Cabbale

Franc-Maçonnerie partie 3 : Les Templiers et la Kabbale

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The Hiram Key (La clé d’Hiram) : des pharaons, des francs-maçons et la découverte des parchemins secrets de Jésus
The Hiram Key (La clé d’Hiram) : des pharaons, des francs-maçons et la découverte des parchemins secrets de Jésus

Un livre écrit par deux maçons, Christopher Knight et Robert Lomas, intitulé The Hiram Key (La clé d’Hiram) révèle certains faits importants sur les origines de la franc-maçonnerie. D’après ces auteurs, il est évident que la maçonnerie est la continuation des templiers. Les auteurs examinent par ailleurs les origines des templiers.

Selon leur thèse, les templiers connurent un changement considérable alors qu’ils étaient à Jérusalem. A la place du Christianisme, ils adoptèrent d’autres doctrines. Le secret qu’ils découvrirent dans le Temple de Salomon à Jérusalem, dont ils pensaient fouiller les ruines, est à l’origine de ce changement. Ils expliquent que les templiers utilisaient leur soi-disant rôle de protecteur des pèlerins chrétiens qui se rendaient en Palestine comme prétexte, mais que leur véritable objectif était bien différent :

« …Il n’y a aucune preuve que ces templiers ne protégèrent jamais les pèlerins, mais d’un autre côté, nous allions bientôt découvrir qu’il existe des preuves probantes qu’ils entreprirent des fouilles sous les ruines du temple d’Hérode… » [12]

Un Temple à la fois Templier et Maçonnique : La chapelle De Rosslyn

L’Eglise connue sous le nom de « Chapelle de Rosselyn » près d’Edimbourg en Ecosse est reconnue comme étant un symbole des croyances païennes hérétiques des templiers. Au cours de la construction de ce bâtiment, les maçons et les rosicruciens, successeurs des templiers, furent embauchés et décorèrent toute la chapelle avec des symboles représentant leur philosophie païenne.

Dans une publication de la maçonnerie turque, le magazine Mimar Sinan, les origines maçonniques et les éléments païens de la Chapelle sont décrits en ces termes :

« La preuve la plus convaincante de l’unité des templiers et des maçons en Ecosse est le château et la chapelle du village de Rosslyn, situé à 10 km au sud d’Edimbourg et à 15 km de l’ancien centre templier de Balantrodoch. Les templiers ont vécu dans cette région et dans ce château plus particulièrement après 1312 sous la protection des Barons de Sinclair.

…La chapelle fut construite entre 1446-48 par Sir William Sinclair qui était l’un des nobles les plus proéminents de l’époque en Ecosse et même en Europe. Les maçons et les rosicruciens travaillèrent à la construction. L’architecte en chef de l’oeuvre était le Grand Maître Templier Sir William Sinclair qui amena des architectes maçons itinérants et des tailleurs de pierre de tous les coins d’Europe. De nouvelles maisons furent construites dans le village voisin de Rosslyn et une loge fut ouverte…

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Le plan et la décoration de la chapelle sont uniques. Il n’existe pas d’autre exemple en Ecosse ni même en Europe. Elle a parfaitement capturé l’atmosphère du temple d’Hérode et chacune de ses parties a été décorée de symboles maçonniques. Parmi les symboles, il y a des reliefs sur les murs et des arches illustrant les têtes d’Hiram et de son meurtrier, un relief d’une cérémonie initiatique, les clés de voûte des arches et des compas. A part le fait que la chapelle ait été construite dans un style nettement païen avec des éléments architecturaux égyptiens, hébreux, gothiques, normands, celtiques, scandinaves, templiers et maçonniques, et qu’elle contienne de très riches exemples d’oeuvres en pierre, un de ses aspects les plus intéressants est que les sommets des colonnes sont décorés avec des motifs de cactus et de maïs, en plus d’autres formes de plantes diverses.« 

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La Chapelle Roselyn aujourd’hui et un exemple de ses symboles païens.

