Anâ-Muslim : L’islamophobie : Une anomalie ou une norme divine ?

Publié le

5182337-7732014 

L’islamophobie : Une anomalie ou une norme divine ?

J’écris ces quelques lignes dans la hâte. Vous m’excuserez donc, par avance, pour mes approximations et la breveté du sujet. Un article dans l’urgence, disais-je, au vue de la masse d’actualité qui nous submergent actuellement et en vue surtout de corriger une conception erronée assez courante dans l’esprit de beaucoup de mes frères et sœurs dans la foi.

Cette conception est celle de l’islamophobie ambiante dans notre lieu de résidence en France que nous ne définirons pas comme « la peur » de l’Islam (comme le mot « phobie » pourrait le laisser croire) mais plutôt comme une haine farouche de notre religion. Les musulmans semblent, dans leur grande majorité, ébahis, choqués, étonnés voir complètement chamboulés par cette « dérive » instrumentalisée par les plus hautes sphères de l’État.

Ce sentiment d’étonnement heurte leurs sensibilités. Ainsi dans la violence des paroles, des actes et des faits prises contre leurs foi, cette tension anti-musulmane nous poussent souvent à des conceptions souvent fausses et loin de la réalité du conditionnement voulu par le Seigneur des Mondes.

Cet écrit consistera donc, avec l’aide d’Allah, à comprendre le pourquoi de cet acharnement selon les enseignements coraniques et à percevoir, avec une vision islamique, ses réelles significations.

 

I –  Les atteintes contre l’Islam et ses partisans : Un acharnement coutumier

A notre époque mondialisée où l’idéologie moderniste a pris l’ascendant sur toute autre idéologie, la conception de la majorité de ceux qui vivent  sous ces systèmes de pensées – parmi les populations musulmanes – ont ingurgités des conceptions et théories souvent contraire à l’enseignement islamique.

Les théories du « vivre-ensemble » , du « multiculturalisme » , de « citoyen » , « d’assimilation » modelée sous une république « indivisible »   furent tellement martelés dans les esprits qu’elles en sont devenus une norme indiscutable pour le plus commun des musulmans qui n’oseraient, au grand jamais, remettre en cause ces hérésies laïcardes. Le voilà donc en proie à l’effroi et à la stupeur lorsqu’on le marginalise à cause de sa pratique religieuse et qu’on restreint ces droits les plus élémentaires à coup de lois et de décrets au noms de ces mêmes théories.

En effet plus l’islam devient visible et pratiqué en masse dans nos villes, plus l’autorité s’acharne sur ses fidèles. Plus l’islam devient prédominant sur nos terres et prend le pas militairement contre les troupes criminels étrangères, plus l’autorité s’acharne encore plus farouchement sur sa faible population musulmane sur son sol. Pourquoi cela ?

Et si au lieu de chercher à définir ces comportements à l’aide des théories modernistes, résultat de notre propre oppression, nous ne chercherions pas plutôt à définir cela par les enseignements issue de notre propre corpus théologique ?

Comment furent traité les Prophètes et Messagers d’Allah par leurs propres peuples et sur leurs propres terres ? Comment furent accueilli leurs messages ? Comment ont-ils réagis face à cet accueil ? Quelle norme fut toujours en vigueur pour les croyants et les prédicateurs face à la masse des gens et face aux autorités en place ?

Le livre d’Allah et la tradition prophétique répondent, avec une clarté éblouissante, à toute ces questions et nous apportent donc une définition toute particulière de « l’islamophobie » ambiante aux antipodes des réactions abasourdis que nous constatons actuellement.

 

Nul n’est venu avec ce message sans être pris pour ennemi *

Allah, ‘azza wa jal, dit dans Son noble livre :

« Est-ce que les gens pensent qu’on les laissera dire: « Nous croyons ! » sans les éprouver ? Certes, Nous avons éprouvé ceux qui ont vécu avant eux; (Ainsi) Allah connaît ceux qui disent la vérité et ceux qui mentent. » Sourate 29 al ‘Ankaboût

Notre seigneur nous informe de la norme intemporel qui résulte de l’adhérence à l’islam. Est-ce que l’homme pense qu’il suffira d’une simple parole disant :  « Je crois en Allah, en Ses prophètes, en Ses anges, en Ses livres, au jour des comptes et au destin bon ou mauvais » sans qu’il ne soit par la suite éprouvé dans sa sincérité, sa conviction et sa véracité à cette parole ?

