chiisme

Histoire de l’Egypte Partie 10 : Les relations entre l’Iran et l’Égypte

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Depuis les temps anciens, l’Égypte et la Perse (Iran) représentaient deux civilisations qui étaient en concurrence. Avec la conversion à l’Islam suite aux invasions arabes et à la conversion au chiisme de l’Iran, ces deux rivaux sont devenu deux pôles d’enseignement et de culture opposé dans la région. L’Égypte avec l’Université sunnite d’al-Azhar* et l’Iran, centre de l’enseignement chiite duodécimain. 

Après la révolution chiite en Iran en 1979, l’Égypte accueille le Chah Mohammad Reza Pahlavi en fuite. Suite à cela, et aux relations amicale entre Anouar al-Sadate et le régime du Chah, l’Iran de Rouhollah Moussavi Khomeini va entretenir des relations conflictuelles avec l’Égypte. De son côté, l’Égypte redoute que la révolution chiite ait un effet positif sur les volontés des groupes islamiques jihadiste (sunnite) de prendre le pouvoir par la force. Cette crainte sera celle de toutes les nations arabes et ce confirmera avec l’assassinat du président Anouar al-Sadate en 1981.

Le soutien de l’Égypte à l’Irak de Saddam Hussein lors de la guerre Iran/Irak est le résultat de plusieurs intérêts qui se croise, dont l’une est la dissolution que cette idée de révolution ne s’exporte chez elle. En 1984, l’Égypte accuse l’Iran et la Libye d’avoir poser des mines maritime dans la mer rouge et le golfe de Suez, et serait responsable de la destruction de 14 navires. Après l’enquête, l’Égypte découvre que l’acte a été financé par l’Iran et rompt immédiatement toute relations diplomatiques avec elle. A la fin de la guerre Iran/Irak en 1988, l’Égypte est soucieuse de la libération des soldats égyptiens combattants aux côté de l’Irak mais du vivant Khomeini, aucun gestes ne sera fait de la part de l’Iran. Toutefois, à la mort de ce dernier, l’Iran adoptera une politique de rapprochement avec les états de la région.

La guerre du Golfe fût une aubaine pour l’Iran, qui non seulement retire des bénéfices de l’augmentation de la vente du pétrole lors de l’embargo qui touche l’Irak, mais aussi parce la coalition menée par les Etats-Unis accomplissent ce qu’elle n’a pas pu faire durant les huit ans de guerre contre l’Irak. De plus, cette intervention permet d’affaiblir Saddam Hussein sur le plan militaire, lui qui possédait l’armée la plus puissante et la plus moderne de la région suite à la vente d’armes par ses anciens alliés occidentaux.

En décembre 1991, le président iranien Hashemi Rafsanjani se rend en visite officiel au Soudan. Ce pays avait soutenu l’Irak lors de la guerre avec l’Iran mais avait accueilli le dirigeant iranien avec ferveur dû au discours révolutionnaire suite aux mesures punitives prises par l’Arabie Saoudite et la coalition à son encontre. Cette possible présence iranienne au Soudan sur le long terme a irrité grandement l’Égypte car ces deux États ont une histoire commune très ancienne et sont reliées par la vallée du Nil. Hosni Moubarak considère ce rapprochement comme une menace pour ces intérêts, surtout que l’Iran n’hésite pas à financer des groupes jihadistes sunnites comme le Front Islamique du Salut (FIS) en Algérie ou encore al-Nahda en Tunisie. L’Égypte se sent ainsi encerclée par l’Iran.

Pour restreindre l’invention occidentale et celle de l’Iran dans le Golfe, l’Égypte décide de convaincre d’autres nations arabes de prendre en charge leur propre sécurité. C’est ainsi que l’Égypte décide, en 1992, l’envoi d’une partie de ses forces en Arabie Saoudite pour protéger la région face au régime chiite, qui souhaitait le contrôle et la maîtrise maritime du Golfe.

 

 

Téléchargement : Les Schismes dans l’Islam de Henri Laoust

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Les Schismes dans l’Islam de Henri Laoust est un livre qui traite des différentes sectes qui se rattachent à l’Islam depuis les origines jusqu’à nos jours. Il s’agit de l’oeuvre la plus complète sur le sujet en langues française.

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LES CHAPITRES DU LIVREScan0001

  • Le califat des compagnons et les schismes
    • Les quatre premiers califes
    • Le califat de Mu’awiya
  • Le développement des schismes sous les Omeyyades après Mu’awiya
    • Le chiisme
    • Le khârijisme
    • Les nouveaux partis d’opposition
    • La propagande et l’avènement des Abbassides
  • La consolidation du califat Abbasside et les débuts du sunnisme
    • La lutte du califat pour l’unité
    • Les débuts et les divisions du sunnisme
  • Le califat mu’tazilite et la réaction sunnite
    • La révolte d’Abu-l-Saraya et le réveil du zaïdisme
    • Bâbak et les khurramîya
    • La politique chiite d’al-Ma’mun
    • L’inquisition mu’tazilite
    • La réaction sunnite d’al-Mutawakkil
    • Ahmad Ibn Hanbal et le hanbalisme
    • Le soufisme
  • La crise du califat
    • Le sunnisme traditionaliste
    • Le mu’tazilisme et l’acharisme
    • Les progrès du zaïdisme
    • L’ismaélisme : Qarmates et Fatimides
    • L’imamisme, les Hamdanides et les Bouyides
    • Les variations de la politique califienne
    • La philosophie et le soufisme
  • La prépondérance chiite et les débuts de la restauration sunnite
    • L’essor et la décadence des Bouyides
    • Le sunnisme traditionaliste
    • L’acharisme
    • Ibn Hazm et le zâhirisme
    • L’imâmisme
    • L’ismaélisme
    • Le mu’tazilisme et la philosphie
  • La restauration sunnite
    • La fin des Fâtimides et la lutte contre l’ismaélisme
    • L’essor de l’acharisme
    • La résistance du hanbalisme
    • Le sunnisme nord-africain : Almoravides et Almohades
  • Le dernier siècle du califat
    • Les derniers califes
    • Le sunnisme des Ayyoubides
    • Le sunnisme nord-africain et la fin des Almohades
    • La Littérature doctrinale sur la fin du califat
  • Le renforcement et les divisions du sunnisme sous les Mamelouks
    • Les Mamelouks et les premiers Ottomans
    • Le néo-hanbalisme
    • La théologie dogmatique
    • Les confréries et le soufisme
  • La renaissance du chiisme et le sunnisme Ottoman
    • Les Ottomans et les Safavides
    • L’essor doctrinal et les divergences du chiisme
    • La prépondérance du hanafisme
    • Le sunnisme en Afrique du Nord
  • Les formations postérieurs
    • Le wahhabisme
    • La crise ottomane et les tanzimât
    • Afghani, Abdouh et le réformisme égyptien
    • La mahdîya
    • La sanûsîya
    • Les mouvements réformistes dans l’Islam indien
    • Les mouvements dérivés du chiisme
    • Le laïcisme et les résistances du réformisme
  • Divergences et convergences
    • Les voies de l’Islam
    • L’idée de Dieu
    • Le prophète et ses Compagnons
    • Le califat et le problème de l’ Etat
    • La foi et ses degrés
    • L’excommunication et ses limites

 

Shaykh Salih Ibn Fawzan : La source des innovations !

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librairie-islamique-la-verite-sur-les-sectes-Shaykh Salih Ibn Fawzan a dit : « Le Prophète (Sala Llahou Aleyhi wa Salam) nous informa que cette communauté se divisera tout comme les juifs et les chrétiens se divisèrent. Cette information est une mise en garde et une incitation à s’accrocher à la Sunnah quand cela arrive, et qu’il n’y a pas de salut en dehors de la Sunnah. Celui qui délaisse la Sunnah fera partie des sectes qui entreront au feu. Les sectes qui émergèrent sont très nombreuses. Toutefois, leurs fondements sont quatre :

1 / Les chiites : leur première apparition fut lors de l’assassinat de Othman (Radia Llahou Anhou) avec la venue de Abdullah Ibn Saba le juif. Il introduisit la fitnah chez les musulmans et appela à prendre le parti de ‘Ali Ibn Abou Talib (Radia Llahou Anhou) et qu’il aurait été choisi par le Messager d’Allah (Sala Llahou Aleyhi wa Salam et que les compagnons auraient été injustes envers lui en lui enlevant le Califat. Ce fut à ce moment qu’apparurent les chiites.

Les savants ont expliqué que les chiites se divisent en de nombreuses sectes.

La première d’entre elles est al-Mufaddilah. Il sont ceux qui préfèrent Ali au reste des compagnons dont Abou Bakr, Omar et Othman ; voilà ce que sont al-Mufaddilah. Ils ne diffament cependant pas les Califats de Abou Bakr, Omar et Othman, mais ils disent seulement que Ali était le meilleur d’entre eux. C’est une erreur. Ali fut le quatrième des Califes bien guidés. Il n’était pas meilleur que Abou Bakr, Omar et Othman. Même lui s’opposait à celui qui le préférait à Abou Bakr et Omar, le menaçant de le châtier.

La seconde est composée de ceux qui prétendent que Ali avait été choisi par le Messager d’Allah (Sala Llahou Aleyhi wa Salam) et qu’il était celui qui méritait le plus le Califat, et que les Califats de Abou Bakr, Omar et Othman étaient injustes et une usurpation. Ils disent que le Califat revenait à Ali et qu’il était celui qui fut choisi par le Messager d’Allah (Sala Llahou Aleyhi wa Salam), mais que les compagnons l’opprimèrent et lui usurpèrent le Califat, entre autres doctrines égarées !

