Société moderne

Non, les femmes musulmanes n’ont pas besoin de faire carrière pour être “empowored”.

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Non, les femmes musulmanes n’ont pas besoin de faire carrière pour être émancipée/indépendante/autonome.

Nous avons des voix dans la communauté musulmane occidentale, à la fois sur le web et dans la vie réelle, avec des idées bien intentionnées mais finalement vaines sur les femmes musulmanes, idées qui font pleinement le jeu des islamophobes qu’elles tentent de combattre.

Ce type de mentalité est particulièrement visible sur les réseaux sociaux. Certains hommes musulmans voient la stigmatisation à laquelle les femmes musulmanes sont confrontées en Occident et leur réaction est une tentative de «combattre les stéréotypes».

Comment essaient-ils de faire cela?

En mettant l’accent sur les femmes musulmanes qui font carrière pour dire : “Regardez! Les femmes musulmanes ne sont pas opprimées.”

C’est vraiment dingue.

Pourquoi n’est-ce pas une stratégie intelligente?

Parce que lorsque nous essayons de prouver que les femmes musulmanes sont autonomes et non oppréssés en disant «Mais il y a plein de hijabés qui font carrière dans les domaines scientifitiques et téchnologiques !», c’est une bataille perdue.

Premièrement, cette ligne de pensée ne va pas vraiment convaincre vos ennemis idéologiques. S’ils croient fermement que l’Islam opprime les femmes, leur montrer des images d’ingénieures et de mathématiciennes musulmanes ne les influencera pas. Leur haine de l’islam est trop profonde pour que quelques images puissent la déloger, leur esprit restera donc borné. Ils reviendront simplement avec: «Bien, bien, ces femmes musulmanes en particulier ne sont peut-être pas opprimées, mais il y en a beaucoup d’autres qui le sont réellement. Le hijab lui-même, en tant que concept, est oppressant parce qu’il est porté par les femmes. L’islam est une religion sexiste, patriarcal et misogyne.”

Les photos glamour des scientifiques hijabi ne répondent pas vraiment à cette revendication centrale.

Deuxièmement, ce type de stratégie concède trop. Cela surcompense. En mettant en évidence les stéréotypes de la femme “indépendante” qui fait carrière, cette stratégie délaisse et fragilise complètement toutes les autres femmes : l’épouse et la mère au foyer. Cette femme qui est l’épine dorsale de la famille et donc de la société. Une société en bonne santé est composée de familles en bonne santé, et une famille en bonne santé a à cœur une femme musulmane forte et enracinée à la maison. Elle fonde sa famille, l’ancre. Sans elle dans ce rôle important, il y a un vide notable, un fossé, un déficit. Il existe un lien évident et historiquement documenté entre l’entrée massive des femmes sur le marché du travail et la rupture de la cellule familiale traditionnelle. Nous faisons semblant de ne pas savoir ça lorsque nous adoptons une stratégie consistant à mettre en valeur les femmes qui font carrière afin de plaider en faveur de l’autonomie des femmes musulmanes.

Troisièmement, la stratégie même consistant à afficher les femmes musulmanes dans la sphère publique est ironique pour quiconque a étudié l’histoire de la colonisation des pays musulman par l’Occident. Le hijab et la réclusion des femmes musulmanes en Algérie se sont révélés être un obstacle contre les puissances coloniales françaises. Frantz Fanon, psychiatre et intellectuel anticolonial originaire de Martinique, a décrit la doctrine coloniale française de la manière suivante:

 

“Si nous voulons détruire la structure de la société algérienne, sa capacité de résistance, nous devons tout d’abord conquérir les femmes; nous devons aller les chercher derrière le voile où elles se cachent et dans les maisons où les hommes les cachent.”

 

Contrairement à l’insistance non musulmane laïque qui veut que les femmes soient facilement visibles et exposées au public, l’Islam protège la vie privée et l’honneur d’une femme en la protégeant du regard d’hommes étrangers. En établissant une séparation saine entre les sexes et en ne rendant pas les femmes facilement accessibles dans la sphère publique, l’islam maintient également la pureté du cœur des individus ainsi que la santé de la société en général. Une solution diamétralement opposée consiste à coller des photos de femmes musulmanes sur les médias sociaux, où des milliers d’étrangers peuvent afficher leurs photos et les regarder aussi longtemps qu’ils le souhaitent. C’est grossier.

