Aïssam Aït-Yahya : Dâr al-Kufr et Dâr ul-Islâm : Orientalistes et Néo-réformistes à l’assaut de la vision islamique du découpage mondial

Publié le Mis à jour le

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Pour comprendre l’opposition des néo-réformistes à la traditionnelle vision islamique concernant le découpage de l’espace mondial, il faut tout d’abord revenir sur les causes de notre situation actuelle. Pour ce faire, il est indispensable de séparer les facteurs externes des facteurs internes :

L’analyse externe vise à déterminer le contexte et l’environnement, en quoi ils influent négativement, comment ils aggravent ou de quelle manière ils ont fait naître le problème. Nous en avons déjà fait souvent référence ici et là : les causes historiques, la réalité contemporaine, le monde occidental, ses forces et ses pressions, qui font en sorte de ne pas laisser l’Islam libre de s’épanouir dans son espace civilisationnel, et demeurer seul maître de son histoire. Toutes ces entreprises, ces opérations, ces manipulations, ces buts et objectifs sont clairement visibles par toute personne éclairée, et ils sont d’autant plus faciles à saisir et à comprendre quand il s’agit de pointer du doigt les « autres ».

L’analyse interne, quant à elle, vise à diagnostiquer les faiblesses internes, savoir où elles se trouvent, comment elles sont apparues, de quelle manière elles aggravent la situation générale. A contrario c’est donc mettre le doigt là ou précisément le mal agit pour être capable d’élaborer des solutions. Par contre cette analyse est la plus ardue des deux car elle suppose recul et esprit critique. Elle suppose d’étudier un corps social dont on est partie prenante. Or, islamiquement parlant, l’analyse interne est prioritaire : « Lorsqu’un malheur vous atteint […] vous dites : “D’où vient ce malheur ?” Réponds-leur : “Il vient de vous-mêmes” » (Sourate al-’Imrân, V165).

Le mal le plus absolu, au delà de la situation collective des musulmans, c’est la dénaturation de l’Islam, son occidentalisation (via le processus de sécularisation), l’amputation d’une grande partie de sa réalité effective, la fin de sa civilisation (le pouvoir d’imposer son ordre chez elle). Tous ces facteurs impactent négativement sur la conscience musulmane, dans la vision de ce qu’est réellement l’Islam, dans les pratiques quotidiennes et dans la réalité de la foi. Ce cercle vicieux s’est renforcé depuis plus d’un siècle : en sécularisant l’Islam pour qu’il sécularise les musulmans, ou en sécularisant les musulmans de sorte qu’eux-mêmes sécularisent l’Islam. Un islam occidentalisé appliqué par des musulmans occidentalisés, que cela soit à Paris ou au Caire. Un orientaliste disait lors de la période coloniale: «*je n’appelle plus les musulmans à entrer dans le christianisme mais à sortir de l’Islam. Nous avons dépensé beaucoup d’argent, prononcé de nombreux discours, malgré cela nous n’avons pas réussi à dévier un musulman de sa religion. Il est plus facile de détruire que de construire. La destruction du musulman constitue la destruction de la religion elle-même». Or remarquons aujourd’hui que les enfants de ces orientalistes d’antan ont très bien compris que la meilleure des stratégies pour obtenir le meilleur des résultats est de faire détruire l’islam, par des musulmans eux-mêmes, de sorte que tous sortiront de l’Islam réel pour entrer dans un Islam fictif sans même en avoir eu conscience. De la même manière qu’il est plus facile à des étrangers de dominer un pays en faisant croire à sa population qu’il est indépendant que d’être directement au commande lors d’une colonisation…

Cette stratégie est largement facilitée dans le monde musulman et au delà dans le monde occidental, par une idéologie de la soumission inconsciente, innovée et créée par des individus et groupes issus de la Oumma très largement identifiables (historiquement et islamiquement). Ces derniers ont mis en place malgré eux toute une nouvelle architecture qui, sous divers prétextes, n’aboutira qu’à détruire la structure du dogme authentique de l’Islam, l’orthodoxie sunnite et finalement l’identité musulmane dans ce qui la distingue des autres. Tout ceci n’aboutissant qu’à incorporer l’Islam dans un nouveau Dînmondialiste, constitué simplement de sectes (firaq) ou d’écoles (madhâhib) dont l’une sera appelée ”islam” pour mieux tromper les musulmans.