La troisième est composée des chiites extrémistes des chiites extrémistes qui disent que le message divin était à Ali et que Jibril le trahit en le confiant à Mohammed ! Car il était originellement destiné à Ali. Ils disent : « Le digne de confiance fit preuve de traîtrise et le détourna du lion. » Le digne de confiance fait référence à Jibril (Aleyhi Salam) qui aurait donc détourné le message du lion, Ali, pour Mohammed.

La quatrième est la pire Ils prétendent que Ali est une divinité. Ils sont ceux que Ali Ibn Abou Talib (Radia Llahou Anhou) fit brûler. Il creusa des fossés, y alluma le feu et les-y jeta vifs. Il est rapporté de lui qu’il dit :

« Lorsque je vis que l’affaire devint abjecte, j’attisai mon feu et appelai Qanbar (son serviteur). »

Il les jeta au feu lorsqu’ils lui dirent : « Tu es Lui, tu es Lui ». Ibn Abbas (Radia Llahou Anhou) était d’avis qu’il était obligatoire de les exécuter par l’épée et non de les brûler, parce que le Prophète (Sala Llahou Aleyhi wa Salam) a dit :

« Ce n’est que le Seigneur du feu qui peut châtier par le feu. »

Il n’interdit pas leur exécution, mais il dit : « Je suis d’avis qu’ils auraient dû être exécutés par l’épée au lieu du feu. » Nombreuses sont les sectes qui découlent de ces sectes chiites.

 

2 / Les Qadariyyah : Ils sont ceux qui renient le destin. Ils émergèrent vers la fin de l’époque des compagnons. Ils se divisent en deux :

Les Qadariyyah Jabriyyah qui sont extrême dans l’affirmation du destin.

Les Qadariyyah Nufah, qui nient le destin. Ils sont les Mu’tazilah et ceux qui empruntent leur voie. Ils disent que le serviteur crée ses propres actions et qu’Allah n’a pas créé les actions des serviteurs, mais que ce sont plutôt eux qui les créent. De l’autre côté, leur opposants, les Jabriyyah, disent que les actes des serviteurs sont les actes d’Allah et que les serviteurs sont obligés de dire et de faire ce qu’ils disent et font, qu’ils n’ont pas le choix. Les Mu’tazilah, eux, disent qu’ils ont un choix indépendant.

Par conséquent, si le terme Qadariyyah est employé de façon absolue, il fait référence aux Mu’tazilah et ceux qui suivent leur avis dans le déni du destin, parce qu’ils le nient. Mais les Jabriyyah affirment le destin de manière extrême au point de dire que le serviteur est forcé. Les premiers nient le destin et les second exagèrent dans son affirmation. Ils sont tous appelés Qadariyyah de manière absolue. Ils se divisèrent en de nombreuses sectes.

 

3 / Les Khawarij : Ils sont ceux qui se révoltent contre le gouverneur musulman, sortent de l’obéissance, rendent mécréants les gens qui commettent de grands péchés inférieurs au polythéisme et rendent licite le sang des musulmans. Il sont les gens de l’excès et de l’extrémisme dans la religion. Ils sont religieux, craignent Allah, jeûnent, accomplissent la prière nocturne et récitent le Coran, mais sans compréhension, ni clairvoyance ! C’est pour cela qu’ils s’égarèrent – et c’est auprès d’Allah que l’on cherche refuge.

Ils sortirent de l’obéissance et se révoltèrent contre le commandeur des croyants, Ali Ibn Abou Talib et des combats eurent lieu entre lui et eux, et Allah le fit triompher. Ils n’ont de cesse de se révolter contre le gouverneur, rendant licite le sang des musulmans et déclarant mécréants ceux qui commettent des péchés majeurs inférieurs au polythéisme.

Ils sont appelés al-Wa’diyyah parce qu’ils agissent suivant les versets de menace (wa’id) sans faire de distinction entre les péchés majeurs que sont le polythéisme et la mécréance et les autres péchés majeurs. Toute personne commettant un péché majeur est mécréante selon eux. Non seulement ils les déclarent mécréants, mais aussi rendent licite de verser leur sang et combattent les musulmans, délaissant le combat contre les mécréants.

Par conséquent, le Prophète (Sala Llahou Aleyhi wa Salam) les décrivit ainsi :

« Ils tueront les gens de l’Islam et laisseront les adorateurs d’idoles. »

Il n’a jamais été rapporté que les Khawarij ait jamais combattu les mécréants. Ils ne combattent que les musulmans. Ils sont divisés en de nombreuses sectes, certaines pires que d’autres.

 

4 / Les Murji’ah : Ils disent que les actes ne font pas partie de la foi. Ils croient que la personne est croyante même si elle n’accomplit pas d’acte ou si elle délaisse tous les actes, elle sera tout de même croyante. Ils furent nommés Murji’ah à partir du terme al-irja, qui signifie at-ta’khir (le retard) parce qu’ils retiennent les actes en dehors de la foi. Ils sont divisés en nombreuses sectes.

Les pires d’entre eux sont les Jahmiyyah qui disent que la foi n’est que dans la connaissance du cœur Donc celui qui connaît par son cœur est croyant, même s’il ne croit pas !

La seconde sectes des Murji’ah sont les Asha’irah qui sont d’avis que la foi n’est que la croyance du cœur et que ni les paroles de la langue, ni les actes des membres n’y sont inclus. Pour eux, il est suffisant de croire avec son cœur.

La troisième secte est les Karramiyyah qui croient que la foi est de prononcer avec la langue, même si l’on n’a pas de croyance dans le cœur.

La quatrième secte est al-Murji’atu al-Fuqaha qui disent que la foi est croyance du cœur et parle de la langue, même si l’on ne fait pas d’actes.

 

Ils sont tous unanime quand au fait que les actes n’entrent pas dans la foi. Mais ils divergent cependant dans leurs écoles de pensée en ce qui concerne l’action du cœur et la prononciation avec la langue.

Les Khawarij partirent aux extrêmes dans l’inclusion des actes dans la foi et dirent : « Celui qui abandonne les actes mécroit de manière absolue. » Alors que les Murji’ah sont à l’opposé : ils partirent à l’extrême dans la négation des actes comme faisant partie de la réalité de la foi et disent que ne mécroit pas celui qui abandonne tous les actes de manière absolue. Quand à Ahl As-Sunnah wal-Jama’ah (et toutes les louanges reviennent à Allah), Allah les guida à la vérité comme le dit le Très Haut :

« … Puis Allah, de part sa Grâce, guida ceux qui crurent vers cette Vérité sur laquelle les autres disputaient. Et Allah guide qui Il veut vers le chemin droit. » [Coran, Sourate 2, verset 213]

Ils disent que la foi est la parole de la langue, croyance du cœur et action des membres. Elle accroît par l’obéissance à Allah et décroît par les désobéissances. Mais elle ne disparaît pas de manière absolue par l’arrêt des actions, comme le prétendent les Khawarij, ni ne reste intacte malgré le délaissement de tous les actes, comme le prétendent les Murji’ah. Au contraire l’abandon de certaines actions causes la mécréance, comme l’abandon de la prière. Et l’abandon de certaines autres actions est un péchés majeur qui n’implique pas de mécréance.

C’est cela le détail que fait Ahl As-Sunnah wal-Jama’ah (et toutes les louanges reviennent à Allah) qui concilie les versets de promesse auxquels s’attachent les Murji’ah et les versets de menace auxquels s’attachent les Khawarij. Ahl As-Sunnah wal-Jama’ah regroupe donc entre les versets de promesse et ceux de menace et expliquent les uns avec les autres, les restreignant les uns par les autres, ramenant ceux qui sont équivoques à ceux qui sont clairs et les mettant tous en application et disent :

« Nous y croyons : tout est de la part de notre Seigneur ! » [Coran, Sourate 5, verset 7]

Ce sont les sectes dont de nombreuses autres sectes ont découlé. »

 

[Sharh As-Sunnah (L’explication de la Sunnah) de l’imam Al-Hasan Ibn ‘Ali Al-Barbahari, expliqué par Shaykh Salih Ibn Fawzan Al-Fawzan, Éditions Al-Bayyinah, Tome 2, Pages 85 à 91]

 

Anâ-Muslim : Combattre et détruire l’état baassiste nossaïrite en Syrie : Avis aux complotistes musulmans s’affiliant à l’islam sunnite

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« Il est toujours étrange de constater que parfois les évidences les plus simples et les positions qui doivent en découler, soient rejetées avec vigueur par des individus qui prétendent à la réflexion et à l’analyse pure et objective.« 

بسم الله الرحمن الرحيم

Au nom d’Allah, Le Tout-Miséricordieux, Le Très-Miséricordieux

Il est toujours étrange de constater que parfois les évidences les plus simples et les positions qui doivent en découler, soient rejetées avec vigueur par des individus qui prétendent à la réflexion et à l’analyse pure et objective.
Pire quand ces individus qui se prétendent de l’islam et du sunnisme, prennent leurs réflexions directement de non-musulmans, ex-dandis de la mode convertis à la religion de la judéophobie antisioniste, blasés d’errer dans les cercles de la boboattitude parisienne, et se recyclant dans le patriotisme nationaliste pour se refaire une virginité, puisque eux-mêmes assurent avoir goutté à tout ce qu’il était possible, jusqu’à la lie….
Le profil de ces néo-muz adeptes des théories complotistes est très souvent le même, ré-islamisés sur le tas, avec une très faible maîtrise des sciences du dogme musulman, en quête de spiritualité mystique, perdus dans leur double identité dans une société qui exige tout d’eux, une chose et son contraire, des devoirs sans avoir les droits.
Pour beaucoup d’entre eux, la porte d’entrée dans l’Islam est d’ailleurs très souvent celle dont les sujets tournent autour de l’eschatologie musulmane et les signes de la fin des temps. Ils finissent alors toujours automatiquement par sombrer dans le messianisme apocalyptique qui de tout temps a été et est le territoire sacré, la chasse gardée des adeptes de l’innovation, des hérétiques en tout genre, des faux prophètes et des imams infaillibles. Et surtout le domaine de leurs maîtres à tous, incontestés et incontestables en la matière*: les chiites imamites duodécimains, puisque toute leur religion et leur dogme ont été bâtis sur des croyances complotistes et messianiques.

