La Turquie Laïque Partie 8 : La montée sociopolitique des confréries soufis

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Fethullah Gülen

Les confréries soufi ont toujours été derrière les différents partis « musulmans » et l’une des plus rayonnante est la Nakchibendi du cheikh Kotku. Cette même confrérie qui s’était opposé aux « califes » ottomans qui étaient acquis à l’idéologie occidentale mais aussi à Mustafa Kémal Atatürk et sa politique de dé-islamisation de la société turque. Pendant les années Özal, ces confréries vont tisser de puissant réseaux avec les milieux des affaires, de la politique, du culturel et du social. La Nakchibendi va devenir une organisation complexe après la mort du cheikh Kotku et grâce au nouveau chef spirituel de la confrérie le cheikh Esat Cochan. Elle ouvre, outre ses cours de Coran et d’entraide, des crèches, des pensionnat, des cliniques, des revues mensuelles islamique, des maisons d’édition, des stations de radio, une chaîne de télévision et des sites internet. Elle utilise tous son pouvoir pour diffuser les valeurs culturelles ottomanes.

Une autre organisation soufi, mais non confrérique, possède un poids important dans la société : les Süleymenci. Ils possèdent 4 millions d’adhérents et possède un soutien puissant de la part de la diaspora turque se trouvant en Europe. Ils se tiennent à distance de la politique mais cela n’empêche pas certains de leur membres de s’engager dans le milieu politique.

Une nouvelle branche des Nurcus voit le jour : les Fethullahcï. Son fondateur est Fethullah Gülen (responsable présumé de la tentative de coup d’État contre le président Recep Tayyip Erdogan en 2016) cherche la reconnaissance de l’Etat et veut incarné une islam national, moderne libéral et tolérant. Il a soutenu le coup d’État militaire de 1980 et la nouvelle Constitution de 1982. Il s’oppose à Erbakan et dit lutter contre l’obscurantisme religieux. Pour prouver la distance qu’il met avec l’islamisme politique, il annonce que « même si l’ange Jibril (Gabriel) fondait un parti, il ne le suivrait pas. » Ce genre de propos en dit long sur son attachement à l’Islam et sa tentative de coup d’État envers Erdogan (si elle est attestée) ne nous étonnera guerre. Il se place à contre sens des islamistes pour bien se faire voir par les kémalistes et l’armée. Il propose la construction d’écoles laïque et d’hôpitaux à la place des mosquées, il se prononce contre le port du voile qu’il considère comme un détail. Il défend le ministère des affaires religieuses en soutenant sa politique de contrôle de l’Islam. Il se présente comme une alternative à l’islamisme politique, un musulman modéré pratiquant un bon islam toléré par l’Etat et l’armée contre le mauvais islam des islamistes et d’Erbakan en particulier.

Malgré les gages donné par Gülen, l’armée reste méfiante et c’est pourquoi ils s’attaque à son empire financier, social, éducatif et médiatique lors du coup d’État de février 1997 et pourchasse ses représentants.

Gülen s’adapte aux nouvelles conditions politiques et met en place les rencontre d’Abant qui réuni des intellectuels, des universitaires, des juristes et des théologiens dans des ateliers de travail autour des problèmes comme la relation entre l’Islam et la démocratie, la laïcité. L’objectif est de trouver un consensus et de publier en fin de rencontre les travaux qui seront remises au président.

L’armée diffuse sur les chaîne de télévision des cassettes d’anciens discours de Gülen qui incite ses partisans de s’emparer des postes clef de l’Etat. Gülen devient l’ennemi publique n°1 et une vaste opération est mené en 1999 contre ses écoles et les organisations qui lui sont liées. Inquiété par le coup d’État militaire, Gülen s’installe aux Etats-Unis où il reçoit des soins médicaux depuis de nombreuses années.

