Empire Ottoman

Histoire de l’Egypte Partie 3 : L’occupation britannique

Publié le

Protectorat britannique

En 1882, suite à la défaite de l’armée égyptienne, la Grande-Bretagne occupe l’Égypte. N’ayant pas participer à la bataille, la France critique l’occupation britannique mais ces derniers assurent qu’ils ne resteront que le temps de régler les problèmes intérieur. Le contrôle de l’Égypte est confié à Sir Evelyn Baring, connu sous le nom de Lord Cromer, même si officiellement l’Égypte est toujours considérée comme une province de l’Empire Ottoman sous le contrôle de Abbas II.

En 1907, le mouvement nationaliste retrouve une seconde jeunesse grâce à Moustafa Kamil Pacha qui appelle les égyptiens à la révolte contre les britanniques. Les nationalistes appellent à la création d’une Constitution, d’un Parlement et de l’évacuation des troupes britanniques mais la premier guerre mondial va stopper net leur revendications. En effet, l’Empire Ottoman faisant partie la Triple Alliance, les britanniques en profitent pour imposer un protectorat en Égypte pour couper l’herbe sous le pied des nationalistes. Abbas II est alors dans l’obligation d’abdiquer.

Le partie nationaliste Wafd est créer en 1918 par Sa’ad Zaghlul. En 1919, ce dernier envoi une délégation à Londres pour demander l’indépendance du pays. Demande qui sera rejetée par les britanniques. Mais en 1922, la Grande-Bretagne accorde une autonomie théorique à l’Égypte. Le partie nationaliste Wafd voit le jour, le sultan Fouad devient roi et Sa’ad Zaghlul son premier ministre. Des tensions entre le roi Fouad Ier et le Parti Wafd vont aller crescendo, ce qui provoque une instabilité gouvernementale qui sera exploitée par les britanniques, qui soutiendront tantôt le roi, tantôt le Wafd en fonction de leur intérêts.

Les Frères Musulmans vont constituer la troisième voie. Hassan al-Banna a toujours traité les autorités politiques et religieuses avec le plus grand respect. Son objectif était de toucher les personnes et non à les éloignés. C’est pourquoi il préconisait le bon comportement envers eux, même s’il n’hésitait pas leur faire part de ses recommandation. Cette position n’était nullement une façon de s’attirer les faveurs du pouvoirs mais un moyens pour que ces derniers soient attentifs à son discours. Le Partie Wafd n’hésitera pas à qualifier les Frères Musulmans de collaborer avec le roi et avec les britanniques.

Publicités

Histoire de l’Egypte Partie 2 : De la mort de Mohammed Ali au Mandat britannique

Publié le Mis à jour le

Abbas II Hilmi (1874/1944)

Considéré comme ayant une incapacité mentale, Mohammed Ali est destitué du pouvoir. Son fils Ibrahim Pacha est nommé régent en juillet 1848 mais à la mort de Mohammed Ali, le 2 août 1849, les britanniques remplacent Ibrahim Pacha par son son neveu Abbas, connu sous le nom de Abbas Ier Hilmi, car réputé proche des britanniques. Contrairement à ce qu’avait envisager les anglais, Abbas Ier va mener une politique anti-occidentale et anti-moderniste, puis se rapproche de l’Empire Ottoman et combat à ses côté lors de la guerre de Crimée en 1853.

En 1854, le roi Abbas Ier sera assassiné par ses esclaves et sera remplacé par son oncle Mohammed Saïd Pacha. Contrairement à son prédécesseur, le nouveau roi renoue avec les puissances occidentales, notamment la France dont il maîtrise la langue après avoir suivi ses études à Paris. Il accorde à ces derniers, plus particulièrement son ami Ferdinand de Lesseps, le terrain pour construire le canal de Suez. Les travaux débutent en 1859 et ne seront terminés qu’en 1869.

