Sabbataï Tsevi

Sabbataï Tsevi partie 10 : L’hostilité s’installe entre les croyants et les infidèles

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L’hostilité des rabbins de Jérusalem n’avait pas décru. Des lettres de Sabbataï à ses fidèles arrivèrent à Jérusalem portant la signature suivante : « Je suis le Seigneur votre Dieu, Sabbataï Tsevi ». C’était la formulation qu’utilisa désormais Sabbataï pour indiquer sa nature supérieur et divine. Les protestations de certains rabbins de Jérusalem na parvinrent pas à la Diaspora.

Sabbataï arriva à Smyrne sans Nathan. Contrairement à Gaza, Smyrne était un centre commercial important et très peuplé qui comprenait une communauté juive de plusieurs milliers d’âmes et une colonie de négociants européens chrétiens.

La famille de Sabbataï le reçurent avec enthousiasme. Les rabbins qui avaient prit des mesures contre Sabbataï en 1648 ne firent rien. Sabbataï arriva en septembre 1665 et resta silencieux jusqu’en décembre de la même année. La situation se transforma et les symptômes familiers de l’illumination réapparurent. Une délégation venue d’Alep arriva à Smyrne pour rendre hommage au Messie. La combinaison de la venue de la délégation et la phase d’illumination de Sabbataï provoqua une explosion d’hystérie collective. Sabbataï prêchait en public et poussait les autre à faire de même sous prétexte mystico-kabbalistique.

Les rabbins de Smyrne avaient des doutes sur la messianité de Sabbataï et la prophétie de Nathan. Les disciples des rabbins déclarèrent ouvertement que les écrits de Nathan n’étaient pas inspirés par Dieu mais par les forces des ténèbres. Parallèlement, l’enthousiasme des sabbataïstes ne faisait que s’accroître. La « bonne nouvelle » avait ouvert dans leur vie une source de joie et d’exaltation. Cette excitation amenait à un point critique la tension qui se développait entre les deux camps formé au sein de la communauté juive. Les croyants et les infidèles ne parlaient pas la même langue. Les croyants voyaient un monde nouveau devant leur yeux et ils acceptaient toutes les nouvelles messianique littéralement et sans aucune réserve. Leur foi immense en Sabbataï avait fait de leur univers un miracle au sein duquel tout était possible.

Sabbataï Tsevi partie 9 : Diffusion de l’apparition du Messie en Europe

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Imperium_Rising___Europe_1665_by_FrostynorthLa date de l’apparition du Messie en Europe est le 5 octobre 1665 en Italie. Des rumeurs se propagèrent bien avant que les informations concrètes au sujet de Sabbataï le soit à leur tour. Ces rumeurs parlaient du retour des tribus perdue d’Israël. Ces tribus perdues n’étaient autre que l’armée des dix tribus perdues d’Israël.

Ces tribus étaient sensés se trouver en Arabie et avaient assiégé La Mecque. Les rumeurs allèrent en s’aggravant et l’on passa du siège de La Mecque à la destruction complète du sanctuaire musulman, la Kaaba. Le Sultan turc aurait offert Alexandrie et Tunis en échange de La Mecque mais les tribus perdues demandèrent toute la terre sainte, à savoir la Palestine.

L’armée des tribus perdues d’Israël accordent la liberté de conscience sauf aux musulmans qu’ils tentent de faire disparaître totalement. Ces rumeurs allèrent à l’encontre des propos de Nathan qui affirma qu’il n’y aurait pas de massacres sauf celui des chrétiens de Pologne et d’Allemagne. Sabbataï et Nathan attendaient la rédemption grâce aux chants et hymnes plus que par l’exploit militaire.

Sabbataï Tsevi partie 8 : Nathan prédit la conquête de l’Empire Ottoman par Sabbataï

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can-stock-photo_csp6316917Les mois qui suivirent le départ de Sabbataï, Nathan continuait à recevoir des révélations de Maguidim et à entendre des voix céleste. Le 5 septembre 1665, Nathan entendit une « voix dans l’académie céleste proclamant que le Messie, fils de David, se révélera au monde dans un an et quelques mois », c’est-à-dire que « le royaume du Messie se révélera ».

Nathan prédit que Sabbataï prendra le pouvoir en Turquie à la place du Sultan musulman sans guerre et que ce dernier sera son serviteur. Ceci est sensé se passer un an après l’écriture de cette lettre.