Quatrièmement, cette méthode pour montrer l’autonomie des femmes musulmanes en leur montrant qu’elles font de «grandes choses» dans les domaines de la science et de la technologie relève du complexe d’infériorité. Cette stratégie consiste en fait à prendre pour acquis, à intérioriser la manière de penser des non-musulmans. Au lieu de remettre en question les normes établies par le camp adverse, elle s’y conforme. Ce paradigme des non-musulmans et des islamophobes, repose sur un ensemble d’hypothèses spécifiques:

1. Les femmes doivent travailler et obtenir un salaire afin d’être considérées comme «des femmes qui ont réussi», «utiles à la société» et «améliorant le monde».

2. Les carrières les plus prestigieuses sont dans les STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques) qui sont dominées par les hommes. Les femmes devraient être encouragées à y entrer.

3. Les femmes doivent faire le même travail que les hommes de la même manière pour être perçues comme «indépendantes» et «libérées».

4. Plus une femme a gravi les échelons supérieurs d’une entreprise et plus elle a obtenu de diplômes, meilleure est sa performance.

Toutes ces affirmations sont fausses. En tant que musulmans, nous ne partageons pas ces points de vue et ne nous y soumettons pas non plus.

En tant que musulmans, nous nous soumettons aux valeurs supérieures révélées dans l’Islam au sujet des sexes, de leurs rôles, de leur nature et de la manière dont ces deux sexes travaillent ensemble et se complètent pour que la société et l’humanité puissent prospérer.

Nous, musulmans et musulmanes, comprenons que:

1. Il existe de nombreux autres modes de travail extrêmement précieux – et absolument irremplaçables – qui n’accordent pas en retour un salaire de la part d’un employeur. Mettre l’accent sur l’emploi salarié comme preuve de l’indépendance/autonomie/émancipation et du succès revient tout simplement à souscrire à la fausse affirmation selon laquelle le carriérisme est une émancipation. Pourquoi devrions-nous l’accepter aveuglément alors que tant de femmes dans le monde de l’entreprise expriment un degré d’insatisfaction élevé à l’égard de leur vie? Pourquoi devrions-nous l’accepter aveuglément quand toutes les données prouvent que les femmes occidentales sont devenues moins heureuses alors qu’elles sont plus “émancipées” ?

2. Si une femme est forcée de travailler à l’extérieur de la maison, en raison de besoins financiers ou de circonstances urgentes, pourquoi devrions-nous présumer que les carrières en STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques) sont ce qui lui convient le mieux? Il n’est pas sage de pousser par réflexe les femmes à entrer dans des domaines dominés par les hommes afin de prouver leur «émancipation». Dans ces domaines exigeants et concurrentiels, les femmes doivent souvent passer de nombreuses années à l’école pour obtenir leur diplôme. Et puis, ces carrières elles-mêmes ne sont pas toujours propices au meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, encore moins pour une famille musulmane. Dans de nombreux cas, une femme musulmane doit renoncer totalement à l’idée de fonder une famille si elle veut travailler dans le domaine des STEM.

3. L’idée qu’une femme doit prouver son mérite en s’efforçant de rivaliser avec les hommes et de les battre à leur propre jeu est tout simplement triste. Le féminisme pousse les femmes à vouloir être les mêmes que les hommes, à pénétrer dans les mêmes domaines, à travailler les mêmes longues heures, à avoir le même niveau de promiscuité et à promettre faussement que les femmes auront le même résultat que les hommes. Les hommes et les femmes ont des besoins et des natures très différents, et courir dans la même roue de hamster que les hommes juste pour prouver quelque chose ne peut apporter apporter de vrai bonheur à une femme, mais elle ne s’en rend compte que quand il est trop tard. Au moment où la plupart des femmes se rendent compte de la futilité de rivaliser avec les hommes dans leurs domaines, il est trop tard pour revenir en arrière et agir différemment. La fenêtre de ce qui apporte le plus grand bonheur à la plupart des femmes, à savoir les enfants et une famille stable, est fermée et il est trop tard pour revenir en arrière.