Allah, Exalté soit-Il, nous informe, justement, que non ! L’homme croyant et sincère sera constamment éprouvé pour sa croyance et sa foi.

C’est une coutume normative, voulue par Lui, pour Ses serviteurs et en premier lieu Ses messagers. En effet, l’ultime messager d’Allah, Muhammad – ‘alayhi salatu wa salâm – nous confirme :

« Les gens les plus éprouvés sont les prophètes puis ceux qui leur succèdent en degré. L’homme est éprouvé selon le degré de sa piété. Si sa foi est solide, son épreuve est encore plus dure, et si sa foi n’est pas solide, il sera éprouvé selon le degré de sa foi. Le croyant ne cesse d’être éprouvé jusqu’à ce qu’il marche sur terre lavé de toute faute » [1]

Louange à Allah, voilà une parole claire sans inclinaison à quelques interprétation évasive que ce soit. L’épreuve et l’endurance est une réalité pour le musulman ce proportionnellement au degré de sa foi.

Aucun prophètes, aucun croyant, aucune croyante, n’échappe à cela et contrairement à une idée répandue ceci n’arrive pas uniquement à ceux qui prêche à l’adoration d’Allah seul mais cette épreuve arrive aussi à ceux qui professent simplement,  par leurs bouches et leurs actes, une adhérence à la religion d’Allah l’Unique sans associé.

Le simple fait d’affirmer voir simplement de se conformer aux décrets du Seigneurs de l’univers, dans un environnement hostile où les lois, les racines historiques et les mœurs sont à l’opposé de la nature saine dont Allah a doté les hommes,  sera perçu comme une offense qui justifieront les pires insultes, les bannissements, les crachats, les tortures et les épreuves. C’est un conditionnement immuable et permanent.

Les prophètes et leurs partisans : Des exemples à méditer

Les preuves coraniques et prophétiques abondent dans ce sens. Ainsi afin que notre foi et notre conception soit en adéquation avec les coutumes voulue par Allah, méditons un instant sur les versets et les traditions issue de nos propres sources ( le Coran et la sunnah ). Débutons par le premier des envoyés d’Allah, selon les érudits, Nouh – ‘alayhi salâm :

« Le peuple de Nouh traita de menteurs les Messagers, lorsque Nouh, leur frère, leur dit : « Ne craindrez-vous pas (Allah) ? Je suis pour vous un messager digne de confiance. Craignez Allah donc et obéissez-moi. Et je ne vous demande pas de salaire pour cela; mon salaire n’incombe qu’au Seigneur de l’univers. Craignez Allah donc, et obéissez-moi » » Sourate 26 Ash-Shou’ara

Quelle fut donc la réponse de son peuple face à sa simple exhortation sage et endurante  ?

« Ils dirent: « Si tu ne cesses pas, Nouh, tu seras certainement du nombre des lapidés ! » » Sourate Ash-Shou’ara

Le commentateur du Qur’ân et historien, ibn Kathir, nous explique : « Le Coran relate dans ces Versets que Nouh les appela au chemin d’Allah avec différents moyens, jour et nuit, en public et séparément. Mais aucun moyen n’a réussi. Ils continuèrent dans leur erreur, dans leur déviation et dans l’adoration des idoles. Ils traitèrent Nouh et ses partisans comme étant des ennemis et avec un intense mépris. Ils les menacèrent de les lapider et de les expulser de leur ville. » [2]

Ainsi fut la situation du premier des envoyés d’Allah avant que le Tout-Miséricordieux ne fasse venir Son ordre. Passons maintenant directement au prophète Ibrâhim – l’ami intime d’Allah – :

« Et mentionne dans le Livre, Abraham ! C’était un très véridique et un Prophète. Lorsqu’il dit à son père : « Ô mon père, pourquoi adores-tu ce qui n’entend ni ne voit, et ne te profite en rien ? Ô mon père, il m’est venu de la science ce que tu n’as pas reçu ; suis-moi donc, je te guiderai sur une voie droite. Ô mon père, n’adore pas le Diable, car le Diable désobéit au Tout Miséricordieux. Ô mon père, je crains qu’un châtiment venant du Tout Miséricordieux ne te touche et que tu ne deviennes un allié du Diable ». » Sourate 19 Maryam

