Histoire de l’Egypte Partie 10 : La position de l’Égypte lors de la première guerre du Golfe

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Une semaine avant l’invasion de l’Irak, dirigé par les Etats-Unis, le Congrès américain propose d’annuler la dette égyptienne en contre partie de la non intervention de Hosni Moubarak aux côtés de Saddam Hussein. A ce moment, l’Égypte est le pays le plus endetté du tiers-monde avec 60 milliards de dollars de dettes et une populaire qui s’accroît de jour en jour. Cette annulation tombe à pique pour le président égyptien. Ajoutons à cela qu’une grande partie de la population ne souhaitait pas soutenir une une nation arabe (Irak) contre une autre nation arabe (Koweït).

Les savants de l’Université Al-Azhar soutiennent la décision de Moubarak et délivrent une fatwa sur mesure à l’Arabie Saoudite pour demander la protection d’une armée non musulmane. Une seconde fatwa sera édictée à l’encontre de l’Irak, qui est accusée d’avoir déviée de la loi islamique pour avoir pris les armes contre une autre nation musulmane. Ils prennent toutefois garde à ne pas définir de manière précise les critères qui rendent un chef d’État, un régime politique mécréant, de peur que cela se retourne contre eux. Le 21 août 1990, Al-Azhar lance un appel pour combattre l’injustice du dirigeant irakien et que tout bon musulman ce doit de répondre à cet appel.

Le guide des Frères Musulmans se prononce en défaveur de l’intervention armée contre l’Irak et dénonce la participation d’Israël au sein de la coalition menée par les Etats-Unis. Il affirme que bien que Saddam Hussein ait commis des actes répréhensibles, il n’en demeure pas moins que les irakiens sont des musulmans et que tout les États arabes se doivent de ne pas soutenir l’effort de guerre au profit des Etats-Unis et d’Israël. Il appel donc tous les musulmans à ne pas se battre aux côtés des sionistes contre « nos frères et sœurs musulmans d’Irak ».

Outre le financement américain, la cause de l’opposition à Saddam Hussein est le refus de l’Égypte de perdre son rôle de leader du monde arabe. En effet, après la victoire du président irakien face à l’Iran, ce dernier est vu comme un héros dans le monde arabe. Hosni Moubarak travaille depuis une décennie déjà pour que l’Égypte puisse renouer avec le monde arabe et ainsi retrouver sa place de leader. Or, l’émergence d’un nouveau leader adulé par les populations arabes à contrarié ses projets. Ainsi, pour bloquer toute possibilité expansionniste de l’Irak, l’Égypte se positionne comme défenseur du Koweït, un État « frère ».

Avec la victoire de la coalition dirigé par les Etats-Unis, l’Égypte sort grande gagnante malgré les conséquences désastreuses sur son économie. Elle est débarrassée de son rival Saddam Hussein et peut ainsi retrouver sa place de leader dans le monde arabe. La connaissance du dossiers par les ambassadeurs égyptiens en poste dans les différentes capitales des nations arabes leur a été d’une grande aide dans la gestion du conflit, ce qui a été apprécié par ces États. Ces derniers reconnaissent l’utilité de ces ambassadeurs, ce qui augmentera le prestige de l’Égypte et une reconnaissance de son rôle incontournable dans la gestion des crises dans la région.

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