Il crée la banque d’Égypte en 1854 et nomme François Auguste Ferdinand Mariette directeur Service de conservation des antiquités de l’Égypte. Mohammed Saïd Pacha meurt en 1863 et son neveu Ismaïl Pacha prend sa succession. Ismaïl Pacha a étudié à l’École d’état major à Paris. Il fut initié à la franc-maçonnerie par l’entourage de Ferdinand de Lesseps. Il poursuit la politique pro-occidental de son oncle. Lorsque le canal de Suez est terminé, Ismaïl Pacha reçois une délégation occidentale pour fêter l’événement, dont l’impératrice Eugénie, la femme du franc-maçon et Empereur Napoléon III. Il charge François Auguste Ferdinand Mariette de faire visiter à ses invités les sites archéologiques, ainsi que le premier musée du pays : le musée de Boulaq.

Ismaïl Pacha va entreprendre une séries de conquête où il finira par annexer le Darfour à l’Égypte, mais il sa progression sera arrêtée par l’Abyssinie (Empire d’Éthiopie) en 1874. Cette série de campagnes militaires va ruiner le pays et Ismaïl Pacha va être dans l’obligation de vendre ses actions sur le canal de Suez, en 1875, au premier ministre britannique Benjamin Disraeli. Cela n’empêche pas la faillite du pays et les finances vont passer sous le contrôle des puissances occidentales. Ces dernières vont en profiter pour s’ingérer de plus en plus dans la vie politique du pays qui va entraîner la constitution d’un conseil des ministres composé d’un britannique, d’un français et d’un égyptien.

La population égyptienne se divise alors en deux :

  • Ceux qui sont favorable à l’Occident.
  • Ceux qui prônent un retour à l’Islam.

Une mouvement nationaliste va se créer, à partir de ceux qui appellent à un retour de l’Islam, et sera à la tête d’une révolte contre Ismaïl Pacha. Ahmed Arabi Pacha, le porte parole du mouvement nationaliste mais aussi officier dans l’armée, appelle à la révolte et il obtient un large soutien de la par de la population.

N’acceptant pas cette situation, Ismaïl Pacha tente un coup d’État en 1879 pour se débarrasser de la mainmise des français et des britanniques sur la gestion du pays, mais cela va échoué et il sera dans l’obligation de s’exiler en Turquie où il mourra près de Constantinople. Il sera remplacé par son fils, Mohammed Tawfiq.

Mohammed Tawfiq est un franc-maçon comme son père. Sous son règne, la Grande-Bretagne va un peu plus prendre le contrôle du pays. Il va notamment perdre le contrôle du Soudan, qui avait été conquis par son père. Ahmed Arabi Pacha s’allie avec l’armée, les paysans et les oulamas pour destitués Tawfiq, qui est remplacé par Abbas II, et combattre l’ingérence étrangère. Il interdit l’accès au port d’Alexandrie aux navires français et britanniques. Ces derniers ne tardent pas lever les troupes nécessaires pour combattre Ahmed Arabi. Toutefois, la France hésite à attaquer et décide de se retirer contrairement à la Grande-Bretagne. Les troupes égyptiennes sont défaites lors de la bataille de Tel el-Kebir et Ahmed Arabi est condamné à mort par Abbas II mais cette sentence sera annulée pour être remplacée par un exil forcé suite à l’intervention des britanniques. Il faut noté que Ahmed Arabi Pacha était aussi membre de la franc-maçonnerie

 

Histoire de l’Egypte Partie 1 : Mohammed Ali

Publié le Mis à jour le

Mohammed Ali [1760/1849]
Le 19 mai 1798, Napoléon Bonaparte quitte la France pour envahir l’Égypte et débarque le 1er juillet 1798. Le sultan Sélim III est furieux et, avec le soutien des britanniques, déclare la guerre à la France. La Grande Bretagne finit par se rendre compte que l’armée ottomane est incapable de vaincre la France et décide d’intervenir à ses côtés. En décembre 1800, Mohammed Ali, d’origine albanaise et vivant en Macédoine, est envoyé en Égypte avec l’armée ottomane pour combattre la France. Il escalade rapidement la hiérarchie militaire jusqu’à devenir général après le retrait de la France en 1804.