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La Turquie Laïque Partie 7 : Un premier ministre islamiste

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Necmettin Erbakan

Les années 90 marque le retour de l’Islam politique sur le devant de la scène. En 1987, le parti de la prospérité de Erbakan gagne les élections municipales d’Istanbul, ce qui provoque un choc auprès des kémalistes. Le combat entre islamistes et kémalistes reprend de plus belle, ces derniers accuse les islamistes de porter atteinte à la laïcité. Quand aux islamistes, ils gagnent de nouveaux les élection en 1995 et en 1996, pour la première fois dans le pays, le premier ministre est un islamiste. Les kémaliste mettent en garde contre une retour d’une théocratie ottomane et l’armée est prête à intervenir. ne s’oppose pas à la modernité mais il rejette l’occidentalisation et le capitalisme. Il entends rassurer et dissiper les peurs mais ne cache pas sa volonté de lever l’interdiction du voile à l’université et dans l’administration. Il multiplie le nombre d’écoles et de lycée d’imams dont l’orientation ne se fait pas vers des études théologiques mais vers des études supérieur juridiques, vers les relations internationales et même militaire. Cette orientation déplaît aux kémalistes qui proclament la république en danger. Erbakan prône la création un marché commun au monde musulman comme l’a fait l’Europe et prend la forme du D8, qui s’oppose au G7 et qui réuni l’Indonésie, l’Iran, l’Égypte, la Malaisie, le Bangladesh et le Nigeria. Il privilégie le monde « musulman » pour ses première visites comme l’Iran qui est alors sous embargo ou encore la Libye de Mouammar Kadhafi qui n’hésite pas à lui reprocher de persécuter les kurdes. Il rends visite au leader des Frères Musulmans en Égypte, ce qui provoque la colère du président égyptien Hosni Moubarak. Un ancien partenariat commercial lie la Turquie à Israël et c’est à contre cœur que Erbakan est obliger de reconduire ce partenariat, ainsi qu’un accord stratégique qui implique une collaboration avec l’Etat hébreu concernant leur système de renseignements et de défense à l’encontre de la Syrie, de l’Irak et de l’Iran.

Erbakan éprouve le besoin de se réconcilier avec les leader des confréries soufis avec qui il s’était séparé une première fois à la fin des années 70 en s’opposant avec le cheikh Kotku, chef de la confrérie Nakchibendi, et au début des années 90, en refusant de prêter allégeance au successeur du cheikh Kotku : cheikh Esat Cochan. Après son accession au pouvoir, Erbakan appel à une union sacrée de l’Islam et inviter les principaux leader des différentes confrérie à rompre le jeûne du Ramadan au siège du gouvernement à Ankara.

Toutes les mesures anti-laïque et pro-islam d’Erbakan force l’armée à réagir en février 1997, en profitant d’une manifestation au soutien au Hezbollah chiite et au Hamas palestinien (sunnites) dans un petit village où certains membres remettaient la laïcité en question. L’armée intervient et impose 18 mesures anti-islamistes au gouvernement qui n’a d’autre choix que s’abdiquer. Le Parti de la Prospérité est interdit et Erbakan démissionne 4 mois après l’intervention militaire. Il lui ait interdit de pratiquer une quelconque activité politique pendant 5 ans.

Ces 18 mesures vont devenir petit à petit un code de surveillance à travers le prisme duquel les discours et les actions des partis islamistes seront jugé. C’est ainsi que Recep Tayyip Erdogan (maire d’Istanbul), Erol Yarar (président des hommes d’affaires appelées Tigres Anatoliens) et Mehmet Kutlular (propriétaire du journal Nurcus) seront arrêter pour incitation à la haine sur une base religieuse. Erdogan et Yarar seront privé d’activité politique. Pour contré l’islamisation de la jeunesse, les militaires impose un enseignement laïque de 8 ans et place sous le contrôle du ministère de l’éducation tous les cours de Coran. L’armée étends sont contrôle sur les 74 000 mosquées du pays subissent des inspections et énonces des restrictions quant à la construction de nouvelles mosquées.

 

La Turquie Laïque Partie 6 : L’émergence des intellectuelles «musulmans» modernistes

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Rasïm Özdenören

Une nouvelle classe d’intellectuels « musulmans » voit le jour. Ces intellectuels ont été éduqué à l’école laïque et ne possèdent plus les références ottomanes de leur prédécesseurs. Abreuvé de l’idéologie occidental, ils prônent la réforme de l’Islam en réinterprétant la religion dans un cadre moderne. Par moderne, ils entendent séculariser l’Islam, soumettre la religion au pouvoir temporel. Ils tentent de réconcilier le modèle occidental et l’Islam et pour se faire ils souhaitent adopté le modèle occidental et lui insuffler ce qui lui manque : une spiritualité. L’objectif est de palier au défaut des idéologies occidentales tel que le capitalisme, le nationalisme, le féminismes, la démocratie et la laïcité pour ne pas hériter des défauts de ces systèmes.

