Aissam Aït-Yahya : Critique islamique de la Constitution tunisienne laïque !

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Grille d’analyse

Pour faciliter la compréhension et la validité de cette rapide analyse critique de la nouvelle Constitution tunisienne, il est des éléments essentiels à rappeler pour tout lecteur. Sans nous perdre dans de longues explications et détails sur la signification réelle du terme constitution et ce qu’elle implique pour un État, résumons notre démarche par ces quelques points de rappel.

1/ L’État a une personnalité juridique propre, (ici en l’occurrence on parle de personnalité morale car l’État n’est pas un être vivant physique mais une institution) : or tout comme un individu libre et émancipé, l’État a une croyance, des actions, des paroles, une vision, des buts (etc.). En d’autres termes on peut juger islamiquement de la nature et du statut d’un État indépendamment de la nature et du statut du pays et/ou de sa population.

2/ La Constitution pose les principes et les valeurs fondamentales d’un État, les bases de son Droit et les modalités de fonctionnement. De manière plus islamique, on peut dire que la Constitution est la profession de foi d’un État, elle fonde et explique le dogme (‘aqida) de la Religion en vigueur dans le pays (territoire) sur lequel cet État impose son ordre avec le fondement de ses règles et lois (oussoul fiqh wa oussoul ‘’shari’a’’) détaillés par sa constitution.

Dès lors, comprenons donc bien ici la signification scientifique réelle du terme Religion et non pas la définition usuelle, pauvre et très incomplète des gens du commun. Le sociologue athée fondateur de la sociologie moderne Émile Durkheim la définit comme : « système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées, c’est-à-dire séparées, interdites, croyances et pratiques qui unissent en une même communauté morale, appelée Église, tous ceux qui y adhérent ».
Nous avions par ailleurs déjà synthétisé la définition du terme « religion » expliqué par At Tabari et Ibn Taïmiyya (« Les origines chrétiennes d’une laïcité musulmane« , 2013, Ed. Nawa) comme suit : « Toute obéissance coutumière qui induit des traditions (culture) et des actions (cultes), formées par des règles et lois auxquelles l’on se soumet volontairement car perçues comme vraies, justes et légitimes ».
Ainsi on voit bien les convergences de ces deux définitions expliquant la religion comme un système ordonné de croyances et de pratiques qui ont pour fonction de régir la vie de l’homme en société.
Mais l’on voit aussi que l’islam, la démocratie, le marxisme ou le judaïsme sont tous des religions, et que l’homme ne saurait se passer de religion sur Terre ; soit elle lui est imposée, soit il se la créée…

Au regard des principaux articles, nous allons désormais nous demander si la nouvelle constitution qui a été promulguée « Au Nom de Dieu Clément et Miséricordieux » peut être qualifiée d’islamique et musulmane, et si oui ou non, elle confère donc à l’État tunisien qui s’en réclame la qualité d’État musulman, faisant de l’islam sa véritable religion.
Cette analyse se fera bien évidemment à travers l’exclusivité du Coran et la Sounna, puisque « si vous divergez en quoi que ce soit, renvoyez le jugement à Allah et au Messager. » (Sourate « Les femmes », verset 59).

I Partie : Le préambule

Nous citons :

Exprimant l’attachement de notre peuple aux enseignements de l’Islam et à ses finalités caractérisées par l’ouverture et la modération, des nobles valeurs humaines et des hauts principes des droits de l’Homme universels, Inspirés par notre héritage culturel accumulé tout le long de notre histoire, par notre mouvement réformiste éclairé fondé sur les éléments de notre identité arabo-musulmane et sur les acquis universels de la civilisation humaine, et par attachement aux acquis nationaux que notre peuple a pu réaliser ;
[…]

Analyse :

Ce préambule pose très rapidement les contradictions futures inextricables de cette Constitution. Alors qu’il exprime l’attachement du peuple tunisien aux enseignements de l’Islam (تمسك شعبنا بتعاليم الإسلام) sans détailler, expliquer ou rappeler la nature de ces enseignements, on perçoit qu’en réalité ce sont bel et bien les enseignements des ‘Lumières’ issus du monde occidental qui sont exposés via tout un vocabulaire approprié :
– Droit de l’Homme universel (حقوق الإنسان الكونية السامية)
– mouvement réformiste ‘’éclairé’’ (حركاتنا الإصلاحية المستنيرة)
– acquis universels de la civilisation humaine (وإلى الكسب الحضاري الإنساني)

Ne pas expliquer les enseignements de l’Islam est donc en parfaite logique avec le fait d’user d’un type particulier de terminologie qui véhicule très clairement des idées et des philosophies étrangères à l’Islam. On n’explique pas l’islam mais la Constitution va prendre le temps de présenter les véritables fondements de sa religion réelle.
Ainsi la cohérence est déjà très claire, on évoque les Droits de l’Homme sans rappeler les Droits d’Allah sur lui : “Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent“ (Sourate « Qui éparpillent », Verset 5), et dans le Sahih Boukhari d’après Mou’ad ibn Jabal : « … le Prophète me dit : « Ô Mou’ad connais-tu le droit d’Allah sur ses serviteurs et le droit qu’a donné Allah à ses serviteurs ? ». J’ai dit : « Allah et son Prophète le savent mieux ». Il a dit : « Le droit qu’a Allah sur ses serviteurs est qu’ils L’adorent sans rien lui associer et le droit qu’Allah a donné à ses serviteurs est de ne pas les châtier s’ils ne Lui associent rien. ».
Inutile de rappeler ce qu’est la réalité de l’idéologie des Droits-de-l’Homme issue du progressisme et de l’humanisme qui n’avaient historiquement pour but principal que d’émanciper les hommes de Dieu et de les arracher à la servitude de la religion (c’est toujours le cas pour les pays où la religion a encore une certaine réalité comme en Tunisie). Donc ne pas rappeler les Droits du Créateur sur la créature est le signe clair de cette attitude réformiste (لإصلاحية) moderniste éclairée par les Lumières : « Et quand on leur dit : « Ne semez pas la corruption sur la terre », ils disent : « Au contraire, nous ne sommes que des réformateurs ! » (Sourate « La Vache », verset 11)

De plus dans cet état d’esprit, rappeler les acquis universels d’une prétendue seule et même civilisation humaine c’est entrer encore une fois dans l’idéal messianique de l’humanisme prométhéen qui cherche à travers l’universalisme de valeurs (occidentales) à effacer les différences et les spécificités de chacun des peuples : « et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous fassiez connaissance les uns avec les autres… » (Sourate « Les appartements », verset 13) car « Si Allah avait voulu, Il aurait certes fait de vous une seule communauté » (Sourate « Les Abeilles », verset 93) or il a fait des musulmans une communauté spécifique et unique qui tranche entre tous « Nous avons fait de vous une communauté du juste milieu afin que vous soyez les témoins devant les gens » (Sourate « La Vache », verset 143).
Le tout en niant bien entendu -ne serait-ce que par omission, la réalité de la civilisation islamique musulmane, et pire la nécessité de la restaurer. La mention de l’identité arabo-musulmane n’est pas suivie de la mention des impératifs et exigences de cette identité, bien au contraire elle a l’air d’être soumise aux acquis universalistes de la « civilisation humaine » même si elle est majoritairement polythéiste et non musulmane.

