Pour une culture politique islamique commune !

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Depuis le déclin de la civilisation musulmane, le monde musulman s’est peu à peu dirigé vers la médiocrité. Médiocrité qui sera accentué par la colonisation puis la mise en place de régimes issue de la pseudo-indépendance acquis au bon vouloir du colonisateur (Maroc / Tunisie / Syrie) ou arrachée comme en Algérie. A l’ère des indépendance, le monde musulman pensait avoir retrouvé sa liberté mais ce n’est sans compter des dirigeants qui installèrent tous sauf l’Islam comme source du droit et de la vie politique.

Environ soixante ans après, des révolutions éclatent ici et là dans les pays arabo-musulman, révolutions orchestré par des arabes laïques qui partagent les idées de l’Occident mécréant mais qui se sont retrouvé dépassé par l’attachement puissant des arabo-musulmans pour leur religion. Et ceci est un bienfait d’Allah !

Au delà de toutes ces problématique, il est urgent de nos jours d’œuvrer pour une culture politique commune à chaque musulman. Ce qui fait défaut aux musulmans, c’est qu’ils sont traversé par des idées politiques étrangères à l’Islam, des idéologie en provenance de civilisation mécréantes qui sont incompatibles avec l’Islam et son système. Ceci est dû à une méconnaissance du versant politique de la religion musulmane, qui ne sépare pas le domaine religieux du domaine politique comme le christianisme. C’est pour cela qu’une connaissance de la politique religieuse islamique est importante. Nous ne demandons pas aux musulmans de devenir des juristes, mais d’avoir un minimum de connaissances politique et historique pour pouvoir ce concerter et décidé ensemble de la marche à suivre pour l’avenir de la communauté.

L’un des problèmes majeurs aujourd’hui est cette méconnaissance de la religion et surtout de l’histoire musulmane ancienne et récente. Depuis une dizaine d’années, un souffle nouveau pousse la jeunesse musulmane de France à revenir à l’apprentissage de leur religion, et le bon en avant en dix ans est très encourageant même s’il reste du chemin à faire. Les musulmans s’instruisent de plus en plus et nombres d’ouvrages sont traduit de l’arabe en français (même si nos frères anglo-saxon ont toujours une longueur d’avance sur nous).

Ce qui fait défaut aux musulmans et aux musulmanes de France c’est la culture politique et historique. Ces deux sciences ne sont que la face d’une même pièce, car pour les événements contemporains et les décisions politique prises, la connaissance de l’histoire est primordiale. De même que la prise de connaissance des régimes politiques, idéologiques de l’Occident doivent être apprises et filtrés par un prisme islamique pour en comprendre les qualités et les défauts pour émettre une critique utile en ce sens où l’ont écarte telle ou telle idéologie car ne respectant pas l’Islam, soit en adoptant ce qui peut-être utile à un futur régime politique islamique qui pourrait-être mis en place dans un avenir plus où moins proche.

L’apprentissage de l’histoire et des idées politiques islamiques pour occidentales permettent aux musulmans de s’immuniser contre les idéologies mécréantes et d’apporter des solutions aux problèmes qui jalonne la politique islamique qui touchaient déjà nos ancêtres avant la colonisation. Il ne s’agit pas de singer l’Occident en important bêtement un système politique qui, d’une part, n’est pas islamique, et d’autre part, qui a été conçu pour la civilisation occidentale et qui lui ait même parfois préjudiciable (alors que dire lorsque les musulmans l’adopte alors qu’elle ne provient pas de sa propre civilisation).