« Il y a tant d’éléments décoratifs païens dans la chapelle, qu’un prêtre relatant le baptême du Baron de Rosselyn qu’il avait officié en 1589 se plaignit, « du fait que la chapelle est remplie d’idoles païennes, il n’y a pas de place appropriée pour y administrer le sacrement. Le 31 août 1592, à cause de la pression exercée sur le Baron Olivier Sinclair de Rosselyn, l’autel de style païen de la chapelle fut détruit.« 

(Tamer Ayan, « The Oldest Known Masonic Institution-the Scottish Royal Order », Mimar Sinan, 1998, no.110, pp.18-19)

Les auteurs de The Hiram Key ne furent pas les seuls à trouver des preuves de ces fouilles. L’historien français Gaétan Delaforge soutient la même théorie :

« Les neuf chevaliers avaient pour véritable mission d’entreprendre des fouilles de la zone dans le but d’acquérir certains manuscrits et reliques, renfermant l’essence des traditions secrètes du Judaïsme et de l’Egypte antique. » [13]

A la fin du 19ème siècle, Charles Wilson des Royal Engineers entama des fouilles archéologiques dans Jérusalem. Il en vint à la conclusion que les templiers étaient entrés dans Jérusalem pour étudier les ruines du temple. Wilson découvrit des traces de fouilles et d’excavation sous les fondations du temple et en déduit qu’elles avaient été faites avec des outils appartenant aux templiers. Ces objets sont toujours dans la collection de Robert Brydon, détenteur d’archives complètes sur les templiers. [14]

9782354900359FSLes auteurs de The Hiram Key argumentent que ces excavations des templiers ne furent pas vaines ; que l’ordre découvrit à Jérusalem certaines reliques qui les amenèrent à concevoir le monde de manière différente. En outre, de nombreux chercheurs partagent la même opinion. Quelque chose a dû pousser les templiers, en dépit de leur christianisme initial et des racines chrétiennes de leur pays natal, à adopter un système de croyances et une philosophie complètement différente de celle du christianisme, à célébrer des messes hérétiques et à procéder à des rituels de magie noire.

D’après les positions communes de nombreux chercheurs, ce « quelque chose » était la Kabbale.

Le mot Kabbale signifie « tradition orale ». Les encyclopédies et les dictionnaires la définissent comme une branche ésotérique et mystique de la religion juive. D’après cette définition, la Kabbale enquête sur le sens caché de la Torah et d’autres écrits religieux juifs. Mais, en y regardant de plus près, nous découvrons que la réalité est bien différente. Nous en sommes venus à la conclusion que la Kabbale est une tradition enracinée dans l’idolâtrie païenne ; qui existait avant la Torah et s’est répandue dans le Judaïsme après que la Torah fut révélée.

Ces données intéressantes sur la Kabbale sont expliquées par une source tout aussi intéressante. Murat Ozgen, franc-maçon turc, soutient l’argument suivant dans son livre,Masonluk Nedir ve Nasildir? (Qu’est-ce que la franc-maçonnerie et à quoi ressemble-t-elle ?) :

« On ne sait pas exactement d’où vient la Kabbale et comment elle s’est développée. Il s’agit du nom générique d’une philosophie unique, ésotérique et mystique à la teneur métaphysique, plus particulièrement liée à la religion juive. Elle est considérée comme le mysticisme juif, mais certains des éléments qu’elle renferme démontrent qu’elle a été élaborée bien avant la Torah. » [15]

L’historien français, Roger Gougenot des Mousseaux, explique que la Kabbale est en réalité plus ancienne que le Judaïsme. [16] L’historien juif, Theodore Reinach, indique que la Kabbale est un « poison subtil qui pénètre dans les veines du judaïsme et l’infecte entièrement« . [17]

Salomon Reinach qualifie la Kabbale de « l’une des pires aberrations que l’esprit humain ait conçue« . [18]

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Bien que la Kabbale se soit développée à l’intérieur du Judaïsme, elle dépend de sources qui lui sont extérieures. La Kabbale a surgi des croyances païennes de l’Egypte antique et de la Mésopotamie.
Bien que la Kabbale se soit développée à l’intérieur du Judaïsme, elle dépend de sources qui lui sont extérieures. La Kabbale a surgi des croyances païennes de l’Egypte antique et de la Mésopotamie.

