Islam

La Turquie Laïque Partie 11 : Tensions entre laïques et islamistes lors des élections de 2007 

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Abdallah Gül

Lors de l’élection de l’AKP en 2002, une alliance entre Recep Tayyip Erdogan et Fethullah Gülen voit le jour. Cette alliance permet à l’AKP d’utiliser le mouvement de Gülen, appelé le Hizmet, au service de l’AKP. Le Hizmet dispose d’un vaste réseau médiatique, universitaire et financier. En contre parti, les fethullahçi gravissent les échelons du pouvoir, notamment du pouvoir judiciaire. Ces derniers auront un rôle important à jouer lors de l’affaire Ergenekon.

A l’approche des élections présidentielle de 2007, la tension monte entre les partis laïques et l’AKP. En effet, le poste de Président de la République est capital car ce dernier a le pouvoir de nommer les juges constitutionnels, les membres du Conseil de l’enseignement supérieur, les présidents d’universités, une partie des membres de la Cour de cassation et du Conseil d’État, ainsi que le directeur de la radio et de la télévision publique. Il possède aussi un droit de veto sur les décision législatives.

Le président sortant, Ahmet Necdet Sezer, avait usé massivement de ce droit pour s’opposer au gouvernement AKP lors des sept années qu’a duré son mandat. Le nouveau chef d’état-major des armées à été nommé en 2006, ce qui en fait un allié pour le kémalisme, il ne restait plus qu’à ces derniers de remporter les élections présidentielles. Le 12 avril 2007, juste avant les élections, le chefs d’état-major de l’armée déclare que « le président de la République doit être attaché aux principes atatürkistes, non pas en apparence, mais dans leur essence ». Le lendemain, le Président de la République fait un long discours à l’encontre de l’AKP sans toutefois le nommé. 

Il critique la transformation de la République laïque en République islamique.

Le président du Parti Républicain du peuple (parti d’Atatürk) annonce qu’il souhaite bloquer les élections si l’AKP ne présente pas de candidat officiel. Deux jours avant le premier tour, Erdogan annonce que Abdallah Gül est le candidat de l’AKP. Avant le commencement du second tour, le Parti Républicain du peuple saisit la Cour constitutionnelle pour invalider le premier tour dû fait que le quorum* n’a pas été respecté.

L’état-major des armées publie un communiqué officiel dénonçant la mise en péril de la laïcité et rappel que les militaires ont le devoir de défendre les principes atatürkistes. Le gouvernement AKP riposte en arguant que l’armée doit obéir au Premier ministre. Toutefois, la Cour constitutionnelle annule le premier tour et Abdallah Gül retire sa candidature. Erdogan annonce des élections anticipée pour juillet 2007.

L’AKP sort victorieux des élections parlementaires avec 46,5% des voix contre 21% pour le Parti Républicain du peuple. Quand aux partis kurdes, pour la première fois, ils peuvent constituer un groupe parlementaire d’une vingtaines de députés. Ces derniers refusent de suivre le boycott du camp kémaliste et permettent d’atteindre le quorum pour les élections présidentielles. Abdallah Gül est élu Président de la République.

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* Quorum : C’est le nombre minimal de voix qui doivent être présentes ou représentées pour qu’une délibération soit valide.

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La Turquie Laïque Partie 10 : Les négociations en vue de l’adhésion à l’Union européenne

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En 1974, l’armée turc occupe le nord de Chypre pour contrer le coup d’État des nationalistes chypriotes grecs. Depuis, l’île est divisée en deux, avec au nord une administration chypriote turcs et au sud, une administration chypriote grecs. Suite à la victoire de l’AKP, le secrétaire général des Nations-Unis (ONU), Koffi Annan, propose un plan de réunification de l’île au gouvernement AKP. Ce plan est largement rejeté par les nationalistes turcs, l’armée et le président chypriote turc Rauf Denktas. Le gouvernement AKP hésite et ne se prononce pas, laissant Rauf Denktas faire le tour du pays pour s’opposer à cette réunification mais l’AKP fini par accepter le plan Annan suite à la victoire du parti républicain turc lors des élections en Chypre du nord. Les nationalistes turcs s’opposent au projet mais 65% des voix l’emporte au nord de l’île, une victoire pour l’AKP mais au sud, 75% des voix s’opposent au plan Annan. Toutefois, l’AKP obtient l’assurance de l’ouverture des négociations en vue de l’adhésion à l’Union européenne en décembre 2004.

