Autour de la règle : « Celui qui dit à son frère « mécréant », cela se retourne contre l’un des deux ! »

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khawarij-rumiLes savants Mourjî’ et les savants gouvernementaux aggravent ce Hadîth aux yeux des gens, au point qu’il est établit chez certains étudiants en science que quiconque traire un musulman de mécréant est un mécréant –et cet avis est faux-[1] ce qui mena beaucoup d’étudiants à s’abstenir de juger les Tawâghît mécréant. On trouve chez eux certains qui s’abstiennent même de les traiterd’injustes.

Mais l’aspect ténébreux de cette parole s’éclaircit dans plusieurs points :

1) ‘Omar ibn Al Khattâb traita Hâtib ibn Balta‘a de mécréant lorsque ce dernier commit un grand crime, mais qui n’atteignait pas la limite de la mécréance. Nous savons cela, car Allah l’appela au nom de la foi : « Ô vous les croyants, ne prenez pas Mon ennemis et le vôtre pour allié. » Lorsque le messager d’Allah salla llahou ‘alayhi wa sallam voulu conquérir la Mecque, Hâtib écrivit une lettre aux habitant de la Mecque pour les en informer. ‘Omar dit alors « Laisse-moi trancher la nuque de cet hypocrite ! » Et le prophète salla llahou ‘alayhi wa sallam ne l’en blâma pas ni ne se fâcha pour cela, mais il lui dit « Ne sais tu pas, ‘Omar, qu’Allah se pencha sur les gens de Badr et leur a dit « Faites ce que vous voulez, Je vous ai déjà pardonné. » Ce récit est rapporté par Al Boukhârî. Le prophète salla llahou ‘alayhi wa sallam n’a pas dit à ‘Omar « Tu es un Takfîrî, qui juge les musulmans mécréants, tu fais partie des Khawârij… » Comme le disent aujourd’hui les savants gouvernementaux aux monothéistes. Et Al Boukhârî utilisa ce Hadîth pour ouvrir le chapitre qu’il intitula « Celui qui ne vois pas le verdict de mécréance sur celui qui le dit par erreur d’appréciation ou par ignorance. »

Ibn Al Qayyim dit au sujet de l’histoire de Hâtib et des conclusions qu’on peut en tirer : « Il y a dans ce récit : Lorsqu’un homme accuse un musulman d’hypocrisie ou de mécréance par erreur d’interprétation ou par colère pour la religion d’Allah ou de Son messager, et pas par passion ou autre, il ne devient pas mécréant pour cela, ni même pécheur, mais il est même récompensé pour son intention, contrairement aux gens des passions et de l’hérésie : eux, ils traitent de mécréants et d’hérétique celui qui s’oppose à leur passions, alors que ce sont eux qui méritent le plus ces accusations. » (Zâd Al Mou‘âd, 3/372)

2) L’histoire rapporté par Al Boukhârî, le Hadîth de Jâbir ibn ‘Abdilleh, qui raconte que Mou‘âdh faisait la prière avec le prophète salla llahou ‘alayhi wa sallam, puis des gens arrivèrent, et Mou‘âdh dirigea la prière avec eux, et récita la sourate Al Baqara. Un homme quitta les rangs et pria seul en récitant des sourates courtes. Lorsque Mou‘âdh l’apprit, il dit « C’est un hypocrite ! » Alors l’homme en question partit chez le prophète salla llahou ‘alayhi wa sallam, et le prophète ne fit aucun reproche à la parole de Mou‘âdh, mais bien à la durée de la prière, et lui dit « Veux-tu être un fauteur de trouble Mou‘âdh ?! Récite des sourates courtes comme « Wa Chamsi wa DhouHâha » ou « Sabbih isma rabbikal A‘lâ » ! »