Et quand les esprits atteints de la pathologie complotiste s’emparent de la géopolitique, c’est comme l’astrologue qui se fait astronome voire astrophysicien… Quand l’un explique les phénomènes terrestres par les apparitions stellaires et leurs augures, l’autre calcule mathématiquement les orbites par l’observation de leurs cycles. Inutile donc de vouloir débattre puisque les termes du débat ne se font pas sur les mêmes bases : l’une métaphysique utilise tout ce qui lui passe par la tête pour se créer sa propre vérité, l’autre cherche par raisonnement logique à atteindre la position la plus proche de la juste vérité.

L’affaire syrienne est l’exemple le plus significatif :
De toute évidence, nous avons là-bas une très grosse part de musulmans sunnites qui combattent un état monopolisé par une minorité religieuse appelée alaouite-nossaïrite à sa tête Bachar al Assad, et faisant de l’idéologie baathiste les bases fondamentales de son fonctionnement politique et social.
Or si l’on sait ce que signifie l’Islam, ce que signifie «être musulman», ce que signifie la Foi-imane selon le consensus de l’orthodoxie sunnite, et que l’on connait en parallèle ce qu’est le Ba’ath et la secte nossaïrite, il est inimaginable de pouvoir soutenir, de près ou de loin, ces derniers si l’on se revendique de l’Islam. Bien entendu si l’on se trouve dans le cas contraire et que l’on s’affilie à une autre religion que celle des gens de la sunna, alors tout est possible et la question ne se pose même pas.
Pourtant c’est ce que fait une frange importante de Français d’origine maghrébine, et se revendiquant de l’Islam sunnite [orthodoxe].
Et ce n’est pas un problème d’ignorance pour la majorité d’entre eux, car lorsque l’on ne sait pas l’on s’instruit pour savoir, mais c’est bel et bien un problème d’honnêteté, d’hypocrisie, une volonté surtout de suivre un berger qui semble leur donner une once d’importance et de l’intérêt vicieux, à eux pauvres âmes perdues qu’ils sont, et dès lors, ils se sentent très bien dans ce nouveau troupeau de brebis égarées rassemblé par les prêcheurs de l’universalisme français…
Pourtant il est de notre devoir encore et toujours d’essayer de soustraire ceux qui véritablement ont été dupés et manipulés par le faux maître du  « Logos gréco-chrétien » et dont les logarithmes sont ceux de la IIIe république. Alors qu’ils devraient plutôt se pencher et méditer sur le kalam divin, s’ils sont musulmans comme ils le prétendent.

Les nossaïrites : le pire du pire…

Pour qui est sincère la moindre petite recherche et étude sur cette secte née au moyen-âge, serait en soi très suffisante pour se faire une idée de leurs croyances à l’extrême antipode de l’Islam sunnite. Et l’on se rendrait compte que cette croyance est déjà une hérésie issue de l’ismaélisme, lui-même hérésie issue du chiisme imamite, lui-même hérésie issue du parti (chi’at) qui prétendait suivre et soutenir amir al Moumine ‘Ali Ibn Abi Talib, et dont ‘Ali avait fait brûler vif la tête pensante Abdallah Ibn Sabah (ex-juif  «converti» à l’Islam).
Et il est d’ailleurs étonnant que ces adeptes amoureux des thèses du complot, qui n’ont pris l’habitude que de fouiller dans les archives marginales de l’Histoire, ne remontent pas à cette source historiquement vérifiable dans les chroniques authentifiées, eux qui font de l’antisionisme judéophobe une religion censée tout expliquer. Mais il est vrai que le complot est à géométrie variable chez eux, et nous nous en apercevrons à de nombreuses reprises ici.
De très nombreuses fatawa, de savants de toutes écoles confondues, sont très explicites et sans ambigüité pour qualifier de non-musulmans les nossaïrites. La plus célèbre -car issue d’un pilier du militantisme orthodoxe sunnite est celle de l’imam savantissime de Damas Taqqidine Ahmed al Harani Ibn Taïmiyya. Honni, il est vrai, par les chiites, certains soufis, et les laïques contemporains, ce qui est en soi un gage suffisant d’éloges à son égard.
Il écrit*dans son recueil de Fatawa : «Ces gens nommés « Al nousaïriyya » et autres groupes parmi les Qarmates et Batinites sont de plus grands mécréants que les Juifs et les Chrétiens. Non, ils sont des plus grands mécréant que la plupart des polythéistes et leur mal envers la Oumma de Mouhammad , est plus grand que le mal des mécréants qui sont en guerre avec les Musulmans, comme les Tatars, les mécréants d’Occident [croisés] et les autres.».
Rappelons sans ouvrir la porte de la polémique sur un sujet complexe, qu’il existe des divergences sur le fait de considérer musulmans, les simples gens du commun affiliés au chiisme imamite duodécimain alors qu’il y a un avis majoritaire (joumhour) pour considérer non-musulman leurs cheikhs et imams, cela même chez Ibn Taïmiyya.
Mais concernant la secte nossaïrite, ultime déviation d’hérétiques issus eux mêmes d’innovateurs de la pire espèce, les choses sont sans aucune ambigüité possible que cela concerne le simple affilié par  »naissance », le dévot ou l’insouciant parmi eux, le savant ou l’ignorant : «Ils se présentent devant des Musulmans ignorants comme les partisans et avocats de la famille du prophète, tandis qu’en réalité ils ne croient pas en Allah, au Messager, au Livre, aux prescriptions religieuses, aux interdits, à la récompense, au châtiment, au Paradis, au Feu, ou dans un des Messagers qui a précédé Mouhammad, ou dans une religion parmi les religions précédentes. Plutôt, ils prennent les paroles d’Allâh et de Son Messager, connu des savants Musulmans et ils les interprètent en se basant sur leur fabrication, prétendant que leurs interprétations sont « la connaissance cachée » […] Les savants musulmans ont écrit des livres, dévoilant leurs secrets, exposant leurs voiles, expliquant qu’ils sont branchés de l’incrédulité, l’infidélité et l’athéisme, par lesquels ils sont des plus grands mécréants que les Juifs, les Chrétiens et les Brahmanes indiens adorant les idoles.».
Finalement pouvoir les considérer comme musulmans, c’est donc pouvoir considérer musulmans les Ahmadis-qadianites croyant à un nouveau prophète, comme aux Bahaïs, et même pouvoir accorder la qualité de musulman à n’importe qui d’autre… D’ailleurs quitte en arriver là, autant considérer les juifs orthodoxes comme musulmans, puisqu’ils sont beaucoup plus proches de l’Islam que ne le sont les nossaïrites…
Le problème est que très souvent, le délire est tel chez les complotistes pro-Bachar, qu’ils seraient capables de faire passer, par ignorance et anachronisme, Ibn Taïmiyya pour un «salafo-wahhabite».
Malgré qu’ils soient férus d’histoire et de politique (mais en réalité que de la crypto-histoire) inutile de leur présenter quantité de textes issus des grandes chroniques historiques de nos savants et historiens (Bidaya wa nihaya d’ibn Kathir, Tarikh Dimachk d’Ibn Assaker, et Al kamil d’Ibn al Athir) qui montrent comment les Nossaïrites furent actifs dans le soutien aux forces croisées et plus tard mongoles, d’ailleurs comme leurs  « grand-pères » ismaéliens et aussi comme leurs très lointains  «arrière-cousins» chiites.
Ils furent collaborateurs, espions et informateurs pour les grands ennemis de l’islam et traîtres à la cause de l’Islam. Tous les grands noms du sunnisme, d’Imadouddine Zenki à Salah Dine Ayyoubi jusqu’à Baybar ont d’ailleurs compris que pour mettre fin aux invasions et restaurer l’ordre islamique, il fallait d’abord en finir avec eux…