Si Reinach affirme que la Kabbale est « l’une des pires aberrations que l’esprit humain ait conçue« , c’est en raison du lien important de cette doctrine avec la magie. Pendant des milliers d’années, la Kabbale a été l’une des pierres angulaires de toutes sortes de rituels magiques. Il est d’avis que les rabbins qui étudient la Kabbale possèdent des pouvoirs magiques considérables. D’autre part, de nombreux non juifs ont été influencés par la Kabbale et ont tenté de pratiquer la magie en se servant de ses doctrines. Les tendances ésotériques qui prirent place en Europe à la fin du Moyen Age, particulièrement telles qu’elles furent pratiquées par les alchimistes, ont pour origine, et ce dans une large mesure, la Kabbale.

Ce qui est étrange, c’est que le Judaïsme est une religion monothéiste, provenant de la révélation de la Torah à Moïse (Que la Paix de Dieu soit sur lui). Mais, au sein de cette religion on trouve une tradition appelée la Kabbale qui adopte les pratiques de base de la magie interdites par la religion. Ce qui fournit les preuves de ce que nous présentions plus haut et démontre que la Kabbale est en réalité un élément qui a pénétré le Judaïsme de l’extérieur.

Le Monde Obscur De La Kabbale

L’historien Théodore Reinach décrit la Kabbale comme "un poison subtil qui entre dans les veines du Judaïsme et l’infecte complètement." Salomon Reinach définit laKabbale comme "l’une des pires aberrations de la pensée humaine". Ces images des travaux kabbalistes modernes reflètent le monde obscur de la Kabbale.
L’historien Théodore Reinach décrit la Kabbale comme « un poison subtil qui entre dans les veines du Judaïsme et l’infecte complètement. »
Salomon Reinach définit laKabbale comme « l’une des pires aberrations de la pensée humaine ». Ces images des travaux kabbalistes modernes reflètent le monde obscur de la Kabbale.

Mais, quelle est à la source de cet élément ?

D’après le spécialiste en historie judaïque Antoine Fabre d’Olivet, elle vient de l’Egypte antique : Selon cet auteur, les origines de la Kabbale remontent à l’Egypte antique. La Kabbale est une tradition apprise par certains des chefs israélites de l’Egypte antique et transmise de bouche à oreille de génération en génération. [19]

C’est pourquoi il est nécessaire d’examiner l’Egypte antique pour trouver les origines de la chaîne Kabbale –> Templiers -> Franc-maçonnerie.

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Notes :

[12] Christopher Knight et Robert Lomas, The Hiram Key, Arrow Books, 1997, p. 37

[13] G. Delaforge, The Templar Tradition in the Age of Aquarius; Christopher Knight, Robert Lomas, The Hiram Key, p. 37

[14] C. Wilson, The Excavation of Jerusalem, Christopher Knight, Robert Lomas, The Hiram Key, p. 38

[15] Murat Ozgen Ayfer, Masonluk Nedir ve Nasildir?, Istanbul 1992, pp. 298-299

[16] Gougenot des Mousseaux dans Le Juif, La Judaïsme et la Judaïsation des Peuples Chrétiens, 2ème édition, 1886, p. 499

[17] Nesta H. Webster, Secret Societies And Subversive Movements, Boswell Publishing Co., Ltd., Londres, 1924 ; p. 9

[18] Theodore Reinach, Histoire des Israélites, p. 221, et Salomon Reinach, Orpheus, p. 299

[19] Fabre d’Olivet, La langue hébraïque, 1815, p. 2

Sabbataï Tsevi partie 17 : L’effet de la conversion de Sabbataï sur les juifs

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Shabbatai4aPour les juifs, le Messie pouvait soit triomphé, soit mourir martyr mais il était inconcevable qu’il apostasiât. Beaucoup de sabbataïstes revenus de leur illusions devinrent des ennemis de Sabbataï et donnèrent libre cours à leur colère et le maudirent. Certains ennemis de la première heure de Sabbataï rendirent grâce à Dieu d’avoir permis l’apostasie de Sabbataï « car s’ils l’avaient tué, les disciples du Messie auraient dit qu’il était mort d’une mort médiatrice en vu du rachat de sa génération ».

Malgré cela, une partie des juifs continuèrent à croire en Sabbataï.