Quel fut alors la réponse cinglante du père à son propre fils après cette simple parole de la langue ? :

« Si tu ne cesses pas, certes je te lapiderai, éloigne-toi de moi pour bien longtemps ». » Sourate 19 Maryam

Ainsi furent les réponses du père à son fils, du peuple à son propre frère, mais afin que cette conception soit encore plus claire à nos yeux, finissons par les situations des Prophètes Moussa et ‘Issah face à leurs opposants :

« Allez vers Pharaon : il s’ est vraiment rebellé. Puis, parlez- lui gentiment. Peut-être se rappellera-t- il ou (Me) craindra-t-il ? Ils dirent: « Ô notre Seigneur, nous craignons qu’ il ne nous maltraite indûment, ou qu’ il dépasse les limites ». Il dit: « Ne craignez rien. Je suis avec vous : J’entends et Je vois. Allez donc chez lui; puis, dites- lui: « Nous sommes tous deux, les messagers de ton Seigneur. Envoie donc les Enfants d’Israël en notre compagnie et ne les châtie plus. Nous sommes venus à toi avec une preuve de la part de ton Seigneur. Et que la paix soit sur quiconque suit le droit chemin ! » Sourate 20 Tâ-Hâ

Face à cet appel certes l’ordre d’Allah ne diffère guère ainsi la réaction de Pharaon fut sans étonnement :

« Puis, quand il leur eut apporté la vérité venant de Nous ils dirent : « Tuez les fils de ceux qui ont cru avec lui, et laissez leurs femmes ». Et les ruses des mécréants ne vont qu’en pure perte. Et Pharaon dit : « Laissez-moi tuer Moïse. Et qu’il appelle son Seigneur! Je crains qu’il ne change votre religion ou qu’il ne fasse apparaître la corruption sur terre ». » Sourate 40 Al Ghafir

Et cela vient confirmer nos propos précédent affirmant que ce ne sont pas seulement les prédicateurs appelant à Allah qui sont éprouvés mais aussi toutes personnes adhérant à l’appel de ce même prédicateur. Pourquoi cela ? La réponse est ici assez explicite : « Je crains qu’il ne change votre religion ou qu’il ne fasse apparaître la corruption sur terre ».

Comprenez donc que cet acharnement est dû également à la crainte de l’oppresseur de voir son système affaibli, ralenti, mis en échec par la résistance perpétuelle du croyant face à leur emprise idéologie. Cette résistance n’est que tout simplement la foi en Allah, ‘azza wa jal, et en Ses commandements.

Pour conclure l’exemple de nos prédécesseurs,  peut-on faire l’impasse sur la vie de notre modèle à tous, la meilleure des créatures et miséricorde pour l’univers entier, le Prophète Muhammad – Salâllahu ‘alayhi wa salâm – ? Sa sirah (Voie/Biographie) n’est-elle pas semé d’embûche, d’épreuve et de douleur de la part de son propre peuple au point où son disciple ‘Abdullah ibn Mas’ud affirma -en rappelant la situation du Prophète ‘Issa (Jésus) – :

« Il me semble encore voir le Messager d’Allah agissant comme l’un des Prophètes (Jésus) qui fut frappé à sang par son peuple cependant qu’il ne cessait d’essuyer le sang de son visage en disant : « Seigneur Allah! Absous mon peuple car il ne sait pas »». [3]

Les persécutions des Quraishites sur le Prophète – ‘alayhi salat wa salâm – et sur ceux qui crurent en son message sont des faits connus de tous. Les atteintes contre Bilâl, Sumayyah, Abu Bakr, Abu Fakiha, ‘Amir bin Fihayra, Yassir et sa famille – qu’Allah les agréent tous – ne nous sont-elles pas parvenue ?