Nous citons :

Œuvrant pour un régime républicain démocratique et participatif dans le cadre d’un État civil et gouverné par le droit et dans lequel la souveraineté appartient au peuple qui l’exerce sur la base de l’alternance pacifique à travers des élections libres, et du principe de la séparation et de l’équilibre des pouvoirs ; dans lequel le droit de s’organiser, fondé sur le principe du pluralisme, la neutralité administrative, la bonne gouvernance et des élections libres constituent l’assise de la concurrence politique ; dans lequel l’État garantit la suprématie de la loi, le respect des libertés et des droits de l’Homme, l’indépendance de la justice, l’équité et l’égalité en droits et devoirs entre tous les citoyens et toutes les citoyennes, et entre toutes les catégories sociales et les régions ;
Au nom du Peuple, nous édictons, par la grâce de Dieu, la présente Constitution.

Analyse :

Après avoir rappelé toute la théologie humaniste, le préambule entre dans le vif du sujet sans détour et en toute clarté :
– Le régime est républicain démocratique (لنظام جمهوري ديمقراطي)
– Au sein d’un état civil avec la souveraineté qui appartient au peuple (دولة مدنية السيادة فيها للشعب)
Cette partie est suffisante en elle-même pour confirmer bien des éléments que l’on verra ci-dessous et annuler d’autres prétentions mensongères.
Inutile ici de rappeler la définition d’une démocratie : et d’ailleurs on aurait pu polémiquer en faveur de cette constitution en arguant que peut-être il s’agit là d’une simple différence technique dans le choix de la terminologie et qui n’entre pas en contradiction avec les fondements de la théorie politique islamique (qui est aux antipodes de la vraie philosophie démocratique). Mais le fait de rappeler que la souveraineté appartient au peuple témoigne bien que la constitution consacre le pouvoir absolu au peuple via des représentants qu’ils choisissent au cours d’élections alors que « Le pouvoir n’appartient qu’à Allah » (Sourate « Youssouf », verset 40) car « La création et le commandement n’appartiennent qu’à Lui » (Sourate « Al-A’raf », verset 54).
Il sera trop long et lourd à expliquer que dans cette partie du préambule nous sommes bel et bien dans la définition exacte de la Religion « démocratie libérale ».
Le pluralisme cité est intéressant à cet égard, il est à comprendre ici comme la liberté publique d’avoir des opinions politiques et religieuses, qui n’est et ne sera tolérée que si les-dites opinions se soumettent à la Grande religion démocratie. On peut donc être d’obédience marxiste, socialiste, islamiste, nationaliste, salafiste, athée, créer son parti politique et faire sa da’wa en entrant dans le libre jeu de la concurrence où toutes les idées se valent (« Le mauvais et le bon ne sont pas semblables, même si l’abondance du mal te séduit » (Sourate « El Ma-idah », verset 100)) pourvu qu’elles se soumettent toutes à la Religion Démocratie et ses règles.
La démocratie étant avant tout un processus (démocratisation), même les partis qui lui sont en théorie hostiles, s’ils la pratiquent assidûment et régulièrement, ou s’ils acceptent ses fondements, finiront par intégrer ses finalités dogmatiques : tel An nahda qui est historiquement issu d’un mouvement contestant le système démocratique, et qui finalement promulgue cette Constitution sous les hourras de ses traditionnels opposants laïques et athées.

Enfin, que le préambule finisse par « Au nom du Peuple » (باسم الشعب ) alors qu’il avait commencé par pur esthétisme par « au nom d’Allah », cela promet bien des choses sur la suite de cette Constitution. Et comme les révolutionnaires français avaient rédigé la Déclaration des Droits de l’Homme sous les auspices d’un « Être suprême », les rédacteurs tunisiens de cette Constitution n’invoquent Allah que pour accorder Sa baraka à ce projet (على بركة الله هذا الدستور ). Ils n’invoquent donc Dieu qu’à titre de témoignage sans aucune soumission réelle, et accordent leur soumission réelle à ce qu’ils n’osent pas (encore) invoquer comme leur vraie Divinité : « ce qui est pour leur divinité ne parvient pas à Allah. Tandis que ce qui est pour Allah parvient à leur divinité. Comme leur jugement est mauvais» (Sourate « Les Bestiaux », verset 136)…
Toutes les mentions ayant trait à l’Islam, tel l’attachement à son enseignement, à l’identité musulmane, ou à Allah (d’ailleurs mentionné une seule fois dans la ‘basmalah’ et dans le serment présidentiel) ne sont que des prétentions vaines qui ne résisteront pas aux critiques de fond « N’as-tu pas vu ceux qui prétendent croire à ce qu’on a fait descendre vers toi {prophète} et à ce qu’on a fait descendre avant toi ? Ils veulent prendre pour juge le Taghout, alors qu’il leur a été commandé de mécroire en lui ! » (Sourate « Les Femmes », verset 60).

II Partie : Dispositions générales

Nous citons :

Article 1
La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, l’Islam est sa religion

Analyse :

La réalité évidente, pour tout musulman doué de raison vivant à notre époque, est que la Tunisie comme la quasi majorité des pays arabo-musulmans sont sous contrôle politique et militaire du monde occidental (France/UE/USA/ONU/OTAN), économique et financier sous diktat et tutelle de l’OMC/FMI/Banque Mondiale. Aucune vraie, réelle et absolue indépendance, aucune autre liberté que de suivre la voie qui a été tracée pour eux et d’appliquer le modèle qui leur a été choisi.
Cela n’est pas le plus problématique (même si cela explique beaucoup de choses), car après le préambule qui institue avec détail le régime démocratique comme système juridique et politique, la constitution ose encore proclamer que la religion de l’État est l’islam (الإسلام دينها ). « Quel pire injuste, donc que celui qui invente un mensonge contre Allah ? » (Sourate « Az-Zumar », verset 32).
Comment pouvoir invoquer une qualité et son opposé qui l’annule dans le même temps ? Quelle est leur définition de l’Islam dans ce cas ? On comprend bien pourquoi ils n’ont pas osé expliquer la nature de ses enseignements dans le préambule et préféré décrire ceux du modernisme occidental…
Cela est le signe éclatant de l’hypocrisie, voire pire, de la zandaqa batinite. L’état tunisien est dans la posture de ceux qui énoncent la foi en islam et la foi en une autre religion : « Nous attestons que tu es certes le messager d’Allah ! Allah sait que tu es vraiment Son messager. Et Allah atteste que les hypocrites sont assurément des menteurs » (Sourate « Les Hypocrites, verset 1) car « Ils disent avec leur bouche, ce que ne contient point leur cœur. Et Allah est le plus savant de ce qu’ils dissimulent » (Sourate « Al-Imrane », verset 167). Or le cas de cette constitution écrite, promulguée en voie d’application est encore pire que le statut de l’hypocrisie traditionnelle car eux « dissimulent en eux-mêmes, ce qu’ils ne te font point transparaitre » (Sourate « Al-Imrane », verset 154) or ici il n’y a justement plus aucune dissimulation et ils font bel et bien tout transparaître.
Cet état se réclame par écrit de l’Islam tout en n’en appliquant rien et en annulant tout de ses fondements les plus élémentaires comme nous allons encore le voir.

