colonisation

Histoire de Libye Partie 2 : La colonisation franco-britannique

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Idriss Ier (1889/1983)

A la fin de la seconde guerre mondiale, la France et la Grande Bretagne se partagèrent la Libye. La Tripolitaine et la Cyrénaïque pour les britanniques et le Fezzan pour la France. En 1947, l’émir Idriss Ier de retour en Cyrénaïque, fut accueilli triomphalement par la population et s’installa à al-Bayda. Il réprima toute opposition et déclara l’indépendance de la Cyrénaïque le 1er mars 1949. Il unifia la Tripolitaine et le Fezzan à la Cyrénaïque mais le peuple de ces régions ne furent pas enthousiaste face à cet événement. L’indépendance de la Libye fut proclamée le 24 décembre 1951 à Benghazi. 

Perdant les élections, le Parti du Congrès National de Tripolitaine affirma qu’il y avait eu des fraudes et appela à la manifestation. Idriss Ier réprima violemment les manifestants et utilisa cet événement pour interdire tous les partis. La découverte du pétrole en Cyrénaïque, à partir de 1959, obligea le roi à abandonner le système fédéral et à unifier réellement la Libye. Pour cela, il utilisa le nationalisme arabe et fit adopter une nouvelle Constitution en 1963. Malgré cela, la Libye demeure un État fondé sur l’appartenance tribale.

Le 1er septembre 1969, douze officiers de l’armée libyenne profite de l’absence du roi pour prendre le contrôle des points stratégiques du pays. Ils affirment appartenir au Conseil de Commandement de la Révolution (CCR). A leur tête, le colonel Mouammar Kadhafi, alors âgé de 27 ans, lit le premier communiquer du Conseil de Commandement de la Révolution.

Mouammar Kadhafi (1942/2011)

 

Histoire de Libye Partie 1 : La colonisation italienne

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Benito Mussolini (1883 / 1945)

Le 29 septembre 1911, l’Italie envahie la Libye dans le but de se constituer un empire colonial comme le reste des puissances européenne à l’époque. Elle prendra définitivement le contrôle totale de la bande côtière libyenne en 1912 où l’armée ottomane sera définitivement mise hors d’état de nuire. Un traité sera signé à Ouchy (Quartier de Lausanne en Turquie) le 17 octobre 1912, où l’Empire Ottoman renonce à sa souveraineté en Libye. En contre partie, l’Italie cède l’île de Rhodes et les îles aux alentours aux ottomans.

La première guerre mondiale, qui débute le 28 juillet 1914, oblige l’Italie à rapatrier une grande partie de ses troupes stationnées en Libye. Les différentes tribus en profite pour se révolté contre le colonisateur et lui arrache la Cyrénaïque et le Fezzan. Seul la Tripolitaine reste sous le contrôle italien. La Grande Bretagne soutiens Idris Ier, futur émir de la Cyrénaïque, et membre de la confrérie soufi al-Sanoussiya qui aura un rôle centrale dans la résistance face au colonisateur. Il faudra attendre la montée au pouvoir de Benito Mussolini en 1922, pour que l’invasion italienne soit relancée. Pour se faire, il nomme le Maréchal Rodolfo Graziani à la tête des opérations et lui donne carte blanche pour reprendre le contrôle de la Cyrénaïque. Ce dernier utilisera tout les moyens nécessaires pour atteindre son objectif, notamment la construction d’une barrière de barbelée le long de la frontière avec l’Égypte pour couper l’arrivée d’éventuelle renforts, mais aussi la déportation massive dans des camps de concentration. Il réussi à faire fuir l’émir Idriss Ier et les chefs de la confrérie soufi al-Sanoussiya, qui trouvèrent refuge au Caire (Égypte). La rébellion prit fin en 1932, lors de la chute de la ville de Koufra et la mort du leader de la résistance : Omar al-Mokhtar.

Contrairement à la Tripolitaine, la Cyrénaïque à souffert de la violence de l’armée italienne dirigée par le Maréchal Rodolfo Graziani, avec l’extermination de plus de la moitié de sa population. Cet épisode marquera le renforcement de l’identité de la région qui déjà s’est démarquée de elle de la Tripolitaine depuis l’antiquité. Une fois l’ordre rétablie en Cyrénaïque, l’Italie entama sa colonisation de peuplement et ce n’est pas moins de 100 000 italiens, majoritairement de pauvres agriculteurs, qui s’installèrent en Libye, dont plus de la moitié en Cyrénaïque. Les terres furent arrachées à leur propriétaires légitime pour être léguée aux colons.

 

Histoire général des musulmans de Birmanie

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Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les rohingya ne sont pas les seules musulmans de Birmanie. En effet, plusieurs groupes ethniques existent en Birmanie et différents groupes sont de confession musulmane dont les rohingya.

A l’heure où ces lignes sont écrites, le cas malheureux de ce groupe ethnique de confession musulmanes est connu grâce à la mobilisation de musulmans qui ont entrepris un travail constant pour faire prendre conscience non seulement aux musulmans mais aussi au reste de l’humanité, la détresse d’un peuple persécuté par l’État birmans depuis des dizaines d’années.

Alors d’où provient l’origine de cette persécution ? Touche-t-elle uniquement les rohingya ou d’autres groupes ethniques de confession musulmanes ? Que cherche à accomplir le gouvernement birmans derrière ces persécutions ? Nous allons tenté d’y répondre mais avant nous allons nous pencher sur la venue des musulmans dans cette région du monde.

Les premières traces de musulmans en Birmanie remonte au VIe siècle, ces derniers seraient venu pour le commerce et se seraient établie durablement dans la région. Plusieurs écrits attestent de cela dont des voyageurs chinois qui ont fait état de la présence de colonies musulmanes « aux environs de la frontière actuelle entre la Birmanie et Yunnan* » ou encore « l’historien franco-luxembourgeois Jacques Leider qui constate pour sa part que du XVe siècle au XVIIe siècle, l’essentiel du commerce de Mrauk’U (ville du sud-ouest de la Birmanie) était entre les mains de marchands musulmans.»**

 

A cette période, la présence de musulmans dans la région ne posaient aucun problèmes, la communauté musulmanes de diverses origines (Perses, Indiens, Arabes, etc…) s’employaient à diverses tâches comme le commerce ou étaient enrôlé dans les armées des seigneurs de la péninsule.

