Droit de réponse

IslamRéinfo TV : La Femme en Islam est soumise et elle n’est pas libre !

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La Femme en Islam n’est pas Libre et elle est Soumise contrairement à ce qu’en disent certains musulmans et certaines musulmanes.

Réponse à ceux qui affirme que le Voile n’est pas obligatoire !

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Depuis plusieurs semaines déjà, la question du voile agite les médias, dérange les élites jusqu’à résonner dans les plus hautes sphères politiques. Ce débat redondant devenant une spécialité française, il s’est particulièrement intensifié avec l’intervention à charge de grandes figures du gouvernement français ce qui a eu comme conséquence directe d’installer un climat délétère terrible allant jusqu’à avoir des répercussions réelles comme on a pu le voir récemment avec l’attentat de Bayonne. C’est donc l’occasion de répondre ensemble à quelques questions et accusations qui reviennent le plus souvent à propos du voile.

IslamRéinfo TV : Réponse à la vidéo « Mise en garde contre Hassan Iquioussen »

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Réponse à la vidéo de Hassan Iquioussen intitulée : « Mise en garde contre Hassan Iquioussen ».

IslamRéinfo TV : L’imposture de Felix Marquardt !

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Felix Marquardt souhaite réformer l’islam pour le rendre compatible avec le Nouvel Ordre Mondial. Il a le soutient notamment de Tariq Ramadan, Mohammed Bajrafil et de bien d’autres imposteurs qui tentent, tout comme lui, de séculariser/laïciser l’islam. Cette vidéo est une réponse à cet ennemi de l’islam qui pense pouvoir berner les musulmans.

Aïssam Aït-Yahya : Les minorités musulmanes d’Occident ou comment le pseudo-réformisme détruit l’Islam ?

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Nous avons déjà expliqué comment s’était mise en place la création de nouvelles dénominations pseudo-juridiques pour qualifier l’espace mondial contemporain. Avec une justification par le fait, qui a commencé par revoir et rejeter la notion de Dar al Kufr, puis adopter une vision minimaliste du Dar al Islam, et finissant par une combinaison-fusion des deux, qui aboutira à la totale acceptation par les musulmans abusés d’un seul et unique « Dar » mondialisé. Toutefois, rappelons qu’au départ c’est la nécessité -voire l’exigence- de répondre à certaines problématiques qui a poussé ces nouveaux penseurs et imams, intellectuels et théologiens, à créer ces nouveaux principes, nouveaux principes totalement inacceptables, non pas seulement car les résultats sont faux et même dangereux pour l’intégrité de l’Islam, mais parce que toute la méthodologie de réflexion et d’analyse des problèmes est elle-même gravement erronée.

Ce postulat de départ est de prendre pour fait acquis, la présence de plusieurs millions de musulmans en Occident, issus de l’immigration, immigrés ou convertis (Près de 16 millions en Europe et 3 millions en Amérique du Nord). Or vivant en dehors du monde musulman, il fallait donc des réponses à leurs interrogations et questions nouvelles que suscitait cette présence. Bien entendu, ces imams-théologiens, à la méthodologie innovée, en plus de ne pas être foncièrement enracinés sur le terreau du dogme musulman (condition pour voir fleurir un fiqh islamiquement cohérent), ont de manière très évidente cherché à légitimer d’office et absolument cette présence musulmane en Occident. Sans jamais en discuter les raisons historiques ou la légalité islamique autrement que de manière superficielle et simpliste, en balayant d’emblée les fondements, pour se jeter sur les ambiguïtés, en faisant des cas exceptionnels et leurs permissions (rukhsa) une règle générale, et la règle générale si exceptionnelle qu’elle devient une théorie utopique jamais appliquée (telle la shari’a elle-même)…

Pour cela, ils développèrent l’idée d’un fiqh spécialement adapté aux minorités musulmanes vivant en Occident : le fiqh al-aqalliyât (de qalîl signifiant peu). Prenant pour modèle le Prophète lui-même (sallallahu ‘alayhi wa salam) à la Mecque et ceux des premiers émigrés musulmans en Abyssinie, ce fiqh fait des versets mecquois la base de son existence.

Il ne s’agit pas de remettre foncièrement en cause celui-ci, mais de montrer comment ce genre de fiqh dans des mains peu intègres (théologiquement parlant) qui n’ont pas la conscience et l’éthique que suppose cette tâche, peut causer bien plus de mal qu’autre chose.

Principes méthodologiques de la déconstruction de l’Islam par le fiqh al aqalliyât d’Occident

Tout d’abord, ils partent du postulat ‘alamiyat ul-islam : l’universalité de l’Islam. Notion fondamentale issue de la croyance musulmane : l’Islam est une vérité adoptable et applicable en tout temps et tout lieu (fi kulli makân wa kulli zamân). Pourtant chez eux, lorsque l’on analyse leurs discours, leurs prises de positions et les résultats de leurs « efforts de jurisprudence » (ijtihâd) on remarque très aisément que toutes les modalités sont complètement inversées et en absolue défaveur de l’islam et de ce qu’il recouvre. Puisque l’Islam est universel : finalement c’est donc à l’Islam de faire l’effort doctrinal de se réformer pour épouser l’universalité (occidentale !) et aux musulmans de faire des concessions dans le temps et l’espace où ils vivent. Il faut préciser ce point : on ne remet pas en cause l’idée que le musulman ne peut pas vivre pleinement son Islam et sa pratique dans un pays non-musulman.

Certes, il est évident qu’il y a toujours compromission entre ce que l’on doit faire et ce que l’on peut que faire. Seulement ces compromis doivent être légaux d’un point de vue de l’Islam, dans le but visé et dans son essence, et surtout ne pas amorcer de logique perverse et contre-productive pour l’intégrité de l’Islam lui-même (ce qui n’est pas le cas avec le fiqh al-aqaliyyat de nos nouveaux juristes). Inutile de revenir sur les multiples situations schizophréniques de cette situation, qui de toute façon est islamiquement anormale. C’est notre point de divergence avec eux, puisqu’eux n’y trouvent fondamentalement aucune contradiction. Car c’est que le principe de ‘alamiyat al islam va les aider à alléger le fiqh musulman traditionnel. Trop lourd, trop rigide selon eux. Rendre plus aisé à pratiquer les rites du culte et les autres obligations liés à l’Islam : c’est la notion de tayssir al fiqh (faciliter le fiqh).

C’est de cette manière qu’ils ouvrent ici la boite de Pandore, car c’est donner à un espace historiquement et culturellement non-musulman la capacité et le droit d’influer sur la pratique de la religion elle-même. Non pas de manière temporaire, non pas de manière exceptionnelle, limitée dans le temps, non pas de manière circonstanciée : mais de manière absolue et légale puisqu’à la base, on considère légitime la présence musulmane en Occident (qui n’est plus considéré comme un vrai Dar al Kufr). Finalement ces derniers en arrivent même à accepter l’idée d’un ‘urf gharbi: des coutumes occidentales ”musulmanes” intégrées au fiqh de l’islam lui-même. Ils usent de manière enfantine de paroles de grands juristes qui énoncent qu’en fiqh on peut prendre parfois en compte les  »usages » ; mais ce qu’ils n’ont pas compris c’est que ce sont des usages issus des  »particularismes régionaux » de population musulmane et islamisée depuis des siècles ! Alors qu’à la base et en réalité ici dans notre cas, nous avons une culture majoritaire non musulmane, sécularisée postchrétienne, avec ses valeurs, son mode de vie et ses pratiques totalement non musulmane. Or ces pratiques sont intégrées et légitimées pour la faire entrer dans les modalités même de définition des règles du culte ! Ce n’est donc plus le culte (musulman) qui fonde la culture (majoritaire): mais la culture dominante [occidentale] qui règle le culte de la minorité [musulmane]. Voilà en somme comment on facilite l’assimilation absolue des musulmans à des valeurs qui ne sont pas les leurs et comment on occidentalise l’islam en occidentalisant les musulmans grâce au fiqh perverti. C’est ainsi qu’on comprend que cette notion de ‘alamiyat al islam est une parole véridique par laquelle ces nouveaux théologiens n’obtiennent que le faux, du fait de leurs conceptions et compréhensions erronées (kalimatul haqq yurîdû biha al-bâtil).

