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Ibn Taymiyya : La mauvaise définition du Tawhid chez les rationalistes et les soufis qui s’affilient à l’Islam !

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3156064630_1_6_QfSRQOrQ« Le mot « dieu » ne désigne pas « celui qui possède la puissance créatrice » comme le pensent à tort les théologiens rationalistes. Ils considèrent que la déité n’est autre qu’une capacité de création, et qu’en conséquence celui qui reconnaît à Allah seul cette capacité a bien attesté « qu’il n’est d’autre dieu qu’Allah ». Pourtant, les polythéistes reconnaissaient parfaitement cela et demeuraient polythéistes. En réalité, la vraie définition fr « Dieu » est celui qui mérite d’être adoré : il est ilâh (divinité) dans le sens de malûh (celui qui est adoré). « Il n’est d’autres dieu » signifie que rien d’autre n’est digne de recevoir un culte. Le Tawhid signifie donc qu’Allah doit être adoré seul et sans associé, et le polythéisme consiste à reconnaître d’autres divinités qu’Allah. On comprend alors que ce que ces théologiens appellent [tawhid] se limite chez les tendance qui ont foi au Destin et qui s’affilient à la Sunna, à « l’unicité régalienne » (tawhid ar-rububiyya) qui considère qu’Allah est le Souverain de toute chose. Les polythéistes attestaient de cette forme d’unicité tout en demeurant païens. 

Il en est de même pour les groupes se réclamant du soufisme qui invoquent initiation, gnose et unicité de l’être : la définition du tawhid chez eux se limite à contempler l ‘unicité divine, à témoigner qu’Allah est le Souverain de toute, Roi et Créateur. Ils disent que l’initié (‘ârif) disparaît de l’existence avec l’Existant, de la contemplation avec le Contemplé, du connu avec la Connaissance, et qu’ils atteignent ainsi l’extinction (fanâ) dans l’unicité régalienne, en s’éteignant dans l’Essence de l’Éternel. Or, il est évident qu’il s’agit encore une fois du tawhid que les païens reconnaissent sans pour autant devenir musulmans, « dévots » (walî) et encore moins appartenir à l’élite des saints. Une autre tendance soufie initiatique définit ainsi le Tawhid tout en reconnaissant les attributs divins. Ils disent s’éteindre dans l’unicité régalienne tout en reconnaissant que le Créateur du monde est bien distinct des êtres crées. D’autres en revanche appliquent [l’unicité régalienne] en reniant les attributs divins et commettent ainsi une forme d’abstractionnisme, tombant dans un excès pire que beaucoup de païens. »

[Ibn Taymiyya – La Lettre Palmyrienne – Éditions Nawa – Pages 198 et 199]

Ibn Taymiyya : Tous les Prophètes étaient musulmans, de Adam à Mohammed (Aleyhim Salam) !

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Sans_titre_11« Il [Allah] ordonna donc aux Messagers d’instituer la Religion et de ne point diverger. c’est pour cela que le prophète (SalaLlahou Aleyhi wa Salam) a dit dans le hadith authentique :

« Tous les prophètes appartiennent à une seule religion. Les prophètes sont des frères de mères différentes. Et il n’est pas d’homme plus digne que moi de se réclamer du fils de marie car il n’y a entre lui et moi aucun prophète.«  [Rapporté par al-Boukhari et Mouslim]

Cette religion n’est autre que l’Islam [soumission à Allah], car Allah n’agrée nul autre culte que l’Islam depuis les premières générations d’humains jusqu’aux dernières. Tous les prophètes professaient donc l’Islam. Allah a dit au sujet de Noé :

