Guerres idéologiques

Pour une culture politique islamique commune !

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Depuis le déclin de la civilisation musulmane, le monde musulman s’est peu à peu dirigé vers la médiocrité. Médiocrité qui sera accentué par la colonisation puis la mise en place de régimes issue de la pseudo-indépendance acquis au bon vouloir du colonisateur (Maroc / Tunisie / Syrie) ou arrachée comme en Algérie. A l’ère des indépendance, le monde musulman pensait avoir retrouvé sa liberté mais ce n’est sans compter des dirigeants qui installèrent tous sauf l’Islam comme source du droit et de la vie politique.

Environ soixante ans après, des révolutions éclatent ici et là dans les pays arabo-musulman, révolutions orchestré par des arabes laïques qui partagent les idées de l’Occident mécréant mais qui se sont retrouvé dépassé par l’attachement puissant des arabo-musulmans pour leur religion. Et ceci est un bienfait d’Allah !

Au delà de toutes ces problématique, il est urgent de nos jours d’œuvrer pour une culture politique commune à chaque musulman. Ce qui fait défaut aux musulmans, c’est qu’ils sont traversé par des idées politiques étrangères à l’Islam, des idéologie en provenance de civilisation mécréantes qui sont incompatibles avec l’Islam et son système. Ceci est dû à une méconnaissance du versant politique de la religion musulmane, qui ne sépare pas le domaine religieux du domaine politique comme le christianisme. C’est pour cela qu’une connaissance de la politique religieuse islamique est importante. Nous ne demandons pas aux musulmans de devenir des juristes, mais d’avoir un minimum de connaissances politique et historique pour pouvoir ce concerter et décidé ensemble de la marche à suivre pour l’avenir de la communauté.

L’un des problèmes majeurs aujourd’hui est cette méconnaissance de la religion et surtout de l’histoire musulmane ancienne et récente. Depuis une dizaine d’années, un souffle nouveau pousse la jeunesse musulmane de France à revenir à l’apprentissage de leur religion, et le bon en avant en dix ans est très encourageant même s’il reste du chemin à faire. Les musulmans s’instruisent de plus en plus et nombres d’ouvrages sont traduit de l’arabe en français (même si nos frères anglo-saxon ont toujours une longueur d’avance sur nous).

Ce qui fait défaut aux musulmans et aux musulmanes de France c’est la culture politique et historique. Ces deux sciences ne sont que la face d’une même pièce, car pour les événements contemporains et les décisions politique prises, la connaissance de l’histoire est primordiale. De même que la prise de connaissance des régimes politiques, idéologiques de l’Occident doivent être apprises et filtrés par un prisme islamique pour en comprendre les qualités et les défauts pour émettre une critique utile en ce sens où l’ont écarte telle ou telle idéologie car ne respectant pas l’Islam, soit en adoptant ce qui peut-être utile à un futur régime politique islamique qui pourrait-être mis en place dans un avenir plus où moins proche.

L’apprentissage de l’histoire et des idées politiques islamiques pour occidentales permettent aux musulmans de s’immuniser contre les idéologies mécréantes et d’apporter des solutions aux problèmes qui jalonne la politique islamique qui touchaient déjà nos ancêtres avant la colonisation. Il ne s’agit pas de singer l’Occident en important bêtement un système politique qui, d’une part, n’est pas islamique, et d’autre part, qui a été conçu pour la civilisation occidentale et qui lui ait même parfois préjudiciable (alors que dire lorsque les musulmans l’adopte alors qu’elle ne provient pas de sa propre civilisation).

Un travail doit-être fait par les savants, les intellectuelles musulmans, les imams, les pères mères de famille, etc… pour s’assurer que la prochaines génération de musulmans en France, mais aussi dans les pays musulmans, possèdent cette culture islamique communes, cette base de connaissance à la fois religieuse, historique et politique pour ne plus être les dindons de la farce. Fini le temps de l’ignorance, fini la génération de musulmans analphabète ou idéologiquement séduit par les idées occidentale car issu de la colonisation et la perte de repère. Les musulmans doivent proposer des idées, ils doivent s’engager dans des projets de ré-islamisation à la fois du côté spirituelle (ce qui est déjà le cas) mais aussi une ré-islamisation des idées politiques, d’une vision historique musulmane, d’une critique des idéologies occidentale avec une grille de lecture islamique.