L’échec de la résolution du conflits chypriote va devenir un blocage à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne car cette dernière va se servir de cet état de fait pour toujours repousser cette adhésion tout en exigeant toujours plus malgré les efforts du gouvernement AKP. Suite à l’intégration de Chypre à l’Union européenne, cette dernière demande sa reconnaissance officiel ainsi que l’ouverture des ports et des aéroports turcs aux chypriotes grecs. L’AKP accepte mais à du mal à respecter cette demande suite à l’opposition de nationalistes et de l’armée turcs qui exigent que l’UE allège les sanctions prises contre l’administration nord de Chypre. En 2006, l’UE décide de bloquer l’ouverture des négociation de six chapitres de l’acquis communautaire.

En 2004 , avant le démarrage des négociations pour l’intégration de la Turquie à l’Union européenne, la Turquie à rédigé un nouveau Code Pénal suivant les normes de l’Union européenne (UE). Toutefois, l’intégration de l’adultère comme crime pose problème à l’UE qui demande à l’AKP de ce rétracter. Erdogan affirme que cette disposition n’est pas du ressort de l’UE et campe sur ses positions, mais après plusieurs échange, le projet est effacé du nouveau code pénal.

Pour ce conformé à la législation européenne, l’AKP adopte un lot de réformes dont une révision de la Constitution permettant de supprimer la présence des militaires dans les instances de l’appareil d’État. Les Cours de sûreté de l’Etat sont dissoutes.

Histoire de Libye Partie 3 : Les années Mouammar Kadhafi

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L’idéologie de Mouammar Kadhafi est basée sur l’anti-impérialisme, l’anti-colonialisme, le nationalisme arabe, la référence à l’Islam, à la révolution permanente du peuple, au pouvoir du peuple et à la négation de l’idée d’État. Il prononce un discours à Zwara en 1973, où il appelle à la révolution populaire et au pouvoir du peuple. Ce discours avait pour but de gagner le cœur de la population, farouchement hostile à l’idée d’un État centralisé. Connaissant les structures sociales et mentales de son pays, Mouammar Kadhafi a jouer la carte du pouvoir au peuple. Il légitime le recours à la violence envers ceux qu’il appelle les « malades ». Il s’agit de ceux qui s’opposent au nationalisme arabe, aux communistes, aux frères musulmans et aux partisans de l’ancien régime. Il fait fermer les bases britanniques et américaines sur son territoire et prend le contrôle des revenus du pétrole et entreprend l’expulsion des italiens.

En 1975, Mouammar Kadhafi publie le Livre Vert où il explicite la troisième théorie politique qui s’oppose au capitalisme et au communisme. Le cœur de cette théorie est la révolution permanente du peuple.

 

Le 2 mars 1977, Mouammar Kadhafi instaure le pouvoir du peuple à travers le Parlement libyen : le Congrès Général du Peuple. L’État appartient au peuple et est représenté par le peuple. Il porte le nom de Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire et Socialiste.

Une tentative de coup d’État à l’encontre de Mouammar Kadhafi est déjouée en 1975. Le colonel Kadhafi en profitera pour mettre en place des Comités Révolutionnaires dont l’objectif est de prendre le contrôle des universités dans le but de défendre la Révolution et en exerçant un contrôle idéologique sur la population, principalement les étudiants. Ces Comités Révolutionnaires ne sont pas des organes gouvernementaux car le pouvoir appartient en théorie au peuple. Les universités ont été choisie par Mouammar Kadhafi car il s’agit d’un lieu propice à la naissance de vagues contestant le pouvoir en place. Pour limiter ces contestations et pour être cohérent avec la théorie politique qu’il propose, Mouammar Kadhafi utilise le peuple contre lui en assurant la réussite des études et l’obtention des diplômes à ceux qui dénonce les contestataires du système en place, qu’ils soient étudiants ou professeurs qui s’écarterait de l’idéologie officielle.

