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Aïssam Aît-Yahya : La réalité religieuse de l’Éducation Nationale !

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Histoire et IslamL’école, à l’heure de la mondialisation triomphante, n’a plus la seule vocation d’instruire, mais de modeler, de former et avant cela, de transformer.

D’ailleurs historiquement le changement de dénomination est très révélateur en France : en moins d’un siècle nous sommes passés du Ministère de l’Instruction Publique à celui de l’Éducation Nationale. La première dénomination manifestait une part de neutralité car nous étions dans une simple logique de transmission passive du savoir (mais incompatible et paradoxale avec les bases idéologiques progressistes de la IIIe République). Or, avec la seconde, il y a désormais la volonté affichée et active de prendre en charge totalement l’individu par un État tutélaire, celui de la mère-patrie [1] qui cherche à se substituer à la famille, au groupe d’appartenance ou à la communauté pour en faire un éternel enfant-citoyen qui même une fois adulte n’a pas le droit de s’émanciper de sa tutelle, et d’ailleurs ne le souhaite pas.

C’est pourquoi on peut dire que « L’école ignore de nos jours des savoirs de l’esprit qui donnent l’intégrité, la volonté, la force, la force et la persévérance. L’indépendance est rarement de mise à l’école; l’indépendance acceptable est une indépendance canalisée en fonction des canons qui assurent la reproduction d’un certain modèle de société« . Mais il s’agit aussi de rappeler qu’avec un État d’une nature très particulière tel que la France, certaines discipline enseignées ont un objectif clairement théologique.
C’est-à-dire, que la ou les religions séculières (laïcité, humanisme, démocratie, rationalisme…), qui ont créé l’État moderne français, ont donné à certaines disciplines une fonction religieuse : transmettre à tous les citoyens le même mythe des origines, le même dogme et la même foi. Comme nous l’avons déjà dit précédemment , c’est bien l’Histoire qui est la base élémentaire de l’élaboration de cette culture nationale française. Or comme le disait le philosophe Alain : « Culture et culte sont des mots de la même famille » ainsi la culture nationale renvoie directement à l’idée de culte national ou tout simplement à l’idée de religion national.

Dès lors, on ne s’étonnera pas que pour Jules Ferry, l’école doit enseigner la « religion de la patrie« , et l’histoire tel qu’elle est comprise et inculquée par le clergé de la république française est donc ici comparable au Livre de la Genèse dans la Bible pour les religions judéo-chrétiennes : un récit religieux.
En France sûrement plus qu’ailleurs, les manuels scolaires d’histoire ont donc toujours eu un but prosélyte : convertir. Encore une fois, on ne prêche pas un converti, mais on cherche avant tout à convertir les autres, les nouveaux arrivés, les différents, les étrangers aux mœurs, traditions et croyances tout aussi étrangères, en d’autres mots : les païens de la république laïque, qu’ils soient nés en France ou non, qu’ils soient étrangers ou même Français de souche. [2]
Prenons par exemple, le plus célèbre des manuels d’Histoire français jamais rédigés, intitulé « Le petit Lavisse ». Ce manuel, réédité près de 50 fois en 1876 jusqu’au début des années 50, a eu le temps de former plusieurs générations d’élèves et de professeurs. Dès les premières pages, le ton est donné : « Dans ce livre tu apprendras l’histoire de la France. Tu dois aimer la France parce que la nature l’a faite belle, et parce que son histoire l’a faite grande« . On le voit bien, l’injonction est ici clairement assimilable à un ordre religieux tels les commandements de la Bible, et il ne s’agit là que de l’un de ses nombreux commandements. Il n’est donc pas étonnant que certains aient appelé Le petit Lavisse : « L’Évangile de la République« .

Il es évident que ce genre de manuel d’histoire, vu aujourd’hui comme une caricature par les historiens eux-mêmes, n’existe plus en France. L’enseignement de l’histoire n’est plus aussi explicitement « religieux » dans les messages qu’ils véhiculent, car il y a été tout simplement « modernisé », il utilise des méthodes beaucoup plus subtiles pour arriver aux mêmes objectifs.

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[1] Patrie vient du latin « Pater » signifiant Père : la mère-patrie peut-être alors comprise comme la fusion symbolique de la mère et du père dans une seule et même entité artificielle, devant recevoir l’unique et absolue piété filiale…

[2] Tel était le but des historiens de la IIIe République : éradiquer les particularismes régionaux, leurs cultures et histoires, en les réduisant à des folklores soumis à l’histoire officielle française écrite à Paris.

Source : Aïssam Aît-Yahya dans « Histoire et Islam : Comprendre la Naissance d’une Science », pages 12, 13 et 14.

Anâ-Muslim : Quand traiter et juger non-musulmans les laïques et les athées deviendra interdit…

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« Rappelons que le Takfir, l’excommunication ou anathème, est avant toute chose une protection de la Religion, elle institue une frontière entre Iman et Koufr, entre Tawhid et Chirk »

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بسم الله الرحمن الرحيم

Au nom d’Allah, Le Tout-Miséricordieux, Le Très-Miséricordieux

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Depuis peu, deux pays du Maghreb sont secoués par une offensive des milieux laïques gauchistes et/ou libéraux : La Tunisie et le Maroc.
Deux situations presque identiques avec deux contextes toutefois différents.

Dans ces deux pays : nous avons des intégristes laïques qui font pression sur les autorités d’ Etat complice (qui reste de filiation française malgré les pseudo-indépendances) pour redéfinir l’identité musulmane et interdire le Takfir qui les vise et les empêche de mener à bien et sereinement leur projet de destruction radicale de l’Islam.

Dans ces deux pays, la chari’a est déjà ultra-résiduelle:
la Tunisie est l’un des pays arabes où la place de l’Islam fut la plus déstructurée… Alors la que spécificité culturelle, politique et historique du Maroc avait empêché les laïques de mener complètement à bien leurs petite révolutions humanistes comme l’avait fait Bourguiba le franc-maçon notoire.

En Tunisie d’ailleurs : le dernier coup de ces laïques, en plus d’avoir eu le dernier mot en refusant que la chari’a soit une source de la législation (cette formulation est déjà du chirk en soi…), et d’avoir obtenu en plus comme cadeau l’interdiction et la pénalisation du takfir, le statut légal institué par Allah et son Prophète dans le Coran et la Sounna. Cette interdiction avait réussit à être adopté en profitant d’un  »mini-scandale »: un député du parti  « islamiste » de An Nahda avait accusé de mécréance un farouche laïque opposant à la chari’a lors des débats concernant la rédaction de la nouvelle Constitution. Ce dernier en profita pour créer la stupeur taxant d’extrémiste son rival qui s’est rapidement ravisé en édulcorant son propos, il faut dire que l’argument du député laïque était d’une pertinence phénoménale: « nous sommes tous musulmans, mon pére et mon grand-père sont musulmans… » (faut dire que l’islam chez eux est comme la couleur de peau : indélébile….)
L’accusation de takfir fut la seconde brèche ouverte par les laïques pour en finir avec ce principe et le criminaliser.

Rappelons que le Takfir, l’excommunication ou anathème, est avant toute chose une protection de la Religion, elle institue une frontière entre Iman et Koufr, entre Tawhid et Chirk. Le takfir est donc le gardien des frontières de l’Islam, il sert montrer les limites du Dine dans le but de maintenir la cohésion communautaire des musulmans autour d’un socle de croyances communes. Certes il a ses règles, ses conditions, ses empêchements et sa procédure: les savants de la sunna ont expliqué ces différents cas. Parfois il possède aussi des cas spécifiques à détailler mais très souvent il ne repose que sur des preuves claires, explicites et tranchantes issues exclusivement du Coran et de la Sounna. Le Takfir est un droit d’Allah sur les hommes concernant la religion qu’Il a agréée, et est considéré comme Mécréant/Apostat tout ce qu’Allah, par la bouche de son Prophète, a considéré comme de la Mécréance et de l’Apostasie, que cela soit une parole prononcée ou un acte réalisé (car la Foi est elle-même Paroles et Actes)
Le Coran est donc tout naturellement emplit de verset prouvant ce principe, il fait même de cela très souvent une obligation lié au reniement des idoles, tel avec le prophète Ibrahim  « Certes, vous avez eu un bel exemple [à suivre] en Ibrahim et en ceux qui étaient avec lui, quand ils dirent à leur peuple: « Nous vous renions (kafarnabikoum)… » (S60/V4)

Et n’en déplaise à la clique des modernistes occidentalisés qui va lire ceci : les gauchistes, les marxistes-communistes, les laïques, les libéraux démocrates du monde musulman qui veulent abolir le Dine et le transformer, le réduire et le limiter, sont clairement parmi les pires apostats zanadiq que l’histoire de l’islam ait jamais connus.
Actuellement les laïques du Maghreb semblent avoir fait cause commune pour détruire ces principes, nous remarquons leurs convergences de vues avec des sectes de l’islam parmi les plus dangereuses qui soient (mourjites, jahmites et batinites).
Les médias en leurs mains diffusent mensonge et propagande afin de faire coïncider dans les consciences musulmanes le fait que le Takfir est exclusivement de l’extrémisme et que l’Islam n’est rien d’autre que spiritualité et éthique sans obligations, sans règles, sans devoirs, sans code de conduite, sans lois, sans système, et sans aucune limite et que le Musulman est donc libre de dire et de faire tout ce qu’il lui plait sans se voir demander des comptes ici bas (libre tant que cela va dans le sens de la Modernité occidentale bien évidemment) !
Désormais libres, eux, les laïques de Tunisie vont pouvoir détruire ce qui reste de la religion pièce par pièce sans voir courir le risque d’être vus et décrits comme des apostats mécréants par la masse des musulmans qui ne possèdent pas toute la culture islamique nécessaire pour comprendre cette politique.

De la même maniére qu’en Tunisie, au Maroc, des intellectuels gauchistes et athées font régulièrement des tentatives pour mener à bien leur révolution humaniste maçonnique sous couvert des Droits de l’homme : soutenus par la France, par les USA, par les programmes mondiaux de libéralisation et de démocratisation, protégés par le makhzen marocain, qui jamais ne les condamne alors que la justice marocaine est championne pour les condamnations sans preuve (inventées par la DST) lorsqu’il s’agit d’islamistes ou de salafistes.
On peut citer parmi eux Ahmed Assid, un berbériste laïque de la pire espèce, qui est la coqueluche des médias marocains aux ordres, une véritable vermine anti-Islam, cherchant à annuler le Coran, abroger ses versets, critiquer le texte coranique en arguant qu’il est dépassé, se moquant de la sunna. Cette immondice et ses affiliés, font de leur pensée la déchetterie de toute les idéologies françaises qu’ils adorent au sens littéral.

Dernier événement en date, qui a crée un débat sans précédant au Maroc, une petite frappe du gauchisme marocain, Idriss Lachguer, a clairement énoncé qu’il fallait abroger le droit d’Héritage islamique et la polygamie (pratiquement une des seules choses qui restent de la chari’a qui -décennie après décennie- n’a fait que diminuer depuis la date tragique de 1905 quand les Français ont pointé leur nez dans ce pays, crée et honoré par l’Islam).
Les savants des palais, les rabbins et les imams fonctionnaires qui ne servent qu’à faire des éloges à celui qui n’en mérite pas, se taisent tous complices de toute cette vaste stratégie.
Mais il reste encore des ‘oulama et prédicateurs courageux dans le pays des Al mourabitoun et ailleurs, tel ici notre cheikh Abou Na’im qui, depuis des années, a été interdit d’exercer sa vocation de savant rabbani et se contente de prodiguer modestement des cours à son cercle d’étudiants. Dans cette vidéo (ci-dessous) il se dresse courageusement contre les apostats laïques et gauchistes en les traitant comme tels ! De manière perspicace il vise les fausses institutions religieuses officielles du pays qui ne rassemblent que des fonctionnaires : sincères sans pouvoir et honteusement silencieux ou pire, hypocrites comploteurs employés à cacher la vérité et déguiser le faux..
Profitant du débat tunisien, et voulant imiter leurs frères de Tunisie, les laïques du Maroc réalisent en ce moment même une offensive en règle contre la notion de Takfir qui les vise. Le seul petit probléme pour eux: c’est que même l’ex-roi Hassan II -dans un de ces rares moments de lucidités islamiques- avait lui-même expliqué que l’on ne peut pas être à la fois musulman et laïque, c’est soit l’un soit l’autre…Ces hypocrites zanadiq oseront-ils dire qu’il était lui aussi un extrémiste takfiri?