4. Les femmes qui sont de perpétuelles étudiantes et/ou des carriéristes ont tendance à le faire aux dépens de la famille. Le féminisme promet aux femmes qu’elles peuvent tout faire et tout avoir: elles peuvent gravir les échelons de l’entreprise et obtenir plusieurs doctorats tout en ayant un mari, une famille et des enfants. C’est un fantasme qui ne se déroule pas ainsi dans la réalité. D’innombrables travailleuses ayant de grandes carrières tendent à avoir des relations et des vies familiales dysfonctionnelles tout simplement parce qu’elles accordent la priorité à leur carrière. La famille récupère les restes. De même que les femmes avocates de haut niveau ou qui occupent d’autres emplois inhabituellement exigeants, les statistiques révèlent que leur santé mentale souffre du stress constant d’être entraînée dans trop de directions différentes. Incapables de se concentrer pleinement sur leur vie professionnelle mais également incapables de se consacrer pleinement à leur foyer, à leur famille ou à leurs enfants, elles souffrent de sentiments de dépression accablante et d’anxiété chronique. Elles essaient de tout faire mais ne le peuvent tout simplement pas, s’épuisant elles-mêmes.

Est-ce ce que nous voulons pour nos sœurs, quand l’Islam nous enseigne une meilleure voie ?

Aux islamophobes qui veulent dire que les femmes musulmanes sont opprimées, nous n’avons tout simplement pas besoin de jouer à leur jeu. Nous pouvons simplement renverser la situation et répondre: «En fait, ce sont les femmes occidentales qui souffrent du plus haut degré d’insatisfaction et de dépression en dépit de leur vie supposée “émancipée”. Au lieu de vous préoccuper des femmes musulmanes, peut-être devriez-vous d’abord nettoyer de votre côté. Et si vous avez besoin de conseils de notre part, nous, musulmans, serons ravis de vous aider! »

Daniel Haqiqatjou

Source : https://renaissancemusulmane.com/non-les-femmes-musulmanes-nont-pas-besoin-de-faire-carriere-pour-etre-empowored?fbclid=IwAR1UnJRGPVghnOtn3LT_lus2hihfXhHvas-3Dem22ZQ93dquzGIYwaFh7RU

Comprendre le fiqh de la destruction de l’Islam – Du fiqh al aqaliyyat au fiqh des moustad’afines (du fiqh des minorités au fiqh des faibles) – Partie 1

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بسم الله الرحمن الرحيم

Au nom de Dieu, Le Tout-Miséricordieux, Le Très-Miséricordieux

 

Première partie (I) : l’opposition à la vision islamique de l’espace mondial

Dans toute démarche pertinente visant à déterminer les causes d’un problème, il y a souvent une analyse interne et une analyse externe.

L’analyse externe vise à déterminer le contexte et l’environnement, en quoi ils influent négativement, comment ils aggravent ou de quelle manière ils ont fait naître le problème.
Nous en avons déjà fait souvent référence ici et là, les causes historiques, la nature de notre réalité contemporaine, le monde occidental, ses forces et ses pressions, qui font en sorte de ne pas laisser l’Islam libre de s’épanouir dans toute sa réalité, seul maître de son histoire.

Toutes ces entreprises, ces opérations, ces manipulations, ces buts et objectifs sont clairement visibles par tout musulman sincère. Et ils sont d’autant plus faciles à saisir et à comprendre quand il s’agit de pointer du doigt les « autres ».

L’analyse interne, quant à elle, vise à diagnostiquer les faiblesses, savoir où elles se trouvent, comment elles sont apparues, de quelle manière elles aggravent la situation générale. A contrario c’est donc mettre le doigt là ou précisément le mal agit et être donc capable de réfléchir aux solutions. Par contre cette analyse est la plus ardue des deux car elle suppose recul et esprit critique. Elle suppose d’étudier soi-même un corps social dont on est partie prenante. Et islamiquement parlant l’analyse interne est même prioritaire : « Lorsqu’un malheur vous atteint […] vous dites : “D’où vient ce malheur ?” Réponds-leur : “Il vient de vous-mêmes” » (Sourate al-’Imrân, V165).

Le mal absolu est la dénaturation de l’Islam, son occidentalisation (sécularisation), l’amputation d’une grande partie de sa réalité, la fin de sa civilisation. Et tout ceci a d’immenses effets négatifs dans la conscience des musulmans, dans leur vision de ce qu’est l’Islam, dans leurs pratiques quotidiennes et dans la réalité de leur foi. Et c’est ainsi que ce cercle vicieux est en place depuis plus d’un siècle désormais*: séculariser l’Islam pour qu’il sécularise les musulmans, soit en sécularisant les musulmans de sorte qu’eux-mêmes sécularisent l’Islam.