Nous citons :


Article 2

La Tunisie est un État à caractère civil, basé sur la citoyenneté, la volonté du peuple…

Analyse :

Cet article confirme que l’apparente contradiction n’en était pas une : la prétention de dire que l’état tunisien est musulman est mise de côté par la dénomination du terme « civil ». Encore une fois, il serait assez long de démontrer avec preuves à l’appui que le choix de la terminologie est issu d’une tactique perverse utilisée par le courant moderniste laïque dans le monde arabe (cela a commencé en Égypte tout d’abord). Ayant compris qu’il est encore trop tôt ou contreproductif d’utiliser le terme « état laïque », ils préfèrent le qualificatif d’état « civil » (دولة مدنية) qui remplit le même rôle, et mieux encore, car il ne résonne pas aussi négativement devant les foules et les masses musulmanes, dont ils craignent les réactions « ils cherchent à se cacher des gens, mais ils ne cherchent pas à se cacher d’Allah. Or, Il est avec eux quand ils tiennent la nuit des paroles qu’Il (Allah) n’agrée pas. Et Allah ne cesse de cerner (par Sa science) ce qu´ils font » (Sourate « Les Femmes », verset 108).
Et lorsqu’on comprend les derniers développements de la philosophie politique des opposants à l’islam, on s’aperçoit que le terme « civil » est très clairement opposé à celui de « religieux », dans la parfaite continuité de la pensée humaniste progressiste issue des valeurs occidentales sécularisées.
Les idiots-utiles de l’islamisme démocratique pourront prétendre que le « civil » ici s’oppose à l’état « militaire » ou « policier » (ce que même les médias occidentaux tentent de nous faire croire), or il n’en est rien. Car cette opposition n’a aucun fondement : les états policiers ou militaires dans le monde arabe ont toujours été ‘civils’ dans la plus pure logique de la sécularisation laïque, qu’elle soit dans un système libéral, autoritaire ou dictatorial. Le civil ici est donc au minimum le parfait synonyme d’état sécularisé (si on ne veut pas utiliser le terme « laïc »..).

Cette transition politique est confirmée dans cet article par le fait que tout découle de la volonté du peuple (وإرادة الشعب). La constitution accorde au peuple la source de tous les pouvoirs et la souveraineté absolue. Elle divinise sa volonté (passion), son vouloir (désir), ses choix et décisions. Sa volonté est souveraine, le ‘peuple’ peut donc décider ce qu’il souhaite, quand il le souhaite et comme il le souhaite. Ce point annule une partie fondamentale du dogme de l’Islam car : « Il n´appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu´Allah et Son messager ont décidé d´une chose d´avoir encore le choix dans leur façon d´agir. Et quiconque désobéit à Allah et à Son messager, s´est égaré certes, d´un égarement évident. » (Sourate « Les Coalisés », verset 36). Par contre, l’article est en totale conformité avec le dogme de la religion Démocratie.

Nous citons :

Article 3
Le peuple est le détenteur de la souveraineté, source des pouvoirs qu’il exerce à travers ses représentants élus ou par voie de référendum.
Article 50
Le peuple exerce le pouvoir législatif à travers ses représentants à l’Assemblée des représentants du peuple ou par voie de référendum.

Analyse :

Cet article confirme encore une fois clairement l’annulation du Tawhid dans sa globalité, en ciblant précisément la partie que l’on nomme par commodité le Tawhid al Hakimiya.
C’est-à-dire tout ce qui montre et pose l’unicité d’Allah dans le pouvoir, le jugement, la législation et la souveraineté :
« Le pouvoir n’appartient qu’à Allah » (Sourate « Youssouf », verset 40) et « Allah a pouvoir sur toute chose» (Sourate « La Vache », verset 20).
Or Allah Ta’ala ne partage pas sa souveraineté : « Auraient-ils des associés [à Allah] qui auraient établi pour eux des lois religieuses qu’Allah n’a jamais permises ? » car « Allah est souverain en Son commandement » (Sourate « Youssouf », verset 31).
En réalité « A Allah appartient le commandement, au début et à la fin » (Sourate « Ar-Roum », verset 4) et « C´est plutôt à Allah le commandement tout entier » (Sourate « Ar-Raad », verset 31), c’est donc tout naturellement que « Du ciel vers la terre, Il administre l’Affaire » (Sourate « As-sajda », verset 5). C’est pour cette raison qu’il peut déléguer son pouvoir « Et Allah alloue Son pouvoir à qui Il veut » (Sourate « La Vache », verset 247), mais à la condition de juger et d’appliquer sa Loi en toute conformité puisque « C’est à Lui qu’appartient le jugement et Il est le plus prompt des juges » (Sourate « Al-An’am », verset 62). C’est dans ce but qu’Il nous rappelle que « Nous t’avons assigné sur une législation de l’Ordre (commandement). Suis-là donc et ne suis pas les passions de ceux qui ne savent pas » (Sourate « L’Agenouillée », verset 18)). Et c’est donc en tout logique que le pouvoir politique et judiciaire en Islam doit être de la forme : « Juge alors parmi eux d’après ce qu’Allah a fait descendre » (Sourate « el Ma-idah », verset 49).
Or dans le cas contraire, la sentence est aussi claire que tranchante « Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, les voilà les mécréants » (Sourate « el Ma-idah », verset 44). Si l’État est vraiment musulman comme il le prétend, que cherche-t-il alors en donnant la souveraineté absolue à un autre qu’Allah ? « Est-ce donc la gouvernance selon la Djahilya qu’ils cherchent ? » (Sourate « el Ma-idah », verset 50). Mais peu importe la réponse et leurs excuses car « Non ! Par ton Seigneur ! Ils ne seront pas croyants aussi longtemps qu’ils ne t’auront demandé de juger leurs litiges et qu’ensuite qu’ils ne ressentent aucune angoisse sur ta sentence et qu’ils se soumettent complètement » (Sourate « Les Femmes », verset 65).
Cet article est l’institution d’une apostasie évidente, un acte de mécréance polythéiste majeure, qui annule la base même du dogme de l’Islam, il renie le crédo et la profession de foi islamique (que cet état n’a d’ailleurs pas prononcé ou écrit dans sa Constitution !).
Il n’est pas possible qu’un État puisse prétendre appartenir à l’Islam et refuser de se soumettre à Allah.
De cet article découle et ne peut découler que reniement absolu de l’Islam et de tous ses autres fondements.
La religion Démocratie a ici institué son propre Tawhid : la souveraineté du peuple exercée par ses représentants, libres d’établir la législation qu’ils souhaitent en se basant sur leur seule et unique volonté, source de tous les pouvoirs.
Cette divinité fictive et abstraite « souveraineté du Peuple », une nouvelle idole créée par de la raison humaine : « Vous n´adorez, en dehors de Lui, que des noms que vous avez inventés, vous et vos ancêtres, et à l´appui desquels Allah n´a fait descendre aucune preuve. Le pouvoir n´appartient qu´Allah. Il vous a commandé de n´adorer que Lui. Telle est la religion droite ; mais la plupart des gens ne savent pas » (Sourate « Youssouf », verset 40) qui fait de l’homme lui-même le détenteur d’une parcelle de cette divinité : « Ne vois-tu pas celui qui a fait de sa passion sa divinité ? Est-ce à toi d’être un garant pour lui?» (Sourate « el Fourqâne », verset 43).