Ils se sont même vu confier des responsabilités importantes par les autorités locales. « Sous le règne du roi Bagan Min (1846/1853), un musulman a été nommé gouverneur d’Amarapura, alors capitale du royaume. Et le roi Mindon (1853/1878) a employé des milliers de musulmans dans ses armées comme dans son administration.

La Grande Bretagne colonise le pays en 1886 et abolie la monarchie. Cette colonisation est le point de départ des futur persécution des musulmans birmans et particulièrement les rohingya. Avec elle, la colonisation va apporter la notion de race et de frontière qui va marqué un clivage dans lors de l’indépendance birmane en 1948. Tout birman est nécessairement bouddhiste, les autres communautés comme les musulmans, les chrétiens et les hindouistes ne sont pas considérés comme birmans car ils seraient venue du sous continent indien. Les britanniques vont faire appelle à des immigrés indien du Bengale (région limitrophe entre l’Inde et le Bangladesh) qui sont considérés comme plus « civilisé » mais connu comme étant une meilleur main d’œuvre que les birmans. La conséquence de cette immigration est le peu de place faites aux birmans car au tournant du XXe siècle, une grande majorité des professions sont tenu par l’immigration indienne (juristes, médecins, commerçants, militaires, artisans, etc…).

La crise économique de 1930 et les facteurs confessionnels vont jouer un rôle central dans la montées des tensions. Les bouddhistes s’indignent que des musulmans épouse de birmanes du fait de l’obligation de conversion de la femme à l’Islam. En 1938, les bouddhistes entament une série d’actes violent contre les musulmans qui sont accuser de voler les richesses du pays et de convertir les femmes à l’Islam. Résultat, 240 personnes morts (142 musulmans, 73 bouddhistes et 23 hindouistes) et 113 mosquées détruites.

Lors de son indépendance en 1948, une loi, dite de 1948, sera promulgué par l’État birman. Cette loi assimile l’ethnicité indienne à une immigration récente, empêchant les musulmans présent sur le territoire avant la colonisation britannique de prouver leur appartenance pré-colonisation. Cette loi prive aussi les enfants nés sur le sol birmans de devenir des citoyens à part entière. Avec le coup d’État militaire de 1962, l’idée de l’identité birmane qui serait liée au bouddhisme a été davantage cultivée, excluant davantage les musulmans comme l’interdiction d’accéder à la fonction publique.

Une nouvelle loi, dite de 1982, remplace la loi de 1948 et octroi une carte rose pour les birmans de « sang pur » et une carte bleue pour les musulmans. Même la conversion d’un musulman au bouddhisme ne suffit pas à obtenir la carte rose et à être considéré comme un citoyen birman. Cette loi exclu la totalité des musulmans présent sur le territoire, des ethnies considérés comme birmanes. La construction de nouvelles mosquées sont interdites et l’entretient de celles existantes le sont aussi. En 2006, trois mosquées ont été détruites à Yenangyaung, à Chauk et Saku lors de violences entre bouddhistes et musulmans, et les autorités locales ont interdits leur reconstruction. Ces violences ont lieux suite à des rumeurs de jeunes femmes bouddhistes qui auraient été violé et des agitateurs, souvent de connivence avec les autorités locales, incitent à des représailles. Cette exclusion est dû à la définition que donne l’État birman à sa population, à savoir une prédisposition du birmans au bouddhisme.

Quand est-il des rohingya ?

Le gouvernement birman considère que le Pakistan (qui possédait le Bangladesh actuel) aurait servit de base de repli stratégique à des musulmans lors de la révolte des mujahid. De plus, le Pakistan en aurait profiter pour laisser filtré à la frontière des millier d’habitant de la province de Chittagong pour retourner l’équilibre démographique de la région. Depuis le 11 septembre 2001, les rohingya ont été suspectés d’être de possible terroristes islamique, certains occidentaux, comme Van Wonterghem, un enseignant Belge à l’Université de Delhi en Inde), ont été jusqu’à affirmé, sans preuves, que les rohingya formaient des moudjahidin dans les camps de réfugié. Dans sa stratégie exclusion, l’Etat birman pousse les rohingya a obtenir des soutiens étranger, ce qui lui permet de justifier que ces musulmans ne sont pas des birmans mais des agent de l’ouest asiatiques qui auraient pénétrés sur le territoire pour le déstabiliser. C’est ce que déclare le porte parole de l’Etat birman, en 1992, aux Nations Unies qui reprochait au régime de priver les rohingya de leur nationalité.

Depuis 1988, les musulmans du nord de l’Arakan (région du sud-ouest de la Birmanie, proche de la frontière avec le Bangladesh) sont soumis à un contrôle renforcé et il leur aient interdit de quitter la région. Pour chaque déplacement, ils subissent des démarches administrative très lourdes qui ont de fortes chances de ne pas aboutir. L’accès à l’école est un luxe que peu peuvent se payer. N’étant pas autosuffisante en production de céréales, le nord de l’Arakan a un besoin de faire importer le riz, ce que l’Etat birman leur interdit. D’autres mesures sont prises pour empêcher la prolifération des rohingya, le contrôle des naissances et l’interdiction de se marier sans l’autorisation du commandant militaire local. En 1988, le gouvernement n’autorise que 3 mariages par village et les frais de dossier qui sont exigés augmente de plus en plus avec le temps. L’État tente aussi de faire fondre la communauté musulmane en organisant l’exode massive de bouddhistes dans le nord de l’Arakan dans des villages, ce qui accentue les tensions et les pogroms à l’encontre des musulmans. Ces exodes sont suivi d’expropriation de musulmans et ces derniers ne sont pas relogé.

Pour le gouvernement, cette mise à l’écart constitue un avertissement à la possible migration de musulmans du Bangladesh en territoire birman. Le nord de l’Arakan constitue un cordon sanitaire, permettant de filtré cette possible immigration.

 

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*Province du sud-ouest de la Chine

**Atlas des minorités musulmanes en Asie méridionale et orientale – Pages 130 et 131

Téléchargement : Pourquoi la Oumma n’a pas pu secourir la Palestine ?

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L’Observatoire des islamologues de France a rédiger un article concis sur les causes de l’humiliation des palestiniens et plus largement de la communauté musulmane.

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Téléchargement : Les origines coloniales du drapeau palestinien !

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Le drapeau palestinien a été créé par les colonisateurs occidentaux après avoir insufflé le nationalisme chez les musulmans pour briser le lien qui les unissaient  au delà de leur appartenance ethnique.