Leur haine de l’Islam et de son orthodoxie est tellement de notoriété publique que les Nossaïrites ont toujours attiré l’attention des non-musulmans, des croisés du Moyen-âge jusqu’aux colonisateurs du 19e siècle. Notamment dans la communauté des orientalistes occidentaux dont les travaux avaient été d’une utilité capitale pour les impérialistes cherchant à contrôler l’Orient musulman.
Dès lors si les complotistes pro-Bachar ne croient pas dans les paroles d’Ibn Taïmiyya, peut-être croiront-ils les paroles de ces orientalistes, puisqu’ils ont l’habitude de prendre pour évangile la parole de non-musulmans et se méfier de celle issue de l’Islam authentique.
Ainsi pouvait-on lire en 1879 dans une célèbre revue orientaliste :
«les Nosaïris sont un des peuples qui ont eu le privilège d’exciter au plus haut point la curiosité scientifique de l’Europe» [Journal asiatique] [1].
Pourquoi cet intérêt ?
«L’aspect archaïque des doctrines ainsi que leur caractère syncrétique, alimentaient leurs questionnements sur les origines religieuses et ethniques des nossaïrs, chercher à quoi les rattacher. Un rattachement qui pourrait aussi bien servir les missionnaires chrétiens agents des empires coloniaux que directement les politiques coloniales elle-mêmes.»
Les européens du 19e siècle savaient, sentaient par intuition perverse toutes les potentialités qu’ils pouvaient tirer et espérer des Nossaïrites, qui leur semblaient plus proches de leurs religions, le christianisme surtout, mais aussi de toute la mystique gnostique et initiatique reprise par les courants modernistes franc-maçons (Vous avez dit complot ?). Mais ces orientalistes étaient aussi très souvent des érudits et eux, contrairement à nos amis, savaient très bien que les nossaïrites n’avait rien à avoir avec l’Islam. Déjà un voyageur français qui visita le pays des nossaïris dans les montagnes près de Lattaquié en Syrie en 1780 écrivait qu’ils se divisaient en trois sectes.
Il les classe donc : «les chamsié adorateurs du soleil ; les kelbié ou adorateurs du chien ; et les Qadmousié, qu’on assure rendre un culte particulier à l’organe qui dans les femmes correspond à priape [le phallus] »
Ce qui attirait les missionnaires, les évangélisateurs et les futurs agents du colonialisme, c’est bien entendu leur grande proximité avec le christianisme :
«Les croyances et les pratiques nossaïries avait en effet des points communs avec le christianisme. Ainsi ils vénéraient une trinité : l’essence (ma’na), le nom (ism) et la porte (bab) ; ils célébraient des fêtes chrétiennes et avaient adopté des rites chrétiens. […] Enfin, leurs croyances étaient parcourues d’idées gnostiques et certaines de leurs pratiques renvoyaient à l’ancien paganisme local.»
Le célèbre jésuite Belge Henri Lammens avait la ferme conviction que les Nossaïrites étaient des ex-chrétiens ayant survécu au milieu de la civilisation islamique et transformant leur dogme par de multiples et syncrétiques croyances :
« Nous croyons donc être dans le vrai en affirmant que la religion nossairie est une déformation non du dogme coranique mais de la vérité chrétienne. Les nossaïries ont certainement été chrétiens : ils ont dû le demeurer même après la conquête musulmane. Privé d’un sacerdoce constitué, ils auront peu à peu mêlé à leurs croyances primitives, pour les voiler peut-être d’éléments chiites».
Relisons comment un non-musulman témoigne avec intelligence de la manière dont les nossaïrites sont plus proches de la pseudo-vérité chrétienne que de celle professée par l’Islam ! Dès lors nous comprenons non seulement le pourquoi de l’intérêt occidental mais aussi de l’hostilité dont font preuve les nossaïrites à l’égard de l’Islam. En 1903, le même Lammens rendit visite à un chef religieux nossaïri. Espérant profiter de leur marginalité pour les convertir et motiver le droit d’intervention des puissances européennes pour la protection des minorités chrétiennes en terre d’Islam (Nous sommes en 2013 et vous aurez noté la réactualisation totale de cette politique coloniale). Le jésuite demanda alors au chef nossaïrite :
«Si vous devenez chrétiens ? Cette démarche conférerait aussitôt à la France le droit d’intervenir en votre faveur » devant les hésitations du cheikh, Lammens lui demanda s’il préférait se dissoudre dans la communauté musulmane, et ce dernier lui rétorqua alors : «Jamais ! Nous détestons les musulmans…» !!!!
Cette haine viscérale des nossaïrites à l’égard des musulmans était encore rapportée près de 10 plus tard en pleine Première Guerre Mondiale par le père Jausen qui notait que les nossaïris portaient de la haine «à tout ce qui est turc ou mahométan»… Comprenons bien que dans la littérature européenne du 18e et début du 19e le terme turc est très souvent synonyme de musulman et de sunnite puisque les ottomans avaient la charge du califat islamique. Tout ceci était parfaitement compris de ces orientalistes et des politiques pour lesquels ils travaillaient directement ou non :
«La politique française, quant à elle, s’attachait à défendre les particularismes locaux. La littérature orientaliste, comme les rapports produits par les consulats, avaient préparé le terrain en soulignant la haine que les nossaïris éprouvaient pour les Turcs. Déjà en 1824, Félix Dupont, le drogman du consulat de France à Lattaquié, avait adressé un mémoire à Sylvestre de Sacy où il notait que les nossaïris détestaient les Turcs dont ils étaient les ennemis jurés, mais qu’ils aimaient assez les chrétiens et accueillaient les étrangers avec hospitalité.».
Ce n’est qu’à la fin du 19e siècle et début 20e que les chefs nossaïrites décidèrent que leurs communautés devaient sortir de leur isolement et pouvoir profiter des politiques et de l’ingérence des puissances européennes ainsi que de la réforme de l’Empire ottoman (tanzimat). C’est ainsi qu’ils commencèrent à se rattacher à l’Islam par la voie chiite (en recevant parfois de très vives réserves voire de l’hostilité chez les Imams chiites) mais ils ne dupaient de toute façon presque personne. Même s’ils se déclaraient musulmans, un géographe français Vital Cuinet écrivait que pour lui, ils n’étaient que «des idolâtres des pires et ignobles catégories». Mais peut-être que Cuinet n’était-il, lui aussi, qu’un vulgaire wahhabo-salafiste…

L’état alaouite-nossaïrite : création coloniale française

L’intérêt occidental pour les nossaïris est en très grande majorité un intérêt strictement français. Rappelons qu’entre 1870 et 1918, la rivalité avec l’ennemi allemand se joue aussi dans les politiques impérialiste et coloniale : or l’Empire Ottoman qui gouverne la Syrie se tourne de plus en plus vers l’Allemagne jusqu’à devenir son allié.
Faire des Nossairites la cinquième colonne, une base d’appui pour la France est donc un objectif stratégique. Les Nossairites vont donc alors bénéficier d’un soin plus que particulier de la part des Français. Ces derniers vont donc tout entreprendre pour les soustraire à l’autorité ottomane, mais aussi protéger leurs particularités religieuses bien après la fin du Califat quand Français et Anglais se partagent comme un gâteau le Proche-Orient.
Aujourd’hui encore cela n’est un secret pour personne : «C’est la France, lors du Mandat, qui donne à cette communauté une nouvelle conscience d’elle-même».
Après avoir appris à les connaître, et surtout après la chute du califat ottoman, les Français vont s’attacher à en faire des alliés contre le bloc arabe-sunnite viscéralement hostile à la présence française en Syrie. La première étape sera de consolider la présence nossairite appelée désormais Alaouite pour les rattacher la dévotion qu’ont les chiites envers ‘Ali. «La création d’une entité alaouite est propre au mandat » écrivait l’intellectuel syrien Edmond Rabbath. Le démantèlement de l’Empire ottoman et le traçage des frontières par la France et l’Angleterre, en 1920, entraînèrent en effet la naissance de quatre « entités » dans la zone sous mandat français.».
Le but de cette division administrative était de construire et bâtir une identité nossairite non plus sur des bases uniquement religieuses mais surtout politiques contre les éternels ennemis sunnites : «Ainsi fut crée le Territoire des Alaouites qui fut ensuite érigé en Etat des Alaouites, avec Lattaquié pour capitale en 1922. Ces frontières avaient été créées en vue d’un but politique précis, celui de séparer les populations minoritaires alaouites des musulmans sunnites et de créer un territoire aussi homogène que possible où les premières deviendraient la majorité » Jacques Weulerss.
Pour cela, il a fallu les faire descendre de leurs montagnes, les former, les ouvrir à la Modernité et à ses dogmes*: les écoles et missions françaises s’en sont chargé avec plein de zèle.
Mais ce sont surtout les académies militaires qui ouvriront leurs portes aux jeunes nossaïrites. La France va former des générations d’officiers et de militaires d’obédience alaouite-nossaïrite, conscients que face à la force du nombre sunnite il fallait donner la force à cette minorité. Si bien que lorsque la Syrie devient indépendante, son armée compte déjà bizarrement une proportion d’officiers alaouite-nossaïrites supérieure à leur poids dans l’ensemble de la population du pays…
On peut lire sur le site officiel du Sénat français : «Les autorités françaises créent, en effet, un Etat alaouite autonome et ouvrent largement les portes de l’armée française du Levant à ses ressortissants, comme à ceux des autres minorités : Arméniens, Chrétiens arabes… Peu à peu, de jeunes officiers alaouites voient leur influence grandir au sein du Baas. Avec le coup d’état de 1963, le Comité militaire du Baas, majoritairement alaouite, met à l’écart de nombreux officiers sunnites. L’arrivée au pouvoir du général Jedid en 1966 et surtout du général al-Assad en 1970 est comme le point d’orgue de cette revanche d’une communauté longtemps exclue.»
Ce qui nous amène donc au parti Ba’ath.