Comment le fiqh al aqaliyyat se transforme en fiqh al mustadh’afîn

Dans tout environnement politique et social dans lequel une minorité exogène perd sa cohésion intracommunautaire, l’assimilation est la règle, et elle finira par adopter valeurs et pratiques dominantes. Or dans un environnement coercitif, exigeant de se délester d’une partie de son identité pour faire symboliquement partie d’une communauté nationale, qui plus est, restrictive en termes de liberté, alors le processus d’assimilation radicale est d’autant plus renforcé. Que dire quand cette communauté perd les fondamentaux protecteurs qui définissent son identité et utilise des outils qui lui permettent de s’autodétruire ? Dans ce genre de société -telle la France- le fiqh al aqaliyyat, qui allège prétendument les contraintes et donne des pseudos-solutions à de vrais problèmes, est condamné à n’être qu’une suite perverse de concessions. L’ordre politique négocie peu (surtout pas avec les musulmans considérés comme les derniers représentants de l’ordre ancien à convertir à la modernité) ou ne négocie carrément pas quand il sait que la communauté musulmane n’a aucune cohésion.

Dans ce cas de figure, ce fiqh n’est qu’un fiqh du fait accompli, incapable de donner de vraies solutions, il permet simplement de faire accepter la situation telle quelle aux musulmans. Ce fiqh al aqaliyyat devient même un instrument privilégié du pouvoir dans le processus d’assimilation de ces minorités musulmanes. C’est l’outil de la réforme de l’islam et tous les réformistes qui ont le vent en poupe le savent et l’utilisent. Il y a une création d’un nouvel islam, totalement sur mesure grâce aux outils traditionnels de fiqh.

– Le principe de maslaha wa masfada (avantages et inconvénients) est inversé : la maslaha est celui du système, ce sont ses seuls intérêts qui sont pris en compte en réalité, ses seules vues et objectifs qui constituent la référence derrière toute la fumée qui sert à embrouiller la vision du musulman. Et revenir à la réalité de l’Islam est justement la masfada, la corruption, le trouble à l’ordre public.

– La règle Adh-dharûra tubîhu al-Mahzhûrât stipulant que la nécessité permet exceptionnellement les interdits, est la panacée suprême permettant de rendre licite l’illicite. Dans notre société débridée ultra libérale, individualiste où la surconsommation est la règle, tout devient nécessaire et tout est nécessité… En réalité, la nécessité de vivre comme les ”autres” est finalement la vraie nécessité qui peut et pourra tout permettre.

– Le principe de akhaffu adhararayn consistant dans une situation problématique imposée à choisir le moindre mal, devient une règle qui ne repose sur plus aucune logique de hiérarchie du mal. Justement car la mashala et la mafasda sont elles-mêmes inversées : le mal absolu est donc la solution la plus authentiquement islamique et le moindre mal est la solution ambiguë et innovatrice. Avec leurs conceptions, le mal est ce qui va à l’encontre de ce que souhaite le système, le moindre mal est d’accepter les solutions du système, ses règles du jeu, alors même que les musulmans ont la possibilité et la liberté de choisir d’autres solutions islamiquement plus licites et rationnellement plus viables.

– Le principe de maqassid ash shari’a était un outil servant à déterminer les buts et les objectifs (qasd) généraux de la shari’a, afin de pouvoir trouver des solutions à des problèmes, des indications pour montrer la voie (shari’a) à suivre pour les nouveaux ijtihâd. Mais dans leurs mains déterminer ces buts et objectifs devient la cause ultime pour annuler la shari’a elle-même. Ils croient avoir saisi ces objectifs, donc il devient inutile de garder cette shari’a comme voie législative à suivre.

– Le principe de fiqh al waqi‘, lui aussi est mal compris : cet outil permet de comprendre la réalité présente à travers les  »yeux et la conscience de l’Islam », afin que les juristes aient la compréhension globale du monde contemporain, ou celle plus précise d’un contexte particulier, pour émettre des solutions en absolue pertinence avec les sources islamiques. Ce principe dans cette compréhension innovatrice devient un des moyens pour que l’islam intègre en son sein la réalité contemporaine quelle qu’elle soit sans la remettre en cause. Ainsi, l’islam assimile son époque sans pouvoir influer sur cette époque. Et pire : ce n’est plus l’Islam qui comprend son temps, c’est le temps présent qui détermine la compréhension de l’Islam.

On pourrait multiplier ce genre d’examen critique et citer d’autres principes, pour montrer que tout cet ensemble au sein du fiqh al aqaliyyat transforme une minorité musulmane en minorité faible incapable de faire face avec son Islam à la réalité contemporaine. Une minorité sous pression qui tombe dans une logique de concession conscientisée par ce fiqh, servant à lui donner bonne conscience : ne sachant pas que ce fiqh les condamne à la faiblesse éternelle et même à la disparition de leurs identités spécifiques. Ou du moins la disparition des vrais marqueurs de cette identité. Le fiqh al aqaliyyat n’est en réalité, ici dans cette méthodologie déviée, qu’un fiqh al-mustadh’afîn (opprimés). Le problème est beaucoup plus grave, car ici, cela ne concerne pas que le fiqh en matière rituelle, cultuelle, vestimentaire ou alimentaire. Mais implicitement, il a touché, touche et touchera davantage le dogme lui-même avec des répercussions gravissimes. C’est comme si cette idée de tayssir al-fiqh se transformait aussi au fur et à mesure de son application dévoyée en tayssir al ‘aqida. Le dogme lui-même est allégé, amputé et modifié, par ce fiqh al-aqalliyat qui donne naissance par son ‘urf gharbi à une aqida al aqalliyat occidentalo-compatible.

Ici, je pourrais prendre des dizaines de cas (fatawas ou déclarations), extrêmement polémiques pour démontrer méthodiquement tout ce processus (les plus perspicaces feront très rapidement les déductions et les liaisons eux-mêmes) mais cela est inutile : il suffit de comprendre tout le mécanisme et d’en vérifier soi-même la validité.

Du fiqh al mustadh’afîn au fiqh fâsid wa mufsid

Rappelons que tout ce fiqh prévalait pour les minorités musulmanes du monde occidental, ce fiqh al-aqaliyyat, son tayssir al-fiqh et son ‘urf gharbi, tout cela déjà conditionné par le refus d’utiliser la notion de Dar al-Kufr et d’en tirer les conclusions qui en découlent. Pourtant, lorsqu’on sait que le phénomène de Mondialisation est un euphémisme pour ne pas dire Occidentalisation du monde, un autre phénomène extrêmement pervers se réalise. Le monde occidental domine indubitablement le monde depuis au moins deux siècles. La démocratie, les droits de l’homme, le libéralisme, la laïcité, le positivisme, le darwinisme, le socialisme (entre autres) sont toutes des philosophies clairement nées et façonnées dans le monde occidental. Et aujourd’hui elles constituent toutes des valeurs universelles, car l’occident s’est imposé universellement au monde. Le monde occidental constitue donc l’absolue référence de toutes les anciennes ères de civilisation. Or, le fiqh al-aqaliyyat et toutes ses funestes implications, développées à l’origine uniquement pour le monde occidental, tend à dépasser son cadre d’origine, et s’étend aussi dans le monde musulman.
Car comme l’Occident constitue la référence absolue, un modèle que tous tendent à suivre, l’islam occidental devient lui-même une référence pour les musulmans censés vivre dans des pays musulmans, au sein de sociétés musulmanes régies par des états musulmans. Cet islam créé en Occident, donc totalement occidentalo-compatible, a été créé dans leurs laboratoires et s’exporte par le phénomène de Mondialisation.