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LES CHAPITRES DU LIVREDrapeau

  • Le drapeau palestinien
  • Les autres drapeaux arabes
  • Évolution du drapeau libyen
  • Évolution du drapeau syrien
  • Évolution du drapeau yéménite

Hassan Al-Banna : Qu’est-ce que l’Islam ?

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10176088_634713753248621_1653784020_n« Nous pensons que les règles de l’islam et ses enseignements englobent tous les aspects de la vie des gens, ici bas et dans l’au-delà. Et que ceux qui supposent que ces enseignements se limites à l’aspect cultuel ou spirituel sans les autres domaines sont dans l’erreur car l’islam est foi et adoration, patrie et nationalité, religion et État, spiritualité et action, Coran et épée. Tout dans le Coran exprime cela et en fait l’essence de l’islam en recommandant d’être sincère et fidèle dans l’ensemble de ces domaines.

L’islam est une organisation complète qui englobe tous les aspects de la vie, c’est tout à la fois un État et une nation ou encore un gouvernement et une communauté, c’est également une morale et une force ou encore le pardon et la justice. C’est également une culture et une juridiction ou encore une science et une magistrature. C’est également une matière et une ressource ou encore un gain et une richesse. C’est également une lutte dans la voie de Dieu et un appel ou encore une armée et une pensée. C’est enfin une croyance sincère et une saine adoration. L’islam c’est tout cela de la même façon. »

Hadroug Mimouni : La déislamisation de l’Algérie lors la colonisation française !

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« On entreprit systématiquement la déculturation. Sur la centaine de mosquées-écoles à Alger ville, on ne laisse que quatre aux musulmans. Les autres furent soit transformées en églises, en écuries, en hôpitaux, en dépôts, soit détruites tout simplement. La première décision des occupants a été de déclarer biens de l’état français, tous les Waqf d’Algérie. Tout ce que les Algériens avaient amassé pendant des siècles pour l’entretien de leur religion et de leur culture fut volé par cette décision. L’état français se substituera aux autorités religieuses musulmanes et nommera les Imams. Vers 1910, il n’y aura plus que six Imams émargeant aux Waqf. Les « affaires religieuses » seront du ressort d’une « commission spéciale » dont le dernier président, en 1940, était Michel le juif. Malgré sa situation matérielle catastrophique, le peuple algérien voudra construire de nouvelles mosquées-écoles pour n’être pas à la merci du conquérant pour ce qui est du domaine spirituel. L’administration française prendra d‘innombrables décisions pour l’en empêcher. L’autorisation de construire exigera tellement de papiers que lorsqu’on obtient le dernier, le premier est périmé. On interdira l’ouverture de toute école coranique à moins de six kilomètres d’une école française. Dans toutes les localités, les français ouvriront des écoles réservées à leurs fils et là où il n’y avait pas de population française, on ouvrira une classe pour la forme. Comme dans le nord du pays les villages ne sont pas trop éloignés les uns des autres, il était devenu impossible d’ouvrir une école coranique. Les quelques écoles ouvertes dans les douars étaient semi clandestines. De plus, dans les écoles, il était absolument interdit de faire autre chose que d’apprendre le Coran aux enfants. Dans le cas où l’enseignant donne des notions de grammaire, l’autorisation lui était retirée ; ne parlons pas d’histoire ou d’éducation religieuse, cela pouvait conduire en prison.

Cette autorisation était personnelle et pour un lieu déterminé. Et c’est ainsi qu’en Algérie, ou la population en 1830 savait lire et écrire en arabe à 90 %, il n’y avait pas un siècle après 1 % dans cette situation.

L’enseignement du français a été « prodigué » à partir de 1900 seulement et n’a pas touché 5 % de la population, et ce jusqu’à 1945. »

L’Islam agressé de Hadroug Mimouni aux Editions Enal, 1990

Source : http://alfutuhat.com/index.html

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Anâ-Muslim : 7 musulmans ouighours tués 139 autres arrêtés par les colons chinois

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Les colonisateurs chinois ont annoncés ce mercredi 09  octobre,  lors d’une conférence officielle, avoir arrêtés plus de 139 musulmans ouighours dans la région occupée du Turkistan Orientale (appelée Xinjiang par les colons chinois et les médias occidentaux), depuis le mois d’aout. Les 139 ouighours de cette région turcophones, ancien émirat islamique envahit et colonisé par les colons chinois depuis le début du XX ème siècle , sont accusés par les forces d’occupation de « propager l’extrémisme religieux voir le Jihad » c’est à dire d’avoir prêché l’Islam selon la Sunnah, il faut savoir que pour les colons inquisiteurs le seul fait d’enseigner le Coran et pire son exégèse ou les Hadith prophétiques est considéré comme du Jihad et une « activité militante pouvant nuire à la sécurité de l’état ». Dans cette région islamisée dès le VIII ème siècle sous le Califat Ommayade  (avec le célèbre émir Qutaybah ibn Muslim) puis Abbasside, l’occupation chinoise interdit l’accès des mosquées et l’enseignement de l’Islam aux mineurs, oblige la présence d’affiche du Parti Communiste dans les mosquées, force les travailleurs à manger pendant le Ramadhan, chose que même les sionistes n’ont pas oser faire en Palestine.

L’occupation chinoise tente aussi de coloniser la région musulmane riche en matière première et donc vitale pour la Chine, en faisant venir des millions de chinois d’ethnie Han, dont de nombreux anciens délinquants afin d’inverser la démographie et de faire en sorte que les Ouighours musulmans, les vrais Turkistanais, soient minoritaires dans leur propre pays.

Le 7 octobre, 7 musulmans ouighours été abattus dans plusieurs opérations de police chinoise dans la région occupée, 4 d’entre eux ont été tués par les policiers car ils s’étaient réunis illégalement, et début octobre 3 ouighours été condamnés à mort pour leurs activités religieuses.

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Carte du Turkistan Oriental occupé par la Chine depuis le siècle dernier

A l’été 2009 suite à un massacre de musulmans ouighours dans une usine, la région avait connue une grande révolte qui avait été écrasée dans le sang avec plusieurs milliers de morts selon les associations ouighours, 200 selon les colons chinois, et plusieurs dizaines de milliers de musulmans ouighours avaient été arrêtés, ils ont depuis disparus, certains ont été exécutés mais la majorité d’entre eux seraient dans des camps de concentration ou de travaux forcés.