Mouammar Kadhafi annonce que l’Islam est compatible avec son idéologie, ce qui lui vaudra l’hostilité des savants qu’il n’hésitera pas à neutralisé et affirmera que l’interprétation des textes n’est pas seulement le monopole des savants. L’objectif de cet action est de permettre une interprétation de l’Islam qui soit compatible avec son idéologie pour promouvoir cette dernière tout en obtenant le soutien de la majorité musulmane qui compose le pays. Ainsi, il affirme que la polygamie est illicite, ce qui n’est pas le cas puisque le Prophète (Sala Llahou Aleyhi wa Salam) était polygame et que rien dans le Coran l’interdit. Il affirme aussi que les peines corporelles comme l’amputation ne peuvent-être appliquée et interdit à tout groupe d’utiliser l’Islam pour une quelconque action politique.

L’Islam est placé sous le contrôle de l’Etat et les savants, imams, associations caritatives sont toutes sous son contrôle. Les savants et imams sont formés à l’université al-Asmariya à Zliten. A la fin de leur cursus, ils ne peuvent prendre leur fonctions que si les comités révolutionnaire, les services de sécurité et les représentants des chefs tribaux les y autorises. Le soufisme est encré au sein des diverses tribus libyenne, ce qui explique l’implication de ces dernières dans le contrôle de l’Islam par l’Etat mais aussi à la naissance d’un faux islam qui colle avec leur vision déviante de la religion d’Allah. Le soufisme libyen se trouve être en très bonne relation avec le pseudo-islam promu par l’Etat libyen.

Mouammar Kadhafi (1942/2011)

Sur le plan internationales, Mouammar Kadhafi s’opposa à l’impérialisme américain. A cet effet, il acheta des armes à l’Union Soviétique mais refusa toutes installation de bases soviétique en Libye au nom de son anti-impérialisme. A la suite de l’effondrement de l’Union soviétique, Mouammar Kadhafi demanda au prince Abdallah Ibn Abdel ‘Aziz al-Saoud et à Nelson Mandela d’intervenir auprès des Etats-Unis pour lever l’embargo envers la Libye pour que les sociétés américaines puissent remettre en état ses installation pétrolières. Il accepta toutes les conditions imposées par l’ONU pour sa réintégration au sein de la communauté internationale. Le 12 septembre 2001, Mouammar Kadhafi condamna l’action d’al-Qaïda et échangera avec la CIA des informations sur les moudjahidin.

Suite à l’invasion de l’Irak par les troupes américaines en 2003, Mouammar Kadhafi fait détruire ses armes chimiques et abandonne ses recherches sur la mise au point d’armes nucléaires et balistiques. Il fit détruire ces armes sous le contrôle des Etats-Unis.

Histoire de Libye Partie 2 : La colonisation franco-britannique

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Idriss Ier (1889/1983)

A la fin de la seconde guerre mondiale, la France et la Grande Bretagne se partagèrent la Libye. La Tripolitaine et la Cyrénaïque pour les britanniques et le Fezzan pour la France. En 1947, l’émir Idriss Ier de retour en Cyrénaïque, fut accueilli triomphalement par la population et s’installa à al-Bayda. Il réprima toute opposition et déclara l’indépendance de la Cyrénaïque le 1er mars 1949. Il unifia la Tripolitaine et le Fezzan à la Cyrénaïque mais le peuple de ces régions ne furent pas enthousiaste face à cet événement. L’indépendance de la Libye fut proclamée le 24 décembre 1951 à Benghazi. 

Perdant les élections, le Parti du Congrès National de Tripolitaine affirma qu’il y avait eu des fraudes et appela à la manifestation. Idriss Ier réprima violemment les manifestants et utilisa cet événement pour interdire tous les partis. La découverte du pétrole en Cyrénaïque, à partir de 1959, obligea le roi à abandonner le système fédéral et à unifier réellement la Libye. Pour cela, il utilisa le nationalisme arabe et fit adopter une nouvelle Constitution en 1963. Malgré cela, la Libye demeure un État fondé sur l’appartenance tribale.

Le 1er septembre 1969, douze officiers de l’armée libyenne profite de l’absence du roi pour prendre le contrôle des points stratégiques du pays. Ils affirment appartenir au Conseil de Commandement de la Révolution (CCR). A leur tête, le colonel Mouammar Kadhafi, alors âgé de 27 ans, lit le premier communiquer du Conseil de Commandement de la Révolution.

Mouammar Kadhafi (1942/2011)

 

Pour une culture politique islamique commune !

