capitalisme

Conseil de lecture : De l’idéologie islamique française de Aïssam Aît-Yahya

Publié le Mis à jour le

De l'idéologie islamique françaiseDe l’idéologie islamique française de Aïssam Aît-Yahya est un livre magistral comme j’en ait rarement lu. En effet, l’auteur nous propose une réflexion concernant les religions séculières (démocratie, laïcité, communisme, capitalisme, etc…) et pour ce faire, il nous plonge à l’origines de ces dernières, qui n’est autre que le christianisme. Étonnant de prime abord, Aïssam Aît-Yahya arrivera à nous convaincre en nous apportant les preuves nécessaires à ces propos en les irriguant de citations provenant de divers ouvrages. Suite à cela, il se propose de faire un parallèle entre l’islam et le christianisme et affirme que l’islam ne peut, contrairement au christianisme, se sécularisé, et de ce fait, les ennemis de l’islam cherchent à laïcisé les musulmans en pervertissant leur pratiques (seul moyen pour eux d’arriver à leurs fins) et non pas en cherchant à l’intérieur de l’islam un moyen de sécularisé cette religion.

Un livre très important que tout les musulmans se doivent d’avoir lu au moins une fois. Je précise aussi que se livre n’est pas destiné qu’aux seuls musulmans, l’auteur l’ayant écrit pour que le plus grand nombre puisse comprendre ses propos et aussi en réponse aux ennemis de l’islam.

Enfin, Aïssam Aît-Yahya affirme que son « idéologie islamique française », repose sur la promotion de l’islam orthodoxe dans son entier, à savoir sa branche spirituel et temporel et qu’il refuse de mettre de côté la dimension politique de la religion qui est un pilier à respecter contrairement à ce que prône certains musulmans touché par la sécularisation/laïcisation de la société française laïco-franc-maçonne.

Franc-Maçonnerie partie 12 : L’Humanisme Revisité

Publié le Mis à jour le

L »humanisme » est considéré comme une idée positive par la majorité des gens. Elle évoque des notions telles que l’amour de l’humanité, la paix et la fraternité. Mais, la signification philosophique de l’humanisme est bien plus lourde de sens : l’humanisme est une façon de penser qui pose les concepts d’humanité comme son seul et unique objectif. Autrement dit, elle appelle les êtres humains à se détourner d’Allah, leur Créateur et à s’intéresser à leur propre existence et identité. Un dictionnaire courant définit l’humanisme ainsi : « un système de pensées reposant sur les valeurs, caractéristiques et comportements, considérés comme étant meilleurs chez l’être humain, plutôt que chez une autorité surnaturelle. » [33]

La définition la plus évidente de l’humanisme, toutefois, a été mise en avant par ceux qui l’embrassent. Un des plus éminents porte-parole modernes de l’humanisme est Corliss Lamont. Dans son livre, The Philosophy of Humanism, l’auteur écrit :

Aujourd’hui, humanisme est devenu un autre nom pour athéisme. Un exemple en est l’enthousiasme pour Darwin, typique dans le magazine américain, The Humanist.
Aujourd’hui, humanisme est devenu un autre nom pour athéisme. Un exemple en est l’enthousiasme pour Darwin, typique dans le magazine américain, The Humanist.

« [En somme] l’humanisme croit que la nature… constitue la somme totale de la réalité, que l’énergie-matière et non l’esprit est la base fondatrice de l’univers et que les entités surnaturelles n’existent pas tout simplement. Cette non réalité du surnaturel signifie, au niveau humain, que les hommes ne possèdent pas d’âmes surnaturelles ni immortelles ; et au niveau de l’univers en tant que tout, que notre cosmos ne possède pas de Dieu surnaturel et éternel. » [34]

Comme vous le voyez, l’humanisme est presque identique à l’athéisme, ce que les humanistes reconnaissent volontiers. Deux manifestes importants furent publiés par les humanistes au siècle dernier. Le premier fut publié en 1933 et a été signé par certaines personnes influentes de cette époque. Quarante ans plus tard, en 1973, un deuxième manifeste humaniste fut publié qui confirmait le premier, mais contenait certaines additions en rapport avec les développements surgis entre temps. Des milliers de penseurs, scientifiques, écrivains et membres des médias signèrent le deuxième manifeste, qui est soutenu par l’association, très active comme toujours, de American Humanist Association.