Des rivalités se font sentir entre les Mamelouks et les Ottomans qui veulent tout deux contrôler l’Égypte. Les britanniques soutiennent les Mamelouks car ils sont plus contrôlables que les Ottomans. Les oulamas s’opposent à la prise du pouvoir par les Mamelouks et Mohammed Ali en profite pour les soutenir dans le but de s’accaparer le pouvoir. Le 12 mai 1805, ses troupes ne sont toujours pas payés et Mohammed Ali accuse le gouverneur Kurchid Pacha d’en être le responsable. Ce dernier prend la fuite et Mohammed Ali est élu Pacha d’Égypte par les oulamas. Ces derniers demandent au sultan Sélim III de ratifier la décision, ce qu’il fait car il n’a pas les moyen d’empêcher cette investiture. Mohammed Ali se charge alors d’éliminer ses opposants parmi les Mamelouks.

L’objectif de Mohammed Ali est de construire un empire pouvant rivaliser avec l’Empire Ottoman. Pour se faire, il décide de moderniser l’Égypte en mettant en place les infrastructures nécessaires pour atteindre son but. Des routes et des canaux sont construits, il nationalise les terres et les paysans sont rémunérés en conséquences de leur travaux.

L’armée sera aussi au centre de la modernisation car il s’agit de son principal point d’appui en cas d’agression extérieure. Il recrute des soldats parmi les paysans. En 1811, le sultan Mahmoud II, sous l’impulsion de la Grande-Bretagne, ordonne à Mohammed Ali d’attaquer les wahhabites qui ont pris le pouvoir en Arabie. Ce dernier envoya son fils, Ibrahim Pacha, à la tête de l’armée pour détruire le premier État saoudien fondé en 1744 par Mohammed Ibn Abdel Wahhab et Mohammed Ibn Saoud. L’armée réussi à repousser les forces wahhabites et leur dirigeant, Abdallah Ibn Saoud Ibn Abdel ‘Aziz, sont repoussés dans le Nejd, plus précisément dans la ville de la famille Saoud : Diriyah. L’armée égyptienne rase entièrement la ville et capture Abdallah Ibn Saoud Ibn Abdel ‘Aziz, qui sera envoyé à Constantinople [Istanbul] pour y être exécuté.

Premier Etat Saoudien [1744/1816]
En 1824, Mohammed Ali vient en aide à l’Empire Ottoman, à la demande du sultan, lors de la guerre d’indépendance grecque. Les troupes égyptiennes vont être d’une grande aide à l’Empire et Mohammed Ali s’attend à être récompenser comme il se doit.

Il se révoltera cependant contre l’Empire Ottoman, en 1931, car le sultan a refuser de lui donner le contrôle de la Syrie ottomane (Syrie, Palestine, Liban, Sud de la Turquie et l’Est de la Jordanie),chose qu’il lui avait promis en échange de son aide lors de la guerre d’indépendance grecque et la guerre contre la Russie. L’armée égyptienne attaque et prend le contrôle de la Syrie ottomane, puis se dirigent vers Constantinople mais l’avancée est arrêtée par les puissances occidentales qui le force accepter un cessez-le-feu. Un accord est signé à Kütahya où l’Empire accepte de céder la Syrie ottomane à l’Égypte en échange du retrait égyptien de l’Anatolie (Turquie actuelle).