Un travail doit-être fait par les savants, les intellectuelles musulmans, les imams, les pères mères de famille, etc… pour s’assurer que la prochaines génération de musulmans en France, mais aussi dans les pays musulmans, possèdent cette culture islamique communes, cette base de connaissance à la fois religieuse, historique et politique pour ne plus être les dindons de la farce. Fini le temps de l’ignorance, fini la génération de musulmans analphabète ou idéologiquement séduit par les idées occidentale car issu de la colonisation et la perte de repère. Les musulmans doivent proposer des idées, ils doivent s’engager dans des projets de ré-islamisation à la fois du côté spirituelle (ce qui est déjà le cas) mais aussi une ré-islamisation des idées politiques, d’une vision historique musulmane, d’une critique des idéologies occidentale avec une grille de lecture islamique.

Beaucoup de musulmans analyse le fait politique et les relations internationale sans grilles de lecture musulmane et nous sommes la proie de divers groupe dont l’objectif n’est pas la sauvegarde de l’islam comme le pense certains naïf parmi nous. Poutine n’est pas le sauveur des musulmans, d’ailleurs il soutient le nousaïrite (Alaouites) Bachar al-Assad qui opprime les musulmans de son pays, Poutine qui a massacré les tchétchènes musulmans comme Israël massacre les palestiniens musulmans, l’Iran chiite qui soutien Bachar le boucher pour étendre son influence et combattre son ennemi de toujours, à savoir les musulmans (sunnites), l’Iran soutenu par Poutine, la Chine qui massacre les musulmans Ouïghours soutien l’Iran, la Syrie et la Russie. Beaucoup de musulmans attendent beaucoup de ces États alors qu’ils n’agissent pas pour leur intérêts, ils ont seulement adoptés une grille de lecture qui n’est pas musulmane et surtout leur manque de connaissances, historiques, idéologique les poussent naturellement à adopter cette position.

Mais les musulmans du quotidien ne sont pas les seule à blâmer, où sont les musulmans éveillés ? Beaucoup de nos frères et sœurs possèdent les compétences et les positions adéquates mais qui ne prennent pas la parole, que se soit à travers des audio, des vidéos, des articles, des magazines. Il ne faut pas s’étonner que la masse musulmane tombent dans les bras de Alain Soral, Dieudonné et du complotisme. Un véritable travaille doit être pris par ceux qui possèdent les connaissances suffisantes et ne pas se cantonné à soit-même. Comme le disait Malek Bennabi en son temps, le problème des musulmans est l’inaction, il n’use pas de son temps et de son argent pour construire sa civilisation et régler les problèmes de celle-ci depuis sont déclins pré-colonisation et qui a été exacerbé aujourd’hui.

J’ajouterai enfin : ras-le-bol des discours de comptoir !

 

 

 

 

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Histoire de Libye Partie 1 : La colonisation italienne

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Benito Mussolini (1883 / 1945)

Le 29 septembre 1911, l’Italie envahie la Libye dans le but de se constituer un empire colonial comme le reste des puissances européenne à l’époque. Elle prendra définitivement le contrôle totale de la bande côtière libyenne en 1912 où l’armée ottomane sera définitivement mise hors d’état de nuire. Un traité sera signé à Ouchy (Quartier de Lausanne en Turquie) le 17 octobre 1912, où l’Empire Ottoman renonce à sa souveraineté en Libye. En contre partie, l’Italie cède l’île de Rhodes et les îles aux alentours aux ottomans.

La première guerre mondiale, qui débute le 28 juillet 1914, oblige l’Italie à rapatrier une grande partie de ses troupes stationnées en Libye. Les différentes tribus en profite pour se révolté contre le colonisateur et lui arrache la Cyrénaïque et le Fezzan. Seul la Tripolitaine reste sous le contrôle italien. La Grande Bretagne soutiens Idris Ier, futur émir de la Cyrénaïque, et membre de la confrérie soufi al-Sanoussiya qui aura un rôle centrale dans la résistance face au colonisateur. Il faudra attendre la montée au pouvoir de Benito Mussolini en 1922, pour que l’invasion italienne soit relancée. Pour se faire, il nomme le Maréchal Rodolfo Graziani à la tête des opérations et lui donne carte blanche pour reprendre le contrôle de la Cyrénaïque. Ce dernier utilisera tout les moyens nécessaires pour atteindre son objectif, notamment la construction d’une barrière de barbelée le long de la frontière avec l’Égypte pour couper l’arrivée d’éventuelle renforts, mais aussi la déportation massive dans des camps de concentration. Il réussi à faire fuir l’émir Idriss Ier et les chefs de la confrérie soufi al-Sanoussiya, qui trouvèrent refuge au Caire (Égypte). La rébellion prit fin en 1932, lors de la chute de la ville de Koufra et la mort du leader de la résistance : Omar al-Mokhtar.