Nous citons :

Article 6
L’État est gardien de la religion. Il garantit la liberté de croyance, de conscience et le libre exercice des cultes ; il est le garant de la neutralité des mosquées et lieux de culte par rapport à toute instrumentalisation partisane….

Analyse :

Cet article est peut-être l’un des plus fondamentaux de toute cette constitution, celui qui montre toute la profonde perversité de l’État tunisien envers l’Islam, la sournoiserie de leur machination anti-islam. Il mérite que l’on s’y attarde.

Le non-averti, le naïf (ou les islamo-démocrates) pourraient penser que c’est là un point positif en leur faveur car l’État a le devoir de protéger la religion avec ce terme de gardien (الدولة راعية للدين ) or chez les vicieux laïques, ce terme est plutôt à comprendre dans le sens coercitif d’un gardien/surveillant de prison…
L’islam n’a jamais eu besoin de protecteur « En vérité c´est Nous qui avons fait descendre le Coran, et c´est Nous qui en sommes gardien » (Sourate « El Hijr », verset 9), et c’est la suite de l’article qui va nous expliciter le sens véritable de « gardien ».
Les libertés protégées sont des libertés qui n’iront pas dans le sens de l’Islam (liberté de croire que l’état est non-musulman ? Que l’athée, le communiste sont non-musulmans, que telle pratique est du paganisme contraire à l’Islam ? Liberté de pratiquer sa religion selon l’authenticité de ses sources ? …). Les libertés protégées sont avant tout celles qui s’exprimeront contre l’islam, en s’émancipant de lui dans la logique du processus de désislamisation.
L’État est donc le gardien de la religion dans le sens de veiller à ce que la religion ne dépasse pas ces limites (comme un prisonnier cherchant à se libérer), l’État veillera à ce que l’Islam ne franchisse pas l’espace où il est toléré. Ceci dit, cela ne veut pas du tout dire que l’Islam possède un espace de liberté totale, propre à lui dans lequel il règne en maitre incontesté, car l’état veille à la neutralité des mosquées (لحياد المساجد ).
Le terme est aussi fort que clair. La neutralité ici est non pas celle des espaces publics comme en France, mais pire, celle des mosquées. Il ne doit pas y avoir de ‘parti-pris partisan’ en faveur de l’Islam, de ses valeurs, principes et fondements… L’État peut donc interdire que dans les (ses) mosquées les imams appellent à la réalité de l’islam : « Qui est plus injuste que celui qui empêche que dans les mosquées d’Allah, on mentionne Son Nom ? » (Sourate « La Vache », verset 114).
L’État est le gardien de l’Islam dans la mosquée mais il veillera en plus à ce que la religion ne soit pas en mesure de se défendre politiquement elle-même. La neutralité voulue ici est celle de la laïcité qui limitera l’Islam, car bien entendu ces mosquées ne seront absolument pas neutres quand il s’agira de défendre la vraie et seule religion de l’État : La démocratie libérale et toute sa politique. L’État tunisien veillera à ce qu’il en soit ainsi puisqu’il en est le ‘gardien’ : « Qu´ont-ils donc pour qu´Allah ne les châtie pas, alors qu´ils repoussent (les croyants) de la Mosquée sacrée, quoiqu´ils n´en soient pas les gardiens, car ses gardiens ne sont que les pieux. Mais la plupart d´entre eux ne le savent pas » (Sourate « Le Butin », verset 22)

Nous citons :

… L’État s’engage à diffuser les valeurs de modération et de tolérance, à protéger les sacrés et à interdire d’y porter atteinte, comme il s’engage à interdire les campagnes d’accusation d’apostasie et l’incitation à la haine et à la violence. Il s’engage également à s’y opposer.

Analyse :

La suite de l’article confirme que la neutralité des mosquées vis-à-vis de l’État n’existe pas, puisque l’État s’engage à utiliser les imams et leurs minbars pour faire sa propre da’wa envers un islam neutre et laïque. C’est-à-dire amputé et handicapé, auquel il ne reste plus que la partie tolérante.
C’est à cette condition que l’état pourra protéger cet Islam contre les atteintes au sacré (et par exemple faire même ‘’condamner’’ l’extrémiste athée qui pourrait insulter le Prophète…). Cela permettra de faire passer en plus cet État comme ‘musulman’ aux yeux de la masse médusée et jouer un peu de l’article 1 : « islam est sa religion ».
Mais cette partie tolérance n’a plus son côté ‘pile’ qui permettait de lui donner toute sa profondeur. Car la tolérance a une condition dans l’Islam : c’est que l’on doit clairement et en toute connaissance de cause pouvoir distinguer entre Tawhid et le chirk, entre Iman et Koufr : « Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s’est distingué de l’égarement… » (Sourate « La Vache », verset 256). Autrement dit, la tolérance doit obligatoirement se soumettre à la reconnaissance de la vérité, ensuite libre aux non-musulmans de croire en ce qu’ils souhaitent (dans les limites islamiques du tolérable) tant qu’ils sont considérés comme ils le méritent (c’est-à-dire kouffar) et surtout tant que cette adoration reste de l’ordre du privé, ne concurrence pas l’Islam en Terre d’Islam et se soumet à l’ordre public islamique.