Le ba’ath : athéisme, laïcité, socialisme et nationalisme ou l’universalisme français arabisé

Ce sujet mériterait un article à lui seul, mais il est quand même de plus en plus évident aux musulmans que l’idéologie du Ba’ath est de la mécréance pure et simple. Dans le sens que, s’affilier à cette idéologie est suffisant en soi pour être déchu de sa qualité de musulman.
Le ba’ath est directement lié au modernisme européen importé par la colonisation. Progressiste, laïque et nationaliste. Dire que cette idéologie est issue d’un arabe chrétien, Michel Aflaq, naturellement attiré par les idées européennes, est encore insuffisant pour pouvoir la discréditer. D’autant plus que la place et l’importance de l’islam chez Aflaq dans l’idéologie baathiste qu’il a créée, est beaucoup plus importante que ce qu’en feront plus tard les Alaouite-nossaïrites viscéralement opposés à l’Islam…
Les alaouite-nossaïyrites notamment les officiers et les militaires ont vu dans le ba’ath, la parfaite idéologie pouvant servir de masque à leur future mainmise sur la Syrie, via les slogans nationalistes et surtout l’arabisme : le pseudo-trait commun qui pouvait les lier avec les sunnites arabes.
Mais le ba’ath version nossaïrite sera donc très naturellement en guerre totale contre l’islam. Un article d’une revue militaire baathiste décrit d’ailleurs tout le programme et sa vision de la future société syrienne désislamisée :
«Le moyen de créer un homme arabe nouveau, un homme socialiste arabe nouveau devant rejeter toutes les valeurs qui ont prévalues dans les sociétés précédentes et ne sont plus que des momies embaumées.. ces valeurs avaient fait de l’homme arabe un être démissionnaire et désemparé un être agi par Dieu qui ne savait que répéter  «la hawla wala qouwatta ila billah»» [2]. On reconnaît là très bien, l’idéologie messianique de l’humanisme prométhéen issue des Lumières françaises… Suite à cette provocation, des manifestations à Damas furent organisés, les auteurs de l’article furent le disjoncteur et condamnés. Mais comme le note Bernard Botiveau : «c’était bien là le projet de Hafez al Assad» le père du Bachar. Rappelons qu’en 1963 à la prise de pouvoir définitive du Ba’ath, les alaouite-nossaïrites ont proclamé à la radio de Damas :

آمنت بالبعث رباً لا شريك له
وبالعروبة ديناً ماله ثانٍ

«Je crois dans le Ba’ath comme un Dieu sans aucun associé et en l’Arabisme comme religion sans aucune autre religion qu’elle» Voulant imiter en cela, la profession de foi attestée par tous les musulmans et confirmant l’apostasie claire, la mécréance absolue de tous les baathistes.
Il n’est pas nécessaire de retracer ici toute l’histoire tumultueuse de la résistance islamique en Syrie des années 70 et 80.
Quand en 1971, Hafez al Assad modifie la constitution en vigueur en la laïcisant et qu’il supprime les références à l’Islam, il alluma lui-même les feux de la lutte (jihad) contre l’Etat syrien. Et à cette époque, ce sont très souvent les activistes proches du militantisme des Frères musulmans qui portaient et défendaient le sunnisme.
Il faut dire que la Syrie n’était alors même pas comme les autres pays arabes, lesquels réservent très souvent dans leur constitution taghoutiya, un article aussi hypocrite que contradictoire :  «L’Islam est la religion de l’Etat». Encore plus évident et révélateur : la première grande et fondamentale constitution syrienne écrite par les baathistes alaouites, celle de 1973, ne mentionnait même pas l’obligation minime signifiant que le chef d’état devait être un  «musulman». Il semblerait que les baathistes alaouites connaissaient alors bien mieux la définition de la foi chez les sunnites que nos actuels amis complotistes. Ce n’est qu’avec les troubles, émeutes et insurrections des mouvements armés issus de  «l’islamisme radical» (tel celui du cheikh Marwan Al Hadid rahimaoullah) [3] qu’à chaque fois les baathistes furent contraints de modifier leur constitution.
Hier comme aujourd’hui rien n’a changé, la dernière grande modification, celle de 2012 sous l’actuel président Bachar ne fut réalisée qu’après le début de la révolte et de la guerre contre le baathisme.
Dans cette Constitution de 2012, il y a encore une incohérence évidente entre l’article 3 qui affirme : «La religion du président de la République est l’Islam» et l’article 84 qui ne cite pas l’islam parmi les 5 conditions obligatoires pour prétendre à la présidence. L’article 3 vise donc simplement à établir de fait la légitimité du président nossaïrite actuel et assoir sa prétention d’appartenir à l’Islam. C’est donc pourquoi la qualité effective et réelle d’être musulman est inutile et n’est toujours pas une condition requise par la Constitution pour occuper ce poste de Président comme la constitution de 1973 élaborée par son père Hafez.

Où étaient donc les complotistes lors du massacre de la ville de Hama en 1982 qui firent entre 50 et 80 000 morts ? Les insurgés étaient-ils financés par le Qatar ? Ah oui par les Saoudiens, pourront-ils rétorquer !!… [quid d’une princesse saoudiennee mariée à un neveu d’Al Assad alors que le «Wahhabite» Ibn Taïmyya interdisait toute relation matrimoniale avec les nossaïrites?]
Où étaient les complotistes lorsque Hafez al Assad lança ses troupes au Liban contre les Palestiniens? Qu’ils y soutinrent pendant 10 ans, les milices et partis chrétiens, les mouvements hérétiques dissidents du sunnisme tel celui des habaches [dont les moufti feront des fatwas sur commande pour faire considérer les nossaïrites-alaouites comme musulmans par les sunnites], puis favorisèrent l’émergence du Hezbollah, tous aussi différents soient-ils, fermement unis contre l’émergence d’une véritable force sunnite ?
Certes nos jeunes complotistes n’étaient pas nés, mais curieusement cette histoire là ne les intéresse pas…
Pourtant l’histoire et la théologie ne sont jamais bien loin, car quand actuellement les vidéos odieuses récurrentes montrent comment les chabiba du régime obligent les prisonniers sunnites à se prosterner devant l’effigie de Bachar avec des  «Bachar Akbar», le musulman instruit sait que pour les alaouite-nossaïrites qui ont divinisé ‘Ali, cette pratique païenne idolâtre est une norme. Il sait que leur propension à diviniser des humains qu’ils prennent pour idole est une constante chez eux jusque il y a moins d’un siècle encore avec le courant des mourchidites : «Le mouvement fut crée par un berger, Sulayman Murchid, nouveau prophète qui se déclara dieu, mais ne renonça pas pour autant à la vie matérielle, ni aux biens de ce monde, ni au pouvoir puisqu’il fut aussi député. Au vu de son succès auprès de ces coreligionnaires, les Français avaient rapidement choisi de s’en faire un allié»
Qui ose se prétendre musulman de la sunna et défendre l’indéfendable ? Non, celui qui polémique d’une seule lettre en leur faveur fait décidément bel et bien partie d’eux….

Défendre l’état baathiste nossaïrite face à Israël et à l’Occident ?

Le dernier bastion mental de nos amis est l’argument de l’antisionisme et de l’anti-impérialisme occidental. Puisqu’il est impossible de prétendre défendre les nossaïrites baathistes par des arguments musulmans, le seul recours est celui de la géopolitique complotiste.
Curieusement, eux qui sont devenus des spécialistes attentifs de toutes les informations qui viennent d’Israël, ils ferment les yeux sur les dizaines de déclarations très officielles venant des plus éminentes autorités juives énonçant que le régime de Bachar était un facteur de stabilité pour Israël…
Ces complotistes musulmans ferment les yeux sur les éloges du régime par les partisans de cette laïcité qui les opprime en France*: et le berger savoyard de ces moutons maghrébins ose même l’affront d’attaquer la laïcité maçonnique en France qui a détruit le catholicisme, mais de la louer pour le régime de Bachar, véritable insulte à la (petite) intelligence des complotistes musulmans. Ce qui est mauvais pour nous, patriotes français, est très bon pour vous arabo-musulmans…
Ces complotistes devenus des experts en crypto-analyse de données vidéos sur youtube (!!!) capables de forger des théories les plus farfelues pour donner à la réalité les traits qu’ils restent incapables de voir en direct comment les chiens du régime exécutent leurs anciens rabbins enturbannés, comme Al Bouti dès qu’il a semblé vouloir s’en défaire [4].

De plus qu’a fait l’état syrien contre Israël ? Pas une seule balle tirée pour récupérer le Golan en plus de trente ans…
La Guerre du Kippour ? Hafez al Assad a été quasi contraint par Anouar Sadate d’accepter cette idée de guerre purement égyptienne, et de se joindre à l’expédition de 1973. Il a envoyé ses divisions de l’armée populaire (sunnite) chair à canon prêtes à en découdre avec les Israéliens sur le Golan alors que les troupes d’elite nossaïrites se terraient à Damas et que l’Aviation totalement en leurs mains ne joua pratiquement aucun rôle, ni même pour appuyer l’offensive…
Son aide aux Palestiniens ? Après les avoir directement massacrés au Liban et les laisser se faire massacrer par les phalangistes chrétiens dans les années 80, ce n’est qu’après la première intifada que les baathistes ont utilisé dans leur intérêt le levier international que pouvait être la cause palestinienne..
Ces esprits complotistes ne se demandent pas pourquoi le Baathisme panarabiste a échoué dans ses prétentions d’unification du monde arabe ?
Pourquoi jamais la Syrie baathiste de Hafez al Assad et l’irak baathiste de Saddam Hussein n’ont réalisé cette union, ce serait-ce qu’économique et militaire ?
Non car Hafez al Assad est un alaouite-nossaïrite avant d’être baathiste et Saddam Husseïn [d’origine sunnite] a témoigné des multiples trahisons, des multiples bassesses et hypocrisies en face d’Israël et de l’Occident des alaouite-nossaïrites du Ba’ath syrien [5]. Et nous témoignons tous que Saddam [exécuté par des chiites] fut bien plus un fervent antisioniste et antiaméricain que la raclure nossaïrite des Al Assad… Même le champion de l’arabisme par excellence le taghout égyptien Gamal Abdel Nasser le bourreau de Sayyid Qotb a témoigné de la traitrise du Ba’ath alaouite-nossaïrite de Syrie et sa duplicité face à Israël. [6]
Ce qui nous rappelle à nous adeptes de l’orthodoxie sunnite, que lorsqu’on avait posé la question il y a près de 7 siècles à Ibn Taïmiyya sur l’opportunité de laisser les nossaïrites à la lisière des pays musulmans pour en garder les frontières face à l’ennemi non-musulman, celui-ci avait répondu* que c’était là une folie comparable à faire garder des moutons par des loups, car : «ces gens sont plus traîtres à l’égard des musulmans et de leurs chefs, les plus acharnés à la subversion de la religion et de l’état…»…