Dialectique et méthodologie de l’imposture

Nous allons essayer de voir ici quelles sont les terminologies (mustalahât) et la méthodologie (minhâj) de cette nouvelle idéologie (fikra jadida). Nous allons essayer d’analyser de quelle manière leurs véritables innovations (bid’a), leurs visions biaisées et tronquées, leurs erreurs de bonne foi, leurs négligences condamnables, leur manque de rigueur, ou alors leurs tromperies, leurs manipulations, leurs mensonges et leurs propres illusions, s’y prennent de manière méthodique pour délier un à un les liens fondamentaux de l’islam dans nos cœurs et nos esprits : « Les liens de l’islam seront défaits les uns après les autres, et chaque fois qu’un lien sera défait, les gens s’attacheront au suivant. Le premier à être défait sera le lien de la Loi (d’Allah), et le dernier sera le lien de la prière».

Rejet de la dichotomie Dar al Islam/Dar al Kufr

Un des premiers sujets auxquels se sont attaqués ces nouveaux philosophes et leurs « chuyûkh », a été de remettre en cause la traditionnelle vision musulmane du monde. D’un côté le domaine de l’islam, les terres dans lesquelles ses lois, ses valeurs, son ordre, sa culture et son pouvoir règnent et dominent sur le plans juridique et politique, que ses habitants et sa population soient majoritairement musulmans ou non (Dar al-islâm). De l’autre coté, il y a tout le reste, c’est-à-dire les terres et territoires qui ne sont pas sous domination politique de l’Islam, cela même si la population est majoritairement musulmane. Or, si ces terres ne sont pas dominées par l’Islam, c’est qu’elles le sont par autre chose que l’Islam, cette autre chose n’étant pas l’islam est donc son opposé par essence, le non-islam quelle que soit sa forme et ses différentes modalités : c’est à dire al-Kufr (Dar al-kufr). Ibn Qayyim dit dans Ahkâm ahl adh-dhimma : « la majorité (jumhur) a dit le dar al-islâm est celle qui est la propriété des musulmans et gérée par les lois de l’islam, et ce qui n’est pas administré par l’islam n’est pas un dar al-islâm ». Comment ont-ils procédé pour rejeter ce principe clair et limpide ? Deux grandes méthodes.

1/ Première méthode : la multiplication des terminologies

Puisque ces derniers se réclament d’une certaine tradition scientifique sunnite, ce rejet ne pouvait pas être franc et décomplexé comme on le retrouve chez certains auteurs laïques modernistes par exemple. Ils se fondent donc sur tels ou tels ijtihad antérieurs décontextualisés, en les surexploitant et en finissant par regrouper toutes leurs propres extrapolations pour donner naissance à de nouveaux ijtihad totalement innovés au-delà même des limites légales de la jurisprudence. On voit apparaître chez eux des termes comme :

– Dar Al Sulh (domaine de la conciliation)
– Dar Ad Da’wa (domaine de la prédication)
– Dar ash Shahada (domaine du témoignage)
– Dar al Amn (domaine de la sûreté).

Il ne s’agit pas de dire que certaines de ces terminologies n’ont jamais été utilisées par d’honnêtes savants dans l’histoire de la jurisprudence islamique, mais de montrer qu’aujourd’hui entre des mains malintentionnées et/ou non fermement enracinées dans le dogme, ou utilisées par des esprits déviants aux méthodes avec des buts innovés : elles se révèlent être des armes de destruction massive de la conscience islamique des musulmans. Celle qui détruit en eux la pertinence et l’intérêt de garder l’absolue dichotomie Dar al-Islam/Dar al-Kufr. Cette profusion de termes permet de semer la confusion et de faire oublier les fondamentaux ; en l’occurrence il s’agit ici de faire disparaitre l’idée qu’il y a (eu) et qu’il doit exister un Dar Al-Islâm malgré tout : c’est à dire là où l’Islam est absolument maître chez lui pour défendre son intégrité (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, vous en conviendrez tous). Nous disons bien « absolue dichotomie » car tous ces nouveaux termes ne pourront jamais remplacer la pertinence de ceux mis en place par les premières générations (salaf salih) et confirmés par leurs successeurs (khalaf). Car aujourd’hui, les configurations ont changées et le Dar ad Da’wa, Dar Shahada, et Dar al Amn sont utilisés par ces nouveaux penseurs et « imams » pour désigner l’ancien Dar al-Kufr (le monde non-musulman) mais dans lesquels vit une importante minorité musulmane : et c’est là que toute cette nouveauté prend son importance. Pour eux, le monde non-musulman est un monde dans lequel le musulman doit et peut faire de la prédication (da’wa) dans lequel il peut témoigner son islam (shahada) et où il est en sûreté (amn). Ce discours a pour seul but en réalité de justifier leur présence en Dar al-Kufr, et pour inciter à intérioriser comme absolument naturelle leur vie et leur mort en plein milieu de ces territoires non-musulmans ! Alors qu’une quantité astronomique de preuves à en faire déborder les bibliothèques sunnites montrent, stipulent et expliquent que cette situation est anormale, réprouvée, conditionné dans le temps et le lieu à certaines catégories précises (commerçants, diplomates, étudiants, etc.). Nos auteurs justifient cette présence sans jamais s’interroger, ne serait-ce que de l’ordre du « qui suis je, d’où je viens et où vais-je » (dont les vraies réponses sont devenues paradoxalement dangereuses pour ces « philosophes »).

