Franc-Maçonnerie partie 18 : Les Maçons et L’Egypte Antique

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La philosophie matérialiste de l’Egypte antique perdura bien après la disparition de cette civilisation. Elle fut adoptée par quelques juifs et maintenue vivante dans la doctrine kabbaliste. D’un autre côté, un certain nombre de penseurs grecs adoptèrent la même philosophie et la réinterprétèrent sous l’aspect de l’école de pensée connue sous le nom de « hermétisme ».

Le mot hermétisme vient du nom d’Hermès, l’équivalent grec du dieu égyptien « Toth ». Autrement dit, l’hermétisme est la version grecque de la philosophie de l’Egypte antique.

Maître Selami Isindag explique les origines de cette philosophie et sa place dans la maçonnerie moderne.

« Dans l’Egypte antique, il existait une société religieuse qui transmit un système de pensées et des croyances à l’hermétisme. La maçonnerie avait un système semblable. Par exemple, ceux qui avaient atteint un certain grade participaient à des cérémonies de la société, dévoilaient leurs réflexions et sentiments spirituels et formaient ceux qui étaient à un grade inférieur. Pythagore était un hermétiste formé parmi eux. Là encore, l’organisation et le système philosophique de l’école alexandrine et du néoplatonisme tiraient leur origine de l’Egypte antique et on retrouve certaines similarités non négligeables entre ceux-ci et les rites maçonniques. » [60]

Isindag est bien plus franc sur l’influence de l’Egypte antique sur les origines de la maçonnerie lorsqu’il déclare : « La franc-maçonnerie est une organisation sociale et rituelle dont les origines remontent à l’Egypte antique. » [61]

Les anciens égyptiens croyaient au mythe que la matière est éternelle et que l’ordre de l’univers avait surgi du fait d’un pouvoir mythique "d’autoorganisation" de la matière.
Les anciens égyptiens croyaient au mythe que la matière est éternelle et que l’ordre de l’univers avait surgi du fait d’un pouvoir mythique « d’autoorganisation » de la matière.

De nombreuses autres autorités maçonniques reconnaissent que les origines de la maçonnerie remontent aux sociétés secrètes des cultures païennes antiques, comme celles de l’Egypte antique et de la Grèce. Un maçon turc senior, Celil Layiktez, a déclaré dans un article du magazine Mimar Sinan intitulé « Le secret maçonnique : Qu’est-ce qui est secret et qu’est-ce qui ne l’est pas ? » :

« Dans la Grèce antique, les civilisations égyptiennes et romaines, des écoles de mystères se retrouvaient dans le contexte d’une science, d’une gnosie ou de la connaissance d’un secret particulier. Les membres de ces écoles de mystère étaient acceptés uniquement après une longue période d’étude et de cérémonies d’initiation. Parmi ces écoles, la première semble avoir été l’école d‘Osiris reposant sur les événements de la naissance, la jeunesse, la lutte contre les ténèbres, la mort et la résurrection de ce dieu. Ces événements étaient interprétés rituellement dans des cérémonies célébrées par le clergé et de cette façon les rituels et les symboles présentés étaient bien plus efficaces en raison de la participation réelle des fidèles…

Des années plus tard, ces rites formèrent les premiers cercles d’une série de confréries d’initiés qui perdureraient sous le nom de maçonnerie. De tels confréries établirent toujours les mêmes idéaux et, sous l’oppression, furent capables de prospérer secrètement. Elles purent survivre jusqu’à aujourd’hui, car elles changèrent constamment de noms et de formes. Mais elles restèrent fidèles au symbolisme antique et à leur caractère propre, et transmirent leurs idées les unes aux autres en héritage. Afin de réduire les risques que leurs idées soient considérées comme une menace pour l’ordre établi, elles élaborèrent des lois secrètes entre elles. Afin de se protéger de la colère des ignorants, elles se réfugièrent dans la maçonnerie opérative, qui renfermait les règles discrètes de leur propre commerce. Elles y introduirent leurs idées, qui influencèrent ultérieurement la formation de la maçonnerie spéculative moderne que nous connaissons aujourd’hui. » [62]

Dans la citation ci-dessus, Layiktez fait l’éloge des sociétés qui furent à l’origine de la maçonnerie et affirme qu’elles restaient cachées pour se protéger des « ignorants ». Si on peut laisser de côté cette affirmation subjective pour le moment, nous pouvons comprendre à partir de cette citation que la maçonnerie est une représentation actuelle des sociétés qui furent fondées dans les civilisations païennes antiques de l’Egypte, de la Grèce et de Rome. Parmi ces trois civilisations, la plus ancienne étant l’Egypte ; il est possible de dire que la principale source de la maçonnerie est l’Egypte antique. (Nous avons vu auparavant que les templiers sont le lien entre cette tradition païenne et les maçons moderne).