Finalement, le seul mot d’ordre risible chez les complotistes pro-bachar est de vouloir: «Préserver un état syrien fort face à Israël, car c’est le projet sioniste de détruire les nations arabes fortes.».
Et de les voir citer telle ou telle parole expliquant le projet de morcellement du monde arabo-musulman comme preuve de leurs délires.
Certes quand on fouille l’histoire, notamment celle du Moyen-Orient depuis le 19e siècle, il n’est pas rare de tomber sur ce genre de parole explicitant ces projets qui ne datent pas d’aujourd’hui : «La paix du monde serait en somme mieux assurée s’il y avait en Orient un certain nombre de petits Etats dont les relations seraient contrôlées ici par la France et là par l’Angleterre, qui s’administreraient avec le maximum d’autonomie intérieure, et qui n’auraient pas les tendances agressives des grands États nationaux unitaires» [lettre de Robert de Caix, Avril 1920, Diplomate français]
Dès lors pour les complotistes pro-Bachar nous nous devons de défendre ces grands états unitaires arabes car la division ne profite qu’à l’ennemi…
Oui mais le problème est que ces états arabes, leur très grande majorité, sont déjà nés du morcellement voulu et planifié par l’impérialisme occidental. Ce sont eux qui sont issus de cette politique déjà mise en place par le  «complot» : l’ETAT FORT ET UNITAIRE QUE JUIFS SIONISTES ET IMPÉRIALISTES OCCIDENTAUX CHERCHENT A FAIRE DISPARAÎTRE EST DÉJÀ DÉTRUIT : C’ÉTAIT LE CALIFAT !!!
Et on comprend mieux toutes ces manigances, de la déclaration Balfour aux accords Sykes-picot et toutes les paroles de diplomates allant dans ce sens, d’hier et d’aujourd’hui, si on les remet en perspective avec la fin du califat musulman et leur de volonté actuelle ne plus jamais le voir réapparaître*: nous les comprenons mieux.
La Syrie actuelle est déjà le fruit de ce partage, l’état  »fort et unitaire » n’est désormais que celui du baathisme nossaïrite à détruire !!! Car tous ces états arabes ne sont que les gardiens et les protecteurs des frontières créées par l’Occident. D’ailleurs quand on posa la question à l’intellectuel juif américain Noam Chomsky, s’il pensait que le Moyen-Orient passait actuellement par une phase de réécriture de l’accord Sykes-Picot, il répondit très justement que :  «l’accord Sykes- Picot est en train de s’effondrer, ce qui est un phénomène intéressant. Et il a un siècle. Mais, l’accord Sykes-Picot n’était qu’une imposition impériale qui n’a aucune légitimité, et il n’y a aucune raison pour une seule de ses frontières – sauf les intérêts des puissances impériales.»
Mais Bizarrement Chomsky n’est pas tenu en estime par les gourous français du complotisme qui défendent très justement les frontières mises en place par leurs ancêtres, les mêmes qui combattent encore et toujours le retour du califat islamique, en justifiant tout par la magie de leur logos qui ensorcelle les faibles d’esprits parmi ceux qui osent s’affilier à l’Islam, comme les magiciens de Pharaon devant son peuple…

Il faut dire que l’analyse historique n’est pas vraiment pas leur fort car au lieu d’analyser et de contextualiser ce genre de paroles de la crypto-histoire qu’ils aiment dévoilant projet et plan judéo-maçonnique pour le monde musulman, ils devraient chercher à analyser l’histoire et ses lois immuables. Car très souvent la résistance face à l’ennemi s’est justement réalisée par de petites entités de petits groupes extrêmement déterminés et unis, comme on peut en voir un peu partout dans les zones chaudes du monde musulman.
Tel ce qu’en disait l’un des maitres de l’analyse islamique contemporaine, notre cheikh Mahmoud Abou Omar : «La plupart de ceux qui se sont penchés sur cette période [les croisades] ne l’ont fait qu’en s’attachant à un petit nombre de personnes qui les avaient précédés. Ainsi y a-t-il une étude qui traite du sujet en mettant en éclairage sur le Leader Nur al Din Zanki ou le leader Salah al Din al Ayyoubi. A la lecture de tels textes ; les lecteurs ignorants pensent que cette partie de l’histoire islamique concernant les croisades fut le fait d’un Etat uni pour commander les musulmans. C’est une erreur évidente. Les lecteurs avertis savent que les musulmans qui s’empoignèrent avec les croisés le firent par petits groupes divisés et disparates. Il y avait, par exemple, une forteresse contrôlée par une famille et sous l’autorité de laquelle les gens se rassemblaient. Ou un village qui reconnaissait le leadership d’un chef éclairé, ou un érudit que ses élèves acceptaient et ralliaient, etc. Peut-être que la meilleure façon d’expliquer les réalités de cet état de fait est contenue dans l’ouvrage al I’tibar de l’émir Oussama Ibn Munqidh. Cet Oussama était de la citadelle de Sayzar et sa famille les Al Munqidh étaient les seigneurs de cette citadelle. Ils jouèrent un rôle important contre les croisés et Oussama fut un témoin de la guerre des musulmans contre les Croisés. Avant d’aller plus loin, il est important de noter que le rôle des Leaders majeurs comme la famille des Zanki et les Ayyoubides, fut d’unir les factions et les organisations en une seule et même force de combat. Il n’empêche que le plus grand rôle fut joué par ces petits factions qui, en vérité, eurent à faire face aux croisés»
Dès lors, oui, sans aucun doute nous préférons voir l’état lybien de Kadhafi détruit qui en 60 ans de règne n’a absolument compté aucune réalisation islamique à son actif, nous préférons voir détruit l’état alaouite-nossaïrite baathiste des Al Assad en Syrie et les voir tous remplacés par des autres structures, plus islamiques, qui elles seront plus à même d’être des moteurs purifiés et purificateurs en marche vers la réalisation d’un nouvel ordre islamique en Terre d’Islam.
Car telle est l’histoire de l’islam et les règles de réalisation et de création des Califats et des empires islamiques quand nous étudions l’histoire.
Comme il est étrange de voir ces cerveaux complotistes se gaver de textes et de hadiths liés à l’eschatologie mais n’utilisant pas leur raison pour les indexer aux lois historiques passées et en cours ? Tel que l’annonçait le Prophète lui-même : «L’affaire en viendra à ce que vous serez plusieurs groupes constitués : un groupe à ash-Shâm, un groupe au Yémen et un groupe en Irak. – Choisis pour moi, ô Messager de Dieu, si je parviens à cette (situation). – Choisis ash-Shâm, car elle est ce que Dieu a choisi de Sa terre, Il y attirera ceux qu’Il a choisis parmi Ses serviteurs. Si vous refusez, alors choisissez le Yémen. Et donnez à boire de vos bassins. Dieu a pris la garantie pour moi de ash-Shâm et de ses habitants» [7] 
Ces groupes ou leurs prédécesseurs, nous les voyons tous actuellement à l’œuvre et nous connaissons la couleur de leurs bannières… Et à chaque fois que ces groupes rétablissent l’ordre dans une région qu’ils contrôlent, les drones, les Rafales et les F-17 s’empressent de les bombarder, de Mogadiscio à Kidal en passant par Abyan, ayant peur non pas de leurs échecs (il les laisseraient prendre le pouvoir…) mais au contraire de leurs réussites : ce que Chomsky appelait encore la  «menace d’un bon exemple» version islamo-wahhabo-salafiste [8].