« Raconte-leur l’histoire de Noé lorsqu’il dit à son peuple : «Ô mon peuple ! S’il vous est pénible de me voir parmi vous et de m’entendre vous rappeler les signes de Dieu, c’est à Dieu que je m’en remets. Mettez-vous alors d’accord avec vos associés , étalez vos desseins au grand jour et prenez votre décision à mon sujet sans plus attendre ! Si vous tournez le dos à la foi, sachez que je ne vous réclame aucun salaire, car mon salaire n’incombe qu’à Dieu. Il m’a été ordonné d’être soumis à Sa volonté [muslimûn = musulman = soumis à la volonté d’Allah].«  [Coran, Sourate 10 versets 71 et 72]

Il dit au sujet d’Abraham :

« Mais qui donc se détournera, à moins d’être un esprit insensé, du culte d’Abraham ? Cet apôtre que Nous avons élu en ce monde, et qui siégera parmi les justes dans la vie future, Abraham auquel Allah a dit : «Soumets-toi !», et qui aussitôt répondit : «Je me soumets au Maître de l’Univers !» Abraham qui fit cette recommandation à ses enfants, suivi en cela par Jacob : «Ô mes enfants ! Allah a choisi pour vous cette religion. Que votre soumission à Allah [muslimûn] soit totale et entière jusqu’à votre mort ! »  [Coran, Sourate 2 versets 130 à 132]

Puis au sujet de Moïse :

« Ô mon peuple, dit Moïse, si vous croyez en Allah, mettez votre confiance en Lui, en tant que peuple soumis [muslimûn] à leur Seigneur. »  [Coran, Sourate 10 verset 84]

Puis au sujet du Christ (al-Masih) :

 » Et lorsque J’ai révélé aux Apôtres : “Croyez en Moi et en Mon Envoyé !”, ils répondirent : “Nous y croyons, et Tu es Témoin que nous sommes entièrement soumis [muslimûn].”  » [Coran, Sourate 5 verset 111]

Ainsi qu’au sujet des prophètes antérieurs :

« En vérité, Nous avons révélé la Torah comme guide et comme lumière, par lequel gouverne les Prophètes soumis [aslamû = Islam = soumis à la volonté d’Allah] à la volonté d’Allah.«  [Coran, Sourate 5 verset 44]

Enfin au sujet de Balqîs :

 » «Seigneur, dit-elle, je me suis fait du tort à moi-même , et avec Salomon, je me soumets [Aslamtu] à Allah, le Maître de l’Univers.» » [Coran, Sourate 27 verset 44]

[Le Lettre Palmyrienne de Ibn Taymiyya – Edition Nawa – Pages 183 et 184]

 

Shaykh Salih Ibn Fawzan : Ne peut être musulman celui qui n’accomplit pas les cinq piliers de l’Islam !

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« Le musulman est celui qui atteste qu’il n’y a de divinité digne d’adoration, si ce n’est Allah et que Mohammed (Sala Llahou Aleyhi wa Salam) est le Messager d’Allah. Cependant, il faut agir après les deux attestations de foi : accomplir la prière, s’acquitter de la zakat, accomplir le jeûne et accomplir le Pèlerinage à la Maison (Kaaba) si l’on en est capable. Il faut agir. »

[Sharh As-Sunnah (L’explication de la Sunnah) de l’imam Al-Hasan Ibn ‘Ali Al-Barbahari, expliqué par Shaykh Salih Ibn Fawzan Al-Fawzan, Éditions Al-Bayyinah, Tome 1, Page 349]

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Croire que l’attestation de foi seule permet de devenir musulman est une croyance qui provient de la secte des Murji’ah :

« Les Murji’ah disent que les péchés ne causent pas de tort à la foi, tant que la personne croit dans son cœur, nul péché ne lui nuira. Même si elle abandonne tous les actes et accomplit rien, il s’agira d’un croyant, à la foi complète ! »

[Sharh As-Sunnah (L’explication de la Sunnah) de l’imam Al-Hasan Ibn ‘Ali Al-Barbahari, expliqué par Shaykh Salih Ibn Fawzan Al-Fawzan, Éditions Al-Bayyinah, Tome 1, Page 313]

 

Shaykh Salih Ibn Fawzan : Définition de la religion [dîn] d’Allah et la religion [dîn] du Tâghoût !