Les musulmans du Turkistan Occupé sont une partie malheureusement oubliée de la Oummah, l’oppression , notamment sur le plan religieux, qu’ils subissent est telle que  la seule comparaison possible serait le sort des Rohingyas musulmans de Birmanie. Le Turkistan Orientale Islamique voit ses matières premières pillées par la Chine, ses villes historiques colonisés par les chinois et ses mosquées et madrassas , souvent millénaires , fermées par les colons. Même les sionistes n’ont pas fais preuve d’autant de cruauté et de haine envers l’Islam face à nos frères et sœurs palestiniens.

En ces jours bénis de Dhil Hijja n’oublions pas les musulmans du Turkistan Orientale dans nos invocations notamment dans nos prosternations, et partageons les informations sur leur sort afin de sensibiliser la Oummah francophone  à cette terrible tragédie.

Drapeau du Turkistan Oriental Islamique
Drapeau du Turkistan Oriental Islamique

Source : http://www.ana-muslim.org/7-musulmans-ouighours-tues-139-autres-arretes-les-envahisseurs-chinois/

Anâ-Muslima : Le voile et la femme musulmane dans l’Histoire

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L’Histoire est l’une des meilleures clefs qui peut nous servir à décoder ce qui se passe aujourd’hui

بسم الله الرحمن الرحيم

Au nom d’Allah, Le Tout-Miséricordieux, Le Très-Miséricordieux

« Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. Allah est Pardonneur et Miséricordieux. »

[Sourate 59 al-Ahzab. (Les Coalisés), verset 33]

L’Histoire est l’une des meilleures clefs qui peut nous servir à décoder ce qui se passe aujourd’hui. A l’heure où les femmes portant le hijab/niquab en France et en Belgique connaissent une vague d’agressions autant physiques que symboliques très violentes desquelles le système (politique) se détourne complètement, il serait fort utile de se pencher sur les origines de ce problème en remontant dans l’histoire pour mettre en évidence les relations entre le système, ses fondateurs idéologiques, ses institutions, et les femmes musulmanes en particulier.
Nous arriverions alors à dénouer certains des nombreux nœuds qui nous obstruent la gorge, à mieux comprendre les tenants et aboutissants de notre condition de musulman-e-s vivant en occident, et à nous défrustrer de sorte à pouvoir mieux (ré)agir ensuite.

Aux origines culturelles du système occidental : l’époque des Lumières (1)

Selon la définition la plus courante, les Lumières seraient un mouvement culturel et philosophique qui émerge dans la seconde moitié du XVIIe siècle sous l’impulsion de philosophes comme Locke, Montesquieu, Rousseau et Voltaire avant de se développer dans toute l‘Europe, et notamment en France, au XVIIIe siècle. On a donné à cette période le nom de « siècle des Lumières ». Par leur « engagement contre les oppressions religieuses et politiques », les membres de ce mouvement, qui se voyaient comme une élite avancée œuvrant pour un progrès du monde, combattant l’irrationnel, l’arbitraire, l’obscurantisme et la superstition des siècles passés, ont, à ce qu’il parait, procédé au renouvellement du savoir, de l’éthique et de l’esthétique de leur temps.
Ok, on retient !

Nous commencerons par constater que dès le début de la période des Lumières, au XVIIe siècle avec les publications de Chardin, Tavernier, et d’autres, et surtout la traduction du conte des « Mille et Une Nuits », les deux représentations les plus courantes de la femme musulmane dans la littérature française sont : -son enfermement dans les chambres du harem , -le rapport femme-eunuque dans le sérail.
Reprenons quelques citations des grands auteurs des Lumières où ils y évoquent les femmes du monde musulman :

Rousseau : « Le harem est une prison, les femmes y sont esclaves, amoureuses éperdues de leurs hommes, et gardées par les eunuques qu’elles haïssent. ».

Montesquieu : « La première porte du sérail est gardée par des huissiers du roi ; quiconque a affaire du palais et les gens de qualité y passent librement. La seconde porte est gardée par le capitaine de la porte, avec plusieurs domestiques et plusieurs gardes, et il n’y a que les officiers de la maison du roi qui puissent passer, à moins d’être mandés exprès. La troisième est gardée par les eunuques, et de celle-ci, il n’est pas permis d’en approcher à vue. Véritablement, il faut être au-dessus pour la voir (…) ».

Et Montesquieu était au-dessus apparemment…

L’image de la femme musulmane comme victime y est toujours liée à la terreur et à l’oppression d’une part, et à l’assouvissement des plaisirs charnels des seigneurs d’autre part.
Gardons à l’esprit que Montesquieu était radicalement opposé au droit de vote et à la participation politique des femmes en France…

Chardin : « Ce sont des femmes-objets soumises à la volonté du maître absolu. »

Voltaire : « Les Circassiens, qui sont pauvres et dont les filles sont belles, fournissent en beauté les harems du Grand Seigneur, du Sophie de Perse et de ceux qui sont assez riches pour acheter et pour entretenir cette marchandise précieuse. »
On sent bien dans ce passage le paradoxe entre la dénonciation et la fascination, voire même le désir de l’auteur.
Rousseau et Diderot parlent eux d’« Hourris des Harems » ou encore de « Sérail des Hourris » confondant ainsi les femmes musulmanes et les Hourris citées dans le coran, ce qui en dit long sur leur état de fantasmagorie. Mais c’est trop d’honneur pour nous, Messieurs Rousseau et Diderot.
Tous ces auteurs racontent donc des scènes et détaillent des endroits qu’ils décrivent eux-mêmes comme étant inaccessibles si ce n’est aux seigneurs… Ils rapportent en réalité des rêves ; celui de « l’Orientale » exotique, beurette d’époque oppressée par son barbare de mari polygame qu’il faut absolument aller civiliser….

Ils sont aussi obsédés par le divorce, la polygamie, le rapport entre les hommes (très souvent eunuques, de sorte à bien travailler la castration imaginaire des musulmans) et les femmes, ou encore la « liberté » des femmes. Ils utilisent le Sérail comme élément d’analogie politique ; la servitude fantasmée des femmes musulmanes est systématiquement liée à la servitude politique. La polygamie est d’ailleurs considérée par Chardin comme le principal levier de conquête des musulmans.

Mais le plus intéressant reste tout de même l’évolution de la considération de la femme par l’occident en fonction de son état idéologique : quelques siècles auparavant, l’Islam était considéré par l’Europe chrétienne conservatrice comme une religion de débauche et de libertinage où les femmes avaient droit au divorce et à l’indépendance financière. Il sera considéré comme rétrograde et oppressant dès lors que l’idéologie européenne aura amorcé la dernière phase de son détachement de Dieu et du religieux.