On se rappelle d’ailleurs les paroles de certains hommes politiques français qui disaient bien que l’Islam de France, est un projet qui dépasse même les frontières françaises. C’est ainsi que l’islam acceptable dans le monde occidental devient le seul islam que l’Occident accepte pour le monde musulman. Or les musulmans n’ont pas les moyens de s’y opposer puisqu’ils ont adopté et intériorisé le fiqh de la faiblesse. Ce qui est le plus cynique dans ce processus, c’est que par le phénomène de Mondialisation, les musulmans du monde arabo-islamique se sécularisent massivement et deviennent des croyants et des adeptes des religions séculières. Finalement, les musulmans authentiquement musulmans deviennent une minorité au sein de leurs propres pays, eux-mêmes prêts à avaler ce fiqh al-aqaliyyat finissant par son tayssir al-‘aqida

C’est un véritable cercle vicieux destructeur de la réalité de l’Islam et de la réalité de ce que recouvre l’identité musulmane qui se met en place. La logique de ce processus veut que nous allions tout droit vers l’acceptation par les musulmans d’un Dar Mondialisé qui n’est pour eux ni un Dar al-kufr ni un Dar al-Islam sans même qu’ils ne s’en soucient.

L’adoption d’un fiqh pervers qui ne se sert d’outil qu’à des fins de contorsions idéologiques et de manipulations scientifiques des sources authentiques et des règles véritables. Un phénomène de tayssir al-‘aqida, qui créé une nouvelle religion toujours dénommée islam mais complètement vidée de sa substance originelle et acceptable par le nouvel ordre politique mondial. La création de musulmans ”nominaux”, adeptes en réalité de religions séculières, refusant et combattant eux-mêmes les points les plus fondamentaux du dogme islamique.

Qui sont les musulmans qui résisteront à ce phénomène, et comment le combattront-ils efficacement, sont les deux seules inconnues de toutes ces évidences.

Aïssam Aït-Yahya

Source : Nawa édition

Aïssam Aït-Yahya : Dâr al-Kufr et Dâr ul-Islâm : Orientalistes et Néo-réformistes à l’assaut de la vision islamique du découpage mondial

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Pour comprendre l’opposition des néo-réformistes à la traditionnelle vision islamique concernant le découpage de l’espace mondial, il faut tout d’abord revenir sur les causes de notre situation actuelle. Pour ce faire, il est indispensable de séparer les facteurs externes des facteurs internes :

L’analyse externe vise à déterminer le contexte et l’environnement, en quoi ils influent négativement, comment ils aggravent ou de quelle manière ils ont fait naître le problème. Nous en avons déjà fait souvent référence ici et là : les causes historiques, la réalité contemporaine, le monde occidental, ses forces et ses pressions, qui font en sorte de ne pas laisser l’Islam libre de s’épanouir dans son espace civilisationnel, et demeurer seul maître de son histoire. Toutes ces entreprises, ces opérations, ces manipulations, ces buts et objectifs sont clairement visibles par toute personne éclairée, et ils sont d’autant plus faciles à saisir et à comprendre quand il s’agit de pointer du doigt les « autres ».

L’analyse interne, quant à elle, vise à diagnostiquer les faiblesses internes, savoir où elles se trouvent, comment elles sont apparues, de quelle manière elles aggravent la situation générale. A contrario c’est donc mettre le doigt là ou précisément le mal agit pour être capable d’élaborer des solutions. Par contre cette analyse est la plus ardue des deux car elle suppose recul et esprit critique. Elle suppose d’étudier un corps social dont on est partie prenante. Or, islamiquement parlant, l’analyse interne est prioritaire : « Lorsqu’un malheur vous atteint […] vous dites : “D’où vient ce malheur ?” Réponds-leur : “Il vient de vous-mêmes” » (Sourate al-’Imrân, V165).

Le mal le plus absolu, au delà de la situation collective des musulmans, c’est la dénaturation de l’Islam, son occidentalisation (via le processus de sécularisation), l’amputation d’une grande partie de sa réalité effective, la fin de sa civilisation (le pouvoir d’imposer son ordre chez elle). Tous ces facteurs impactent négativement sur la conscience musulmane, dans la vision de ce qu’est réellement l’Islam, dans les pratiques quotidiennes et dans la réalité de la foi. Ce cercle vicieux s’est renforcé depuis plus d’un siècle : en sécularisant l’Islam pour qu’il sécularise les musulmans, ou en sécularisant les musulmans de sorte qu’eux-mêmes sécularisent l’Islam. Un islam occidentalisé appliqué par des musulmans occidentalisés, que cela soit à Paris ou au Caire. Un orientaliste disait lors de la période coloniale: «*je n’appelle plus les musulmans à entrer dans le christianisme mais à sortir de l’Islam. Nous avons dépensé beaucoup d’argent, prononcé de nombreux discours, malgré cela nous n’avons pas réussi à dévier un musulman de sa religion. Il est plus facile de détruire que de construire. La destruction du musulman constitue la destruction de la religion elle-même». Or remarquons aujourd’hui que les enfants de ces orientalistes d’antan ont très bien compris que la meilleure des stratégies pour obtenir le meilleur des résultats est de faire détruire l’islam, par des musulmans eux-mêmes, de sorte que tous sortiront de l’Islam réel pour entrer dans un Islam fictif sans même en avoir eu conscience. De la même manière qu’il est plus facile à des étrangers de dominer un pays en faisant croire à sa population qu’il est indépendant que d’être directement au commande lors d’une colonisation…

Cette stratégie est largement facilitée dans le monde musulman et au delà dans le monde occidental, par une idéologie de la soumission inconsciente, innovée et créée par des individus et groupes issus de la Oumma très largement identifiables (historiquement et islamiquement). Ces derniers ont mis en place malgré eux toute une nouvelle architecture qui, sous divers prétextes, n’aboutira qu’à détruire la structure du dogme authentique de l’Islam, l’orthodoxie sunnite et finalement l’identité musulmane dans ce qui la distingue des autres. Tout ceci n’aboutissant qu’à incorporer l’Islam dans un nouveau Dînmondialiste, constitué simplement de sectes (firaq) ou d’écoles (madhâhib) dont l’une sera appelée ”islam” pour mieux tromper les musulmans.

Dialectique et méthodologie de l’imposture

Nous allons essayer de voir ici quelles sont les terminologies (mustalahât) et la méthodologie (minhâj) de cette nouvelle idéologie (fikra jadida). Nous allons essayer d’analyser de quelle manière leurs véritables innovations (bid’a), leurs visions biaisées et tronquées, leurs erreurs de bonne foi, leurs négligences condamnables, leur manque de rigueur, ou alors leurs tromperies, leurs manipulations, leurs mensonges et leurs propres illusions, s’y prennent de manière méthodique pour délier un à un les liens fondamentaux de l’islam dans nos cœurs et nos esprits : « Les liens de l’islam seront défaits les uns après les autres, et chaque fois qu’un lien sera défait, les gens s’attacheront au suivant. Le premier à être défait sera le lien de la Loi (d’Allah), et le dernier sera le lien de la prière».

Rejet de la dichotomie Dar al Islam/Dar al Kufr

Un des premiers sujets auxquels se sont attaqués ces nouveaux philosophes et leurs « chuyûkh », a été de remettre en cause la traditionnelle vision musulmane du monde. D’un côté le domaine de l’islam, les terres dans lesquelles ses lois, ses valeurs, son ordre, sa culture et son pouvoir règnent et dominent sur le plans juridique et politique, que ses habitants et sa population soient majoritairement musulmans ou non (Dar al-islâm). De l’autre coté, il y a tout le reste, c’est-à-dire les terres et territoires qui ne sont pas sous domination politique de l’Islam, cela même si la population est majoritairement musulmane. Or, si ces terres ne sont pas dominées par l’Islam, c’est qu’elles le sont par autre chose que l’Islam, cette autre chose n’étant pas l’islam est donc son opposé par essence, le non-islam quelle que soit sa forme et ses différentes modalités : c’est à dire al-Kufr (Dar al-kufr). Ibn Qayyim dit dans Ahkâm ahl adh-dhimma : « la majorité (jumhur) a dit le dar al-islâm est celle qui est la propriété des musulmans et gérée par les lois de l’islam, et ce qui n’est pas administré par l’islam n’est pas un dar al-islâm ». Comment ont-ils procédé pour rejeter ce principe clair et limpide ? Deux grandes méthodes.

