Hosni Moubarak

Histoire de l’Egypte Partie 8 : La stratégie américaine en Égypte

Publié le

Depuis les accord du camp David, les Etats-Unis ont mis toutes les chances de leur côté pour faire de l’Égypte un allié dans la région. En effet, sous Anouar al-Sadate, l’Égypte fût le premier pays arabe à faire la paix avec Israël, quand bien même la population n’était pas en accord avec son dirigeant. C’est pourquoi les Etats-Unis vont profité de cette opportunité pour conserver cette ouverture en aidant économiquement l’Égypte.

De 1975 à 1991, les Etats-Unis ont investi dans le pays 17 milliards de dollars, il s’agit du plus grand programme d’aide depuis le plan Marshall, qui avait servi à la reconstruction de l’Europe après la seconde guerre mondiale. De plus, 20 milliard de dollars sont accordés à l’Égypte pour permettre l’achat d’armes américaines. Pour l’Égypte, le soutient des Etats-Unis permet d’obtenir une stabilité régionale mais aussi sur le plan internationale. Pour les américains, cette collaboration permet de garantir la paix égyptienne avec Israël, d’entretenir des contacts dans le domaine du renseignement militaire mais aussi de s’implanter dans la région. Implantation qui lui permettra d’influencer les pays arabe dit « modérés », ainsi que la mainmise sur le pétrole et les bases militaires égyptiennes.

Les accords de Camp David étaient une alliance militaire entre les Etats-Unis, Israël et l’Égypte car une fois débarrassé d’une possible attaque au niveau de sa frontière avec l’Égypte, Israël s’est concentrée, dès 1982, sur sa frontière nord avec le Liban pour détruire les infrastructure de l’OLP palestinien. Le soutien américain à l’Égypte a créer une double dépendance : la première celle de l’Égypte par rapport aux dollars américains injectés chaque année dans son économie et la seconde celle des Etats-Unis, qui reste dépendant de cette injection de liquidité pour maintenir un équilibre régionale en assurant la paix avec Israël et en cassant l’unité arabe. Cette stratégie a permis aux Etats-Unis de trouver une relais à l’influence saoudienne qui s’affaiblit peu à peu au fil des années.

Cette situation s’illustre à plusieurs reprises, à commencer par l’attaque d’Israël au Liban, qui sera condamnée par l’Égypte mais sans interventions militaire de sa part, bien qu’Israël n’ai pas respecter les accords du Camp David qui stipulaient que tout conflit devant être résolue par des moyens pacifiques. De leur côté, les Etats-Unis continue à utiliser leur veto pour protéger Israël.

Histoire de l’Egypte Partie 7 : L’accession au pouvoir de Hosni Moubarak et la métamorphose des Frères musulmans

Publié le

Hosni Moubarak

La première action de Hosni Moubarak est de décrété l’État d’urgence suite à l’assassinat d’Anouar al-Sadate. Il tente de s’allier à l’opposition politique et aux savants de l’université d’Al-Azhar contre les moudjahidin. Face aux résultats mitigés obtenu lors de sa tentative d’alliance contre ces derniers, il fait libéré des détenus politiques et religieux à la condition que ces derniers le soutiennent dans sa démarche. Il ira jusqu’à libéré progressivement 1536 détenus musulmans pour décrispé la vie politique du pays. Il fait savoir à Israël qu’il maintiendra la politique de normalisation entre les deux États, qui avait initié par son prédécesseur. Les Etats-Unis s’empressent alors de soutenir son nouvel allié, à la fois politiquement, économiquement et militairement.

Les premières années de son mandat, il va lutter prioritairement contre les musulmans qui complotent contre le gouvernement et ses intérêts. C’est dans cet optique qu’il condamne à mort tous les musulmans qui sont responsables de l’assassinat d’Anouar al-Sadate.

En 1982, les organes de presse des Frères musulmans sont saisis puis détruits et la distribution de ses publications sont interdites sur tout le territoire. Comme Anouar al-Sadate, Hosni Moubarak va utiliser la politique de la carotte et du bâton avec les Frères musulmans. Cette politique consiste à relâcher la pression de temps en temps pour l’utiliser comme catalyseur à la colère populaire contre Israël et la politique américaine dans la région. Mais il n’hésite pas à resserrer les boulons lorsque ces derniers s’en prennent au régime.

Les Frères musulmans vont donc changer de stratégie et opérer une véritable métamorphose. D’abord au niveau physique, ils vont adopté le costume à l’occidentale et raser leur barbes pour se faire accepter par la population locale. Ils se présentent comme musulmans démocrates et affirment qu’ils ont abandonnés leur projet d’un État musulman. Leur logo qui contenait deux sabres à été changé et contiennent, dorénavant, deux mains dans laquelle se trouve une pousse verte qui prends racine. Enfin, ils décident de ne plus combattre le régime de Hosni Moubarak de manière frontale.

Le régime quant-à lui est préoccupé par la présence des Frères musulmans dans plusieurs secteurs professionnelle (ingénieurs, pharmaciens, avocats, etc…) mais tolère leur activités dans un cadre officiel, ce qui lui permet de mieux les contrôler.

Au début des années 90, les Frères musulmans vont se présenter comme respectueux de la démocratie et vont faire leur entrée dans le champs politique égyptien. Ce revirement politique a été voulu par la nouvelle génération mais a été accepter avec très peu de convictions par les anciens membres de l’organisation.

En 1996, 17 membres de la nouvelle génération des Frères musulmans vont demander la création d’un nouveau parti politique nommé Al-Wassat (le Centre). Les fondateurs du parti vont reprocher aux Frères musulmans leur manque de modernité, l’absence d’ouverture socio-économique et leur archaïsme et propose une vision nouvelle qui serait basée sur les acquis du passé tout en répondant aux défis du XXIe siècle. Bien qu’étant en faveur de la démocratie, le parti ne verra pas vraiment le jour et les fondateurs seront déféré devant la Haute Cour Militaire.