Derrière ces belles paroles et cet œcuménisme, ils relèguent l’Islam à une simple spiritualité et renie son aspect civilisationnel dans le sens de système politique qui englobe tout les pan de la société musulmane. Ils appliquent à la lettre l’éducation qu’ils ont reçu à l’école laïque et ce pseudo-islam diffusé par le gouvernement. L’Islam n’est pas que spiritualité, l’Islam ne prône pas que les bonnes mœurs, de préservé les liens familiaux, le bon comportement, l’Islam est aussi un système politique qui régit à la société musulmane, le gouvernant et le gouverné, les statuts gouvernementaux (Ahkam Sultâniya). Le politique n’est pas séparé du religieux en Islam, au contraire la politique fait partie de la religion contrairement au concept occidental de la séparation de l’Église (religion) et de l’Etat qui est un concept occidental dont l’origine vient du Christianisme qui a interprété la phrase de Jésus : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ». A partir de cette phrase, les théologiens chrétiens ont estimer que Jésus avait séparé le royaume de Dieu du royaume des hommes donc a séparé la religion du politique. C’est pour cela que le pouvoir temporel (pouvoir du royaume des hommes) était exercé par les rois chrétiens et le pouvoir religieux (pouvoir du royaume de Dieu) appartenait au Pape. Bien que sous l’ère chrétienne, une collaboration fragile en les rois chrétiens et le Pape était effective (même si l’un a toujours cherché à avoir le dessus sur l’autre en fonction des périodes), cette séparation est devenue net après la Révolution française et particulièrement avec la loi de 1905 qui consacre la supériorité du Politique sur la religion.

Ce concept très chrétien et étranger à l’Islam est prôné par ces nouveaux intellectuels « musulmans » qui ne sont que le fruits de l’éducation du gouvernement turque qui tentent de soumettre l’Islam à son ordre politique laïque hérité des jeunes Turques et bien sûr transmise par les occidentaux à l’époque des Tanzimat. Ces nouveau intellectuels « musulmans » modernistes sont activement critiqué par les islamistes, qui les considèrent comme des agents à la solde de l’occident car prônant son idéologie sous couvert d’une teinture islamique comme le fond actuellement certains pseudo-intellectuels « musulmans » moderniste en France dont le plus connu est Tariq Ramadan.

Un de ces intellectuels « musulmans » modernistes, Rasïm Özdenören, qui a vécu aux Etats-Unis, estime que les musulmans ont une mauvaise perception de l’Occident et qu’il est tant pour eux de redéfinir ce qu’est réellement le monde occidental et ce qu’est réellement l’Islam pour reconstruire leur société. Pour lui, ce qui oppose ces deux sociétés est l’absence de spiritualité dans le modèle occidental et qu’il lui suffirait de lui insuffler l’Islam (dans le simple sens de spiritualité et non en tant que système politique complet) pour réussir à combler les carences du système occidental.

La Turquie Laïque Partie 5 : L’Islam politique au pouvoir

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Turgut Özal [1927/1993]
Une fois au pouvoir, Erbakan va s’orienté avec l’industrialisation du pays plus qu’à son islamisation, ce qui déplaît à ses sympathisants musulmans. Il rouvrira les écoles d’imams fermé par les militaires lors du coup d’État de 1971. Les kémalistes et les militaires s’y opposent et interdisent à ces jeunes diplômer d’investir d’autres champs du savoir. Il faudra attendre 1983, pour qu’ils puissent s’inscrire dans d’autres facultés, à l’exception des écoles militaires.

L’armée prend le pouvoir en 1980 et instaure la 3eme République. La nouvelle Constitution renforce le pouvoir du Président et du Conseil de sécurité national et limite la liberté de la presse et des individus. Cette intervention vise à limité l’expansion de l’Islam politique suite à la Révolution iranienne en 1979, qui donne des ailes à certains musulmans. En 1983, l’armée permet un retour à la normale et un nouveau parti voit le jour : le Parti de la Mère Patrie. Son fondateur, Turgut Özal, prône le rassemblement de toutes les mouvances politiques turques, des musulmans aux alévis. Il est élu premier ministre en 1983 et prône la synthèse entre l’Islam et le Nationalisme alors opposé.