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????????????????????????????????????????????????????????????????????????????La religion vint d’Allah. Il – Exalté soit-Il – est Celui qui la légiféra. Nul n’a le droit de légiférer une religion qu’Allah n’a pas permise. Allah le Très Haut dit :

« Ou bien auraient-ils des associer [à Allah] qui auraient établi pour eux des lois religieuses qu’Allah n’a jamais permises ? » [Sourate 42, verset 21]

Ceci est une désapprobation et une mise en garde. La religion est donc ce qu’Allah a légiféré et transmis par Son Messager (Sala Lahou Aleyhi wa Salam). C’est elle la religion à propos de laquelle Allah (le Puissant et Majestueux) a dit :

« Il vous a légiféré en matière de religion, ce dont il avait enjoint à Nouh, ce que Nous t’avons révélé, ainsi ce que nous avons enjoint à Ibrahim, à Moussa et à ‘Issa : « Établissez la religion; et n’en faites pas un sujet de division. » [Sourate 42, verset 13]

Il s’agit de la shari’a (législation) de tous les prophètes, et ces cinq messagers doués de ferme résolution en particulier. Ceci est leur religion. Donc quiconque s’y oppose ou en diverge sera détruit et se sera égaré. Elle est basée que l’Unicité d’Allah (l’Exalté et Majestueux), l’abandon de l’adoration d’autres en dehors de Lui, se limiter à ce qu’Allah (l’Exalté et Majestueux) a légiféré et s’abstenir de ce qu’Il a interdit. Voilà ce qu’est la religion.

La religion n’est pas ce que les hommes jugent ou considèrent bon. Ceci n’est pas la religion d’Allah Il s’agit plutôt de la religion de ceux qui l’ont innovée. Quant à la religion d’Allah (l’Exalté et Majestueux), il s’agit de ce qu’Allah a légiféré. Mais ce que les hommes jugent bon selon leur opinion n’est pas la religion d’Allah. Cela ne sera que la religion que de ceux qui la considère comme telle. Donc nulle part de la religion ne devrait être attribuée à Allah, si ce n’est ce qu’Il a révélé par l’intermédiaire de Son Messager (Sala Lahou Aleyhi wa Salam). Et ce que tout autre que Lui a légiféré ne peut-être attribué à Allah. Cela ne sera attribué qu’à celui qui l’aura légiféré, et Allah en est exempt. Allah le Très Haut dit :

« Ou bien auraient-ils des associer [à Allah] qui auraient établi pour eux des lois religieuses qu’Allah n’a jamais permises ? » [Sourate 42, verset 21]

Source : Sharh As-Sunnah (L’explication de la Sunnah) de l’imam Al-Hasan Ibn ‘Ali Al-Barbahari, expliqué par Shaykh Salih Ibn Fawzan Al-Fawzan, Éditions Al-Bayyinah, Tome 1, Chapitre : Certes, la religion provient d’Allah, Pages 66 et 67

Shaykh Salih Ibn Fawzan : Tous les Prophètes et Messagers d’Allah ont prêchés l’Islam, de Adam à Mohammed, en passant par Noé, Abraham, Moïse et Jésus (Que la Paix d’Allah soit sur eux) !

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sharh-as-sunna-l-explication-de-la-sunna-l-explication-de-cheikh-sâlîh-ibn-fawzan-âl-fawzanL’Islam est la voie apportée par les messagers d’Allah (Aleyhoum Salam); tous les messagers vinrent avec l’Islam. Chaque prophète appela (son peuple) à Allah et vint avec une législation d’Allah et ceci est l’Islam. L’Islam est donc l’adoration d’Allah l’Exalté et Majestueux, Seul, à tout moment, avec ce qu’Il a légiféré. Car Allah légiféra certes des législations pour des prophètes d’une période spécifique, puis il les abrogea.

