils voulaient détruire l’Etat papal et totalement déraciner l’autorité de l’Eglise en Italie.

La maçonnerie commença son combat contre la religion en Italie par le biais d’une autre société secrète qu’elle fonda et contrôla. Cette société fut connue sous le nom de « Carbonari ».

Cette société, dont on a entendu parler pour la première fois à Naples au début du 19èmesiècle, doit son nom aux brûleurs à charbon. Alors que les maçons utilisaient l’emblème des constructeurs de murs et exprimaient leurs idées avec des symboles, de la même façon les Carbonari adoptèrent l’emblème du brûleur à charbon. Mais, la société avait des objectifs cachés. Les membres de la société cherchèrent à initier un programme politique, d’abord en Italie, puis en France, afin de détruire l’influence de l’Eglise, d’établir un nouveau gouvernement et de laïciser toutes les institutions sociales.

Le lien entre la maçonnerie et les Carbonari est évident. Les maçons devenaient automatiquement membres des sociétés Carbonari ; en fait, du moment où ils entraient dans la société, ils obtenaient le degré de maître. (D’un autre côté, il était nécessaire que d’autres membres Carbonari passent par un long processus d’avancement avant d’obtenir ce degré). Deux cardinaux répondant aux noms de Consalvi et Pacca publièrent un décret le 15 août 1814 accusant les maçons et les Carbonari d’être organisés pour mener une ingérence sociopolitique et fomenter une hostilité envers la religion.

Giuseppe Mazzini et le Comte de Cavour. Deux maîtres maçons qui mirent fin à l’Etat papal.
Giuseppe Mazzini et le Comte de Cavour. Deux maîtres maçons qui mirent fin à l’Etat papal.

Cette accusation s’est avérée exacte, car les membres des Carbonari avaient organisé des ruses politiques et armé des révoltes. La révolte armée qui eut lieu à Macerata le 25 juin 1817 fut organisée par les Carbonari, mais elle fut écrasée par les forces de sécurité de l’Etat papal. En 1820, en Espagne et à Naples, ainsi qu’au Piedmont, en 1821, des révoltes révolutionnaires furent organisées par les Carbonari contre l’Eglise et l’ordre public.

Propagande maçonnique illustrant Garibaldi comme un grand héro.
Propagande maçonnique illustrant Garibaldi comme un grand héro.

C’est un fait établi que les Carbonari furent créés par les maçons ; ensemble ils étaient impliqués dans des activités révolutionnaires parallèles. Après la Révolution de juillet 1830 en France, l’organisation perdit de son influence et disparut peu à peu. En Italie, elle s’unit au mouvement « Jeune Italie » fondé par Giuseppe Mazzini.

Ce dernier, athée renommé, avait lutté des années contre l’Etat papal et l’Eglise et était finalement devenu un maçon de haut rang qui allait être le fondateur de l’Union italienne. Avec le support de deux autres maçons proéminents, Giuseppe Garibaldi et le Comte de Cavour, il fonda l’Union italienne en 1870 et fixa les limites de l’Etat papal aux frontières actuelles. Après quoi, l’Italie entra dans un processus selon lequel elle prit de plus en plus de distance de la religion, ce qui devait préparer la fondation de la dictature fasciste de Mussolini des années 1920.

En bref, on peut dire que Mazzini, Garibaldi et Cavour furent un trio de leaders prééminents qui réalisèrent d’importantes fonctions dans le combat contre la religion en Europe. Mazzini ne fut pas seulement un leader politique dans la lutte contre la religion, il joua aussi un rôle d’idéologue. Son slogan « chaque nation un état » fut l’étincelle qui alluma les rebellions de minorités, qui allaient être la cause de la chute d’empires multiethniques, tels que les Empires Austro-hongrois et Ottoman. Ce slogan de Mazzini aliéna les gens de leur sentiment de fraternité religieuse ; ce fut un appel qui les poussa dans le conflit ethnique les uns contre les autres et leur inspira une « rage fanatique. »

Le fait que cet appel soit venu des maçons, et de maçons de haut rang est sans aucun doute significatif. Selon les informations de la publication de la loge, 10.000 francs-maçons célèbres, Mazzini fut promu dans la loge maçonnique et, des années plus tard, en 1867, il fut choisi Maître maçon du Grand Orient Italien. En 1949, lors d’une cérémonie à Rome pour marquer le dévoilement d’une statue de Mazzini, 3.000 maçons se souvinrent avec gratitude de leur grand-maître. Garibaldi, la main droite de Mazzini, parvint au 33ème grade du Conseil Suprême Italien en 1863, et en 1864 il fut choisi Maître Maçon italien. En mémoire de ce maître maçon, une loge a pris le nom de Garibaldi.