En effet, l’Islam proscrit le nationalisme comme le tribalisme qui divise les musulmans qui appartiennent à la même communauté. Le nationalisme turque idolâtre la Nation, vénère les traditions préislamiques et considère l’Islam comme son ennemi mortel. La rencontre entre les deux courants va se faire à partir de 1960, bien que ces dernier s’opposent et forme une synthèse qui s’opposent à l’Islam. Turgut Özal va faire de cette synthèse l’idéologie officielle de son gouvernement jusqu’à sa mort en 1993. Cette religion officielle a pour objectif de tromper les musulmans et de les écarté de l’Islam en présentant cette idéologie comme l’Islam orthodoxe et ainsi prendre des mesures contre les musulmans qui s’opposent au kémalisme et à cette religion officielle.

Les cours de religion sont rendu obligatoire pour diffuser cette synthèse contre nature entre Islam et nationalisme. De 1950 à 1982, seul 2 facultés de théologie islamique sont ouvertes contre 8 pour l’année 1982.

Özal s’ouvre à l’Europe et prône un ultralibéralisme qui va permettre de développer le pays. Cette ouverture va servir les musulmans de manière indirecte en permettant l’emergeance d’une génération d’homme d’affaires musulmans surnommé les « Tigres Anatoliens ». En 1994, les organisations religieuses possèdent 19 chaînes de télévision et 45 stations de radio.

Histoire général des musulmans de Birmanie

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Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les rohingya ne sont pas les seules musulmans de Birmanie. En effet, plusieurs groupes ethniques existent en Birmanie et différents groupes sont de confession musulmane dont les rohingya.

A l’heure où ces lignes sont écrites, le cas malheureux de ce groupe ethnique de confession musulmanes est connu grâce à la mobilisation de musulmans qui ont entrepris un travail constant pour faire prendre conscience non seulement aux musulmans mais aussi au reste de l’humanité, la détresse d’un peuple persécuté par l’État birmans depuis des dizaines d’années.

Alors d’où provient l’origine de cette persécution ? Touche-t-elle uniquement les rohingya ou d’autres groupes ethniques de confession musulmanes ? Que cherche à accomplir le gouvernement birmans derrière ces persécutions ? Nous allons tenté d’y répondre mais avant nous allons nous pencher sur la venue des musulmans dans cette région du monde.

Les premières traces de musulmans en Birmanie remonte au VIe siècle, ces derniers seraient venu pour le commerce et se seraient établie durablement dans la région. Plusieurs écrits attestent de cela dont des voyageurs chinois qui ont fait état de la présence de colonies musulmanes « aux environs de la frontière actuelle entre la Birmanie et Yunnan* » ou encore « l’historien franco-luxembourgeois Jacques Leider qui constate pour sa part que du XVe siècle au XVIIe siècle, l’essentiel du commerce de Mrauk’U (ville du sud-ouest de la Birmanie) était entre les mains de marchands musulmans.»**

 

A cette période, la présence de musulmans dans la région ne posaient aucun problèmes, la communauté musulmanes de diverses origines (Perses, Indiens, Arabes, etc…) s’employaient à diverses tâches comme le commerce ou étaient enrôlé dans les armées des seigneurs de la péninsule.

Ils se sont même vu confier des responsabilités importantes par les autorités locales. « Sous le règne du roi Bagan Min (1846/1853), un musulman a été nommé gouverneur d’Amarapura, alors capitale du royaume. Et le roi Mindon (1853/1878) a employé des milliers de musulmans dans ses armées comme dans son administration.

La Grande Bretagne colonise le pays en 1886 et abolie la monarchie. Cette colonisation est le point de départ des futur persécution des musulmans birmans et particulièrement les rohingya. Avec elle, la colonisation va apporter la notion de race et de frontière qui va marqué un clivage dans lors de l’indépendance birmane en 1948. Tout birman est nécessairement bouddhiste, les autres communautés comme les musulmans, les chrétiens et les hindouistes ne sont pas considérés comme birmans car ils seraient venue du sous continent indien. Les britanniques vont faire appelle à des immigrés indien du Bengale (région limitrophe entre l’Inde et le Bangladesh) qui sont considérés comme plus « civilisé » mais connu comme étant une meilleur main d’œuvre que les birmans. La conséquence de cette immigration est le peu de place faites aux birmans car au tournant du XXe siècle, une grande majorité des professions sont tenu par l’immigration indienne (juristes, médecins, commerçants, militaires, artisans, etc…).