3) Lorsque Ousayd Ibn Houdhayr, le fils de l’oncle de Sa‘d ibn ‘Oubâda, dit à Sa‘d « Tu n’es qu’un hypocrite ! Tu discutes en faveur des hypocrites ! » comme le rapporte Al Boukhârî. Ousayd traita donc Sa‘d ibn ‘Oubâda d’hypocrite car il discutait en faveur des hypocrites, et il s’agissait ici d’Abdallah ibn Oubay Saloûl, alors que Sa‘d ibn ‘Oubâda est bien connu ! Malgré cela,le prophète salla llahou ‘alayhi wa sallam n’a pas blâmé Ousayd et ne lui a pas dit « Tu es un Takfîrî Khârijî » comme le disent les savants gouvernementaux, par vénération pour leur Tawâghît. Il n’existe aucune personne pratiquant le Tawhîd et l’exposant, et désavouant les Tawâghît sans que ceux là disent ce genre de parole. Cela arriva même à Mouhammad ibn ‘Abdelwahhâb, lorsqu’il exposa le monothéisme et insulta les Tawâghît et les combattit, les savants du mal dirent de lui « C’est un Khârijî, un Takfîrî » tout comme aujourd’hui, c’est exactement la même chose. Nous demandons à Allah de nous protéger de l’égarement après la guidée.

Quant à la signification du Hadîth : « Cela revient sur l’un d’eux » cela veut dire « Le péché », dans le sens ou celui qui le fait est dans le péché et que cela ne lui est pas permis. Mais celui qui dit que c’est de la mécréance, sa parole est faible et très éloignée. Il faut faire attention à cela, et celui qui veut plus de détailles à ce sujet, qu’il revienne à ce qu’a expliqué cheikh ‘Abdallah Abou Boutayn dans « Majmoû‘at Rasâ‘il An-Najdya » 5/511.

Cheikh ‘Abdellatîf ibn ‘Abderrahmân dit : « Celui qui traite certains pieux de mécréants par erreur d’appréciation ou par erreur, et qu’il fait partie de ceux qui peuvent faire des efforts d’appréciation, ceux de ce genre là n’ont pas de péché dû à leur effort de trouver la justice, comme dans l’histoire de Hâtib : ‘Omar le traita d’hypocrite et demanda au messager d’Allah la permission de le tuer. Le messager d’Allah salla llahou ‘alayhi wa sallam lui dit alors « Ne sais tu pas, ‘Omar, qu’Allah se pencha sur les gens de Badr et leur a dit « Faites ce que vous voulez, Je vous ai déjà pardonné. » Malgré cela, il ne gronda pas ‘Omar pour ce qu’il dit sur Hâtib, qu’il est un hypocrite. Allah a dit « Seigneur, ne nous punis pas si nous oublions ou nous trompons » Et il est confirmé que le Seigneur Tabâraka wa Ta‘âlâ, après que ce verset fut révélé et récité par les croyants, Il dit « Je l’ai fait. » Quant à celui qui traite de mécréant quelqu’un de cette communauté en se basant sur une preuve et un texte du Coran ou de la Sounnah, et qu’il a vu une mécréance claire comme l’association à Allah, l’adoration d’un autre que Lui, ou se moquer d’Allah ou de Ses versets ou de Ses messager, ou les démentir, ou détester ce qu’Allah a révélé comme guidée et religion de vérité, ou renier une description d’Allah ou un des attributs de Sa majesté, celui qui traite une telle personne de mécréant est récompensé et il a raison, il ne fait par là qu’obéir à Allah et Son messager. » (Dourar 12/ 260, 261)

Et cheikh ‘Abdallah ibn ‘Abderrahmân Abou Boutayn fut interrogé au sujet du Hadîth « Celui qui traite un musulman de mécréant est un mécréant. » Il répondit : « Cette version du Hadîth n’est pas connue de nous comme venant du prophète salla llahou ‘alayhi wa sallam, mais le Hadîth connu est « Celui qui dit à son frère « Mécréant » alors cela se retourne contre l’un des deux. » Celui qui accuse un homme de mécréance, ou de perversion ou d’hypocrisie, par erreur d’appréciation ou par colère pour Allah, alors nous espérons qu’il sera pardonné [2], comme quand ‘Omar, qu’Allah l’agrée, dit sur Hâtib qu’il est un hypocrite. Cela arriva à d’autres compagnons. Quant aux ignorants qui disent « vous jugez les musulmans mécréants » Ceux-là ne connaissent ni l’islam ni le monothéisme. Apparemment, l’islam de celui qui dit cela est invalide [3], car celui qui ne blâme pas ces choses que font les idolâtres aujourd’hui, et ne voit rien de mal dedans, ce n’est pas un musulman. » (Majmoû‘at Rasâ‘il wa masâ’il An-Najdiya 1/654, 655.