Beaucoup de musulmans analyse le fait politique et les relations internationale sans grilles de lecture musulmane et nous sommes la proie de divers groupe dont l’objectif n’est pas la sauvegarde de l’islam comme le pense certains naïf parmi nous. Poutine n’est pas le sauveur des musulmans, d’ailleurs il soutient le nousaïrite (Alaouites) Bachar al-Assad qui opprime les musulmans de son pays, Poutine qui a massacré les tchétchènes musulmans comme Israël massacre les palestiniens musulmans, l’Iran chiite qui soutien Bachar le boucher pour étendre son influence et combattre son ennemi de toujours, à savoir les musulmans (sunnites), l’Iran soutenu par Poutine, la Chine qui massacre les musulmans Ouïghours soutien l’Iran, la Syrie et la Russie. Beaucoup de musulmans attendent beaucoup de ces États alors qu’ils n’agissent pas pour leur intérêts, ils ont seulement adoptés une grille de lecture qui n’est pas musulmane et surtout leur manque de connaissances, historiques, idéologique les poussent naturellement à adopter cette position.

Mais les musulmans du quotidien ne sont pas les seule à blâmer, où sont les musulmans éveillés ? Beaucoup de nos frères et sœurs possèdent les compétences et les positions adéquates mais qui ne prennent pas la parole, que se soit à travers des audio, des vidéos, des articles, des magazines. Il ne faut pas s’étonner que la masse musulmane tombent dans les bras de Alain Soral, Dieudonné et du complotisme. Un véritable travaille doit être pris par ceux qui possèdent les connaissances suffisantes et ne pas se cantonné à soit-même. Comme le disait Malek Bennabi en son temps, le problème des musulmans est l’inaction, il n’use pas de son temps et de son argent pour construire sa civilisation et régler les problèmes de celle-ci depuis sont déclins pré-colonisation et qui a été exacerbé aujourd’hui.

J’ajouterai enfin : ras-le-bol des discours de comptoir !

 

 

 

 

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Comprendre le fiqh de la destruction de l’Islam – Du fiqh al aqaliyyat au fiqh des moustad’afines (du fiqh des minorités au fiqh des faibles) – Partie 1

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بسم الله الرحمن الرحيم

Au nom de Dieu, Le Tout-Miséricordieux, Le Très-Miséricordieux

 

Première partie (I) : l’opposition à la vision islamique de l’espace mondial

Dans toute démarche pertinente visant à déterminer les causes d’un problème, il y a souvent une analyse interne et une analyse externe.

L’analyse externe vise à déterminer le contexte et l’environnement, en quoi ils influent négativement, comment ils aggravent ou de quelle manière ils ont fait naître le problème.
Nous en avons déjà fait souvent référence ici et là, les causes historiques, la nature de notre réalité contemporaine, le monde occidental, ses forces et ses pressions, qui font en sorte de ne pas laisser l’Islam libre de s’épanouir dans toute sa réalité, seul maître de son histoire.

Toutes ces entreprises, ces opérations, ces manipulations, ces buts et objectifs sont clairement visibles par tout musulman sincère. Et ils sont d’autant plus faciles à saisir et à comprendre quand il s’agit de pointer du doigt les « autres ».

L’analyse interne, quant à elle, vise à diagnostiquer les faiblesses, savoir où elles se trouvent, comment elles sont apparues, de quelle manière elles aggravent la situation générale. A contrario c’est donc mettre le doigt là ou précisément le mal agit et être donc capable de réfléchir aux solutions. Par contre cette analyse est la plus ardue des deux car elle suppose recul et esprit critique. Elle suppose d’étudier soi-même un corps social dont on est partie prenante. Et islamiquement parlant l’analyse interne est même prioritaire : « Lorsqu’un malheur vous atteint […] vous dites : “D’où vient ce malheur ?” Réponds-leur : “Il vient de vous-mêmes” » (Sourate al-’Imrân, V165).

Le mal absolu est la dénaturation de l’Islam, son occidentalisation (sécularisation), l’amputation d’une grande partie de sa réalité, la fin de sa civilisation. Et tout ceci a d’immenses effets négatifs dans la conscience des musulmans, dans leur vision de ce qu’est l’Islam, dans leurs pratiques quotidiennes et dans la réalité de leur foi. Et c’est ainsi que ce cercle vicieux est en place depuis plus d’un siècle désormais*: séculariser l’Islam pour qu’il sécularise les musulmans, soit en sécularisant les musulmans de sorte qu’eux-mêmes sécularisent l’Islam.