Or c’est justement le Takfir qui est l’un des gardiens de ces limites. Mais cette ignoble constitution laïque, pour la première fois dans le monde arabo-musulman vient de réussir un coup de maître en inscrivant le Takfir comme délit constitutionnel !!!
Cette constitution, non seulement d’annuler les fondements de l’Islam et d’empêcher que l’Islam soit libre même dans ses propres lieux de culte, d’empêcher que l’Islam use d’un discours politique pour se défendre, interdit en plus ce qui permet encore une fois de le protéger.
C’est l’aveu inscrit dans la constitution que l’État sait très bien qu’il est au fond mécréant et qu’il n’a rien d’islamique dans ses fondements ; et c’est parce qu’il le sait qu’il fait inscrire noir sur blanc dans sa Constitution l’interdiction du Takfir. Tout cela sous prétexte de lutter contre l’extrémisme, le fanatisme et autres excuses fallacieuses.
La traduction en français de ce passage est très mauvaise voire expressément trompeuse avec : « interdire les campagnes d’accusation d’apostasie ». En effet une accusation peut être vraie ou fausse ; dans ce cas interdire les campagnes d’accusation non fondées, non prouvées, non légitimes qui peuvent être sources de troubles serait compréhensible. Et le Prophète sala Allahu ‘alayhi wa sallam lui-même explique que les accusations via le takfir ne sont pas à prendre à la légère : « Il n’est pas un homme qui traite un autre de mécréant sans qu’un des deux le soit vraiment : si l’accusé n’est pas mécréant alors l’excommunication retombe sur l’accusateur » (Rapporté par Ibn Hibban). Or remarquez bien que malgré cela le Prophète lui-même n’interdit absolument pas le takfir !
Mais tel n’est pas le but de cet article car en réalité, la terminologie arabe utilisée ne fait pas dans ce genre de détail : « كما تلتزم بمنع دعوات التكفير » c’est-à-dire, dans une traduction plus littérale, que l’état « s’engage à interdire l’appel public/prêche au takfir ». Ce qui -énoncé dans ces termes- montre que l’interdiction est beaucoup plus générale. Il ne s’agissait donc pas de dire que « nous interdisons seulement les campagnes diffamatoires de prétendue apostasie, et donc la calomnie religieuse qui peut utiliser le takfir ».
Non, car même le takfir scientifiquement fondé, légitimé, qui repose sur des arguments prouvés d’après les sources les plus formelles et sur les cas les plus clairs et dénués d’ambiguïtés, celui-là aussi entre dans la « da’wa du takfir » interdit. Que cela soit une accusation réelle ou fausse, diffamante ou véridique, c’est le takfir en soi qui devient interdit. Le pire est que cet article ne formule aucune condition ou précision dans cette interdiction !
Cela entre parfaitement dans l’idéal de l’humanisme progressiste et de la religion droit-de-l’hommiste dont le préambule nous a donné un avant-goût : tous les-dits musulmans sont musulmans et rien ne peut les déchoir de cette qualité, il n’existe pas d’apostasie tant que l’on prétend verbalement être musulman, il n’existe pas d’actes annulatifs de la foi et de l’islam, donc le Takfir est inutile et interdit.
Cette interdiction et cette animosité contre le takfir montrent comment la laïcité use intelligemment et vicieusement des principes de l’irja-jahmite dans un environnement musulman. Cette convergence laicïté-irja que nous avions déjà soulignée ailleurs, est donc encore une fois prouvée par cette constitution.
Il faut que les musulmans prennent conscience qu’il y a dans cet article bien plus qu’une simple négation et reniement d’un houkm char’i institué par Allah dans son Coran et dans la Sounna de son Prophète (renier le Takfir en Islam mérite un takfir en bonne-et-due forme d’ailleurs !). Il y a aussi la négation et le reniement de l’existence de l’apostasie par le koufr et chirk majeur, dont des centaines de versets coraniques mettent en garde. Or renier l’existence de la mécréance majeure qui annule l’islam est en soi une mécréance majeure.

Plus encore, car nous savons qu’il existe deux types de takfir, celui qui concerne le non-musulman d’origine « Dis : »Ô vous les mécréants ! » (Sourate El Kafiroun, verset 1) et celui qui concerne les apostats de l’Islam : « Ne vous excusez pas, vous avez bel et bien mécru après avoir eu la foi » (Sourate At-Tawba, verset 66), rien n’indique ici que le takfir interdit est conditionné par l’appartenance (ou la pseudo-) à l’Islam !!!! Car encore une fois l’interdiction est générale dans sa formulation.
Le Droit et sa branche constitutionnelle sont des sciences exactes et formelles. Juridiquement selon la plus pure application des principes de cette constitution immonde, on peut très bien imaginer que même les juifs tunisiens pourraient parfaitement saisir la justice pour faire condamner un musulman qui les accuserait de mécréance (‘acte extrémiste haineux et fanatique’). Puisque en plus ces juifs font partie de la ‘communauté’ nationale d’un Etat-nation qui veut assurer l’égalité totale et absolue entre tous et dans toutes ses formes…
Or, nous savons déjà que les laïques ignorants et vicieux considèrent les juifs ‘’ahloul kitab’’ comme leurs frères croyants en Dieu…

Certes cela peut paraître très gros comme prétention, pour l’instant, mais le processus de sécularisation aidant, la désislamisation en marche fera que dans plusieurs années ce passage anodin remplira toute sa mission dans la voie de l’humanisme mondialiste triomphant.

Nous citons :

Article 16
L’État garantit la neutralité des institutions éducatives par rapport à toute instrumentalisation partisane.

Analyse :

Pour la deuxième fois, la constitution utilise le terme « neutralité » et ici sans aucun doute il renvoie à l’idée de laïcité, puisque le terme vise directement les écoles et les établissements scolaires (المؤسسات التربوية ). Implicitement on voit bien que le modèle de référence est celui de la France. Si le lecteur a désormais compris l’esprit de cette constitution, il saura que l’instrumentalisation partisane, renvoie ici à ce qu’il appelle la ‘propagande religieuse islamique’ avant toute autre chose. L’État tunisien a pour fonction de garantir la neutralité vis-à-vis de la religion islamique surtout si cette dernière se fait militante, et donc il surveillera particulièrement le corps enseignant. Par contre, nous pouvons douter de sa bonne foi, et nous demander s’il veillera à la neutralité des enseignants francs-maçons, laïques, démocrates et autres idéologies qui pollueront l’esprit des jeunes tunisiens… Bien sûr que non, puisque l’enseignement tunisien est déjà totalement acquis à elles.
Ainsi le cynisme est total : il préserve les institutions scolaires de l’instrumentalisation musulmane en disant qu’elles doivent être neutres et dans le même temps instrumentalise les mosquées en y propageant leurs propres religions artificielles « et ils disent : Ceci est à Allah – selon leur prétention ! – et ceci à nos divinités » (Sourate « Les Bestiaux », verset 136) mais tout est pour eux et leurs religions païennes et rien n’est laissé à Allah…

III Partie : Droit et Liberté

Nous citons :

Article 31
Les libertés d’opinion, de pensée, d’expression, d’information et de publication sont garanties.
Ces libertés ne sauraient être soumises à un contrôle préalable.

Analyse :

La formulation et le but de cet article peuvent en tromper plus d’un.
Rappelons que dans une logique Islamique, ces libertés sont toutes conditionnées par des limites, très bien instituées par la législation divine. Dans la religion démocratie mise en place par cette constitution, la liberté est surtout à comprendre comme la liberté d’apostasier, et la liberté de dire, croire et défendre des opinions perverses, mécréantes et païennes. Est-il vraiment utile de rappeler que dans l’esprit de cette constitution, ces libertés ne peuvent et ne doivent avoir qu’un seul véritable sens ? Leurs expressions seront tolérées contre l’Islam, et avoir la liberté de croire et d’exprimer ses opinions hostiles à l’Islam et ses symboles, valeurs, traditions seront protégées : « C’était votre stratagème, plutôt, nuit et jour, de nous commander de ne pas croire en Allah et de Lui donner des égaux» (Sourate « Saba’ », verset 33).
Mais l’Islam et les musulmans quant à eux se verront toujours très limités dans la pratique s’ils cherchent de la même manière à exprimer leurs opinions hostiles à tout ce qui lui est étranger, même s’ils s’appuient sur cet article ‘libéral’ pour défendre leurs idées.
La preuve étant l’interdiction du takfir : s’il devient interdit de dire que le laïque qui dénigre et se moque de la chari’a divine est un apostat, comment deviendra-t-il possible d’avoir la liberté de dire que c’est la laïcité elle-même qui est en soi de la mécréance ?
Aucune contradiction, car cette constitution a été créée pour verrouiller à la base toute possibilité à l’Islam et aux musulmans de pouvoir réagir, ne serait-ce que pour répliquer à leurs opposants….