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Depuis le déclin de la civilisation musulmane, le monde musulman s’est peu à peu dirigé vers la médiocrité. Médiocrité qui sera accentué par la colonisation puis la mise en place de régimes issue de la pseudo-indépendance acquis au bon vouloir du colonisateur (Maroc / Tunisie / Syrie) ou arrachée comme en Algérie. A l’ère des indépendance, le monde musulman pensait avoir retrouvé sa liberté mais ce n’est sans compter des dirigeants qui installèrent tous sauf l’Islam comme source du droit et de la vie politique.

Environ soixante ans après, des révolutions éclatent ici et là dans les pays arabo-musulman, révolutions orchestré par des arabes laïques qui partagent les idées de l’Occident mécréant mais qui se sont retrouvé dépassé par l’attachement puissant des arabo-musulmans pour leur religion. Et ceci est un bienfait d’Allah !

Au delà de toutes ces problématique, il est urgent de nos jours d’œuvrer pour une culture politique commune à chaque musulman. Ce qui fait défaut aux musulmans, c’est qu’ils sont traversé par des idées politiques étrangères à l’Islam, des idéologie en provenance de civilisation mécréantes qui sont incompatibles avec l’Islam et son système. Ceci est dû à une méconnaissance du versant politique de la religion musulmane, qui ne sépare pas le domaine religieux du domaine politique comme le christianisme. C’est pour cela qu’une connaissance de la politique religieuse islamique est importante. Nous ne demandons pas aux musulmans de devenir des juristes, mais d’avoir un minimum de connaissances politique et historique pour pouvoir ce concerter et décidé ensemble de la marche à suivre pour l’avenir de la communauté.

L’un des problèmes majeurs aujourd’hui est cette méconnaissance de la religion et surtout de l’histoire musulmane ancienne et récente. Depuis une dizaine d’années, un souffle nouveau pousse la jeunesse musulmane de France à revenir à l’apprentissage de leur religion, et le bon en avant en dix ans est très encourageant même s’il reste du chemin à faire. Les musulmans s’instruisent de plus en plus et nombres d’ouvrages sont traduit de l’arabe en français (même si nos frères anglo-saxon ont toujours une longueur d’avance sur nous).

Ce qui fait défaut aux musulmans et aux musulmanes de France c’est la culture politique et historique. Ces deux sciences ne sont que la face d’une même pièce, car pour les événements contemporains et les décisions politique prises, la connaissance de l’histoire est primordiale. De même que la prise de connaissance des régimes politiques, idéologiques de l’Occident doivent être apprises et filtrés par un prisme islamique pour en comprendre les qualités et les défauts pour émettre une critique utile en ce sens où l’ont écarte telle ou telle idéologie car ne respectant pas l’Islam, soit en adoptant ce qui peut-être utile à un futur régime politique islamique qui pourrait-être mis en place dans un avenir plus où moins proche.

L’apprentissage de l’histoire et des idées politiques islamiques pour occidentales permettent aux musulmans de s’immuniser contre les idéologies mécréantes et d’apporter des solutions aux problèmes qui jalonne la politique islamique qui touchaient déjà nos ancêtres avant la colonisation. Il ne s’agit pas de singer l’Occident en important bêtement un système politique qui, d’une part, n’est pas islamique, et d’autre part, qui a été conçu pour la civilisation occidentale et qui lui ait même parfois préjudiciable (alors que dire lorsque les musulmans l’adopte alors qu’elle ne provient pas de sa propre civilisation).

Un travail doit-être fait par les savants, les intellectuelles musulmans, les imams, les pères mères de famille, etc… pour s’assurer que la prochaines génération de musulmans en France, mais aussi dans les pays musulmans, possèdent cette culture islamique communes, cette base de connaissance à la fois religieuse, historique et politique pour ne plus être les dindons de la farce. Fini le temps de l’ignorance, fini la génération de musulmans analphabète ou idéologiquement séduit par les idées occidentale car issu de la colonisation et la perte de repère. Les musulmans doivent proposer des idées, ils doivent s’engager dans des projets de ré-islamisation à la fois du côté spirituelle (ce qui est déjà le cas) mais aussi une ré-islamisation des idées politiques, d’une vision historique musulmane, d’une critique des idéologies occidentale avec une grille de lecture islamique.

