Empire Ottoman

La Turquie Laïque Partie 11 : Tensions entre laïques et islamistes lors des élections de 2007 

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Abdallah Gül

Lors de l’élection de l’AKP en 2002, une alliance entre Recep Tayyip Erdogan et Fethullah Gülen voit le jour. Cette alliance permet à l’AKP d’utiliser le mouvement de Gülen, appelé le Hizmet, au service de l’AKP. Le Hizmet dispose d’un vaste réseau médiatique, universitaire et financier. En contre parti, les fethullahçi gravissent les échelons du pouvoir, notamment du pouvoir judiciaire. Ces derniers auront un rôle important à jouer lors de l’affaire Ergenekon.

A l’approche des élections présidentielle de 2007, la tension monte entre les partis laïques et l’AKP. En effet, le poste de Président de la République est capital car ce dernier a le pouvoir de nommer les juges constitutionnels, les membres du Conseil de l’enseignement supérieur, les présidents d’universités, une partie des membres de la Cour de cassation et du Conseil d’État, ainsi que le directeur de la radio et de la télévision publique. Il possède aussi un droit de veto sur les décision législatives.

Le président sortant, Ahmet Necdet Sezer, avait usé massivement de ce droit pour s’opposer au gouvernement AKP lors des sept années qu’a duré son mandat. Le nouveau chef d’état-major des armées à été nommé en 2006, ce qui en fait un allié pour le kémalisme, il ne restait plus qu’à ces derniers de remporter les élections présidentielles. Le 12 avril 2007, juste avant les élections, le chefs d’état-major de l’armée déclare que « le président de la République doit être attaché aux principes atatürkistes, non pas en apparence, mais dans leur essence ». Le lendemain, le Président de la République fait un long discours à l’encontre de l’AKP sans toutefois le nommé. 

Il critique la transformation de la République laïque en République islamique.

Le président du Parti Républicain du peuple (parti d’Atatürk) annonce qu’il souhaite bloquer les élections si l’AKP ne présente pas de candidat officiel. Deux jours avant le premier tour, Erdogan annonce que Abdallah Gül est le candidat de l’AKP. Avant le commencement du second tour, le Parti Républicain du peuple saisit la Cour constitutionnelle pour invalider le premier tour dû fait que le quorum* n’a pas été respecté.

L’état-major des armées publie un communiqué officiel dénonçant la mise en péril de la laïcité et rappel que les militaires ont le devoir de défendre les principes atatürkistes. Le gouvernement AKP riposte en arguant que l’armée doit obéir au Premier ministre. Toutefois, la Cour constitutionnelle annule le premier tour et Abdallah Gül retire sa candidature. Erdogan annonce des élections anticipée pour juillet 2007.

L’AKP sort victorieux des élections parlementaires avec 46,5% des voix contre 21% pour le Parti Républicain du peuple. Quand aux partis kurdes, pour la première fois, ils peuvent constituer un groupe parlementaire d’une vingtaines de députés. Ces derniers refusent de suivre le boycott du camp kémaliste et permettent d’atteindre le quorum pour les élections présidentielles. Abdallah Gül est élu Président de la République.

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* Quorum : C’est le nombre minimal de voix qui doivent être présentes ou représentées pour qu’une délibération soit valide.

La Turquie Laïque Partie 10 : Les négociations en vue de l’adhésion à l’Union européenne

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En 1974, l’armée turc occupe le nord de Chypre pour contrer le coup d’État des nationalistes chypriotes grecs. Depuis, l’île est divisée en deux, avec au nord une administration chypriote turcs et au sud, une administration chypriote grecs. Suite à la victoire de l’AKP, le secrétaire général des Nations-Unis (ONU), Koffi Annan, propose un plan de réunification de l’île au gouvernement AKP. Ce plan est largement rejeté par les nationalistes turcs, l’armée et le président chypriote turc Rauf Denktas. Le gouvernement AKP hésite et ne se prononce pas, laissant Rauf Denktas faire le tour du pays pour s’opposer à cette réunification mais l’AKP fini par accepter le plan Annan suite à la victoire du parti républicain turc lors des élections en Chypre du nord. Les nationalistes turcs s’opposent au projet mais 65% des voix l’emporte au nord de l’île, une victoire pour l’AKP mais au sud, 75% des voix s’opposent au plan Annan. Toutefois, l’AKP obtient l’assurance de l’ouverture des négociations en vue de l’adhésion à l’Union européenne en décembre 2004.