IV Partie : Pouvoir législatif, exécutif et judiciaire

Tous les articles précédents confirment que l’État tunisien n’a réellement aucun fondement islamique lui permettant d’avoir la qualité d’« État musulman » puisqu’il a adopté à la place ceux de la Démocratie et de son système. Nous allons présenter les quelques autres articles qui parachèvent cette proclamation de foi mécréante.

Nous citons :

Article 58
Lors de la prise de ses fonctions, chaque membre de l’Assemblée des représentants du peuple prête le serment suivant :
« Je jure par Dieu Tout-puissant de servir la nation loyalement et de respecter la Constitution et l’allégeance totale envers la Tunisie ».

Analyse :

Même si la religion démocratie accorde la souveraineté absolue et la source de tous les pouvoirs au peuple (dont certains individus n’ont rien demandé), c’est en fait les membres de l’Assemblée qui ont la réalité effective de ce pouvoir. Ce sont eux qui ont l’initiative des lois, qui les créent et qui les votent au nom de la souveraineté du peuple. Ce sont donc eux les tawaghit qui peuvent rendre halal le haram et vice versa : ces tawaghit que les gens peuvent adorer « Ils ont pris leurs rabbins et leurs moines, ainsi que le Christ fils de Marie, comme Seigneurs en dehors d’Allah » (Sourate « At-Tawba », verset 31). Une adoration par obéissance quand elle est intériorisée et légitimée, telle que le Prophète sala Allahu ‘alayhi wa sallam l’explique lui-même : « Ne leur obéissez-vous pas quand ils vous légalisent ce qu’Allah a interdit et vous interdisent ce qu’Allah a légalisé ? […] Voilà votre adoration envers eux… » (Rapporté par l’imam Ahmad, At-Tirmidhi et Ibn Jarir).
La chose la plus risible dans cet article est que ces députés/ sénateurs, membres du parlement osent encore jurer par Allah, de défendre tout sauf l’islam, de faire allégeance totale et soumission envers l’État tunisien et ses diverses divinités autorisées. C’est l’art de jurer par Allah qu’ils seront fidèles à d’autres qu’Allah ! Et leur situation est pire que celles des hypocrites de Qoraych car eux au moins n’avaient en public qu’une seule allégeance « Et ils (les hypocrites) jurent par Allah qu´ils sont vraiment des vôtres ; alors qu´ils ne le sont pas. Ils vous font des serments pour se faire agréer de vous, même si vous les agréez, Allah n´agrée pas les gens pervers » (Sourate « At-Tawba », verset 56).
Les députés détiennent le pouvoir absolu de créer la loi, c’est ici que commence la chaine de l’apostasie et du polythéisme majeur. Ils créent la loi, une nouvelle législation, le Président la promulgue et l’exécute et les Juges jugent d’après elle…
En effet, parmi le statut de taghout que cette constitution consacre, il y a bien entendu le rôle de président de la république.

Nous citons :

Article 76
Le Président de la République élu prête devant l’Assemblée des représentants du peuple le serment ci-après :
« Je jure par Dieu Tout-puissant de sauvegarder l’indépendance de la patrie et l’intégrité de son territoire, de respecter la Constitution du pays et sa législation, de veiller sur ses intérêts et de lui devoir allégeance ».

Analyse :

Ce serment est encore pire que le précédent en renchérissant dans l’allégeance à la Constitution et la Législation, c’est-à-dire à l’ensemble des lois. Bien évidemment nous ne sommes pas assez naïfs pour leur demander de faire allégeance au Coran et à la Sounna car dans ce cas « Ceux qui te prêtent serment d’allégeance ne font que prêter serment à Allah » (Sourate el Fath, verset 10)… Bien au contraire il jure par Allah le tout puissant (أقسم بالله العظيم ) d’être fidèle à une Constitution qui dépouille Allah de sa souveraineté absolue au profit du peuple !!! Quelle est donc cette schizophrénie ??? « Le jour où Allah les ressuscitera tous, ils Lui jureront alors comme ils vous jurent à vous-mêmes, pensant s´appuyer sur quelque chose de solide. Mais ce sont eux les menteurs » (Sourate « Shoura », verset 19).

Le président possède le pouvoir exécutif c’est-à-dire celui d’ordonner l’exécution des lois. Garant de leur exécution, il est le chef de l’État et la plus haute autorité politique dans la hiérarchie du régime démocratique. Dans sa position et ses fonctions, il a la particularité de symboliser à lui seul un taghout clairement identifiable, alors que les autres (députés ou juges) sont plusieurs à se partager cette qualité dans l’exercice de leurs fonctions. Ses pouvoirs sont très importants dans un régime présidentiel.

Nous citons:

Article 74
La candidature à la présidence de la République est un droit pour toute électrice et pour tout électeur jouissant de la nationalité tunisienne par la naissance, et étant de confession musulmane.

Analyse :

La condition pour devenir président est d’être de confession musulmane, or de la même manière que rien n’explique dans cette constitution ce qu’est l’Islam, sa définition et ses limites, rien ne définit ce qu’est être musulman… Car il est évident que si les rédacteurs de cette constitution commençaient à vouloir en détailler ses définitions et ses conditions, c’est l’ensemble de la constitution qui risquerait de s’autodétruire. Dans l’esprit humaniste, démocratique et libéral de cette constitution, l’islam est un élément intangible, une essence spirituelle voire philosophique et être musulman c’est une « sensation/sentiment » de l’être. Que le candidat doive être musulman veut tout simplement signifier en réalité qu’il soit né tunisien de culture musulmane (il n’a donc pas le droit de se proclamer athée) mais il a parfaitement le droit d’être marxiste laïque !!!
Dans le meilleur des cas nous pouvons avoir un président « pieux » c’est-à-dire qu’il prie et jeûne de manière personnelle, mais à côté de cela, il annule par son poste et statut les fondements de l’Islam, combat sa shari’a et la rejette. Il pratique le strict minimum de l’islam (ou pas), la pratique issue de la tradition et de la culture, alors qu’il combat le reste de manière farouche car en réalité, il adhère à une autre religion : « Ceux qui sont revenus sur leurs pas après que le droit chemin leur a été clairement exposé, le Diable les a séduits et trompés. C’est parce qu’ils ont dit à ceux qui ont de la répulsion pour la révélation d’Allah : « Nous allons vous obéir dans certaines choses ». Allah cependant connaît ce qu’ils cachent » (Sourate « Mouhammad », verset 26).
Cela s’appelle de l’hypocrisie majeure, leur prétendu islam ne tient que sur le bout de leur langue et leurs cœurs ne sont pas pour cette religion mais pour une autre : « Ils disaient de leurs bouches ce qui n’était pas dans leurs cœurs. Et Allah sait fort bien ce qu’ils cachaient » (Sourate « La famille d’Imran », verset 167).