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[1] Sache qu’il n’y a que quatre cas possible de personne qui traite un musulman de mécréant :
1) Celui qui refuse le verdict d’Allah et le dément.
2) Celui qui le fait pour plaisanter et jouer.
3) Celui qui le fait par erreur d’interprétation.
4) Celui qui le fait par effort de justice et se trompe.

Quant au premier, celui qui refuse le verdict et le dément, sa mécréance est flagrante. La justification de sa mécréance est qu’il s’est permis à lui-même de s’opposer à Allah et de décrire les choses différemment de ce qu’Allah a décrit. Comme si Allah disait d’une chose « C’est permis » mais que lui dise, sans aucune excuse valable, « Non ! C’est Interdit ! » Ou bien Allah dit « Celui qui fait cela est un croyant ! » et lui dit « Non, celui qui fait ça est un mécréant ! » Il donne aux choses un autre statut que ceux qu’Allah leur a donné. Ce qu’Allah décrit comme étant de la foi, il le décrit mécréance. Une telle personne est mécréante sans aucun doute, et elle sort de l’islam.

Pour le deuxième, celui qui le fait pour jouer et plaisanter, il ne fait également aucun doute de sa mécréance, car Allah a dit « Est-ce d’Allah, de Ses versets et de Son messager que vous vous moquiez ? Ne vous excusez pas, vous avez mécru après avoir cru. »

Pour le troisième, celui qui le fait par erreur d’interprétation, celui là est pécheur, car il a jugé sans science, mais avec ignorance. Mais il ne devient pas mécréant car il y a probabilité de présence d’une confusion, une mauvaise déduction des textes qui empêche de lier la menace générale sur le cas particulier. Exemple : Les Khawârij, qui traitaient de mécréants certains compagnons et ceux qui sont coupables de grands péchés. Malgré leur confusion, nous ne trouvons aucun compagnon qui les a jugés mécréant, mais ils étaient unanimes quant au faite de les combattre. Cheykh Al Islâm Ibn Taymiya dit « Les Khawârij étaient les plus manifestes dans l’hérésie et le meurtre des musulmans et l’excommunication de la communauté. Mais les compagnons ne les jugèrent pas mécréant, ni ‘Alî ibn Abî Tâlib, ni autre que lui. Mais ils les jugèrent musulmans, injustes et transgresseurs. »

Et pour le quatrième, celui qui le fait par effort de justice, celui là est pardonné et excusé, et récompensé, car le prophète salla llahou ‘alayhi wa sallam a dit « Si le juge fait effort de justice et se trompe, il a une récompense. » Comme ce fut le cas pour ‘omar ibn Al Khattâb, Mou‘âdh ibn Jabal et d’autres comme nous allons le voir inchaAllah. Trad. Référence : Qawâ‘id fî takfîr d’Abou Baçîr.

[2] Pas comme disent les savants gouvernementaux qui effraient les étudiants au sujet du Takfîr, au point que les Tawâghît arabes qui gouvernent par autre que la loi islamique et veulent une autre loi que la loi de l’islam, ne sont pas des mécréants. Et ils s’abstiennent même de juger celui qui insulte Allah mécréant ! Nous nous innocentons auprès d’Allah de cet égarement, et nous Lui demandons la protection contre cette ruse.

[3] Regarde ce que le cheikh jugea sur celui qui dit ce genre de paroles atroce.

Source : Musulmans du Monde

Une réflexion au sujet de « Autour de la règle : « Celui qui dit à son frère « mécréant », cela se retourne contre l’un des deux ! » »

    Hammed a dit:
    juillet 24, 2014 à 12:21

    *Réfutation générale de toutes les ambiguïtés des takfiri* : Le premier fondement :

    Il incombe au musulman de vérifier tout ce qui lui arrive comme information car toutes les rumeurs qui sont propagées sur les gouverneurs ne sont pas vraies ; il est donc obligatoire de s’assurer de l’authenticité de l’information. Et c’est pour cela que l’on dit que de nombreuses ambiguïtés propagées sur les gouverneurs ne sont que des rumeurs dénuées de toute preuve.