L’échec de la résolution du conflits chypriote va devenir un blocage à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne car cette dernière va se servir de cet état de fait pour toujours repousser cette adhésion tout en exigeant toujours plus malgré les efforts du gouvernement AKP. Suite à l’intégration de Chypre à l’Union européenne, cette dernière demande sa reconnaissance officiel ainsi que l’ouverture des ports et des aéroports turcs aux chypriotes grecs. L’AKP accepte mais à du mal à respecter cette demande suite à l’opposition de nationalistes et de l’armée turcs qui exigent que l’UE allège les sanctions prises contre l’administration nord de Chypre. En 2006, l’UE décide de bloquer l’ouverture des négociation de six chapitres de l’acquis communautaire.

En 2004 , avant le démarrage des négociations pour l’intégration de la Turquie à l’Union européenne, la Turquie à rédigé un nouveau Code Pénal suivant les normes de l’Union européenne (UE). Toutefois, l’intégration de l’adultère comme crime pose problème à l’UE qui demande à l’AKP de ce rétracter. Erdogan affirme que cette disposition n’est pas du ressort de l’UE et campe sur ses positions, mais après plusieurs échange, le projet est effacé du nouveau code pénal.

Pour ce conformé à la législation européenne, l’AKP adopte un lot de réformes dont une révision de la Constitution permettant de supprimer la présence des militaires dans les instances de l’appareil d’État. Les Cours de sûreté de l’Etat sont dissoutes.

Histoire de l’Egypte Partie 3 : L’occupation britannique

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Protectorat britannique

En 1882, suite à la défaite de l’armée égyptienne, la Grande-Bretagne occupe l’Égypte. N’ayant pas participer à la bataille, la France critique l’occupation britannique mais ces derniers assurent qu’ils ne resteront que le temps de régler les problèmes intérieur. Le contrôle de l’Égypte est confié à Sir Evelyn Baring, connu sous le nom de Lord Cromer, même si officiellement l’Égypte est toujours considérée comme une province de l’Empire Ottoman sous le contrôle de Abbas II.

En 1907, le mouvement nationaliste retrouve une seconde jeunesse grâce à Moustafa Kamil Pacha qui appelle les égyptiens à la révolte contre les britanniques. Les nationalistes appellent à la création d’une Constitution, d’un Parlement et de l’évacuation des troupes britanniques mais la premier guerre mondial va stopper net leur revendications. En effet, l’Empire Ottoman faisant partie la Triple Alliance, les britanniques en profitent pour imposer un protectorat en Égypte pour couper l’herbe sous le pied des nationalistes. Abbas II est alors dans l’obligation d’abdiquer.

Le partie nationaliste Wafd est créer en 1918 par Sa’ad Zaghlul. En 1919, ce dernier envoi une délégation à Londres pour demander l’indépendance du pays. Demande qui sera rejetée par les britanniques. Mais en 1922, la Grande-Bretagne accorde une autonomie théorique à l’Égypte. Le partie nationaliste Wafd voit le jour, le sultan Fouad devient roi et Sa’ad Zaghlul son premier ministre. Des tensions entre le roi Fouad Ier et le Parti Wafd vont aller crescendo, ce qui provoque une instabilité gouvernementale qui sera exploitée par les britanniques, qui soutiendront tantôt le roi, tantôt le Wafd en fonction de leur intérêts.

Les Frères Musulmans vont constituer la troisième voie. Hassan al-Banna a toujours traité les autorités politiques et religieuses avec le plus grand respect. Son objectif était de toucher les personnes et non à les éloignés. C’est pourquoi il préconisait le bon comportement envers eux, même s’il n’hésitait pas leur faire part de ses recommandation. Cette position n’était nullement une façon de s’attirer les faveurs du pouvoirs mais un moyens pour que ces derniers soient attentifs à son discours. Le Partie Wafd n’hésitera pas à qualifier les Frères Musulmans de collaborer avec le roi et avec les britanniques.