Les brimades incessantes contre le Messager d’Allah tels les insultes, l’embargo contre sa tribu, sa visite à Ta’if, l’épisode des entrailles de chameau, les agressions… Toutes ces atteintes nous font-elles déjà défaut dans nos mémoires ? Au point où Allah, ‘azza wa jal,  a stipulé dans Son livre :

« Endure ! Ton endurance [ne viendra] qu’avec (l’aide) d’Allah. Ne t’afflige pas pour eux. Et ne sois pas angoissé à cause de leurs complots » Sourate 16 An-Nahl

Cette persécution fut si intense que les compagnons vinrent voir le Prophète et se plaignirent de la sorte :

« Nous nous plaignîmes un jour auprès du Messager d’Allah alors qu’il était allongé à l’ombre de la Ka’ba, la tête appuyée sur son manteau. Nous dîmes : « Que n’appelles-tu pour nous le secours d’Allah ? Que ne pries-tu pour nous ? »

Méditez mes frères et sœurs ! La brutalité des épreuves furent si violente pour les disciples du Prophète qu’ils en vinrent à se questionner sur l’ordre du secours d’Allah ! Et la réponse du Messager d’Allah – Salâllahu ‘alayhi wa salâm – fut une leçon et une prophétie valable pour toute la communauté :

« Parmi ceux qui vivaient avant vous, on prenait l’un d’eux, on lui creusait un trou et on l’y mettait. On apportait ensuite une scie qu’on lui plaçait sur la tête qu’on sciait ainsi en deux morceaux. Ou bien on passait sur sa tête un peigne de fer jusqu’à lui arracher ce qu’il y avait au dessous de sa chair et de ses os. Ce n’arrivait pourtant pas à lui renier sa foi. Par Allah, Allah accomplira cette chose ( l’Islam ) jusqu’à ce que le voyageur aille sur sa monture de San’a à Hadramawt ( deux villes du Yémen ) ne craignant qu’Allah ou le loup pour ses troupeaux ». [4]

Ainsi sont les préceptes voulu par notre Créateur pour Ses envoyés et Ses fidèles serviteurs. Que conclure – au delà de tout ces exemples – ? Que l’islamophobie telle que nous le subissons actuellement ( et tel que nous le constatons dans le monde entier ) est une anomalie, une tare anormale indigne d’une société moderne ?

Ou bien que ceci est une norme instaurée par le Tout-Miséricordieux sur chaque tribus, chaque groupe d’humain, chaque prédicateurs, chaque croyant et croyante manifestant publiquement leur foi et vivant , en situation de faiblesse, dans un environnement hostile où l’homme est divinisé à la place de Son propre créateur ?

« Pensez-vous entrer au Paradis alors que vous n’avez pas encore subi des épreuves semblables à celles que subirent ceux qui vécurent avant vous ? Misère et maladie les avaient touchés; et ils furent secoués jusqu’à ce que le Messager, et avec lui, ceux qui avaient cru, se fussent écriés : « Quand viendra le secours d’Allah ? » – Quoi ! Le secours d’Allah est sûrement proche. » Sourate 2 Al Baqarah

II – Quelle réaction face à l’Islamophobie ?

Encore une fois il convient  de revenir à nos sources afin de prendre exemple et de méditer sur les réactions de nos modèles de patience et de fermeté afin de savoir comment nous comportez face au flot de haine et d’injustice dont les musulmans sont les cibles de nos jours.

A l’heure où nous remarquons nombre de réactions douteuses qui souvent augmente le mal plus qu’il ne le restreint, où nous voyons nombre de personne prendre comme arme de défense, l’arme même qu’utilise  l’opposant pour l’opprimer lui et sa communauté ceci sans revenir à l’exemple de nos ancêtres pieux.

Il est alors, d’autant plus primordial, de nous replonger dans les récits que nous ont gratifiés Allah et Son messager – ‘alayhi salatu wa salâm – afin de corriger nos réactions et de nous cramponnez à leurs exemples face aux persécutions.

Aussi je tiens à attirer l’attention sur la différence entre « réaction » et « solution » ceci afin que personne ne confonde ces deux termes.

Des ébauches de solution à notre contexte actuel furent déjà émises dans plusieurs de nos écrits précédents. Nous ne cherchons ici qu’à mettre en lumière les consignes d’Allah pour notre situation ainsi que les réactions et les comportements de nos prédécesseurs dans la foi qui diffèrent nettement des attitudes que nous voyons de certains aujourd’hui.

