Égypte

Histoire de l’Egypte Partie 14 : La seconde guerre du Golfe

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George W. Bush (1946/????)

Le 23 janvier 2003, l’Égypte participe à une réunion présidée par la Turquie à Istanbul en compagnie de la Syrie, l’Iran, la Jordanie et l’Arabie Saoudite, pour éviter la guerre en Irak. Elle demande à Bagdad plus de coopération avec l’ONU et de faciliter son désarmement.

Le 1er mars, Hosni Moubarak réuni la Ligue Arabe à Charm al-Cheikh dont la question sera l’évitement de la guerre en Irak mais seulement 11 chefs d’États sur 22 sont présents. Il demande à ce que les États arabes refuse toutes attaques ou actions militaires contre l’Irak. Les Émirats Arabes Unis demandent la démission de Saddam Hussein. Quant au président Libyen, Mouammar Kadhafi, il annonce qu’il retire son pays de la Ligue Arabe.

Hosni Moubarak envoi une délégation auprès du président irakien et lui demande de désarmer son pays pour éviter une escalade de violence. Saddam Hussein accepte et commence le désarmement du pays sous la supervision de l’ONU. Il autorise cette dernière à interroger ses scientifiques mais le 17 mars, le président des Etats-Unis George W. Bush donne un ultimatum de 48h au président irakien pour quitter son pays. Ce dernier refuse, ce qui entraîne un retrait de tous les inspecteurs de l’ONU, de la suspension du programme « Pétrole contre nourriture ». Le 20 mars, les Etats-Unis et la Grande Bretagne lance l’opération militaire « Liberté de l’Irak ».

Un nombre important de raids et de bombardement, ainsi que des missiles tirés à partir de navires stationnés dans la méditerranée, dans la mer rouge et le Golfe sur le territoire irakien. Dans la soirée, les troupes terrestres travers la frontière entre l’Irak et le Koweït et commence à envahir le pays. Le 14 avril, la coalition, anglo-américaine annonce la chute du régime de Saddam Hussein, même si ce dernier est toujours en cavale.

Les États arabes doivent faire face aux manifestations violentes dans toutes les grandes villes de leur territoires et son accusés de complicité pour leur inactions. Cette invasion va aggravé le mécontentement de la population envers le régime de Hosni Moubarak. Les partis d’oppositions reproche la traversée du Canal de Suez de la VIe flotte américaine et la mise à disposition des aérodromes égyptiens pour les bombardiers américains. Enfin, comme lors de la première guerre du Golfe, des expatriés égyptiens, reviennent au pays pour fuir la guerre.

Histoire de l’Egypte Partie 13 : Un Islam étatique et lutte anti-terroriste !

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Face à la montée des attentats et des revendications des islamistes, l’Etat se voit dans l’obligation de mettre en place des institutions religieuses qui seront sous sont contrôle. L’objectif est de diffuser un islam moins violent et surtout qui protège l’appareil d’État. Cette mesure est adoptée par de nombreux régimes dans monde arabo-musulman contemporain mais aussi par le passé à travers de nombreuses dynasties comme les Mamelouks ou les Ottomans. Mais sous Moubarak, cette mesure va engendrée une série de concessions de la part de l’Etat, qui va devoir accepter la censure et la critique de l’Islam par les intellectuelles laïques du pays et des films/romans de ces auteurs.

Ces concessions sont nécessaire pour combattre un mal plus féroce, qui est celui des islamistes et des jihadistes. L’État accepte cette diffusion de l’Islam pour contrer son ennemi principal qui se trouve être ces jihadistes qui plomb son économie et qui déstabilisent la société.

Depuis le début des années 1990, Hosni Moubarak dénonce le terrorisme islamiste dans les pays arabes. Cet ennemi insaisissable a porté un coup fatale à l’économie du pays en déstabilisant la sécurité de la population et surtout des touristes. La multiplication des attentats a atteint son point d’orgue avec l’attentat de Louxor qui met un frein au tourisme dans la pays. Malgré l’aide financière américaine, le tourisme était l’industrie n°1 du pays. Le président égyptien organise à Charm al-Cheïck une conférence des Nations Unis sur le thème de la lutte anti-terroriste au proche Orient.