Pour faire le lien entre ces éléments d’histoire et la situation qui nous préoccupe dans cet article, j’utiliserais l’extrait suivant écrit par Sadek Neaimi :

« Ce maître (de Harem) n’est-il pas qu’une image pour les hommes du XVIIIe siècle qui se sentent frustrés à cause de l’éducation sexuelle héritée du christianisme faisant de la femme la cause du pêché originel. (…) Or il semble que cette femme-objet ne soit qu’une symbolique de l’Etat de la femme française et occidentale du XVIIIe siècle. A travers les femmes du Sérail, Montesquieu critique les pratiques sexuelles de son temps. » […] « Or cette idée de l’enfermement des femmes dans la société musulmane n’est pas une invention du XVIIIe siècle, elle remonte au XVIe siècle et se voit confirmée par les voyageurs du Levant à l’âge classique. Ce n’est, chez les philosophes, particulièrement Montesquieu, qu’une image stéréotypée des femmes musulmanes. Le discours du XVIe siècle « anti-turc » trouve ainsi un écho dans les écrits des Lumières, mais utilisé pour satisfaire le goût de l’exotisme et faire des histoires de sérails une littérature érotique, et peut-être aussi pour conforter par contraste la condition féminine en Europe : la femme occidentale se sentant privilégiée face à sa consœur musulmane. »
Il est donc en réalité logique que la haine que ces idéologues avaient contre l’islam ait percolé à travers le temps et l’évolution des théories politiques qu’ils ont contribué à développer et qui régissent les sociétés dans lesquelles nous vivons aujourd’hui.

A titre anecdotique, l’expression selon laquelle « les femmes musulmanes ne sortent que deux fois dans leur vie : à leur mariage et à leur mort » et que l’on entend parfois citée à tort comme un hadith du Prophète Mohamed (salla Allahu ‘alayhi wa sallam) date en réalité de cette époque et vient d’auteurs des Lumières.

Les femmes musulmanes dans l’art à la période des Lumières (XIXe siècle) (2)

Nous nous attarderons quelques instants aussi sur la représentation de la femme musulmane dans l’art à l’époque des Lumières (XIXe siècle) car cela nous permet d’imager la conception idéologique des Occidentaux envers le monde musulman et ses femmes en particulier. Les analogies que l’on peut faire avec les mentalités des Occidentaux aujourd’hui sont frappantes.
En effet, pour la société française du XIXe siècle, l’Orient, plus que jamais au goût du jour, devient le lieu de transgression de l’ordre, et très précisément de l’ordre moral. Cette transgression demande l’appropriation des lieux qui serviront à mettre en scène, de l’histoire et des mythes qui donneront un prétexte aux artistes, des femmes en particulier qui deviendront le sujet obsessionnel des tableaux orientalistes et de harems imaginaires.
Dans les célèbres et très courantes scènes de bains par exemple, les orientalistes donnent à voir l’assoupissement, l’inaction, l’enchevêtrement des corps tortueux des baigneuses. La lumière est sombre, ce qui laisse imaginer que la scène se déroule dans un endroit mystérieux aux couleurs et décors renvoyant à l’orient, et même intime vu la promiscuité des personnages. Or les femmes représentées ne ressemblent pas à des indigènes mais bien à des femmes blanches. Les esclaves y figurant, selon un schéma de femmes de couleur noire, sont également représentées selon une vision occidentalo-colonialiste (les domestiques du monde arabo-musulman étaient d’origines très diverses). Dans les tableaux, il y a toujours (et la fréquence est très frappante) un tissu-voile qui traîne quelque part autour des femmes dénudées insinuant ainsi qu’elles étaient bien couvertes avant d’être nues…

Pourtant, comme le fit Lady Montague, épouse de l’ambassadeur anglais à Istanbul en 1717, dans ces célèbres lettres adressées au peintre Ingres, certaines femmes occidentales de l’époque qui avaient eu l’occasion, lors d’expéditions, d’entrer dans les bains maures, avaient expliqué aux peintres que leurs représentations ne coïncidaient pas à la réalité, que les femmes n’étaient pas entièrement nues dans les hammams, que ceux-ci grouillaient d’enfants courant partout, que le voile assurait l’indépendance des musulmanes !!!! Mais aux auteurs d’ignorer totalement les remarques et de continuer à faire vivre dans leurs œuvres artistiques leurs fantasmes sur les femmes musulmanes.

Il en est tout autant pour les scènes de marchés d’esclaves et celles de guerre où la situation des femmes représentées en dit très long sur les représentations idéologiques ou schémas mentaux de l’époque par rapport aux femmes musulmanes et où le monde musulman évoque à la fois fascination, répulsion et effroi.

En fait, la vision de l’Orient résultant des œuvres orientalistes est plutôt un certain regard de l’Occident sur l’Orient : ce que beaucoup croient être des documents témoins ne sont en réalité que rêveries et des représentations empreintes de subjectivité où l’obsession de libération des femmes du monde musulman est non seulement très présente mais elle continue d’évoluer selon l’évolution idéologique du monde occidental encore aujourd’hui.

Les femmes présentées sont des modèles classiques conformes aux « canons européens de la beauté féminine », et non pas de véritables personnages issus de l’Orient et ces  « personnages-leurres » ont depuis longtemps revêtu la forme d’icônes des harems dans l’esprit occidental. Roger Bezombe affirmait qu’en Orient germèrent les croyances les plus puissamment organisées et les philosophies les mieux raisonnées. L’idolâtrie y créa, selon lui, des monstres de magnificence et de beauté plus que des chefs-d’œuvre. Mais à bien y penser, même les images tentant de reproduire une réelle vérité de l’Orient ne pourraient jamais le faire véritablement tant elles sont dépendantes du contexte idéologique duquel elles relèvent. Les images de l’Orient sont en quelque sorte le produit des normes figuratives, des codes idéologiques représentant la vision unique et « monoculaire » de la société qui les créé. Et tout cela nous rappelle bien des éléments qui nous sont très contemporains…
Et si jusque-là il ne s’est agi que d’articulation de mots, d’idées et de fantasmes, la colonisation physique et l’occupation du monde musulman par l’occident donnera lieu à une toute autre relation avec les femmes musulmanes comme nous le verrons au point suivant ; on passe du rêve à la réalisation du rêve… par la violence !