Un orientaliste disait lors de la période coloniale*: «*je n’appelle plus les musulmans à entrer dans le christianisme mais à sortir de l’Islam. Nous avons dépensé beaucoup d’argent, prononcé de nombreux discours, malgré cela nous n’avons pas réussi à dévier un musulman de sa religion. Il est plus facile de détruire que de construire. La destruction du musulman constitue la destruction de la religion elle-même [1].

Or remarquons aujourd’hui que les enfants de ces orientalistes d’antan ont très bien compris que la meilleure des stratégies pour obtenir le meilleur des résultats est de faire détruire l’islam et les musulmans, par des musulmans eux-mêmes, de sorte que tous sortiront de l’Islam sans même en avoir conscience.

Cette stratégie est largement facilitée dans le monde musulman et au delà, par une idéologie de la soumission inconsciente, créée par des individus et groupes issus de la Oumma très largement identifiables (historiquement et islamiquement).

Ces derniers ont mis en place malgré eux toute une nouvelle architecture qui, sous diverses prétextes, n’aboutira qu’à détruire la structure du dogme authentique de l’Islam, celle de l’orthodoxie sunnite et finalement l’identité musulmane. Cela n’aboutira qu’à incorporer l’Islam dans un nouveau Din mondialiste, constitué simplement de sectes (firqa) ou d’écoles (madhab) dont l’une est appelée ”islam” pour mieux berner en douceur les musulmans.

Dialectique et méthodologie de l’imposture

Nous allons voir ici quelles sont les terminologies (mostalahat) et la méthodologie (minhaj) de cette nouvelle idéologie (fikra jadida).

Nous allons analyser de quelle manière leurs innovations (bid’a), leurs visions biaisées et tronquées, leurs erreurs de bonne foi, leurs négligences condamnables, leur manque de rigueur, leurs tromperies, leurs mensonges et leurs propres illusions, s’y prennent de manière méthodique pour délier un à un les liens fondamentaux de l’islam dans nos cœurs et nos esprits : « Les liens de l’islam seront défaits les uns après les autres, et chaque fois qu’un lien sera défait, les gens s’attacheront au suivant. Le premier à être défait sera le lien de la Loi (d’Allah), et le dernier sera le lien de la prière»[2].

Rejet de la dichotomie Dar al Islam/Dar al Koufr

Un des premiers sujets auxquels se sont attaqués ces nouveaux penseurs et leurs chouyoukh, sont de remettre en cause la traditionnelle vision musulmane du monde.
D’un côté le domaine de l’islam, les terres dans lesquelles ses lois, ses valeurs, son ordre, sa culture, son pouvoir règne et domine. Cela que ses habitants et sa population soit majoritairement musulmans ou non (Dar al islam).

De l’autre coté, tout le reste, c’est-à-dire les terres qui ne sont pas sous domination politique de l’Islam. Cela même si la population est majoritairement musulmane. Or, si ces terres ne sont pas dominées par l’Islam, c’est qu’elles le sont par autre chose que l’Islam, cette autre chose n’étant pas l’islam est donc son opposé, le non-islam : al Koufr (Dar al koufr).

Ibn Qayyim dit dans son Ahkam ahlou dhimma : « la majorité (joumhour) a dit le dar al islam est celle qui est la propriété des musulmans et gérée par les lois de l’islam, et ce qui n’est pas administré par l’islam n’est pas un dar al islam ».

Comment s’y sont-il pris pour rejeter ce principe clair et limpide ? Deux méthodes.

1/ Première méthode : la multiplication des terminologies

Bien entendu, puisque ces derniers se réclament d’une certaine tradition scientifique sunnite, ce rejet n’est pas directement frontal, ils préparent toujours le terrain en citant abondamment tels ou tels ijtihad antérieurs, en les extrapolant et en finissant par regrouper toutes leurs propres extrapolations pour donner naissance à des nouveaux ijtihad totalement innovés au-delà même des limites légales de la jurisprudence. On voit apparaître des termes comme :

Dar Al Sulh (domaine de la conciliation)
Dar Ad Da’wa (domaine de la prédication)
Dar ash Shahada (domaine du témoignage)
Dar al Amn (domaine de la sûreté).

Il ne s’agit pas de dire que certaines de ces terminologies n’ont jamais été utilisées par d’honnêtes savants dans l’histoire de la jurisprudence islamique. Mais de montrer qu’aujourd’hui entre des mains malintentionnées non fermement enracinées dans le dogme, et utilisées par des esprits déviants aux méthodes et buts innovés, elles se révèlent être des armes de destruction massive de la conscience islamique des musulmans. Celle qui détruit en eux la pertinence et l’intérêt de garder l’absolue dichotomie Dar al Islam/Dar al Koufr.

