Ahmet Davutoglu

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Histoire de la Turquie depuis que Mustafa Kémal Atatürk a abolie le Califat ottoman jusqu’à l’élection de Recep Tayyip Erdogan et sa politique jusqu’en 2016.

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LES CHAPITRES DU LIVRE

1 / Les mesures prises par Atatürk

2 / L’opposition aux mesures kémalistes

3 / La République sans Atatürk

4 / Le retour des confréries soufies

5 / L’avènement de l’Islam politique

6 / L’Islam politique au pouvoir

7 / L’émergence des intellectuelles « musulmans » modernistes

8 / Un premier ministre islamiste

9 / La montée sociopolitique et culturelle des structures et confréries « musulmanes »

10/ L’accession au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan

11 / Les négociations en vue de l’adhésion à l’Union européenne

12 / Tensions entre laïques et islamistes lors des élections de 2007

13 / L’affaire Ergenekon

14 / Ahmet Davutoglu et la politique « zéro problèmes avec les voisins »

15 / La période de maîtrise de l’AKP

16 / L’enlisement du conflit syrien, l’isolement de la Turquie

17 / Rupture entre Recep Tayyip Erdogan et Fethullah Gülen

18 / Le coup d’État du 15 juillet 2016 et la nouvelle politique extérieure

La Turquie Laïque Partie 15 : L’enlisement du conflit syrien et l’isolement de la Turquie

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Place Taksim

L’enlisement du conflit syrien va déstabiliser la politique « zéro problèmes avec les voisins » chère à Ahmet Davutoglu. S’étant prononcée pour une transition rapide en Syrie, la Turquie s’est opposée au régime du président syrien Bachar al-Assad. Elle est, dès lors, soupçonnée de soutenir les jihadistes et de leur servir de base arrière. Elle sera aussi critiquée par l’Union Européenne qui suspend les négociations d’adhésions. La presse internationale critique Erdogan et le qualifie d’autocrate et parle aussi de « Poutinisation de la Turquie ».

Le 16 mai 2013, Erdogan rend visite à Barack Obama aux États-Unis pour aborder la question syrienne. Ce dernier reproche à la Turquie son soutien logistique présumé aux jihadistes et annonce sa volonté de voir la destitution du Président syrien, bien qu’il souhaite avancer sur le dossier en présence de la Russie.

Une semaine après son retour des Etats-Unis, Erdogan est critiqué pour son projet de construction d’un centre commercial dont la forme serait la représentation grandeur nature d’une ancienne caserne militaire ottomane. Cette critique prendra la forme de manifestation contre le déracinement des arbres du parc Gezi, place Taksim. La conversion du carrefour en place piétonne, transforme ce site en un lieu interdit aux manifestations. La police intervient et le petit groupe de manifestant se transforme en une mobilisation d’un millier d’individus, qui occuperont le parc et dont le mouvement se répandra dans d’autres villes à travers le pays.

Dorénavant, les manifestants ne contestent plus uniquement le projet de réaménagement urbain mais aussi la politique de plus en plus conservatrice du premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Ils critiquent la restriction de la vente d’alcool, les projets de limitation de l’avortement, de la construction d’une grande mosquée surplombant Istanbul, le réouverture des collèges religieux, l’introduction de cours optionnels de religion. Les kémalistes et les alévis parlent d’un projet d’islamisation de l’Etat.

La place Taksim et le parc Gezi seront occupés pendant une dizaines de jours avant d’être évacué par la force par la police, le 16 juin 2013. Les manifestations se multiplies dans tout le pays et touchent 80 départements. Le tribunal administratif décide alors d’annuler la validité du projet, ce qui aura pour conséquence de faire cesser progressivement les manifestations jusqu’à la fin juin de la même année. La livre turque connaît une dépréciation brutale et le Commission, ainsi que le Parlement Européen soutiennent les manifestations, en plus de critiquer la répression policière. L’AKP parle alors d’un complot ourdie par les sionistes, les américains et les européens. Surtout que les récents événements en Égypte réconforte le Parti dans ses suspicions.

En effet, le 3 juillet 2013, le président égyptien, Mohammed Morsi, est destitué par un coup d’État du général Abdel Fattah al-Sissi. La Turquie dénonce l’illégalité de l’action de l’armée égyptienne (qui est financées par les Etats-Unis) et le nouveau gouvernement rompt ses relations diplomatique avec la Turquie. De même, Ennahda en Tunisie s’éloigne de l’AKP. La Grèce et la Bulgarie construisent des murs et creusent des tranchées pour contenir les immigrés clandestins qui transitent par la Turquie en fuyant les conflits en Syrie, en Irak, en Afghanistan, etc…

Les événements ont fait de la politique « zéro problèmes avec les voisins » d’Ahmet Davutoglu un échec. La Turquie est désormais isolée, que se soit dans la région mais aussi au niveau international.

La Turquie Laïque Partie 13 : Ahmet Davutoglu et la politique « zéro problèmes avec les voisins »

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Ahmet Davutoglu

Le refroidissement des relations avec l’Union Européenne, qui débute dès 2006*, va pousser la Turquie à adopter une nouvelle politique extérieure avec la nomination d’Ahmet Davutoglu au poste de ministre des Affaires étrangères.

Ce dernier met en place la politique du « zéro problème avec les voisins », qui consiste à faire de la Turquie une puissance régionale capable de stabilisé le Proche-Orient, tout en ayant des relations cordiales avec les différents États de la région. Le premier partenaire de cette politique sera la Syrie de Bachar al-Assad. Une union douanière sera mise en place dès 2007 et l’annulation des visas pour les ressortissants des deux pays sera affective dès 2009. Des visites auront lieu entre les premiers ministres et les présidents des deux États.

La Turquie va durcir ses relations avec Israël à partir du déclenchement de l’opération « Plomb durci » en décembre 2008. Erdogan va confronté le président israélien dès janvier 2009, à la conférence de Davos où il critique l’attaque d’Israël avec des termes très durs avant de quitter la salle. L’attaque d’une flottille humanitaire en 2010 par l’armée israélienne (qui donne la mort à neuf civils turques) va pousser Erdogan à geler les relations diplomatiques avec l’entité sioniste. Cette nouvelle politique turque contre Israël met fin à la coopération stratégique entre les deux États, qui avait été initié en 1996. Cette position est accueillie favorablement par la majorité de la société turque mais aussi par les pays arabes.

En 2009, la Turquie tente de se rapprocher de l’Arménie, ce que le président arménien apprécie et semble suivre le chemin de la réconciliation notamment avec la volonté d’ouvrir les frontières. Mais cette tentative sera avortée suite aux vives critiques de l’Azerbaïdjan qui utilise la menace de sanctions financières pour faire reculer la Turquie.

Enfin, la nouvelle diplomatie turque tente de mener un dialogue avec Massoud Barzani, chef du Parti démocratique du Kurdistan en Irak, pour contenir les actions terroristes membres du PKK sur son territoire mais aussi au delà de la frontière. Elle se rapproche aussi de la Grèce suite à la grave crise économique et la reprise des pourparlers concernant la crise chypriote.

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* Avec l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007, les relations vont s’aggraver avec la décision unilatérale du président français, de bloquer cinq chapitres au motif que la volonté d’adhérer à l’UE n’était que la volonté de Erdogan et non celui du peuple turque. L’Allemagne et l’Autriche vont aussi bloquer des chapitres sur la libre circulation des personnes.