Le choc de la conversion de Sabbataï aurait du détruire la foi et l’espérance envers ce faux messie mais les sabbataïstes continuèrent à croire en lui car « le royaume qui s’était établi dans leur for intérieur ne pouvait plus périr ». Ils finirent par affirmer que la rédemption était plus vaste que la simple libération de la communauté juive du joug des goy/gentils (= non juif).

Gershom Scholem affirme que : « Malgré sa grotesque absurdité, ce triste dénouement avait quelque chose de véritablement tragique. Un renouveau national, nourri par la tradition et l’expérience historique de nombreuses générations, avait éveillé, pour la première fois depuis la destruction du second Temple, la totalité de la communauté juive. La crise précipité par l’apostasie de Sabbataï fut un moment tragique dans l’histoire d’Israël (= communauté juive). Mais la tragédie portait en elle les germes d’une nouvelle conscience juive ».

La plupart des juifs qui crurent en Sabbataï, notamment à Smyrne et Constantinople, persévérèrent dans leur foi.

Sabbataï Tsevi partie 16 : Sabbataï se converti à l’Islam

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Shabbatai3aEn septembre 1666, les autorités turcs d’Andrinople vinrent chercher Sabbataï et d’un seul coup, l’excitation qui régnait à Gallipoli s’estompa. Les disciples de Sabbataï furent chassés et ils n’accordèrent pas à Sabbataï le temps de faire ses adieux à ses disciples. Il fut escorté jusqu’à la cour du Sultan.

Une vive émotion régnait parmi les juifs d’Andrinople, la majorité d’entre eux pensaient que l’heure était venue où le Messie allait prendre la couronne du Sultan et prendre sa place comme cela fut prédit par Nathan.

Devant le Sultan, Sabbataï nia avoir joué un rôle dans l’agitation messianique des juifs puis il fit un long discours en niant toutes les folies que l’on lui attribuait. Il fut demander à Sabbataï de produire un miracle pour prouver ses prétentions messianique mais il en fut incapable. Finalement, le Sultan offrit à Sabbataï le choix entre la mort ou la conversion à l’Islam. Sabbataï choisit de se convertir. Le Sultan accepta et Sabbataï changea son nom en Mehmed Effendi. Il endossa la fonction de gardien des portes du palais.

Sarah apostasia à son tour sous le parrainage de la mère du Sultan et changea son nom en Fatima Cadine.

Sabbataï Tsevi partie 15 : Sabbataï Tsevi et Néhémie Cohen ou la confrontation en deux Messie !

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IMG_6313Le nombre de juifs qui allèrent visiter Sabbataï dans sa cellule de prison à Gallipoli ne cessait d’augmenter et ces derniers ne regardaient plus aucune dépense pour rendre hommage au Messie. Les geôliers turcs en profitaient pour s’enrichir et Sabbataï a joui d’une réelle liberté de mouvement derrière les murs de la forteresse. Dans le pavillon qui lui servait de résidence, la « Sainte Fraternité » (= un groupe de croyants qui comportait des rabbins et des sages) ainsi que d’autres juifs, avaient acheté les geôliers afin d’être autorisé à rester à l’intérieur de la forteresse ou a s’y rendre quotidiennement.

A partir de son emprisonnement, Sabbataï se prend désormais pour le fils unique de Dieu en plus d’être le Messie.

Tobias Cohen affirme que des musulmans croyaient en Sabbataï et les autorités turcs en furent alarmés. Néhémie Cohen, qui était un érudit et le plus grand kabbaliste de Pologne, entama un voyage pour rendre visite à Sabbataï.

Avant d’aller plus loin, il est important de comprendre que dans le Judaïsme rabbinique, il y a deux messies :

– Le Messie fils de Joseph
– Le Messie fils de David

Le Messie fils de Joseph précédera le Messie fils de David et mourra avant la venu du Messie fils de David. Le Messie fils de Joseph devra aussi annoncer la venu du Messie fils de David. Le Messie fils de David sera celui qui apportera la rédemption aux juifs et élèvera la communauté juive au-dessus de toutes les autres nations. Viendra par la suite les temps messianiques.