Les musulmans de France (qui vivent sous le joug de la vraie laïcité et connaissent ses mensonges) doivent savoir que les laïques du Maghreb se sont tous engouffrés dans le débat sur le takfir, en utilisant une terminologie (takfiri/takfiriste) inventée à notre époque par les suppôts des traîtres (néo-mourji’ah), ceux là même qui retardent (you Ajir) la création d’un état musulman réel et qui travaillent pour défendre les Traîtres au pouvoir avec le soutien du monde occidental contre les intérêts de l’islam. Une étiquette  »takfiri » qui n’a aucun fondement linguistique chez les salafs de la oumma alors qu’ils s’en réclament..
Ainsi, en pénalisant et interdisant ce verdict légal (qui n’est -de plus- que totalement informel puisque la chari’a ne régit plus l’ordre politique ni au Maroc ni en Tunisie), ils cherchent tous à passer à une grande étape dans la possibilité de détruire les fondements de l’Islam.
Ces laïques cherchent surtout à dépénaliser le Koufr et le chirk dans les consciences musulmanes et dans leurs cœurs. Alors même que chirk et koufr sont déjà tolérés par les lois humaines annulatrices de l’Islam, inventées et mises en place par eux…
Ils en veulent encore plus : le koufr et le chirk qui annulent l’islam ne doivent donc plus exister en tant que tels, il ne doit plus y avoir d’apostasie (alors qu’Allah dit : « Quiconque a renié Dieu après avoir cru… » ou  « ne vous vous excusez pas vous avez mécru après avoir cru »)… Ni de même plus de mécréance dont plusieurs centaines de versets expliquent les caractéristiques, car en réalité chez eux c’est la foi elle-même qui a disparu…

A ce rythme-là, on finira par interdire de dire que les juifs et les chrétiens sont des non-musulmans mécréants et on arrivera à une espèce de religion mondiale, celle que les laïques humanistes franc-maçons espèrent depuis toujours alors que Allah nous demande de dire  « Qoul Ya ayyouha Al Kafiroun » [Sourate du même nom] ce qui est encore une fois une preuve en soit du takfir, et ici en l’occurrence, sur les kouffars d’origine….

 

Source : Anâ-Muslim

Aïssam Aït-Yahya : Définition du terme « religion » !

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De l'idéologie islamique françaisePour les individus ne comprenant « religion » que dans un sens usé et amputé, ce postulat peut paraître comme une bien étrange prétention.

Il serait dont plus qu’utile d’étudier ici ce que recouvre le terme religion lui-même, d’en comprendre son sens le plus profond, ses évolutions, son fond et ses formes, pour en tirer un sens fondamental, afin de l’indexer et l’actualiser de manière viable aux réalités dans lesquelles nous plongerons.
Nombres d’auteurs ont longuement étudié le terme religion, afin de comprendre l’intérêt de son utilisation dans un monde qui s’est sécularisé.
En réalité, la sécularisation et la laïcisation, n’ont pas seulement réduit le christianisme à ce que l’on sait, dans un mouvement parallèle, elles se sont aussi attachées à réduire la portée de la définition et du sens que recouvrait originellement le terme de religion.
Michaël Culoma nous rappelle les antiques étymologies du terme religion et ce qu’elles impliquent : « La première origine est proposée par quelques Anciens comme Lucrèce, et par de nombreux auteurs chrétiens comme Tertullien, Lactance et Saint Augustin. Ils expliquent le latin religio par les verbes ligare et religare, signifiant lier et relier […] La religion serait un lien de piété unissant structurellement les hommes, notamment par le partage ainsi que par la création d’une relation commune à la Divinité. […] La seconde origine, qui se révèle aussi comme la plus probable est donnée par les stoïciens et notamment Cicéron. Ils expliquent le latin religio par le verbe legere, signifiant cueillir, ramasser ou religiere qui signifie recueillir, récolter. Elle s’entend comme la ferveur personne de l’homme face à une puissance spirituelle suprême. » ( Michaël CULOMA, La religion civile de Rousseau à Robespierre, L’Harmattan, 2010, p.17/18).

Deux étymologies différentes qui semblent apparemment antagonistes : une axée sur une certaine sociabilité de la religion et l’autre beaucoup plus portée sur le salut individuel…
Pourtant au lieu de les opposer comme beaucoup d’auteurs, Michaël Culoma à l’intelligence de les unir pour proposer une définition globale : « Cependant, ces deux acceptions ne sont pas exclusives l’une de l’autre. C’est ainsi que le phénomène religieux prend toute sa consistance dans cette double définition. […] Elle se consigne alors dans un double rapport, le premier vertical, qui transcrit la relation entre l’homme et la divinité ; et le second horizontal qui met en exergue le lien qui structure la communauté des croyants ».

Pourtant on constate que sous les effets de la modernité, cette définition et cette compréhension de la religion s’est complètement atrophiée pour ne plus représenter que l’idée d’une foi sans dogme, sans œuvre, une spiritualité sans attache. Et parfois sans même que s’attache à elle cette idée de foi, dans le sens le plus vidé du terme religion…
Plus généralement, le terme religion n’est utilisé, presque exclusivement, que pour désigner les religions traditionnelles (Islam, Judaïsme, Christianisme) ou les spiritualités asiatiques (Hindouisme, Bouddhisme, Shintoïsme, etc…)
Or dans la communauté scientifique, de la sociologie des religions à l’anthropologie, un mouvement rénovateur cherche à retrouver une définition viable de la religion en adéquation avec son temps.
Ces travaux se sont accélérés depuis la seconde moitié du vingtième siècle, et aboutissent tous à une reformulation plus moderne, sans être radicalement innovatrice du terme religion.
Nous nous attacherons à comprendre le terme de « Religion » dans les définitions les plus abouties qui lui ont été données jusqu’à présent.
Si nous adoptons une méthodologie chronologique, nous citerons en tout premier lieu De Tocqueville, qui donne au terme religion un sens déjà particulier, lorsqu’il la définit : « …comme tout ce que l’homme admet sans le discuter » ( Agnès ANTOINE, L’impensé de la démocratie, Fayard, 2003, p.410).

Le philosophe français André Lalande analyse quant à lui l’aspect social de la religion en la définissant comme : « Une institution sociale caractérisée par l’existence d’une communauté d’individus unis par :
– L’accomplissement de certains rites réguliers et par l’adoption de certaines formules.
– La croyance en une valeur absolue, avec laquelle rien ne peut être mis en balance, croyance que cette communauté a pour objet de maintenir.
– La mise en rapport de l’individu avec une puissance spirituelle supérieure à l’homme, puissance conçue soit comme diffuse, soit comme multiple, soit comme unique, Dieu » ( Roger BENJAMIN, Nature et avenir de la religion, L’Harmattan, 2002, p.37).

Le déblaiement du vieux terme religion se poursuivant, c’est en anthropologie sociale qu’il va acquérir une profonde pertinence. Surtout depuis que l’américain Clifford Geertz a expliqué la religion avant tout comme un système symbolique culturel : « Une religion est un système de symboles qui agit afin d’établir des humeurs et motivations durables chez les hommes en formulant des conceptions d’un ordre d’existence général et en revêtant ces conceptions d’une telle aura de réalité que ces humeurs et motivations semblent tout à fait réalistes » ( Bruno ETIENNE, L’Islam en France, Edition du CNRS, 1990).

La dernière définition la plus pertinente à notre sujet et suivant notre chronologie est celle de Raymond Aron, lorsqu’il nous explique sa méthodologie pour définir certaines idéologies contemporaines : « Je propose d’appeler religion séculières les doctrines qui prennent dans les âmes de nos contemporains la place de la foi évanouie et situent ici bas, dans le lointain de l’avenir, sous la forme d’un ordre social à créer le salut de l’humanité ».
Et nous pouvons rappeler que ce sont bon nombre de ces doctrines et idéologies modernes que Friedrich Nietzsche appelait « religions de substitutions » et que bien après lui, le sociologue américain, Thomas Luckmann, dans un monde sécularisé voire laïcisé, a qualifié de « religions invisibles ». Ces religions sont justement imperceptibles par les consciences humaines affectées par la modernité et n’ayant gardé à l’esprit, qu’un sens institutionnel et historique du terme religion, sens totalement désuet, puisque incapable de rendre compte de la réalité des religions contemporaines.
Sans comprendre toutes ces définitions et leurs portées, il n’est pas étonnant de voir que l’extrême majorité de ceux, qui manient à tort et à travers les différents concepts philosophico-idéologiques cités précédemment (de la démocratie à l’humanisme), soit ignorent leurs fonds et leurs formes profondément religieuses, soit le contestent farouchement.
En revanche les auteurs les plus objectifs qui ont bien compris leurs fondements et leurs origines, leurs prétentions et leurs buts, et qui perçoivent la réalité du terme religion, attestent très clairement de cette acceptation religieuse, et même, de leurs caractères fondamentalement religieux. Ainsi, toutes ces idéologies contemporaines entrent, indubitablement dans le cadre de ces définitions.

Aissam Ait Yahya – De l’idéologie islamique française

Anâ-Muslim : Combattre et détruire l’état baassiste nossaïrite en Syrie : Avis aux complotistes musulmans s’affiliant à l’islam sunnite

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« Il est toujours étrange de constater que parfois les évidences les plus simples et les positions qui doivent en découler, soient rejetées avec vigueur par des individus qui prétendent à la réflexion et à l’analyse pure et objective.« 

بسم الله الرحمن الرحيم

Au nom d’Allah, Le Tout-Miséricordieux, Le Très-Miséricordieux

Il est toujours étrange de constater que parfois les évidences les plus simples et les positions qui doivent en découler, soient rejetées avec vigueur par des individus qui prétendent à la réflexion et à l’analyse pure et objective.
Pire quand ces individus qui se prétendent de l’islam et du sunnisme, prennent leurs réflexions directement de non-musulmans, ex-dandis de la mode convertis à la religion de la judéophobie antisioniste, blasés d’errer dans les cercles de la boboattitude parisienne, et se recyclant dans le patriotisme nationaliste pour se refaire une virginité, puisque eux-mêmes assurent avoir goutté à tout ce qu’il était possible, jusqu’à la lie….
Le profil de ces néo-muz adeptes des théories complotistes est très souvent le même, ré-islamisés sur le tas, avec une très faible maîtrise des sciences du dogme musulman, en quête de spiritualité mystique, perdus dans leur double identité dans une société qui exige tout d’eux, une chose et son contraire, des devoirs sans avoir les droits.
Pour beaucoup d’entre eux, la porte d’entrée dans l’Islam est d’ailleurs très souvent celle dont les sujets tournent autour de l’eschatologie musulmane et les signes de la fin des temps. Ils finissent alors toujours automatiquement par sombrer dans le messianisme apocalyptique qui de tout temps a été et est le territoire sacré, la chasse gardée des adeptes de l’innovation, des hérétiques en tout genre, des faux prophètes et des imams infaillibles. Et surtout le domaine de leurs maîtres à tous, incontestés et incontestables en la matière*: les chiites imamites duodécimains, puisque toute leur religion et leur dogme ont été bâtis sur des croyances complotistes et messianiques.