Contrairement à la Tripolitaine, la Cyrénaïque à souffert de la violence de l’armée italienne dirigée par le Maréchal Rodolfo Graziani, avec l’extermination de plus de la moitié de sa population. Cet épisode marquera le renforcement de l’identité de la région qui déjà s’est démarquée de elle de la Tripolitaine depuis l’antiquité. Une fois l’ordre rétablie en Cyrénaïque, l’Italie entama sa colonisation de peuplement et ce n’est pas moins de 100 000 italiens, majoritairement de pauvres agriculteurs, qui s’installèrent en Libye, dont plus de la moitié en Cyrénaïque. Les terres furent arrachées à leur propriétaires légitime pour être léguée aux colons.

 

Histoire de l’Egypte Partie 6 : Anouar al-Sadate

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Anouar al-Sadate

Anouar al-Sadate est désigné président de la République égyptienne le 5 octobre 1970. Il hérite de la situation catastrophique laissée par Gamal Abdel Nasser : le pays est endetté, la situation « ni guerre, ni paix » avec Israël étouffe le pays. Anouar al-Sadate décide de faire bouger les choses en provoquant un conflit avec Israël. Obtenir une victoire et une défaite importe peu, ce qu’il veut c’est avoir accès à des négociations, ce qu’Israël lui refuse. Sadate va faire part de son plan au roi Fayçal Ibn ‘Abdel ‘Aziz al-Saoud qui lui apporte son soutient. Sadate va s’allier avec le président syrien Hafez al-Assad mais se cache bien de lui dévoiler ses plans car Hafez al-Assad souhaite une guerre totale contre Israël dans le but de récupérer le Golan et les terres arabes occupés par le colonisateur israélien.

Le 7 octobre 1973, la coalition syro-égyptienne attaque Israël par surprise alors que les israéliens célèbrent Yom Kippour et fort de leur intervention militaire lors de la Guerre des Six Jours, Israël ne s’attend pas une nouvelle attaque des pays arabes. L’attaque se situe sur deux fronts :

  1. L’armée égyptienne attaque les position israélienne au niveau du canal de Suez.
  2. L’armée syrienne pénètre dans le plateau du Golan.

Les armées arabes avancent de manière fulgurante et l’armée israélienne est dépassée car mal préparés mais aussi parce que les soldats arabes sont mieux entraînés et mieux équipés que lors de la Guerre des Six Jours. L’armement moderne a été fournie par l’URSS, ce qui permet aux armées arabes de faire des dégâts dans le camps adverses mais une fois les israéliens repoussée du canal de Suez, Anouar al-Sadate demande à ses troupes de stopper son avancée. Son objectif était simplement d’obtenir des négociations avec Israël et non pas une guerre totale. Cette attitude va permettre à Israël de se ressaisir et va concentrer l’essentiel de son armée contre la Syrie qui perd tout le terrain qu’elle a réussie à conquérir jusqu’ici au point où Damas risque d’être prise par les israéliens. Israël riposte aux égyptiens en contournant le Sinaï par voie maritime et débarque en Égypte. Ils finissent par encerclé l’armée égyptiennes stationnée de l’autre côté du Canal de Suez. Sadate demande un cessez-le-feu, mais Israël refuse mais ils seront forcés d’accepter car craignant une intervention de l’URSS, allié de la Syrie et de l’Égypte, les États-Unis les menacent de suspendre leur aide, ainsi que le pont aérien qui les ravitaillent sans quoi ils auraient déjà perdu la guerre.