Un orientaliste disait lors de la période coloniale*: «*je n’appelle plus les musulmans à entrer dans le christianisme mais à sortir de l’Islam. Nous avons dépensé beaucoup d’argent, prononcé de nombreux discours, malgré cela nous n’avons pas réussi à dévier un musulman de sa religion. Il est plus facile de détruire que de construire. La destruction du musulman constitue la destruction de la religion elle-même [1].

Or remarquons aujourd’hui que les enfants de ces orientalistes d’antan ont très bien compris que la meilleure des stratégies pour obtenir le meilleur des résultats est de faire détruire l’islam et les musulmans, par des musulmans eux-mêmes, de sorte que tous sortiront de l’Islam sans même en avoir conscience.

Cette stratégie est largement facilitée dans le monde musulman et au delà, par une idéologie de la soumission inconsciente, créée par des individus et groupes issus de la Oumma très largement identifiables (historiquement et islamiquement).

Ces derniers ont mis en place malgré eux toute une nouvelle architecture qui, sous diverses prétextes, n’aboutira qu’à détruire la structure du dogme authentique de l’Islam, celle de l’orthodoxie sunnite et finalement l’identité musulmane. Cela n’aboutira qu’à incorporer l’Islam dans un nouveau Din mondialiste, constitué simplement de sectes (firqa) ou d’écoles (madhab) dont l’une est appelée ”islam” pour mieux berner en douceur les musulmans.

Dialectique et méthodologie de l’imposture

Nous allons voir ici quelles sont les terminologies (mostalahat) et la méthodologie (minhaj) de cette nouvelle idéologie (fikra jadida).

Nous allons analyser de quelle manière leurs innovations (bid’a), leurs visions biaisées et tronquées, leurs erreurs de bonne foi, leurs négligences condamnables, leur manque de rigueur, leurs tromperies, leurs mensonges et leurs propres illusions, s’y prennent de manière méthodique pour délier un à un les liens fondamentaux de l’islam dans nos cœurs et nos esprits : « Les liens de l’islam seront défaits les uns après les autres, et chaque fois qu’un lien sera défait, les gens s’attacheront au suivant. Le premier à être défait sera le lien de la Loi (d’Allah), et le dernier sera le lien de la prière»[2].

Rejet de la dichotomie Dar al Islam/Dar al Koufr

Un des premiers sujets auxquels se sont attaqués ces nouveaux penseurs et leurs chouyoukh, sont de remettre en cause la traditionnelle vision musulmane du monde.
D’un côté le domaine de l’islam, les terres dans lesquelles ses lois, ses valeurs, son ordre, sa culture, son pouvoir règne et domine. Cela que ses habitants et sa population soit majoritairement musulmans ou non (Dar al islam).

De l’autre coté, tout le reste, c’est-à-dire les terres qui ne sont pas sous domination politique de l’Islam. Cela même si la population est majoritairement musulmane. Or, si ces terres ne sont pas dominées par l’Islam, c’est qu’elles le sont par autre chose que l’Islam, cette autre chose n’étant pas l’islam est donc son opposé, le non-islam : al Koufr (Dar al koufr).

Ibn Qayyim dit dans son Ahkam ahlou dhimma : « la majorité (joumhour) a dit le dar al islam est celle qui est la propriété des musulmans et gérée par les lois de l’islam, et ce qui n’est pas administré par l’islam n’est pas un dar al islam ».

Comment s’y sont-il pris pour rejeter ce principe clair et limpide ? Deux méthodes.

1/ Première méthode : la multiplication des terminologies

Bien entendu, puisque ces derniers se réclament d’une certaine tradition scientifique sunnite, ce rejet n’est pas directement frontal, ils préparent toujours le terrain en citant abondamment tels ou tels ijtihad antérieurs, en les extrapolant et en finissant par regrouper toutes leurs propres extrapolations pour donner naissance à des nouveaux ijtihad totalement innovés au-delà même des limites légales de la jurisprudence. On voit apparaître des termes comme :

Dar Al Sulh (domaine de la conciliation)
Dar Ad Da’wa (domaine de la prédication)
Dar ash Shahada (domaine du témoignage)
Dar al Amn (domaine de la sûreté).

Il ne s’agit pas de dire que certaines de ces terminologies n’ont jamais été utilisées par d’honnêtes savants dans l’histoire de la jurisprudence islamique. Mais de montrer qu’aujourd’hui entre des mains malintentionnées non fermement enracinées dans le dogme, et utilisées par des esprits déviants aux méthodes et buts innovés, elles se révèlent être des armes de destruction massive de la conscience islamique des musulmans. Celle qui détruit en eux la pertinence et l’intérêt de garder l’absolue dichotomie Dar al Islam/Dar al Koufr.