Tout est fait comme si tous ces termes ne servaient qu’à noyer le poisson, à leur faire oublier les fondamentaux et notamment ici leur retirer de l’esprit l’idée et la croyance qu’il y a (eu) et doit y avoir un Dar Al Islam : là ou l’Islam est absolument maître chez lui pour défendre son intégrité (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui).

Nous disons bien « absolue dichotomie » car tous ces nouveaux termes ne pourront jamais remplacer la pertinence de ceux mis en place par nos pieux prédécesseurs (salaf salih) et leurs suiveurs (khalafs).
Dar ad Da’wa, Dar Shahada, et Dar al Amn sont utilisés par ces nouveaux penseurs et ”imam” pour désigner l’ancien Dar al Koufr (le monde non-islamique non-musulman) dans lesquels vivent une importante minorité musulmane.

Ainsi pour eux, le monde non-musulman est un monde dans lequel le musulman doit et peut faire de la prédication (da’wa) dans lequel il peut témoigner son islam (shahada) et ou il est en sûreté (amn).
Mais tout cela a pour but de justifier leur présence en Dar al Koufr, pour les inciter à intérioriser comme absolument naturel leur présence en plein milieu de ces territoires.

Cela sans jamais se demander pourquoi ils sont là et pas ailleurs, sans jamais se poser de questions (”dangereuses”), et y vivre paisiblement comme un troupeau de moutons qu’un berger un jour a amenés dans tel ou tel pré, pour y brouter là ou il l’autorise à brouter, en disant comment y brouter en attendant de se faire tondre.

L’utilisation de ces terminologies par ces individus est totalement imparfaite, et ils ont même échoué dans le but qu’ils se sont fixé (redéfinir une vision du monde islamiquement pertinente) puisque ces nouvelles terminologies ne peuvent pas qualifier à elles seules l’ancien Dar al Koufr et donc pouvoir exclusivement le remplacer.

Tout est confus et semble être en réalité une construction pseudo-scientifique bâclée. Explication par l’exemple contradictoire :

Est-ce que les musulmans vivant dans le Dar al Islam n’ont donc pas/plus besoin de da’wa, de rappel à l’ordre et d’incitation au bien et à l’interdiction du mal (amr bil ma’rouf wa nahi ‘anil mounkar) et leur territoire n’est-il donc pas/plus aussi un Dar ad Da’wa ?

Le Dar al Islam n’est-il pas aussi un Dar al Shahada par excellence ? (et même le plus absolu de tous). Le Dar al Islam est-il toujours un endroit où règne la sûreté pour les musulmans et donc forcément un Dar al amn selon cette compréhension ? Le Dar al Koufr est-il un monde totalement uniforme pour énoncer que les musulmans ont la liberté d’y professer publiquement leur foi ? Comment et selon quels critères juger de cette liberté ?
On pourrait multiplier ce genre de question pour multiplier les contre-sens sans aboutir au résultat souhaité. Non.

Absolument rien ne peut remplacer de manière convaincante la distinction entre Dar al Islam et Dar al Koufr. Sachant que ces deux mondes sont aussi traversés par de multiples réalités qui sont à nuancer, en fonction des contextes politiques, géographiques et/ou régionaux. Mais quoiqu’il en soit cette dichotomie est la plus claire de toutes, islamiquement parlant en tout cas…

2/ Deuxième méthode : le prétexte de la guerre et la terminologie pacifiste

Cette méthode pour réfuter cette dichotomie est politiquement plus sournoise.

Elle consiste à dire (très implicitement) qu’il ne faut pas utiliser cette terminologie de Dar al Koufr car celui-ci renvoie automatiquement au Dar al Harb (domaine de la guerre). Et parfois, pour se justifier, ils réutilisent même les arguments (retournés) que ceux utilisés par la vision orientaliste islamophobe (le comble pour ces individus qui, au départ, voulaient nous libérer de ces archaïsmes remplis de stéréotypes). C’est donc une espèce de honte coupable inconsciente qui est ici dévoilée.