Ainsi, après leur abrogation, agir selon l’abrogeant était l’Islam, jusqu’à ce que toutes les législations précédentes furent abrogées par celles de Mohammed (Sala Lahou Aleyhi wa Salam). Allah l’Exalté et Majestueux dit :

« Chaque échéance a son terme prescrit. Allah efface ou confirme ce qu’Il veut et la mère du Livre est auprès de Lui« . [Sourate 13, versets 38 et 39]

L’Islam est donc ce avec quoi vinrent les messagers comme prêche et actes à différentes époques, suivant ces époques, jusqu’à ce que Mohammed (Sala Lahou Aleyhi wa Salam) fut envoyé. Puis l’Islam fut connu par ce avec quoi il vint, excluant les précédentes religions.

Donc quiconque reste sur l’une des précédentes religions révélées et ne croit pas en Mohammed (Sala Lahou Aleyhi wa Salam) n’est pas musulman., car il ne sera soumis à Allah l’Exalté et Majestueux, ni il n’aura obéi à Son Messager (Sala Lahou Aleyhi wa Salam), puisque ce qu’il suit a certes expiré et a été abrogé. Et le fait de rester sur ce qui a été abrogé n’est pas considéré comme religion par Allah l’Exalté et Majestueux. Agir suivant la loi abrogeante est ce qui est la religion.

Source : Sharh As-Sunnah (L’explication de la Sunnah) de l’imam Al-Hasan Ibn ‘Ali Al-Barbahari, expliqué par Shaykh Salih Ibn Fawzan Al-Fawzan, Éditions Al-Bayyinah, Tome 1, Chapitre : L’Islam est la voie des Prophètes, Pages 37/38

Shaykh Salih Ibn Fawzan : Le but caché de ceux qui affirment que les termes ‘aqidah (Croyance) et tawhid (Monothéisme) sont absent du Coran et de la Sunna !

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sharh-as-sunnah-edition-al-bayyinahCeux qui affirment que ‘aqidah (croyance) et tawhid (Monothéisme) sont des termes qui ne sont supportés par aucune preuve et qui ne sont ni présents dans le Coran, ni dans la Sunna, ils ne cherchent qu’à causer le doute dans le cœur des gens. Leur intentions est d’exterminer ces affaires de croyance avec ce doute. Ils viennent donc avec cela pour clamer qu’il n’existe pas de distinction entre les sectes déviées et le groupe sur la droiture. Ceci les enrage et afin que les gens du faux ne soient pas réfutés. Voila le but de ceux qui prétendent à la science parmi eux.

La communauté est habituée et fait attention à la distinction entre le vrai et le faux, entre la guidée et l’égarement. Mais ces personnes ont un but derrière le rejet des termes ‘aqidah et tawhid . Ils désirent faire se mêler les gens au point qu’il n’existe pas de différence entre le monothéiste et l’athée, entre la personne droite et l’innovateur. Ils prétendent tous rester sous le nom de l’Islam pour le bien de l’unité des musulmans !

Nous leur disons donc : les musulmans ne peuvent s’unir que sur une croyance correcte, la croyance qui unit les Compagnons alors qu’ils étaient divisés, comme le dit Allah le Très Haut :

« et rappelez-vous le bienfait d’Allah sur vous : lorsque vous étiez ennemis, c’est Lui qui réconcilia vos cœurs » [Coran, Sourate 3 verset 103]

Qu’est-ce qui mit un terme à la division et aux conflits entre les compagnons, si ce n’est cette ‘aqidah qui est : « Nul n’est en droit d’être adoré, si ce n’est Allah et Mohammed est le Messager d’Allah » ? Donc il n’existe rien qui ne puisse unir les gens, si ce n’est la croyance correcte. Et s’ils devaient diverger dans leur croyance, ils seraient à jamais divisés.

Source : Sharh As-Sunnah (L’explication de la Sunnah) de l’imam Al-Hasan Ibn ‘Ali Al-Barbahari, expliqué par Shaykh Salih Ibn Fawzan Al-Fawzan, Éditions Al-Bayyinah, Tome 1, Pages 20/21

Aïssam Aît-Yahya : La réalité religieuse de l’Éducation Nationale !