Après les attentas du 11 septembre 2001, Hosni Moubarak profite de la situation pour réaffirmer son engagement envers les résolutions du Conseil de Sécurité sur les efforts déployés par l’Union Européenne contre le terrorisme. En avril 2002, le président participe à la rencontre ministérielle du groupe des Non-Alignés qui se déroule au Caire.

Depuis 2002, la contestation du régime en place est de plus en plus flagrant et Hosni Moubarak met tout en place pour faire taire ces contestation, à commencer par la lutte anti-terroriste pour restaurer la confiance des investisseurs et des touristes étrangers. Le parti du pouvoir (Parti National Démocratique) gagne les élections municipale en avril 2002 avec 99% des suffrages exprimés n’arrange pas les choses et s’ajoute à cela, de violentes manifestations dans les rues du Caire et d’Alexandrie, qui sont réprimés par les forces du régime.

Le régime multiplie les procès contre des formations politique islamistes comme le Parti de la Libération Islamique (Hizb al-Tahrir al-Islami) dont les 26 membres comparaîtront devant la Haute Cour de Sûreté de l’Etat, ainsi qu’une dizaines de sympathisants de divers partis islamistes à travers tout le territoire. Hosni Moubarak pousse certaines formations islamiques, qui jouent le jeu démocratique, à rejoindre les factions armées musulmanes. En effet, en empêchant les divers partis, islamiques ou non, à accéder au pouvoir, elle les poussant dans l’illégalité, ce qui sera à l’origine des revendications du printemps arabe de 2011.

Histoire de l’Egypte Partie 12 : La vague d’attentats des années 1990

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Une vague d’attentat va viser le tourisme égyptien durant toute la décennie 1990. L’objectif des jihadistes est de porter un coup à l’économie égyptienne à travers l’industrie du tourisme, qui se trouve au premier rang des rentrées financières du pays. L’apport financier du tourisme se trouve loin devant les entrées cumulés par la vente du pétrole et des droits de passage du canal de Suez.

En septembre 1992, des coups de feu sont tirés sur un bateau de croisière sur le bord du Nil. Le 21 octobre, une touriste britannique est tuée à Daïrout. Cette attentat est revendiqué par le groupe Jama’at al-islamiyah, dont le chef spirituel n’est autre que le Cheikh ‘Omar Abdel Rahman, qui avait émis une fatwa permettant l’assassinat du président Anouar al-Sadate. Pour contrer la crise, Hosni Moubarak est investi de pouvoirs exceptionnels et fait arrêter 600 membres d’organisations musulmanes considérés comme extrémiste. La confréries des Frères Musulmans suivra et les arrestations seront nombreuses.

Jama’at al-islamiyah intensifie ses actions et vise des fonctionnaires de l’Etat et les coptes, dont sont issus beaucoup de fonctionnaires et de l’intelligentsia* égyptienne fortunée.

Les attentats se multiplies de la fin de l’année 1992 jusqu’à l’attentat le plus meurtrier le 26 février 1993 au Caire. Une bombe explose dans un café populaire situé place Tahrir et fait 3 morts et 17 blessés dont 6 étrangers. Le 8 juin, une bombe est placée dans un bus près des pyramides et fait 2 morts et 15 blessés dont 5 touristes britanniques. Le 26 octobre, une grenade est lancée dans l’hôtel Sémiramis au Caire, et tue 2 américains, 1 français et 1 italien. Le 12 décembre, deux hommes en moto ouvrent le feu sur 2 touristes allemands et leur guides égyptiens au nombre de deux.

Malgré le mécontentement de tout les partis et la vague d’attentats qui frappe le pays, Hosni Moubarak est réélu pour un troisième mandat. Le président égyptien répond à la violence par la violence en multipliant les pendaisons, incarcérations dans les bagnes du désert et entre 10 000 et 20 000 arrestations dans les rangs des musulmans. Toutefois, ces mesures n’ont aucun impact car le nombre de partisans est trop élevé.

Le 26 juin 1995, Hosni Moubarak se rend à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, à l’occasion du 31eme sommet de l’Organisation de l’Union Africaine (OUA). A 1 km de l’aéroport, le convoi est attaqué par des islamistes qui vise principalement le véhicule du président égyptien. Dans la confusion, Hosni Moubarak ordonne à son chauffeur de rejoindre l’aéroport et s’envole pour le Caire où il tiendra une conférence en accusant les dirigeants soudanais. L’identité des assaillants ne sera jamais connu même si l’organisation Jama’at al-islamiyah revendique l’attentat le 3 juillet 1995, soit 7 jours après les faits.