1/ Première méthode : la multiplication des terminologies

Puisque ces derniers se réclament d’une certaine tradition scientifique sunnite, ce rejet ne pouvait pas être franc et décomplexé comme on le retrouve chez certains auteurs laïques modernistes par exemple. Ils se fondent donc sur tels ou tels ijtihad antérieurs décontextualisés, en les surexploitant et en finissant par regrouper toutes leurs propres extrapolations pour donner naissance à de nouveaux ijtihad totalement innovés au-delà même des limites légales de la jurisprudence. On voit apparaître chez eux des termes comme :

– Dar Al Sulh (domaine de la conciliation)
– Dar Ad Da’wa (domaine de la prédication)
– Dar ash Shahada (domaine du témoignage)
– Dar al Amn (domaine de la sûreté).

Il ne s’agit pas de dire que certaines de ces terminologies n’ont jamais été utilisées par d’honnêtes savants dans l’histoire de la jurisprudence islamique, mais de montrer qu’aujourd’hui entre des mains malintentionnées et/ou non fermement enracinées dans le dogme, ou utilisées par des esprits déviants aux méthodes avec des buts innovés : elles se révèlent être des armes de destruction massive de la conscience islamique des musulmans. Celle qui détruit en eux la pertinence et l’intérêt de garder l’absolue dichotomie Dar al-Islam/Dar al-Kufr. Cette profusion de termes permet de semer la confusion et de faire oublier les fondamentaux ; en l’occurrence il s’agit ici de faire disparaitre l’idée qu’il y a (eu) et qu’il doit exister un Dar Al-Islâm malgré tout : c’est à dire là où l’Islam est absolument maître chez lui pour défendre son intégrité (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, vous en conviendrez tous). Nous disons bien « absolue dichotomie » car tous ces nouveaux termes ne pourront jamais remplacer la pertinence de ceux mis en place par les premières générations (salaf salih) et confirmés par leurs successeurs (khalaf). Car aujourd’hui, les configurations ont changées et le Dar ad Da’wa, Dar Shahada, et Dar al Amn sont utilisés par ces nouveaux penseurs et « imams » pour désigner l’ancien Dar al-Kufr (le monde non-musulman) mais dans lesquels vit une importante minorité musulmane : et c’est là que toute cette nouveauté prend son importance. Pour eux, le monde non-musulman est un monde dans lequel le musulman doit et peut faire de la prédication (da’wa) dans lequel il peut témoigner son islam (shahada) et où il est en sûreté (amn). Ce discours a pour seul but en réalité de justifier leur présence en Dar al-Kufr, et pour inciter à intérioriser comme absolument naturelle leur vie et leur mort en plein milieu de ces territoires non-musulmans ! Alors qu’une quantité astronomique de preuves à en faire déborder les bibliothèques sunnites montrent, stipulent et expliquent que cette situation est anormale, réprouvée, conditionné dans le temps et le lieu à certaines catégories précises (commerçants, diplomates, étudiants, etc.). Nos auteurs justifient cette présence sans jamais s’interroger, ne serait-ce que de l’ordre du « qui suis je, d’où je viens et où vais-je » (dont les vraies réponses sont devenues paradoxalement dangereuses pour ces « philosophes »).

L’utilisation de ces nouveaux concepts est imparfaite, partiale et orientée d’une manière qui n’a jamais été faite avant eux. Ces « réformateurs » ont même échoué dans le but qu’ils se sont fixés (à savoirredéfinir une vision du monde islamiquement pertinente) puisque toutes ces nouvelles terminologies ne peuvent pas qualifier à elles seules l’ancien Dar al-Kufr et de ce fait ne peuvent pas le remplacer totalement. Leur construction pseudo-scientifique bâclée ne sert qu’à justifier à posteriori une position en laquelle ils croient déjà comme la Révélation : à savoir qu’il n’y aurait aucune contradiction ou incohérence au fait que des populations civiles musulmanes vivent dans un ordre non-musulman.

Explication par l’exemple contradictoire

Si les termes Dar ad-Da’wa, Dar ash-Shahada, et Dar al-Amn sont vraiment justes pour qualifier exclusivement l’ancien dar al-kufr : dans ce cas, est-ce que les musulmans vivant dans le « Dar al-Islam » n’auraient pas/plus besoin de da’wa, de rappel à l’ordre et d’incitation au bien et à l’interdiction du mal (al-amr bil ma’rûf wa nahi ‘anil munkar) et leur territoire ne serait-il pas/plus aussi un Dar ad Da’wa ? Le Dar al Islam n’est-il pas aussi un Dar al Shahâda par excellence ? Et même le plus absolu et naturel de tous ? Le Dar al Islam est-il toujours un endroit où règne la sûreté pour les musulmans et donc forcément un Dar al-amn selon cette compréhension ? Le Dar al Kufr est-il un monde totalement uniforme pour énoncer que les musulmans ont la liberté d’y professer publiquement leur foi ? Comment et selon quels critères juger alors de cette liberté ? On pourrait multiplier ce type de questions pour multiplier les contre-sens sans aboutir au résultat souhaité. Non. Si ces terminologies peuvent à la fois être utilisées pour l’un ou l’autre des territoires, leur pertinence linguistique est quasi nulle. Absolument rien ne peut remplacer de manière convaincante la distinction fondamentale entre Dar al-Islam et Dar al-Kufr. Sachant que ces deux mondes sont aussi traversés par de multiples réalités qui doivent être nuancées, en fonction des contextes politiques, géographiques et/ou régionaux. Mais quoiqu’il en soit cette dichotomie est la plus claire de toutes, en tout cas dans le cadre islamique…

2/ Deuxième méthode : le prétexte de la guerre et la terminologie pacifiste

L’autre méthode pour réfuter cette dichotomie est politiquement plus sournoise. Elle consiste à délégitimer (très implicitement) le concept de Dar al-Kufr car celui-ci renverrait automatiquement ou symboliquement au Dar al-Harb (domaine de la guerre). Ironiquement, ils réutilisent le plus souvent les mêmes arguments (inversés) que les orientalistes islamophobes (le comble pour ces individus qui, au départ, voulaient nous libérer de ces stéréotypes). C’est donc une espèce de honte coupable inconsciente qui est ici dévoilée.

L’orientalisme islamophobe énonce que le découpage politique du monde par le droit musulman entre le domaine de la paix et le domaine de la guerre démontre la vision guerrière et intolérante de l’Islam. Or, nos malheureux « réformistes » reprennent quasiment la même argumentation pour justifier leur nouvel ijtihad.

Dans notre monde régi par l’Organisation des Nations-Unies (basée sur la philosophie politique occidentale) qui a érigé la Paix et les Droits de l’homme en mesure de toute chose, les nouveaux penseurs et théoriciens de l’Islam se refusent d’utiliser le terme Dar al-Kufr qui renvoie selon eux au Dar al-Harb, c’est-à-dire aux terres à conquérir et aux populations non-musulmanes à convertir. Cela renverrait donc au jihad, aux croisades, à la violence et à tout ce champ lexical honni par l’humanisme et le pacifisme mondial. Encore une fois leurs esprits binaires et vulgarisateurs font l’impasse des vraies et profondes explications, car si le Dar al-Harb désigne automatiquement un Dar al-Kufr, tout Dar al-Kufr n’implique pas forcément d’être un Dar al-Harb réel dans lequel les actions militaires sont obligatoires ou légales pour les musulmans. Car ces actions militaires et son état de guerre, sont toujours laissés à l’appréciation des détenteurs d’autorité (wulat al-umûr) selon les intérêts (masâlih) de l’Islam et des musulmans (sauf cas de légitime défense ou nulle permission n’est requise pour se défendre des envahisseurs), autrement dit en fonction de l’état actuel des relations internationales.

Il y a même très souvent chez les anciens juristes une utilisation purement linguistique du terme Dar al-Harb comme simple synonyme de Dar al-Kufr sans que cela n’implique chez eux l’idée d’un véritable état de guerre, mais plutôt un état d’hostilité et d’opposition politique, ainsi qu’une distinction entre diverses sphères d’influences. « Hostilité », car justement il n’y a pas eu de conclusion d’accord de paix, de trêve et de relation de bon voisinage avec les autorités islamiques légales représentant le Dar al-Islam (une partie ou son tout avec le califat dans les théories classiques du droit international musulman). Il s’agit donc de l’exact contraire de ce que certains appellent un Dar al ‘ahd (traité), Dar al Sulh (conciliation) ou un Dar al Hudna (trêve), qui restent tous fondamentalement des Dar al-Kufr sans être dans la pratique réelle des Dar al-Harb, mais pouvant tous potentiellement le devenir en cas de bouleversement dans les relations politiques et diplomatiques.

