Sabbataï Tsevi

Sabbataï Tsevi partie 17 : L’effet de la conversion de Sabbataï sur les juifs

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Shabbatai4aPour les juifs, le Messie pouvait soit triomphé, soit mourir martyr mais il était inconcevable qu’il apostasiât. Beaucoup de sabbataïstes revenus de leur illusions devinrent des ennemis de Sabbataï et donnèrent libre cours à leur colère et le maudirent. Certains ennemis de la première heure de Sabbataï rendirent grâce à Dieu d’avoir permis l’apostasie de Sabbataï « car s’ils l’avaient tué, les disciples du Messie auraient dit qu’il était mort d’une mort médiatrice en vu du rachat de sa génération ».

Malgré cela, une partie des juifs continuèrent à croire en Sabbataï.

Le choc de la conversion de Sabbataï aurait du détruire la foi et l’espérance envers ce faux messie mais les sabbataïstes continuèrent à croire en lui car « le royaume qui s’était établi dans leur for intérieur ne pouvait plus périr ». Ils finirent par affirmer que la rédemption était plus vaste que la simple libération de la communauté juive du joug des goy/gentils (= non juif).

Gershom Scholem affirme que : « Malgré sa grotesque absurdité, ce triste dénouement avait quelque chose de véritablement tragique. Un renouveau national, nourri par la tradition et l’expérience historique de nombreuses générations, avait éveillé, pour la première fois depuis la destruction du second Temple, la totalité de la communauté juive. La crise précipité par l’apostasie de Sabbataï fut un moment tragique dans l’histoire d’Israël (= communauté juive). Mais la tragédie portait en elle les germes d’une nouvelle conscience juive ».

La plupart des juifs qui crurent en Sabbataï, notamment à Smyrne et Constantinople, persévérèrent dans leur foi.

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Sabbataï Tsevi partie 16 : Sabbataï se converti à l’Islam

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Shabbatai3aEn septembre 1666, les autorités turcs d’Andrinople vinrent chercher Sabbataï et d’un seul coup, l’excitation qui régnait à Gallipoli s’estompa. Les disciples de Sabbataï furent chassés et ils n’accordèrent pas à Sabbataï le temps de faire ses adieux à ses disciples. Il fut escorté jusqu’à la cour du Sultan.

Une vive émotion régnait parmi les juifs d’Andrinople, la majorité d’entre eux pensaient que l’heure était venue où le Messie allait prendre la couronne du Sultan et prendre sa place comme cela fut prédit par Nathan.

Devant le Sultan, Sabbataï nia avoir joué un rôle dans l’agitation messianique des juifs puis il fit un long discours en niant toutes les folies que l’on lui attribuait. Il fut demander à Sabbataï de produire un miracle pour prouver ses prétentions messianique mais il en fut incapable. Finalement, le Sultan offrit à Sabbataï le choix entre la mort ou la conversion à l’Islam. Sabbataï choisit de se convertir. Le Sultan accepta et Sabbataï changea son nom en Mehmed Effendi. Il endossa la fonction de gardien des portes du palais.

Sarah apostasia à son tour sous le parrainage de la mère du Sultan et changea son nom en Fatima Cadine.

Sabbataï Tsevi partie 15 : Sabbataï Tsevi et Néhémie Cohen ou la confrontation en deux Messie !

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IMG_6313Le nombre de juifs qui allèrent visiter Sabbataï dans sa cellule de prison à Gallipoli ne cessait d’augmenter et ces derniers ne regardaient plus aucune dépense pour rendre hommage au Messie. Les geôliers turcs en profitaient pour s’enrichir et Sabbataï a joui d’une réelle liberté de mouvement derrière les murs de la forteresse. Dans le pavillon qui lui servait de résidence, la « Sainte Fraternité » (= un groupe de croyants qui comportait des rabbins et des sages) ainsi que d’autres juifs, avaient acheté les geôliers afin d’être autorisé à rester à l’intérieur de la forteresse ou a s’y rendre quotidiennement.