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La patience et la fermeté sur la religion d’Allah face à l’oppression

« Celui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver (et de savoir) qui de vous est le meilleur en oeuvre, et c’est Lui le Puissant, le Pardonneur. » Sourate 67 Al Moulk

Nous avons vu précédemment que l’épreuve du croyant est un conditionnement ordonné par Allah et non la difformité d’une société à l’idéologie impie. Par ce verset, Allah, ‘azza wa jal, nous informe également de la sagesse qui émane derrière cet ordre :  « de savoir qui de vous est le meilleur en œuvre ».

Ainsi notre Seigneur nous éprouve afin de purifier notre sincérité et notre engagement à Sa religion. Notre comportement face aux persécution, même les plus intenses, se caractérise donc par une fermeté plus forte et une adhésion complète aux décrets islamiques.

Cherchez à stopper l’acharnement des opposants contre les musulmans par des procédés étrangers à notre dîn voir tout simplement cherchez à éteindre leurs oppressions sur nous alors que nous sommes en minorité sur leurs propres terres est vain et les récits de nos prédécesseurs dans la foi  nous le montre parfaitement. et comme fut véridique, ‘Omar al-Faruq, lorsqu’il dit :

« Nous sommes un peuple qu’Allah a rendu puissant avec l’islam et dès que nous cherchons cette puissance avec autre chose que l’Islam, Allah nous avilit »

Et cette parole est confirmé par celle du Messager d’Allah – ‘alayhi salatu wa salâm – : « Lorsque vous pratiquerez « Al ‘Îna », suivrez la queue des vaches, vous contenterez de [vos] cultures, et délaisserez le Jihad, Allah fera s’abattre sur vous une humiliation qu’Il n’ôtera que lorsque vous retournerez à votre religion » [5]

C’est ainsi que le mal devient plus grand encore que l’épreuve en elle-même car c’est en cherchant à y mettre fin par des procédés éloignés de notre religion voir en délaissant les recommandations islamiques  par des issues provenant d’éléments externes à la législation divine que notre épreuve devient un avilissement.

La réaction réside donc dans la fermeté sur sa religion et l’endurance dans les œuvres pieuses afin qu’Allah soit satisfait de notre sincérité et nous apporte Son secours.

« Très certainement, nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants » Sourate 2 Al Baqarah

Nous avons un exemple merveilleux dans l’envoyé d’Allah lorsque la persécution à Makkah atteint son paroxysme, son oncle – Abu Tâlib – vient à lui pour lui demander de délaisser sa prêche à l’Islam afin d’atténuer l’oppression de son peuple, sa réaction fut celle de la fermeté et de l’endurance sur la voie de la vérité :

« Je jure par Allah, Ô mon oncle ! que s’ils mettent le soleil dans ma main droite et la lune dans ma main gauche pour que j’abandonne cela (appeler les gens à l’islam), je ne cesserai jamais jusqu’à ce qu’Allah fasse triompher l’islam ou que je périsse en le défendant. » [6]

Ainsi nous comprenons par ces illustrations que notre réaction face aux épreuves sont donc celle de l’affermissement sur la vérité (l’Islam) et l’endurance sur cela avec intransigeance et sans inclinaison vers des issues incertaines nous éloignant de cette voie, comme nous l’explique, brillamment, le grand imâm ibn-ul Qayyim :

« La religion est construite sur deux assises : La vérité et l’endurance. Et elles sont toutes deux rappelées dans la parole du très haut: « S’enjoignent mutuellement la vérité et s’enjoignent mutuellement l’endurance ».

Et nous avons compris dans ce qui a précédé, que la vérité est le contraire du faux, et c’est la certitude qui efface l’ignorance et les équivoques. Et l’endurance est le deuxième fondement, qui permet la guérison de (la suivie) des passions…» [7]

Que devons-nous conclure par toute ces illustrations ?

La fermeté et la patience sur la vérité face à l’oppression sont donc aussi une norme islamique, nos réactions doivent prendre cette directive en mot d’ordre car c’est ainsi que vient la promesse d’Allah et la délivrance comme le mentionne nos récits et nos sources. Méditons ainsi sur ce dernier passage d’une tradition prophétique mentionnant l’histoire d’un jeune homme et de son roi tyrannique dont la fin est édifiante :

« […] Il dit alors au roi : « Jamais tu ne pourras me tuer si tu ne fais pas ce que je vais t’ordonner de faire ».

« M’ordonner quoi ? » demanda le roi.

