La sagesse cachée derrière la loi du Talion (Sourate 2 versets 178 et 179)

Publié le Mis à jour le

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« Ô vous qui croyez ! La loi du talion vous est prescrite en matière de meurtre : homme libre pour homme libre, esclave pour esclave, femme pour femme. Si l’ayant droit consent une remise de cette peine au meurtrier, ce dernier sera poursuivi modérément et il devra s’acquitter du prix du sang avec empressement. C’est là une mesure d’allégement et de miséricorde pour vous de la part de votre Seigneur. Mais quiconque transgresse, par la suite, ce compromis sera sévèrement sanctionné. La loi du talion constitue pour vous une garantie de vie, ô gens doués d’intelligence. Peut-être finirez-vous ainsi par craindre Dieu.  » [Sourate 2, versets 178 et 179]

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Beaucoup de détracteurs de l’islam prennent ces versets sur la loi du talion pour souligner la violence de l’islam. Certains affirment même qui si un homme commet un meurtre, ce n’est pas l’homme qui sera puni par la loi du talion mais sa femme. Vous l’aurez remarquer, tout est bon pour salir l’islam et les musulmans. Je vais donc essayer d’apporter la lumière sur la loi du talion à travers l’exégèse d’Ibn Kathir.

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La loi du talion est connue de tous et à pour but la réciprocité d’un crime commis par un individu. Cette loi est surement l’une des plus ancienne et existe aussi dans le judaïsme.

«Mais si malheur arrive, tu paieras vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, meurtrissure pour meurtrissure. »

[ Torah, Exode 21 : versets 23 à 25 ]

A première vue, la loi du talion est vu comme une loi de sauvage, or si cette loi serait appliquer à la lettre par nos dirigeants, beaucoup de massacres inutile seraient évités. La loi du talion contient une sagesse qui est la préservation de la vie. En effet,  » vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, meurtrissure pour meurtrissure  » montre que Dieu refuse que la vengeance dépasse le dommage causé à la victime.

Ce qu’il se passait en Arabie à l’époque et ce qui ce passe toujours de nos jours à travers le monde, c’est que lorsque l’on subit un dommage plus ou moins grave, la réponse est disproportionné et parfois dramatique. Il arrive qu’une personne perde la face suite à une confrontation physique et il reviendra pour tuer son adversaire, un otage justifie une déclaration de guerre à tout un pays ou une population, etc… La loi du talion a pour but d’éviter au maximum ces débordements et surtout de ne toucher que les personnes concernés. A l’époque préislamique et du vivant du Prophète ( Paix et Bénédictions de Dieu sur lui ) lorsqu’un membre de la tribu A tuait un membre de la tribu B, cette dernière s’en prennaient à tous les membres de la tribu A sans distinction même si le meurtre était un cas isolé qui n’avait rien avoir avec les décisions des chefs de tribus. La loi du talion limite ces crimes à son seul auteur, seul le membre de la tribu A qui a commis le meurtre sera puni de mort.
« La loi du talion constitue pour vous une garantie de vie, ô gens doués d’intelligence. Peut-être finirez-vous ainsi par craindre Dieu.  » [Sourate 2, verset 179]

A la page 482 du volume 1 de l’exégèse d’Ibn Kathir, ce dernier explique la sagesse de ce verset sur le talion :

« Derrière cette loi, réside une grande sagesse, celle de préserver et de sauvegarder les vies, car si le tueur connaît son sort, il s’abstiendra d’exécuter son acte. C’est ainsi que des vies sont préservées.  »

Les versets 178 et 179 de la sourate 2 ont été révélés pour que les musulmans ne fassent pas comme les juifs de Médine qui n’appliquaient pas correctement la loi du Talion. A la page 479, Ibn Kathir rapporte que les deux tribus juives, les Banou Kouraydha et les Banou Nadir se faisaient la guerre et que les Banou Nadir avaient vaincu les Banou Kouraydha avant la venue de l’islam. De ce fait, les Banou Nadir avaient un statut supérieur par rapport aux Banou Kouraydha car lorsqu’un membre des Banou Nadir tuait un membre des Banou Kouraydha, la loi du talion ne s’appliquait pas pour les Banou Nadir. A la place de la sanction qui aurait dû être la mise à mort du meurtrier, les Banou Nadir se « contentaient de payer une rançon qui équivalait à cent gourdes ( Wasak ) de dattes, mais quand un homme de Banou Kouraydha tuait un autre membre de Banou Nadir, il était soumis au talion même si sa tribu payait deux cents gourdes de dattes, c’est-à-dire le double de ce que les autres payaient.  »

Contrairement au judaïsme, Dieu a allègé la loi du talion en instaurant la possibilité pour les proches de la victime de pardonner le meurtrier qui aura l’obligation de payer le prix du sang.

« Si l’ayant droit consent une remise de cette peine au meurtrier, ce dernier sera poursuivi modérément et il devra s’acquitter du prix du sang avec empressement.  » [Sourate 2, verset 178]

Page 481 : « Ad-Dahhak rapporta qu’Ibn Abbas dit que cette phrase signifie que celui qui accepte la rançon de son proche tué quand le talion est exécutable, il exprime ainsi son pardon. Celui qui revendique l’application de la loi doit alors pardonner une fois qu’il accepte la rançon, alors que le tueur doit s’acquitter convenablement et sans préjudice de son devoir.  »

A travers cette partie du verset 178, Dieu autorise les musulmans à ne pas appliquer le talion mais dans se cas l’auteur du crime devra payer le prix du sang et l’acceptation de celle-ci par le proche parent de la victime annule son droit à l’application du talion. Cela s’oppose à la pratique des juifs des Banou Nadir et Kouraydha de l’époque, qui même si les Banou Kouraydha offraient le double de la rançon, la loi du talion était quand même appliqué par les Banou Nadir.

« C’est là une mesure d’allégement et de miséricorde pour vous de la part de votre Seigneur.  » [Sourate 2, verset 178]

Ibn Kathir explique que : « Allah nous dit ici que l’acceptation de la rançon pour une personne tuée délibérément est un allègement et une clémence de la part du Seigneur. C’est en fait un fardeau levé en comparaison aux lois des nations précédentes dans de pareil cas. Selon Saïd ibn Mansour, Ibn Abbas dit qu’Allah avait prescrit le talion sur les enfants d’Israël et qu’il n’était pas question de pardonner le tueur. Pour cette nation (musulman), Allah a atténué la loi en lui accordant l’alternative du pardon après la rançon. Katada commente cet allègement en disant qu’Allah est clément avec cette nation, car Il leur a fait goûter la rançon à laquelle les nations du passé n’avaient pas droit. Il prescrit le talion et le pardon sans rançon au peuple de la Bible (At-Tawrat) et prescrit le pardon au peuple de l’Evangile, mais cette nation a eu droit au talion, au pardon et à la rançon. C’est aussi l’avis de Saïd ibn Joubayr, Mokatil ibn Hayyan et Ar-Rabia ibn Anas.  »

« Mais quiconque transgresse, par la suite, ce compromis sera sévèrement sanctionné.  » [Sourate 2, verset 178]

Page 482 : « Par ces paroles, Allah nous dit que celui qui tue après avoir reçu ou accepté la rançon, aura un châtiment douloureux, ainsi dit Ibn Abbas, Mojahid, Ata, Ikrima, Al-Hassan, Katada, Ar-Rabia ibn Anas, As-Souddi et Mokatil ibn Hayyan. Par conséquent, celui qui revendique la justice pour un proche tué, n’a plus le droit à sa revendication s’il accepte la rançon. « 

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