La Turquie Laïque Partie 16 : Rupture entre Recep Tayyip Erdogan et Fethullah Gülen

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Alliés jusqu’au début des années 2010, la rupture entre Recep Tayyip Erdogan et Fethullah Gülen va être de plus en plus patente. Infiltré dans le réseau de police et dans les tribunaux grâce à son alliance avec l’AKP, le Hizmet de Gülen va tenter de mettre des bâtons dans les roues de l’AKP en faisant arrêter, en février 2012, des hauts responsables des services secrets turques, qui menaient des négociations secrètes avec le PKK kurde, pour intelligence avec une organisation terroriste ». Erdogan voulant mettre fin au conflit avec les kurdes, avait mandaté les services secrets de trouver un accord avec le PKK, chose à laquelle Fethullah Gülen s’opposa. Il n’hésita pas à faire appel à un procureur du Hizmet pour mettre aux arrêts les hauts responsables des services secrets.

Erdogan fait arrêter l’opération et réagi en faisant interdire les cours préparatoires (source de financement et de recrutement des sympathisants güléniste) aux concours d’entrée aux universités.

Le 17 décembre 2013, des officiers de police se rendent dans les domiciles des enfants de trois ministres en exercice et d’une quarantaines de personnes, munis de mandats de perquisitions. L’enquête porte sur des affaires de corruptions et de blanchiment d’argent. Plusieurs ministres, des hommes d’affaires, le directeur général d’une grande banque, tous proche de l’AKP sont accusés dans cette affaire. Erdogan intervient et fait arrêter la seconde vague d’arrestation, dont son propre fils aurait fait l’objet. Il interdit à la police d’obéir aux ordres des procureurs car sous la direction de Fethullah Gülen. Ces derniers sont désaisis de l’affaire et un milliers de responsables de police sont muté dans d’autres services.

Erdogan parle de seconde tentative de coup d’État après celui du parc Gezi. La communauté de Fethullah Gülen va être perçu comme une organisation capable d’infiltrer l’Etat, d’agir avec une ambition politique et la volonté de s’accaparer le pouvoir, contrairement à ces prétentions officielles qui étaient uniquement tourné vers les actes de bienfaisances. Malgré le scandale, l’AKP gagne les élections municipales de mars 2014, les accusations de corruption n’ayant que peu touché l’électorat de l’AKP. Fort de cette victoire, Erdogan annonce que le peuple à choisi sont camp et promet de mettre fin à cet État parallèle. S’ensuit une vague d’arrestations concernant le mouvement Gülen et ses partisans, allant de la justice à la police, en passant par des fonctionnaires et des entreprises commerciales.

Erdogan n’hésite pas à gracier des généraux kémalistes, emprisonnés depuis l’affaire Ergenekon, pour les utiliser comme opposant à Gülen. Bien que les autres confréries reprochent à Erdogan d’avoir favorisé le Hizmet, elles saisissent l’occasion de sa mise au pas pour combler le vide laissé. Fort de cette expérience, Erdogan décide de ne plus s’appuyer sur une seule confrérie et associe plusieurs d’entre elles au pouvoir, les mettant ainsi en concurrence.

Gülen et son mouvement sont critiqués pour leur politique d’occidentalisation de l’Islam et de la Turquie. Vouloir islamiser la modernité c’est infecter l’Islam de l’esprit de l’idéologie occidental et revient donc à falsifier l’Islam. La modernité ne signifie rien d’autre qu’occidentaliser, donc islamiser la modernité signifie vouloir occidentaliser l’islam, vouloir le rentre compatible avec les idéologies (laïcité, démocratie, etc…) occidentales, qui sont de natures incompatibles avec l’Islam.

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