Et quand les esprits atteints de la pathologie complotiste s’emparent de la géopolitique, c’est comme l’astrologue qui se fait astronome voire astrophysicien… Quand l’un explique les phénomènes terrestres par les apparitions stellaires et leurs augures, l’autre calcule mathématiquement les orbites par l’observation de leurs cycles. Inutile donc de vouloir débattre puisque les termes du débat ne se font pas sur les mêmes bases : l’une métaphysique utilise tout ce qui lui passe par la tête pour se créer sa propre vérité, l’autre cherche par raisonnement logique à atteindre la position la plus proche de la juste vérité.

L’affaire syrienne est l’exemple le plus significatif :
De toute évidence, nous avons là-bas une très grosse part de musulmans sunnites qui combattent un état monopolisé par une minorité religieuse appelée alaouite-nossaïrite à sa tête Bachar al Assad, et faisant de l’idéologie baathiste les bases fondamentales de son fonctionnement politique et social.
Or si l’on sait ce que signifie l’Islam, ce que signifie «être musulman», ce que signifie la Foi-imane selon le consensus de l’orthodoxie sunnite, et que l’on connait en parallèle ce qu’est le Ba’ath et la secte nossaïrite, il est inimaginable de pouvoir soutenir, de près ou de loin, ces derniers si l’on se revendique de l’Islam. Bien entendu si l’on se trouve dans le cas contraire et que l’on s’affilie à une autre religion que celle des gens de la sunna, alors tout est possible et la question ne se pose même pas.
Pourtant c’est ce que fait une frange importante de Français d’origine maghrébine, et se revendiquant de l’Islam sunnite [orthodoxe].
Et ce n’est pas un problème d’ignorance pour la majorité d’entre eux, car lorsque l’on ne sait pas l’on s’instruit pour savoir, mais c’est bel et bien un problème d’honnêteté, d’hypocrisie, une volonté surtout de suivre un berger qui semble leur donner une once d’importance et de l’intérêt vicieux, à eux pauvres âmes perdues qu’ils sont, et dès lors, ils se sentent très bien dans ce nouveau troupeau de brebis égarées rassemblé par les prêcheurs de l’universalisme français…
Pourtant il est de notre devoir encore et toujours d’essayer de soustraire ceux qui véritablement ont été dupés et manipulés par le faux maître du  « Logos gréco-chrétien » et dont les logarithmes sont ceux de la IIIe république. Alors qu’ils devraient plutôt se pencher et méditer sur le kalam divin, s’ils sont musulmans comme ils le prétendent.

Les nossaïrites : le pire du pire…

Pour qui est sincère la moindre petite recherche et étude sur cette secte née au moyen-âge, serait en soi très suffisante pour se faire une idée de leurs croyances à l’extrême antipode de l’Islam sunnite. Et l’on se rendrait compte que cette croyance est déjà une hérésie issue de l’ismaélisme, lui-même hérésie issue du chiisme imamite, lui-même hérésie issue du parti (chi’at) qui prétendait suivre et soutenir amir al Moumine ‘Ali Ibn Abi Talib, et dont ‘Ali avait fait brûler vif la tête pensante Abdallah Ibn Sabah (ex-juif  «converti» à l’Islam).
Et il est d’ailleurs étonnant que ces adeptes amoureux des thèses du complot, qui n’ont pris l’habitude que de fouiller dans les archives marginales de l’Histoire, ne remontent pas à cette source historiquement vérifiable dans les chroniques authentifiées, eux qui font de l’antisionisme judéophobe une religion censée tout expliquer. Mais il est vrai que le complot est à géométrie variable chez eux, et nous nous en apercevrons à de nombreuses reprises ici.
De très nombreuses fatawa, de savants de toutes écoles confondues, sont très explicites et sans ambigüité pour qualifier de non-musulmans les nossaïrites. La plus célèbre -car issue d’un pilier du militantisme orthodoxe sunnite est celle de l’imam savantissime de Damas Taqqidine Ahmed al Harani Ibn Taïmiyya. Honni, il est vrai, par les chiites, certains soufis, et les laïques contemporains, ce qui est en soi un gage suffisant d’éloges à son égard.
Il écrit*dans son recueil de Fatawa : «Ces gens nommés « Al nousaïriyya » et autres groupes parmi les Qarmates et Batinites sont de plus grands mécréants que les Juifs et les Chrétiens. Non, ils sont des plus grands mécréant que la plupart des polythéistes et leur mal envers la Oumma de Mouhammad , est plus grand que le mal des mécréants qui sont en guerre avec les Musulmans, comme les Tatars, les mécréants d’Occident [croisés] et les autres.».
Rappelons sans ouvrir la porte de la polémique sur un sujet complexe, qu’il existe des divergences sur le fait de considérer musulmans, les simples gens du commun affiliés au chiisme imamite duodécimain alors qu’il y a un avis majoritaire (joumhour) pour considérer non-musulman leurs cheikhs et imams, cela même chez Ibn Taïmiyya.
Mais concernant la secte nossaïrite, ultime déviation d’hérétiques issus eux mêmes d’innovateurs de la pire espèce, les choses sont sans aucune ambigüité possible que cela concerne le simple affilié par  »naissance », le dévot ou l’insouciant parmi eux, le savant ou l’ignorant : «Ils se présentent devant des Musulmans ignorants comme les partisans et avocats de la famille du prophète, tandis qu’en réalité ils ne croient pas en Allah, au Messager, au Livre, aux prescriptions religieuses, aux interdits, à la récompense, au châtiment, au Paradis, au Feu, ou dans un des Messagers qui a précédé Mouhammad, ou dans une religion parmi les religions précédentes. Plutôt, ils prennent les paroles d’Allâh et de Son Messager, connu des savants Musulmans et ils les interprètent en se basant sur leur fabrication, prétendant que leurs interprétations sont « la connaissance cachée » […] Les savants musulmans ont écrit des livres, dévoilant leurs secrets, exposant leurs voiles, expliquant qu’ils sont branchés de l’incrédulité, l’infidélité et l’athéisme, par lesquels ils sont des plus grands mécréants que les Juifs, les Chrétiens et les Brahmanes indiens adorant les idoles.».
Finalement pouvoir les considérer comme musulmans, c’est donc pouvoir considérer musulmans les Ahmadis-qadianites croyant à un nouveau prophète, comme aux Bahaïs, et même pouvoir accorder la qualité de musulman à n’importe qui d’autre… D’ailleurs quitte en arriver là, autant considérer les juifs orthodoxes comme musulmans, puisqu’ils sont beaucoup plus proches de l’Islam que ne le sont les nossaïrites…
Le problème est que très souvent, le délire est tel chez les complotistes pro-Bachar, qu’ils seraient capables de faire passer, par ignorance et anachronisme, Ibn Taïmiyya pour un «salafo-wahhabite».
Malgré qu’ils soient férus d’histoire et de politique (mais en réalité que de la crypto-histoire) inutile de leur présenter quantité de textes issus des grandes chroniques historiques de nos savants et historiens (Bidaya wa nihaya d’ibn Kathir, Tarikh Dimachk d’Ibn Assaker, et Al kamil d’Ibn al Athir) qui montrent comment les Nossaïrites furent actifs dans le soutien aux forces croisées et plus tard mongoles, d’ailleurs comme leurs  « grand-pères » ismaéliens et aussi comme leurs très lointains  «arrière-cousins» chiites.
Ils furent collaborateurs, espions et informateurs pour les grands ennemis de l’islam et traîtres à la cause de l’Islam. Tous les grands noms du sunnisme, d’Imadouddine Zenki à Salah Dine Ayyoubi jusqu’à Baybar ont d’ailleurs compris que pour mettre fin aux invasions et restaurer l’ordre islamique, il fallait d’abord en finir avec eux…

Leur haine de l’Islam et de son orthodoxie est tellement de notoriété publique que les Nossaïrites ont toujours attiré l’attention des non-musulmans, des croisés du Moyen-âge jusqu’aux colonisateurs du 19e siècle. Notamment dans la communauté des orientalistes occidentaux dont les travaux avaient été d’une utilité capitale pour les impérialistes cherchant à contrôler l’Orient musulman.
Dès lors si les complotistes pro-Bachar ne croient pas dans les paroles d’Ibn Taïmiyya, peut-être croiront-ils les paroles de ces orientalistes, puisqu’ils ont l’habitude de prendre pour évangile la parole de non-musulmans et se méfier de celle issue de l’Islam authentique.
Ainsi pouvait-on lire en 1879 dans une célèbre revue orientaliste :
«les Nosaïris sont un des peuples qui ont eu le privilège d’exciter au plus haut point la curiosité scientifique de l’Europe» [Journal asiatique] [1].
Pourquoi cet intérêt ?
«L’aspect archaïque des doctrines ainsi que leur caractère syncrétique, alimentaient leurs questionnements sur les origines religieuses et ethniques des nossaïrs, chercher à quoi les rattacher. Un rattachement qui pourrait aussi bien servir les missionnaires chrétiens agents des empires coloniaux que directement les politiques coloniales elle-mêmes.»
Les européens du 19e siècle savaient, sentaient par intuition perverse toutes les potentialités qu’ils pouvaient tirer et espérer des Nossaïrites, qui leur semblaient plus proches de leurs religions, le christianisme surtout, mais aussi de toute la mystique gnostique et initiatique reprise par les courants modernistes franc-maçons (Vous avez dit complot ?). Mais ces orientalistes étaient aussi très souvent des érudits et eux, contrairement à nos amis, savaient très bien que les nossaïrites n’avait rien à avoir avec l’Islam. Déjà un voyageur français qui visita le pays des nossaïris dans les montagnes près de Lattaquié en Syrie en 1780 écrivait qu’ils se divisaient en trois sectes.
Il les classe donc : «les chamsié adorateurs du soleil ; les kelbié ou adorateurs du chien ; et les Qadmousié, qu’on assure rendre un culte particulier à l’organe qui dans les femmes correspond à priape [le phallus] »
Ce qui attirait les missionnaires, les évangélisateurs et les futurs agents du colonialisme, c’est bien entendu leur grande proximité avec le christianisme :
«Les croyances et les pratiques nossaïries avait en effet des points communs avec le christianisme. Ainsi ils vénéraient une trinité : l’essence (ma’na), le nom (ism) et la porte (bab) ; ils célébraient des fêtes chrétiennes et avaient adopté des rites chrétiens. […] Enfin, leurs croyances étaient parcourues d’idées gnostiques et certaines de leurs pratiques renvoyaient à l’ancien paganisme local.»
Le célèbre jésuite Belge Henri Lammens avait la ferme conviction que les Nossaïrites étaient des ex-chrétiens ayant survécu au milieu de la civilisation islamique et transformant leur dogme par de multiples et syncrétiques croyances :
« Nous croyons donc être dans le vrai en affirmant que la religion nossairie est une déformation non du dogme coranique mais de la vérité chrétienne. Les nossaïries ont certainement été chrétiens : ils ont dû le demeurer même après la conquête musulmane. Privé d’un sacerdoce constitué, ils auront peu à peu mêlé à leurs croyances primitives, pour les voiler peut-être d’éléments chiites».
Relisons comment un non-musulman témoigne avec intelligence de la manière dont les nossaïrites sont plus proches de la pseudo-vérité chrétienne que de celle professée par l’Islam ! Dès lors nous comprenons non seulement le pourquoi de l’intérêt occidental mais aussi de l’hostilité dont font preuve les nossaïrites à l’égard de l’Islam. En 1903, le même Lammens rendit visite à un chef religieux nossaïri. Espérant profiter de leur marginalité pour les convertir et motiver le droit d’intervention des puissances européennes pour la protection des minorités chrétiennes en terre d’Islam (Nous sommes en 2013 et vous aurez noté la réactualisation totale de cette politique coloniale). Le jésuite demanda alors au chef nossaïrite :
«Si vous devenez chrétiens ? Cette démarche conférerait aussitôt à la France le droit d’intervenir en votre faveur » devant les hésitations du cheikh, Lammens lui demanda s’il préférait se dissoudre dans la communauté musulmane, et ce dernier lui rétorqua alors : «Jamais ! Nous détestons les musulmans…» !!!!
Cette haine viscérale des nossaïrites à l’égard des musulmans était encore rapportée près de 10 plus tard en pleine Première Guerre Mondiale par le père Jausen qui notait que les nossaïris portaient de la haine «à tout ce qui est turc ou mahométan»… Comprenons bien que dans la littérature européenne du 18e et début du 19e le terme turc est très souvent synonyme de musulman et de sunnite puisque les ottomans avaient la charge du califat islamique. Tout ceci était parfaitement compris de ces orientalistes et des politiques pour lesquels ils travaillaient directement ou non :
«La politique française, quant à elle, s’attachait à défendre les particularismes locaux. La littérature orientaliste, comme les rapports produits par les consulats, avaient préparé le terrain en soulignant la haine que les nossaïris éprouvaient pour les Turcs. Déjà en 1824, Félix Dupont, le drogman du consulat de France à Lattaquié, avait adressé un mémoire à Sylvestre de Sacy où il notait que les nossaïris détestaient les Turcs dont ils étaient les ennemis jurés, mais qu’ils aimaient assez les chrétiens et accueillaient les étrangers avec hospitalité.».
Ce n’est qu’à la fin du 19e siècle et début 20e que les chefs nossaïrites décidèrent que leurs communautés devaient sortir de leur isolement et pouvoir profiter des politiques et de l’ingérence des puissances européennes ainsi que de la réforme de l’Empire ottoman (tanzimat). C’est ainsi qu’ils commencèrent à se rattacher à l’Islam par la voie chiite (en recevant parfois de très vives réserves voire de l’hostilité chez les Imams chiites) mais ils ne dupaient de toute façon presque personne. Même s’ils se déclaraient musulmans, un géographe français Vital Cuinet écrivait que pour lui, ils n’étaient que «des idolâtres des pires et ignobles catégories». Mais peut-être que Cuinet n’était-il, lui aussi, qu’un vulgaire wahhabo-salafiste…