Photo de Marc Garanger, photographe colonial. Il obligeait les Algériennes à se dévoiler, parfois avec l’aide des militaires, en utilisant la force contre elles et leur entourage. Il était encore exposé à Paris en 2012.
Photo de Marc Garanger, photographe colonial. Il obligeait les Algériennes à se dévoiler, parfois avec l’aide des militaires, en utilisant la force contre elles et leur entourage. Il était encore exposé à Paris en 2012.

« Je savais que c’était un acte policier épouvantable, souligne Marc Garanger. Mais immédiatement je me suis rappelé les photos de l’Américain Edward Curtis qui avait photographié à la fin du 19e siècle les indiens bousillés par le peuple américain. Je me suis dit que c’était l’histoire qui recommençait. Donc je n’ai pas fait des photos d’identité mais des portraits en majesté cadrés à la ceinture pour rendre à ces femmes toute leur dignité. ». (C’est donc lui qui décidait de ce que devait être la dignité de ces femmes…)
«Dans chaque village, Marc Garanger faisait assoir les femmes sur un tabouret contre le mur blanc de leur maison. Pas de paroles. Pas de protestation. Saisies dans leur intimité, les femmes se pliaient aux ordres sans broncher. Au début, elles faisaient tomber sur leurs épaules le morceau de tulle qui voilait leur visage mais gardaient le cheich enroulé autour de la tête, puis elles ont été forcées à tout enlever. «Après avoir vu mes premières photos, le commandant a demandé à ce que les femmes soient complètement dévoilées. Il m’a dit : « quand on se fait photographier, on enlève son chapeau » ! C’était un pas de plus dans l’agression et ça se lit dans le regard de ces femmes. A l’exception des plus jeunes qui étaient sans doute plus apeurées, elles m’ont foudroyé du regard. Mais je savais ce que je faisais.».
(http://www.tv5.org/cms/chaine-franco…du-regard-.htm).

Pour rappel, comme écrit en introduction, les membres du mouvement des Lumières se voyaient comme « une élite avancée œuvrant pour un progrès du monde, combattant l’irrationnel, l’arbitraire, l’obscurantisme et la superstition des siècles passés, et étaient sensés procéder au renouvellement du savoir, de l’éthique et de l’esthétique de leur temps »…
Hum !

Les femmes musulmanes et la colonisation des XIX et XXe siècles.

Après un petit saut de quelques décennies à peine dans l’Histoire nous arrivons à la période la plus noire de la colonisation du monde musulman. Mais avant de passer au traitement réservé aux femmes musulmanes par l’autorité coloniale à travers l’exemple de l’occupation de l’Algérie, nous allons nous intéresser un instant au cas de la Turquie, et surtout d’Atatürk (3).

Car après la chute de l’Empire Ottoman, une nouvelle forme de colonisation par l’esprit se met en place : des personnalités locales sont choisies et mises à la tête des pays dont les frontières sont le pur fruit d’accord entre colons occidentaux, et ce pour permettre une colonisation plus « douce ».
Atatürk, qui faisait donc partie de ces personnalités, est considéré par ses homologues européens de l’époque comme un moteur de démocratisation, d’émancipation, etc. Il va pourtant très tôt faire passer des ordonnances sans concertation ; il va prohiber le port du foulard sans législation, pour éviter « la guerre civile » de ses propres mots. Or s’il anticipe une guerre civile c’est que manifestement son peuple est contre. Dans ce cas, pourquoi le prohibe-t-il ?

Son cas personnel nous aidera à comprendre : il épouse en 1923, Latifé Usakghil, une très brillante intellectuelle musulmane féministe ayant fait ses études en Allemagne et en France et parlant 4 langues. MAIS ! … elle portait le foulard !

attaturk
Latifé Usakghil et Mustafa Kemal Atatürk

Atatürk va subir des pressions de la part des autorités françaises et britanniques l’incitant à adopter l’image de la femme occidentale pour sa nation. Il tentera d’obliger sa femme à retirer son foulard et à s’habiller comme un homme.
Latifé connaissant bien le monde occidental pour y avoir vécu, refuse et, par ailleurs, milite avec ferveur et tente de faire adopter dans la loi le droit de vote aux femmes.
Deux ans après leur mariage, Atatürk, n’arrivant pas à faire céder son épouse et toujours sous l’injonction de la France et de l’Angleterre, divorce d’elle. Latifé sera ensuite empêchée par les pressions d’Atatürk, de la famille de ce dernier après sa mort, et avec l’aide de la France et de l’Angleterre, de toute communication vers l’extérieur jusqu’à son décès en 1975.
Ces nouvelles pouvant porter atteinte à son image de démocrate laïque moderniste, Atatürk va, pour masquer l’affaire, accorder le droit de vote aux femmes en 1934, soit plus de 20 ans avant la France !
On comprend alors qui était derrière l’interdiction du port du hijab allant à l’encontre de la volonté du peuple, et surtout, ce qu’il y a derrière des concepts comme la démocratie, développés et exportés par les Occidentaux vers les colonies et néo-colonies, ainsi que derrière ces pseudo-valeurs dites de liberté, d’égalité, etc.
Nous arrivons ensuite au temps fort de la colonisation du monde musulman au Maghreb.

Dans cette partie, nous nous référerons essentiellement aux écrits de Frantz Fanon sur l’Algérie (4) puisque l’analyse qu’il a faite du sujet qui nous occupe ici, développé au moment même de l’occupation, est très pertinente. Nous précisons néanmoins que la situation coloniale au Maroc et en Tunisie était sensiblement identique.
Comme développé plus haut, les Français prennent connaissance de la culture algérienne à travers l’habillement, les reportages et les documents artistiques, etc. Le voile dont se drapent les Algériennes et qui y occupe une place très importante délimite à la fois la société algérienne et sa composante féminine.

A partir des années 1930-1935, le combat décisif est engagé. Les responsables de l’administration française en Algérie, préposés à la destruction de l’originalité du peuple, chargés par les pouvoirs de procéder coûte que coûte à la désagrégation des formes d’existence susceptibles d’évoquer de près ou de loin une réalité nationale, vont justement porter le maximum de leurs efforts sur le port du voile.

L’administration précise en ce sens : « Ayons les femmes, le reste suivra ! », et « Si nous voulons frapper la société algérienne dans sa contexture, dans ses facultés de résistance, il nous faut d’abord conquérir les femmes ; il faut que nous allions les chercher derrière le voile où elles se dissimulent et dans les maisons où l’homme les cache. »

La situation de la femme deviendra alors le thème d’action principal de la France coloniale : « L’administration coloniale veut défendre solennellement la femme humiliée, mise à l’écart, cloîtrée » …
Tiens donc ! On en entend encore très souvent des comme celles-là, de nos jours.
C’est la période d’effervescence et de mise en application de toute une technique d’infiltration au cours de laquelle des meutes d’assistantes sociales et animatrices d’œuvres de bienfaisance se ruent sur les quartiers arabes.