Tout est fait comme si tous ces termes ne servaient qu’à noyer le poisson, à leur faire oublier les fondamentaux et notamment ici leur retirer de l’esprit l’idée et la croyance qu’il y a (eu) et doit y avoir un Dar Al Islam : là ou l’Islam est absolument maître chez lui pour défendre son intégrité (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui).

Nous disons bien « absolue dichotomie » car tous ces nouveaux termes ne pourront jamais remplacer la pertinence de ceux mis en place par nos pieux prédécesseurs (salaf salih) et leurs suiveurs (khalafs).
Dar ad Da’wa, Dar Shahada, et Dar al Amn sont utilisés par ces nouveaux penseurs et ”imam” pour désigner l’ancien Dar al Koufr (le monde non-islamique non-musulman) dans lesquels vivent une importante minorité musulmane.

Ainsi pour eux, le monde non-musulman est un monde dans lequel le musulman doit et peut faire de la prédication (da’wa) dans lequel il peut témoigner son islam (shahada) et ou il est en sûreté (amn).
Mais tout cela a pour but de justifier leur présence en Dar al Koufr, pour les inciter à intérioriser comme absolument naturel leur présence en plein milieu de ces territoires.

Cela sans jamais se demander pourquoi ils sont là et pas ailleurs, sans jamais se poser de questions (”dangereuses”), et y vivre paisiblement comme un troupeau de moutons qu’un berger un jour a amenés dans tel ou tel pré, pour y brouter là ou il l’autorise à brouter, en disant comment y brouter en attendant de se faire tondre.

L’utilisation de ces terminologies par ces individus est totalement imparfaite, et ils ont même échoué dans le but qu’ils se sont fixé (redéfinir une vision du monde islamiquement pertinente) puisque ces nouvelles terminologies ne peuvent pas qualifier à elles seules l’ancien Dar al Koufr et donc pouvoir exclusivement le remplacer.

Tout est confus et semble être en réalité une construction pseudo-scientifique bâclée. Explication par l’exemple contradictoire :

Est-ce que les musulmans vivant dans le Dar al Islam n’ont donc pas/plus besoin de da’wa, de rappel à l’ordre et d’incitation au bien et à l’interdiction du mal (amr bil ma’rouf wa nahi ‘anil mounkar) et leur territoire n’est-il donc pas/plus aussi un Dar ad Da’wa ?

Le Dar al Islam n’est-il pas aussi un Dar al Shahada par excellence ? (et même le plus absolu de tous). Le Dar al Islam est-il toujours un endroit où règne la sûreté pour les musulmans et donc forcément un Dar al amn selon cette compréhension ? Le Dar al Koufr est-il un monde totalement uniforme pour énoncer que les musulmans ont la liberté d’y professer publiquement leur foi ? Comment et selon quels critères juger de cette liberté ?
On pourrait multiplier ce genre de question pour multiplier les contre-sens sans aboutir au résultat souhaité. Non.

Absolument rien ne peut remplacer de manière convaincante la distinction entre Dar al Islam et Dar al Koufr. Sachant que ces deux mondes sont aussi traversés par de multiples réalités qui sont à nuancer, en fonction des contextes politiques, géographiques et/ou régionaux. Mais quoiqu’il en soit cette dichotomie est la plus claire de toutes, islamiquement parlant en tout cas…

2/ Deuxième méthode : le prétexte de la guerre et la terminologie pacifiste

Cette méthode pour réfuter cette dichotomie est politiquement plus sournoise.

Elle consiste à dire (très implicitement) qu’il ne faut pas utiliser cette terminologie de Dar al Koufr car celui-ci renvoie automatiquement au Dar al Harb (domaine de la guerre). Et parfois, pour se justifier, ils réutilisent même les arguments (retournés) que ceux utilisés par la vision orientaliste islamophobe (le comble pour ces individus qui, au départ, voulaient nous libérer de ces archaïsmes remplis de stéréotypes). C’est donc une espèce de honte coupable inconsciente qui est ici dévoilée.