Nathan annula toutes les dévotions de la Kabbale lourianique car l’aube de l’ère du Shabbat cosmique était arrivé et nécessitait de nouvelles lois. Pour Nathan, seul la croyance au Messie était nécessaire, plus besoin des actes comme preuve de sa foi.

Ceci s’explique par le faite que tous les kabbalistes s’accordent à reconnaître que la Torah est essentiellement immatérielle. A la suite du péché d’Adam et du veau d’or, la Torah se serait matérialisée et les hommes devaient accomplir des commandements matériels. A l’âge messianique, quand le tiqoun (= rédemption) sera accompli et les effets du pêché dissipés, toutes choses seront rétablies dans leur spiritualité initiales et l’application pratique et « matérielle » de l’observance traditionnelle des commandements cessera automatiquement. La Torah sera défaite de son enveloppe matérielle et une nouvelle Torah sera révélée à Sabbataï qui sera la Torah originelle, céleste, celle de l’Arbre de vie. Sa révélation implique l’abolition des normes du permis et de l’interdit, du pur et de l’impur.

Sabbataï Tsevi partie 7 : L’enthousiasme provoqué par Sabbataï au sein de la communauté juive

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254-2175-thickboxAprès le départ de Sabbataï et Nathan de Palestine, le mouvement s’intensifia en leur absence dans cette même région. Des légendes sur des miracles qu’ils auraient accompli se répandaient. Pourtant, Nathan avait précisé que Israël (= communauté juive) devait croire au Messie sans le secours de signes extraordinaires.

Sabbataï quitta Jérusalem et arriva à Alep le 20 juillet 1665. Sur son chemin vers Alep, il passa par Safed et Damas et partout où il arrivait, cela provoquait de remarquables effets dû à son charisme. Hommes, femmes et enfants devenaient enthousiastes, tombaient à terre et balbutiaient des prophéties. Le phénomènes fut d’abord circonscrit aux endroits où, par présence physique de Sabbataï, l’attente messianique se transformait en extase collective. Mais bientôt la vague prophétique gagna des contrées qui n’avaient jamais reçu Sabbataï et ne le recevraient jamais.

Sabbataï fut reçu avec beaucoup d’honneur à Alep. En arrivant, il n’afficha aucune prétention messianique et ne révéla rien sur lui-même. Il demanda à être traité comme n’importe quel autre rabbin et à être appelé à la lecture de la Torah dans la synagogue non en tant que roi messianique, comme certains le prétendaient dans des lettres de Gaza, mais en tant que simple rabbin. La foi et l’enthousiasme des juifs d’Alep ne connurent pas de bornes.

Après le passage de Sabbataï à Alep, beaucoup de juifs se déclaraient prophète ou prophétesse. Il surgit vingt prophètes et quatre prophétesses. Certains tombaient à terre devenant froids, sans poux, et sans mouvements, la bouche ouverte, de laquelle sortait une voix extraordinaire qui proférait des paroles hébraïque et disaient en finissant :

« Sabbataï Tsevi, notre messie et notre sanctificateur. »

A Smyrne, dix juifs étaient entrés dans la mosquée de la ville, avaient tué le garde et avaient ordonné aux turcs de prier. Lors de son passage à Alep, Sabbataï ne fut pas touché par ses phases d’illuminations ou de dépressions.

Sabbataï n’était pas accompagné de Nathan qui était resté à Gaza. Ce dernier envoya des lettres à diverses communautés juives de la diaspora pour leur annoncer la véracité du messianisme de Sabbataï. Les foules commencèrent à se presser pour venir consulter le Prophète et lui demander le tiqoun. Les pénitents venaient en groupe de toutes les villes de Palestine. Nathan leur annonçait l’imminence de la rédemption.

L’essentiel du message de Nathan consistait dans son appel au repentir et à la prière. Gaza fut la première communauté à répondre à son appel, vite suivi par les autres communautés de Palestine. Quand chaque groupe achevait les pénitences imposés par Nathan, ces derniers se réjouissaient dans une grande fête avec danses et banquets. Un nouveau calendrier fut instauré et commencèrent l’année du règne de Sabbataï.