La crise économique de 1930 et les facteurs confessionnels vont jouer un rôle central dans la montées des tensions. Les bouddhistes s’indignent que des musulmans épouse de birmanes du fait de l’obligation de conversion de la femme à l’Islam. En 1938, les bouddhistes entament une série d’actes violent contre les musulmans qui sont accuser de voler les richesses du pays et de convertir les femmes à l’Islam. Résultat, 240 personnes morts (142 musulmans, 73 bouddhistes et 23 hindouistes) et 113 mosquées détruites.

Lors de son indépendance en 1948, une loi, dite de 1948, sera promulgué par l’État birman. Cette loi assimile l’ethnicité indienne à une immigration récente, empêchant les musulmans présent sur le territoire avant la colonisation britannique de prouver leur appartenance pré-colonisation. Cette loi prive aussi les enfants nés sur le sol birmans de devenir des citoyens à part entière. Avec le coup d’État militaire de 1962, l’idée de l’identité birmane qui serait liée au bouddhisme a été davantage cultivée, excluant davantage les musulmans comme l’interdiction d’accéder à la fonction publique.

Une nouvelle loi, dite de 1982, remplace la loi de 1948 et octroi une carte rose pour les birmans de « sang pur » et une carte bleue pour les musulmans. Même la conversion d’un musulman au bouddhisme ne suffit pas à obtenir la carte rose et à être considéré comme un citoyen birman. Cette loi exclu la totalité des musulmans présent sur le territoire, des ethnies considérés comme birmanes. La construction de nouvelles mosquées sont interdites et l’entretient de celles existantes le sont aussi. En 2006, trois mosquées ont été détruites à Yenangyaung, à Chauk et Saku lors de violences entre bouddhistes et musulmans, et les autorités locales ont interdits leur reconstruction. Ces violences ont lieux suite à des rumeurs de jeunes femmes bouddhistes qui auraient été violé et des agitateurs, souvent de connivence avec les autorités locales, incitent à des représailles. Cette exclusion est dû à la définition que donne l’État birman à sa population, à savoir une prédisposition du birmans au bouddhisme.

Quand est-il des rohingya ?

Le gouvernement birman considère que le Pakistan (qui possédait le Bangladesh actuel) aurait servit de base de repli stratégique à des musulmans lors de la révolte des mujahid. De plus, le Pakistan en aurait profiter pour laisser filtré à la frontière des millier d’habitant de la province de Chittagong pour retourner l’équilibre démographique de la région. Depuis le 11 septembre 2001, les rohingya ont été suspectés d’être de possible terroristes islamique, certains occidentaux, comme Van Wonterghem, un enseignant Belge à l’Université de Delhi en Inde), ont été jusqu’à affirmé, sans preuves, que les rohingya formaient des moudjahidin dans les camps de réfugié. Dans sa stratégie exclusion, l’Etat birman pousse les rohingya a obtenir des soutiens étranger, ce qui lui permet de justifier que ces musulmans ne sont pas des birmans mais des agent de l’ouest asiatiques qui auraient pénétrés sur le territoire pour le déstabiliser. C’est ce que déclare le porte parole de l’Etat birman, en 1992, aux Nations Unies qui reprochait au régime de priver les rohingya de leur nationalité.

Depuis 1988, les musulmans du nord de l’Arakan (région du sud-ouest de la Birmanie, proche de la frontière avec le Bangladesh) sont soumis à un contrôle renforcé et il leur aient interdit de quitter la région. Pour chaque déplacement, ils subissent des démarches administrative très lourdes qui ont de fortes chances de ne pas aboutir. L’accès à l’école est un luxe que peu peuvent se payer. N’étant pas autosuffisante en production de céréales, le nord de l’Arakan a un besoin de faire importer le riz, ce que l’Etat birman leur interdit. D’autres mesures sont prises pour empêcher la prolifération des rohingya, le contrôle des naissances et l’interdiction de se marier sans l’autorisation du commandant militaire local. En 1988, le gouvernement n’autorise que 3 mariages par village et les frais de dossier qui sont exigés augmente de plus en plus avec le temps. L’État tente aussi de faire fondre la communauté musulmane en organisant l’exode massive de bouddhistes dans le nord de l’Arakan dans des villages, ce qui accentue les tensions et les pogroms à l’encontre des musulmans. Ces exodes sont suivi d’expropriation de musulmans et ces derniers ne sont pas relogé.