Histoire de l’Egypte Partie 2 : De la mort de Mohammed Ali au Mandat britannique

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Abbas II Hilmi (1874/1944)

Considéré comme ayant une incapacité mentale, Mohammed Ali est destitué du pouvoir. Son fils Ibrahim Pacha est nommé régent en juillet 1848 mais à la mort de Mohammed Ali, le 2 août 1849, les britanniques remplacent Ibrahim Pacha par son son neveu Abbas, connu sous le nom de Abbas Ier Hilmi, car réputé proche des britanniques. Contrairement à ce qu’avait envisager les anglais, Abbas Ier va mener une politique anti-occidentale et anti-moderniste, puis se rapproche de l’Empire Ottoman et combat à ses côté lors de la guerre de Crimée en 1853.

En 1854, le roi Abbas Ier sera assassiné par ses esclaves et sera remplacé par son oncle Mohammed Saïd Pacha. Contrairement à son prédécesseur, le nouveau roi renoue avec les puissances occidentales, notamment la France dont il maîtrise la langue après avoir suivi ses études à Paris. Il accorde à ces derniers, plus particulièrement son ami Ferdinand de Lesseps, le terrain pour construire le canal de Suez. Les travaux débutent en 1859 et ne seront terminés qu’en 1869.

Il crée la banque d’Égypte en 1854 et nomme François Auguste Ferdinand Mariette directeur Service de conservation des antiquités de l’Égypte. Mohammed Saïd Pacha meurt en 1863 et son neveu Ismaïl Pacha prend sa succession. Ismaïl Pacha a étudié à l’École d’état major à Paris. Il fut initié à la franc-maçonnerie par l’entourage de Ferdinand de Lesseps. Il poursuit la politique pro-occidental de son oncle. Lorsque le canal de Suez est terminé, Ismaïl Pacha reçois une délégation occidentale pour fêter l’événement, dont l’impératrice Eugénie, la femme du franc-maçon et Empereur Napoléon III. Il charge François Auguste Ferdinand Mariette de faire visiter à ses invités les sites archéologiques, ainsi que le premier musée du pays : le musée de Boulaq.

Ismaïl Pacha va entreprendre une séries de conquête où il finira par annexer le Darfour à l’Égypte, mais il sa progression sera arrêtée par l’Abyssinie (Empire d’Éthiopie) en 1874. Cette série de campagnes militaires va ruiner le pays et Ismaïl Pacha va être dans l’obligation de vendre ses actions sur le canal de Suez, en 1875, au premier ministre britannique Benjamin Disraeli. Cela n’empêche pas la faillite du pays et les finances vont passer sous le contrôle des puissances occidentales. Ces dernières vont en profiter pour s’ingérer de plus en plus dans la vie politique du pays qui va entraîner la constitution d’un conseil des ministres composé d’un britannique, d’un français et d’un égyptien.

La population égyptienne se divise alors en deux :

  • Ceux qui sont favorable à l’Occident.
  • Ceux qui prônent un retour à l’Islam.

Une mouvement nationaliste va se créer, à partir de ceux qui appellent à un retour de l’Islam, et sera à la tête d’une révolte contre Ismaïl Pacha. Ahmed Arabi Pacha, le porte parole du mouvement nationaliste mais aussi officier dans l’armée, appelle à la révolte et il obtient un large soutien de la par de la population.

N’acceptant pas cette situation, Ismaïl Pacha tente un coup d’État en 1879 pour se débarrasser de la mainmise des français et des britanniques sur la gestion du pays, mais cela va échoué et il sera dans l’obligation de s’exiler en Turquie où il mourra près de Constantinople. Il sera remplacé par son fils, Mohammed Tawfiq.