Beaucoup de musulmans analyse le fait politique et les relations internationale sans grilles de lecture musulmane et nous sommes la proie de divers groupe dont l’objectif n’est pas la sauvegarde de l’islam comme le pense certains naïf parmi nous. Poutine n’est pas le sauveur des musulmans, d’ailleurs il soutient le nousaïrite (Alaouites) Bachar al-Assad qui opprime les musulmans de son pays, Poutine qui a massacré les tchétchènes musulmans comme Israël massacre les palestiniens musulmans, l’Iran chiite qui soutien Bachar le boucher pour étendre son influence et combattre son ennemi de toujours, à savoir les musulmans (sunnites), l’Iran soutenu par Poutine, la Chine qui massacre les musulmans Ouïghours soutien l’Iran, la Syrie et la Russie. Beaucoup de musulmans attendent beaucoup de ces États alors qu’ils n’agissent pas pour leur intérêts, ils ont seulement adoptés une grille de lecture qui n’est pas musulmane et surtout leur manque de connaissances, historiques, idéologique les poussent naturellement à adopter cette position.

Mais les musulmans du quotidien ne sont pas les seule à blâmer, où sont les musulmans éveillés ? Beaucoup de nos frères et sœurs possèdent les compétences et les positions adéquates mais qui ne prennent pas la parole, que se soit à travers des audio, des vidéos, des articles, des magazines. Il ne faut pas s’étonner que la masse musulmane tombent dans les bras de Alain Soral, Dieudonné et du complotisme. Un véritable travaille doit être pris par ceux qui possèdent les connaissances suffisantes et ne pas se cantonné à soit-même. Comme le disait Malek Bennabi en son temps, le problème des musulmans est l’inaction, il n’use pas de son temps et de son argent pour construire sa civilisation et régler les problèmes de celle-ci depuis sont déclins pré-colonisation et qui a été exacerbé aujourd’hui.

J’ajouterai enfin : ras-le-bol des discours de comptoir !

 

 

 

 

Histoire de Libye Partie 1 : La colonisation italienne

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Benito Mussolini (1883 / 1945)

Le 29 septembre 1911, l’Italie envahie la Libye dans le but de se constituer un empire colonial comme le reste des puissances européenne à l’époque. Elle prendra définitivement le contrôle totale de la bande côtière libyenne en 1912 où l’armée ottomane sera définitivement mise hors d’état de nuire. Un traité sera signé à Ouchy (Quartier de Lausanne en Turquie) le 17 octobre 1912, où l’Empire Ottoman renonce à sa souveraineté en Libye. En contre partie, l’Italie cède l’île de Rhodes et les îles aux alentours aux ottomans.

La première guerre mondiale, qui débute le 28 juillet 1914, oblige l’Italie à rapatrier une grande partie de ses troupes stationnées en Libye. Les différentes tribus en profite pour se révolté contre le colonisateur et lui arrache la Cyrénaïque et le Fezzan. Seul la Tripolitaine reste sous le contrôle italien. La Grande Bretagne soutiens Idris Ier, futur émir de la Cyrénaïque, et membre de la confrérie soufi al-Sanoussiya qui aura un rôle centrale dans la résistance face au colonisateur. Il faudra attendre la montée au pouvoir de Benito Mussolini en 1922, pour que l’invasion italienne soit relancée. Pour se faire, il nomme le Maréchal Rodolfo Graziani à la tête des opérations et lui donne carte blanche pour reprendre le contrôle de la Cyrénaïque. Ce dernier utilisera tout les moyens nécessaires pour atteindre son objectif, notamment la construction d’une barrière de barbelée le long de la frontière avec l’Égypte pour couper l’arrivée d’éventuelle renforts, mais aussi la déportation massive dans des camps de concentration. Il réussi à faire fuir l’émir Idriss Ier et les chefs de la confrérie soufi al-Sanoussiya, qui trouvèrent refuge au Caire (Égypte). La rébellion prit fin en 1932, lors de la chute de la ville de Koufra et la mort du leader de la résistance : Omar al-Mokhtar.