L’utilisation de ces nouveaux concepts est imparfaite, partiale et orientée d’une manière qui n’a jamais été faite avant eux. Ces « réformateurs » ont même échoué dans le but qu’ils se sont fixés (à savoirredéfinir une vision du monde islamiquement pertinente) puisque toutes ces nouvelles terminologies ne peuvent pas qualifier à elles seules l’ancien Dar al-Kufr et de ce fait ne peuvent pas le remplacer totalement. Leur construction pseudo-scientifique bâclée ne sert qu’à justifier à posteriori une position en laquelle ils croient déjà comme la Révélation : à savoir qu’il n’y aurait aucune contradiction ou incohérence au fait que des populations civiles musulmanes vivent dans un ordre non-musulman.

Explication par l’exemple contradictoire

Si les termes Dar ad-Da’wa, Dar ash-Shahada, et Dar al-Amn sont vraiment justes pour qualifier exclusivement l’ancien dar al-kufr : dans ce cas, est-ce que les musulmans vivant dans le « Dar al-Islam » n’auraient pas/plus besoin de da’wa, de rappel à l’ordre et d’incitation au bien et à l’interdiction du mal (al-amr bil ma’rûf wa nahi ‘anil munkar) et leur territoire ne serait-il pas/plus aussi un Dar ad Da’wa ? Le Dar al Islam n’est-il pas aussi un Dar al Shahâda par excellence ? Et même le plus absolu et naturel de tous ? Le Dar al Islam est-il toujours un endroit où règne la sûreté pour les musulmans et donc forcément un Dar al-amn selon cette compréhension ? Le Dar al Kufr est-il un monde totalement uniforme pour énoncer que les musulmans ont la liberté d’y professer publiquement leur foi ? Comment et selon quels critères juger alors de cette liberté ? On pourrait multiplier ce type de questions pour multiplier les contre-sens sans aboutir au résultat souhaité. Non. Si ces terminologies peuvent à la fois être utilisées pour l’un ou l’autre des territoires, leur pertinence linguistique est quasi nulle. Absolument rien ne peut remplacer de manière convaincante la distinction fondamentale entre Dar al-Islam et Dar al-Kufr. Sachant que ces deux mondes sont aussi traversés par de multiples réalités qui doivent être nuancées, en fonction des contextes politiques, géographiques et/ou régionaux. Mais quoiqu’il en soit cette dichotomie est la plus claire de toutes, en tout cas dans le cadre islamique…

2/ Deuxième méthode : le prétexte de la guerre et la terminologie pacifiste

L’autre méthode pour réfuter cette dichotomie est politiquement plus sournoise. Elle consiste à délégitimer (très implicitement) le concept de Dar al-Kufr car celui-ci renverrait automatiquement ou symboliquement au Dar al-Harb (domaine de la guerre). Ironiquement, ils réutilisent le plus souvent les mêmes arguments (inversés) que les orientalistes islamophobes (le comble pour ces individus qui, au départ, voulaient nous libérer de ces stéréotypes). C’est donc une espèce de honte coupable inconsciente qui est ici dévoilée.

L’orientalisme islamophobe énonce que le découpage politique du monde par le droit musulman entre le domaine de la paix et le domaine de la guerre démontre la vision guerrière et intolérante de l’Islam. Or, nos malheureux « réformistes » reprennent quasiment la même argumentation pour justifier leur nouvel ijtihad.