Il est nécessaire de rappeler ici que l’Egypte antique fut un des exemples de systèmes impies, dévoilés par Allah, les plus mentionnés dans le Coran. Il s’agit de l’archétype d’une organisation maléfique. De nombreux versets nous parlent des pharaons qui gouvernaient l’Egypte et de leurs cercles privés, de leur cruauté, injustice, méchanceté et excès. En outre, les égyptiens furent un peuple pervers, qui acceptaient le système de leurs pharaons et croyaient dans les faux dieux.

Malgré cela, les maçons soutiennent que leurs origines proviennent de l’Egypte antique et considèrent cette civilisation comme digne d’éloges. Un article publié dans Mimar Sinan fait éloge les temples de l’Egypte antique comme étant la « source de l’artisanat maçon » :

« …Les Egyptiens fondèrent Héliopolis (la ville du Soleil) et Memphis ; et d’après la légende maçonnique, ces deux villes furent la source du savoir et de la science, c’est-à-dire, comme le diraient les maçons de la « grande lumière ». Pythagore qui visita Héliopolis était loquace à propos du temple. Le temple de Memphis où il avait été formé revêt une importance historique. Dans la cité de Thèbes, on trouvait des écoles avancées. Pythagore, Platon et Cicéron furent initiés à la maçonnerie dans ces cités. » [63]

Les écrits maçonniques ne font pas les louanges de l’Egypte antique en des termes vagues ; ils expriment louanges et sympathie pour les pharaons qui gouvernaient ce système cruel. Dans un autre article du magazine Mimar Sinan, il est écrit :

« L’obligation élémentaire du pharaon était de trouver la lumière. Pour exalter la lumière cachée d’une façon plus éclatante et plus puissante… Comme nous les maçons essayons de construire le Temple de Salomon, les Égyptiens tentèrent de construire Eram ou la Maison de la Lumière. Les cérémonies célébrées dans les temples de l’Egypte antique étaient divisées en plusieurs degrés. Ces degrés comportaient deux sections, petit et grand. Le petit degré était séparé en un, deux et trois divisions ; puis le grand degré commençait. » [64]

On peut donc en conclure que la « lumière » que les pharaons de l’Egypte antique et les maçons recherchent est la même. Ceci peut également être interprété comme si la maçonnerie était une représentation moderne de la philosophie des pharaons égyptiens. La nature de cette philosophie est révélée dans le Coran, par le jugement qu’Allah fait sur Pharaon et son peuple :  » …ils sont vraiment des gens pervers » [Coran, Sourate 27, verset 12]

Dans d’autres versets, le système impie d’Egypte est décrit ainsi :

« Et Pharaon fit une proclamation à son peuple et dit : « O mon peuple ! Le royaume de Misr [l’Egypte] ne m’appartient-il pas ainsi que ces canaux qui coulent à mes pieds ? N’observez-vous donc pas ?… »Ainsi chercha-t-il à étourdir son peuple et ainsi lui obéirent-ils car ils étaient des gens pervers.« 

[Coran, Sourate 43, versets 51 à 54]

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Notes :

[60] Dr. Selami Isindag, Kurulusundan Bugune Masonluk ve Bizler, Masonluktan Esinlenmeler, Istanbul 1977, pp. 274-275

[61] Dr. Selami Isindag, Sezerman Kardes VII, Masonlukta Yorumlama Vardir Ama Putlastirma Yoktur, Masonluktan Esinlenmeler, Istanbul 1977, p. 120

[62] Celil Layiktez, « Masonik Sir, Ketumiyet Nedir? Ne Degildir? », Mimar Sinan, 1992, No. 84, pp. 27-29

[63] Dr. Cahit Bergil, « Masonlugun Lejander Devri », Mimar Sinan, 1992, No. 84, p. 75

[64] Oktay Gok, « Eski Misirda Tekris », Mimar Sinan, 1995, vol. 95, pp. 62-63

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