Dès lors, même si on adopte ces terminologies : d’un côté Dar al-Islam, de l’autre un Dar al-Harb et un Dar al-‘Ahd, cela ne peut toujours pas remplacer la dichotomie fondamentale, car Dar al-Harb et Dar al-‘Ahd appartiennent toujours et tous deux au Dar al-Kufr…

Ainsi, l’idée de ne pas utiliser Dar al-Kufr du fait de son caractère prétendument « belliqueux et offensant » ou comme prélude, selon eux, à l’état de guerre, est complètement biaisée car le Dar al-Kufr est une qualification juridique d’un territoire qui ne présage en rien de la nature des relations politico-diplomatiques qu’entretient ce territoire avec le Dar al-Islam… Cette dichotomie islamique de l’espace mondiale veut simplement démontrer les limites d’influences respectives entre la civilisation islamique et les autres. Ces nouveaux intellectuels, juristes ou imams s’appuient donc sur une méthodologie complètement inversée : ils comprennent l’islam et ses théories au prisme du contexte actuel et des idéologies (occidentales) qui dominent ce contexte, mais ne cherchent absolument pas à comprendre ce contexte en se basant sur l’Islam et ses fondements (fahm al waqi’ bil islam wa layssa fahmu islam bil waqi’). Et c’est en se basant sur l’état actuel du monde et en considérant cette situation comme une « preuve par le fait », qu’ils ont voulu revenir sur la traditionnelle dichotomie, alors que tout leur prétendu « ijtihad », en sus de ne rien apporter et de ne pas être capable de remplacer l’ancienne avec une réelle pertinence, entraîne au contraire des effets extrêmement dangereux pour la réalité de l’Islam et son devenir comme nous allons le voir.

La destruction des frontières-barrières protectrices et Le mondialisme

Car en effet, notre monde actuel est  »mondialisé », les frontières économiques tendent à disparaître pour laisser place à la libre circulation des hommes, des marchandises et des capitaux, de même que les frontières politiques tendent elles aussi à être relativisées (mais jamais entre les pays musulmans, très bizarrement !). L’uniformisation des lois, des codes, des cultures et des valeurs au niveau de la planète menace l’humanité entière en créant un homme unique, pensant et vivant fondamentalement de la même manière, tout simplement déclinée en couleurs et langues différentes (le temps de mettre en place le clonage industriel, la langue unique et sa religion mondiale). L’idéologie mondialiste se sert de termes-propagande et de leurs effets comme la démocratie, les Droits de l’homme, l’économie de marché pour réduire l’homme à l’état d’esclave inconscient et heureux de l’être. Or, ces nouveaux penseurs et imams de l’égarement ont pris pour prétexte l’état actuel du monde pour détruire la vision islamique et traditionnelle de celui-ci. D’ailleurs ils procèdent toujours ainsi dans toutes les problématiques, ils donnent pertinence à la situation et font une fatwa qui valide le contexte sans chercher à modifier islamiquement ce contexte. C’est ainsi qu’ils font délibérément le jeu des forces les plus hostiles à l’islam en accélérant l’acceptation du processus mondialiste dans les consciences musulmanes : il n’y a pas ou plus besoin de Dar al-kufr ou Dar al-Islam, mais il y aura en réalité un unique Dar al-shahâda, al-amn, al-sulh, ad da’wa mondialisé dans la plus pure vision du New World Order. Puisqu’en parallèle, même le Dar al-Islam est vidé de sa plus juste définition par tous les courants islamiques (soumis au système) en lui cherchant une simple et petite définition minimaliste pour ne pas troubler l’ordre politique établi. Pourquoi ? Car islamiquement si nous revenons sur la définition de Dar al-Islam qui fait le consensus historique on remarque qu’il n’existe pratiquement pas…

C’est ainsi que chez certains (peut-être les plus risibles de tous) un Dar al islam est simplement devenu un domaine où l’appel à la prière (adhan) est public, intégrant de ce fait plusieurs villes/régions du monde anglo-saxon ou du monde asiatique (boudhisto-communiste) dans le Dar al-Islam… Et n’ayant toujours pas compris que cette condition est un indice dans la qualification juridique d’une terre et non la définition elle-même…

D’autres parmi les néo-réformistes, la conditionnent simplement à des exigences de sécurité et de tolérance pour les musulmans, pouvant donc faire de certains pays anglo-saxons, scandinaves ou même le Japon des contrées du Dar al-islam… Comment ne pas voir que ces fausses définitions sont de si belles aubaines pour l’état actuel du Monde ? Monde où tous les intérêts sont satisfaits au détriment de ceux de l’islam ! Finalement, ce refus d’accepter et de se soumettre à la vision islamique traditionnelle du Dar al-Islam et Dar al-Kufr, en comprenant la réalité de leurs vraies significations, ne peut être qu’une preuve de l’acceptation du projet mondialiste et du triomphe de sa vision, que cela soit conscient ou non. Plus de Dar al-Islam ni de Dar al-Kufr pour mettre en place un Dar al Insanniya uniforme (domaine de l’humanité), pour un être humain uniformisé vivant sous un même et unique ordre politico-culturel : dans la plus pure vision fantasmée du projet mondialiste.

D’ailleurs remarquons maintenant comment la terminologie musulmane Dar al-Islam et Dar al-Kufr protège de fait le  »non-islam » : elle lui accorde un droit d’existence car elle reconnaît par pragmatisme que sur Terre, il peut y avoir une terre non-islamique mais elle reconnaît cette possibilité (bien qu’elle réprouve le kufr sur le plan philosophique), et c’est déjà en soi un principe de reconnaissance mutuelle totalement différent de la pensée mondialiste. Cela de la même manière qu’à l’intérieur d’un véritable Etat islamique, les minorités religieuses non-musulmanes ont le droit de vivre décemment, en sécurité et selon leurs croyances et leurs rites. La liberté et la tolérance issues de cette dichotomie en politique internationale, rejoignent la liberté et la tolérance de la distinction ahlul islam/ahlul dhimma au sein même d’un Etat/société musulmane.

Ne pas reconnaître la validité de ces principes (dar al-islam et dar al-kufr) c’est valider finalement le totalitarisme mondialiste qui cherche à effacer toutes sortes de délimitation, de distinction, et de particularité quelle soit issue de l’islam ou non.

Aïssam Aït-Yahya

Source : Nawa Editions

IslamRéinfo TV : Jean-Michel Vernochet et le Wahhabisme : Entre ignorance et incompétence ! [1/2]

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Jean-Michel Vernochet se présente et est présenté par la « dissidence » française comme un expert du Wahhabisme. Or, il s’agit d’un ignorant et un manipulateur dont le livre est truffé d’erreurs. La présente vidéo a pour but de démontrer l’imposture de se personnage.

IslamRéinfo TV : Mohammed Bajrafil, Le Mourjite Dévoilé !

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Dans sa vidéo intitulée « Daesh qui impose ou être Murji’a ? », Mohammed Bajrafil avoue être un mourjite et fait croire à son auditoire que le mourjisme est la voie du juste milieu alors qu’il s’agit d’une secte qui prône le laxiste et qui est extrêmement dangereuse. Cette vidéo est une réponses aux mensonges propagés par Mohammed Bajrafil.

Anâ-Muslim : L’islamophobie : Une anomalie ou une norme divine ?

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L’islamophobie : Une anomalie ou une norme divine ?

J’écris ces quelques lignes dans la hâte. Vous m’excuserez donc, par avance, pour mes approximations et la breveté du sujet. Un article dans l’urgence, disais-je, au vue de la masse d’actualité qui nous submergent actuellement et en vue surtout de corriger une conception erronée assez courante dans l’esprit de beaucoup de mes frères et sœurs dans la foi.

Cette conception est celle de l’islamophobie ambiante dans notre lieu de résidence en France que nous ne définirons pas comme « la peur » de l’Islam (comme le mot « phobie » pourrait le laisser croire) mais plutôt comme une haine farouche de notre religion. Les musulmans semblent, dans leur grande majorité, ébahis, choqués, étonnés voir complètement chamboulés par cette « dérive » instrumentalisée par les plus hautes sphères de l’État.