D’ailleurs, il est intéressant de noter que le virus du complotisme a parfois atteint une petite minorité de ceux qui se réclament très très officiellement du salafisme «wahhabite», comprenez ici : made in saoud et pro-saoud…
Leur argumentaire est quasi identique à celui des complotistes que l’on vise ici, mais la réflexion en moins et des prétentions en plus : ce qui est encore pire vous en conviendrez…
Les fatawa du clergé d’État saoudien sont une mine d’or de contradictions, les obligeant à faire des contorsions idéologiques et dogmatiques quasi-intenables. Certaines de leurs fatawa sont des plus étonnantes et même risibles : il faut dénoncer à la police ceux qui s’engagent militairement en faveur de leurs frères syriens [9], pour d’autres, les Syriens n’ont besoin que d’invocations [10]….
Alors que le cheikh Ibn Baz, lors de la révolte de la ville de Hama en 1982 était pourtant clair quand on lui posa la question de ce qu’il convenait alors de faire pour les soutenir : «Ce que nous savons au sujet de leur situation, c’est qu’ils sont opprimés, et ils méritent aide et assistance, car cet État les tue cruellement, et ils (les rebelles) ne demandent que l’application de l’Islam et rien d’autre en dehors de cela. Et cet État est un Etat mécréant Nussayrite Alaouite Rafidite Baathiste. Ils doivent donc être aidés et assistés jusqu’à ce qu’ils sauvent leur pays des mains de ces ennemis athées et mécréants qui n’ont épargnés ni mal ni tourments aux musulmans…»
La solution  «jihadiste» était alors très claire chez lui :  «Oui il [le jihad] devient fard ayn [obligation individuelle] selon la capacité de chacun. Chaque personne fait le jihad selon sa capacité. Il lutte de lui-même par son corps ou ses biens dans le Sentier d’Allah – ou les deux – et ceci qu’il soit seul ou avec ses frères toujours selon sa capacité. […] Cela est Fard ayn selon la capacité de chacun car ils sont combattus et n’ont aucun soutien. Ils ont donc besoin d’aide de la part de leurs frères musulmans par le biais de leurs biens, leurs personnes ainsi que leur da’wa et leurs bons conseils» [11].
Oui mais voilà, c’était une autre époque, celle des années 80 quand les cheikh du  «wahhabisme» n’avaient de compte à rendre à personne (ou presque) rien à voir donc avec les fonctionnaires d’aujourd’hui qui suivent le madhab et le fiqh de la Maison Blanche : les moujahidines étaient des freedom fighters quand on avait besoin d’eux et quand ils étaient plus ou moins contrôlables, aujourd’hui ce sont des  «irhabi» car ils suivent leurs propres plans et projets, pour leurs seuls intérêts et causes.
Et heureusement que la véritable science islamique légiférée n’est pas tributaire de ces savants de cour car à force de suivre aveuglément ces rabbins cela fait longtemps que certains seraient devenus juifs…
La version complotiste d’une partie du salafisme pro-saoud est donc une espèce d’hybridation schizophrénique très rare mais particulièrement virulente à la fois anti nossayrite alaouite baathiste dans le fond mais allié objectif dans la forme. Elle reprend les contradictions du régime saoudien qui veut la chute de la Syrie et faire barrage à l’Iran mais sans autoriser l’envoi de moujahidines : c’est d’ailleurs pourquoi l’État saoudien pleurniche actuellement [refus de siéger au conseil de sécurité de l’ONU] car leurs grand frères américains qui ont toujours si bien réglé tous les problèmes refusent de s’engager…

Conclusion :

Qu’un complotiste français non musulman, nationaliste, fervent défenseur de l’œuvre française, adepte de son pseudo-universalisme défende l’état alaouite-nossaïrite baathiste est extrêmement cohérent, voir complètement logique, puisque :

– Les alaouites-nossaïrites ont été formés et aidés par la France, des alliés historiques. 

– La Syrie actuelle est issue du mandat français dont les frontières ont été voulues par la France.

– Le parti ba’ath recycle des idéologies séculières issues des Lumières françaises.

Mais que dire de ces maghrébins  «musulmans» éternels manipulés qui suivent les gourous de la pseudo-subversion qui masque très mal la réalité de leurs logiciels mentaux ?

Nous ne parlons pas ici des harkis du patriotisme, des innovateurs coranistes pro-chiites, des adeptes du soufisme et des marabouts, des bico-bobos, des collabeurs schizo, non.
Mais avant tout de ceux qui se réclament de l’islam sunnite, qui ont compris certains mécanismes que nous avons décrits, mais qui ont juste peur de poursuivre jusqu’au bout leur réflexion, de peur [comme certains qui ont vu juste] de voir pleuvoir sur eux des accusations ad-jihadisteram…
Quel ersazt de musulman sunnite serait capable de relever ici le défi de défendre ce régime à détruire par des preuves historiques, logiques et islamiques ?
Détruire cet état c’est détruire un reliquat de l’impérialisme occidental et l’œuvre française
Détruire cet état c’est réparer l’humiliation de la destruction du Califat par les laïques judéo-maçons
Détruire cet état c’est en finir avec le passé et ouvrir la possibilité d’un nouvel horizon
Détruire cet état c’est réécrire notre propre histoire avec l’encre des nôtres qui se sont sacrifiés, qui se sacrifient et qui se sacrifieront.

Puisse Allah précipiter sa chute et faire de nous des causes dans celle-ci et dans le renouveau de l’Islam !

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Notes :

[1] la plupart des citations reprises dans cet article sont tirées du livre Le choc colonial et l’islam : Les politiques religieuses des puissances coloniales en terres d’islam, de Pierre-Jean Luizard, dans le chapitre intitulé : L’entité alaouite une création française.

[2] Loi Islamique et droit dans les société arabes, de Bernard Botiveau.

[3] http://www.youtube.com/watch?v=LFV1GhH3FNI

[4] http://www.youtube.com/watch?v=ZeyWBkB3jZo

[5] http://www.youtube.com/watch?v=6Pfxt5YBS2M

[6] http://www.youtube.com/watch?v=sf1UTqV9xqE

[7] Rapporté par Abou Daoud N°2473.

[8] http://www.dailymotion.com/video/xcd…?search_algo=2

[9] http://www.youtube.com/watch?v=zPGh3YUPGXI

[10] http://www.youtube.com/watch?v=0VDX4dtCLyc

[11] http://www.youtube.com/watch?v=4fhDuZ6dROk

Source : Anâ-Muslim

Les juifs et les chrétiens participent à émergence de l’Antéchrist (Dajjal) !

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9782953390940« Les juifs et les chrétiens ont développé des positions antagonistes à l’égard de Jésus, l’outrageant de leurs calomnies ou de leurs éloges. Cependant, cette position doctrinale violente finit par converger, car le rejet de Jésus par les juifs et sa divinisation par les chrétiens participent tous deux à l’émergence de l’Antéchrist. Le faux-messie n’est pas seulement le faux semblant de Jésus, il est aussi le produit de la mécréance [des juifs à l’égard de Jésus] et de la divinisation [de Jésus par les chrétiens] conjuguées que le Christ a dû subir.

L’Antéchrist répondra à l’attente messianique de tous les peuples, comme l’attente de Maitreya dans les traditions asiatiques ou le Machiah chez les juifs. Le faux-messie se confondra avec Jésus pour beaucoup de chrétiens qui attendent le Christ ou avec le Mahdi des chiites pour ces derniers.

Ainsi les juifs ont renié le Messie que Dieu leur avait promis et l’ont calomnié. Mais la conséquence la plus grave de ce reniement a été que l’attente messianique des juifs n’a pu être assouvie et ne reconnaissant pas en Jésus le messie promis par Dieu, leur attente s’est prolongée jusqu’à nos jours.
Cette attente malsaine d’un messie sera finalement couronnée par l’arrivée à la fin des temps de l’Antéchrist : le faux-messie, « Al Massih al Dajjal ». Plusieurs indices dans les sources islamiques démontrent que ce personnage prétendra à tort être le messie promis par Dieu aux juifs et se substituera à lui dans leur attente.

D’une certaines manière l’Antéchrist est le produit de la mécréance des juifs à l’égard de Jésus. Car, en le reniant, ils attendent toujours leur messie et travaillent et contribuent à l’avènement de ce contre-modèle. Le Judaïsme moderne ne repose plus sur l’adoration de Dieu mais sur l’attente fébrile de leur Messie. Le messianisme qui constitue maintenant l’essentiel de la vie religieuse juive et qui oriente les agissements des juifs, a produit des idéologies surprenantes.
Il appartient à tout juif de « hâter » l’arrivée du Messie en favorisant ces événements. Selon la formule du Talmud : « Tous les jours de ta vie servent à amener l’ère messianique ».

La doctrine chrétienne contient des éléments qui participent à l’émergence de l’Antéchrist, ou tout du moins qui préparent les peuples influencés par cette religion à recevoir ce faux-dieu et à l’adorer. Elle a imprégné dans l’esprit de ces peuples corrompus par cette doctrine, la notion de « dieu incarné », le dogme de la crucifixion, mais aussi le messianisme et le moralisme.

La doctrine de l’incarnation prédispose les peuples de culture chrétienne à accepter un homme comme dieu, d’autant plus qu’il se présentera comme le « christ » (= Messie en grec) tant attendu et se confondra dans l’esprit de beaucoup de chrétiens avec le retour de Jésus. Ainsi, l’Antéchrist se présentera tout d’abord comme le messie (Christ), puis prétendra être prophète, puis dieu lui-même.

Le Christianisme fait ainsi partie des cultes qui professent l’adoration de l’homme par lui-même. Cette forme paroxystique de l’idolâtrie n’est apparue qu’à l’ère ultime de l’humanité. Cette ère qui constitue une étape supplémentaire dans dans le développement du polythéisme dans l’histoire humaine, à débuté avec le règne de Pharaon où pour la première fois les hommes n’adoraient plus de fausses divinités extérieures au genre humain mais vouaient un culte à l’un d’entre eux puisqu’ils considéraient un homme (Pharaon) comme étant le Dieu suprême du monde.
Cette ère voit l’apparition de la doctrine chrétienne avec l’idée qu’un homme est l’incarnation de Dieu et elle s’achèvera avec la foi en un homme prétendant être Dieu : le faux-messie.