Or dans notre monde régi par l’Organisation des Nations-Unies (contre l’Islam) qui fait de la Paix et des Droits de l’homme son fonds de commerce et impose son ordre inique au monde, les nouveaux penseurs et chouyoukh de l’Islam se refusent d’utiliser le terme Dar al Koufr qui renvoie selon eux au Dar al Harb, c’est-à-dire aux terres à conquérir et aux populations non musulmanes à convertir car justement elles ne sont pas dominées par l’Islam. Cela renvoie donc au jihad, aux croisades, à la violence et à tout ce verbiage humaniste et pacifique.

Or si le Dar al Harb désigne automatiquement un Dar al Koufr, tout Dar al Koufr n’implique pas forcément d’être un Dar al Harb réel dans lequel les actions militaires sont obligatoires pour les musulmans. Car ces actions militaires et son état de guerre, sont toujours laissés à l’appréciation des détenteurs d’autorité (oulat al oumour) selon les intérêts (massalih) de l’Islam et des musulmans (sauf cas de légitime défense ou nulle permission n’est requise pour se défendre des envahisseurs).

Il y a même chez les anciens juristes une simple utilisation linguistique du terme Dar al Harb comme synonyme de Dar al Koufr sans que cela n’implique chez eux l’idée réelle d’un état de guerre, mais plutôt un état d’hostilité et d’opposition politique.

Idée d’hostilité, car justement il n’y a pas eu de conclusion d’accord de paix, de trêve et de relation de bon voisinage avec les autorités islamiques légales représentant le Dar al Islam (une partie ou son tout avec le califat). Tout le contraire, donc, de ce que certains appellent un Dar al ‘ahd (traité),Dar al Sulh (conciliation) ou un Dar al Hudna (trêve), qui restent tous fondamentalement des Dar al Koufr sans être dans la pratique réelle des Dar al Harb, mais pouvant tous potentiellement le devenir au moindre changement de relations politiques et diplomatiques.

Dès lors, même si on adopte ces terminologies : d’un côté Dar al Islam, de l’autre un Dar al Harb et un Dar al ‘Ahd, cela ne peut toujours pas remplacer la dichotomie fondamentale, car Dar al Harb et Dar al ‘Ahd appartiennent toujours et tous deux au Dar al Koufr…

Ainsi, l’idée de ne pas utiliser Dar al Koufr à cause de son ”esprit de stigmatisation” prélude selon ces prétendus imams et penseurs, à l’état de guerre, est complètement biaisée car le Dar al Koufr est une qualification juridique d’un territoire qui ne présage en rien la nature des relations politico-diplomatiques qu’entretient ce territoire avec le Dar al Islam…

Ces nouveaux intellectuels, juristes ou imams ont appuyé leur méthodologie de manière complètement inversée comme à leur habitude : ils comprennent l’islam et ses théories en se basant sur le contexte actuel, mais ne cherchent absolument pas à comprendre ce contexte en se basant sur l’Islam et ses fondements (fahm al waqi’ bil islam wa layssa fahmou islam bil waqi’).

Et c’est en se basant sur l’état du monde actuel, et en donnant le caractère de preuve par le fait à cette situation actuelle dans leurs déductions, qu’ils ont voulu revenir sur la traditionnelle dichotomie, alors que tout leur prétendu ”ijtihad”, en sus de ne rien apporter et de ne pas être capable de la remplacer avec une absolue pertinence, entraîne au contraire des effets extrêmement dangereux pour la réalité de l’Islam.

La destruction des frontières-barrières protectrices et Le mondialisme

Car en effet, notre monde actuel est mondialisé, les frontières tendent à disparaître pour laisser place à la libre circulation des hommes, des marchandises et des capitaux. L’uniformisation des lois, des codes, des cultures et des valeurs au niveau de la planète menace l’humanité entière en créant un homme unique, pensant et vivant fondamentalement de la même manière tout simplement déclinée en couleurs et langues différentes (le temps de mettre en place le clonage industriel ?). L’idéologie mondialiste se sert de termes-propagande et de leurs effets comme la démocratie, les Droits de l’homme, l’économie de marché pour réduire l’homme à l’état d’esclave inconscient et heureux de l’être.

Ces nouveaux penseurs et imams de l’égarement ont pris pour prétexte l’état actuel du monde pour détruire la vision islamique et traditionnelle de celui-ci : c’est ainsi qu’ils font délibérément le jeu des forces les plus hostiles à l’islam en accélérant l’acceptation du processus mondialiste dans les consciences musulmanes : il n’y a pas ou plus besoin de Dar al koufr ou Dar al Islam, mais il y a en réalité un unique Dar al shahada al amn al soulh ad da’wa mondial dans la plus pure vision du New World Order. Puisqu’en parallèle, même le Dar al Islam est vidé de sa plus juste définition par tous les courants islamiques (soumis au système) en lui cherchant une simple et petite définition minimaliste pour ne pas troubler l’ordre politique établi.