Ce sentiment d’étonnement heurte leurs sensibilités. Ainsi dans la violence des paroles, des actes et des faits prises contre leurs foi, cette tension anti-musulmane nous poussent souvent à des conceptions souvent fausses et loin de la réalité du conditionnement voulu par le Seigneur des Mondes.

Cet écrit consistera donc, avec l’aide d’Allah, à comprendre le pourquoi de cet acharnement selon les enseignements coraniques et à percevoir, avec une vision islamique, ses réelles significations.

 

I –  Les atteintes contre l’Islam et ses partisans : Un acharnement coutumier

A notre époque mondialisée où l’idéologie moderniste a pris l’ascendant sur toute autre idéologie, la conception de la majorité de ceux qui vivent  sous ces systèmes de pensées – parmi les populations musulmanes – ont ingurgités des conceptions et théories souvent contraire à l’enseignement islamique.

Les théories du « vivre-ensemble » , du « multiculturalisme » , de « citoyen » , « d’assimilation » modelée sous une république « indivisible »   furent tellement martelés dans les esprits qu’elles en sont devenus une norme indiscutable pour le plus commun des musulmans qui n’oseraient, au grand jamais, remettre en cause ces hérésies laïcardes. Le voilà donc en proie à l’effroi et à la stupeur lorsqu’on le marginalise à cause de sa pratique religieuse et qu’on restreint ces droits les plus élémentaires à coup de lois et de décrets au noms de ces mêmes théories.

En effet plus l’islam devient visible et pratiqué en masse dans nos villes, plus l’autorité s’acharne sur ses fidèles. Plus l’islam devient prédominant sur nos terres et prend le pas militairement contre les troupes criminels étrangères, plus l’autorité s’acharne encore plus farouchement sur sa faible population musulmane sur son sol. Pourquoi cela ?

Et si au lieu de chercher à définir ces comportements à l’aide des théories modernistes, résultat de notre propre oppression, nous ne chercherions pas plutôt à définir cela par les enseignements issue de notre propre corpus théologique ?

Comment furent traité les Prophètes et Messagers d’Allah par leurs propres peuples et sur leurs propres terres ? Comment furent accueilli leurs messages ? Comment ont-ils réagis face à cet accueil ? Quelle norme fut toujours en vigueur pour les croyants et les prédicateurs face à la masse des gens et face aux autorités en place ?

Le livre d’Allah et la tradition prophétique répondent, avec une clarté éblouissante, à toute ces questions et nous apportent donc une définition toute particulière de « l’islamophobie » ambiante aux antipodes des réactions abasourdis que nous constatons actuellement.

 

Nul n’est venu avec ce message sans être pris pour ennemi *

Allah, ‘azza wa jal, dit dans Son noble livre :

« Est-ce que les gens pensent qu’on les laissera dire: « Nous croyons ! » sans les éprouver ? Certes, Nous avons éprouvé ceux qui ont vécu avant eux; (Ainsi) Allah connaît ceux qui disent la vérité et ceux qui mentent. » Sourate 29 al ‘Ankaboût

Notre seigneur nous informe de la norme intemporel qui résulte de l’adhérence à l’islam. Est-ce que l’homme pense qu’il suffira d’une simple parole disant :  « Je crois en Allah, en Ses prophètes, en Ses anges, en Ses livres, au jour des comptes et au destin bon ou mauvais » sans qu’il ne soit par la suite éprouvé dans sa sincérité, sa conviction et sa véracité à cette parole ?

Allah, Exalté soit-Il, nous informe, justement, que non ! L’homme croyant et sincère sera constamment éprouvé pour sa croyance et sa foi.

C’est une coutume normative, voulue par Lui, pour Ses serviteurs et en premier lieu Ses messagers. En effet, l’ultime messager d’Allah, Muhammad – ‘alayhi salatu wa salâm – nous confirme :

« Les gens les plus éprouvés sont les prophètes puis ceux qui leur succèdent en degré. L’homme est éprouvé selon le degré de sa piété. Si sa foi est solide, son épreuve est encore plus dure, et si sa foi n’est pas solide, il sera éprouvé selon le degré de sa foi. Le croyant ne cesse d’être éprouvé jusqu’à ce qu’il marche sur terre lavé de toute faute » [1]

Louange à Allah, voilà une parole claire sans inclinaison à quelques interprétation évasive que ce soit. L’épreuve et l’endurance est une réalité pour le musulman ce proportionnellement au degré de sa foi.

Aucun prophètes, aucun croyant, aucune croyante, n’échappe à cela et contrairement à une idée répandue ceci n’arrive pas uniquement à ceux qui prêche à l’adoration d’Allah seul mais cette épreuve arrive aussi à ceux qui professent simplement,  par leurs bouches et leurs actes, une adhérence à la religion d’Allah l’Unique sans associé.

Le simple fait d’affirmer voir simplement de se conformer aux décrets du Seigneurs de l’univers, dans un environnement hostile où les lois, les racines historiques et les mœurs sont à l’opposé de la nature saine dont Allah a doté les hommes,  sera perçu comme une offense qui justifieront les pires insultes, les bannissements, les crachats, les tortures et les épreuves. C’est un conditionnement immuable et permanent.

Les prophètes et leurs partisans : Des exemples à méditer

Les preuves coraniques et prophétiques abondent dans ce sens. Ainsi afin que notre foi et notre conception soit en adéquation avec les coutumes voulue par Allah, méditons un instant sur les versets et les traditions issue de nos propres sources ( le Coran et la sunnah ). Débutons par le premier des envoyés d’Allah, selon les érudits, Nouh – ‘alayhi salâm :

« Le peuple de Nouh traita de menteurs les Messagers, lorsque Nouh, leur frère, leur dit : « Ne craindrez-vous pas (Allah) ? Je suis pour vous un messager digne de confiance. Craignez Allah donc et obéissez-moi. Et je ne vous demande pas de salaire pour cela; mon salaire n’incombe qu’au Seigneur de l’univers. Craignez Allah donc, et obéissez-moi » » Sourate 26 Ash-Shou’ara

Quelle fut donc la réponse de son peuple face à sa simple exhortation sage et endurante  ?

« Ils dirent: « Si tu ne cesses pas, Nouh, tu seras certainement du nombre des lapidés ! » » Sourate Ash-Shou’ara

Le commentateur du Qur’ân et historien, ibn Kathir, nous explique : « Le Coran relate dans ces Versets que Nouh les appela au chemin d’Allah avec différents moyens, jour et nuit, en public et séparément. Mais aucun moyen n’a réussi. Ils continuèrent dans leur erreur, dans leur déviation et dans l’adoration des idoles. Ils traitèrent Nouh et ses partisans comme étant des ennemis et avec un intense mépris. Ils les menacèrent de les lapider et de les expulser de leur ville. » [2]

Ainsi fut la situation du premier des envoyés d’Allah avant que le Tout-Miséricordieux ne fasse venir Son ordre. Passons maintenant directement au prophète Ibrâhim – l’ami intime d’Allah – :

« Et mentionne dans le Livre, Abraham ! C’était un très véridique et un Prophète. Lorsqu’il dit à son père : « Ô mon père, pourquoi adores-tu ce qui n’entend ni ne voit, et ne te profite en rien ? Ô mon père, il m’est venu de la science ce que tu n’as pas reçu ; suis-moi donc, je te guiderai sur une voie droite. Ô mon père, n’adore pas le Diable, car le Diable désobéit au Tout Miséricordieux. Ô mon père, je crains qu’un châtiment venant du Tout Miséricordieux ne te touche et que tu ne deviennes un allié du Diable ». » Sourate 19 Maryam

Quel fut alors la réponse cinglante du père à son propre fils après cette simple parole de la langue ? :

« Si tu ne cesses pas, certes je te lapiderai, éloigne-toi de moi pour bien longtemps ». » Sourate 19 Maryam

Ainsi furent les réponses du père à son fils, du peuple à son propre frère, mais afin que cette conception soit encore plus claire à nos yeux, finissons par les situations des Prophètes Moussa et ‘Issah face à leurs opposants :