    Voici les preuves :

    « Ô vous qui avez cru ! Si un pervers vous apporte une nouvelle, voyez bien clair (de crainte) que par inadvertance vous ne portiez atteinte à des gens et que vous ne regrettiez par la suite ce que vous avez fait » Sourate les appartements verset 6

    Sheikh Al Islâm ibn Taymiyya -qu’Allah lui fasse miséricorde- a dit : L’information du pervers est écoutée et est vérifiée ; on ne tranche pas ni de sa sincérité ni de son mensonge qu’avec une preuve comme Allah a dit :

    « Si un pervers vous apporte une nouvelle… » Fin de citation d’ibn Taymiyya e son recueil de Fatawas tome 19 page 63.

    Et il dit également- qu’Allah lui fasse miséricorde- :

    « Et Il (Allah) a également motivé cela par la peur du regret ; et le regret n’est que pour le châtiment de l’innocent comme dans le Hadith rapporté par Abou Daoud dans son Sounnan « éloignez les ambiguïtés des peines légales car que l’imam se trompe en pardonnant est meilleur qu’il se trompe en châtiant » ; donc si le choix doit être fait entre se tromper en châtiant un innocent et se tromper en pardonnant à un pécheur, cette dernière est la meilleure des deux erreurs… » Recueil de Fatawas d’ibn Taymiyya tome 15, page 308.

    Al Hâfidh Ibn Kathir qu’Allah lui fasse miséricorde a dit :

    « Allah a ordonné de vérifier l’information du pervers pour être prudent envers lui pour que l’on ne juge pas avec sa parole et qu’il soit- sur le même point- menteur ou en erreur » Exégèse d’ibn Kathir tome 4, page 245.

    L’éminent savant As-Sa’di – qu’Allah lui fasse miséricorde- a dit :

    «Ceci fait partie des bienséances dont les gens doués de raison doivent se doter et appliquer ; et c’est le fait de vérifier l’information qui leur est rapportée par un pervers et de ne pas l’accepter comme elle est car il y a en cela un grand danger et le fait de tomber dans le péché… et il y a en cela aussi la preuve sur le fait que l’information rapportée par le véridique est acceptée et l’information rapportée par le menteur est rejetée et que l’information du pervers est laissée en suspend » Exégèse de As-Sa’di page 800.

    Remarque : Le verset parle de l’information rapportée par un pervers et de même pour l’information rapportée par quelqu’un d’inconnu, voici l’explication de ceci en deux points :

    Le premier :

    L’inconnu peut être un pervers ; la prudence requiert donc de laisser son information en suspend jusqu’à ce qu’elle soit vérifiée comme on laisse l’information rapportée par un pervers en suspend jusqu’à ce qu’elle soit vérifiée.

    Le deuxième :

    Allah a justifié l’ordre de vérifier par le fait de porter atteinte par inadvertance or le fait de porter atteinte par inadvertance est probable dans l’information rapportée par l’inconnu comme elle est probable dans l’information rapportée par le pervers. Nous pouvons donc dire que ces deux points mettent en évidence de manière claire l’erreur de ceux qui limitent le verset à ceux dont on est sûrs qu’ils sont pervers et ont donc accepté l’information de tous ceux dont la perversité n’a pas été établie comme l’inconnu !

    Le deuxième fondement :

    Les Gens de la Sounna sont unanimes sur l’interdiction de se rebeller contre le gouverneur sauf s’il tombe dans la mécréance claire qui ne laisse aucun doute. On peut donc dire que de nombreuses ambiguïtés qui sont propagées ne sont que des péchés qui ne font pas tomber celui qui les commet dans la mécréance ; et la voie à suivre par rapport aux péchés du gouverneur conformément au Coran et à la Sounna est :

    « Le conseil et le fait de demander (à Allah) la piété pour lui tout en l’écoutant et en lui obéissant dans tous ce qu’il ordonne à part les péchés » Voici les preuves :

    An-Nawawî a dit- qu’Allah lui fasse miséricorde- :

    « Le fait de se rebeller contre eux et de les combattre est illicite selon l’unanimité des musulmans et cela même s’ils sont pervers et injustes et les Hadiths sont nombreux sur ce que j’ai dit ; et les Gens de la Sounna sont unanimes sur le fait qu’on ne peut pas destituer un gouverneur à cause de sa perversité » Voir son explication de l’authentique de Mouslim parties 11-12 page 432 sous le hadith numéro 4748.