Le 18 avril 1996, 20 touristes grecs sont tués et 14 blessés près des pyramides de Gizeh. Une acte qui aussi revendiquer par Jama’at al-islamiyah.

Le 17 novembre 1997, aura lieu l’attentat le plus meurtrier à Louxor, ville qui avait été épargné par la vague de violence. Le groupe Jama’at al-islamiyah à attaqué des touristes en visite devant l’un des temples de la ville et fait des dizaines de morts. Le bilan est lourd, 58 touristes suisses, allemands et japonais sont tués ; 10 égyptiens et 24 occidentaux sont blessés. Jama’at al-islamiyah réclame la libération de 30 000 de ses partisans des prisons égyptiennes et la libération de leur chefs spirituels Cheikh ‘Omar Abdel Rahman détenu par les Etats-Unis.

Cette attentat a porté un coup presque fatal à l’industrie du tourisme puisque les recettes chutes de 50%. Toutefois, Jama’at al-islamiyah perd le soutien populaire dont elle a bénéficié jusqu’ici. Ne pouvant se passer de ce soutiens, elle désavouera l’attentat en affirmant qui aurait été perpétré par de jeunes recrues. Des négociations auront lieu avec Hosni Moubarak qui s’engagera à libérer 4 000 prisonniers. En contre partie, Jama’at al-islamiyah abandonnera les action violentes et s’engagera sur le militantisme politique.

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* Ensemble des intellectuels d’un pays engagée dans un travail de création et de diffusion de la culture, accompagnée par les artistes et les enseignants.

Histoire de l’Egypte Partie 11 : Les Frères Musulmans sous Hosni Moubarak

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Farag Foda (1945/1992)

Ne pouvant pas agir sur le terrain politique, les Frères Musulmans vont investir les syndicats professionnels comme la médecine, les pharmaciens, les ingénieurs, les avocats et les scientifiques. Il vont toutefois essayer d’influencer la politique du pays mais de manière discrète. ‘Omar al-Tilmisani fait l’éloge de Hosni Moubarak lors de son entré en fonction. En 1984, l’organisation passe une alliance avec le Parti Wafd et obtiennent huit députés au Parlement. Le leader des Frères meurt le 22 mai 1986, il est remplacé par Mohammed Abou al-Nasr. Ce dernier suit la même politique que son prédécesseur et en 1987, il passe une alliance avec le Parti des Libéraux et le Parti du Travail et 36 députés appartenant à la confrérie sont élus. Ils demandent la révision de la Constitution, l’annulation de l’état d’urgence, des élections libres, ainsi que l’application de la shari’a. 

Le 8 juin 1992, l’écrivain laïque Farag Foda est assassiné par deux membres du groupe jihadiste al-Jama’ah al-Islamiyah, fondée par Cheikh ‘Omar Abdel Rahman et Cheikh Abd al-Hamid Kishk, et dont le but était de renverser le régime pour le remplacer par un État Islamique. Le mouvement est fortement influencer par Sayyid Qotb. Le grand Cheikh d’al-Azhar, Jadd al-Haqq, avait émit une fatwa stipulant que Farag Foda et d’autres écrivains laïques étaient des ennemis l’islam. Le groupe al-Jama’ah al-Islamiyah a fait référence à cette fatwa lorsqu’il a revendiqué l’assassinat. Farag Foda avait notamment maudit le Prophète Mohammed (Sala Llahou Aleyhi wa Salam) et ses épouses.

Nasr Abou Zayd (1943/2010)

De son côté le Cheikh Youssef al-Badri déclare un jihad intellectuel contre tous ceux qui attaquent l’islam et pour cela, il fonde le Front de la Hisbah. La Hisbah est une institution religieuse qui contrôle la bonne application de la shari’a. Elle fut créer par le Calife ‘Omar Ibn al-Khattab (Radia Llahou Anhou). Le Front de la Hisbah va s’en prendra notamment à Nasr Abou Zayd qui a écrit le livre « Le Concept du texte » où il réinterprète le Coran avec une vision humaniste. Il est attaquer en justice pour apostasie, ce que le tribunal confirme. Il est dans l’obligation de divorcer pour respecter la shari’a car un mécréant ne peut épouser une musulmane. Le groupe Jihad Islamique déclara que Nasr Abou Zayd devrait-être exécuté pour apostasie. Ce dernier fut mis sous protection policière mais se dernier refusa. Le 23 juillet 1995, il quitta l’Égypte avec sa femme et se rendit aux Pays-Bas.