Nous citons :

Article 81
Le Président de la République promulgue les lois et ordonne leur publication
Article 106
Les magistrats sont nommés par décret présidentiel
Article 111
Les décisions sont rendues au nom du peuple et sont exécutées au nom du Président de la République

Analyse :

Dès que les lois sont votées (créées) par les députés, le président ordonne finalement leur exécution et ordonne donc d’être suivi et obéi en son propre nom : « Ne suivez pas les pas du Diable. Quiconque suit les pas du Diable, [sachez que] celui-ci ordonne la turpitude et le blâmable » (Sourate « La Vache », verset 168).
Parmi ses prérogatives, il nomme les membres de l’autre troisième grand pouvoir, les magistrats, qui ont le pouvoir de juger et trancher les litiges. Rappelons que cette fonction même dans un système islamique, est tellement périlleuse et délicate que le Prophète avait dit : « A été tué sans couteau celui qui est désigné comme juge… ». Dans un système non musulman, dès que ces derniers ont accepté ce pouvoir qui leur a été conféré, ils deviennent à leur tour des tawaghit évidents qui jugent d’après la législation non-musulmane, inventée par leurs semblables, au lieu de juger d’après la chari’a : « Nous avons fait descendre vers toi le Livre avec la vérité, pour que tu juges entre les gens. Selon ce qu’Allah t’a appris. Et ne te fais pas l’avocat des traîtres » (Sourate « Les Femmes », verset 105).

Nous citons :

Article 78
Le Président de la République se charge par voie de décrets présidentiels de :
Nommer et révoquer le Mufti de la République Tunisienne

Analyse :

Parmi les pouvoirs du Président, l’un est particulièrement révélateur de la soumission de l’Islam à l’État tunisien. Le mufti de la République, la plus haute autorité symbolique de l’Islam est clairement agent fonctionnaire de l’État, nommé et révocable par décret du président.
Donc aucune indépendance de l’Islam vis-à-vis de l’État tunisien, le pouvoir religieux appartient à l’État.
Cela est en cohérence avec les différents articles que nous avons vus, dans lesquels la constitution impose la neutralité des mosquées, et veille à ce que la religion ne dépasse pas les limites qui lui ont été fixées, tout en se chargeant de diffuser cet islam transformé et déformé par ses soins.
Nous sommes ici dans la pure logique de la sécularisation : avant de devenir clairement laïque, l’État s’empare du Religieux, le dépouille et le contrôle, et une fois qu’il ne représentera plus rien et plus aucune menace : on pourra séparer le Politique du Religieux.
Pour le moment, en Tunisie comme dans le monde arabe, nous en sommes à l’étape d’un islam nationalisé, qui n’est qu’un simple outil de propagande au bénéfice de l’État et non de l’Islam lui-même. L’islam et ses agents imams/muftis n’ont aucune indépendance réelle. Quelle est la valeur islamique de ce mufti qui ne fera que des fatwas allant dans le sens du président de la république ? Qui ne pourra pas s’opposer sans risquer sa place ? Quelle est la valeur de leurs avis alors qu’ils sont les agents de l’État soumis à lui ? Le Prophète n’avait-il pas prévenu « … et l’esclave ne se rapproche du gouverneur qu’en s’éloignant d’Allah » (Hadith rapporté par l’Imam Ahmad) ou « … et quiconque vient à la porte du gouverneur tombe dans la Fitna » (Hadith rapporté par l’Imam Ahmad) ? Or cela est dans un contexte islamique, car il fait partie de la nature humaine de vouloir plaire aux puissants de ce monde que l’on côtoie !!!! Que dire dans une telle situation que celle décrite dans cette constitution ?
Cette fitna, de tromper les musulmans en masquant la vérité par des subterfuges et en déguisant le faux par les apparences du tolérable, est en soi aussi un acte qui met le mufti dans la même position que le président…


V Partie : Les instances constitutionnelles

La Constitution prévoit l’existence d’Autorités administratives indépendantes, celles-ci ont des buts précis, notamment de renforcer de manière générale la structure politique de l’état, d’assurer son bon fonctionnement dans les différents domaines politique, social, économique et culturel. Elles assurent la cohésion générale de l’ensemble.

Nous citons :

Article 125
Les instances constitutionnelles indépendantes œuvrent au renforcement de la démocratie. Toutes les institutions de l’État se doivent de leur faciliter le travail.

Analyse :

Leur but est donc encore une fois très clair, en cohérence avec le préambule et les différents articles que nous avons cités. Ces instances doivent renforcer la véritable religion nationale de l’Etat : c’est-à-dire la Démocratie, propager ses valeurs, sa philosophie, ses principes, ses mœurs sociales et familiales qui découlent d’un tel système : « Ceux qui aiment que la turpitude se propage parmi les croyants auront un châtiment douloureux, ici-bas comme dans l’au-delà. Allah sait, et vous, vous ne savez pas » (Sourate « Nour », verset 19).
La da’wa de l’État et de toutes ses institutions n’est pas mobilisée vers l’appel à l’adoration d’Allah, la propagation de sa religion l’islam, mais plutôt par et pour une idéologie étrangère non musulmane, créée, formée, mise en place d’abord dans le monde occidental kafir, avant de s’exporter à l’ensemble de la planète. Et c’est elle la véritable religion de l’État : car on appelle et on renforce que ce à quoi l’on croit fermement.

Nous citons :

Article 128
L’instance des droits de l’Homme veille au respect et à la promotion des libertés et des droits de l’Homme et fait des propositions dans le sens du développement du système des droits de l’Homme.

Analyse :

Pour renforcer, la diffusion de la démocratie en Tunisie, une des instances créées se nomme « Instance des Droits de l’Homme », c’est une condition de l’application viable d’un système démocratique. Accorder la primauté absolue de l’Homme en terme de Droits illimités et inaliénables pour pouvoir faire ensuite de sa seule raison une divinité. L’interprétation païenne de ces droits est anti-islamique, nous l’avons déjà rappelé dans le préambule.
Diffuser l’idéologie libertaire droit-de-l-hommiste c’est propager le modèle de société français qui a façonné une interprétation bien particulière de ces droits radicalement tournée contre la religion. Et quand on s’est imprégné de cette constitution on s’aperçoit que l’objectif de cette instance est à long-terme de faire triompher cette idéologie.
L’existence de cette instance permet de rappeler au lecteur que parallèlement il n’en existe aucune dans ce système dont l’activité serait en lien avec l’Islam. Cela montre bien que l’Islam n’a aucun intérêt pour l’État si ce n’est de se soumettre à lui, et même si une telle instance existait, elle n’aurait pas d’autres choix que de se plier à sa fonction décrite à l’article 125 et de propager la religion démocratie.