    Al Hâfidh Ibn Hajar qu’Allah lui fasse miséricorde a dit : Ibn Battâl a dit : « Il y a dans ce Hadith une preuve sur le fait de délaisser la rébellion contre le gouverneur même s’il est injuste et les jurisconsultes sont unanimes sur l’obligation d’obéir au gouverneur qui prédomine et de combattre à ses côtés et que son obéissance est meilleure que la rébellion contre lui car il y a en cela le fait d’épargner le sang des gens et l’apaisement des foules »

    Et leur preuve sur ce point est ce Hadith et d’autres qui le renforcent et ils (les jurisconsultes) n’ont fait aucune exception à cela à part le fait que le gouverneur tombe dans la mécréance claire » Voir l’explication de Ibn Hajar de l’authentique d’Al Boukhari (Fath Al Bari) tome 13 page 9 sous le hadith numéro 7054

    Et conformément à ce consensus (cette unanimité) :

    L’Imâm ibn Baz a dit qu’Allah lui fasse miséricorde : « S’ils ordonnent un péché on ne leur obéit pas dans le péché mais il est interdit de se rebeller contre eux à cause de cela » Voir son recueil de Fatawas tome 8, page 202

    Et il dit- qu’Allah lui fasse miséricorde- : « Ceci indique qu’il ne leur est pas permis de contester les gouverneurs et de se rebeller contre eux sauf s’ils voient une mécréance claire dont ils ont une preuve venant d’Allah » Recueil de Fatawas de Sheikh ibn Baz tome 8 , page 203.

    Et L’Imâm Al ‘Outhaymine a dit- qu’Allah lui fasse miséricorde- lorsqu’il fut questionné sur certains genres de perceptions perçues par les gouvernements, sont-elles considérées comme des taxes ? Il répondit : « C’est général à toute chose perçue sans droit, cela fait donc partie des taxes et c’est illicite….mais le musulman se doit d’écouter et d’obéir, et d’écouter les gouverneurs et de leur obéir, et s’ils demandent de l’argent sur ces transactions de le leur donner…et il n’est pas permis d’utiliser ce genre de choses comme moyens pour critiquer les gouverneurs, et les insulter dans les assises etc.… » Rencontre porte-ouverte du Sheikh (3 /416) rencontre 65, question 1465.

    Et il dit- qu’Allah lui fasse miséricorde- : « … contrairement à ce que disent les Khawarij qui voient qu’il n’y a pas d’obéissance à l’Imâm et au gouverneur s’il est désobéissant, car selon leur règle le grand péché fait sortir (celui qui le commet) de la religion » Explication d’Al Wasityya du Sheikh (2/337) éditions Ibn Al Jawzi.

    Et il a dit également : « Quoi qu’ai fait le gouverneur comme perversité il est interdit de se révolter contre lui ; même s’ils ont bu de l’alcool ou commis la fornication ou ont commis des injustices envers les gens, il est interdit de se rebeller contre eux » Explication du Sheikh du Jardin des Vertueux (4/514) éditions Al Watan

    Et il a dit- qu’Allah lui fasse miséricorde- : « Tandis que la parole de certains simples d’esprit : qu’il nous est obligatoire d’obéir aux gouverneurs que s’ils sont complètement sur le chemin de droiture est fausse, c’est une erreur et cela ne fait en rien partie de la Religion et c’est même la voie des Khawarij qui veulent des gouverneurs qu’ils soient sur le chemin de droiture en toute chose et ceci n’est pas arrivé depuis un certain temps car les choses ont changé… » Explication du Sheikh du Jardin des Vertueux (4/517) éditions Al Watan

    Et il a dit également- qu’Allah lui fasse miséricorde- : « Il nous est obligatoire d’écouter et d’obéir même s’ils sont eux-mêmes négligents car leur négligence est sur eux, ils assument ce dont ils se sont chargés et nous assumons ce dont nous nous sommes chargés » Explication du Sheikh du Jardin des Vertueux (5/269) éditions Al Watan

    Et il dit : « Cela ne veut pas dire que s’il ordonne un péché que l’on ne doit plus lui obéir du tout !non ! On ne lui désobéit que dans cette chose particulière qui est une désobéissance à Allah et en dehors de cela nous devons lui obéir » Explication du Sheikh du Jardin des Vertueux (3/333) éditions Al Watan