A partir de son emprisonnement, Sabbataï se prend désormais pour le fils unique de Dieu en plus d’être le Messie.

Tobias Cohen affirme que des musulmans croyaient en Sabbataï et les autorités turcs en furent alarmés. Néhémie Cohen, qui était un érudit et le plus grand kabbaliste de Pologne, entama un voyage pour rendre visite à Sabbataï.

Avant d’aller plus loin, il est important de comprendre que dans le Judaïsme rabbinique, il y a deux messies :

– Le Messie fils de Joseph
– Le Messie fils de David

Le Messie fils de Joseph précédera le Messie fils de David et mourra avant la venu du Messie fils de David. Le Messie fils de Joseph devra aussi annoncer la venu du Messie fils de David. Le Messie fils de David sera celui qui apportera la rédemption aux juifs et élèvera la communauté juive au-dessus de toutes les autres nations. Viendra par la suite les temps messianiques.

Néhémie Cohen se considérait comme le Messie fils de Joseph alors que Sabbataï Tsevi, lui, se considérait comme le Messie fils de David. Contrairement à Sabbataï, Néhémie n’était pas reconnu par la communauté juive comme étant le Messie fils de Joseph. Lors de leur rencontre, Sabbataï lui proposa une reconnaissance mutuelle mais Néhémie était obstiné à ne pas reconnaître Sabbataï comme étant le Messie fils de David. D’ailleurs, Néhémie affirmait que son ministère n’avait pas commencé et de ce fait, le Messie fils de David ne pouvait s’être manifesté de son vivant. Le sujet du Messie fils de Joseph devint préoccupante pour les sabbataïstes et un gros problème car avant Sabbataï, le Messie fils de Joseph ne s’était jamais manifesté.

Néhémie accusa Sabbataï de plonger Israël dans un piège mortel à travers ses mensonges et ses prétentions perfides. Il le traita de séducteur et de renégat qui méritait la peine de mort selon la loi juive. Après ses accusations, il dû fuir car sa vie était en danger et il alla dénoncer Sabbataï aux autorités turcs.

Avant l’arrivée de Néhémie, le Sheikh Mahmoud qui vivait près du détroit des Dardanelles fit une déposition accompagné de plusieurs notables turcs à l’encontre du commandant local qui autorisait tout ce remue-ménage dont il tirait profit.

Sabbataï Tsevi partie 14 : L’arrestation de Sabbataï par les autorité turcs

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624px-Dardanelles_carteLe Grand Vizir, Ahmed Köprülü, ordonna l’arrestation de Sabbataï. Il était connu comme un homme qui refusait de verser le sang inutilement. Les autorités turcs se rendirent à Smyrne pour arrêter Sabbataï, mais ce dernier avait déjà embarqué pour Constantinople. Le navire de Sabbataï fut abordé par deux navires turcs près du détroit des Dardanelles et Sabbataï fut arrêté.

Ce qui inquiétait le Grand Vizir, n’était pas le mouvement sabbataïste en lui-même, mais la cessation des activités commerciales de la communauté juive qui jouait un rôle extrêmement important dans le commerce Turc. De plus, le nombre important de juifs se rendant en Palestine en abandonnant leur famille créa un grave problème social. A Constantinople, le fond de charité ne répondait plus aux besoins réels.

Sabbataï fut amener devant le Divan (= conseil du Sultan Ottoman) présidé par le Grand Vizir. Contre toute attente, Sabbataï ne fut pas exécuté comme le pensait les chrétien et les musulmans mais il fut emprisonné à la prison de Gallipoli. Les juifs voyaient cela comme un signe de la messianité de Sabbataï et continuèrent à lui rendre visite dans sa prison après avoir versé 100 000 réaulx au Grand Vizir. Ce dernier leur proposa même de relâcher Sabbataï, s’ils lui versaient 100 000 réaulx de plus mais Sabbataï refusa l’offre car il ne voulait pas utiliser ce moyen « car de grandes choses devait se produire dans quelques jours ». Le refus de Sabbataï augmenta sa réputation ainsi que le désir de rédemption des juifs.