L’examen des manifestes révèle une base fondamentale dans chacun d’eux : le dogme athée selon lequel l’univers et les êtres humains n’ont pas été créés, mais existent indépendamment, que les êtres humains ne sont pas responsables envers une quelconque autorité autre qu’eux-mêmes et que la croyance en Allah a retardé le développement des individus et des sociétés. (Allah est bien au-dessus de ce qu’ils Lui imputent) Par exemple, les six premiers articles du premier manifeste humaniste présentent les énoncés suivants :

Premier : Les humanistes religieux considèrent l’univers comme existant par lui-même sans avoir été créé.

Deuxième : L’humanisme croit que l’homme fait partie de la nature et qu’il a émergé du résultat d’un processus continuel.

Troisième : Ayant une vision organique de la vie, les humanistes trouvent que le dualisme traditionnel entre corps et esprit doit être rejeté.

Quatrième : L’humanisme considère que la culture et la civilisation religieuse de l’homme, comme elles sont clairement présentées par l’anthropologie et l’histoire, sont le fruit d’un développement progressif, résultat de l’interaction de l’homme avec son environnement naturel et son héritage social. Un individu né dans une culture particulière est largement façonné par cette culture.

Cinquième : L’humanisme affirme que la nature de l’univers représentée par la science moderne rend inacceptable les garanties surnaturelles ou cosmiques des valeurs humaines…

Sixième : Nous sommes convaincus que le théisme, déisme, modernisme et les différentes variétés de la « nouvelle pensée » sont révolus. [35]

Dans les articles ci-dessus, nous avons vu l’expression d’une philosophie commune se manifestant sous des noms tels que matérialisme, darwinisme, athéisme et agnosticisme. Dans le premier article, le dogme matérialiste de l’existence éternelle de l’univers est mis en avant. Le deuxième article énonce, pareillement à la théorie de l’évolution, que les êtres humains n’ont pas été créés. Le troisième article nie l’existence d’une âme humaine et revendique que l’être humain est fait de matière. Le quatrième article propose une « évolution culturelle » et nie l’existence d’une nature humaine décrétée par Dieu (une nature humaine spéciale attribuée lors de la création). Le cinquième article rejette la souveraineté d’Allah sur l’univers et l’humanité, et le sixième énonce que l’heure est venue de rejeter le « théisme », c’est-à-dire la croyance en Allah.

On remarquera que ces affirmations constituent des stéréotypes, typiques de ces cercles hostiles à la vraie religion. Ceci du fait que l’humanisme est le fondement même du sentiment antireligieux. Car l’humanisme est une expression de « l’homme pensant qu’il sera laissé libre », ce qui est l’élément principal, tout au long de l’histoire, pour la négation d’Allah. Dans un verset du Coran, Allah nous dit :

« L’homme pense-t-il qu’on le laissera sans obligation à observer ? N’était-il pas une goutte de sperme éjaculé ? Et ensuite une adhérence Puis [Allah] l’a créée et formée harmonieusement ; Puis en a fait alors les deux éléments de couple : le mâle et la femelle ? Celui-là (Allah) n’est-Il pas capable de faire revivre les morts ?« 

[Coran, Sourate 75, versets 36 à 40]

Allah dit que les hommes ne sont pas « laissés libres », et leur rappelle immédiatement après qu’ils sont Sa création. Car lorsqu’une personne comprend qu’elle est une création d’Allah, elle comprend qu’elle n’est pas « libre », mais responsable devant Allah.

Pour cette raison, l’affirmation que les êtres humains ne sont pas créés est devenue la doctrine primordiale de la philosophie humaniste. Les deux premiers articles du premier manifeste humaniste formulent cette doctrine. Par ailleurs, les humanistes soutiennent que la science appuie leurs thèses.