Or dans notre monde régi par l’Organisation des Nations-Unies (contre l’Islam) qui fait de la Paix et des Droits de l’homme son fonds de commerce et impose son ordre inique au monde, les nouveaux penseurs et chouyoukh de l’Islam se refusent d’utiliser le terme Dar al Koufr qui renvoie selon eux au Dar al Harb, c’est-à-dire aux terres à conquérir et aux populations non musulmanes à convertir car justement elles ne sont pas dominées par l’Islam. Cela renvoie donc au jihad, aux croisades, à la violence et à tout ce verbiage humaniste et pacifique.

Or si le Dar al Harb désigne automatiquement un Dar al Koufr, tout Dar al Koufr n’implique pas forcément d’être un Dar al Harb réel dans lequel les actions militaires sont obligatoires pour les musulmans. Car ces actions militaires et son état de guerre, sont toujours laissés à l’appréciation des détenteurs d’autorité (oulat al oumour) selon les intérêts (massalih) de l’Islam et des musulmans (sauf cas de légitime défense ou nulle permission n’est requise pour se défendre des envahisseurs).

Il y a même chez les anciens juristes une simple utilisation linguistique du terme Dar al Harb comme synonyme de Dar al Koufr sans que cela n’implique chez eux l’idée réelle d’un état de guerre, mais plutôt un état d’hostilité et d’opposition politique.

Idée d’hostilité, car justement il n’y a pas eu de conclusion d’accord de paix, de trêve et de relation de bon voisinage avec les autorités islamiques légales représentant le Dar al Islam (une partie ou son tout avec le califat). Tout le contraire, donc, de ce que certains appellent un Dar al ‘ahd (traité),Dar al Sulh (conciliation) ou un Dar al Hudna (trêve), qui restent tous fondamentalement des Dar al Koufr sans être dans la pratique réelle des Dar al Harb, mais pouvant tous potentiellement le devenir au moindre changement de relations politiques et diplomatiques.

Dès lors, même si on adopte ces terminologies : d’un côté Dar al Islam, de l’autre un Dar al Harb et un Dar al ‘Ahd, cela ne peut toujours pas remplacer la dichotomie fondamentale, car Dar al Harb et Dar al ‘Ahd appartiennent toujours et tous deux au Dar al Koufr…

Ainsi, l’idée de ne pas utiliser Dar al Koufr à cause de son ”esprit de stigmatisation” prélude selon ces prétendus imams et penseurs, à l’état de guerre, est complètement biaisée car le Dar al Koufr est une qualification juridique d’un territoire qui ne présage en rien la nature des relations politico-diplomatiques qu’entretient ce territoire avec le Dar al Islam…

Ces nouveaux intellectuels, juristes ou imams ont appuyé leur méthodologie de manière complètement inversée comme à leur habitude : ils comprennent l’islam et ses théories en se basant sur le contexte actuel, mais ne cherchent absolument pas à comprendre ce contexte en se basant sur l’Islam et ses fondements (fahm al waqi’ bil islam wa layssa fahmou islam bil waqi’).

Et c’est en se basant sur l’état du monde actuel, et en donnant le caractère de preuve par le fait à cette situation actuelle dans leurs déductions, qu’ils ont voulu revenir sur la traditionnelle dichotomie, alors que tout leur prétendu ”ijtihad”, en sus de ne rien apporter et de ne pas être capable de la remplacer avec une absolue pertinence, entraîne au contraire des effets extrêmement dangereux pour la réalité de l’Islam.

La destruction des frontières-barrières protectrices et Le mondialisme

Car en effet, notre monde actuel est mondialisé, les frontières tendent à disparaître pour laisser place à la libre circulation des hommes, des marchandises et des capitaux. L’uniformisation des lois, des codes, des cultures et des valeurs au niveau de la planète menace l’humanité entière en créant un homme unique, pensant et vivant fondamentalement de la même manière tout simplement déclinée en couleurs et langues différentes (le temps de mettre en place le clonage industriel ?). L’idéologie mondialiste se sert de termes-propagande et de leurs effets comme la démocratie, les Droits de l’homme, l’économie de marché pour réduire l’homme à l’état d’esclave inconscient et heureux de l’être.

Ces nouveaux penseurs et imams de l’égarement ont pris pour prétexte l’état actuel du monde pour détruire la vision islamique et traditionnelle de celui-ci : c’est ainsi qu’ils font délibérément le jeu des forces les plus hostiles à l’islam en accélérant l’acceptation du processus mondialiste dans les consciences musulmanes : il n’y a pas ou plus besoin de Dar al koufr ou Dar al Islam, mais il y a en réalité un unique Dar al shahada al amn al soulh ad da’wa mondial dans la plus pure vision du New World Order. Puisqu’en parallèle, même le Dar al Islam est vidé de sa plus juste définition par tous les courants islamiques (soumis au système) en lui cherchant une simple et petite définition minimaliste pour ne pas troubler l’ordre politique établi.