Dans notre monde régi par l’Organisation des Nations-Unies (basée sur la philosophie politique occidentale) qui a érigé la Paix et les Droits de l’homme en mesure de toute chose, les nouveaux penseurs et théoriciens de l’Islam se refusent d’utiliser le terme Dar al-Kufr qui renvoie selon eux au Dar al-Harb, c’est-à-dire aux terres à conquérir et aux populations non-musulmanes à convertir. Cela renverrait donc au jihad, aux croisades, à la violence et à tout ce champ lexical honni par l’humanisme et le pacifisme mondial. Encore une fois leurs esprits binaires et vulgarisateurs font l’impasse des vraies et profondes explications, car si le Dar al-Harb désigne automatiquement un Dar al-Kufr, tout Dar al-Kufr n’implique pas forcément d’être un Dar al-Harb réel dans lequel les actions militaires sont obligatoires ou légales pour les musulmans. Car ces actions militaires et son état de guerre, sont toujours laissés à l’appréciation des détenteurs d’autorité (wulat al-umûr) selon les intérêts (masâlih) de l’Islam et des musulmans (sauf cas de légitime défense ou nulle permission n’est requise pour se défendre des envahisseurs), autrement dit en fonction de l’état actuel des relations internationales.

Il y a même très souvent chez les anciens juristes une utilisation purement linguistique du terme Dar al-Harb comme simple synonyme de Dar al-Kufr sans que cela n’implique chez eux l’idée d’un véritable état de guerre, mais plutôt un état d’hostilité et d’opposition politique, ainsi qu’une distinction entre diverses sphères d’influences. « Hostilité », car justement il n’y a pas eu de conclusion d’accord de paix, de trêve et de relation de bon voisinage avec les autorités islamiques légales représentant le Dar al-Islam (une partie ou son tout avec le califat dans les théories classiques du droit international musulman). Il s’agit donc de l’exact contraire de ce que certains appellent un Dar al ‘ahd (traité), Dar al Sulh (conciliation) ou un Dar al Hudna (trêve), qui restent tous fondamentalement des Dar al-Kufr sans être dans la pratique réelle des Dar al-Harb, mais pouvant tous potentiellement le devenir en cas de bouleversement dans les relations politiques et diplomatiques.

Dès lors, même si on adopte ces terminologies : d’un côté Dar al-Islam, de l’autre un Dar al-Harb et un Dar al-‘Ahd, cela ne peut toujours pas remplacer la dichotomie fondamentale, car Dar al-Harb et Dar al-‘Ahd appartiennent toujours et tous deux au Dar al-Kufr…

Ainsi, l’idée de ne pas utiliser Dar al-Kufr du fait de son caractère prétendument « belliqueux et offensant » ou comme prélude, selon eux, à l’état de guerre, est complètement biaisée car le Dar al-Kufr est une qualification juridique d’un territoire qui ne présage en rien de la nature des relations politico-diplomatiques qu’entretient ce territoire avec le Dar al-Islam… Cette dichotomie islamique de l’espace mondiale veut simplement démontrer les limites d’influences respectives entre la civilisation islamique et les autres. Ces nouveaux intellectuels, juristes ou imams s’appuient donc sur une méthodologie complètement inversée : ils comprennent l’islam et ses théories au prisme du contexte actuel et des idéologies (occidentales) qui dominent ce contexte, mais ne cherchent absolument pas à comprendre ce contexte en se basant sur l’Islam et ses fondements (fahm al waqi’ bil islam wa layssa fahmu islam bil waqi’). Et c’est en se basant sur l’état actuel du monde et en considérant cette situation comme une « preuve par le fait », qu’ils ont voulu revenir sur la traditionnelle dichotomie, alors que tout leur prétendu « ijtihad », en sus de ne rien apporter et de ne pas être capable de remplacer l’ancienne avec une réelle pertinence, entraîne au contraire des effets extrêmement dangereux pour la réalité de l’Islam et son devenir comme nous allons le voir.