[Abou Soleiman Al-Kaabi – Pourquoi Jésus doit-il revenir ? Selon la tradition islamique]

Franc-Maçonnerie partie 31 : Le mythe évolutionniste, depuis la Grèce Antique jusqu’à l’Europe Moderne

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Dans son essence, la théorie de l’évolution de Darwin affirme que, dans des conditions purement naturelles, la matière inanimée a engendré les premiers organismes vivants, et qu’à partir d’eux, toujours dans les mêmes conditions, toutes les autres espèces se sont développées, sous l’effet du hasard seulement. En d’autres termes, la théorie de l’évolution propose l’existence d’un système indépendant, qui s’est organisé sans l’aide d’un créateur, et qui produit spontanément d’autres être vivants. Cette idée, que la nature s’organise sans l’aide d’un créateur, s’appelle « naturalisme ».

La théorie du naturalisme est aussi absurde que l’idée d’une bibliothèque qui se créerait sans écrivains. Mais, depuis la nuit des temps, cette idée a été défendue par de nombreux penseurs, basés simplement sur leurs caprices philosophiques et idéologiques, et a été adoptée par un certain nombre de civilisations.

Le naturalisme est né et a prospéré dans des sociétés païennes comme l’Ancienne Egypte et la Grèce antique. Mais, avec la diffusion du Christianisme, cette philosophie païenne fut, en grande partie, abandonnée, et l’idée qu’Allah est le Créateur de la nature et de l’univers s’est imposée peu à peu. D’une manière semblable, au fur et à mesure que l’Islam s’est répandu vers l’Orient, les idées naturalistes et les croyances païennes, telles que le Zoroastrianisme et le Shamanisme, ont été éradiqués et la réalité de la création a été acceptée.

Les premiers à promouvoir la théorie de l’évolution dans l’Europe moderne étaient membres de la société maçonnique connue sous le nom de rosicruciens. Ci-dessus : le symbole des rosicruciens
Les premiers à promouvoir la théorie de l’évolution dans l’Europe moderne étaient membres de la société maçonnique connue sous le nom de rosicruciens. Ci-dessus : le symbole des rosicruciens

Néanmoins, la philosophie naturaliste a persisté clandestinement. Elle a été préservée par des sociétés secrètes et est réapparue lorsque des circonstances plus convenables se sont présentées. Dans le monde chrétien, comme nous l’avons mentionné au début de ce livre, le naturalisme a été préservé par les maçons et d’autres sociétés secrètes qui ont suivi leur exemple. Un magazine turc, intitulé Maçon, publié pour être distribué aux membres de l’ordre, nous fournit les intéressantes informations suivantes :

« Ceux qui sont arrivés à de nouvelles découvertes dans le monde des phénomènes et des événements naturels sans tenir compte d’Allah, étaient obligés de garder leurs découvertes pour eux-mêmes. Les recherches furent faites en secret et même ceux qui étaient engagés dans des recherches similaires devaient dissimuler leurs relations. Ce secret rendit l’utilisation de signes et symboles nécessaires pendant la réalisation des projets. » [94]

Ce que l’on entend ici par « découvertes » est une compréhension de la science en accord avec le naturalisme, une théorie qui n’accepte pas l’existence d’Allah. Cette approche déformée d’une étude scientifique fut élaborée secrètement dans des sociétés ésotériques qui durent utiliser des signes et des symboles à cette fin et c’est ainsi que les racines de la maçonnerie ont été établies.

L’une de ces soi-disant sociétés secrètes, responsable de planter les racines de la maçonnerie, était l’ordre de la Rose-Croix (rosicrucien) ; sorte de point de rencontre entre les templiers et les maçons. Cette obédience, qui commença à faire parler d’elle au 15ème siècle, créa un déchaînement d’intérêt pour l’alchimie, surtout en Europe ; ses membres étaient supposés posséder des connaissances secrètes. Mais le plus important héritage de l’ordre de la Rose-Croix est la philosophie naturaliste et l’idée d’évolution, dont elle fait partie. Les maçons déclarent que les racines de la maçonnerie remontent aux templiers et aux rosicruciens, en soulignant la philosophie évolutionniste de ces derniers :

La maçonnerie spéculative, c’est-à-dire l’organisation contemporaine de la maçonnerie, est fondée sur les guildes médiévales des bâtisseurs, dites maçonnerie opérative. Mais, ceux qui ont apporté les éléments spéculatifs essentiels à cette fondation étaient membres de certaines organisations qui étudiaient des systèmes ésotériques préhistoriques. Les plus importantes de ces organisations étaient les templiers et les rosicruciens…

Personne ne sait où ni comment l’ordre de la Rose-Croix a été établi. On en trouve les premières traces en Europe au 15ème siècle, mais il est clair que l’ordre est beaucoup plus ancien. A la différence des templiers, l’intérêt fondamental des rosicruciens était scientifique. Ses membres été très intéressés par l’alchimie… La plus importante caractéristique de ses membres était le fait qu’ils croyaient que chaque phase de développement était une phase dans le processus d’évolution. C’est pour cette raison qu’ils faisaient du naturalisme la base de leurs principes et se sont fait connaître comme les « naturalistes. » [95]

Une autre organisation maçonnique à avoir développé l’idée d’évolution était une obédience fondée dans l’Orient. Le Grand Maître Selami Isindag nous fournit les renseignements suivants dans un article intitulé « La maçonnerie et nous, depuis sa fondation jusqu’à nos jours » :

« Dans le monde islamique il y eut un équivalent de la maçonnerie appelé Ikhwan as-Safa’ [Les Epîtres des frères de la pureté]. Cette société, fondée à Bassorah au temps des Abbâsides, a publié une encyclopédie composée de 52 gros volumes. Parmi ceux-ci, 17 traitaient de sciences naturelles et contenaient des explications scientifiques qui ressemblaient beaucoup à celles de Darwin. Elles se sont ensuite répandues en Espagne et eurent une influence sur la pensée occidentale. » [96]

Bien qu’elle se développa dans le monde islamique, cette société s’éloigna des principes islamiques fondamentaux. Elle fut influencée par la philosophie grecque antique, qu’elle exprime à travers un symbolisme ésotérique. Selami Isindag poursuit :

« Cette société provenait de la secte ismaélienne et son objectif principal était de rendre les dogmes religieux intelligibles à travers des explications allégoriques et symboliques. Sa philosophie était influencée par Pythagore et Platon. Pour entrer dans cette société secrète, une personne était d’abord attirée par une instruction mystique et ensuite purgée des croyances religieuses et dogmes inutiles. Plus tard on la familiarisait avec les méthodes philosophiques et symboliques. Un tel initié, qui avait passé son apprentissage, était parfois formé aux idées néo platoniques, et ensuite il pouvait commencer la chimie, l’astrologie et la numérologie, c’est-à-dire la science de la signification des chiffres. Mais toutes ces connaissances étaient secrètes et transmises aux personnes jugées dignes de les recevoir seulement. Ainsi, les origines de la maçonnerie sont basées sur ces fondations. Certaines des significations symboliques de ces éléments n’étant pas contraires à la science et à la logique, elles ont survécu, dans différents endroits, dans nos rituels. » [97]

Les termes cités plus haut, « purgés des croyances et dogmes religieux » signifient que les initiés devaient tourner le dos à la religion. Voilà comment le maçon Isindag définit la religion. Cependant, comme nous l’avons fait remarquer dans les sections précédentes, « croyance et dogme inutiles » est un euphémisme particulier à la philosophie maçonnique. Il faut reconnaître que la maçonnerie, ou tout autre groupe matérialiste, expriment des idées antireligieuses sans justification logique ; ils ne comptent que sur la propagande et la suggestion. Parce qu’ils ne peuvent pas dénoncer la religion rationnellement, ils ont recours à ces méthodes de suggestion et à des mots choisis pour créer un effet psychologique.

Le symbole montré ci-dessus est utilisé dans les loges maçonniques et est un symbole des rosicruciens (la rose et la croix) combiné avec un symbole maçonnique (le compas et le carré).
Le symbole montré ci-dessus est utilisé dans les loges maçonniques et est un symbole des rosicruciens (la rose et la croix) combiné avec un symbole maçonnique (le compas et l’équerre).

De la citation ci-dessus, nous apprenons que l’Ikhwan as-Safa’, une société parallèle à la franc-maçonnerie dans le monde islamique, réalisait des activités très semblables à celles des maçons modernes. Leur méthode consistait à adopter une philosophie païenne contraire à la vraie religion, à l’exprimer au moyen de symboles, et à la présenter, petit à petit, à ses membres.

Dans l’histoire de l’Islam il y a eu divers penseurs qui, sous l’influence des mythes matérialistes et évolutionnistes de la Grèce antique, se sont éloignés de l’Islam de la même façon. Le fait que cette école de pensée, que le grand érudit islamique Ghazali répudie et réfute avec tant de vigueur dans ses œuvres, ait un caractère maçonnique, a jeté de la lumière sur cette question. Dans son ouvrage intitulé Al-Munqidh min al-Dalal (La délivrance de l’erreur), Ghazali critique ouvertement la société Ikhwan as-Safa’, expliquant qu’elle préconise une philosophie corrompue, influencée par les idées des Anciens Grecs. Et, dans son ouvrage intitulé Fedaih-ul-Batinniyye, il démontre la perversité des enseignements de la secte ismaélienne, à laquelle appartenait Ikhwan as-Safa.

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Notes :

[94] Mason Dergisi, no. 48-49, p. 67

[95] Mason Dergisi, no. 48-49, p. 67

[96] Dr. Selami Isindag, Kurulusundan Bugune Masonluk ve Bizler, Masonluktan Esinlenmeler, Istanbul 1977, pp. 274-275

[97] Dr. Selami Isindag, Kurulusundan Bugune Masonluk ve Bizler, Masonluktan Esinlenmeler, Istanbul 1977, pp. 274-275