VI Partie : Conclusion

La Tunisie, depuis la pseudo-indépendance, vivait avec Bourguiba sous un régime présidentiel autoritaire, implicitement laïque. Sous Ben Ali l’autoritarisme s’est mué en semi-dictature. Les fondements de l’État moderne tunisien sont très largement inspirés par ceux de la France ex-puissance colonisatrice, qui a permis la francisation politique et philosophique de toute une élite tunisienne. Reléguant l’Islam au rang de spiritualité traditionnelle que l’on hérite comme un trait génétique, ou un vieil élément du patrimoine…
C’est cette France qui reste donc le modèle : à la lecture de cette constitution on s’en aperçoit aisément.
Si nous voulons répondre, à notre question préliminaire, que pouvions-nous répondre d’autre que ce que la Constitution elle-même nous explique ?
L’état tunisien, c’est-à-dire l’ensemble des institutions politiques, n’a rien d’islamique ou de musulman.
La constitution ne définit en rien les impératifs, les devoirs, les exigences d’un État musulman qui fonde sa pratique, sa philosophie politique et son système sur des éléments issus des sources musulmanes les plus claires et évidentes.
Sa proclamation de foi est démocratique, libérale, séculière, l’islam représente un ridicule petit article.
Simple prétention très vite balayée par la réalité du système qui prend le temps d’expliquer, de développer ses fondements. Quand il mentionne implicitement ou explicitement l’islam c’est pour le limiter, le contraindre, l’étouffer, ou s’en servir pour les intérêts du système.
Qui peut encore oser dire, à la lecture de cette constitution, que cet État est musulman (nous ne parlons pas du pays ou de la population : seuls les esprits limités peuvent faire cette confusion) ? Dans le sens de soumission à Allah ? Où se trouvent les signes de cette soumission ? De la reconnaissance effective et réelle de son Tawhid ? Où sont les éléments qui prouvent la pratique musulmane de cet état ?
« Croyez-vous donc en une partie du Livre et rejetez-vous le reste ? Ceux d´entre vous qui agissent de la sorte ne méritent que l´ignominie dans cette vie, et au Jour de la Résurrection ils seront refoulés au plus dur châtiment, et Allah n´est pas inattentif à ce que vous faites » (Sourate « La Vache », verset 85).

Nous aurions pu développer longuement et détruire islamiquement toutes ces prétentions hypocrites mais nous nous sommes volontairement limités au Coran et à la Sounna dans cette rapide analyse critique sans exposer les paroles tranchantes des salafs de la oumma qui font l’unanimité chez tous ceux qui se réclament de l’orthodoxie sunnite.

Les gens du commun parmi la population musulmane tunisienne qui ont été délibérément sous-éduqués d’un point de vue islamique ne verront pas l’énormité de cette constitution, eux qui peinent déjà à comprendre la réalité philosophique de la Démocratie et qui en ignorent certaines subtilités. Ils ne peuvent que rester attaché aux apparences, et pire quand les imams démocratiques au service du pouvoir leur diront que la religion de l’état est l’islam alors que « Parmi les gens, il y a ceux qui disent : Nous croyons en Allah et au Jour dernier ! Tandis qu´en fait, ils n´y croient pas » (Sourate « La Vache », verset 8).

Le musulman conscient doit donc s’attacher à combattre cette constitution, ils doivent mettre en garde contre son immense dangerosité et ses hypocrisies.
Cette constitution et les lois qui vont en découler visent à changer les populations musulmanes qui sont contraintes de vivre malgré tout sous cet ordre qui leurs est imposé. Cette obéissance à long terme vise à les modifier et transformer jusqu’à qu’au point où ses populations refuseront eux-mêmes -sans excuse d’ignorance désormais- les points les plus fondamentaux du dogme. Car l’obéissance coutumière et prolongée est une forme de soumission à une religion, qui changera leurs cœurs et les cœurs : « les croyants ! Si vous obéissez à ceux qui ne croient pas, ils vous feront retourner en arrière. Et vous reviendrez perdants » (Sourate « La famille d’Imran », verset 149). L’imam égyptien Ahmed Shakir avait déjà expliqué que : « Ces législations sont sur le point d’imprégner tous les individus d’une empreinte non-Islamique, et leurs fondements se sont introduits chez les gens qui en furent abreuvés au point de les éloigner de leur Religion. Et les règles Islamiques ont été alors ignorées et dénigrées. Si des lois gouvernent ou dirigent durant de nombreuses années les membres d’une nation, leurs cœurs s’en imprègnent obligatoirement … Ces lois étrangères ont eu la pire des influences sur l’Oumma … » Telle est la définition du processus de sécularisation, de démocratisation et donc de désislamisation totale en cours dans ces pays. Car certes nous avons étudié la Constitution tunisienne du fait de son actualité, mais il ne faut pas oublier que dans de très nombreux pays qui se revendiquent de l’islam nous avons l’exacte et même situation…
Seuls les laïques, les hypocrites, les apostats, tous non musulmans, et malheureusement les musulmans parmi les ignorants et les innovateurs imprégnés de l’irja peuvent dire le contraire de ce que l’on lit dans cette constitution.

Et lorsqu’on s’aperçoit que les non-musulmans d’origine acclament cette constitution qui, précisément, « accorde une place réduite à l’islam » comment pouvoir encore douter de sa nature ?
Une chose est sûre : que le mouvement Nahda dit ‘’islamiste’’ ait participé à sa rédaction montre la fin de ce type d’islamisme qui vient de signer son arrêt de mort en tant que véritable mouvement islamique.
Il a désormais rejoint la religion démocratie avec une teinte musulmane, de nombreuses informations montrent qu’en interne le parti risque d’exploser très bientôt pour la plus grande joie de ses opposants historiques parmi les gauchistes et libéraux.
Le bienfait de cette Constitution est justement celui-ci : pouvoir trancher désormais clairement entre les partisans d’un projet islamique réel et ceux qui se sont rallié à l’idole des temps modernes. Entre les partisans d’Allah et les partisans de Chaytane : « Allah est le défenseur de ceux qui ont la foi : Il les fait sortir des ténèbres à la lumière. Quant à ceux qui ne croient pas, ils ont pour défenseurs les Taghouts, qui les font sortir de la lumière aux ténèbres » (Sourate « La Vache », verset 259).

Cette constitution non musulmane, polythéiste et mécréante, en plus d’être hypocrite, donne toutes ses qualités à l’État Tunisien et à tous ces divers tawaghit qui ont accepté les pouvoirs et les prétentions qui leur ont été conférés : c’est-à-dire ceux qui créent les lois, les appliquent, les exécutent et jugent d’après elles : « Juge alors parmi eux d’après ce qu’Allah a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, et prends garde qu’ils ne tentent de t’éloigner d’une partie de ce qu’Allah t’a révélé. Et puis, s’ils refusent (le jugement révélé) sache qu’Allah veut les affliger [ici-bas] pour une partie de leurs péchés. Beaucoup de gens, certes, sont des pervers » (Sourate « El Ma-idah », verset 49).

Les musulmans ont l’obligation de s’en désavouer et d’appeler à cela, et les ignorants parmi eux d’étudier avec foi et raison, sincérité et honnêteté, la réalité ignoble de tout ce projet, ses buts et ses finalités concernant leur religion : L’islam.

Aïssam Aït Yahya pour Ana-Muslim
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