« Allez vers Pharaon : il s’ est vraiment rebellé. Puis, parlez- lui gentiment. Peut-être se rappellera-t- il ou (Me) craindra-t-il ? Ils dirent: « Ô notre Seigneur, nous craignons qu’ il ne nous maltraite indûment, ou qu’ il dépasse les limites ». Il dit: « Ne craignez rien. Je suis avec vous : J’entends et Je vois. Allez donc chez lui; puis, dites- lui: « Nous sommes tous deux, les messagers de ton Seigneur. Envoie donc les Enfants d’Israël en notre compagnie et ne les châtie plus. Nous sommes venus à toi avec une preuve de la part de ton Seigneur. Et que la paix soit sur quiconque suit le droit chemin ! » Sourate 20 Tâ-Hâ

Face à cet appel certes l’ordre d’Allah ne diffère guère ainsi la réaction de Pharaon fut sans étonnement :

« Puis, quand il leur eut apporté la vérité venant de Nous ils dirent : « Tuez les fils de ceux qui ont cru avec lui, et laissez leurs femmes ». Et les ruses des mécréants ne vont qu’en pure perte. Et Pharaon dit : « Laissez-moi tuer Moïse. Et qu’il appelle son Seigneur! Je crains qu’il ne change votre religion ou qu’il ne fasse apparaître la corruption sur terre ». » Sourate 40 Al Ghafir

Et cela vient confirmer nos propos précédent affirmant que ce ne sont pas seulement les prédicateurs appelant à Allah qui sont éprouvés mais aussi toutes personnes adhérant à l’appel de ce même prédicateur. Pourquoi cela ? La réponse est ici assez explicite : « Je crains qu’il ne change votre religion ou qu’il ne fasse apparaître la corruption sur terre ».

Comprenez donc que cet acharnement est dû également à la crainte de l’oppresseur de voir son système affaibli, ralenti, mis en échec par la résistance perpétuelle du croyant face à leur emprise idéologie. Cette résistance n’est que tout simplement la foi en Allah, ‘azza wa jal, et en Ses commandements.

Pour conclure l’exemple de nos prédécesseurs,  peut-on faire l’impasse sur la vie de notre modèle à tous, la meilleure des créatures et miséricorde pour l’univers entier, le Prophète Muhammad – Salâllahu ‘alayhi wa salâm – ? Sa sirah (Voie/Biographie) n’est-elle pas semé d’embûche, d’épreuve et de douleur de la part de son propre peuple au point où son disciple ‘Abdullah ibn Mas’ud affirma -en rappelant la situation du Prophète ‘Issa (Jésus) – :

« Il me semble encore voir le Messager d’Allah agissant comme l’un des Prophètes (Jésus) qui fut frappé à sang par son peuple cependant qu’il ne cessait d’essuyer le sang de son visage en disant : « Seigneur Allah! Absous mon peuple car il ne sait pas »». [3]

Les persécutions des Quraishites sur le Prophète – ‘alayhi salat wa salâm – et sur ceux qui crurent en son message sont des faits connus de tous. Les atteintes contre Bilâl, Sumayyah, Abu Bakr, Abu Fakiha, ‘Amir bin Fihayra, Yassir et sa famille – qu’Allah les agréent tous – ne nous sont-elles pas parvenue ?

Les brimades incessantes contre le Messager d’Allah tels les insultes, l’embargo contre sa tribu, sa visite à Ta’if, l’épisode des entrailles de chameau, les agressions… Toutes ces atteintes nous font-elles déjà défaut dans nos mémoires ? Au point où Allah, ‘azza wa jal,  a stipulé dans Son livre :

« Endure ! Ton endurance [ne viendra] qu’avec (l’aide) d’Allah. Ne t’afflige pas pour eux. Et ne sois pas angoissé à cause de leurs complots » Sourate 16 An-Nahl

Cette persécution fut si intense que les compagnons vinrent voir le Prophète et se plaignirent de la sorte :

« Nous nous plaignîmes un jour auprès du Messager d’Allah alors qu’il était allongé à l’ombre de la Ka’ba, la tête appuyée sur son manteau. Nous dîmes : « Que n’appelles-tu pour nous le secours d’Allah ? Que ne pries-tu pour nous ? »

Méditez mes frères et sœurs ! La brutalité des épreuves furent si violente pour les disciples du Prophète qu’ils en vinrent à se questionner sur l’ordre du secours d’Allah ! Et la réponse du Messager d’Allah – Salâllahu ‘alayhi wa salâm – fut une leçon et une prophétie valable pour toute la communauté :

« Parmi ceux qui vivaient avant vous, on prenait l’un d’eux, on lui creusait un trou et on l’y mettait. On apportait ensuite une scie qu’on lui plaçait sur la tête qu’on sciait ainsi en deux morceaux. Ou bien on passait sur sa tête un peigne de fer jusqu’à lui arracher ce qu’il y avait au dessous de sa chair et de ses os. Ce n’arrivait pourtant pas à lui renier sa foi. Par Allah, Allah accomplira cette chose ( l’Islam ) jusqu’à ce que le voyageur aille sur sa monture de San’a à Hadramawt ( deux villes du Yémen ) ne craignant qu’Allah ou le loup pour ses troupeaux ». [4]

Ainsi sont les préceptes voulu par notre Créateur pour Ses envoyés et Ses fidèles serviteurs. Que conclure – au delà de tout ces exemples – ? Que l’islamophobie telle que nous le subissons actuellement ( et tel que nous le constatons dans le monde entier ) est une anomalie, une tare anormale indigne d’une société moderne ?

Ou bien que ceci est une norme instaurée par le Tout-Miséricordieux sur chaque tribus, chaque groupe d’humain, chaque prédicateurs, chaque croyant et croyante manifestant publiquement leur foi et vivant , en situation de faiblesse, dans un environnement hostile où l’homme est divinisé à la place de Son propre créateur ?

« Pensez-vous entrer au Paradis alors que vous n’avez pas encore subi des épreuves semblables à celles que subirent ceux qui vécurent avant vous ? Misère et maladie les avaient touchés; et ils furent secoués jusqu’à ce que le Messager, et avec lui, ceux qui avaient cru, se fussent écriés : « Quand viendra le secours d’Allah ? » – Quoi ! Le secours d’Allah est sûrement proche. » Sourate 2 Al Baqarah

II – Quelle réaction face à l’Islamophobie ?

Encore une fois il convient  de revenir à nos sources afin de prendre exemple et de méditer sur les réactions de nos modèles de patience et de fermeté afin de savoir comment nous comportez face au flot de haine et d’injustice dont les musulmans sont les cibles de nos jours.

A l’heure où nous remarquons nombre de réactions douteuses qui souvent augmente le mal plus qu’il ne le restreint, où nous voyons nombre de personne prendre comme arme de défense, l’arme même qu’utilise  l’opposant pour l’opprimer lui et sa communauté ceci sans revenir à l’exemple de nos ancêtres pieux.

Il est alors, d’autant plus primordial, de nous replonger dans les récits que nous ont gratifiés Allah et Son messager – ‘alayhi salatu wa salâm – afin de corriger nos réactions et de nous cramponnez à leurs exemples face aux persécutions.

Aussi je tiens à attirer l’attention sur la différence entre « réaction » et « solution » ceci afin que personne ne confonde ces deux termes.

Des ébauches de solution à notre contexte actuel furent déjà émises dans plusieurs de nos écrits précédents. Nous ne cherchons ici qu’à mettre en lumière les consignes d’Allah pour notre situation ainsi que les réactions et les comportements de nos prédécesseurs dans la foi qui diffèrent nettement des attitudes que nous voyons de certains aujourd’hui.

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La patience et la fermeté sur la religion d’Allah face à l’oppression

« Celui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver (et de savoir) qui de vous est le meilleur en oeuvre, et c’est Lui le Puissant, le Pardonneur. » Sourate 67 Al Moulk

Nous avons vu précédemment que l’épreuve du croyant est un conditionnement ordonné par Allah et non la difformité d’une société à l’idéologie impie. Par ce verset, Allah, ‘azza wa jal, nous informe également de la sagesse qui émane derrière cet ordre :  « de savoir qui de vous est le meilleur en œuvre ».

