Birmanie

Histoire général des musulmans de Birmanie

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Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les rohingya ne sont pas les seules musulmans de Birmanie. En effet, plusieurs groupes ethniques existent en Birmanie et différents groupes sont de confession musulmane dont les rohingya.

A l’heure où ces lignes sont écrites, le cas malheureux de ce groupe ethnique de confession musulmanes est connu grâce à la mobilisation de musulmans qui ont entrepris un travail constant pour faire prendre conscience non seulement aux musulmans mais aussi au reste de l’humanité, la détresse d’un peuple persécuté par l’État birmans depuis des dizaines d’années.

Alors d’où provient l’origine de cette persécution ? Touche-t-elle uniquement les rohingya ou d’autres groupes ethniques de confession musulmanes ? Que cherche à accomplir le gouvernement birmans derrière ces persécutions ? Nous allons tenté d’y répondre mais avant nous allons nous pencher sur la venue des musulmans dans cette région du monde.

Les premières traces de musulmans en Birmanie remonte au VIe siècle, ces derniers seraient venu pour le commerce et se seraient établie durablement dans la région. Plusieurs écrits attestent de cela dont des voyageurs chinois qui ont fait état de la présence de colonies musulmanes « aux environs de la frontière actuelle entre la Birmanie et Yunnan* » ou encore « l’historien franco-luxembourgeois Jacques Leider qui constate pour sa part que du XVe siècle au XVIIe siècle, l’essentiel du commerce de Mrauk’U (ville du sud-ouest de la Birmanie) était entre les mains de marchands musulmans.»**

 

A cette période, la présence de musulmans dans la région ne posaient aucun problèmes, la communauté musulmanes de diverses origines (Perses, Indiens, Arabes, etc…) s’employaient à diverses tâches comme le commerce ou étaient enrôlé dans les armées des seigneurs de la péninsule.

Ils se sont même vu confier des responsabilités importantes par les autorités locales. « Sous le règne du roi Bagan Min (1846/1853), un musulman a été nommé gouverneur d’Amarapura, alors capitale du royaume. Et le roi Mindon (1853/1878) a employé des milliers de musulmans dans ses armées comme dans son administration.

La Grande Bretagne colonise le pays en 1886 et abolie la monarchie. Cette colonisation est le point de départ des futur persécution des musulmans birmans et particulièrement les rohingya. Avec elle, la colonisation va apporter la notion de race et de frontière qui va marqué un clivage dans lors de l’indépendance birmane en 1948. Tout birman est nécessairement bouddhiste, les autres communautés comme les musulmans, les chrétiens et les hindouistes ne sont pas considérés comme birmans car ils seraient venue du sous continent indien. Les britanniques vont faire appelle à des immigrés indien du Bengale (région limitrophe entre l’Inde et le Bangladesh) qui sont considérés comme plus « civilisé » mais connu comme étant une meilleur main d’œuvre que les birmans. La conséquence de cette immigration est le peu de place faites aux birmans car au tournant du XXe siècle, une grande majorité des professions sont tenu par l’immigration indienne (juristes, médecins, commerçants, militaires, artisans, etc…).

La crise économique de 1930 et les facteurs confessionnels vont jouer un rôle central dans la montées des tensions. Les bouddhistes s’indignent que des musulmans épouse de birmanes du fait de l’obligation de conversion de la femme à l’Islam. En 1938, les bouddhistes entament une série d’actes violent contre les musulmans qui sont accuser de voler les richesses du pays et de convertir les femmes à l’Islam. Résultat, 240 personnes morts (142 musulmans, 73 bouddhistes et 23 hindouistes) et 113 mosquées détruites.

Lors de son indépendance en 1948, une loi, dite de 1948, sera promulgué par l’État birman. Cette loi assimile l’ethnicité indienne à une immigration récente, empêchant les musulmans présent sur le territoire avant la colonisation britannique de prouver leur appartenance pré-colonisation. Cette loi prive aussi les enfants nés sur le sol birmans de devenir des citoyens à part entière. Avec le coup d’État militaire de 1962, l’idée de l’identité birmane qui serait liée au bouddhisme a été davantage cultivée, excluant davantage les musulmans comme l’interdiction d’accéder à la fonction publique.