Quelques cheikhs de l’université d’al-Azhar se joignent aux attaquent du Front de la Hisbah. C’est ainsi que Ahmed Sohby Mansour fut renvoyé par al-Azhar. Ce dernier fait parti de la secte des coranistes, une secte qui ne reconnaît que le Coran et rejette la Sunna du Messager d’Allah (Sala Llahou Aleyhi wa Salam). Il travaillait avec Farag Foda pour établir un nouveau parti politique du nom de Mostakbal. Un parti qui avait pour but de mettre en place un État laïque et démocratique mais aussi de défendre les coptes d’Égypte. L’Université d’al-Azhar le renvoya pour avoir renier la Sunna et écopera d’une peine de six mois de prison.

Ahmed Sohby Mansour (1949/????)

Les Frères Musulmans se gardent bien d’intervenir pour condamner les intellectuels laïques. Toutefois, le Cheikh Mohammed al-Ghazali, prend la défense des assassins de Farag Foda en affirmant que se dernier était un ennemi de l’islam. Une nouvelle vague d’arrestations va frapper la confrérie peu avant les élections de 1995 et le siège de l’organisation sera fermé.

Cheikh Mohammed al-Ghazali(1917/1996)

Une fracture entre les générations se fait sentir au sein de la confrérie, l’ancienne génération qui a connu Hassan al-Banna, les persécutions de Nasser et Sadate leur font adopter une position de prudence et de défense de la confrérie. Fidèles à Hassan al-Banna en ce qui concerne l’éducation de la société en commençant par l’individu, puis la famille, la société jusqu’à la création d’un État islamique. La génération intermédiaire est plus portée vers la politique et est prête à remettre en cause la shari’a pour une réelle démocratie. Enfin, la nouvelle génération est adepte de la démocratie. Cette génération se reconnaît à travers le secrétaire général de l’Union médicale arabe, le Dr. Abou al-Foutouh qui, lors d’une interview en mai 2004, annonce qu’il est favorable pour l’instauration d’une démocratie qui se soit pas liée à l’Islam et que le président de la République ne doit pas forcément être un musulman, ni un homme. Il fait parti de l’aile « ouverte » des Frères Musulmans*.

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* Autrement dit aux ennemis de l’Islam qui se cachent sous les traits du musulman pour corrompre la communauté car Islam et démocratie sont incompatibles. Et nous ne parlons pas du fait que la démocratie est une religion à par entière comme toute les idéologies modernes, ce qui revient à dire que celui qui adopte la démocratie est un apostat car seul le système qu’Allah a mis en place à travers le Coran et la Sunna est valable, le reste n’est qu’innovations et égarements d’Iblis le maudit.

Histoire de l’Egypte Partie 10 : Les relations entre l’Iran et l’Égypte

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Depuis les temps anciens, l’Égypte et la Perse (Iran) représentaient deux civilisations qui étaient en concurrence. Avec la conversion à l’Islam suite aux invasions arabes et à la conversion au chiisme de l’Iran, ces deux rivaux sont devenu deux pôles d’enseignement et de culture opposé dans la région. L’Égypte avec l’Université sunnite d’al-Azhar* et l’Iran, centre de l’enseignement chiite duodécimain. 

Après la révolution chiite en Iran en 1979, l’Égypte accueille le Chah Mohammad Reza Pahlavi en fuite. Suite à cela, et aux relations amicale entre Anouar al-Sadate et le régime du Chah, l’Iran de Rouhollah Moussavi Khomeini va entretenir des relations conflictuelles avec l’Égypte. De son côté, l’Égypte redoute que la révolution chiite ait un effet positif sur les volontés des groupes islamiques jihadiste (sunnite) de prendre le pouvoir par la force. Cette crainte sera celle de toutes les nations arabes et ce confirmera avec l’assassinat du président Anouar al-Sadate en 1981.