Sadate obtient ce qu’il souhaite : des négociations avec Israël. Un accord de paix est signé et permet à Sadate de sortir de l’étouffant « ni paix ni guerre » et reprendre le contrôle du canal de Suez. L’accord met aussi en place une zone tampon, contrôlée par l’ONU, entre l’Égypte et Israël.

Anouar al-Sadate libère les membres des Frères Musulmans qui ont été incarcérés par Nasser, dont le frère de Sayyid Qotb : Mohammed Qotb. Ce dernier s’exile en Arabie Saoudite où il mourra le 4 avril 2014. Le leader de la confrérie Hassan al-Hudaybi est libéré en 1971 mais il mourra en 1973. Il sera remplacé par ‘Omar al-Tilmisani qui suit les traces de Hassan al-Hudaybi. La confrérie est de nouveau refondée de manière officielle en 1974 mais Sadate ne légalise pas la confrérie qui est toujours interdite mais tolérée. Les Frères Musulmans qui étaient exilés retournent en Égypte. Sadate souhaite utiliser la confrérie comme contre poids au communisme après avoir pris ses distances avec l’URSS pour se rapprocher des Etats-Unis sous l’impulsion du roi Fayçal Ibn ‘Abdel ‘Aziz al-Saoud. ‘Omar al-Tilmisani condamne violemment les groupes islamiques qui cherchent à prendre le pouvoir par la force et non pas comme le souhaitait Hassan al-Banna, c’est-à-dire par l’éducation graduelle de la société en commençant par les individus. Il vise par là directement les musulmans qui se réclament de Sayyid Qotb. La confrérie se met volontairement en retrait pour ne pas s’attirer les foudres de Sadate.

En 1977, le président américain Jimmy Carter décide de mener des négociations de paix entre la Syrie, l’Égypte et Israël. Pour se faire, il rencontre les différents présidents des pays concernés. Le président israélien, Menahem Begin, est prêt à rendre le Sinaï à l’Égypte mais refuse de rendre la Cisjordanie aux palestiniens. En novembre 1977, Sadate se rendit en Israël sur invitation de Begin, ce fut le premier président arabe à se rendre en Israël se qui mis un terme à l’unité arabe contre l’entité sioniste.

Anouar al-Sadate, Jimmy Carter et Menahem Begin (Camp David)

En 1978, les Accords de Camp David furent signés. Ces accords permirent à l’Égypte de reprendre possession du Sinaï dès 1979, ainsi qu’une garantie de libre passage vers la Jordanie. Israël obtient en contre parti une normalisation de la diplomatie israélo-égyptienne et la liberté de passage sur le Canal de Suez et le détroit de Tiran. Les deux pays se mirent d’accord pour ne plus approcher leur armées respectives de leur frontières communes. Suite à cet accord, L’Égypte perdit le prestige construit par Nasser et fut exclu de la Ligue Arabe en 1979. Les Frères Musulmans, qui jusque là avaient éviter de s’attirer les foudres de Sadate, critiquèrent les Accords de Camp David.

Ayman al-Zawahiri

En 1977, le groupe Jihad Islamique est créer par la branche qotbiste des Frères Musulmans. Leur objectif est de remplacer le gouvernement mécréant d’Égypte par un Califat où la shari’a serait appliquée. L’objectif est aussi de lutter contre les États-Unis et Israël. En 1977, le groupe assassine le ministre des Waqf. En 1979, Ayman al-Zawahiri, futur bras droit de Oussama Ben Laden et actuelle numéro un d’Al-Qaïda, rejoint le groupe Jihad Islamique. Il avait la charge de l’organisation et du recrutement.