En 1839, l’Empire Ottoman décide de reprendre le contrôle de la Syrie et attaque les troupes de Mohammed Ali mais ils sont vaincu par l’armée égyptienne lors de la bataille de Nisibe. L’Empire est alors au bord de l’effondrement mais les puissances occidentales forcent Mohammed Ali à retirer ses troupes en Égypte. Un accord est trouvé entre les britanniques et Mohammed Ali. Ce dernier accepte de retirer son armée et de ne plus chercher à envahir la Syrie, en échange de quoi, la Grande Bretagne accepte de reconnaître Mohammed Ali et ses descendants comme héritiers légitime de l’Égypte.

La Turquie Laïque Partie 9 : L’accession au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan

Publié le

Recep Tayyip Erdogan

En 1998, une rupture se fait au sein du Parti de la vertu, deux camps s’opposent : les rénovateurs et les conservateurs. Cette séparation deviendra effective en 2001 avec la création du parti de la félicité, dirigé par Erbakan et le partie de la justice et du développement (AKP), dirigé par Recep Tayyip Erdogan. Ce dernier milite aux sein des partis islamistes depuis 30 ans. Il est diplôme d’un lycée d’imam et économiste de formation. Il devient maire de Istanbul en 1994 mais est condamné pour incitation à la haine en 1997 pour avoir récité un poème du nationaliste Ziya Gökalp : « Les baïonnettes sont des minarets. Les coupoles des heaumes, les mosquées des casernes, les musulmans des soldats. » Il écope de 4 mois et demi de prison et démit de ses fonctions de maire, en plus d’une interdiction d’activité politique.

Erdogan défini son parti comme rénovateur et contemporain et fondé sur une « philosophie politique conservatrice-démocrate ». L’essence de son parti est basé sur l’esprit de compromis. Il prône l’intégration à l’Union Européenne, une ouverture sur le monde, à l’économie de marché et continue la politique économique des années Özal. Il met en avant la préservation de la culture traditionnelle du pays et la défense des valeurs de la famille. Ce programme permet au parti de la justice et du développement (AKP) de remporter les élections législatives. Un problème se pose pour Erdogan, interdit d’activité politique il est dans l’obligation de quitter la présidence de l’AKP, ni celle de Premier Ministre. C’est Abdallah Gül, lieutenant d’Erdogan qui va assurer ces fonctions. Il procède à des réformes qui permettent à Erdogan de retrouver sa liberté politique. Erdogan succède à Gül en mars 2003, à savoir 4 mois après la victoire de l’AKP.

A la suite de l’arrivée au pouvoir de l’AKP, des inquiétudes se sont fait savoir au sein de l’opposition mais aussi en Europe dont la presse nommais alors les membres du parti d’islamistes, dont la significations dans ces pays et principalement en France, est synonyme d’extrémistes voir de terroristes (ou potentielle terroristes). L’une des premières tâches du gouvernement a été de rassurer et de dissiper ces inquiétudes. Erdogan profite de du rôle de Premier Ministre de Gül pour parcourir l’Europe pour convaincre ces derniers de l’intégration de la Turquie à l’Union européenne et pour présenter le visage de l’AKP. Les journalistes européens et la presse locale se demandent si Erdogan n’avance pas masqué et certains font écho au discours qui lui a valu son emprisonnement. Erdogan se défend en affirmant qu’il évolue constamment, sans renier l’homme qu’il a été par le passé.

L’AKP se tourne à la fois vers le monde musulman mais aussi vers l’Occident, contrairement à Erbakan dont la politique étrangère était tournée exclusivement vers le monde musulman. En 2003, les Etats-Unis de Gorges W. Bush demande à l’AKP d’intervenir en Irak et de permettre aux soldats américains de débarquer sur le territoire turque pour facilité son intervention. Abdallah Gül et nombre de députés appartenant à l’AKP hésite mais Erdogan presse le gouvernement d’accepter la demande américaine mais l’autorisation est rejeter de peu le 3 mars 2003. Les soldats américains qui avaient débarqué au port de Iskenderun doivent faire demi-tour suite au refus du passage des troupes américaine par le territoire turque.