Mohammed Tawfiq est un franc-maçon comme son père. Sous son règne, la Grande-Bretagne va un peu plus prendre le contrôle du pays. Il va notamment perdre le contrôle du Soudan, qui avait été conquis par son père. Ahmed Arabi Pacha s’allie avec l’armée, les paysans et les oulamas pour destitués Tawfiq, qui est remplacé par Abbas II, et combattre l’ingérence étrangère. Il interdit l’accès au port d’Alexandrie aux navires français et britanniques. Ces derniers ne tardent pas lever les troupes nécessaires pour combattre Ahmed Arabi. Toutefois, la France hésite à attaquer et décide de se retirer contrairement à la Grande-Bretagne. Les troupes égyptiennes sont défaites lors de la bataille de Tel el-Kebir et Ahmed Arabi est condamné à mort par Abbas II mais cette sentence sera annulée pour être remplacée par un exil forcé suite à l’intervention des britanniques. Il faut noté que Ahmed Arabi Pacha était aussi membre de la franc-maçonnerie

 

Histoire de l’Egypte Partie 1 : Mohammed Ali

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Mohammed Ali [1760/1849]
Le 19 mai 1798, Napoléon Bonaparte quitte la France pour envahir l’Égypte et débarque le 1er juillet 1798. Le sultan Sélim III est furieux et, avec le soutien des britanniques, déclare la guerre à la France. La Grande Bretagne finit par se rendre compte que l’armée ottomane est incapable de vaincre la France et décide d’intervenir à ses côtés. En décembre 1800, Mohammed Ali, d’origine albanaise et vivant en Macédoine, est envoyé en Égypte avec l’armée ottomane pour combattre la France. Il escalade rapidement la hiérarchie militaire jusqu’à devenir général après le retrait de la France en 1804.

Des rivalités se font sentir entre les Mamelouks et les Ottomans qui veulent tout deux contrôler l’Égypte. Les britanniques soutiennent les Mamelouks car ils sont plus contrôlables que les Ottomans. Les oulamas s’opposent à la prise du pouvoir par les Mamelouks et Mohammed Ali en profite pour les soutenir dans le but de s’accaparer le pouvoir. Le 12 mai 1805, ses troupes ne sont toujours pas payés et Mohammed Ali accuse le gouverneur Kurchid Pacha d’en être le responsable. Ce dernier prend la fuite et Mohammed Ali est élu Pacha d’Égypte par les oulamas. Ces derniers demandent au sultan Sélim III de ratifier la décision, ce qu’il fait car il n’a pas les moyen d’empêcher cette investiture. Mohammed Ali se charge alors d’éliminer ses opposants parmi les Mamelouks.

L’objectif de Mohammed Ali est de construire un empire pouvant rivaliser avec l’Empire Ottoman. Pour se faire, il décide de moderniser l’Égypte en mettant en place les infrastructures nécessaires pour atteindre son but. Des routes et des canaux sont construits, il nationalise les terres et les paysans sont rémunérés en conséquences de leur travaux.

L’armée sera aussi au centre de la modernisation car il s’agit de son principal point d’appui en cas d’agression extérieure. Il recrute des soldats parmi les paysans. En 1811, le sultan Mahmoud II, sous l’impulsion de la Grande-Bretagne, ordonne à Mohammed Ali d’attaquer les wahhabites qui ont pris le pouvoir en Arabie. Ce dernier envoya son fils, Ibrahim Pacha, à la tête de l’armée pour détruire le premier État saoudien fondé en 1744 par Mohammed Ibn Abdel Wahhab et Mohammed Ibn Saoud. L’armée réussi à repousser les forces wahhabites et leur dirigeant, Abdallah Ibn Saoud Ibn Abdel ‘Aziz, sont repoussés dans le Nejd, plus précisément dans la ville de la famille Saoud : Diriyah. L’armée égyptienne rase entièrement la ville et capture Abdallah Ibn Saoud Ibn Abdel ‘Aziz, qui sera envoyé à Constantinople [Istanbul] pour y être exécuté.

Premier Etat Saoudien [1744/1816]
En 1824, Mohammed Ali vient en aide à l’Empire Ottoman, à la demande du sultan, lors de la guerre d’indépendance grecque. Les troupes égyptiennes vont être d’une grande aide à l’Empire et Mohammed Ali s’attend à être récompenser comme il se doit.