Sabbataï ne s’étonna pas de son emprisonnement car selon lui, bien qu’il s’était extrait de la prison des qelipots (= sephirots maléfiques dans la Kabbale), ces derniers pouvaient encore se saisir de lui et donc ralentir l’accomplissement de sa mission. Sabbataï fut emprisonné et non exécuté pour la simple et bonne raison que le Sultan et le Grand Vizir allaient devoir s’absenté pour diriger les troupes ottomans contre les tatares et le Sultan ne désirait aucun affrontement à Constantinople en son absence.

Sabbataï Tsevi partie 13 : Sabbataï se rend à Constantinople, la capitale de l’Empire Ottoman

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aivazovsky-constantinople.1214285040Sabbataï se proclama Messie le lundi 14 décembre 1665. Il changea la date du Shabbat du samedi au lundi. Il se rendit chez le Cadi turc (= juge musulman) et calomnia ses trois principaux adversaires puis les accusa du crime de lèse-majesté (= attentat contre la personne du prince ou contre son autorité). Le Cadi le laissa reparti parce qu’il le croyait fou ou idiot.

Le mouvement prophétique s’étendit de Smyrne à d’autres communautés d’Asie mineure, des îles Égée et de Grèce. Le négoce et le commerce à Smyrne en vinrent au point mort. La ville s’abandonnait à une atmosphère de fête, de réjouissance et d’exaltation. Les banquets, les danses, les processions alternaient avec l’accomplissement des pénitences prescrites par Nathan. Même dans la froideur des mois d’hiver, nombreux sont ceux qui se rendaient à la mer pour se livrer à des immersions rituelles alors que d’autres se soumettaient à la flagellation.

Après qu’il eut la haute main sur sa ville natale, Sabbataï sentit qu’il n’y avait pas lieu de s’y attarder. Toutefois, une baisse notable de sa tension psychologique s’opéra à la fin de son séjour. Il embarqua sur un navire le 30 décembre 1665 avec 3 ou 4 rabbins qui figuraient sur la liste des rois. L’épouse Sabbataï, Sarah resta à Smyrne pendant que son époux se dirigea vers Constantinople, la capitale de l’Empire Ottoman.

A Constantinople, la tension grandissait dans l’attente de Sabbataï. Les nouvelles extraordinaires de Smyrne avaient divisé la communauté en deux et le nombre d’opposants étaient loin d’être négligeable. Ceux qui doutaient de la messianité de Sabbataï et de la prophétie de Nathan, n’attendaient aucunement la passation du pouvoir du Sultan turc aux mains de Sabbataï et ne pouvaient qu’attendre le pire pour la communauté juive. Les révoltes étaient fréquentes dans l’Empire Ottoman et quand elles échouaient, elles étaient l’objet d’une répression impitoyable.

Les dirigeants de la communauté juive de Constantinople savaient que les autorités turcs les tiendraient pour responsables de la conduite de la communauté juive. Le souci de la communauté en plus de leur propre sort les poussa à agir, surtout que les autorités turcs avaient reçu des informations au sujet de l’agitation révolutionnaire régnant chez les juifs.

Les sabbataïstes de Constantinople se préparaient à la rencontre avec le Messie et se laissèrent aller à des conversation dangereuses et provocatrices :

« Ces abusés ne parlaient que de guerres et de l’établissement prochain de leur monarchie qui devait renverser le croissant et fouler aux pieds toutes les couronnes de la chrétienté ».