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Histoire et IslamL’école, à l’heure de la mondialisation triomphante, n’a plus la seule vocation d’instruire, mais de modeler, de former et avant cela, de transformer.

D’ailleurs historiquement le changement de dénomination est très révélateur en France : en moins d’un siècle nous sommes passés du Ministère de l’Instruction Publique à celui de l’Éducation Nationale. La première dénomination manifestait une part de neutralité car nous étions dans une simple logique de transmission passive du savoir (mais incompatible et paradoxale avec les bases idéologiques progressistes de la IIIe République). Or, avec la seconde, il y a désormais la volonté affichée et active de prendre en charge totalement l’individu par un État tutélaire, celui de la mère-patrie [1] qui cherche à se substituer à la famille, au groupe d’appartenance ou à la communauté pour en faire un éternel enfant-citoyen qui même une fois adulte n’a pas le droit de s’émanciper de sa tutelle, et d’ailleurs ne le souhaite pas.

C’est pourquoi on peut dire que « L’école ignore de nos jours des savoirs de l’esprit qui donnent l’intégrité, la volonté, la force, la force et la persévérance. L’indépendance est rarement de mise à l’école; l’indépendance acceptable est une indépendance canalisée en fonction des canons qui assurent la reproduction d’un certain modèle de société« . Mais il s’agit aussi de rappeler qu’avec un État d’une nature très particulière tel que la France, certaines discipline enseignées ont un objectif clairement théologique.
C’est-à-dire, que la ou les religions séculières (laïcité, humanisme, démocratie, rationalisme…), qui ont créé l’État moderne français, ont donné à certaines disciplines une fonction religieuse : transmettre à tous les citoyens le même mythe des origines, le même dogme et la même foi. Comme nous l’avons déjà dit précédemment , c’est bien l’Histoire qui est la base élémentaire de l’élaboration de cette culture nationale française. Or comme le disait le philosophe Alain : « Culture et culte sont des mots de la même famille » ainsi la culture nationale renvoie directement à l’idée de culte national ou tout simplement à l’idée de religion national.

Dès lors, on ne s’étonnera pas que pour Jules Ferry, l’école doit enseigner la « religion de la patrie« , et l’histoire tel qu’elle est comprise et inculquée par le clergé de la république française est donc ici comparable au Livre de la Genèse dans la Bible pour les religions judéo-chrétiennes : un récit religieux.
En France sûrement plus qu’ailleurs, les manuels scolaires d’histoire ont donc toujours eu un but prosélyte : convertir. Encore une fois, on ne prêche pas un converti, mais on cherche avant tout à convertir les autres, les nouveaux arrivés, les différents, les étrangers aux mœurs, traditions et croyances tout aussi étrangères, en d’autres mots : les païens de la république laïque, qu’ils soient nés en France ou non, qu’ils soient étrangers ou même Français de souche. [2]
Prenons par exemple, le plus célèbre des manuels d’Histoire français jamais rédigés, intitulé « Le petit Lavisse ». Ce manuel, réédité près de 50 fois en 1876 jusqu’au début des années 50, a eu le temps de former plusieurs générations d’élèves et de professeurs. Dès les premières pages, le ton est donné : « Dans ce livre tu apprendras l’histoire de la France. Tu dois aimer la France parce que la nature l’a faite belle, et parce que son histoire l’a faite grande« . On le voit bien, l’injonction est ici clairement assimilable à un ordre religieux tels les commandements de la Bible, et il ne s’agit là que de l’un de ses nombreux commandements. Il n’est donc pas étonnant que certains aient appelé Le petit Lavisse : « L’Évangile de la République« .