Néhémie Cohen se considérait comme le Messie fils de Joseph alors que Sabbataï Tsevi, lui, se considérait comme le Messie fils de David. Contrairement à Sabbataï, Néhémie n’était pas reconnu par la communauté juive comme étant le Messie fils de Joseph. Lors de leur rencontre, Sabbataï lui proposa une reconnaissance mutuelle mais Néhémie était obstiné à ne pas reconnaître Sabbataï comme étant le Messie fils de David. D’ailleurs, Néhémie affirmait que son ministère n’avait pas commencé et de ce fait, le Messie fils de David ne pouvait s’être manifesté de son vivant. Le sujet du Messie fils de Joseph devint préoccupante pour les sabbataïstes et un gros problème car avant Sabbataï, le Messie fils de Joseph ne s’était jamais manifesté.

Néhémie accusa Sabbataï de plonger Israël dans un piège mortel à travers ses mensonges et ses prétentions perfides. Il le traita de séducteur et de renégat qui méritait la peine de mort selon la loi juive. Après ses accusations, il dû fuir car sa vie était en danger et il alla dénoncer Sabbataï aux autorités turcs.

Avant l’arrivée de Néhémie, le Sheikh Mahmoud qui vivait près du détroit des Dardanelles fit une déposition accompagné de plusieurs notables turcs à l’encontre du commandant local qui autorisait tout ce remue-ménage dont il tirait profit.

Sabbataï Tsevi partie 14 : L’arrestation de Sabbataï par les autorité turcs

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624px-Dardanelles_carteLe Grand Vizir, Ahmed Köprülü, ordonna l’arrestation de Sabbataï. Il était connu comme un homme qui refusait de verser le sang inutilement. Les autorités turcs se rendirent à Smyrne pour arrêter Sabbataï, mais ce dernier avait déjà embarqué pour Constantinople. Le navire de Sabbataï fut abordé par deux navires turcs près du détroit des Dardanelles et Sabbataï fut arrêté.

Ce qui inquiétait le Grand Vizir, n’était pas le mouvement sabbataïste en lui-même, mais la cessation des activités commerciales de la communauté juive qui jouait un rôle extrêmement important dans le commerce Turc. De plus, le nombre important de juifs se rendant en Palestine en abandonnant leur famille créa un grave problème social. A Constantinople, le fond de charité ne répondait plus aux besoins réels.

Sabbataï fut amener devant le Divan (= conseil du Sultan Ottoman) présidé par le Grand Vizir. Contre toute attente, Sabbataï ne fut pas exécuté comme le pensait les chrétien et les musulmans mais il fut emprisonné à la prison de Gallipoli. Les juifs voyaient cela comme un signe de la messianité de Sabbataï et continuèrent à lui rendre visite dans sa prison après avoir versé 100 000 réaulx au Grand Vizir. Ce dernier leur proposa même de relâcher Sabbataï, s’ils lui versaient 100 000 réaulx de plus mais Sabbataï refusa l’offre car il ne voulait pas utiliser ce moyen « car de grandes choses devait se produire dans quelques jours ». Le refus de Sabbataï augmenta sa réputation ainsi que le désir de rédemption des juifs.

Sabbataï ne s’étonna pas de son emprisonnement car selon lui, bien qu’il s’était extrait de la prison des qelipots (= sephirots maléfiques dans la Kabbale), ces derniers pouvaient encore se saisir de lui et donc ralentir l’accomplissement de sa mission. Sabbataï fut emprisonné et non exécuté pour la simple et bonne raison que le Sultan et le Grand Vizir allaient devoir s’absenté pour diriger les troupes ottomans contre les tatares et le Sultan ne désirait aucun affrontement à Constantinople en son absence.

Sabbataï Tsevi partie 13 : Sabbataï se rend à Constantinople, la capitale de l’Empire Ottoman

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aivazovsky-constantinople.1214285040Sabbataï se proclama Messie le lundi 14 décembre 1665. Il changea la date du Shabbat du samedi au lundi. Il se rendit chez le Cadi turc (= juge musulman) et calomnia ses trois principaux adversaires puis les accusa du crime de lèse-majesté (= attentat contre la personne du prince ou contre son autorité). Le Cadi le laissa reparti parce qu’il le croyait fou ou idiot.