Dans une stratégie d’éclatement des cellules familiales algériennes orchestrée par l’armée, les femmes algériennes sont invitées à jouer un « rôle fondamental, capital » dans la transformation de leur sort. On les presse de dire non à la sujétion séculaire. On leur décrit le rôle immense qu’elles ont à jouer. L’administration coloniale dépensera des sommes gigantesques dans ce combat.

propagande-algérie

On demandait souvent au travailleur algérien, au moment des entretiens d’embauche, si sa femme portait le voile. Son engagement dépendait de la réponse donnée. Et pour être vraiment sûr de la réponse au cas où il répondait non, des fêtes de noël étaient organisées et les travailleurs y étaient invités à venir avec leurs épouses.
Et alors que la discrimination à l’école envers les petits Algériens était très forte, l’administration trouve un intérêt soudain à la scolarisation des jeunes filles. Des sommes astronomiques qui nous rappellent les montants des subsides colossaux attribués à certaines associations que nous connaissons bien sont débloquées pour « éduquer » et « émanciper » les jeunes filles.
Malgré tous ces efforts, les Français n’arrivent pas à leurs fins : « L’islam tient sa proie ».
Aussi, alors qu’on reproche aux Algériens de retenir tant de beauté, les Européennes vont ressentir une certaine inquiétude devant certaines femmes algériennes dévoilées, qui avec une rapidité étonnante et une aisance insoupçonnée, réalisent de parfaites occidentales: « Frustrées devant le voile, elles éprouvent une impression analogue devant le visage découvert (…) La satisfaction de diriger l’évolution, de corriger les fautes de la dévoilée est non seulement retirée à l’Européenne, mais elle se sent mise en danger sur le plan de la coquetterie, de l’élégance, voire de la concurrence par cette… novice muée en professionnelle transformée en propagandiste (…) « Décidément ces femmes dévoilées sont tout de même des amorales dévergondées. », diront les européennes ».
L’intégration, pour être réussie, semble bien devoir n’être qu’un paternalisme continué, accepté.

Frantz Fanon était psychanalyste et recevait régulièrement des Français en thérapie, ce qui lui octroya une certaine expérience dans la psyché des Européens. Il constate par exemple que le fantasme du viol de la femme algérienne est fort présent dans les rêves d’Européens : « L’Européen rêve toujours d’un groupe de femmes, d’un champ de femmes, qui n’est pas sans évoquer le gynécée, le harem, thèmes exotiques fortement implantés dans l’inconscient. »
Le voile y a une place très particulière : « C’est ainsi que le viol de la femme algérienne, dans le rêve de l’Européen, est toujours précédé de la déchirure du voile. On assiste là à une double défloration. »

Pendant ce temps et suivant le contexte de violence croissante, les femmes algériennes demandent rapidement à rejoindre les rangs de la résistance armée. Les Algériennes engagées apprennent à la fois d’instinct leur rôle de femmes seules dans la rue et leur mission révolutionnaire. Elles transportent des documents, des denrées, des armes, sous leur long haïk. Les Français vont s’en rendre compte et littéralement se déchaîner sur les femmes algériennes. Des centaines d’entre elles sont torturées dans les geôles coloniales.

Les résistantes, par stratégie, décident alors de se dévoiler pour ressembler au modèle français de femme algérienne; « Porteuse de revolvers, de grenades, de centaines de fausses cartes d’identité ou de bombes, la femme algérienne dévoilée évolue comme un poisson dans l’eau occidentale. Les militaires et les patrouilles françaises lui sourient au passage. Des compliments sur son physique fusent çà et là, mais personne ne soupçonne que dans ses valises se trouve le pistolet-mitrailleur qui, tout à l’heure, fauchera quatre ou cinq membres d’une des patrouilles. »
Après 1957, l’adversaire se rend compte, certaines ayant parlé sous la torture, que les femmes algériennes très européanisées d’aspect, jouent un rôle fondamental dans la bataille. Des femmes européennes sont aussi arrêtées parmi les résistantes, au grand désarroi des Français. Il devient urgent de dissimuler le paquet au regard de l’occupant et de se couvrir à nouveau du haïk protecteur. On ne fera plus de discrimination entre les Algériennes : toutes sont suspectes…

meurtre

D’autres formes d’humiliation verront le jour. Le colonialisme français va rééditer à l’occasion du 16 mai 1958 sa campagne d’occidentalisation de la femme algérienne; des domestiques menacées de renvoi, de pauvres femmes arrachées de leurs foyers, des prostituées sont conduites sur la place publique et symboliquement dévoilées au cri de « vive l’Algérie française ! » …

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Ces scènes nous rappellent douloureusement celles où les directions d’écoles s’érigent devant leur établissement en gardien de l’ordre dominant, vomissant sans arrêt sur les jeunes musulmanes l’injonction de se dévoiler…
Frantz Fanon rapporte que « Spontanément et sans mot d’ordre, les femmes algériennes dévoilées depuis longtemps reprennent le haïk, affirmant ainsi qu’il n’est pas vrai que la femme se libère sur l’invitation de la France et du Général de Gaulle ».

A travers ces exemples nous avons pu prendre conscience de combien le voile a une valeur très importante pour le groupe social musulman et, dans un contexte de lutte, devient un mécanisme de résistance.
L’Algérienne, en quarante-huit heures, a bousculé toutes les pseudo-vérités que des années « d’études sur le terrain » avaient, pouvait-on croire, confirmées. En effet, l’effervescence et l’esprit révolutionnaires sont entretenus par la femme au foyer ce qui a bien montré que la guerre révolutionnaire n’est pas qu’une guerre d’hommes ! « Côte à côte avec nous, nos sœurs bousculent un peu plus le dispositif ennemi et liquident définitivement les vieilles mystifications de la musulmane arabe soumise. »

L’immigration économique des Indigènes issus des colonies vers l’ Europe

C’est pendant la fin de la colonisation que les premiers immigrés algériens, marocains et tunisiens arrivent en Europe Occidentale. Après les indépendances théoriques de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie, la France a quand même un intérêt économique à garder cette immigration. Celle-ci est extrêmement discrète et vit dans des ghettos : les immigrés « rasent les murs ».
La France attendra de cette immigration qu’elle retourne chez elle mais ce retour n’aura pas lieu. C’est le moment de transformer cette immigration économique initiée par les états coloniaux eux-mêmes en problèmes; la télévision ayant fait sa grande entrée dans les foyers européens, de 1960 à 1970 on y entretiendra l’image selon laquelle l’immigré est différent du Français et que ce dernier a intérêt à ce qu’il en reste ainsi. C’est aussi à ce moment que l’immigré devient le musulman suivant un schéma de construction d’un islam totalement imaginaire (5); l’étape première et majeure dans la construction de cet islam imaginaire se joue entre le milieu des années 1970 et la fin des années 1980 où deux phénomènes concomitants vont inciter le regard médiatique à s’intéresser tout particulièrement à l’islam : l’évolution de la situation internationale d’abord avec la crise pétrolière, et la très spectaculaire révolution iranienne.