C’est à cette époque, à Gaza, que commença à être utilisé le nom sous lequel Sabbataï serait désigné par ses disciples : AMIRAH. Ce terme est formé des initiales des mots hébreux :

« Notre Seigneur et Roi, que sa majesté soit exalté ! »

Ce terme rappel aussi le mot arabe « Amir » (=émir) qui était utilisé pour désigné le Calife qui portait le titre de « Émir des croyants. »

Sabbataï Tsevi partie 6 : L’excommunication de Sabbataï

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Shabbetai Tzvi  / Sabbetai - The False Messiah on the throne.Un incident éclata lorsque Sabbataï plongea dans une nouvelle phase d’illumination et poussa dix juifs à manger de la graisse de rognons en récitant :

« Béni sois-tu, ô Seigneur, qui nous permet ce qui est interdit ».

Cette attitude montre l’affirmation d’un messianisme révolutionnaire antinomiste (= qui ne respecte pas la loi) et symbolisent les nouvelles lois et commandements révélés à Sabbataï Tsevi depuis 1658. Sabbataï s’attaquait directement aux traditions sacrées de la loi et en abolissant les interdits comme l’inceste ou la fornication. En autorisant la transgression, Sabbataï brisait un tabou et incitait les autres à faire comme lui.

La reconnaissance du Messie dépendait du crédit accordé au Prophète et c’est ainsi que les rabbins devinrent les disciples de Sabbataï après que les plus éminents d’entre eux avaient interrogé Nathan et avaient admis que l’esprit reposait en lui. Les rabbins envoyèrent des lettres confirmant la prophétie de Nathan dans toutes la diaspora. D’autres rabbins accompagnèrent Nathan dans ses voyages et il leur demanda de prier sur les tombes d’anciens sages. Cependant, tous les rabbins n’avaient pas adhéré au sabbataïsme et Sabbataï fut excommunié par les rabbins de Jérusalem.

Jacob Tsemah, âgé de 80 ans, était l’autorité suprême en matière de Kabbale à Jérusalem et il s’opposa violemment au mouvement sabbataïste et réussi à réduire l’influence de Sabbataï à Jérusalem. C’est lui qui fut de ceux qui obligèrent Sabbataï à quitter la ville.

Les rabbins envoyèrent des lettres aux rabbins de Constantinople pour les avertirent du comportement de Sabbataï et ces derniers envoyèrent à leur tour ces lettres à Smyrne.

Si les adversaires de Sabbataï furent assez puissants pour le chasser de Jérusalem, ils ne purent arrêter le progrès du mouvement. La présence du « vrai » prophète dont les discours, contrairement aux actions de Sabbataï, étaient compréhensif par tous, pesait plus que l’excommunication décrétée par les rabbins.

Nathan avait réussi à expliquer les agissements étranges de Sabbataï mais ces explications ne s’adressaient qu’à une audience restreinte d’une élite kabbaliste adepte du lourianisme. Nathan affirmait que le comportement du Messie, aussi étrange que cela puisse paraître, était essentiellement un tiqoun (= acte de rédemption) d’une profonde signification mystique.

Sabbataï Tsevi partie 5 : Naissance du mouvement sabbataïste

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Sabbatai-ZeviLe 31 mai 1665 marque le début du mouvement sabbataïste. Un prophète et un roi s’étaient levés en Israël (= communauté juive) mais le peuple n’accepta le roi que parce que le prophète avait confirmé son règne.

Sabbataï avait expliqué à Nathan son droit de transgresser la loi divine et même à l’ordonner à d’autre en vertu d’un privilège social. Ces lois ne pouvaient-être transgressé que de manière temporaire. Sabbataï décréta l’abolition du jeûne du 17 Tarmouz. Les rabbins de Jérusalem s’opposèrent à cette décision et se considéraient comme les gardien de la tradition juive.

Les juifs de Gaza, Hébron et Safed rejoignirent en majorité le camp des sabbataïstes. Sabbataï avait nommé à Gaza douze rabbins qui devaient l’accompagner à l’emplacement du Temple, où se trouve la mosquée de ‘Omar Ibn Al-Khattab sur l’esplanade des mosquées à Jérusalem, pour y offrir un sacrifice.

Il faut savoir que l’esplanade des mosquées était autrefois l’emplacement du Temple de Salomon, aujourd’hui il ne reste plus que le mur des Lamentations qui est un vestige du second Temple de Salomon. Sabbataï se rendit dans la mosquée de ‘Omar car elle fut construite à l’emplacement même des vestiges du second Temple de Salomon qui fut détruit par les romains en l’an 70 après J.C.