Néanmoins, ils se trompent. Depuis la première publication du manifeste humaniste, les deux principes présentés par les humanistes comme des faits scientifiques (l’idée que l’univers est éternel et la théorie de l’évolution) se sont effondrés :

1. L’idée que l’univers est éternel a été invalidée par une série de découvertes astronomiques faites lorsque le premier manifeste humaniste fut écrit. Des découvertes telles que l’expansion de l’univers, du rayonnement cosmologique et le calcul du ratio hydrogène/hélium démontrèrent que l’univers avait un commencement et qu’il apparut du néant il y a quelques 15 à 17 millions d’années dans une explosion gigantesque appelée le « Big Bang ». Bien que ceux qui embrassent la philosophie humaniste et matérialiste avaient des réticences à accepter la théorie du Big Bang, ils finirent par être convaincus.

Lorsque cette preuve scientifique a été dévoilée, la communauté scientifique finit par accepter la théorie du Big Bang, c’est-à-dire que l’univers a un commencement, laissant les humanistes sans argument. Le penseur athée Anthony Flex fut donc obligé de confesser :

« … Je commencerai donc par confesser que l’athée stratonicien est embarrassé par le consensus cosmologique contemporain. Car il semble que les cosmologistes sont en train de fournir une preuve scientifique de ce que Saint Thomas ne pouvait prouver philosophiquement ; à savoir que l’univers a eu un commencement… » [36]

2. La théorie de l’évolution, la justification scientifique la plus importante à l’origine du premier manifeste humaniste, a commencé à perdre pied dans les décennies qui suivirent sa publication. Nous savons aujourd’hui que le scénario proposé pour l’origine de la vie par les évolutionnistes athées (et sans aucun doute humanistes), tels que A. I. Oparin et J. B. S. Haldane dans les années 1930, n’a aucune validité scientifique ; les organismes vivants ne peuvent pas être créées spontanément à partir de la matière non vivante comme suggéré par ce scénario. Le registre fossile prouve que les organismes vivants ne se sont pas développés par un processus de petits changements par cumulation, mais sont apparus brusquement avec leurs caractéristiques distinctes, et ce fait est accepté par les paléontologistes évolutionnistes eux-mêmes depuis les années 1970. La biologie moderne a démontré que les organismes vivants ne sont pas le fruit du hasard et des lois naturelles, mais qu’on trouve dans chaque organisme des systèmes complexes faisant la preuve de la création. (Pour plus de détails, voir Harun Yahya, Réfutation du darwinisme)

resim1En outre, l’affirmation erronée que la croyance religieuse fut le facteur qui empêcha l’humanité d’avancer et l’entraîna dans des conflits a été réfutée par l’expérience historique. Les humanistes ont affirmé que la suppression des croyances religieuses rendrait les gens heureux et à l’aise, toutefois, l’opposé s’est avéré vrai. Six ans après la publication du premier manifeste humaniste, la Deuxième Guerre Mondiale éclata, des calamités record s’abattirent sur le monde en raison de l’idéologie fasciste laïque. L’idéologie humaniste du communiste frappa d’abord l’Union Soviétique, puis la Chine, le Cambodge, le Viêt-nam, la Corée du Nord, Cuba et différents pays d’Afrique et d’Amérique Latine d’une sauvagerie inégalée. 120 millions de personnes en tout furent tués par les régimes ou organisations communistes. Il est d’autre part évident que la branche occidentale de l’humanisme (le système capitaliste) n’a pas réussi à apporter la paix et le bonheur dans ses propres sociétés ou dans d’autres régions du monde.

L’effondrement des arguments humanistes sur la religion s’est également manifesté dans le cadre de la psychologie. Le mythe freudien, une pierre angulaire du dogme athée dès le début du 20ème siècle, a été invalidé par les données empiriques. Patrick Glynn, de l’Université George Washington, explique ce fait dans son livre intitulé God: The Evidence, The Reconciliation of Faith Jehovah Reason in a Post secular World :

« Le dernier quart du 20ème siècle n’a pas été tendre avec la perspective psychanalytique. La révélation de la vision de Freud sur la religion (sans mentionner une foule d’autres sujets) comme étant complètement fallacieuse fut la plus importante. Ironie du sort, la recherche scientifique dans la psychologie au cours des dernières vingt-cinq années a démontré que, loin d’être une névrose ou une source de névrose comme l’affirmaient Freud et ses disciples, la croyance religieuse est un des corrélats les plus constants de santé mentale et de bonheur. Des études successives ont démontré une forte relation entre la croyance et la pratique religieuses, d’une part, et un comportement sain en considération de problèmes tels que le suicide, l’alcool et la toxicomanie, le divorce, la dépression, et même, peut-être le plus surprenant, les niveaux de satisfaction sexuelle dans le mariage, d’autre part. » [37]