Le mouvement prophétique s’étendit de Smyrne à d’autres communautés d’Asie mineure, des îles Égée et de Grèce. Le négoce et le commerce à Smyrne en vinrent au point mort. La ville s’abandonnait à une atmosphère de fête, de réjouissance et d’exaltation. Les banquets, les danses, les processions alternaient avec l’accomplissement des pénitences prescrites par Nathan. Même dans la froideur des mois d’hiver, nombreux sont ceux qui se rendaient à la mer pour se livrer à des immersions rituelles alors que d’autres se soumettaient à la flagellation.

Après qu’il eut la haute main sur sa ville natale, Sabbataï sentit qu’il n’y avait pas lieu de s’y attarder. Toutefois, une baisse notable de sa tension psychologique s’opéra à la fin de son séjour. Il embarqua sur un navire le 30 décembre 1665 avec 3 ou 4 rabbins qui figuraient sur la liste des rois. L’épouse Sabbataï, Sarah resta à Smyrne pendant que son époux se dirigea vers Constantinople, la capitale de l’Empire Ottoman.

A Constantinople, la tension grandissait dans l’attente de Sabbataï. Les nouvelles extraordinaires de Smyrne avaient divisé la communauté en deux et le nombre d’opposants étaient loin d’être négligeable. Ceux qui doutaient de la messianité de Sabbataï et de la prophétie de Nathan, n’attendaient aucunement la passation du pouvoir du Sultan turc aux mains de Sabbataï et ne pouvaient qu’attendre le pire pour la communauté juive. Les révoltes étaient fréquentes dans l’Empire Ottoman et quand elles échouaient, elles étaient l’objet d’une répression impitoyable.

Les dirigeants de la communauté juive de Constantinople savaient que les autorités turcs les tiendraient pour responsables de la conduite de la communauté juive. Le souci de la communauté en plus de leur propre sort les poussa à agir, surtout que les autorités turcs avaient reçu des informations au sujet de l’agitation révolutionnaire régnant chez les juifs.

Les sabbataïstes de Constantinople se préparaient à la rencontre avec le Messie et se laissèrent aller à des conversation dangereuses et provocatrices :

« Ces abusés ne parlaient que de guerres et de l’établissement prochain de leur monarchie qui devait renverser le croissant et fouler aux pieds toutes les couronnes de la chrétienté ».

Sabbataï Tsevi partie 12 : Sabbataï émancipe la femme de son rôle traditionnel

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Shabbatai6Sabbataï introduisit une nouvelle innovation : il appela les femmes à la lecture de la Torah. Il envisageait un changement du statut des femmes. Il rêvait d’une réforme radicale de la condition de la femme. Sabbataï commença à s’opposer, ouvertement et délibérément, à la distribution traditionnelles des rôles dans le comportements des deux sexes. Il bafoua toutes les règles de décence en offrant un banquet au cours duquel hommes et femmes dansèrent ensemble alors que lui-même se retira dans une autre pièce avec sa première femme avec qui il avait divorcé (= il ne s’agit pas de Sarah avec qui il était encore marié). Il leur promettait de les délivrer de la malédiction d’Ève :

« Malheur à vous, misérable femmes à cause du pêché d’Ève devez enfanter dans la douleur, qui êtes assujetties à vos époux qui décident de tout ce que vous faites. Bénies soyez-vous car je suis venu vous rendre libres et heureuses comme vos époux; car je suis venu pour éliminé le pêché d’Adam ».

Ces paroles étaient révolutionnaires pour un juif de Smyrne en 1665 et ce discours n’est pas sans rappeler les propos avancé par les ennemis de l’islam qui parlent de libérer la femme du joug de son mari musulman, etc…

Il semble qu’une nouvelle façon d’aborder la chose et une vision utopiste de l’égalité des sexes avaient pris place dans l’esprit de Sabbataï. C’est peut-être là que nous devrions chercher la motivation de son mariage avec Sarah qui était une femme de mauvaise réputation. Sabbataï a pu être attiré par l’audace de Sarah, la prostituée, dans la mesure où il rêvait d’une réparation du pêché d’Adam et du rétablissement de la femme dans sa liberté originelle.

Sabbataï semble avoir été le premier à vouloir l’émancipation de la femme, bien qu’il n’avait pas la capacité de donner à cet idéal une forme et un contenu définis.