La Turquie Laïque Partie 8 : La montée sociopolitique des confréries soufis

Publié le

Fethullah Gülen

Les confréries soufi ont toujours été derrière les différents partis « musulmans » et l’une des plus rayonnante est la Nakchibendi du cheikh Kotku. Cette même confrérie qui s’était opposé aux « califes » ottomans qui étaient acquis à l’idéologie occidentale mais aussi à Mustafa Kémal Atatürk et sa politique de dé-islamisation de la société turque. Pendant les années Özal, ces confréries vont tisser de puissant réseaux avec les milieux des affaires, de la politique, du culturel et du social. La Nakchibendi va devenir une organisation complexe après la mort du cheikh Kotku et grâce au nouveau chef spirituel de la confrérie le cheikh Esat Cochan. Elle ouvre, outre ses cours de Coran et d’entraide, des crèches, des pensionnat, des cliniques, des revues mensuelles islamique, des maisons d’édition, des stations de radio, une chaîne de télévision et des sites internet. Elle utilise tous son pouvoir pour diffuser les valeurs culturelles ottomanes.

Une autre organisation soufi, mais non confrérique, possède un poids important dans la société : les Süleymenci. Ils possèdent 4 millions d’adhérents et possède un soutien puissant de la part de la diaspora turque se trouvant en Europe. Ils se tiennent à distance de la politique mais cela n’empêche pas certains de leur membres de s’engager dans le milieu politique.

Une nouvelle branche des Nurcus voit le jour : les Fethullahcï. Son fondateur est Fethullah Gülen (responsable présumé de la tentative de coup d’État contre le président Recep Tayyip Erdogan en 2016) cherche la reconnaissance de l’Etat et veut incarné une islam national, moderne libéral et tolérant. Il a soutenu le coup d’État militaire de 1980 et la nouvelle Constitution de 1982. Il s’oppose à Erbakan et dit lutter contre l’obscurantisme religieux. Pour prouver la distance qu’il met avec l’islamisme politique, il annonce que « même si l’ange Jibril (Gabriel) fondait un parti, il ne le suivrait pas. » Ce genre de propos en dit long sur son attachement à l’Islam et sa tentative de coup d’État envers Erdogan (si elle est attestée) ne nous étonnera guerre. Il se place à contre sens des islamistes pour bien se faire voir par les kémalistes et l’armée. Il propose la construction d’écoles laïque et d’hôpitaux à la place des mosquées, il se prononce contre le port du voile qu’il considère comme un détail. Il défend le ministère des affaires religieuses en soutenant sa politique de contrôle de l’Islam. Il se présente comme une alternative à l’islamisme politique, un musulman modéré pratiquant un bon islam toléré par l’Etat et l’armée contre le mauvais islam des islamistes et d’Erbakan en particulier.

Malgré les gages donné par Gülen, l’armée reste méfiante et c’est pourquoi ils s’attaque à son empire financier, social, éducatif et médiatique lors du coup d’État de février 1997 et pourchasse ses représentants.

Gülen s’adapte aux nouvelles conditions politiques et met en place les rencontre d’Abant qui réuni des intellectuels, des universitaires, des juristes et des théologiens dans des ateliers de travail autour des problèmes comme la relation entre l’Islam et la démocratie, la laïcité. L’objectif est de trouver un consensus et de publier en fin de rencontre les travaux qui seront remises au président.

L’armée diffuse sur les chaîne de télévision des cassettes d’anciens discours de Gülen qui incite ses partisans de s’emparer des postes clef de l’Etat. Gülen devient l’ennemi publique n°1 et une vaste opération est mené en 1999 contre ses écoles et les organisations qui lui sont liées. Inquiété par le coup d’État militaire, Gülen s’installe aux Etats-Unis où il reçoit des soins médicaux depuis de nombreuses années.