Le soutien de l’Égypte à l’Irak de Saddam Hussein lors de la guerre Iran/Irak est le résultat de plusieurs intérêts qui se croise, dont l’une est la dissolution que cette idée de révolution ne s’exporte chez elle. En 1984, l’Égypte accuse l’Iran et la Libye d’avoir poser des mines maritime dans la mer rouge et le golfe de Suez, et serait responsable de la destruction de 14 navires. Après l’enquête, l’Égypte découvre que l’acte a été financé par l’Iran et rompt immédiatement toute relations diplomatiques avec elle. A la fin de la guerre Iran/Irak en 1988, l’Égypte est soucieuse de la libération des soldats égyptiens combattants aux côté de l’Irak mais du vivant Khomeini, aucun gestes ne sera fait de la part de l’Iran. Toutefois, à la mort de ce dernier, l’Iran adoptera une politique de rapprochement avec les états de la région.

La guerre du Golfe fût une aubaine pour l’Iran, qui non seulement retire des bénéfices de l’augmentation de la vente du pétrole lors de l’embargo qui touche l’Irak, mais aussi parce la coalition menée par les Etats-Unis accomplissent ce qu’elle n’a pas pu faire durant les huit ans de guerre contre l’Irak. De plus, cette intervention permet d’affaiblir Saddam Hussein sur le plan militaire, lui qui possédait l’armée la plus puissante et la plus moderne de la région suite à la vente d’armes par ses anciens alliés occidentaux.

En décembre 1991, le président iranien Hashemi Rafsanjani se rend en visite officiel au Soudan. Ce pays avait soutenu l’Irak lors de la guerre avec l’Iran mais avait accueilli le dirigeant iranien avec ferveur dû au discours révolutionnaire suite aux mesures punitives prises par l’Arabie Saoudite et la coalition à son encontre. Cette possible présence iranienne au Soudan sur le long terme a irrité grandement l’Égypte car ces deux États ont une histoire commune très ancienne et sont reliées par la vallée du Nil. Hosni Moubarak considère ce rapprochement comme une menace pour ces intérêts, surtout que l’Iran n’hésite pas à financer des groupes jihadistes sunnites comme le Front Islamique du Salut (FIS) en Algérie ou encore al-Nahda en Tunisie. L’Égypte se sent ainsi encerclée par l’Iran.

Pour restreindre l’invention occidentale et celle de l’Iran dans le Golfe, l’Égypte décide de convaincre d’autres nations arabes de prendre en charge leur propre sécurité. C’est ainsi que l’Égypte décide, en 1992, l’envoi d’une partie de ses forces en Arabie Saoudite pour protéger la région face au régime chiite, qui souhaitait le contrôle et la maîtrise maritime du Golfe.

 

 

Histoire de l’Egypte Partie 10 : La position de l’Égypte lors de la première guerre du Golfe

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Une semaine avant l’invasion de l’Irak, dirigé par les Etats-Unis, le Congrès américain propose d’annuler la dette égyptienne en contre partie de la non intervention de Hosni Moubarak aux côtés de Saddam Hussein. A ce moment, l’Égypte est le pays le plus endetté du tiers-monde avec 60 milliards de dollars de dettes et une populaire qui s’accroît de jour en jour. Cette annulation tombe à pique pour le président égyptien. Ajoutons à cela qu’une grande partie de la population ne souhaitait pas soutenir une une nation arabe (Irak) contre une autre nation arabe (Koweït).

Les savants de l’Université Al-Azhar soutiennent la décision de Moubarak et délivrent une fatwa sur mesure à l’Arabie Saoudite pour demander la protection d’une armée non musulmane. Une seconde fatwa sera édictée à l’encontre de l’Irak, qui est accusée d’avoir déviée de la loi islamique pour avoir pris les armes contre une autre nation musulmane. Ils prennent toutefois garde à ne pas définir de manière précise les critères qui rendent un chef d’État, un régime politique mécréant, de peur que cela se retourne contre eux. Le 21 août 1990, Al-Azhar lance un appel pour combattre l’injustice du dirigeant irakien et que tout bon musulman ce doit de répondre à cet appel.