En résumé, la justification prétendument scientifique de l’humanisme s’est avérée nulle et ses promesses vaines. Cependant, les humanistes n’ont pas renoncé à leur philosophie, mais ont plutôt essayé de la propager à travers le monde par des méthodes de propagande de masse. Se développa ainsi, particulièrement pendant l’après-guerre, une propagande humaniste intense dans les domaines de la science, la philosophie, la musique, la littérature, l’art et le cinéma. Les messages attrayants, mais vides créés par les idéologues humanistes furent imposés avec insistance aux masses. La chanson « Imagine » de John Lennon, le chanteur du groupe pop le plus célèbre de tous les temps, les Beatles, en est un exemple :

John Lennon, avec ses paroles, "Imagines, qu’il n’y ait pas de religion", fut l’un des plus importants propagandistes de la philosophie humaniste au 20ème siècle.
John Lennon, avec ses paroles, « Imagines, qu’il n’y ait pas de religion », fut l’un des plus importants propagandistes de la philosophie humaniste au 20ème siècle.

« Imagine qu’il n’y a pas de paradis
C’est facile si tu essaies
Pas d’enfer sous nos pieds
Seul le ciel au-dessus de nos têtes
Imagine tout le monde
Vivant l’instant présent…
Imagine qu’il n’y a pas de pays
Ce n’est pas difficile
Aucune raison de tuer ou de mourir pour
Et aucune religion non plus…
Tu peux dire que je suis un rêveur
Mais je ne suis pas le seul
J’espère qu’un jour tu nous rejoindras
Et que le monde sera uni »

Cette chanson fut élue la « chanson du siècle » dans divers sondages réalisés en 1999. Il s’agit d’une bonne représentation du sentimentalisme avec lequel l’humanisme, sans aucun fondement scientifique ou rationnel, est imposé aux masses. L’humanisme est incapable d’émettre une objection rationnelle à la religion ou des vérités qu’il enseigne, mais il essaie d’user de méthodes suggestives comme celles-ci.

Lorsque les principes énoncés dans le Premier Manifeste Humaniste (de 1933) se révélèrent vains, quarante ans passèrent avant que les humanistes ne présentent le deuxième volume. Au début du texte, tentative fut faite d’expliquer pourquoi les premiers principes n’avaient rien donné. Malgré la médiocrité de l’explication, elle démontrait l’attachement tenace des humanistes à leur philosophie athée.

Un des traits les plus évidents du deuxième manifeste fut le maintien du caractère antireligieux présenté par le manifeste de 1933 :

« Comme en 1933, les humanistes croyaient toujours que le théisme traditionnel, particulièrement la foi en un Dieu à l’écoute des prières, qui est censé vivre pour et se préoccuper des gens, d’écouter et d’entendre leurs prières, et d’être en mesure de faire quelque chose pour eux, est une foi sans fondement et dépassée. (…) Nous croyons (…) que les religions dogmatiques traditionnelles ou autoritaires plaçant la révélation, Dieu, le rituel ou le credo au-dessus des besoins humains et de l’expérience desservent l’espèce humaine. En tant qu’athées, nous partons de l’homme, pas de Dieu, de la nature, pas de la déité. » [38]

C’est une explication très superficielle. Pour comprendre la religion, il faut avoir l’intelligence et l’entendement nécessaires à la compréhension d’idées profondes. Il faut être prédisposé à la sincérité et dépourvu de préjugés. A l’inverse, l’humanisme n’est rien d’autre qu’une tentative de certains individus, dès de le départ passionnément athées et antireligieux, de représenter ce préjugé sous une forme rationnelle.