Contrairement à la Tripolitaine, la Cyrénaïque à souffert de la violence de l’armée italienne dirigée par le Maréchal Rodolfo Graziani, avec l’extermination de plus de la moitié de sa population. Cet épisode marquera le renforcement de l’identité de la région qui déjà s’est démarquée de elle de la Tripolitaine depuis l’antiquité. Une fois l’ordre rétablie en Cyrénaïque, l’Italie entama sa colonisation de peuplement et ce n’est pas moins de 100 000 italiens, majoritairement de pauvres agriculteurs, qui s’installèrent en Libye, dont plus de la moitié en Cyrénaïque. Les terres furent arrachées à leur propriétaires légitime pour être léguée aux colons.

 

Histoire de l’Egypte Partie 6 : Anouar al-Sadate

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Anouar al-Sadate

Anouar al-Sadate est désigné président de la République égyptienne le 5 octobre 1970. Il hérite de la situation catastrophique laissée par Gamal Abdel Nasser : le pays est endetté, la situation « ni guerre, ni paix » avec Israël étouffe le pays. Anouar al-Sadate décide de faire bouger les choses en provoquant un conflit avec Israël. Obtenir une victoire et une défaite importe peu, ce qu’il veut c’est avoir accès à des négociations, ce qu’Israël lui refuse. Sadate va faire part de son plan au roi Fayçal Ibn ‘Abdel ‘Aziz al-Saoud qui lui apporte son soutient. Sadate va s’allier avec le président syrien Hafez al-Assad mais se cache bien de lui dévoiler ses plans car Hafez al-Assad souhaite une guerre totale contre Israël dans le but de récupérer le Golan et les terres arabes occupés par le colonisateur israélien.

Le 7 octobre 1973, la coalition syro-égyptienne attaque Israël par surprise alors que les israéliens célèbrent Yom Kippour et fort de leur intervention militaire lors de la Guerre des Six Jours, Israël ne s’attend pas une nouvelle attaque des pays arabes. L’attaque se situe sur deux fronts :

  1. L’armée égyptienne attaque les position israélienne au niveau du canal de Suez.
  2. L’armée syrienne pénètre dans le plateau du Golan.

Les armées arabes avancent de manière fulgurante et l’armée israélienne est dépassée car mal préparés mais aussi parce que les soldats arabes sont mieux entraînés et mieux équipés que lors de la Guerre des Six Jours. L’armement moderne a été fournie par l’URSS, ce qui permet aux armées arabes de faire des dégâts dans le camps adverses mais une fois les israéliens repoussée du canal de Suez, Anouar al-Sadate demande à ses troupes de stopper son avancée. Son objectif était simplement d’obtenir des négociations avec Israël et non pas une guerre totale. Cette attitude va permettre à Israël de se ressaisir et va concentrer l’essentiel de son armée contre la Syrie qui perd tout le terrain qu’elle a réussie à conquérir jusqu’ici au point où Damas risque d’être prise par les israéliens. Israël riposte aux égyptiens en contournant le Sinaï par voie maritime et débarque en Égypte. Ils finissent par encerclé l’armée égyptiennes stationnée de l’autre côté du Canal de Suez. Sadate demande un cessez-le-feu, mais Israël refuse mais ils seront forcés d’accepter car craignant une intervention de l’URSS, allié de la Syrie et de l’Égypte, les États-Unis les menacent de suspendre leur aide, ainsi que le pont aérien qui les ravitaillent sans quoi ils auraient déjà perdu la guerre.

Sadate obtient ce qu’il souhaite : des négociations avec Israël. Un accord de paix est signé et permet à Sadate de sortir de l’étouffant « ni paix ni guerre » et reprendre le contrôle du canal de Suez. L’accord met aussi en place une zone tampon, contrôlée par l’ONU, entre l’Égypte et Israël.