Sabbataï Tsevi partie 12 : Sabbataï émancipe la femme de son rôle traditionnel

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Shabbatai6Sabbataï introduisit une nouvelle innovation : il appela les femmes à la lecture de la Torah. Il envisageait un changement du statut des femmes. Il rêvait d’une réforme radicale de la condition de la femme. Sabbataï commença à s’opposer, ouvertement et délibérément, à la distribution traditionnelles des rôles dans le comportements des deux sexes. Il bafoua toutes les règles de décence en offrant un banquet au cours duquel hommes et femmes dansèrent ensemble alors que lui-même se retira dans une autre pièce avec sa première femme avec qui il avait divorcé (= il ne s’agit pas de Sarah avec qui il était encore marié). Il leur promettait de les délivrer de la malédiction d’Ève :

« Malheur à vous, misérable femmes à cause du pêché d’Ève devez enfanter dans la douleur, qui êtes assujetties à vos époux qui décident de tout ce que vous faites. Bénies soyez-vous car je suis venu vous rendre libres et heureuses comme vos époux; car je suis venu pour éliminé le pêché d’Adam ».

Ces paroles étaient révolutionnaires pour un juif de Smyrne en 1665 et ce discours n’est pas sans rappeler les propos avancé par les ennemis de l’islam qui parlent de libérer la femme du joug de son mari musulman, etc…

Il semble qu’une nouvelle façon d’aborder la chose et une vision utopiste de l’égalité des sexes avaient pris place dans l’esprit de Sabbataï. C’est peut-être là que nous devrions chercher la motivation de son mariage avec Sarah qui était une femme de mauvaise réputation. Sabbataï a pu être attiré par l’audace de Sarah, la prostituée, dans la mesure où il rêvait d’une réparation du pêché d’Adam et du rétablissement de la femme dans sa liberté originelle.

Sabbataï semble avoir été le premier à vouloir l’émancipation de la femme, bien qu’il n’avait pas la capacité de donner à cet idéal une forme et un contenu définis.

Sabbataï Tsevi partie 11 : La violente réaction de Sabbataï envers les non croyants

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Quand Sabbataï appris que les rabbins de Smyrne avaient délibéré à son sujet, il devint furieux. Il réagit en proclamant un jour de prières publiques. Ses disciples passèrent une journée entière dans la synagogue où Sabbataï adopta le comportement en phase avec ses illuminations. Les rabbins étaient divisés au sujet de Sabbataï et les rabbins non croyant voulaient exercer leur colère contre le Messie mais les sabbataïstes étaient prêt à défendre Sabbataï.

Le 11 décembre 1665, Hayim Peña, un des plus riche marchand juif de Smyrne et non croyant eu un vif échange avec les sabbataïstes. En résultat de violente échauffourées mais comme le Shabbat commençait la foule se dispersa. La synagogue portugaise était le quartier général des non croyant, Sabbataï eu une réaction violente à leur égard le lendemain matin. Sabbataï abrégea les récitations du matin à la synagogue et se rendit à la synagogue portugaise avec ses disciples. Les non croyant de la communauté portugaise avaient fermé les portes par peur d’une attaque des sabbataïstes. Sabbataï demanda une hache et brisa les portes. La foule ravagea la synagogue mais Hayim Peña s’était enfui. Sabbataï interrompit leur prière et annonça :

« Aujourd’hui, vous êtes exempts de l’obligation de la prière » et il prit dans son sac une édition imprimée du Pentateuque déclarant qu’elle était plus sacré que les rouleaux de la Torah, ce qui est contraire à la loi rabbinique. Il la lu et nomma son frère aîné Elie roi de Turquie. Son autre frère fut nommé Empereur de Rome. Il distribua des nombreux royaumes à ses disciples, hommes et femmes, et les obligea à prononcer le nom ineffable de Dieu. Le grand rabbin Aaron Lapapa fut démis de ses fonctions et il fut remplacé par Hayim Benveniste qui reconnut et honora Sabbataï. Il réussi à entraîner de nombreuses personnes à en faire autant. Sabbataï exposa les raisons kabbalistique de son action : en brisant les portes, de « nombreuse qelipot des forces maléfiques furent cassés ».