Les profits économiques de la France sont mis à mal. Les mouvements de gauche se sentent trahis après le soutient qu’ils avaient porté à la révolution iranienne. Il faut diaboliser les responsables !
En 1989, éclate l’affaire Rushdie, et la première « affaire des tchadors » dans un collège de Creil. Cette polémique est justement lancée par la gauche trahie, quasiment par vengeance.
Les principes de « valeurs de la République » et de « laïcité » y sont mis en exergue. L’image du « bon musulman » arrive : sont « bons musulmans » ceux qui se positionnent en faveur de Rushdie et contre le foulard, et sont « intégristes » ceux qui sont contre Rushdie et contre l’interdiction du foulard.

Le 9 novembre 1989, c’est la chute du mur de Berlin et pendant que la France se questionne sur son identité dans le contexte mondialisé alors que la deuxième génération d’immigrés revendique son identité islamique. C’est le début de la crise aigue !
L’exclusion des « trois tchadors » du collège de Creil relève de la plus haute symbolique : on a exclu l’Iran du champ de vision de la France.
Les interdictions se multiplient et les arguments d’émancipation sont toujours à l’ordre du jour. Quand les filles voilées deviennent émancipées, c’est qu’elles seront devenues des outils de manipulation intégriste. Quand les filles émancipées dévoilées dénoncent la discrimination faite à leurs sœurs, c’est qu’elles sont influencées… !
L’évolution du vocabulaire pour identifier le foulard est tout à fait emblématique de la posture française : on passe du tchador iranien durant et après la révolution iranienne, à la burqa depuis l’invasion américaine en Afghanistan.
Il faudrait en réalité un ouvrage entier pour exposer l’évolution de notre situation depuis 1975. Nous la résumerons par l’image suivante :

liberté-égalité

… c’est que cette liberté, égalité et fraternité ne t’ont jamais été destinées, ô jeune musulmane !
Soit !

Pour conclure, nos contemporains n’ont en réalité rien inventé, l’histoire ne fait que se répéter depuis des siècles et à chaque obstacle politique que vit l’Occident, la question de l’islam, et tout particulièrement du voile (et donc des femmes), est manipulée à des fins de propagande politique. L’immigration, comme la question socio-économique, comme le contexte politique international ne sont que des pivots autour desquels les dominants articulent leurs positions contre l’Islam profondément ancrées en eux et en le système qu’ils animent et qui les anime.
Il est donc plus que nécessaire pour nous de replacer la lutte là où les abus ont commencé il y a des siècles et perdurent,en s’amplifiant aujourd’hui ; sur le plan idéologique !
Nous devons impérativement arrêter de nous mentir en pensant que ce n’est que parce que les autres ne nous connaissent pas et ont peur qu’ils nous considèrent de la sorte. Ces autres nous connaissent bien, du moins son élite, et depuis très longtemps comme nous le montre l’histoire! Il n’est d’ailleurs pas anodin de constater que l’écrasante majorité des agressions que connaissent les sœurs aujourd’hui trouvent leurs sources dans les institutions de l’Etat : violence symbolique via les discours politiques, violences morales via le système d’éducation et le marché de l’emploi, violences physiques via le système sécuritaire, etc.

Il ne s’agit donc plus uniquement de peur mais de haine, bien construite idéologiquement. Derrière chaque phrase assassine envoyée par un élu, derrière chaque article de presse rageur, derrière chaque insulte, bref derrière chaque violence symbolique, morale ou physique il y a des idées, des théories, de la propagande, de la peur alimentées par de la haine intellectuellement construite, de l’Histoire !

C’est donc dans la construction d’un rapport de force idéologique que nous devons concentrer nos efforts ; en nous réappropriant NOTRE HISTOIRE, surtout celle qui est liée à la leur et dont ils se sont octroyé le monopole de l’analyse et de l’enseignement ; en réaffirmant NOS VALEURS qu’ils n’ont de cesse de dénigrer ou dont ils nous dictent, sans gêne aucune, la manière dont nous devons les vivre ; en analysant les faits de société selon NOTRE GRILLE DE LECTURE ISLAMIQUE animée par la justice ; et surtout en reconquérant NOTRE IDENTITE de musulman-e-s !

Nous arriverons alors, petit à petit et avec l’aide d’Allah, à dénouer les nœuds de notre situation comme il se doit pour avancer au mieux ; cet article se voulait être une contribution à cela.

Puisse le Très Haut nous en donner la force !

Oumou Hourayra et Oum Anas pour Anâ-Muslima

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Notes :

(1) Les éléments d’histoire et citations repris dans cette partie sont issus de l’ouvrage de Sadek Neaimi « L’Islam au siècle des Lumières : image de la civilisation islamique chez les philosophes français du XVIIIe siècle ». Ed L’Harmattan.
(2) Les éléments repris dans cette partie sont issus de l’ouvrage de Lynne Thornton « La femme dans la peinture orientaliste ». Ed ACR.
(3) Les éléments repris dans cette partie sont issus de l’ouvrage de Ipek Calislar « Latife Hanim » et ont été traduits du Turc et analysés par Oum Ragheb.
(4) Les éléments et citations repris dans cette partie sont issus de l’ouvrage de Frantz Fanon « L’an V de la révolution algérienne ». Ed La Découverte.
(5) Les éléments repris dans cette partie sont issus de l’ouvrage de Thomas Delthombe « L’Islam imaginaire : La construction médiatique de l’islamophobie en France, 1975-2005 ». Ed La Découverte.

Source : http://www.ana-muslim.org/le-voile-et-la-femme-musulmane-dans-lhistoire/