La Turquie Laïque Partie 7 : Un premier ministre islamiste

Publié le Mis à jour le

Necmettin Erbakan

Les années 90 marque le retour de l’Islam politique sur le devant de la scène. En 1987, le parti de la prospérité de Erbakan gagne les élections municipales d’Istanbul, ce qui provoque un choc auprès des kémalistes. Le combat entre islamistes et kémalistes reprend de plus belle, ces derniers accuse les islamistes de porter atteinte à la laïcité. Quand aux islamistes, ils gagnent de nouveaux les élection en 1995 et en 1996, pour la première fois dans le pays, le premier ministre est un islamiste. Les kémaliste mettent en garde contre une retour d’une théocratie ottomane et l’armée est prête à intervenir. ne s’oppose pas à la modernité mais il rejette l’occidentalisation et le capitalisme. Il entends rassurer et dissiper les peurs mais ne cache pas sa volonté de lever l’interdiction du voile à l’université et dans l’administration. Il multiplie le nombre d’écoles et de lycée d’imams dont l’orientation ne se fait pas vers des études théologiques mais vers des études supérieur juridiques, vers les relations internationales et même militaire. Cette orientation déplaît aux kémalistes qui proclament la république en danger. Erbakan prône la création un marché commun au monde musulman comme l’a fait l’Europe et prend la forme du D8, qui s’oppose au G7 et qui réuni l’Indonésie, l’Iran, l’Égypte, la Malaisie, le Bangladesh et le Nigeria. Il privilégie le monde « musulman » pour ses première visites comme l’Iran qui est alors sous embargo ou encore la Libye de Mouammar Kadhafi qui n’hésite pas à lui reprocher de persécuter les kurdes. Il rends visite au leader des Frères Musulmans en Égypte, ce qui provoque la colère du président égyptien Hosni Moubarak. Un ancien partenariat commercial lie la Turquie à Israël et c’est à contre cœur que Erbakan est obliger de reconduire ce partenariat, ainsi qu’un accord stratégique qui implique une collaboration avec l’Etat hébreu concernant leur système de renseignements et de défense à l’encontre de la Syrie, de l’Irak et de l’Iran.

Erbakan éprouve le besoin de se réconcilier avec les leader des confréries soufis avec qui il s’était séparé une première fois à la fin des années 70 en s’opposant avec le cheikh Kotku, chef de la confrérie Nakchibendi, et au début des années 90, en refusant de prêter allégeance au successeur du cheikh Kotku : cheikh Esat Cochan. Après son accession au pouvoir, Erbakan appel à une union sacrée de l’Islam et inviter les principaux leader des différentes confrérie à rompre le jeûne du Ramadan au siège du gouvernement à Ankara.

Toutes les mesures anti-laïque et pro-islam d’Erbakan force l’armée à réagir en février 1997, en profitant d’une manifestation au soutien au Hezbollah chiite et au Hamas palestinien (sunnites) dans un petit village où certains membres remettaient la laïcité en question. L’armée intervient et impose 18 mesures anti-islamistes au gouvernement qui n’a d’autre choix que s’abdiquer. Le Parti de la Prospérité est interdit et Erbakan démissionne 4 mois après l’intervention militaire. Il lui ait interdit de pratiquer une quelconque activité politique pendant 5 ans.

Ces 18 mesures vont devenir petit à petit un code de surveillance à travers le prisme duquel les discours et les actions des partis islamistes seront jugé. C’est ainsi que Recep Tayyip Erdogan (maire d’Istanbul), Erol Yarar (président des hommes d’affaires appelées Tigres Anatoliens) et Mehmet Kutlular (propriétaire du journal Nurcus) seront arrêter pour incitation à la haine sur une base religieuse. Erdogan et Yarar seront privé d’activité politique. Pour contré l’islamisation de la jeunesse, les militaires impose un enseignement laïque de 8 ans et place sous le contrôle du ministère de l’éducation tous les cours de Coran. L’armée étends sont contrôle sur les 74 000 mosquées du pays subissent des inspections et énonces des restrictions quant à la construction de nouvelles mosquées.

