Franc-Maçonnerie partie 38 : Exemple de Loge Maçonnique : Le Club du Feu l’Enfer

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illuminati_sign_wall_decal_sPour comprendre l’organisation maçonnique au 18ème siècle et ce qu’elle cherchait à accomplir, nous devons étudier avant tout, les différentes sociétés maçonniques secrètes qui apparurent à cette époque. L’une d’entre elles appelée « Le club du feu de l’enfer » (Hell-Fire Club) fut active en Angleterre à la moitié du 18ème siècle. La structure maçonnique de ce club et de son caractère païen antireligieux est expliqué par l’écrivain Daniel Willens, lui-même maçon, dans son article « Le club du feu de l’enfer: sexe, politique et religion au 18ème siècle en Angleterre. » On trouve certains passages intéressants dans cet article publié dans Gnosies, un journal de traditions occidentales :

« Au cours de nuits de pleine lune, sous le règne de George III, roi d’Angleterre, on pouvait parfois apercevoir des membres très puissants du gouvernement de sa majesté, de hauts intellectuels et d’influents artistes, remonter la Tamise en gondole jusqu’aux ruines de l’abbaye près de West Wycombe. Là, dans le clocher retentissant du cloître désaffecté, vêtus de robes de moines et adonnés à n’importe quelle forme de dépravation, culminant avec une Messe Noire lors de célébration sur le corps nu d’une aristocrate débauchée, et présidée par le notoire Sir Francis Dashwood. Une fois leurs prières diaboliques achevées, le cercle interne se retirerait afin de comploter contre l’évolution de l’Empire britannique.

Ce « coupable imbécile » comme on l’a appelé, les dénomma, avec un flair gothique, « Les frères religieux de St. Francis de Medmenham », alors qu’ils avaient été immortalisés par leur nom populaire « Le club du feu de l’enfer ». En cette époque de commérages, il y avait beaucoup de spéculation sur les activités diaboliques de la société et en 1765, Charles Johnstone publia un roman à clé, intitulé Chrysal, ou les aventures d’une Guinée, populairement reconnu pour sa révélation sur les secrets « Des Moines de Medmenham ». …

…Le Club du Feu de l’Enfer est le principal précurseur des moines, fondé aux alentours de 1719 à Londres par Philippe, Duc de Wharton (1698-1731). Wharton était un éminent politicien, franc-maçon, athée, qui chercha à ridiculiser la religion présidant en public, des rassemblements festifs aux apparats sataniques… puis Wharton devint Grand Maître Maçon de la Grande Loge de Londres en 1722…

En 1739, Dashwood fit son retour. Sur son chemin, il s’arrêta à Florence pour y rencontrer l’Abbé Nicolini, et là, il fit la connaissance de Lady Mary Wortley Montagu… (qui) devait finalement rejoindre… Dashwood au Club du Divan… Malheureusement les choses ne se passaient pas bien pour la franc-maçonnerie en Italie. Le Pape Clément XII venait de publier la bulle In Eminenti Apostalatus Specula, déchaînant l’Inquisition contre les loges. Au début des années 1740, le pontife mourut et Dashwood se rendit à Rome pour le conclave qui devait élire le nouveau Pape. Là-bas, enjoué, il s’octroya l’identité du Cardinal Ottiboni, un des chefs persécuteurs de la maçonnerie et le railla en public d’un rituel moqueur et injurieux…

La « chambre capitulaire », est la clé pour comprendre les activités des moines. Son ameublement reste inconnu et l’usage que l’on en faisait, demeure un mystère. Des auteurs à sensation affirment que c’était un sanctuaire satanique, alors qu’il est plus sage de conclure qu’il servait de lieu de cérémonie aux maçons. John Wilkes, un membre important du cercle de Medmenham, qui ne devint pas franc-maçon avant sa division, se plaignit dans un article diffama son précédent ami : « Aucun œil blasphématoire n’a osé pénétrer les mystères Eleusinien anglais de la chambre capitulaire, où se rassemblaient les moines lors d’occasions solennelles. Les rites secrets y étaient célébrés et les libations déversées en grande pompe pour le BONA DEA. » (…) Horace, le fils de Sir Robert Walpole, un des ennemis politiques de Dashwood et probablement méconnu de l’abbaye, se moqua : « Qu’importe ce que leurs doctrines étaient, leur pratique était rigoureusement païenne : Bacchus et Venus étaient deux divinités qui furent pratiquement sacrifiées en public ; et les nymphes et les tonneaux approvisionnés pour contrer les festivités de cette nouvelle église, informèrent suffisamment le voisinage du caractère de ces ermites. »…

La liste des membres des Moines de Medmenham n’existe plus, au cas où elle aurait existé, mais les noms de source sûre associés au groupe, incluent le frère de Dashwood, John Dashwood-King, John Montagu – Comte de Sandwich, John Wilkes, George Bubb Dodington, Baron Melcombe, Paul Whitehead, et un rassemblement de la petite noblesse et d’hommes professionnels. … un groupe d’hommes suffisamment exposés aux yeux du public pour créer le scandale.

Toute la question de la religion est au centre de la fascination que continue d’exercer Dashwood. (…) Une interprétation plus sophistiquée s’était peut-être emparée des rumeurs de magie sexuelle, le livre kabbalistique de l’abbaye, l’image récurrente de Harpocrate, du faible lien de Dashwood avec l’Ordre Maçonnique du Temple et bien sûr la devise Télémaque de l’abbaye de Medmenham, pour finalement en conclure que le Club du Feu de l’Enfer était une manifestation précoce du « Crowlevanity ». L’approche d’un esprit un peu plus réfléchi avait dû repérer les contacts maçonniques de Dashwood et en conclure, probablement de manière correcte, que la « chambre capitulaire » était un temple maçonnique. » [121]

La représentation d’étranges cérémonies dans une loge maçonnique du 18ème siècle.
La représentation d’étranges cérémonies dans une loge maçonnique du 18ème siècle.

La raison d’inclure cette longue citation, est pour donner une idée de l’atmosphère qu’avait développée la maçonnerie au 18ème siècle, et de son influence sur le peuple. La maçonnerie fut perçue comme un secret, comme une organisation curieusement attirante, dont l’opposition aux croyances générales de la société, procurait une sorte de satisfaction psychologique à ses membres. La caractéristique fondamentale des rites maçonniques, comme nous l’avons souligné dans la citation ci-dessus, était la sanctification des symboles et des concepts païens au lieu de ceux des religions monothéistes traditionnelles. Donc, ceux qui devenaient maçons, et tournaient le dos à la Chrétienté, se « paganisaient » par là même, bien que pas nécessairement en adoptant le paganisme comme croyance, mais au moins en adoptant ses symboles.

Cependant, la maçonnerie ne se contentait pas de pratiquer d’étranges cérémonies ; elle suivait également une stratégie destinée à éloigner l’Europe des religions divines, et de l’attirer vers le paganisme. Dans la section suivante, nous aborderons quelques-uns des points les plus importants de l’histoire de l’Europe, pays par pays, et nous suivrons les traces de cette guerre maçonnique contre la religion. Le premier pays que nous devons étudier est la France.

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Notes :

[121] Daniel Willens « The Hell-Fire Club, » Gnose, no. 24, été 1992

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