    Le troisième fondement :

    « Toute personne qui commet une mécréance n’est pas nécessairement un mécréant car il se peut qu’il ait quelque chose qui empêche (en arabe : mâni’) de le rendre mécréant. Et c’est pour cela que nous disons que : certaines choses qui sont propagées sur certains gouverneurs musulmans sont du ressort de la mécréance ; mais il n’est permis à personne de se comporter avec ce gouverneur comme on se comporte avec un gouverneur mécréant jusqu’à ce que lui soit dressée les preuves ; c’est-à-dire que les conditions pour poser le Jugement de mécréance soient réunies et ce qui empêche de poser ce jugement soit absent »

    Voici les preuves :

    Sheikh Al Islâm ibn Taymiyya -qu’Allah lui fasse miséricorde a dit- : «Toute personne qui fait une erreur (et ici on parle de ce qui fait sortir de l’Islâm) n’est pas (nécessairement) un mécréant, surtout dans les choses pointues où la communauté de l’Islâm a fort divergé.. » Recueil de Fatawa d’ibn Taymiyya, tome 16, page 424.

    Et il a dit- qu’Allah lui fasse miséricorde- : « Et il n’appartient à personne de rendre mécréant un musulman même s’il a commis une erreur et s’est trompé jusqu’à ce que lui soit dressé les preuves et qu’il discerne la bonne voie, et celui dont l’Islâm est affirmé avec certitude on ne peut pas le lui retirer avec un doute mais de plus il ne peut être retiré qu’avec le fait de dresser les preuves et de dissiper l’ambiguïté » Recueil de Fatawas d’ibn Taymiyya, tome 12, page 466.

    Et il dit- qu’Allah lui fasse miséricorde- : « Chaque fois qu’ils les ont entendu dire : celui qui dit telle chose est un mécréant , l’auditeur croit que cette parole englobe toute personne qui dit une telle chose, et ils n’ont pas réfléchi au fait que le fait de poser le jugement de mécréance (le Takfir) a des conditions et des choses qui s’y opposent (les empêchements) qui peuvent ne pas être réunies chez un individu particulier et que le fait de poser le jugement de mécréance de manière générale (celui qui dit telle chose est mécréant) n’implique pas le jugement de mécréance sur un individu particulier sauf si les conditions sont réunies et les empêchements sont absents. Ceci est mis en évidence par le fait que l’Imâm Ahmad et la globalité des Imâms qui ont prononcé ce genre de paroles générales n’ont pas rendu mécréants la majorité de ceux qui ont prononcé cette même parole. » Recueil de Fatawas d’ibn Taymiyya, tome 12, page 487.

    Et il a dit- qu’Allah lui fasse miséricorde- sur le fait de poser le jugement de mécréance : « Et ce qui est voulu ici c’est : que les écoles des Imâms sont basées sur ce détail entre le genre et le particulier » Recueil de Fatawas d’ibn Taymiyya tome 13, page 348.

    Et il dit également- qu’Allah lui fasse miséricorde- : « Le fait de juger un individu particulier de mécréant- parmi ces ignorants et leurs semblables- c’est-à-dire le fait de juger qu’il fait partie des mécréants est interdit jusqu’à ce que soit dressé les preuves de la révélation sur l’un d’entre eux qui mettront en évidence qu’ils transgressent la voie des Envoyés et ceci même s’il ne réside aucun doute dans le fait que ce qu’il a dit est une mécréance ; et ceci est valable dans le fait de juger mécréant tous les individus particuliers » Recueil de Fatawas d’ibn Taymiyya tome 12, page 500.

    L’Imâm Al Albani – qu’Allah lui fasse miséricorde- a dit : « Toute personne- parmi les croyants- qui commet un acte de mécréance n’est pas nécessairement un mécréant » Recueil des Hadiths Authentiques, (Silsilat ou Al Ahadith As-Sahiha) sous le Hadith numéro 3048.