Il es évident que ce genre de manuel d’histoire, vu aujourd’hui comme une caricature par les historiens eux-mêmes, n’existe plus en France. L’enseignement de l’histoire n’est plus aussi explicitement « religieux » dans les messages qu’ils véhiculent, car il y a été tout simplement « modernisé », il utilise des méthodes beaucoup plus subtiles pour arriver aux mêmes objectifs.

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[1] Patrie vient du latin « Pater » signifiant Père : la mère-patrie peut-être alors comprise comme la fusion symbolique de la mère et du père dans une seule et même entité artificielle, devant recevoir l’unique et absolue piété filiale…

[2] Tel était le but des historiens de la IIIe République : éradiquer les particularismes régionaux, leurs cultures et histoires, en les réduisant à des folklores soumis à l’histoire officielle française écrite à Paris.

Source : Aïssam Aît-Yahya dans « Histoire et Islam : Comprendre la Naissance d’une Science », pages 12, 13 et 14.

Sheikh Nâsir al-‘Umar : Constat sur la situation contemporaine de la communauté musulmane !

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Fiqh Al-Wâqi'« Celui qui observe la réalité de la Oumma ces derniers siècles, souffre de ce qu’elle est devenue et du niveau honteux de sous-développement qu’elle a atteint. Or j’ai beaucoup observé cette situation en réfléchissant aux causes, en recherchant les remèdes et les moyens d’en sortir et de se diriger vers une situation plus digne de nous, cela afin de conseiller la Oumma et de m’affranchir de cette responsabilité. J’ai conclu qu’il existait des causes qu’il serait trop long de citer et de dénombrer. La plus importante d’entre elles est l’éloignement des gouvernants et des gouvernés de cette Oumma de la droiture du Livre [Coran] et de la Oumma, et de la voie des prédécesseurs (Salaf). Et de cette cause surgit plusieurs autres qui ont contribué à notre situation actuelle en nous mettant au dernier rang du classement des nations – si nous ne sommes pas déjà hors classement…- alors qu’auparavant nous étions les souverains et les leaders, protecteurs des terres et des hommes :

« Vous êtes la meilleure communauté qui ait jamais été donnée comme exemple aux hommes. En effet, vous recommandez le Bien, vous interdisez le Mal et vous croyez en Dieu. » [Coran, Sourate 3 verset 110]

Nous sommes devenus un fardeau pour nos ennemis, un souci pour notre Oumma, et nos ennemis ont compris le secret de notre retard, l’origine de notre calamité, ainsi que le fondement de notre malheur. Dès lors, ils ont rempli la Terre de corruption, ils complotent et planifient, alors que nous sommes distraits et détournés de ce complot, préoccupés par nos propres personnes au lieu de nous soucier de l’ennemi, et préoccupés par notre vie d’ici-bas au lieu de la religion. Alors, notre religion ne perdurera pas et il ne nous restera pas de territoire où vivre selon les préceptes de notre religion. Je ne met pas toutes nos calamités et nos malheurs sur le dos de nos ennemis :

« Ayant subi un revers pour la première fois, après en avoir infligé le double à vos ennemis, vous vous dites : «Comment avons-nous pu mériter cette disgrâce?» Dis-leur : «Vous ne devez vous en prendre qu’à vous-mêmes !» » [Coran, Sourate 3 verset 165]

Les maux viennent de nous et nous possédons le remède par la volonté d’Allah car « Allâh n’a pas fait descendre une maladie, sans avoir descendu en même temps son remède » [Rapporté par Boukhari et Mouslim] »

Source : Extrait de l’épître  » Fiqh Al-Wâqi’  » du Sheikh Nâsir al-‘Umar, traduit, commenté et annoté par Aïssam Aît-Yahya dans « Fiqh Al-Wâqi’ : le savoir profane au service du savoir révélé en Islam ».

Hassan Al-Banna : Qu’est-ce que l’Islam ?