Toutefois, les efforts des humanistes pour décrire la foi en Allah et les religions monothéistes comme sans fondement et dépassés n’ont rien de nouveau ; ce n’est que le calque d’une affirmation faite depuis des milliers d’années par ceux qui rejettent Allah. Dans le Coran, Allah explique cet argument vieux comme le temps réfuté par les incroyants :

« Votre Dieu est un Dieu unique. Ceux qui ne croient pas en l’au-delà leurs cœurs nient (l’unicité d’Allah) et ils sont remplis d’orgueil. Nul doute qu’Allah sait ce qu’ils cachent et ce qu’ils divulguent. Et assurément Il n’aime pas les orgueilleux. Et lorsqu’on leur dit : « Qu’est-ce que votre Seigneur a fait descendre ? » Ils disent : « Des légendes anciennes !« 

[Coran, Sourate 16, versets 22 à 24]

Ce verset révèle que la vraie raison du rejet de la religion par les incroyants est l’arrogance cachée dans leurs cœurs. La philosophie appelée humanisme est simplement la manière actuelle qu’à cette époque de rejeter Allah. Autrement dit, l’humanisme n’a rien de neuf, comme le revendique ceux qui l’embrassent ; c’est une vision du monde laïc et archaïque commune à ceux qui rejettent Allah par arrogance.

A l’examen de l’humanisme au cours de l’histoire européenne, on découvre de nombreuses preuves solides de cette affirmation.

Contrairement aux promesses de la philosophie humaniste, l’athéisme n’a apporté que guerres, conflits, cruauté et souffrances au monde.
Contrairement aux promesses de la philosophie humaniste, l’athéisme n’a apporté que guerres, conflits, cruauté et souffrances au monde.

—————————-

Notes :

[33] Encarta® World English Dictionary © 1999 Microsoft Corporation. Développé pour Microsoft par Bloomsbury Publishing Plc.

[34] Lamont, The Philosophy of Humanism, 1977, p. 116

[35] http://www.jjnet.com/archives/documents/humanist.htm

[36] Henry Margenau, Roy Abraham Vargesse, Cosmos, Bios, Theos. La Salle IL, Open Court Publishing, 1992, p. 241

[37] Patrick Glynn, God: The Evidence, The Reconciliation of Faith and Reason in a Postsecular World, Prima Publishing, California, 1997, p. 61

[38] http://www.garymcleod.org/2/johnd/humanist.htm)

Franc-Maçonnerie partie 2 : Les Templiers

Publié le

75254_4908997919371_1815378022_n

Les templiers ou, sous leur nom complet, les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon, furent fondés en 1119, c’est-à-dire 20 ans après la prise de Jérusalem par les croisés. Les fondateurs de l’ordre étaient deux chevaliers français, Hugues de Payns et Geoffroy de Saint-Omer. Au départ, l’ordre comptait 9 membres, mais s’agrandissait régulièrement. Leur nom fait référence au Temple de Salomon, car ils choisirent pour base la montagne du temple où se trouvaient les ruines de ce dernier. Sur ce même emplacement se trouvait le Dôme du Rocher (Qubbat as-Sakhrah).

Les templiers se nommèrent « pauvres chevaliers », mais en peu de temps, ils devinrent très riches. Les pèlerins chrétiens, venus d’Europe jusqu’en Palestine, étaient entièrement sous le joug de cet ordre, et c’est grâce à leur argent qu’ils s’enrichirent. De plus, ils établirent pour la première fois un système de chèques et de crédit, semblable à celui d’une banque. D’après les auteurs britanniques, Michael Baigent et Richard Leigh, ils établirent une sorte de capitalisme moyenâgeux, et pavèrent le chemin pour le système banquier moderne avec leurs transactions à intérêt. [5]

Les templiers furent les principaux responsables des attaques des croisés et du meurtre des musulmans. C’est pourquoi, le commandeur suprême musulman Saladin, qui vainquit l’armée des croisés en 1187, à la bataille de Hattin, et qui plus tard délivra Jérusalem, exécuta les templiers pour les meurtres qu’ils avaient commis, alors même qu’il avait pardonné un grand nombre de chrétiens. Malgré la perte de Jérusalem et les nombreux morts et blessés déplorés, les templiers existaient toujours. De plus, malgré la diminution progressive de la présence chrétienne en Palestine, leur puissance en Europe se renforçait, et en commençant par la France, puis dans d’autres pays, ils devinrent un état dans l’état.