L’état alaouite-nossaïrite : création coloniale française

L’intérêt occidental pour les nossaïris est en très grande majorité un intérêt strictement français. Rappelons qu’entre 1870 et 1918, la rivalité avec l’ennemi allemand se joue aussi dans les politiques impérialiste et coloniale : or l’Empire Ottoman qui gouverne la Syrie se tourne de plus en plus vers l’Allemagne jusqu’à devenir son allié.
Faire des Nossairites la cinquième colonne, une base d’appui pour la France est donc un objectif stratégique. Les Nossairites vont donc alors bénéficier d’un soin plus que particulier de la part des Français. Ces derniers vont donc tout entreprendre pour les soustraire à l’autorité ottomane, mais aussi protéger leurs particularités religieuses bien après la fin du Califat quand Français et Anglais se partagent comme un gâteau le Proche-Orient.
Aujourd’hui encore cela n’est un secret pour personne : «C’est la France, lors du Mandat, qui donne à cette communauté une nouvelle conscience d’elle-même».
Après avoir appris à les connaître, et surtout après la chute du califat ottoman, les Français vont s’attacher à en faire des alliés contre le bloc arabe-sunnite viscéralement hostile à la présence française en Syrie. La première étape sera de consolider la présence nossairite appelée désormais Alaouite pour les rattacher la dévotion qu’ont les chiites envers ‘Ali. «La création d’une entité alaouite est propre au mandat » écrivait l’intellectuel syrien Edmond Rabbath. Le démantèlement de l’Empire ottoman et le traçage des frontières par la France et l’Angleterre, en 1920, entraînèrent en effet la naissance de quatre « entités » dans la zone sous mandat français.».
Le but de cette division administrative était de construire et bâtir une identité nossairite non plus sur des bases uniquement religieuses mais surtout politiques contre les éternels ennemis sunnites : «Ainsi fut crée le Territoire des Alaouites qui fut ensuite érigé en Etat des Alaouites, avec Lattaquié pour capitale en 1922. Ces frontières avaient été créées en vue d’un but politique précis, celui de séparer les populations minoritaires alaouites des musulmans sunnites et de créer un territoire aussi homogène que possible où les premières deviendraient la majorité » Jacques Weulerss.
Pour cela, il a fallu les faire descendre de leurs montagnes, les former, les ouvrir à la Modernité et à ses dogmes*: les écoles et missions françaises s’en sont chargé avec plein de zèle.
Mais ce sont surtout les académies militaires qui ouvriront leurs portes aux jeunes nossaïrites. La France va former des générations d’officiers et de militaires d’obédience alaouite-nossaïrite, conscients que face à la force du nombre sunnite il fallait donner la force à cette minorité. Si bien que lorsque la Syrie devient indépendante, son armée compte déjà bizarrement une proportion d’officiers alaouite-nossaïrites supérieure à leur poids dans l’ensemble de la population du pays…
On peut lire sur le site officiel du Sénat français : «Les autorités françaises créent, en effet, un Etat alaouite autonome et ouvrent largement les portes de l’armée française du Levant à ses ressortissants, comme à ceux des autres minorités : Arméniens, Chrétiens arabes… Peu à peu, de jeunes officiers alaouites voient leur influence grandir au sein du Baas. Avec le coup d’état de 1963, le Comité militaire du Baas, majoritairement alaouite, met à l’écart de nombreux officiers sunnites. L’arrivée au pouvoir du général Jedid en 1966 et surtout du général al-Assad en 1970 est comme le point d’orgue de cette revanche d’une communauté longtemps exclue.»
Ce qui nous amène donc au parti Ba’ath.

Le ba’ath : athéisme, laïcité, socialisme et nationalisme ou l’universalisme français arabisé

Ce sujet mériterait un article à lui seul, mais il est quand même de plus en plus évident aux musulmans que l’idéologie du Ba’ath est de la mécréance pure et simple. Dans le sens que, s’affilier à cette idéologie est suffisant en soi pour être déchu de sa qualité de musulman.
Le ba’ath est directement lié au modernisme européen importé par la colonisation. Progressiste, laïque et nationaliste. Dire que cette idéologie est issue d’un arabe chrétien, Michel Aflaq, naturellement attiré par les idées européennes, est encore insuffisant pour pouvoir la discréditer. D’autant plus que la place et l’importance de l’islam chez Aflaq dans l’idéologie baathiste qu’il a créée, est beaucoup plus importante que ce qu’en feront plus tard les Alaouite-nossaïrites viscéralement opposés à l’Islam…
Les alaouite-nossaïyrites notamment les officiers et les militaires ont vu dans le ba’ath, la parfaite idéologie pouvant servir de masque à leur future mainmise sur la Syrie, via les slogans nationalistes et surtout l’arabisme : le pseudo-trait commun qui pouvait les lier avec les sunnites arabes.
Mais le ba’ath version nossaïrite sera donc très naturellement en guerre totale contre l’islam. Un article d’une revue militaire baathiste décrit d’ailleurs tout le programme et sa vision de la future société syrienne désislamisée :
«Le moyen de créer un homme arabe nouveau, un homme socialiste arabe nouveau devant rejeter toutes les valeurs qui ont prévalues dans les sociétés précédentes et ne sont plus que des momies embaumées.. ces valeurs avaient fait de l’homme arabe un être démissionnaire et désemparé un être agi par Dieu qui ne savait que répéter  «la hawla wala qouwatta ila billah»» [2]. On reconnaît là très bien, l’idéologie messianique de l’humanisme prométhéen issue des Lumières françaises… Suite à cette provocation, des manifestations à Damas furent organisés, les auteurs de l’article furent le disjoncteur et condamnés. Mais comme le note Bernard Botiveau : «c’était bien là le projet de Hafez al Assad» le père du Bachar. Rappelons qu’en 1963 à la prise de pouvoir définitive du Ba’ath, les alaouite-nossaïrites ont proclamé à la radio de Damas :

آمنت بالبعث رباً لا شريك له
وبالعروبة ديناً ماله ثانٍ

«Je crois dans le Ba’ath comme un Dieu sans aucun associé et en l’Arabisme comme religion sans aucune autre religion qu’elle» Voulant imiter en cela, la profession de foi attestée par tous les musulmans et confirmant l’apostasie claire, la mécréance absolue de tous les baathistes.
Il n’est pas nécessaire de retracer ici toute l’histoire tumultueuse de la résistance islamique en Syrie des années 70 et 80.
Quand en 1971, Hafez al Assad modifie la constitution en vigueur en la laïcisant et qu’il supprime les références à l’Islam, il alluma lui-même les feux de la lutte (jihad) contre l’Etat syrien. Et à cette époque, ce sont très souvent les activistes proches du militantisme des Frères musulmans qui portaient et défendaient le sunnisme.
Il faut dire que la Syrie n’était alors même pas comme les autres pays arabes, lesquels réservent très souvent dans leur constitution taghoutiya, un article aussi hypocrite que contradictoire :  «L’Islam est la religion de l’Etat». Encore plus évident et révélateur : la première grande et fondamentale constitution syrienne écrite par les baathistes alaouites, celle de 1973, ne mentionnait même pas l’obligation minime signifiant que le chef d’état devait être un  «musulman». Il semblerait que les baathistes alaouites connaissaient alors bien mieux la définition de la foi chez les sunnites que nos actuels amis complotistes. Ce n’est qu’avec les troubles, émeutes et insurrections des mouvements armés issus de  «l’islamisme radical» (tel celui du cheikh Marwan Al Hadid rahimaoullah) [3] qu’à chaque fois les baathistes furent contraints de modifier leur constitution.
Hier comme aujourd’hui rien n’a changé, la dernière grande modification, celle de 2012 sous l’actuel président Bachar ne fut réalisée qu’après le début de la révolte et de la guerre contre le baathisme.
Dans cette Constitution de 2012, il y a encore une incohérence évidente entre l’article 3 qui affirme : «La religion du président de la République est l’Islam» et l’article 84 qui ne cite pas l’islam parmi les 5 conditions obligatoires pour prétendre à la présidence. L’article 3 vise donc simplement à établir de fait la légitimité du président nossaïrite actuel et assoir sa prétention d’appartenir à l’Islam. C’est donc pourquoi la qualité effective et réelle d’être musulman est inutile et n’est toujours pas une condition requise par la Constitution pour occuper ce poste de Président comme la constitution de 1973 élaborée par son père Hafez.