C’est ainsi que chez certains (peut-être les plus risibles de tous) un Dar al islam est simplement un domaine où l’appel à la prière (adhan) est public, faisant avec cette compréhension de plusieurs villes/régions du monde anglo-saxon ou asiatique un Dar al Islam… Et n’ayant toujours pas compris que cette condition est un indice dans la qualification juridique d’une terre et non la définition elle-même…

Finalement, ce refus d’accepter et de se soumettre à la vision islamique traditionnelle du Dar al Islam et Dar al Koufr, en comprenant la réalité de leurs vraies significations, ne peut être qu’une preuve de l’acceptation du projet mondialiste et du triomphe de sa vision, que cela soit conscient ou non.

Plus de Dar al Islam ni de Dar al Koufr pour mettre en place un Dar al Insanniya uniforme (domaine de l’humanité), pour un être humain uniformisé vivant sous un même et unique ordre politico-culturel : dans la plus pure vision fantasmée du projet mondialiste.

Aissam Aît-Yahya pour Anâ-Muslim

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Notes :

[1] Cité par Momar Kane in “Les musulmans Francophones”, Édition Tawhid, page 50.
[2] Hadith rapporté par Ibn Hibban.

Anâ-Muslim : Genèse religieuse et philosophique de l’Occident !

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Source : http://www.ana-muslim.org/genese-religieuse-philosophique-de-loccident-2/

Société moderne partie 12 : Conclusion

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Voici la dernière partie de la section société moderne qui avait pour but de vous présentez la naissance de la société moderne, qui est autre que la renaissance du culte païen d’antan et qui combat les religions du livre abrahamique en prenant la forme d’un groupe d’individus appelé franc-maçon ou illuminatis.

Je me suis arrêté à la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905 car le livre d’Henri Delassus clôt la partie historique de son oeuvre à cette date, le livre étant paru en 1910. Je vous conseille fortement de vous procurer cet ouvrage qui va beaucoup plus loin que le peu que j’ai mis en avant dans ces divers articles. Henri Delassus ne se borne pas qu’à une approche historique, mais il décortique les méthodes employés pour les franc-maçon pour pervertir la société et combattre les religions.

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Société moderne partie 11 : La franc-maçonnerie sous la troisième République

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gffgEn octobre 1872, un convent (= congrès maçonnique) des chefs de la franc-maçonnerie s’est réuni en Italie pour mettre en place la dictature du franc-maçon Gambetta. Les élections du 20 février 1876 mit en place la République révolutionnaire et antichrétienne. Dès lors, plus rien n’arrête la secte maçonnique, elle fait ce qu’elle veut à son heure et dans la mesure où elle le juge opportun pour arriver à ses fins.

Le plan général de la guerre contre l’Eglise fut déposé à la Chambre le 31 mars 1883 par Paul Bert. Ce document parle de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, la dénonciation du Concordat, la sécularisation des biens du clergé régulier et séculier. Après avoir proposer les mesures à prendre, Paul Bert constatait ce qui avait déjà été fait : « Toutes les institutions monastique ont disparu. Les établissement ecclésiastiques ne peuvent plus posséder d’immeubles. Le clergé n’a plus aucune part dans l’instruction publique et la séparation de l’Eglise et de l’Etat est nettement établie. Le prêtre ne peut plus sortir de son rôle religieux pour se mêler d’administration, de politique et d’élection. Des décision d’Etat ont abroger une foule de mesures prises dans l’intérêt de l’Eglise ».

Au convent de 1899, le 23 septembre, le franc-maçon Prêt donna la tactique à appliquer pour obtenir le vote de la séparation de l’Eglise et de l’Etat : « Lorsque nous aurons obtenu la séparation de l’Eglise et de l’Etat que nous appelons depuis longtemps de nos vœux, car vous sentez que l’obtention sera dû à votre influence. Si on nous demande comment nous avons fait pour l’obtenir, nous répondrons : en la proposant et en la faisant proposer toujours ».

Ainsi rappelée d’année en année, la proposition paraissait de moins en moins étrange et de moins en moins irréalisable. Cette tactique à commencer en 1873 et la loi fut votée en 1905. La franc-maçonnerie porta un coup fatale aux catholiques.