Les templiers développèrent une foi païenne la faisant passer pour chrétienne.
Les templiers développèrent une foi païenne la faisant passer pour chrétienne.

Il va sans dire que leur puissance politique inquiétait les monarques européens. Mais un autre aspect des templiers mettait également mal à l’aise le clergé : l’ordre s’était progressivement éloigné de la foi chrétienne, et lors de son séjour à Jérusalem, avait adopté des doctrines mystiques étranges. Des rumeurs racontaient qu’ils organisaient d’étranges rites pour donner forme à ces doctrines.

Ainsi, en 1307, le Roi de France, Philippe Le Bel, décida de faire arrêter tous les membres de l’ordre. Certains réussirent à s’échapper, mais la plupart d’entre eux furent arrêtés. Le pape Clément V se joignit également à cette purge. S’ensuit une longue période d’interrogatoires et de procès, au cours desquels de nombreux templiers reconnurent avoir nourri des croyances hérétiques, rejeté la foi chrétienne et insulté Jésus dans leurs messes. Enfin, les responsables des templiers, appelés « grands maîtres », à commencer par le plus important d’entre eux, Jacques de Molay, maître du Temple élu en 1293, furent exécutés en 1314 par ordre de l’Eglise et du Roi. La majorité d’entre eux furent emprisonnés, et l’ordre dispersé et officiellement dissous.

Les templiers fuyant l’Eglise, furent recueillis par le Roi d’Ecosse, Robert 1er Bruce
Les templiers fuyant l’Eglise, furent recueillis par le Roi d’Ecosse, Robert 1er Bruce

Certains historiens ont tendance à présenter le procès des templiers comme un complot ourdi par le Roi de France et à considérer les chevaliers innocents des accusations portées. Mais, cette interprétation échoue bien sous plusieurs aspects. Nesta H. Webster, la célèbre historienne britannique aux connaissances approfondies sur l’histoire occulte, analyse ces aspects dans son livre, Secret Societies and Subversive Movements. D’après elle, la tendance à absoudre les templiers des hérésies qu’ils confessèrent pendant les procès est injustifiée. Premièrement, au cours des interrogatoires, malgré les allégations habituelles, tous les templiers ne furent pas torturés.

Les guerriers et les banquiers: un livre sur les templiers
Les guerriers et les banquiers: un livre sur les templiers

« En outre, les confessions des chevaliers semblent-elles être le fruit de la pure imagination des hommes sous la torture ? Il est assurément difficile de croire que les comptes-rendus détaillés de la cérémonie d’initiation faits par des hommes répartis dans différents pays, tous semblables les uns aux autres, mais formulés différemment, soient de pures inventions. Si les victimes avaient été forcées d’inventer, elles se seraient sûrement contredites entre elles, auraient hurlé dans leur agonie que toutes sortes de rites extravagants et invraisemblables avaient lieu dans le seul but de satisfaire les demandes de leurs interlocuteurs. Mais tel ne fut pas le cas, chacune d’entre elles semblent décrire la même cérémonie plus ou moins intégralement, avec des caractéristiques propres à la personnalité du narrateur, et dans l’ensemble, toutes les histoires concordent. » [6] 

Quoi qu’il en soit, le procès des templiers se solda par la fin de l’ordre. Mais, bien que l’ordre cessât « officiellement » d’exister, il ne disparut pas réellement. Au cours des arrestations soudaines de 1307, certains templiers s’échappèrent en réussissant à brouiller les pistes. D’après une thèse s’appuyant sur différents documents historiques, un nombre important de templiers se réfugia dans le seul royaume européen qui ne reconnaissait pas l’autorité de l’Eglise catholique au 14ème siècle, l’Ecosse. Ils s’y réorganisèrent sous la protection du Roi d’Ecosse, Robert 1er Bruce. Quelques temps plus tard, ils découvrirent un moyen pratique de camouflage grâce auquel ils poursuivirent leur existence clandestine : ils infiltrèrent la plus importante guilde des Îles Britanniques médiévales : la loge des maçons, pour finir par en prendre le contrôle. [7]

La loge des maçons changea de nom au début de l’ère moderne, et se nomma « Loge maçonnique ». Le Rite écossais est la plus ancienne branche maçonnique et remonte au début du 14ème siècle, aux templiers réfugiés en Ecosse. Les noms donnés aux plus hauts degrés du Rite écossais correspondent aux titres attribués des siècles plus tôt aux chevaliers de l’ordre des templiers. Ils sont toujours utilisés de nos jours.