Où étaient donc les complotistes lors du massacre de la ville de Hama en 1982 qui firent entre 50 et 80 000 morts ? Les insurgés étaient-ils financés par le Qatar ? Ah oui par les Saoudiens, pourront-ils rétorquer !!… [quid d’une princesse saoudiennee mariée à un neveu d’Al Assad alors que le «Wahhabite» Ibn Taïmyya interdisait toute relation matrimoniale avec les nossaïrites?]
Où étaient les complotistes lorsque Hafez al Assad lança ses troupes au Liban contre les Palestiniens? Qu’ils y soutinrent pendant 10 ans, les milices et partis chrétiens, les mouvements hérétiques dissidents du sunnisme tel celui des habaches [dont les moufti feront des fatwas sur commande pour faire considérer les nossaïrites-alaouites comme musulmans par les sunnites], puis favorisèrent l’émergence du Hezbollah, tous aussi différents soient-ils, fermement unis contre l’émergence d’une véritable force sunnite ?
Certes nos jeunes complotistes n’étaient pas nés, mais curieusement cette histoire là ne les intéresse pas…
Pourtant l’histoire et la théologie ne sont jamais bien loin, car quand actuellement les vidéos odieuses récurrentes montrent comment les chabiba du régime obligent les prisonniers sunnites à se prosterner devant l’effigie de Bachar avec des  «Bachar Akbar», le musulman instruit sait que pour les alaouite-nossaïrites qui ont divinisé ‘Ali, cette pratique païenne idolâtre est une norme. Il sait que leur propension à diviniser des humains qu’ils prennent pour idole est une constante chez eux jusque il y a moins d’un siècle encore avec le courant des mourchidites : «Le mouvement fut crée par un berger, Sulayman Murchid, nouveau prophète qui se déclara dieu, mais ne renonça pas pour autant à la vie matérielle, ni aux biens de ce monde, ni au pouvoir puisqu’il fut aussi député. Au vu de son succès auprès de ces coreligionnaires, les Français avaient rapidement choisi de s’en faire un allié»
Qui ose se prétendre musulman de la sunna et défendre l’indéfendable ? Non, celui qui polémique d’une seule lettre en leur faveur fait décidément bel et bien partie d’eux….

Défendre l’état baathiste nossaïrite face à Israël et à l’Occident ?

Le dernier bastion mental de nos amis est l’argument de l’antisionisme et de l’anti-impérialisme occidental. Puisqu’il est impossible de prétendre défendre les nossaïrites baathistes par des arguments musulmans, le seul recours est celui de la géopolitique complotiste.
Curieusement, eux qui sont devenus des spécialistes attentifs de toutes les informations qui viennent d’Israël, ils ferment les yeux sur les dizaines de déclarations très officielles venant des plus éminentes autorités juives énonçant que le régime de Bachar était un facteur de stabilité pour Israël…
Ces complotistes musulmans ferment les yeux sur les éloges du régime par les partisans de cette laïcité qui les opprime en France*: et le berger savoyard de ces moutons maghrébins ose même l’affront d’attaquer la laïcité maçonnique en France qui a détruit le catholicisme, mais de la louer pour le régime de Bachar, véritable insulte à la (petite) intelligence des complotistes musulmans. Ce qui est mauvais pour nous, patriotes français, est très bon pour vous arabo-musulmans…
Ces complotistes devenus des experts en crypto-analyse de données vidéos sur youtube (!!!) capables de forger des théories les plus farfelues pour donner à la réalité les traits qu’ils restent incapables de voir en direct comment les chiens du régime exécutent leurs anciens rabbins enturbannés, comme Al Bouti dès qu’il a semblé vouloir s’en défaire [4].

De plus qu’a fait l’état syrien contre Israël ? Pas une seule balle tirée pour récupérer le Golan en plus de trente ans…
La Guerre du Kippour ? Hafez al Assad a été quasi contraint par Anouar Sadate d’accepter cette idée de guerre purement égyptienne, et de se joindre à l’expédition de 1973. Il a envoyé ses divisions de l’armée populaire (sunnite) chair à canon prêtes à en découdre avec les Israéliens sur le Golan alors que les troupes d’elite nossaïrites se terraient à Damas et que l’Aviation totalement en leurs mains ne joua pratiquement aucun rôle, ni même pour appuyer l’offensive…
Son aide aux Palestiniens ? Après les avoir directement massacrés au Liban et les laisser se faire massacrer par les phalangistes chrétiens dans les années 80, ce n’est qu’après la première intifada que les baathistes ont utilisé dans leur intérêt le levier international que pouvait être la cause palestinienne..
Ces esprits complotistes ne se demandent pas pourquoi le Baathisme panarabiste a échoué dans ses prétentions d’unification du monde arabe ?
Pourquoi jamais la Syrie baathiste de Hafez al Assad et l’irak baathiste de Saddam Hussein n’ont réalisé cette union, ce serait-ce qu’économique et militaire ?
Non car Hafez al Assad est un alaouite-nossaïrite avant d’être baathiste et Saddam Husseïn [d’origine sunnite] a témoigné des multiples trahisons, des multiples bassesses et hypocrisies en face d’Israël et de l’Occident des alaouite-nossaïrites du Ba’ath syrien [5]. Et nous témoignons tous que Saddam [exécuté par des chiites] fut bien plus un fervent antisioniste et antiaméricain que la raclure nossaïrite des Al Assad… Même le champion de l’arabisme par excellence le taghout égyptien Gamal Abdel Nasser le bourreau de Sayyid Qotb a témoigné de la traitrise du Ba’ath alaouite-nossaïrite de Syrie et sa duplicité face à Israël. [6]
Ce qui nous rappelle à nous adeptes de l’orthodoxie sunnite, que lorsqu’on avait posé la question il y a près de 7 siècles à Ibn Taïmiyya sur l’opportunité de laisser les nossaïrites à la lisière des pays musulmans pour en garder les frontières face à l’ennemi non-musulman, celui-ci avait répondu* que c’était là une folie comparable à faire garder des moutons par des loups, car : «ces gens sont plus traîtres à l’égard des musulmans et de leurs chefs, les plus acharnés à la subversion de la religion et de l’état…»…

Finalement, le seul mot d’ordre risible chez les complotistes pro-bachar est de vouloir: «Préserver un état syrien fort face à Israël, car c’est le projet sioniste de détruire les nations arabes fortes.».
Et de les voir citer telle ou telle parole expliquant le projet de morcellement du monde arabo-musulman comme preuve de leurs délires.
Certes quand on fouille l’histoire, notamment celle du Moyen-Orient depuis le 19e siècle, il n’est pas rare de tomber sur ce genre de parole explicitant ces projets qui ne datent pas d’aujourd’hui : «La paix du monde serait en somme mieux assurée s’il y avait en Orient un certain nombre de petits Etats dont les relations seraient contrôlées ici par la France et là par l’Angleterre, qui s’administreraient avec le maximum d’autonomie intérieure, et qui n’auraient pas les tendances agressives des grands États nationaux unitaires» [lettre de Robert de Caix, Avril 1920, Diplomate français]
Dès lors pour les complotistes pro-Bachar nous nous devons de défendre ces grands états unitaires arabes car la division ne profite qu’à l’ennemi…
Oui mais le problème est que ces états arabes, leur très grande majorité, sont déjà nés du morcellement voulu et planifié par l’impérialisme occidental. Ce sont eux qui sont issus de cette politique déjà mise en place par le  «complot» : l’ETAT FORT ET UNITAIRE QUE JUIFS SIONISTES ET IMPÉRIALISTES OCCIDENTAUX CHERCHENT A FAIRE DISPARAÎTRE EST DÉJÀ DÉTRUIT : C’ÉTAIT LE CALIFAT !!!
Et on comprend mieux toutes ces manigances, de la déclaration Balfour aux accords Sykes-picot et toutes les paroles de diplomates allant dans ce sens, d’hier et d’aujourd’hui, si on les remet en perspective avec la fin du califat musulman et leur de volonté actuelle ne plus jamais le voir réapparaître*: nous les comprenons mieux.
La Syrie actuelle est déjà le fruit de ce partage, l’état  »fort et unitaire » n’est désormais que celui du baathisme nossaïrite à détruire !!! Car tous ces états arabes ne sont que les gardiens et les protecteurs des frontières créées par l’Occident. D’ailleurs quand on posa la question à l’intellectuel juif américain Noam Chomsky, s’il pensait que le Moyen-Orient passait actuellement par une phase de réécriture de l’accord Sykes-Picot, il répondit très justement que :  «l’accord Sykes- Picot est en train de s’effondrer, ce qui est un phénomène intéressant. Et il a un siècle. Mais, l’accord Sykes-Picot n’était qu’une imposition impériale qui n’a aucune légitimité, et il n’y a aucune raison pour une seule de ses frontières – sauf les intérêts des puissances impériales.»
Mais Bizarrement Chomsky n’est pas tenu en estime par les gourous français du complotisme qui défendent très justement les frontières mises en place par leurs ancêtres, les mêmes qui combattent encore et toujours le retour du califat islamique, en justifiant tout par la magie de leur logos qui ensorcelle les faibles d’esprits parmi ceux qui osent s’affilier à l’Islam, comme les magiciens de Pharaon devant son peuple…

Il faut dire que l’analyse historique n’est pas vraiment pas leur fort car au lieu d’analyser et de contextualiser ce genre de paroles de la crypto-histoire qu’ils aiment dévoilant projet et plan judéo-maçonnique pour le monde musulman, ils devraient chercher à analyser l’histoire et ses lois immuables. Car très souvent la résistance face à l’ennemi s’est justement réalisée par de petites entités de petits groupes extrêmement déterminés et unis, comme on peut en voir un peu partout dans les zones chaudes du monde musulman.
Tel ce qu’en disait l’un des maitres de l’analyse islamique contemporaine, notre cheikh Mahmoud Abou Omar : «La plupart de ceux qui se sont penchés sur cette période [les croisades] ne l’ont fait qu’en s’attachant à un petit nombre de personnes qui les avaient précédés. Ainsi y a-t-il une étude qui traite du sujet en mettant en éclairage sur le Leader Nur al Din Zanki ou le leader Salah al Din al Ayyoubi. A la lecture de tels textes ; les lecteurs ignorants pensent que cette partie de l’histoire islamique concernant les croisades fut le fait d’un Etat uni pour commander les musulmans. C’est une erreur évidente. Les lecteurs avertis savent que les musulmans qui s’empoignèrent avec les croisés le firent par petits groupes divisés et disparates. Il y avait, par exemple, une forteresse contrôlée par une famille et sous l’autorité de laquelle les gens se rassemblaient. Ou un village qui reconnaissait le leadership d’un chef éclairé, ou un érudit que ses élèves acceptaient et ralliaient, etc. Peut-être que la meilleure façon d’expliquer les réalités de cet état de fait est contenue dans l’ouvrage al I’tibar de l’émir Oussama Ibn Munqidh. Cet Oussama était de la citadelle de Sayzar et sa famille les Al Munqidh étaient les seigneurs de cette citadelle. Ils jouèrent un rôle important contre les croisés et Oussama fut un témoin de la guerre des musulmans contre les Croisés. Avant d’aller plus loin, il est important de noter que le rôle des Leaders majeurs comme la famille des Zanki et les Ayyoubides, fut d’unir les factions et les organisations en une seule et même force de combat. Il n’empêche que le plus grand rôle fut joué par ces petits factions qui, en vérité, eurent à faire face aux croisés»
Dès lors, oui, sans aucun doute nous préférons voir l’état lybien de Kadhafi détruit qui en 60 ans de règne n’a absolument compté aucune réalisation islamique à son actif, nous préférons voir détruit l’état alaouite-nossaïrite baathiste des Al Assad en Syrie et les voir tous remplacés par des autres structures, plus islamiques, qui elles seront plus à même d’être des moteurs purifiés et purificateurs en marche vers la réalisation d’un nouvel ordre islamique en Terre d’Islam.
Car telle est l’histoire de l’islam et les règles de réalisation et de création des Califats et des empires islamiques quand nous étudions l’histoire.
Comme il est étrange de voir ces cerveaux complotistes se gaver de textes et de hadiths liés à l’eschatologie mais n’utilisant pas leur raison pour les indexer aux lois historiques passées et en cours ? Tel que l’annonçait le Prophète lui-même : «L’affaire en viendra à ce que vous serez plusieurs groupes constitués : un groupe à ash-Shâm, un groupe au Yémen et un groupe en Irak. – Choisis pour moi, ô Messager de Dieu, si je parviens à cette (situation). – Choisis ash-Shâm, car elle est ce que Dieu a choisi de Sa terre, Il y attirera ceux qu’Il a choisis parmi Ses serviteurs. Si vous refusez, alors choisissez le Yémen. Et donnez à boire de vos bassins. Dieu a pris la garantie pour moi de ash-Shâm et de ses habitants» [7] 
Ces groupes ou leurs prédécesseurs, nous les voyons tous actuellement à l’œuvre et nous connaissons la couleur de leurs bannières… Et à chaque fois que ces groupes rétablissent l’ordre dans une région qu’ils contrôlent, les drones, les Rafales et les F-17 s’empressent de les bombarder, de Mogadiscio à Kidal en passant par Abyan, ayant peur non pas de leurs échecs (il les laisseraient prendre le pouvoir…) mais au contraire de leurs réussites : ce que Chomsky appelait encore la  «menace d’un bon exemple» version islamo-wahhabo-salafiste [8].