Pour le gouvernement, cette mise à l’écart constitue un avertissement à la possible migration de musulmans du Bangladesh en territoire birman. Le nord de l’Arakan constitue un cordon sanitaire, permettant de filtré cette possible immigration.

 

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*Province du sud-ouest de la Chine

**Atlas des minorités musulmanes en Asie méridionale et orientale – Pages 130 et 131

La Turquie Laïque Partie 4 : L’avènement de l’Islam politique

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Cevat Rïfat Atilhan crée le premier partie politique islamique en 1945. Ce dernier a été l’auteur de plusieurs livres dirigés contre le sionisme et la franc-maçonnerie. Son partie lutta naturellement contre la laïcité mais sera dissout en 1950 suite à des résultats plus que médiocre aux élections. Il quitte son partie en 1946 et en crée un second : le Parti Conservateur Turc, qui se concentre sur la morale, l’unité turc-arabe mais sera dissout après sa création. En 1951, il crée le Parti Démocrate de l’Islam qui propose l’interdiction du communisme, de la Franc-maçonnerie et condamne la laïcité. Ce parti sera interdit l’année suivant par le premier ministre Adnan Menderes pour avoir nié le principe de laïcité. Ce dernier n’est pas franc-maçon mais est entouré de ministres et députés qui le sont. Le 27 mai 1960, Adnan Menderes est arrêté par la junte militaire et installe le général Cemal Gürsel à la tête du pays. Il est accuser d’avoir violé la Constitution et sera pendu le 17 septembre 1961.

Les alévis soutiennent le parti démocrate créer par Menderes pour son projet économique de développement des campagnes, mais une fois que le parti prends un tournant plus religieux, ils se tournent vers le parti historique de Mustafa Kémal Atatürk : le Parti républicain du peuple. Ils applaudissent le coup d’état de 1960 qui marque un retour au kémalisme. Ils affirment leur fidélité au kémalisme à condition que les principes de laïcité, de modernisme, d’égalité et de tolérance soit respectés. En 1966, ils fondent le Parti de l’unité de Turquie dont l’emblème représente un lion (qui représente Ali Ibn Abou Talib) enfermé dans un cercle de 12 étoiles qui représente les 12 imams du chiisme. L’alévisme glisse vers le communisme et fait de l’Islam sunnite son ennemi naturel. Pour le combattre, il cherche à ce que l’État respect les principes du kémalisme et n’impose pas le sunnisme à travers le ministère des Affaires Religieuses.

Le 26 janvier 1970, Necmettin Erbakan fonde le Parti de l’Ordre national. Il s’agit plus d’un parti de l’ordre moral qu’un véritable parti islamiste. Erbakan met en avant l’ordre moral, les valeurs spirituelles, le nationalisme, le respect des traditions, l’anti-maçonisme et l’anti-occidentalisme. Il dénonce le kémalisme du Parti Républicain du Peuple, la voie de la franc-maçonnerie incarné par le premier ministre Süleyman Démirel et son parti de la Justice. Il présente son Parti comme seul alternative, refusant de délivré une carte de membre aux franc-maçons, aux sionistes et aux communistes. Il accuse la franc-maçonnerie d’organisation chrétienne et juive, et y adhéré est une trahison de l’Islam. Erbakan est le disciple du cheikh Mehmet Zahid Kotku. Accusé de vouloir réintroduire un État islamique, le parti sera interdit lors du coup d’État de 1971. Plusieurs religieux sont arrêté et Erbakan s’exile en Suisse. En 1972, un nouveau parti islamique est créer : le Parti du Salut National. Dirigé à distance par Erbakan avant d’en prendre la direction officiellement en 1973, le nouveau parti se réclame de la démocratie et affirme que la laïcité a été mal comprise. Il propose d’instaurer une éducation religieuse à l’école. Lors de son exil, Erbakan a constitué dans la diaspora turque d’Allemagne, une base arrière du Parti qui lui fourni un soutien financier et stratégique. Cette base arrière assure à Erbakan un droit de parole, grâce à la législation européenne, relayer en Turquie par les journaux, radios et télévisions. Les discours de Erbakan sont diffusés jusque dans les profondes campagnes de Turquie grâce au support cassette. En 1974, le Parti s’associe par le Parti Républicain du Peuple, le parti kémaliste, et accède au pouvoir.