    L’Imâm Al-‘Outhaymine – qu’Allah lui fasse miséricorde- a dit : « Il y a d’office pour toute personne qui commet un acte de mécréance un empêchement qui va empêcher de le rendre mécréant…. Il faut obligatoirement que ce soit une mécréance claire sans aucune ambiguïté car si elle comporte une ambiguïté, la personne qui le commet ne peut être rendue mécréante même si on dit que ce qu’elle a commis est une mécréance. Nous faisons donc la différence entre la parole et celui qui dit cette parole et entre l’action et celui qui fait l’action; il se peut que l’action commise soit une perversité et qu’on ne juge pas pour autant la personne qui la commet comme pervers à cause d’un empêchement qui nous empêche de le rendre pervers ; et il se peut que ce soit une mécréance et que l’on ne rende pas mécréant la personne qui la commet à cause d’un empêchement ; et la révolte des Khawarij n’a causé du mal à la communauté qu’à cause de cette mauvaise interprétation…. Il se peut que quelqu’un commette un acte de perversité sans qu’il y ait de doute mais par ignorance, alors que si tu lui dis : mon frère ceci est illicite, il te répond : qu’Allah te récompense, et il arrête. Donc : comment puis-je juger un individu de pervers sans lui dresser les preuves ? Donc : ceux à qui tu fais référence parmi les gouverneurs des arabes et des musulmans il se peut qu’ils soient excusés et qu’ils n’aient pas connus la preuve, ou il se peut que la preuve leur soit arrivée et que quelqu’un les trompe et leur mettent des ambiguïtés. » Rencontre porte-ouverte du Sheikh 3/125, rencontre 51, question 1222.

    Il dit également – qu’Allah lui fasse miséricorde- en réponse à la question : « Peut-on considérer ceux qui ne jugent pas selon le Coran et la Sounna mais jugent selon les législations françaises et anglaises comme des mécréants ? »

    Il répondit : « Il faut voir ; quelle est la raison qui les pousse à cela ? Est-ce que quelqu’un parmi ceux qui prétendent détenir la science les trompe et leur dit que cela ne contredit pas la législation (Islamique) ? Ou autre ?…on ne peut juger ce genre d’affaire qu’au cas par cas… » Rencontre porte ouverte 1/24, rencontre numéro 1, question 31

    Remarque : Les conditions pour poser le jugement de mécréant sont au nombre de quatre :

    1-la science : c’est-à-dire qu’il soit savant du fait que la chose est illicite (qu’il ne soit pas ignorant)….et il n’est pas obligatoire qu’il soit savant du fait que c’est une mécréance. 2-l’intention : c’est-à-dire qu’il ait voulu faire l’action (qu’il ne l’ait pas faite par erreur)…et le sens de cette condition ce n’est pas qu’il ait eu l’intention de mécroire en Allah. 3-le choix : qu’il ait le choix de l’action (qu’il ne soit pas sous la contrainte) 4-absence de mauvaise interprétation permise : c’est-à-dire uqu’il n’y ait pas d’ambiguïtés avec les preuves qui font qu’il va croire que ce qu’il fait est autorisé.

    Le quatrième fondement :

    La révolte contre le gouverneur mécréant n’est pas toujours autorisée ; elle est conditionnée par :

    1- Le fait qu’il (le gouverneur) commette une mécréance claire dont nous avons une preuve venant d’Allah. 2- Le fait de lui dresser les preuves. 3- La capacité de le retirer du pouvoir. 4- La capacité de le remplacer par un musulman. 5- Que le fait de se révolter contre lui n’amène pas un mal plus grand que le fait de le laisser à sa place.

    Et c’est pour cela que nous pouvons dire : le fait de se révolter contre quelqu’un qui commet une mécréance et devient mécréant n’est pas toujours autorisé

    Voici les preuves : Al Hâfidh Ibn Hajar –qu’Allah lui fasse miséricorde- a dit sur le gouverneur mécréant : « Il est obligatoire de le combattre pour celui qui en est capable …. » Fath Al-Bari (l’explication de Sahih Al Boukhari) 9/13 sous le Hadith numéro 7054

    L’Imâm Ibn Baz –qu’Allah lui fasse miséricorde – a dit : « …Sauf si les musulmans voient une mécréance claire dont ils ont une preuve venant d’Allah : il n’y a pas de mal à se révolter contre ce gouverneur pour le retirer s’ils en ont la capacité ; mais s’ils n’ont pas la capacité : ils ne se révoltent pas, ou si la révolte cause un mal plus grand : ils ne peuvent pas se révolter pour prendre en considération le bien de tous. La règle légiférée sur laquelle tous les savants sont unanimes est : Il est interdit d’enlever un mal par un mal plus grand, mais de plus il est obligatoire de repousser le mal par ce qui l’enlève ou le réduit.