D’ailleurs, il est intéressant de noter que le virus du complotisme a parfois atteint une petite minorité de ceux qui se réclament très très officiellement du salafisme «wahhabite», comprenez ici : made in saoud et pro-saoud…
Leur argumentaire est quasi identique à celui des complotistes que l’on vise ici, mais la réflexion en moins et des prétentions en plus : ce qui est encore pire vous en conviendrez…
Les fatawa du clergé d’État saoudien sont une mine d’or de contradictions, les obligeant à faire des contorsions idéologiques et dogmatiques quasi-intenables. Certaines de leurs fatawa sont des plus étonnantes et même risibles : il faut dénoncer à la police ceux qui s’engagent militairement en faveur de leurs frères syriens [9], pour d’autres, les Syriens n’ont besoin que d’invocations [10]….
Alors que le cheikh Ibn Baz, lors de la révolte de la ville de Hama en 1982 était pourtant clair quand on lui posa la question de ce qu’il convenait alors de faire pour les soutenir : «Ce que nous savons au sujet de leur situation, c’est qu’ils sont opprimés, et ils méritent aide et assistance, car cet État les tue cruellement, et ils (les rebelles) ne demandent que l’application de l’Islam et rien d’autre en dehors de cela. Et cet État est un Etat mécréant Nussayrite Alaouite Rafidite Baathiste. Ils doivent donc être aidés et assistés jusqu’à ce qu’ils sauvent leur pays des mains de ces ennemis athées et mécréants qui n’ont épargnés ni mal ni tourments aux musulmans…»
La solution  «jihadiste» était alors très claire chez lui :  «Oui il [le jihad] devient fard ayn [obligation individuelle] selon la capacité de chacun. Chaque personne fait le jihad selon sa capacité. Il lutte de lui-même par son corps ou ses biens dans le Sentier d’Allah – ou les deux – et ceci qu’il soit seul ou avec ses frères toujours selon sa capacité. […] Cela est Fard ayn selon la capacité de chacun car ils sont combattus et n’ont aucun soutien. Ils ont donc besoin d’aide de la part de leurs frères musulmans par le biais de leurs biens, leurs personnes ainsi que leur da’wa et leurs bons conseils» [11].
Oui mais voilà, c’était une autre époque, celle des années 80 quand les cheikh du  «wahhabisme» n’avaient de compte à rendre à personne (ou presque) rien à voir donc avec les fonctionnaires d’aujourd’hui qui suivent le madhab et le fiqh de la Maison Blanche : les moujahidines étaient des freedom fighters quand on avait besoin d’eux et quand ils étaient plus ou moins contrôlables, aujourd’hui ce sont des  «irhabi» car ils suivent leurs propres plans et projets, pour leurs seuls intérêts et causes.
Et heureusement que la véritable science islamique légiférée n’est pas tributaire de ces savants de cour car à force de suivre aveuglément ces rabbins cela fait longtemps que certains seraient devenus juifs…
La version complotiste d’une partie du salafisme pro-saoud est donc une espèce d’hybridation schizophrénique très rare mais particulièrement virulente à la fois anti nossayrite alaouite baathiste dans le fond mais allié objectif dans la forme. Elle reprend les contradictions du régime saoudien qui veut la chute de la Syrie et faire barrage à l’Iran mais sans autoriser l’envoi de moujahidines : c’est d’ailleurs pourquoi l’État saoudien pleurniche actuellement [refus de siéger au conseil de sécurité de l’ONU] car leurs grand frères américains qui ont toujours si bien réglé tous les problèmes refusent de s’engager…

Conclusion :

Qu’un complotiste français non musulman, nationaliste, fervent défenseur de l’œuvre française, adepte de son pseudo-universalisme défende l’état alaouite-nossaïrite baathiste est extrêmement cohérent, voir complètement logique, puisque :

– Les alaouites-nossaïrites ont été formés et aidés par la France, des alliés historiques. 

– La Syrie actuelle est issue du mandat français dont les frontières ont été voulues par la France.

– Le parti ba’ath recycle des idéologies séculières issues des Lumières françaises.

Mais que dire de ces maghrébins  «musulmans» éternels manipulés qui suivent les gourous de la pseudo-subversion qui masque très mal la réalité de leurs logiciels mentaux ?

Nous ne parlons pas ici des harkis du patriotisme, des innovateurs coranistes pro-chiites, des adeptes du soufisme et des marabouts, des bico-bobos, des collabeurs schizo, non.
Mais avant tout de ceux qui se réclament de l’islam sunnite, qui ont compris certains mécanismes que nous avons décrits, mais qui ont juste peur de poursuivre jusqu’au bout leur réflexion, de peur [comme certains qui ont vu juste] de voir pleuvoir sur eux des accusations ad-jihadisteram…
Quel ersazt de musulman sunnite serait capable de relever ici le défi de défendre ce régime à détruire par des preuves historiques, logiques et islamiques ?
Détruire cet état c’est détruire un reliquat de l’impérialisme occidental et l’œuvre française
Détruire cet état c’est réparer l’humiliation de la destruction du Califat par les laïques judéo-maçons
Détruire cet état c’est en finir avec le passé et ouvrir la possibilité d’un nouvel horizon
Détruire cet état c’est réécrire notre propre histoire avec l’encre des nôtres qui se sont sacrifiés, qui se sacrifient et qui se sacrifieront.

Puisse Allah précipiter sa chute et faire de nous des causes dans celle-ci et dans le renouveau de l’Islam !

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Notes :

[1] la plupart des citations reprises dans cet article sont tirées du livre Le choc colonial et l’islam : Les politiques religieuses des puissances coloniales en terres d’islam, de Pierre-Jean Luizard, dans le chapitre intitulé : L’entité alaouite une création française.

[2] Loi Islamique et droit dans les société arabes, de Bernard Botiveau.

[3] http://www.youtube.com/watch?v=LFV1GhH3FNI

[4] http://www.youtube.com/watch?v=ZeyWBkB3jZo

[5] http://www.youtube.com/watch?v=6Pfxt5YBS2M

[6] http://www.youtube.com/watch?v=sf1UTqV9xqE

[7] Rapporté par Abou Daoud N°2473.

[8] http://www.dailymotion.com/video/xcd…?search_algo=2

[9] http://www.youtube.com/watch?v=zPGh3YUPGXI

[10] http://www.youtube.com/watch?v=0VDX4dtCLyc

[11] http://www.youtube.com/watch?v=4fhDuZ6dROk

Source : Anâ-Muslim

Anâ-Muslim : Genèse religieuse et philosophique de l’Occident !

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geneseoccident1

Source : http://www.ana-muslim.org/genese-religieuse-philosophique-de-loccident-2/

Franc-Maçonnerie partie 36 : Dogmatisme et Traditionalisme Maçonnique

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???????????????????????????????Le dogmatisme signifie appuyer, aveuglément et avec insistance, un point de vue dont la validité ne peut pas être prouvée, à cause d’une certaine prédisposition psychologique. Une personne dogmatique n’étudie pas ou ne reconsidère pas quelque chose en laquelle elle croit, qu’il y ait une preuve ou non. Il l’accepte totalement et s’y attache fermement. Les maçons et autres groupes antireligieux utilisent régulièrement le terme « dogmatique » en référence à ceux qui croient en Allah. Aujourd’hui, nous retrouvons souvent cette accusation. Par exemple, lors d’un débat portant sur la théorie de l’évolution, les évolutionnistes accuseront ceux qui ne considèrent pas leur théorie d’être des dogmatiques et s’auto déclareront des scientifiques en affirmant que la science n’a aucun intérêt pour les « dogmes ». Néanmoins, cette accusation est fausse. La croyance en l’existence d’Allah et du fait qu’Il a créé tous les êtres est une croyance soutenue par des preuves rationnelles et scientifiques. Il y a équilibre, ordre et organisation dans la nature ; et il est clair que cela fut établi de façon intelligente et délibérée. C’est pour cela que le Coran appelle les êtres humains à découvrir les signes d’Allah et les invite à considérer cet équilibre, ordre et organisation, et recommande dans plusieurs versets, une réflexion sur les preuves de l’existence d’Allah au paradis comme sur la terre. Ces preuves indiquées dans le Coran sont prodigieuses, non seulement à propos de l’équilibre et de l’ordre dans l’univers, mais aussi l’adéquation du monde avec la vie humaine ; la structure des plantes, des animaux, du corps humain, des qualités spirituelles de l’être humain, en somme tout ce qui a été corroboré par la science moderne. Le dogmatisme est plutôt une qualité de ceux qui refusent de considérer tout cela et rejettent Allah tout en continuant de défendre l’idée que l’univers existe par sa propre volonté et que les organismes vivants sont apparus par hasard. Les maçons sont un véritable exemple de ce point de vue. Malgré les preuves évidentes de l’existence d’Allah, ils préfèrent les ignorer, les rejeter, en faveur d’une philosophie humaniste et matérialiste. Dans les Coran, Allah parle ainsi de ceux qui ont une telle mentalité :

« Ne voyez-vous pas qu’Allah vous a assujetti ce qui est dans les cieux et sur la terre ? Et Il vous a comblés de Ses bienfaits apparents et cachés. Et parmi les gens, il y en a qui disputent à propos d’Allah, sans science, ni guidée, ni livre éclairant. Et quand on leur dit : « Suivez ce qu’Allah a fait descendre », ils disent: « Nous suivons plutôt ce sur quoi nous avons trouvé nos ancêtres. » Est-ce donc même si le diable les appelait au châtiment de la fournaise !« 

[Coran, Sourate 31, versets 20 et 21]