Anouar al-Sadate libère les membres des Frères Musulmans qui ont été incarcérés par Nasser, dont le frère de Sayyid Qotb : Mohammed Qotb. Ce dernier s’exile en Arabie Saoudite où il mourra le 4 avril 2014. Le leader de la confrérie Hassan al-Hudaybi est libéré en 1971 mais il mourra en 1973. Il sera remplacé par ‘Omar al-Tilmisani qui suit les traces de Hassan al-Hudaybi. La confrérie est de nouveau refondée de manière officielle en 1974 mais Sadate ne légalise pas la confrérie qui est toujours interdite mais tolérée. Les Frères Musulmans qui étaient exilés retournent en Égypte. Sadate souhaite utiliser la confrérie comme contre poids au communisme après avoir pris ses distances avec l’URSS pour se rapprocher des Etats-Unis sous l’impulsion du roi Fayçal Ibn ‘Abdel ‘Aziz al-Saoud. ‘Omar al-Tilmisani condamne violemment les groupes islamiques qui cherchent à prendre le pouvoir par la force et non pas comme le souhaitait Hassan al-Banna, c’est-à-dire par l’éducation graduelle de la société en commençant par les individus. Il vise par là directement les musulmans qui se réclament de Sayyid Qotb. La confrérie se met volontairement en retrait pour ne pas s’attirer les foudres de Sadate.

En 1977, le président américain Jimmy Carter décide de mener des négociations de paix entre la Syrie, l’Égypte et Israël. Pour se faire, il rencontre les différents présidents des pays concernés. Le président israélien, Menahem Begin, est prêt à rendre le Sinaï à l’Égypte mais refuse de rendre la Cisjordanie aux palestiniens. En novembre 1977, Sadate se rendit en Israël sur invitation de Begin, ce fut le premier président arabe à se rendre en Israël se qui mis un terme à l’unité arabe contre l’entité sioniste.

Anouar al-Sadate, Jimmy Carter et Menahem Begin (Camp David)

En 1978, les Accords de Camp David furent signés. Ces accords permirent à l’Égypte de reprendre possession du Sinaï dès 1979, ainsi qu’une garantie de libre passage vers la Jordanie. Israël obtient en contre parti une normalisation de la diplomatie israélo-égyptienne et la liberté de passage sur le Canal de Suez et le détroit de Tiran. Les deux pays se mirent d’accord pour ne plus approcher leur armées respectives de leur frontières communes. Suite à cet accord, L’Égypte perdit le prestige construit par Nasser et fut exclu de la Ligue Arabe en 1979. Les Frères Musulmans, qui jusque là avaient éviter de s’attirer les foudres de Sadate, critiquèrent les Accords de Camp David.

Ayman al-Zawahiri

En 1977, le groupe Jihad Islamique est créer par la branche qotbiste des Frères Musulmans. Leur objectif est de remplacer le gouvernement mécréant d’Égypte par un Califat où la shari’a serait appliquée. L’objectif est aussi de lutter contre les États-Unis et Israël. En 1977, le groupe assassine le ministre des Waqf. En 1979, Ayman al-Zawahiri, futur bras droit de Oussama Ben Laden et actuelle numéro un d’Al-Qaïda, rejoint le groupe Jihad Islamique. Il avait la charge de l’organisation et du recrutement.

En 1981, des affrontements entre chrétiens et musulmans ont lieu au Caire et Sadate fait arrêter 1500 personnes, aussi bien des chrétiens que des musulmans mais aussi des nasséristes, des communistes et des féministes. La crise économique touche durement le pays, ce qui fait que Sadate perd le soutient du peuple.

Le 6 octobre 1981, lors de la commémoration de guerre de Kippour, Sadate est assassinés en plein défilé par Khalid Islambouli, un officier faisant parti du groupe Jihad Islamique et dont le frère, Mohammed Islambouli, avait été incarcéré un mois plus tôt par le gouvernement. Un fatwa ordonnant la mise à mort de Sadate avait été émise par le Cheikh ‘Omar Abdel Rahman qui sera arrêté, ainsi que Ayman al-Zawahiri. Ces derniers seront relâchés faute de preuves mais Khalid Islambouli sera exécuté le 15 avril 1982. Son frère Mohammed Islambouli réussi à s’enfuir en Afghanistan où il deviendra un membre important de la résistance islamique. De même après avoir été relâché, le Cheikh ‘Omar Abdel Rahman et Ayman al-Zawahiri partent en Afghanistan rejoindre Oussama Ben Laden et ‘Abdallah ‘Azzam.

Aucun présidents arabes n’assistèrent aux funérailles de Sadate. Cependant, les anciens présidents américains Gerald Ford, Jimmy Carter et Richard Nixion étaient présent mais le président en fonction, Ronald Reagan, évita d’y participer pour des raisons de sécurités. Le 13 octobre 1981, le vice-président Hosni Moubarak devient le nouveau président de la République.

Khalid Islambouli