    Tandis que repousser le mal par un mal plus grand : ceci est interdit par unanimité des musulmans. Donc si ce groupe – qui veut retirer ce gouverneur qui a commis une mécréance claire- a les capacités pour le retirer et le remplacer par un bon gouverneur vertueux sans que cela n’engendre un grand mal pour les musulmans et un mal plus grand que le mal de ce gouverneur : alors il n’y a pas de problème. Tandis que si la révolte cause une grande perversion, une perturbation de la sécurité, de l’injustice envers les gens, des meurtres d’innocents etc. Alors c’est interdit » Recueil de Fatawas d’Ibn Baz 203/8.

    L’Imâm Al-‘Outhaymine -qu’Allah lui fasse miséricorde- a dit concernant le fait de se révolter contre le gouverneur mécréant : « si nous sommes capables de nous révolter, alors nous le faisons et si nous ne sommes pas capables, alors nous ne révoltons pas car toutes les obligations légiférées sont conditionnées par la capacité, et si nous nous révoltons il se peut que cela cause un mal plus grand que si le gouverneur reste en place, car si nous nous révoltons et que sa puissance apparaît nous n’en sortirons que plus humiliés et lui va continuer dans sa mécréance et sa tyrannie. Ces choses demandent de la pondération et il faut joindre la législation à cette pondération, et éloigner les sentiments de ces choses ; nous avons besoin de sentiments pour nous enthousiasmer et nous avons besoin de la législation et de la raison pour ne pas se laisser entraîner par les sentiments qui vont nous conduire à la perdition. Rencontres porte-ouverte du Sheikh 126/3, rencontre 51, question 1222. Et il dit : « ….dites trois conditions et si vous voulez dites quatre :

    1- que vous voyez 2- une mécréance 3- claire 4- dont vous avez une preuve venant d’Allah

    Ce sont quatre conditions ; et si nous avons vu ceci- par exemple- : la contestation n’est pas permise tant que nous n’avons pas la capacité de retirer le gouverneur, donc si nous n’avons pas la capacité: la contestation n’est pas permise, car si nous contestons alors que nous n’avons pas la capacité il se peut qu’il en finisse avec ce qui reste des gens vertueux et que son hégémonie devienne complète ; voici donc les conditions de la permission ou de l’obligation- l’obligation de se révolter contre les gouverneurs-, mais avec la condition d’en avoir la capacité, car si nous n’en avons pas la capacité : il est interdit de se révolter car cela fait partie du fait de chercher sa propre perte. Quel est le bien si on se révolte contre ce dirigeant – dont nous avons vu une mécréance claire dont nous avons une preuve venant d’Allah- si on ne dispose pour cela que d’un couteau de cuisine alors que lui dispose de chars et de mitraillettes ?
    Aucun bien ! Et cela équivaut au fait de se révolter pour se tuer soi-même !
    Il est vrai que nous devons ruser pour le destituer de son poste et en finir avec lui mais avec les quatre conditions que le Prophète « Sala-Llâhou ‘alayhi wa Salâm » a citées : « Que vous voyiez, une mécréance, claire, dont vous avez une preuve venant d’Allah »
    Explication du Sheikh du livre le Jardin des Vertueux 515/4, éditions Al-Watan.

    Remarque :
    Sheikh Al Islam Ibn Taymiyya a dit en mettant l’accent sur la concordance entre la révolte et le mal (qui en découle) : « Peut-être que l’on ne connaît pas une faction qui s’est révoltée contre un gouverneur sans que sa révolte ait engendré un mal plus grand que celui qu’elle a enlevé »… Minhadj As-Sounna An-Nabawia de Ibn Taymiyya 391/3.

    ————————–
    Source : http://www.salafs.be

    Le livre :  » Et débat avec eux de la meilleure manière qui soit  » (Et discute avec eux de la meilleure façon.) –

    Sheikh Abu ‘Abd-Ar-Rahman Bandar Ibn Nayif Al-Outaybî – hafidhahou Allah.

    Traduction rapprochée : par Mehdi Abou Abdirrahman
    SAM 3 OCT 2009

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