La Turquie Laïque Partie 3 : La République sans Atatürk

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Mustafa Kémal Atatürk meurt 1938 et est remplacé par Ismet Inonü à la tête du pays. Ce dernier est une ancien héros de la guerre d’Indépendance et Premier ministre de 1925 à 1937.

En 1945, le président Ismet Inonü, à la tête du Parti Républicain du Peuple, autorise la présentation d’autres Partis que le sien. En 1946, Celâl Bayar et Adnan Menderes fondent le parti Démocrate qui inscrit la tolérance religieuse dans son programme. Pour contrecarrer cette position, le premier ministre Chemseddin Günaltay, du Parti Républicain du Peuple alors au pouvoir, prend certaines mesures concernant l’islam : il autorise les cours de Coran, la formation d’imams et introduit des cours d’éducation religieuse en primaire pour ceux qui désire les suivre. Mais ces cours doivent-être respectueux du principe de laïcité.

En 1950, le Parti Démocrate remporte les élections et son leader Celâl Bayar devient président. Il nomme Adnan Menderes premier ministre. Menderes desserra l’étau autour des musulmans en permettant l’appel à la prière en arabe, la réouverture de certains tombeaux et la circulation d’ouvrages islamique. En 1951, les cours de religion ne sont toujours pas obligatoire mais désormais il faut faire une demande pour en être dispensé et non plus une demande pour y assister. Les cours de religion sont introduits dans les écoles d’instituteurs. Ces mesures, en apparence favorable à un retour de l’islam, sont en fait des manœuvres politique pour contrôler l’islam et empêcher une contestation de la République laïque, déjà prôné par les musulmans les plus jaloux de leur religion. Pour Menderes, mieux vaut contrôler l’enseignement de la religion et occulter certains aspect gênant pour la République, que d’étouffer la pratique de l’islam qui finirait inévitablement en révolte. C’est pourquoi, en 1953, l’État pousse les instituteurs à sélectionner les parties de la vie du Prophète Mohammed (Sala Llahou `Aleyhi wa Salam) qui concerne l’éthique, le bon comportement, le vivre ensemble, etc… et de mettre de côté les épisodes concernant le destin, la vie de l’au-delà. Pourtant, ces questions sont au centre de la religion islamique, et la question du destin concernent les fondements de la foi musulmane, sans la bonne croyance au destin, la foi n’est pas complète. C’est le but des ennemis de l’islam, et ici de Menderes : désislamiser les musulmans étapes par étapes jusqu’à sa dissolution dans le paysage démocratico-laïque. Et pour toucher encore plus de musulman, en 1956, les cours de religions sont introduits dans l’enseignement secondaire. L’islam y est présenté comme une religion rationnelle, ce qui n’est pas la cas en réalité. Ces manœuvres n’ont pour but que de rendre l’islam compatible avec la République laïque et démocrate turque.

Le gouvernement turc met en place un programme visant à altérer la véritable compréhension de l’islam. Des écoles d’imams sont créés dans se but. Les parents qui ne souhaitent pas mettre leur enfants dans les écoles de la République optent pour les écoles d’imams et donc tombent entre les griffes des ennemis de l’islam qui veulent altérer la religion. Des musulmans voient clair dans le jeu du gouvernement et critique la prise de contrôle de l’État sur l’islam et dénonce ses dérives.

Les diplômés des écoles d’imams ne deviennent pas des imams ou des savants en science religieuse mais se dirigent vers des carrières politiques, juridiques, dans le monde des affaires et des sciences profanes. Ceci est étonnant pour celui qui pense que les écoles d’imams ont vraiment pour but de transmettre le savoir religieux. Mais pour ceux qui ont conscience des manœuvres politiques, ces orientations profanes ne sont pas étonnantes.

Jusqu’ici, l’islam turc étant en sommeil mais depuis les réformes politiques permettant à l’islam de refaire surface, l’islam turc se reconstitue mais va dans le sens voulu par l’État car l’islam turc n’entre pas en contestation avec la République mais fait le jeu de la démocratie, ce qui est contraire à l’islam. Un nouveau type de musulman naît alors : le musulman démocrate qui trouve toute sa place dans le monde démocratico-laïque.