C’est ainsi que chez certains (peut-être les plus risibles de tous) un Dar al islam est simplement un domaine où l’appel à la prière (adhan) est public, faisant avec cette compréhension de plusieurs villes/régions du monde anglo-saxon ou asiatique un Dar al Islam… Et n’ayant toujours pas compris que cette condition est un indice dans la qualification juridique d’une terre et non la définition elle-même…

Finalement, ce refus d’accepter et de se soumettre à la vision islamique traditionnelle du Dar al Islam et Dar al Koufr, en comprenant la réalité de leurs vraies significations, ne peut être qu’une preuve de l’acceptation du projet mondialiste et du triomphe de sa vision, que cela soit conscient ou non.

Plus de Dar al Islam ni de Dar al Koufr pour mettre en place un Dar al Insanniya uniforme (domaine de l’humanité), pour un être humain uniformisé vivant sous un même et unique ordre politico-culturel : dans la plus pure vision fantasmée du projet mondialiste.

Aissam Aît-Yahya pour Anâ-Muslim

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Notes :

[1] Cité par Momar Kane in “Les musulmans Francophones”, Édition Tawhid, page 50.
[2] Hadith rapporté par Ibn Hibban.

Myriam Benraad : Le contexte historique de l’émergence de l’Etat Islamique en Irak !

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Myriam Benraad revient sur les origines de l’émergence de l’Etat islamique et pose le contexte historique pour comprendre les agissement de cet Etat.

Entretien entre Wassim Nasr et Myriam Benraad sur l’Etat Islamique !

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Pourquoi l’Irak tient-il une place centrale dans la formation de l’organisation de l’Etat islamique ? Comment l’Etat islamique parvient-il à conserver un si large territoire malgré les offensives conjuguées des Kurdes, de la Turquie et de la coalition américaine ? Réponses à ces questions avec deux invités, la chercheuse Myriam Benraad et le journaliste Wassim Nasr, spécialistes de l’Irak et de la mouvance djihadiste.

 

Aïssam Aït-Yahya : Définitions et conséquences de la sécularisation et de la laïcisation !

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Les origines chrétiennes d'une laïcité musulmane

« La sécularisation est le phénomène par lequel la religion perd de son aura, de sa sacralité,, de son importance et de sa crédibilité dans la conscience des hommes. D’abord au niveau individuel, au sein de sa propre sphère privée, pour ensuite se répercuter au niveau de la collectivité toute entière quand cette « relativisation de la foi », est partagée par tous. La laïcisation est donc finalement l’étape suivante puisque ici, la religion cesse d’être logiquement une convention collective dans l’organisation politique, sociale et juridique de la société humaine. La religion cesse d’être structurante, on lui dénie tout rôle « normatif » dans la sphère publique : elle n’est donc plus une source pour la production de règles sociales et comportementales et plus aucun pouvoir publiquement coercitif ne lui est reconnu. Elle cesse d’être une référence dans le système et le fonctionnement des institutions que les hommes ont mis en place.

[…] Finalement, comprenons bien que sécularisation et laïcisation induisent toutes et automatiquement une refondation conscientisée des rapports entre Dieu et les hommes. La place qu’occupe l’entité divine dans l’esprit des hommes est donc totalement remise en question : lesdeux processus ont le point commun de faire reculer le poids et l’importance de la religion. C’est dans ce sens, qu’il faut comprendre que la sécularisation et la laïcisation favorisent aussi le déisme, le théisme, l’agnosticisme voir l’athéisme, qui était auparavant des attitudes marginale, et même marginalisées, dans les sociétés religieuses pré-sécularisées. »

[Aïssam Aït-Yahya – Les origines chrétiennes d’une laïcité musulmane – Éditions Nawa – Pages 24 à 26]

IslamRéinfo TV : L’imposture de Felix Marquardt !

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Felix Marquardt souhaite réformer l’islam pour le rendre compatible avec le Nouvel Ordre Mondial. Il a le soutient notamment de Tariq Ramadan, Mohammed Bajrafil et de bien d’autres imposteurs qui tentent, tout comme lui, de séculariser/laïciser l’islam. Cette vidéo est une réponse à cet ennemi de l’islam qui pense pouvoir berner les musulmans.