Ces versets décrivent comment les impies, malgré le fait qu’ils voient les preuves de l’existence d’Allah, « argumentent au sujet d’Allah » et s’engagent dans une guerre contre Sa religion. C’est parce que ces athées suivent les pas de leurs pères, c’est-à-dire qu’ils s’empêtrent dans un traditionalisme aveugle. Evidemment, comme nous l’avons observé depuis le début de ce livre, le traditionalisme définit très bien l’histoire et la philosophie de la maçonnerie. En effet, le traditionalisme est un terme qui décrit tout à fait bien la maçonnerie, car elle n’est rien d’autre qu’une « organisation de traditions », dont les origines remontent à des milliers d’années à l’époque des premières communautés païennes. Elle suit aveuglément les traditions de l’Egypte ancienne des pharaons et leurs magiciens, des philosophes matérialistes de la Grèce antique, des hermétistes, des kabbalistes, des templiers et rosicruciens et des maçons qui les ont précédés. Il est important de reconnaître ce traditionalisme. Au sein des loges maçonniques modernes, on utilise toujours des symboles et des termes vieux de milliers d’années. Bien que presque tous les maçons aient un niveau d’éducation élevé et occupent des postes à haut niveau dans la société, ils portent des épées d’or et tiennent dans leurs mains des crânes, murmurent un langage dans un vieil égyptien, debout devant des colonnes identiques aux temples de l’Egypte ancienne, vêtus de tabliers argentés, de gants blancs et de bien d’autres costumes étranges et prononcent de grands serments. Si une personne, ignorant tout de la maçonnerie, est amenée dans l’une de ses loges, elle pensera sûrement qu’elle est en train de visiter un plateau de tournage d’une comédie et aura peut-être du mal à contenir son rire quand elle verra les maçons, au cours de la cérémonie d’initiation, un bandeau sur les yeux, marcher en rond, pieds nus. Mais les maçons qui vivent dans leur monde secret, considèrent normales ces étranges cérémonies et trouvent une satisfaction psychologique dans l’atmosphère mystique de leur loges. Une fois ces cérémonies achevées, ils s’assoient et discutent les uns avec les autres au sujet de leurs croyances comme « les atomes ont un esprit et se regroupent pour donner forme aux organismes vivants« , ou bien « le monde a atteint son équilibre grâce à l’intelligence cachée dans le magma » ou encore « la mère nature nous a parfaitement créés« , et d’autres mythes encore. Toute cette mascarade mise en scène dans le but de préserver la tradition est tout à fait irraisonnée. L’incroyable, c’est qu’un tel système d’idées puisse encore survivre et être soutenu.

La maçonnerie est la continuation du traditionalisme borné. La maçonnerie moderne conserve les mêmes croyances superstitieuses que ses "soeurs" ont défendues de façon aveugle pendant des siècles.
La maçonnerie est la continuation du traditionalisme borné. La maçonnerie moderne conserve les mêmes croyances superstitieuses que ses « soeurs » ont défendues de façon aveugle pendant des siècles.

L’attachement aveugle des maçons pour leurs traditions montre clairement l’importance considérable qu’ils apportent à l’idée des « repères ». Un repère est un lieu ou objet qui symbolise quelque chose ayant une importance ou signification historique. Dans le langage maçonnique, les repères sont des règles inchangées qui ont été transmises depuis la fondation de l’organisation. Pourquoi n’ont-elles pas changé ? Les maçons apportent une réponse intéressante à cette question. En 1992, un article publié dans Mimar Sinan déclare :

« Les repères de la maçonnerie sont de très vieilles lois, transmises au fil du temps de génération en génération. Personne ne sait quand elles firent leur apparition et personne n’a le droit de les modifier ou de les annuler. Il existe les lois écrites et orales de la société. Les lois orales s’apprennent uniquement des rituels et des rites des loges. Il existe six lois écrites, d’abord publiées en 1723 dans la Constitution anglaise et parues sous le titre « Les obligations des francs-maçons. » [117]

Une expression du traditionalisme maçonnique: des symboles qui n’ont pas changé depuis des siècles.
Une expression du traditionalisme maçonnique : des symboles qui n’ont pas changé depuis des siècles.

Observons ces mots de plus près. Il existe une organisation appelée maçonnerie. Des siècles durant, les membres de cette organisation ont suivi un nombre de lois dont nous ignorons les origines. En outre, ils sont tout à fait déterminés à ce que personne ne change ces lois. Aucun d’entre eux, ne vient demander pourquoi ils les appliquent toujours !… Et dans l’intérêt de conserver ces lois, ils ignorent volontiers les découvertes scientifiques et leurs conclusions logiques. Est-il possible qu’une telle société suive la voie de la « raison » et de la « science » ?

Les règles qui ont été acceptées comme la constitution maçonnique ont été conservées sans changement pendant des siècles.
Les règles qui ont été acceptées comme la constitution maçonnique ont été conservées sans changement pendant des siècles.

Un autre passage de l’article cité ci-dessus, déclare littéralement qu’un maçon doit obéir aux lois sans poser de question.

« A mon avis, un repère fait partie de la maçonnerie depuis tellement longtemps, que je n’ai jamais été curieux quant à ses origines dans la loge ou dans le cadre de mes activités de franc-maçon. Je ne parviens pas à analyser pourquoi je devrais en ressentir le besoin, parce que je pense que si l’on ne touche pas la structure de la franc-maçonnerie, alors celle-ci durera… Ça ne me demande pas trop d’effort. » [118]

Comment une organisation composée de partisans qui croient et se conforment à ces lois, dont les origines n’éveillent même pas leur curiosité, peut elle être considérée comme raisonnable ?… Bien sûr, la revendication maçonnique prétendant être basée sur la raison et la science est complètement trompeuse. Malgré l’usage continuel d’expressions sur la raison et la science, eux aussi comme bien d’autres matérialistes, défendent avec insistance, une philosophie dépourvue de logique et de preuve scientifique et se détournent des réalités que la science a découvertes. Pour l’essentiel, c’est cet attachement aveugle pour leurs traditions qui a mené les maçons à une telle erreur, voire à un réel envoûtement. Ceci montre que l’enseignement de la maçonnerie est trompeur. Les gens s’éloignèrent de leur croyance en Allah, tombant dans la superstition à force de poursuivre des lois non fondées, des mythes et des légendes. Ce que le Coran nous dit à propos des païens de Saba, qui abandonnèrent Allah pour se prosterner devant le soleil, est également valable pour la maçonnerie :

« Je l’ai trouvée, elle et son peuple, se prosternant devant le soleil au lieu d’Allah. Le diable leur a embelli leurs actions, et les a détournés du droit chemin, et ils ne sont pas bien guidés.« 

[Coran, Sourate 27, verset 24]

Les maçons rejettent la religion d’Allah au profit d’une doctrine dépassée qu’ils élaborent avec des symboles dorés et des éléments mystiques. En outre, non contents de rejeter Allah, ils combattent Sa religion, un combat dans lequel ils se sont engagés depuis très longtemps.

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Notes :

[117] Tanju Koray, Mimar Sinan, 1992, no : 85, p. 46 [118] Tanju Koray, Mimar Sinan, 1992, no : 85, p. 49

Franc-Maçonnerie partie 35 : La Théorie Maçonnique des Origines de la Vie

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Comme nous l’évoquions au début, la théorie de l’évolution maintient que les organismes vivants ne furent pas créés, mais sont apparues et se sont développées grâce aux lois de la nature. Afin de tester cette théorie de façon scientifique, il est nécessaire d’observer toutes les étapes de ce supposé processus, et d’examiner s’il s’est déjà produit par le passé et s’il a pu être possible.

La première étape dans ce processus est un état hypothétique dans lequel, de la matière inanimée pourrait engendrer un organisme vivant.

Avant de prendre en considération ce fait, nous devons rappeler une loi de biologie reconnue à l’époque de Pasteur : « La vie provient de la vie. » Cela veut dire qu’un organisme vivant ne peut être généré qu’à partir d’un autre organisme vivant. Par exemple, les mammifères naissent du ventre de leurs mères. Pour d’autres espèces, les petits proviennent des œufs pondus par leurs mères. Les plantes poussent à partir de graines. Les organismes monocellulaires comme les bactéries se divisent et se multiplient.

A cause de la compréhension scientifique rudimentaire de son temps, Aristote a proposé certaines explications mythiques encore acceptées aujourd’hui dans la littérature maçonnique.
A cause de la compréhension scientifique rudimentaire de son temps, Aristote a proposé certaines explications mythiques encore acceptées aujourd’hui dans la littérature maçonnique.

Le contraire n’a jamais été observé. A travers l’histoire du monde, personne n’a jamais témoigné d’avoir observé la matière inanimée donner vie à un être vivant. Bien sûr, il y eut dans l’Egypte et la Grèce antiques, ainsi qu’au Moyen âge, ceux qui pensaient avoir vu un tel phénomène se produire ; les égyptiens croyaient que les grenouilles bondissaient de la vase du Nil, une croyance également soutenue par les philosophes de la Grèce antique, tel Aristote. Au Moyen Age, on croyait que les souris prenaient vie dans le blé des greniers. Cependant, toutes ces croyances n’étaient pas ignorées et finalement, c’est en 1860 lors de ses fameuses expériences, que Pasteur prouva, que même une bactérie, la forme de vie la plus élémentaire qui soit, ne pouvait exister sans géniteur, c’est-à-dire qu’il est impossible à la matière inerte de donner de la vie.

Mais la théorie de l’évolution dépend de cette impossibilité, car elle prétend que les organismes vivants sont nés et se sont développés sans l’implication d’un géniteur, signifiant qu’au tout début de ce supposé scénario, les organismes vivants aient été générés par hasard.

Darwin tenta de décrire les origines de la vie, ce qu’il connaissait un peu, en une courte phrase dans laquelle il déclara que la vie avait dû faire son apparition dans « un petit étang chaud », [111] Mais les évolutionnistes qui le suivaient, se préoccupèrent de travailler sur le sujet. Cependant, tout au long du 20ème siècle, les efforts fournis afin de donner une explication évolutionniste sur les origines de la vie, restèrent dans une impasse ; une impasse, dans laquelle les évolutionnistes eux-mêmes s’étaient retrouvés. A part le fait qu’ils n’avaient pu fournir la moindre preuve scientifique, que la vie peut être générée à partir de matière inanimée, ils n’avaient pas non plus été capables de fournir une explication théorique. C’est parce qu’en fait, la structure d’un organisme vivant à cellule simple des plus élémentaires qui soient, est extrêmement complexe. Il est mathématiquement impossible que même les composants de base d’une cellule, comme les protéines, DNA ou RNA, aient pu être produits par hasard, et encore moins probable en ce qui concerne la cellule elle-même.

L’éventualité d’une vie générant par coïncidence étant impossible, cela prouve la réalité de la création. Sur ce sujet, le célèbre astronome et mathématicien anglais, Fred Hoyle, commente :

« En effet, une telle théorie (que la vie a été créée par une intelligence) est tellement évidente que l’on se demande pourquoi elle n’est pas communément acceptée. Les raisons sont plutôt psychologiques que scientifiques. » [112]

La « raison psychologique » dont parle Hoyle est la façon dont les évolutionnistes persistent à rejeter d’avance tout résultat qui pourrait les mener à accepter l’existence d’Allah et leur conditionnement à ce sujet.

Dans d’autres de nos travaux sur l’invalidité de la théorie de l’évolution, nous avons cité plusieurs fois que les évolutionnistes reconnaissaient ce fait ; et nous avons observé les hypothèses irrationnelles que les évolutionnistes ont proposées aveuglément de façon à ne pas accepter l’existence d’Allah. Pour l’instant cependant, notre attention se portera sur les loges maçonniques et sur leur vision du sujet. Alors qu’il est si évident que la « vie a été créée par une Créateur intelligent », qu’en pensent alors les maçons ?

