La Turquie Laïque Partie 9 : L’accession au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan

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Recep Tayyip Erdogan

En 1998, une rupture se fait au sein du Parti de la vertu, deux camps s’opposent : les rénovateurs et les conservateurs. Cette séparation deviendra effective en 2001 avec la création du parti de la félicité, dirigé par Erbakan et le partie de la justice et du développement (AKP), dirigé par Recep Tayyip Erdogan. Ce dernier milite aux sein des partis islamistes depuis 30 ans. Il est diplôme d’un lycée d’imam et économiste de formation. Il devient maire de Istanbul en 1994 mais est condamné pour incitation à la haine en 1997 pour avoir récité un poème du nationaliste Ziya Gökalp : « Les baïonnettes sont des minarets. Les coupoles des heaumes, les mosquées des casernes, les musulmans des soldats. » Il écope de 4 mois et demi de prison et démit de ses fonctions de maire, en plus d’une interdiction d’activité politique.

Erdogan défini son parti comme rénovateur et contemporain et fondé sur une « philosophie politique conservatrice-démocrate ». L’essence de son parti est basé sur l’esprit de compromis. Il prône l’intégration à l’Union Européenne, une ouverture sur le monde, à l’économie de marché et continue la politique économique des années Özal. Il met en avant la préservation de la culture traditionnelle du pays et la défense des valeurs de la famille. Ce programme permet au parti de la justice et du développement (AKP) de remporter les élections législatives. Un problème se pose pour Erdogan, interdit d’activité politique il est dans l’obligation de quitter la présidence de l’AKP, ni celle de Premier Ministre. C’est Abdallah Gül, lieutenant d’Erdogan qui va assurer ces fonctions. Il procède à des réformes qui permettent à Erdogan de retrouver sa liberté politique. Erdogan succède à Gül en mars 2003, à savoir 4 mois après la victoire de l’AKP.

A la suite de l’arrivée au pouvoir de l’AKP, des inquiétudes se sont fait savoir au sein de l’opposition mais aussi en Europe dont la presse nommais alors les membres du parti d’islamistes, dont la significations dans ces pays et principalement en France, est synonyme d’extrémistes voir de terroristes (ou potentielle terroristes). L’une des premières tâches du gouvernement a été de rassurer et de dissiper ces inquiétudes. Erdogan profite de du rôle de Premier Ministre de Gül pour parcourir l’Europe pour convaincre ces derniers de l’intégration de la Turquie à l’Union européenne et pour présenter le visage de l’AKP. Les journalistes européens et la presse locale se demandent si Erdogan n’avance pas masqué et certains font écho au discours qui lui a valu son emprisonnement. Erdogan se défend en affirmant qu’il évolue constamment, sans renier l’homme qu’il a été par le passé.

L’AKP se tourne à la fois vers le monde musulman mais aussi vers l’Occident, contrairement à Erbakan dont la politique étrangère était tournée exclusivement vers le monde musulman. En 2003, les Etats-Unis de Gorges W. Bush demande à l’AKP d’intervenir en Irak et de permettre aux soldats américains de débarquer sur le territoire turque pour facilité son intervention. Abdallah Gül et nombre de députés appartenant à l’AKP hésite mais Erdogan presse le gouvernement d’accepter la demande américaine mais l’autorisation est rejeter de peu le 3 mars 2003. Les soldats américains qui avaient débarqué au port de Iskenderun doivent faire demi-tour suite au refus du passage des troupes américaine par le territoire turque.

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