 

La Turquie Laïque Partie 6 : L’émergence des intellectuelles «musulmans» modernistes

Publié le

Rasïm Özdenören

Une nouvelle classe d’intellectuels « musulmans » voit le jour. Ces intellectuels ont été éduqué à l’école laïque et ne possèdent plus les références ottomanes de leur prédécesseurs. Abreuvé de l’idéologie occidental, ils prônent la réforme de l’Islam en réinterprétant la religion dans un cadre moderne. Par moderne, ils entendent séculariser l’Islam, soumettre la religion au pouvoir temporel. Ils tentent de réconcilier le modèle occidental et l’Islam et pour se faire ils souhaitent adopté le modèle occidental et lui insuffler ce qui lui manque : une spiritualité. L’objectif est de palier au défaut des idéologies occidentales tel que le capitalisme, le nationalisme, le féminismes, la démocratie et la laïcité pour ne pas hériter des défauts de ces systèmes.

Derrière ces belles paroles et cet œcuménisme, ils relèguent l’Islam à une simple spiritualité et renie son aspect civilisationnel dans le sens de système politique qui englobe tout les pan de la société musulmane. Ils appliquent à la lettre l’éducation qu’ils ont reçu à l’école laïque et ce pseudo-islam diffusé par le gouvernement. L’Islam n’est pas que spiritualité, l’Islam ne prône pas que les bonnes mœurs, de préservé les liens familiaux, le bon comportement, l’Islam est aussi un système politique qui régit à la société musulmane, le gouvernant et le gouverné, les statuts gouvernementaux (Ahkam Sultâniya). Le politique n’est pas séparé du religieux en Islam, au contraire la politique fait partie de la religion contrairement au concept occidental de la séparation de l’Église (religion) et de l’Etat qui est un concept occidental dont l’origine vient du Christianisme qui a interprété la phrase de Jésus : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ». A partir de cette phrase, les théologiens chrétiens ont estimer que Jésus avait séparé le royaume de Dieu du royaume des hommes donc a séparé la religion du politique. C’est pour cela que le pouvoir temporel (pouvoir du royaume des hommes) était exercé par les rois chrétiens et le pouvoir religieux (pouvoir du royaume de Dieu) appartenait au Pape. Bien que sous l’ère chrétienne, une collaboration fragile en les rois chrétiens et le Pape était effective (même si l’un a toujours cherché à avoir le dessus sur l’autre en fonction des périodes), cette séparation est devenue net après la Révolution française et particulièrement avec la loi de 1905 qui consacre la supériorité du Politique sur la religion.

Ce concept très chrétien et étranger à l’Islam est prôné par ces nouveaux intellectuels « musulmans » qui ne sont que le fruits de l’éducation du gouvernement turque qui tentent de soumettre l’Islam à son ordre politique laïque hérité des jeunes Turques et bien sûr transmise par les occidentaux à l’époque des Tanzimat. Ces nouveau intellectuels « musulmans » modernistes sont activement critiqué par les islamistes, qui les considèrent comme des agents à la solde de l’occident car prônant son idéologie sous couvert d’une teinture islamique comme le fond actuellement certains pseudo-intellectuels « musulmans » moderniste en France dont le plus connu est Tariq Ramadan.

Un de ces intellectuels « musulmans » modernistes, Rasïm Özdenören, qui a vécu aux Etats-Unis, estime que les musulmans ont une mauvaise perception de l’Occident et qu’il est tant pour eux de redéfinir ce qu’est réellement le monde occidental et ce qu’est réellement l’Islam pour reconstruire leur société. Pour lui, ce qui oppose ces deux sociétés est l’absence de spiritualité dans le modèle occidental et qu’il lui suffirait de lui insuffler l’Islam (dans le simple sens de spiritualité et non en tant que système politique complet) pour réussir à combler les carences du système occidental.