Dans son livre adressé à la communauté maçonnique et intitulé Evrim Yolu, (Le chemin de l’évolution), le maître maçon, Selami Isindag s’explique de cette façon sur le sujet :

« La caractéristique principale de notre école de moralité est que nous ne partons pas des principes de logique et nous n’entrons pas dans les inconnues du théisme, des signes secrets ou encore des dogmes. A partir de ceci, nous affirmons que la première forme de vie est apparut sous forme de cristaux, dans des conditions que nous ne pouvons connaître ou découvrir aujourd’hui. Selon la loi de l’évolution, les organismes vivants vinrent au monde et se répandirent sur la terre entière. Comme résultat de l’évolution, les êtres humains d’aujourd’hui sont apparus et ont évolué, à la fois en toute conscience et intelligence, au-delà des autres espèces animales. » [113]

Il est important de noter la relation de cause à effet évoquée dans la citation ci-dessus : Isındag souligne que la caractéristique principale de la maçonnerie est le rejet du théisme, c’est à dire, de la croyance en Allah. Et tout de suite après, il déclare « sur cette base » que la vie a surgi spontanément de la matière inanimée, qu’elle a subi l’évolution jusqu’à atteindre l’apparence des êtres humains.

Il est à noter qu’Isındag n’apporte aucune évidence scientifique pour appuyer la théorie de l’évolution. (Le fait qu’il n’y a pas d’évidence scientifique est suggéré par les mots sous-entendus « que nous ne pouvons connaître ou découvrir aujourd’hui »). La seule preuve que fournit Isındag sur la théorie de l’évolution est que la maçonnerie n’accepte pas le théisme.

En d’autres termes, les maçons sont des évolutionnistes, car ils n’acceptent pas l’existence d’Allah. C’est l’unique raison pour laquelle ils sont évolutionnistes.

Dans la constitution du « Grand Conseil de Turquie » organisée par les maçons turcs du 33eme degré, le scénario de l’évolution fut à nouveau mentionné et le refus par les maçons d’une explication créationniste fut exprimé en ces termes :

« Au début des temps et d’après un processus inorganique, la vie organique est apparue. Afin de produire des organismes cellulaires, les cellules sont apparues groupées entre elles. Plus tard, l’intelligence se propagea considérablement, les êtres humains étaient nés. Mais d’où venaient-ils ? Nous nous interrogeons toujours. Fût-ce du soufflé d’Allah au dessus de la glaise ? Nous rejetons l’explication d’une forme de création anormale ; une forme de création qui exclut l’homme. Depuis que la vie et sa généalogie existent, nous devons suivre la ligne phylogénétique et nous devons ressentir, comprendre et reconnaître qu’une roue tourne et explique l’existence de ce grand acte appelé « le saut ». Nous devons croire qu’il y a eu une phase de développement de grande activité, qui, à un moment donné, fit que la vie passa de cette phase à une autre. » [114]

Le Faux Soutien Des Maçons À Haeckel

Lorsque l’on considère la littérature maçonnique, mis à part son attachement aveugle à la théorie de l’évolution, on est frappé par sa profonde ignorance. Par exemple, lorsque l’on examine les sources turques, on voit que les revendications évolutionnistes qui s’avérèrent fausses dans le premier quart du 20ème siècle sont encore défendues avec passion. L’une d’entre elles est l’histoire de Haeckel et sa théorie sur les embryons mentionnée dans presque toutes les publications maçonniques.

L’histoire concerne un biologiste allemand du nom d’Ernst Haeckel, qui était un ami proche et défenseur de Charles Darwin, l’un des plus célèbres supporteurs de la théorie de Darwin après la mort de ce dernier. De façon à établir la validité de la théorie, Haeckel a examiné les embryons de diverses créatures vivantes, et a proposé qu’ils se ressemblaient tous et que chacun passait par un mini processus d’évolution avant de naître. Pour soutenir cette affirmation, il a fait un certain nombre de comparaisons entre différents embryons et, dans la première moitié du 20ème siècle, il a ainsi persuadé de nombreuses personnes de la validité de la théorie de l’évolution.

Comme nous l’avons mentionné, les sources maçonniques donnent une grande importance à cette thèse de l’embryologie, qui est appelée « l’ontogenèse récapitule la phylogenèse ». Maître Naki Cevad Akkerman, dans un article intitulé « Le Concept de la vérité et les principes de la maçonnerie » dans Mimar Sinan, appelle cette thèse une « loi », c’est-à-dire qu’il l’élève au rang de fait scientifique indiscutable. Il écrit :

« …Nous considérons comme une loi naturelle très importante. C’est la formule proposée par Haeckel, « l’ontogenèse récapitule la phylogenèse ». Si nous prenons un être humain en exemple, la signification de la loi est la suivante : les changements morphologiques et dans l’ordre et la fonction des organes que subit un être humain, de la première formation cellulaire dans le sein de sa mère jusqu’au moment de sa naissance et au cours de sa vie jusqu’à sa mort, ne sont rien d’autre qu’une récapitulation des changements qu’il a subi depuis le début de sa formation cellulaire initiale dans l’eau et la terre jusqu’à aujourd’hui. » [A]

Maître Mason Selami Isindag a attaché également une grande importance à la théorie de Haeckel. Dans un article intitulé « les Doctrines maçonniques » il écrit : « Dans ses expériences, Darwin a montré que diverses espèces d’animaux se sont développées tout d’abord à partir d’une seule cellule et plus tard à partir d’une seule espèce. » Il ajoute ensuite :

« Haeckel a réalisé des études défendant toutes ces découvertes expérimentales. Il croyait que l’animal le plus simple, la monère, était devenu une créature organique vivante à partir d’éléments matériels non organiques. Il démontra qu’il existait une unité à la base de tout. Ce monisme est une combinaison de la matière et de l’esprit. Il y a deux aspects de la substance qui forment leur base. Ce que croit la maçonnerie est conforme à ces découvertes scientifiques et expérimentales. » [B]

Dans un autre texte maçonnique, on se réfère à Haeckel comme à un « grand érudit », et sa thèse selon laquelle « l’ontogenèse récapitule la phylogenèse » apparaît comme une preuve de la théorie de l’évolution. [C]

Cependant, l’Ernst Haeckel que les maçons voyaient comme un grand érudit était un imposteur qui falsifiait délibérément des découvertes scientifiques et la thèse qu’ils acceptaient comme une « loi » (l’ontogenèse récapitule la phylogenèse) est l’une des plus grandes supercheries dans l’histoire de la science.

Haeckel
Haeckel

Cette supercherie se retrouve dans les dessins d’embryons faits par Haeckel. De façon à démontrer la similarité entre les embryons des êtres humains, des poulets, des lapins, des salamandres, qui en réalité ne partagent aucune ressemblance les uns avec les autres, il a falsifié les dessins. Dans certains cas, il a sorti certains des organes des embryons, dans d’autres cas il a ajouté des organes. En outre, il a modifié la taille réelle des embryons dans une tentative de les montrer à la même taille. En bref, Haeckel a conduit cette altération de façon à fabriquer des preuves là où il n’y en avait pas. Journal scientifique appelé Science contenait un article dans son édition du 5 septembre 1997 qui affirmait :

« En réalité (…) même des embryons étroitement liés tels que ceux des poissons, varient beaucoup dans leur apparence et leur développement… Il semble qu’ils (les dessins de Haeckel) soient sur le point de devenir une des plus célèbres contrefaçons de la biologie. » [D]

Il est intéressant de constater que ce mensonge a été reconnu depuis de nombreuses années. Les dessins de Haeckel ont été montrés comme étant des faux déjà de son vivant (1910) et il l’avait reconnu. Dans un article publié dans l’American Scientist, on peut lire :

« La loi biogénétique est sans doute aussi morte qu’un clou de porte… En tant que thème d’enquête théorique sérieuse, elle avait disparu dans les années vingt… » [E]

Malgré cela, des évolutionnistes continuèrent à utiliser ces dessins pendant des décennies dans la seule intention de tromper les masses qui n’avaient aucune connaissance sur ce sujet.

Il n’existe qu’une seule raison pour laquelle les maçons considèrent la théorie de Haeckel comme étant une preuve pour la théorie de l’évolution et le voient comme un grand érudit : L’engagement des maçons pour la théorie de l’évolution ne se base pas sur leur passion pour la connaissance et la vérité, ainsi qu’ils le prétendent, mais, au contraire, sur leur ignorance.

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[A] Naki Cevad Akkerman, Mimar Sinan, no. 1, p.13

[B] Selami Isindag, Masonluk Ö€retileri, Masonluktan Esinlenmeler, Istanbul, p.137

[C] Selami Isindag, Din Aç›s›ndan Mason Ö€retisi, Akasya Tekamül Mahfili Publications, p.10

[D] Elizabeth Pennisi, « Haeckel’s Embryos: Fraud Rediscovered, » Science, Septembre 5, 1997

[E] Keith S. Thompson, « Ontogeny and Phylogeny Recaputilated », American Scientist, vol. 76, p. 273

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On peut reconnaître là, le fanatisme maçonnique. Lorsque l’écrivain dit « qu’ils rejettent une forme de création excluant l’homme« , il répète là le dogme de base de l’humanisme, que « un être humain est la plus haute créature qui soit« , et il annonce que les maçons rejettent toute autre explication. Quand il dit, « une forme anormale de création« , il fait allusion à l’intervention d’Allah dans la création des êtres vivants, rejetant à priori cette éventualité. (Pourtant, il est tout à fait anormal que les maçons acceptent sans étude ni expérience, l’idée illogique que la matière inanimée soit apparue et qu’elle ait généré de la vie sur la terre, y compris des êtres humains.) On notera d’après l’explication maçonnique, qu’il n’y a aucune preuve scientifique apportée. Les maçons ne disent pas, « l’évolution est prouvée, donc nous rejetons la théorie de la création« . Ils sont simplement aveuglés par un fanatisme philosophique.

Les ouvrages maçonniques soutiennent cette doctrine. Le maître maçon, Selami Isındag, déclare que « mise à part la nature, aucune force ne nous guide, qui soit responsable de nos pensées et de nos actes ». Il ajoute aussitôt « la vie est arrivée par une cellule simple et le stade de développement qu’elle a atteint aujourd’hui est le résultat de divers changements et évolutions ». [115] Plus tard, il résume ce que signifie la théorie de l’évolution pour les maçons :

« D’un point de vue de l’évolution, les êtres humains ne sont pas différents des animaux. Quant à la création de l’homme et à son évolution, il n’y a pas de forces spécifiques, autres que celles auxquelles sont soumis les animaux. » [116]

Cette affirmation montre clairement l’importance qu’attachent les maçons à la théorie de l’évolution. Leur but est de défendre l’idée que les êtres humains ne furent pas créés et de présenter leur propre philosophie humaniste et matérialiste comme une philosophie défendable. Et la seule méthode qui peut être utilisée pour rejeter l’idée que les êtres humains furent créés est la théorie de l’évolution. Donc, c’est pour cette raison que les maçons croient en la théorie de l’évolution et cherchent à la diffuser dans la société.

Cela montre bien que les maçons qui accusent constamment de dogmatisme ceux qui croient en Allah, sont eux-mêmes dogmatiques.

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Notes :

[111] Francis Darwin, Life and Letters of Charles Darwin, vol. II, de Charles Darwin à J. Do Hooker, 29 mars 1963

[112] Fred Hoyle, Chandra Wickramasinghe, Evolution from Space, p.130

[113] Dr. Selami Isindag, Evrim Yolu, Istanbul 1979, p. 141

[114] P. M. Giovanni, Turkiye Fikir ve Kultur Dernegi E. ve K. S. R. Sonuncu ve 33. Derecesi Turkiye Yuksek Surasi, 24. Konferans, Istanbul, 1973, p. 107

[115] Dr. Selami Isindag, Sezerman Kardes VI, Masonluktan Esinlenmeler, Istanbul 1977, p. 78

[116] Dr. Selami Isindag, « Masonluk Ogretileri », Masonluktan Esinlenmeler, Istanbul 1977, p. 137