La destruction des frontières-barrières protectrices et Le mondialisme

Car en effet, notre monde actuel est  »mondialisé », les frontières économiques tendent à disparaître pour laisser place à la libre circulation des hommes, des marchandises et des capitaux, de même que les frontières politiques tendent elles aussi à être relativisées (mais jamais entre les pays musulmans, très bizarrement !). L’uniformisation des lois, des codes, des cultures et des valeurs au niveau de la planète menace l’humanité entière en créant un homme unique, pensant et vivant fondamentalement de la même manière, tout simplement déclinée en couleurs et langues différentes (le temps de mettre en place le clonage industriel, la langue unique et sa religion mondiale). L’idéologie mondialiste se sert de termes-propagande et de leurs effets comme la démocratie, les Droits de l’homme, l’économie de marché pour réduire l’homme à l’état d’esclave inconscient et heureux de l’être. Or, ces nouveaux penseurs et imams de l’égarement ont pris pour prétexte l’état actuel du monde pour détruire la vision islamique et traditionnelle de celui-ci. D’ailleurs ils procèdent toujours ainsi dans toutes les problématiques, ils donnent pertinence à la situation et font une fatwa qui valide le contexte sans chercher à modifier islamiquement ce contexte. C’est ainsi qu’ils font délibérément le jeu des forces les plus hostiles à l’islam en accélérant l’acceptation du processus mondialiste dans les consciences musulmanes : il n’y a pas ou plus besoin de Dar al-kufr ou Dar al-Islam, mais il y aura en réalité un unique Dar al-shahâda, al-amn, al-sulh, ad da’wa mondialisé dans la plus pure vision du New World Order. Puisqu’en parallèle, même le Dar al-Islam est vidé de sa plus juste définition par tous les courants islamiques (soumis au système) en lui cherchant une simple et petite définition minimaliste pour ne pas troubler l’ordre politique établi. Pourquoi ? Car islamiquement si nous revenons sur la définition de Dar al-Islam qui fait le consensus historique on remarque qu’il n’existe pratiquement pas…

C’est ainsi que chez certains (peut-être les plus risibles de tous) un Dar al islam est simplement devenu un domaine où l’appel à la prière (adhan) est public, intégrant de ce fait plusieurs villes/régions du monde anglo-saxon ou du monde asiatique (boudhisto-communiste) dans le Dar al-Islam… Et n’ayant toujours pas compris que cette condition est un indice dans la qualification juridique d’une terre et non la définition elle-même…

D’autres parmi les néo-réformistes, la conditionnent simplement à des exigences de sécurité et de tolérance pour les musulmans, pouvant donc faire de certains pays anglo-saxons, scandinaves ou même le Japon des contrées du Dar al-islam… Comment ne pas voir que ces fausses définitions sont de si belles aubaines pour l’état actuel du Monde ? Monde où tous les intérêts sont satisfaits au détriment de ceux de l’islam ! Finalement, ce refus d’accepter et de se soumettre à la vision islamique traditionnelle du Dar al-Islam et Dar al-Kufr, en comprenant la réalité de leurs vraies significations, ne peut être qu’une preuve de l’acceptation du projet mondialiste et du triomphe de sa vision, que cela soit conscient ou non. Plus de Dar al-Islam ni de Dar al-Kufr pour mettre en place un Dar al Insanniya uniforme (domaine de l’humanité), pour un être humain uniformisé vivant sous un même et unique ordre politico-culturel : dans la plus pure vision fantasmée du projet mondialiste.

D’ailleurs remarquons maintenant comment la terminologie musulmane Dar al-Islam et Dar al-Kufr protège de fait le  »non-islam » : elle lui accorde un droit d’existence car elle reconnaît par pragmatisme que sur Terre, il peut y avoir une terre non-islamique mais elle reconnaît cette possibilité (bien qu’elle réprouve le kufr sur le plan philosophique), et c’est déjà en soi un principe de reconnaissance mutuelle totalement différent de la pensée mondialiste. Cela de la même manière qu’à l’intérieur d’un véritable Etat islamique, les minorités religieuses non-musulmanes ont le droit de vivre décemment, en sécurité et selon leurs croyances et leurs rites. La liberté et la tolérance issues de cette dichotomie en politique internationale, rejoignent la liberté et la tolérance de la distinction ahlul islam/ahlul dhimma au sein même d’un Etat/société musulmane.

Ne pas reconnaître la validité de ces principes (dar al-islam et dar al-kufr) c’est valider finalement le totalitarisme mondialiste qui cherche à effacer toutes sortes de délimitation, de distinction, et de particularité quelle soit issue de l’islam ou non.

Aïssam Aït-Yahya

Source : Nawa Editions

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