Une nouvelle loi, dite de 1982, remplace la loi de 1948 et octroi une carte rose pour les birmans de « sang pur » et une carte bleue pour les musulmans. Même la conversion d’un musulman au bouddhisme ne suffit pas à obtenir la carte rose et à être considéré comme un citoyen birman. Cette loi exclu la totalité des musulmans présent sur le territoire, des ethnies considérés comme birmanes. La construction de nouvelles mosquées sont interdites et l’entretient de celles existantes le sont aussi. En 2006, trois mosquées ont été détruites à Yenangyaung, à Chauk et Saku lors de violences entre bouddhistes et musulmans, et les autorités locales ont interdits leur reconstruction. Ces violences ont lieux suite à des rumeurs de jeunes femmes bouddhistes qui auraient été violé et des agitateurs, souvent de connivence avec les autorités locales, incitent à des représailles. Cette exclusion est dû à la définition que donne l’État birman à sa population, à savoir une prédisposition du birmans au bouddhisme.

Quand est-il des rohingya ?

Le gouvernement birman considère que le Pakistan (qui possédait le Bangladesh actuel) aurait servit de base de repli stratégique à des musulmans lors de la révolte des mujahid. De plus, le Pakistan en aurait profiter pour laisser filtré à la frontière des millier d’habitant de la province de Chittagong pour retourner l’équilibre démographique de la région. Depuis le 11 septembre 2001, les rohingya ont été suspectés d’être de possible terroristes islamique, certains occidentaux, comme Van Wonterghem, un enseignant Belge à l’Université de Delhi en Inde), ont été jusqu’à affirmé, sans preuves, que les rohingya formaient des moudjahidin dans les camps de réfugié. Dans sa stratégie exclusion, l’Etat birman pousse les rohingya a obtenir des soutiens étranger, ce qui lui permet de justifier que ces musulmans ne sont pas des birmans mais des agent de l’ouest asiatiques qui auraient pénétrés sur le territoire pour le déstabiliser. C’est ce que déclare le porte parole de l’Etat birman, en 1992, aux Nations Unies qui reprochait au régime de priver les rohingya de leur nationalité.

Depuis 1988, les musulmans du nord de l’Arakan (région du sud-ouest de la Birmanie, proche de la frontière avec le Bangladesh) sont soumis à un contrôle renforcé et il leur aient interdit de quitter la région. Pour chaque déplacement, ils subissent des démarches administrative très lourdes qui ont de fortes chances de ne pas aboutir. L’accès à l’école est un luxe que peu peuvent se payer. N’étant pas autosuffisante en production de céréales, le nord de l’Arakan a un besoin de faire importer le riz, ce que l’Etat birman leur interdit. D’autres mesures sont prises pour empêcher la prolifération des rohingya, le contrôle des naissances et l’interdiction de se marier sans l’autorisation du commandant militaire local. En 1988, le gouvernement n’autorise que 3 mariages par village et les frais de dossier qui sont exigés augmente de plus en plus avec le temps. L’État tente aussi de faire fondre la communauté musulmane en organisant l’exode massive de bouddhistes dans le nord de l’Arakan dans des villages, ce qui accentue les tensions et les pogroms à l’encontre des musulmans. Ces exodes sont suivi d’expropriation de musulmans et ces derniers ne sont pas relogé.

Pour le gouvernement, cette mise à l’écart constitue un avertissement à la possible migration de musulmans du Bangladesh en territoire birman. Le nord de l’Arakan constitue un cordon sanitaire, permettant de filtré cette possible immigration.

 

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*Province du sud-ouest de la Chine

**Atlas des minorités musulmanes en Asie méridionale et orientale – Pages 130 et 131

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