En 1981, des affrontements entre chrétiens et musulmans ont lieu au Caire et Sadate fait arrêter 1500 personnes, aussi bien des chrétiens que des musulmans mais aussi des nasséristes, des communistes et des féministes. La crise économique touche durement le pays, ce qui fait que Sadate perd le soutient du peuple.

Le 6 octobre 1981, lors de la commémoration de guerre de Kippour, Sadate est assassinés en plein défilé par Khalid Islambouli, un officier faisant parti du groupe Jihad Islamique et dont le frère, Mohammed Islambouli, avait été incarcéré un mois plus tôt par le gouvernement. Un fatwa ordonnant la mise à mort de Sadate avait été émise par le Cheikh ‘Omar Abdel Rahman qui sera arrêté, ainsi que Ayman al-Zawahiri. Ces derniers seront relâchés faute de preuves mais Khalid Islambouli sera exécuté le 15 avril 1982. Son frère Mohammed Islambouli réussi à s’enfuir en Afghanistan où il deviendra un membre important de la résistance islamique. De même après avoir été relâché, le Cheikh ‘Omar Abdel Rahman et Ayman al-Zawahiri partent en Afghanistan rejoindre Oussama Ben Laden et ‘Abdallah ‘Azzam.

Aucun présidents arabes n’assistèrent aux funérailles de Sadate. Cependant, les anciens présidents américains Gerald Ford, Jimmy Carter et Richard Nixion étaient présent mais le président en fonction, Ronald Reagan, évita d’y participer pour des raisons de sécurités. Le 13 octobre 1981, le vice-président Hosni Moubarak devient le nouveau président de la République.

Khalid Islambouli

 

Histoire de l’Egypte Partie 5 : Gamal Abdel Nasser, le Panarabisme et les Frères Musulmans

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Gamal Abdel Nasser

Le Mouvement des Officiers Libres est créer après la guerre israélo-arabe en 1948 par Gamal Abdel Nasser. L’objectif du mouvement était de mettre fin à la présence britannique en Égypte et d’abolir la monarchie mise en place depuis Mohammed Ali. Le 23 juillet 1952, le Mouvement des Officiers Libres effectue un coup d’État à l’encontre du roi Farouk. Celui-ci quitte le pays à bord de son yacht et son fils Fouad II prend sa place sur le trône alors qu’il est âgé de six mois. Un Conseil Révolutionnaire est créer et son président est Mohammed Naguib, membre du Mouvement des Officiers Libres, mais c’est Gamal Abdel Nasser qui conserve réellement le pouvoir. Un autre membre du Mouvement, Anouar al-Sadate, annonce à la radio égyptienne que « des hommes dignes de confiance se sont chargés de la direction des affaires. » Les Frères Musulmans ont soutenu le Mouvement des Officiers Libres lors de sa prise de pouvoir, sans eux Nasser n’aurait pas pu bénéficier de la base populaire pour le soutenir. C’est Sayyid Qotb qui a permit à Nasser de jouir du soutient des Frères Musulmans.

Le 18 juin 1953, la monarchie est officiellement abolie et Mohammed Naguib devient président de la République et Nasser son vice président. Cependant, Naguib prendra ses distances avec Nasser et se rapproche du parti Wafd et des Frères Musulmans. Nasser décide de faire pression sur Naguib et le force à démissionner, ce qu’il fait le 24 février 1954. Le 26 février, Nasser remplace Naguib à la présidence. Des partisans de Naguib exigèrent que ce dernier retrouve ses fonction et se mutinèrent, mais le 27 février, les partisans de Nasser au sein de l’armée firent cesser la révolte. Les Frères Musulmans prirent la place des partisans de Naguib et exigèrent le retour de ce dernier et l’arrestation de Nasser. Ce dernier est forcé d’accepter suite à l’intervention des membres du Comité Révolutionnaire mené par Khaled Mohieddin. Toutefois, Naguib ne retrouvera sa place que le 4 mars 1954, ce qui permettra à Nasser de placer Sirri Amer à la tête des forces armées pour empêcher Naguib d’avoir la main mise sur l’appareil militaire.