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10176088_634713753248621_1653784020_n« Nous pensons que les règles de l’islam et ses enseignements englobent tous les aspects de la vie des gens, ici bas et dans l’au-delà. Et que ceux qui supposent que ces enseignements se limites à l’aspect cultuel ou spirituel sans les autres domaines sont dans l’erreur car l’islam est foi et adoration, patrie et nationalité, religion et État, spiritualité et action, Coran et épée. Tout dans le Coran exprime cela et en fait l’essence de l’islam en recommandant d’être sincère et fidèle dans l’ensemble de ces domaines.

L’islam est une organisation complète qui englobe tous les aspects de la vie, c’est tout à la fois un État et une nation ou encore un gouvernement et une communauté, c’est également une morale et une force ou encore le pardon et la justice. C’est également une culture et une juridiction ou encore une science et une magistrature. C’est également une matière et une ressource ou encore un gain et une richesse. C’est également une lutte dans la voie de Dieu et un appel ou encore une armée et une pensée. C’est enfin une croyance sincère et une saine adoration. L’islam c’est tout cela de la même façon. »

Aïssam Aït-Yahya : Définition du terme « religion » !

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De l'idéologie islamique françaisePour les individus ne comprenant « religion » que dans un sens usé et amputé, ce postulat peut paraître comme une bien étrange prétention.

Il serait dont plus qu’utile d’étudier ici ce que recouvre le terme religion lui-même, d’en comprendre son sens le plus profond, ses évolutions, son fond et ses formes, pour en tirer un sens fondamental, afin de l’indexer et l’actualiser de manière viable aux réalités dans lesquelles nous plongerons.
Nombres d’auteurs ont longuement étudié le terme religion, afin de comprendre l’intérêt de son utilisation dans un monde qui s’est sécularisé.
En réalité, la sécularisation et la laïcisation, n’ont pas seulement réduit le christianisme à ce que l’on sait, dans un mouvement parallèle, elles se sont aussi attachées à réduire la portée de la définition et du sens que recouvrait originellement le terme de religion.
Michaël Culoma nous rappelle les antiques étymologies du terme religion et ce qu’elles impliquent : « La première origine est proposée par quelques Anciens comme Lucrèce, et par de nombreux auteurs chrétiens comme Tertullien, Lactance et Saint Augustin. Ils expliquent le latin religio par les verbes ligare et religare, signifiant lier et relier […] La religion serait un lien de piété unissant structurellement les hommes, notamment par le partage ainsi que par la création d’une relation commune à la Divinité. […] La seconde origine, qui se révèle aussi comme la plus probable est donnée par les stoïciens et notamment Cicéron. Ils expliquent le latin religio par le verbe legere, signifiant cueillir, ramasser ou religiere qui signifie recueillir, récolter. Elle s’entend comme la ferveur personne de l’homme face à une puissance spirituelle suprême. » ( Michaël CULOMA, La religion civile de Rousseau à Robespierre, L’Harmattan, 2010, p.17/18).

Deux étymologies différentes qui semblent apparemment antagonistes : une axée sur une certaine sociabilité de la religion et l’autre beaucoup plus portée sur le salut individuel…
Pourtant au lieu de les opposer comme beaucoup d’auteurs, Michaël Culoma à l’intelligence de les unir pour proposer une définition globale : « Cependant, ces deux acceptions ne sont pas exclusives l’une de l’autre. C’est ainsi que le phénomène religieux prend toute sa consistance dans cette double définition. […] Elle se consigne alors dans un double rapport, le premier vertical, qui transcrit la relation entre l’homme et la divinité ; et le second horizontal qui met en exergue le lien qui structure la communauté des croyants ».