Le guide des Frères Musulmans se prononce en défaveur de l’intervention armée contre l’Irak et dénonce la participation d’Israël au sein de la coalition menée par les Etats-Unis. Il affirme que bien que Saddam Hussein ait commis des actes répréhensibles, il n’en demeure pas moins que les irakiens sont des musulmans et que tout les États arabes se doivent de ne pas soutenir l’effort de guerre au profit des Etats-Unis et d’Israël. Il appel donc tous les musulmans à ne pas se battre aux côtés des sionistes contre « nos frères et sœurs musulmans d’Irak ».

Outre le financement américain, la cause de l’opposition à Saddam Hussein est le refus de l’Égypte de perdre son rôle de leader du monde arabe. En effet, après la victoire du président irakien face à l’Iran, ce dernier est vu comme un héros dans le monde arabe. Hosni Moubarak travaille depuis une décennie déjà pour que l’Égypte puisse renouer avec le monde arabe et ainsi retrouver sa place de leader. Or, l’émergence d’un nouveau leader adulé par les populations arabes à contrarié ses projets. Ainsi, pour bloquer toute possibilité expansionniste de l’Irak, l’Égypte se positionne comme défenseur du Koweït, un État « frère ».

Avec la victoire de la coalition dirigé par les Etats-Unis, l’Égypte sort grande gagnante malgré les conséquences désastreuses sur son économie. Elle est débarrassée de son rival Saddam Hussein et peut ainsi retrouver sa place de leader dans le monde arabe. La connaissance du dossiers par les ambassadeurs égyptiens en poste dans les différentes capitales des nations arabes leur a été d’une grande aide dans la gestion du conflit, ce qui a été apprécié par ces États. Ces derniers reconnaissent l’utilité de ces ambassadeurs, ce qui augmentera le prestige de l’Égypte et une reconnaissance de son rôle incontournable dans la gestion des crises dans la région.

Histoire de l’Egypte Partie 9 : La réconciliation avec les voisins arabes

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Ligue Arabe

La diplomatie de Hosni Moubarak envers les autres États arabes, est une diplomatie de la réconciliation. En effet, mise au ban des nations arabes après la paix avec Israël, l’un des objectifs majeures de Hosni Moubarak, va être de renouer avec les États arabes de la région malgré les désaccords. Cette volonté de réconciliation n’ira, toutefois, jamais à l’encontre de la paix avec Israël, que le président égyptien souhaite maintenir. La pseudo condamnation de l’intervention Israël au Liban en 1982, à permis à Hosni Moubarak d’asseoir sa légitimité en tant qu’État incontournable de la région. 

Pour renouer avec ses voisins, l’Égypte va envoyer des délégations de diplomates qui font l’aller-retour entre les différentes capitales arabes. Des accords commerciaux ainsi que des échanges dans les domaines sportifs et artistiques sont une première approche du président égyptien en vue d’une réconciliation. Hosni Moubarak va s’investir dans la résolution des conflits au Moyen-Orient et ce tout au long de règne dans le but de faire de l’Égypte le leader des États de la région. Elle va soutenir l’Irak de Saddam Hussein contre l’Iran chiite, elle va émettre des réserves quand à l’assassinat d’un diplomate israélien à Londres qui serait imputé à l’OLP de Yasser Arafat (et qui servira d’excuse à Israël pour envahir le sud du Liban). Elle prendra la défense des palestiniens lors de la première Intifada en 1987, jugeant la répression israélienne disproportionnée. Ces prises de positions vont aboutir à des tensions avec Israël, ainsi qu’un gel des pourparlers sur la résolution du conflit israélo-palestinien. Cette stratégie était voulue pour le président égyptien pour marquer son retour au sein du camp arabe malgré son souhait de ne pas vraiment tourner le dos à Tel-Aviv.

En effet, l’objectif de la diplomatie égyptienne est de soutenir les palestiniens les plus modérés pour qu’ils reconnaissent Israël comme État souverain. Cette position est calquée sur les revendications américaines qui exige que les palestiniens reconnaissent Israël, mettent fin à leur actes « terroristes » en contre partie de la reconnaissance américaine de l’OLP. En 1989, l’Égypte réintègre son siège au sein de la Ligue Arabe. Mais le retour définitif de l’Égypte au sein du concert des nations arabes se fera à partir de la première guerre du Golfe.