« Tu rassembles ton peuple sur un même plateau puis tu me crucifies sur le tronc d’un palmier. Tu prends alors une flèche de mon carquois, tu places la flèche au milieu de la corde de l’arc et tu dis : « Au nom d’Allah, Seigneur et Maître de ce jeune homme », tu me tires alors la flèche et, si tu fais tout cela, tu me tueras sûrement ».

Il rassembla donc les gens sur un même plateau, crucifia le jeune homme sur le tronc d’un palmier, prit une flèche de son carquois et la plaça au milieu de la corde de l’arc.

Puis il dit : « Au nom d’Allah, Seigneur et Maître du jeune homme ! ».

Il tira alors la flèche qui alla se planter dans sa tempe. Le jeune homme porta la main à sa tempe et mourut sur le coup.

Les gens dirent alors : « Nous croyons au Seigneur et Maître du jeune homme ».

On vint dire au roi : « Que dis-tu de ce que tu craignais ? Par Allah, te voilà donc atteint de l’objet de ta crainte et voilà que ton peuple a cru à Allah ».

Il ordonna de creuser des fossés à l’entrée de chaque route. On les creusa et on y alluma le feu.

Le roi dit : « Jetez-y tous ceux qui ne veulent pas renier leur foi ».

C’est ce qu’ils firent jusqu’à ce que vînt une femme avec son petit. Elle eut peur et refusa de se jeter dans le feu. Son enfant lui dit : « Mère ! Patiente car tu es sur la juste voie »[8]

 

Louange à Allah, tout ce que nous venons de mentionner auparavant se retrouve dans ce gigantesque récit ! La peur du tyran d’une propagation de la foi parmi son peuple mettant en péril son autorité, La persécution du prêcheur, La fermeté sur la vérité face à la tyrannie, l’ordre venu d’Allah par l’adhésion de ce même peuple à Sa religion et l’endurance sur cette vérité.

Méditons quelques secondes mes frères et sœurs. Dans tous les exemples que nous venons de citer, nos modèles dans la foi ont-ils chercher à stoppez les persécution en utilisant les lois des opposants et son système ? Ont-ils cherchez à éteindre ces injustices par des slogans issue des théories de leurs propres oppresseurs ?

Ont-ils cherchez à justifier cette oppression par « les tares d’une société malade » ? Comme nous l’entendons nuit et jour. Non par Allah ! Plutôt ils ont patientés, endurés, œuvrés , raffermis sur la vérité,  sur la prêche à l’islam et sa totale pratique, sans aucune inclinaison vers des procédés issue du système de l’oppresseur, ce jusqu’à ce que vienne le secours de leur Seigneur, comme Il le mentionne dans Son livre :

« Allah a promis à ceux d’entre vous qui ont cru et fait de bonnes œuvres, qu’Il leur donnerait la succession sur terre comme Il l’a donnée à ceux qui les ont précédés. Il donnerait force et suprématie à leur religion qu’Il agrée pour eux. Il leur changerait leur ancienne peur en sécurité.

Ils m’adorent et ne m’associent rien et celui qui mécroit part la suite, ceux là sont les pervers. Accomplissez la prière, acquittez l’aumône prescrite et obéissez au messager, afin que vous ayez la miséricorde. Ne pense point que ceux qui ne croient pas puissent s’opposer à l’autorité d’Allah sur terre. Le feu sera leur refuge . Quelle mauvaise destination. » Sourate 24 An-Nur

Abû Ismâ’îl al-Hindî

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* : Ceci fut les propos de Waraqa Ibn Nawfal, l’oncle de Khadija, à notre prophète [saws] dans un hadith rapporté par al-Bukhârî

 

[1] Rapporté par Al-Tirmidhi, Ibn-Mâjah, Ibn Hibbân, Al-Hâkim et Ahmad avec une chaîne de transmission authentique.

[2] Extrait de l’ouvrage : »Histoire des Prophètes » d’Ibn Kathir

[3] Hadith reconnu unanimement authentique

[4] Rapporté par al-Bukhârî

[5] Rapporté par Ahmad & Abu Dâwud

[6] Ibn Hisham  « Al-Serah Al-Nabaweyyah« , vol. 1, pp. 265-266

[7] Extrait de son ouvrage  » I’lâm-ul muwaqi’in  »

[8] Rapporté par Muslim

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