Pourtant on constate que sous les effets de la modernité, cette définition et cette compréhension de la religion s’est complètement atrophiée pour ne plus représenter que l’idée d’une foi sans dogme, sans œuvre, une spiritualité sans attache. Et parfois sans même que s’attache à elle cette idée de foi, dans le sens le plus vidé du terme religion…
Plus généralement, le terme religion n’est utilisé, presque exclusivement, que pour désigner les religions traditionnelles (Islam, Judaïsme, Christianisme) ou les spiritualités asiatiques (Hindouisme, Bouddhisme, Shintoïsme, etc…)
Or dans la communauté scientifique, de la sociologie des religions à l’anthropologie, un mouvement rénovateur cherche à retrouver une définition viable de la religion en adéquation avec son temps.
Ces travaux se sont accélérés depuis la seconde moitié du vingtième siècle, et aboutissent tous à une reformulation plus moderne, sans être radicalement innovatrice du terme religion.
Nous nous attacherons à comprendre le terme de « Religion » dans les définitions les plus abouties qui lui ont été données jusqu’à présent.
Si nous adoptons une méthodologie chronologique, nous citerons en tout premier lieu De Tocqueville, qui donne au terme religion un sens déjà particulier, lorsqu’il la définit : « …comme tout ce que l’homme admet sans le discuter » ( Agnès ANTOINE, L’impensé de la démocratie, Fayard, 2003, p.410).

Le philosophe français André Lalande analyse quant à lui l’aspect social de la religion en la définissant comme : « Une institution sociale caractérisée par l’existence d’une communauté d’individus unis par :
– L’accomplissement de certains rites réguliers et par l’adoption de certaines formules.
– La croyance en une valeur absolue, avec laquelle rien ne peut être mis en balance, croyance que cette communauté a pour objet de maintenir.
– La mise en rapport de l’individu avec une puissance spirituelle supérieure à l’homme, puissance conçue soit comme diffuse, soit comme multiple, soit comme unique, Dieu » ( Roger BENJAMIN, Nature et avenir de la religion, L’Harmattan, 2002, p.37).

Le déblaiement du vieux terme religion se poursuivant, c’est en anthropologie sociale qu’il va acquérir une profonde pertinence. Surtout depuis que l’américain Clifford Geertz a expliqué la religion avant tout comme un système symbolique culturel : « Une religion est un système de symboles qui agit afin d’établir des humeurs et motivations durables chez les hommes en formulant des conceptions d’un ordre d’existence général et en revêtant ces conceptions d’une telle aura de réalité que ces humeurs et motivations semblent tout à fait réalistes » ( Bruno ETIENNE, L’Islam en France, Edition du CNRS, 1990).

La dernière définition la plus pertinente à notre sujet et suivant notre chronologie est celle de Raymond Aron, lorsqu’il nous explique sa méthodologie pour définir certaines idéologies contemporaines : « Je propose d’appeler religion séculières les doctrines qui prennent dans les âmes de nos contemporains la place de la foi évanouie et situent ici bas, dans le lointain de l’avenir, sous la forme d’un ordre social à créer le salut de l’humanité ».
Et nous pouvons rappeler que ce sont bon nombre de ces doctrines et idéologies modernes que Friedrich Nietzsche appelait « religions de substitutions » et que bien après lui, le sociologue américain, Thomas Luckmann, dans un monde sécularisé voire laïcisé, a qualifié de « religions invisibles ». Ces religions sont justement imperceptibles par les consciences humaines affectées par la modernité et n’ayant gardé à l’esprit, qu’un sens institutionnel et historique du terme religion, sens totalement désuet, puisque incapable de rendre compte de la réalité des religions contemporaines.
Sans comprendre toutes ces définitions et leurs portées, il n’est pas étonnant de voir que l’extrême majorité de ceux, qui manient à tort et à travers les différents concepts philosophico-idéologiques cités précédemment (de la démocratie à l’humanisme), soit ignorent leurs fonds et leurs formes profondément religieuses, soit le contestent farouchement.
En revanche les auteurs les plus objectifs qui ont bien compris leurs fondements et leurs origines, leurs prétentions et leurs buts, et qui perçoivent la réalité du terme religion, attestent très clairement de cette acceptation religieuse, et même, de leurs caractères fondamentalement religieux. Ainsi, toutes ces idéologies contemporaines entrent, indubitablement dans le cadre de ces définitions.

Aissam Ait Yahya – De l’idéologie islamique française