Conseil de lecture : Textes Politiques Tome 2

Publié le Mis à jour le

Le Tome 2 des textes Politiques édité par les Editions Nawa se concentre sur la Siyassa Shari’yya de Ibn Taymiyya, qui a été entièrement traduite et commentée par Aïssam Aît-Yahya. Pour commencer qu’est-ce que la Siyassa Shari’yya ? Ibn Khaldoun nous dit : « La  siyassa est l’art de gouverner une famille ou une cité conformément aux exigences de la morale et de la sagesse, afin d’inspirer aux masses un comportement favorable à la conservation et à la durée de l’espèce. » Il s’agit donc d’une « conduite politique émanant d’une autorité (sultan) se conformant à la légalité religieuse (shar’) et découlant d’elle ».

Aïssam Aît-Yahya met en avant le contenu et l’utilité de la siyassa à l’époque de Ibn Taymiyya mais aussi son utilité et ses limites à notre temps. Il démontre que les solutions proposées par certains savants à une période donnée ne sont pas forcément à répété à notre époque où la configuration mondiale à changer et ait en faveur de l’Occident laïque. Les islamologues et autre laïques du monde arabe tentent de trouver des voies permettant la sécularisation des sociétés musulmanes en donnant une mauvaise interprétation des textes de certains savants du sunnisme comme Ibn Taymiyya. Ce livre nous en donne un bon exemple mais apporte aussi des réponses à exploité pour revivifier les sociétés musulmanes sans forcément passer par l’insurrection armée qui est, malheureusement, la pratique courante dans le monde musulman depuis la mort de Ali Ibn Abou Talib et qui plonge la société musulmane dans le chaos et la stagnation.

Le livre met aussi en avant la conduite que les dirigeants se doivent d’adopter pour gouverné en respectant le Coran et la Sunna et met aussi l’accent sur les responsabilités des gouvernés qui ne sont pas sans reste dans l’état actuelle des choses. Aïssam Aît-Yahya propose des piste à suivre et des modèles d’institutions islamiques théoriques et à mettre en place pour permettre la bonne gouvernance en se basant sur la siyassa de Ibn Taymiyya mais aussi sur l’exemple des Califes Bien Guidés dont Omar Ibn al-Khattab. Il déconstruit, entre autres, le mythe de l’interdiction de se rebeller contre le détenteur du pouvoir en affirmant, preuves à l’appuie, que cette décision à été prise pour empêcher les révoltes des sectes comme les chiites et les Khawarijs, alors qu’elle n’a aucune valeur à notre époque car n’a de légitimité qu’à son époque. A travers ce mythe, les gouverneurs absorbent le pouvoir religieux en faisant des savants de simple fonctionnaires de l’Etat, ce qui revient à suivre les traces des Occidentaux qui ont donné aux rois le pouvoir religieux (ex : Louis XIV le roi soleil) et qui a fini par entraîner la sécularisation puis la laïcisation de ces pays.

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