Il se révoltera cependant contre l’Empire Ottoman, en 1931, car le sultan a refuser de lui donner le contrôle de la Syrie ottomane (Syrie, Palestine, Liban, Sud de la Turquie et l’Est de la Jordanie),chose qu’il lui avait promis en échange de son aide lors de la guerre d’indépendance grecque et la guerre contre la Russie. L’armée égyptienne attaque et prend le contrôle de la Syrie ottomane, puis se dirigent vers Constantinople mais l’avancée est arrêtée par les puissances occidentales qui le force accepter un cessez-le-feu. Un accord est signé à Kütahya où l’Empire accepte de céder la Syrie ottomane à l’Égypte en échange du retrait égyptien de l’Anatolie (Turquie actuelle).

En 1839, l’Empire Ottoman décide de reprendre le contrôle de la Syrie et attaque les troupes de Mohammed Ali mais ils sont vaincu par l’armée égyptienne lors de la bataille de Nisibe. L’Empire est alors au bord de l’effondrement mais les puissances occidentales forcent Mohammed Ali à retirer ses troupes en Égypte. Un accord est trouvé entre les britanniques et Mohammed Ali. Ce dernier accepte de retirer son armée et de ne plus chercher à envahir la Syrie, en échange de quoi, la Grande Bretagne accepte de reconnaître Mohammed Ali et ses descendants comme héritiers légitime de l’Égypte.

La Turquie Laïque Partie 9 : L’accession au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan

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Recep Tayyip Erdogan

En 1998, une rupture se fait au sein du Parti de la vertu, deux camps s’opposent : les rénovateurs et les conservateurs. Cette séparation deviendra effective en 2001 avec la création du parti de la félicité, dirigé par Erbakan et le partie de la justice et du développement (AKP), dirigé par Recep Tayyip Erdogan. Ce dernier milite aux sein des partis islamistes depuis 30 ans. Il est diplôme d’un lycée d’imam et économiste de formation. Il devient maire de Istanbul en 1994 mais est condamné pour incitation à la haine en 1997 pour avoir récité un poème du nationaliste Ziya Gökalp : « Les baïonnettes sont des minarets. Les coupoles des heaumes, les mosquées des casernes, les musulmans des soldats. » Il écope de 4 mois et demi de prison et démit de ses fonctions de maire, en plus d’une interdiction d’activité politique.

Erdogan défini son parti comme rénovateur et contemporain et fondé sur une « philosophie politique conservatrice-démocrate ». L’essence de son parti est basé sur l’esprit de compromis. Il prône l’intégration à l’Union Européenne, une ouverture sur le monde, à l’économie de marché et continue la politique économique des années Özal. Il met en avant la préservation de la culture traditionnelle du pays et la défense des valeurs de la famille. Ce programme permet au parti de la justice et du développement (AKP) de remporter les élections législatives. Un problème se pose pour Erdogan, interdit d’activité politique il est dans l’obligation de quitter la présidence de l’AKP, ni celle de Premier Ministre. C’est Abdallah Gül, lieutenant d’Erdogan qui va assurer ces fonctions. Il procède à des réformes qui permettent à Erdogan de retrouver sa liberté politique. Erdogan succède à Gül en mars 2003, à savoir 4 mois après la victoire de l’AKP.

A la suite de l’arrivée au pouvoir de l’AKP, des inquiétudes se sont fait savoir au sein de l’opposition mais aussi en Europe dont la presse nommais alors les membres du parti d’islamistes, dont la significations dans ces pays et principalement en France, est synonyme d’extrémistes voir de terroristes (ou potentielle terroristes). L’une des premières tâches du gouvernement a été de rassurer et de dissiper ces inquiétudes. Erdogan profite de du rôle de Premier Ministre de Gül pour parcourir l’Europe pour convaincre ces derniers de l’intégration de la Turquie à l’Union européenne et pour présenter le visage de l’AKP. Les journalistes européens et la presse locale se demandent si Erdogan n’avance pas masqué et certains font écho au discours qui lui a valu son emprisonnement. Erdogan se défend en affirmant qu’il évolue constamment, sans renier l’homme qu’il a été par le passé.