Société moderne partie 10 : La franc-maçonnerie sous l’Assemblée Nationale

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62591589En 1871, l’Assemblée Nationale est proclamée et elle fut catholique et monarchique malgré les pressions des révolutionnaires. Une loi qui réorganise l’armée et stipule que, chaque Dimanche et chaque jour de fête, un temps suffisant sera donné aux soldats pour remplir leur devoirs religieux. Les aumôniers sont rétablis aux régiments, garnisons et aux camps. Des évêques sont placés dans l’enseignement publique et des universités catholique se constituent. L’instruction religieuse prépare des générations de chrétiens dans les villes et les campagnes.

Le comte de Chambord fut écarté du trône car il était bon chrétien et avec lui au pouvoir, il n’aurait pas fait les mêmes erreurs que Louis XVIII. La franc-maçonnerie se chargea de l’écarter du pouvoir.

La commune de Paris est une période insurrectionnelle de l’histoire de Paris qui dura un peu plus de deux mois. Cette insurrection contre le gouvernement, issu de l’Assemblée nationale, qui venait d’être élue au suffrage universel, ébaucha pour la ville une organisation proche de l’autogestion. Paris fut coupé du reste de la France et gouverna comme un Etat indépendant. La commune fut fomenté par la franc-maçonnerie pour saper le pouvoir de l’Assemblée Nationale sous influence catholique.
Le 26 avril 1871, 10 000 franc-maçons, revêtus de leur insignes, se rendirent en procession sur les remparts pour y planter leur bannières. Ils se rendirent aussi à l’Hôtel de ville pour saluer le pouvoir révolutionnaire.
Le 14 mai 1873, l’Assemblée Nationale reprit possession d’elle-même mais la propagande révolutionnaire avaient fait des progrès manifeste. D’autre part, des catholiques libéraux écartèrent Henri V du pouvoir de manière définitif.

En 1872, les sociétés secrètes se concertèrent dans toute l’Europe pour empêcher l’avènement d’Henri V. Quinze jours après sa mort, le 9 septembre 1883, nombre de franc-maçons se réunirent à la loge des Hospitalier de Saint-Ouen, et le franc-maçon Cuénot y but « à la santé de la mort d’Henri V ». Ce toast fut couvert d’applaudissement et de rires.

L’Assemblée Nationale avait fait d’excellentes lois et permit la fondation d’excellentes institutions mais les républicains abolirent ces lois, détruisirent ces institutions, forgèrent des lois et établirent des institutions en sens contraire. L’Assemblée Nationale aurait dû reconstituer l’autorité, laisser Henri V reprendre sa place au trône. Elle ne la fit pas, parce que beaucoup de membres étaient plus ou moins atteints de modernisme, c’est-à-dire imbus des idées modernes. Henri V avait montré sa ferme résolution de régler toutes les questions politiques et sociales, non suivant le modernisme, mais suivant le christianisme. Il voulais faire renter Dieu en maître dans la société, afin que lui-même pût y régner en roi. Cette volonté choqua les catholiques libéraux; et ceux qui n’étaient pas infecté par le modernisme ou ne l’était qu’à faible dose, ne connaissaient pas la franc-maçonnerie et le rôle qu’elle joue depuis deux siècles. Cette ignorance les rendit hésitants, incertains de ce qu’ils devaient faire, et devant ces hésitations, la Révolution finit par emporter la place.

Société moderne partie 9 : La franc-maçonnerie sous le second Empire

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x_cart_france_off« La franc-maçonnerie fit succédé à la République une dictature. Louis-Napoléon Bonaparte était entré dans la franc-maçonnerie à l’âge de 23 ans (1831), c’était un carbonaro. Napoléon III voulu séculariser l’administration, c’est-à-dire la laïcisation et l’anéantissement du pouvoir ecclésiastique. Il voulu l’abolition de la législation divine à travers le Code Napoléon. Napoléon III avait pour but de séparer définitivement le pouvoir spirituel du Pape du pouvoir temporel en transformant l’Italie en République. Pour cela, il avait fait la guerre en 1859 mais ne pu réaliser entièrement son programme. 1859 fut l’année de la guerre entre la France et l’Autriche. Cette dernière était le seul défenseur du catholicisme en Europe, il fallait l’abattre.

La multiplication des cabarets et des mauvais lieux, de la presse, de la composition des bibliothèques populaire, des collèges de fille, etc… étaient autant de moyens d’arracher l’âme du peuple à la religion. »