Ainsi notre Seigneur nous éprouve afin de purifier notre sincérité et notre engagement à Sa religion. Notre comportement face aux persécution, même les plus intenses, se caractérise donc par une fermeté plus forte et une adhésion complète aux décrets islamiques.

Cherchez à stopper l’acharnement des opposants contre les musulmans par des procédés étrangers à notre dîn voir tout simplement cherchez à éteindre leurs oppressions sur nous alors que nous sommes en minorité sur leurs propres terres est vain et les récits de nos prédécesseurs dans la foi  nous le montre parfaitement. et comme fut véridique, ‘Omar al-Faruq, lorsqu’il dit :

« Nous sommes un peuple qu’Allah a rendu puissant avec l’islam et dès que nous cherchons cette puissance avec autre chose que l’Islam, Allah nous avilit »

Et cette parole est confirmé par celle du Messager d’Allah – ‘alayhi salatu wa salâm – : « Lorsque vous pratiquerez « Al ‘Îna », suivrez la queue des vaches, vous contenterez de [vos] cultures, et délaisserez le Jihad, Allah fera s’abattre sur vous une humiliation qu’Il n’ôtera que lorsque vous retournerez à votre religion » [5]

C’est ainsi que le mal devient plus grand encore que l’épreuve en elle-même car c’est en cherchant à y mettre fin par des procédés éloignés de notre religion voir en délaissant les recommandations islamiques  par des issues provenant d’éléments externes à la législation divine que notre épreuve devient un avilissement.

La réaction réside donc dans la fermeté sur sa religion et l’endurance dans les œuvres pieuses afin qu’Allah soit satisfait de notre sincérité et nous apporte Son secours.

« Très certainement, nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants » Sourate 2 Al Baqarah

Nous avons un exemple merveilleux dans l’envoyé d’Allah lorsque la persécution à Makkah atteint son paroxysme, son oncle – Abu Tâlib – vient à lui pour lui demander de délaisser sa prêche à l’Islam afin d’atténuer l’oppression de son peuple, sa réaction fut celle de la fermeté et de l’endurance sur la voie de la vérité :

« Je jure par Allah, Ô mon oncle ! que s’ils mettent le soleil dans ma main droite et la lune dans ma main gauche pour que j’abandonne cela (appeler les gens à l’islam), je ne cesserai jamais jusqu’à ce qu’Allah fasse triompher l’islam ou que je périsse en le défendant. » [6]

Ainsi nous comprenons par ces illustrations que notre réaction face aux épreuves sont donc celle de l’affermissement sur la vérité (l’Islam) et l’endurance sur cela avec intransigeance et sans inclinaison vers des issues incertaines nous éloignant de cette voie, comme nous l’explique, brillamment, le grand imâm ibn-ul Qayyim :

« La religion est construite sur deux assises : La vérité et l’endurance. Et elles sont toutes deux rappelées dans la parole du très haut: « S’enjoignent mutuellement la vérité et s’enjoignent mutuellement l’endurance ».

Et nous avons compris dans ce qui a précédé, que la vérité est le contraire du faux, et c’est la certitude qui efface l’ignorance et les équivoques. Et l’endurance est le deuxième fondement, qui permet la guérison de (la suivie) des passions…» [7]

Que devons-nous conclure par toute ces illustrations ?

La fermeté et la patience sur la vérité face à l’oppression sont donc aussi une norme islamique, nos réactions doivent prendre cette directive en mot d’ordre car c’est ainsi que vient la promesse d’Allah et la délivrance comme le mentionne nos récits et nos sources. Méditons ainsi sur ce dernier passage d’une tradition prophétique mentionnant l’histoire d’un jeune homme et de son roi tyrannique dont la fin est édifiante :

« […] Il dit alors au roi : « Jamais tu ne pourras me tuer si tu ne fais pas ce que je vais t’ordonner de faire ».

« M’ordonner quoi ? » demanda le roi.

« Tu rassembles ton peuple sur un même plateau puis tu me crucifies sur le tronc d’un palmier. Tu prends alors une flèche de mon carquois, tu places la flèche au milieu de la corde de l’arc et tu dis : « Au nom d’Allah, Seigneur et Maître de ce jeune homme », tu me tires alors la flèche et, si tu fais tout cela, tu me tueras sûrement ».

Il rassembla donc les gens sur un même plateau, crucifia le jeune homme sur le tronc d’un palmier, prit une flèche de son carquois et la plaça au milieu de la corde de l’arc.

Puis il dit : « Au nom d’Allah, Seigneur et Maître du jeune homme ! ».

Il tira alors la flèche qui alla se planter dans sa tempe. Le jeune homme porta la main à sa tempe et mourut sur le coup.

Les gens dirent alors : « Nous croyons au Seigneur et Maître du jeune homme ».

On vint dire au roi : « Que dis-tu de ce que tu craignais ? Par Allah, te voilà donc atteint de l’objet de ta crainte et voilà que ton peuple a cru à Allah ».

Il ordonna de creuser des fossés à l’entrée de chaque route. On les creusa et on y alluma le feu.

Le roi dit : « Jetez-y tous ceux qui ne veulent pas renier leur foi ».

C’est ce qu’ils firent jusqu’à ce que vînt une femme avec son petit. Elle eut peur et refusa de se jeter dans le feu. Son enfant lui dit : « Mère ! Patiente car tu es sur la juste voie »[8]

 

Louange à Allah, tout ce que nous venons de mentionner auparavant se retrouve dans ce gigantesque récit ! La peur du tyran d’une propagation de la foi parmi son peuple mettant en péril son autorité, La persécution du prêcheur, La fermeté sur la vérité face à la tyrannie, l’ordre venu d’Allah par l’adhésion de ce même peuple à Sa religion et l’endurance sur cette vérité.

Méditons quelques secondes mes frères et sœurs. Dans tous les exemples que nous venons de citer, nos modèles dans la foi ont-ils chercher à stoppez les persécution en utilisant les lois des opposants et son système ? Ont-ils cherchez à éteindre ces injustices par des slogans issue des théories de leurs propres oppresseurs ?

Ont-ils cherchez à justifier cette oppression par « les tares d’une société malade » ? Comme nous l’entendons nuit et jour. Non par Allah ! Plutôt ils ont patientés, endurés, œuvrés , raffermis sur la vérité,  sur la prêche à l’islam et sa totale pratique, sans aucune inclinaison vers des procédés issue du système de l’oppresseur, ce jusqu’à ce que vienne le secours de leur Seigneur, comme Il le mentionne dans Son livre :

« Allah a promis à ceux d’entre vous qui ont cru et fait de bonnes œuvres, qu’Il leur donnerait la succession sur terre comme Il l’a donnée à ceux qui les ont précédés. Il donnerait force et suprématie à leur religion qu’Il agrée pour eux. Il leur changerait leur ancienne peur en sécurité.

Ils m’adorent et ne m’associent rien et celui qui mécroit part la suite, ceux là sont les pervers. Accomplissez la prière, acquittez l’aumône prescrite et obéissez au messager, afin que vous ayez la miséricorde. Ne pense point que ceux qui ne croient pas puissent s’opposer à l’autorité d’Allah sur terre. Le feu sera leur refuge . Quelle mauvaise destination. » Sourate 24 An-Nur

Abû Ismâ’îl al-Hindî

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* : Ceci fut les propos de Waraqa Ibn Nawfal, l’oncle de Khadija, à notre prophète [saws] dans un hadith rapporté par al-Bukhârî

 

[1] Rapporté par Al-Tirmidhi, Ibn-Mâjah, Ibn Hibbân, Al-Hâkim et Ahmad avec une chaîne de transmission authentique.

[2] Extrait de l’ouvrage : »Histoire des Prophètes » d’Ibn Kathir

[3] Hadith reconnu unanimement authentique

[4] Rapporté par al-Bukhârî

[5] Rapporté par Ahmad & Abu Dâwud

[6] Ibn Hisham  « Al-Serah Al-Nabaweyyah« , vol. 1, pp. 265-266

[7] Extrait de son ouvrage  » I’lâm-ul muwaqi’in  »

[8] Rapporté par Muslim