L’AKP se tourne à la fois vers le monde musulman mais aussi vers l’Occident, contrairement à Erbakan dont la politique étrangère était tournée exclusivement vers le monde musulman. En 2003, les Etats-Unis de Gorges W. Bush demande à l’AKP d’intervenir en Irak et de permettre aux soldats américains de débarquer sur le territoire turque pour facilité son intervention. Abdallah Gül et nombre de députés appartenant à l’AKP hésite mais Erdogan presse le gouvernement d’accepter la demande américaine mais l’autorisation est rejeter de peu le 3 mars 2003. Les soldats américains qui avaient débarqué au port de Iskenderun doivent faire demi-tour suite au refus du passage des troupes américaine par le territoire turque.

La Turquie Laïque Partie 8 : La montée sociopolitique des confréries soufis

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Fethullah Gülen

Les confréries soufi ont toujours été derrière les différents partis « musulmans » et l’une des plus rayonnante est la Nakchibendi du cheikh Kotku. Cette même confrérie qui s’était opposé aux « califes » ottomans qui étaient acquis à l’idéologie occidentale mais aussi à Mustafa Kémal Atatürk et sa politique de dé-islamisation de la société turque. Pendant les années Özal, ces confréries vont tisser de puissant réseaux avec les milieux des affaires, de la politique, du culturel et du social. La Nakchibendi va devenir une organisation complexe après la mort du cheikh Kotku et grâce au nouveau chef spirituel de la confrérie le cheikh Esat Cochan. Elle ouvre, outre ses cours de Coran et d’entraide, des crèches, des pensionnat, des cliniques, des revues mensuelles islamique, des maisons d’édition, des stations de radio, une chaîne de télévision et des sites internet. Elle utilise tous son pouvoir pour diffuser les valeurs culturelles ottomanes.

Une autre organisation soufi, mais non confrérique, possède un poids important dans la société : les Süleymenci. Ils possèdent 4 millions d’adhérents et possède un soutien puissant de la part de la diaspora turque se trouvant en Europe. Ils se tiennent à distance de la politique mais cela n’empêche pas certains de leur membres de s’engager dans le milieu politique.

Une nouvelle branche des Nurcus voit le jour : les Fethullahcï. Son fondateur est Fethullah Gülen (responsable présumé de la tentative de coup d’État contre le président Recep Tayyip Erdogan en 2016) cherche la reconnaissance de l’Etat et veut incarné une islam national, moderne libéral et tolérant. Il a soutenu le coup d’État militaire de 1980 et la nouvelle Constitution de 1982. Il s’oppose à Erbakan et dit lutter contre l’obscurantisme religieux. Pour prouver la distance qu’il met avec l’islamisme politique, il annonce que « même si l’ange Jibril (Gabriel) fondait un parti, il ne le suivrait pas. » Ce genre de propos en dit long sur son attachement à l’Islam et sa tentative de coup d’État envers Erdogan (si elle est attestée) ne nous étonnera guerre. Il se place à contre sens des islamistes pour bien se faire voir par les kémalistes et l’armée. Il propose la construction d’écoles laïque et d’hôpitaux à la place des mosquées, il se prononce contre le port du voile qu’il considère comme un détail. Il défend le ministère des affaires religieuses en soutenant sa politique de contrôle de l’Islam. Il se présente comme une alternative à l’islamisme politique, un musulman modéré pratiquant un bon islam toléré par l’Etat et l’armée contre le mauvais islam des islamistes et d’Erbakan en particulier.

Malgré les gages donné par Gülen, l’armée reste méfiante et c’est pourquoi ils s’attaque à son empire financier, social, éducatif et médiatique lors du coup d’État de février 1997 et pourchasse ses représentants.

Gülen s’adapte aux nouvelles conditions politiques et met en place les rencontre d’Abant qui réuni des intellectuels, des universitaires, des juristes et des théologiens dans des ateliers de travail autour des problèmes comme la relation entre l’Islam et la démocratie, la laïcité. L’objectif est de trouver un consensus et de publier en fin de rencontre les travaux qui seront remises au président.

L’armée diffuse sur les chaîne de télévision des cassettes d’anciens discours de Gülen qui incite ses partisans de s’emparer des postes clef de l’Etat. Gülen devient l’ennemi publique n°1 et une vaste opération est mené en 1999 contre ses écoles et les organisations qui lui sont liées. Inquiété par le coup d’État militaire, Gülen s’installe aux Etats-Unis où il reçoit des soins médicaux depuis de nombreuses années.