Cette action de la part de Sabbataï symbolisait le début de reconstruction du Temple de Salomon. Les rabbins de Jérusalem déchirèrent leur vêtements en signe de deuil pour le blasphème commis et aussi parce qu’ils craignaient les conséquences fâcheuses pour la communauté juive que pouvait entraîner cette pénétration dans un sanctuaire musulman, surtout que cette mosquée n’est pas anodine car il s’agit d’une mosquée construite sur l’emplacement où le second Calife de l’islam, ‘Omar Ibn Al-Khattab, s’était prosterner pour faire sa prière à la suite de la conquête de Jérusalem en 638 après J.C.

Les rabbins envoyèrent un message à Sabbataï où ils lui demandèrent :

« Pourquoi veut-tu amener Israël à la mort et pourquoi détruit-tu l’héritage du Seigneur ».

Sabbataï abandonna son projet mais frappa des mains et s’écria :

« Malheur ! C’était si proche et c’est maintenant si loin. »

Sabbataï demanda l’autorisation au cadi turc (= juge musulman remplissant des fonctions civiles, judiciaires et religieuses) de monter à cheval dans les rues de la ville bien que la loi ottomane interdisaient aux juifs de monter à cheval. Sa requête fut accordée et il monta plusieurs fois sur son cheval, vêtu d’un manteau vert qui symbolisait ses intentions mystiques. Cela eu un impact sur les sabbataïstes qui voyaient dans cet exception la confirmation que Sabbataï était vraiment le Messie tant attendu.

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Mosquée de ‘Omar Ibn Al-Khattab à Jérusalem

Sabbataï Tsevi partie 4 : Sabbataï et Nathan se rencontre à Gaza

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dyn003_original_252_350_pjpeg_2628658_3c8f5e69165bb81c348b57f56eb509e3Sabbataï entendit parler de Nathan et abandonna sa mission en Egypte pour se rendre à Gaza afin de trouver la paix de son âme. Quand Nathan le vit, il se jeta à terre et déclara que Sabbataï avait une âme très élevée pour laquelle aucun tiqoun n’était nécessaire car il était le Messie. Nathan parla à Sabbataï en privé et lui révéla sa vision. Sabbataï ne traversait pas de phase d’illumination et contesta la révélation. Sabbataï et Nathan passèrent les semaines suivantes ensemble et ce fut l’occasion pour Nathan de prouver la véracité de sa prophétie et convaincre Sabbataï de sa mission messianique.

La veille e la Pentecôte, Sabbataï sombra dans la dépression et ne put assister à la lecture rituelle de la veille de Chavouot (= l’une des trois fêtes de pèlerinage du judaïsme, prescrites par la Bible, au cours de laquelle on célèbre le début de la saison de la moisson du blé et, dans la tradition rabbinique, le don de la Torah sur le mont Sinaï) aux côtés de Nathan. Ce dernier tomba dans un profond malaise proche de la syncope et une voix ce fit entendre à travers ses lèvres :

« Vous, écoutez Nathan, mon bien-aimé, et agissez selon sa parole. Vous, écoutez Sabbataï Tsevi, mon bien-aimé. Car vous connaissez la louange du rabbin Hamnuna l’ancien (= un des héros mystique du Zohar), et Moïse était un homme humble ».

Le message fut répété à trois reprises.

Il faut noter que la syncope est une perte de connaissance qui se distingue du coma car il est possible de revenir rapidement d’une syncope contrairement au coma où la perte de connaissance est plus longue.

Il faut aussi noter que les phénomènes de Maguidim (= les voix qui s’échappent des lèvres des kabbalistes plongé dans un état de transe d’inconscience) se rapproche de l’état de syncope. En islam, il s’agit de la captation, c’est-à-dire qu’un djinn prend possession d’un individu et s’exprime à travers lui. On peut donc en conclure que Nathan était possédé par un djinn, ce qui ne serait pas étonnant vu que l’art de la kabbale n’est autre que de la magie/sorcellerie, dont la pratique est interdite par islam.

Lorsque Nathan fut remis de sa transe, il fit sa première proclamation messianique : Sabbataï Tsevi était digne de régner sur Israël (= la communauté juive). Sabbataï sortie de son état de mélancolie et se rendit auprès de Nathan qui lui réaffirma et confirma ses prophéties antérieurs. Les propos de Nathan commencèrent à trouver des échos dans l’âme angoissé de Sabbataï. Trois jours après, Sabbataï retomba en état d’illumination et proclama qu’il était le Messie.