Bref, les templiers n’ont pas disparu, mais leur philosophie, leurs croyances et leurs rituels perdurent sous la forme de la franc-maçonnerie. Cette thèse est soutenue par une pléthore de preuves historiques, et est admise aujourd’hui par un grand nombre d’historiens occidentaux, qu’ils soient francs-maçons ou non. Dans notre livre, Le Nouvel ordre maçonnique, nous avons examiné en détail ces preuves.

Les magazines publiés par les maçons pour leurs propres membres font souvent allusion à cette thèse qui établit que la maçonnerie remonte aux templiers. Les francs-maçons admettent volontiers cette théorie. Un de ces magazines, intitulé Mimar Sinan (publication des francs-maçons turcs) décrit la relation entre l’Ordre des templiers et la franc-maçonnerie en ces termes :

Le magazine Mimar Sinan, publication maçonnique turque privée destinée à ses propres membres.
Le magazine Mimar Sinan, publication maçonnique turque privée destinée à ses propres membres.

« En 1312, lorsque le Roi de France, sous la pression de l’Eglise, abolit l’Ordre des templiers et donna leurs biens aux Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, les activités des templiers ne cessèrent point. La grande majorité des templiers trouva refuge dans les loges de francs-maçons existant en Europe à cette époque. Le chef des templiers, Mabeignac, avec d’autres membres, trouva refuge en Ecosse, déguisé en maçon sous le nom de Mac Benach. Le Roi d’Ecosse, Robert 1er Bruce, les accueillit et les laissa jouer une influence importante sur les loges maçonniques en Ecosse. Par conséquent, les loges écossaises acquirent une importance considérable en termes d’art et d’idées.

Aujourd’hui, les francs-maçons prononcent le nom Mac Benach avec considération. Les maçons écossais, qui héritèrent de l’héritage des templiers, le ramenèrent en France des années plus tard et y établirent la base du rite connu sous le nom de Rite écossais. » [8]

Pour conclure, nous estimons qu’il est évident que les racines de la franc-maçonnerie remontent à l’Ordre des Templiers et que les maçons ont adopté la philosophie de cet ordre. Les maçons eux-mêmes le reconnaissent. Mais assurément, ce qui compte le plus pour nous, c’est la nature de cette philosophie. Pourquoi les templiers ont-ils abandonné le Christianisme pour devenir un ordre hérétique ? Qu’est-ce qui les a conduit jusque là ? Pourquoi ont-ils connu un tel changement à Jérusalem ? Par l’entremise de la maçonnerie, quel a été l’effet sur le monde de cette philosophie adoptée par les templiers ?

—————————-

Notes :

[5] Michael Baigent, Richard Leigh, The Temple and the Lodge, Londres, Corgi Books, 1990, pp. 78-81

[6] Nesta H. Webster, Secret Societies And Subversive Movements, Boswell Publishing Co., Ltd., Londres, 1924, Chapitre 3

[7] Pour ces thèses sur la Franc-maçonnerie, voir John J. Robinson, Born in Blood: The Lost Secrets of Freemasonry, New York. M. Evans & Company, 1989

[8] Ender Arkun, « Masonlarin Dusunce Evrimine Katkisina Kisa Bir Bakis », Mimar Sinan, 1990, no. 77, p. 68

[9] Teoman Biyikoglu, « Tampliyeler ve Hurmasonlar », Mimar Sinan, 1997, no. 106, p. 11

[10] Teoman Biyikoglu, « Tampliyeler ve Hurmasonlar », Mimar Sinan, 1997, no. 106, p. 9

[11] Teoman Biyikoglu, « Tampliyeler ve Hurmasonlar », Mimar Sinan, 1997, no. 106, p. 19