Le Comité Révolutionnaire autorise le pluralisme et le Mouvement des Officiers Libres se retire de la politique, mais les paysans et les ouvriers, qui ont largement profité de la montée au pouvoir des Officiers Libres, s’y oppose. Naguib décide de réprimer la population mais ne contrôlant plus l’appareil militaire, il ne peut s’opposer au refus de ces derniers. Nasser en profite pour mettre fin au Comité Révolutionnaire en raison de la protestation du peuple et les partisans de Naguib dans l’armée son arrêtés.

Le 26 octobre 1954, Gamal Abdel Nasser est victime d’une tentative d’assassinat de la part des Frères Musulmans, mais le tireur, Mohammed Abdel Latif, rate son coup et la confrérie sera durement réprimée par Nasser. Des milliers d’opposants à Nasser sont arrêtés, principalement des Frères Musulmans mais aussi des partisans de Naguib et des communistes. Huit chefs de la confrérie sont exécutés et l’idéologue des Frères Musulmans, Sayyid Qotb, et son frère, Mohammed Qotb, sont emprisonnés.

Sayyid Qotb

Sayyid Qotb reprocha à Nasser d’avoir adopter le socialisme au lieu de l’islam pour gouverner l’Égypte car l’islam ne permet pas l’application d’un loi forgée par les humains en replacement des Lois qu’Allah révélées dans le Coran et la Sunna.

Avec la dissolution du Nizam al-Khass par Cheikh Hassan al-Baquri, les Frères Musulmans ne purent pas riposter aux attaques de Nasser, ce qui confirma les craintes des Frères qui s’opposaient à sa dissolution. La confrérie est désormais illégale dans le pays.

S’étant débarrasser de ses opposants, Nasser devient alors le seul leader du pays. Le 28 février 1955, Israël attaque la Bande de Gaza qui est sous le contrôle de Nasser mais se dernier n’engage pas les troupes égyptiennes car il estime qu’elles ne possèdent pas le matériel militaire pour combattre les sionistes. C’est pourquoi il décide de se rapprocher de l’Union Soviétique qui lui fourni l’armement nécessaire. Nasser dénonça le colonialisme franco-britannique, ce qui irrita énormément ces deux puissances coloniales. De même, les États-Unis n’ont pas apprécié le rapprochement de Nasser avec l’Union Soviétique et décident, avec les britanniques, de retirer leur proposition de financement du barrage d’Assouan. La France et la Grande-Bretagne étant les principaux actionnaires du Canal de Suez, Nasser décida de le nationaliser, ce qui entraîna l’intervention militaire de la France, de la Grande-Bretagne et d’Israël, malgré la reconnaissance par l’ONU du droit de Nasser de contrôler le canal. La coalition prit d’assaut le port Saïd mais le président américain Eisenhower fit pression sur l’alliance franco-britanico-israélienne pour qu’elle se retire.

Le premier février 1958, la République Arabe Unie, avec Nasser à sa tête, fut proclamée. Nasser plaça Abdel Hamid Sarraj à la tête de la Syrie et se dernier mis en place un État policier. Le mécontentement va alors en grandissant en Syrie et l’opposition à la République Arabe Unie monte. Le 28 septembre 1961, un coup d’État a lieu à Damas et Nasser accepte l’échec de la République Arabe Unie et reconnaît le nouveau gouvernement syrien comme indépendant.

Le 27 septembre 1962, le roi du Yémen du nord, Mohammed al-Badr est renversé par Abdallah as-Sallal, un nassériste. De ce fait, Nasser lui accorde son aide militaire car le roi déchue a obtenu l’appui de l’Arabie Saoudite. Un bras de fer va s’engager entre Nasser et le prince héritier Fayçal, alors en charge du dossier yéménite.

Fayçal Ibn AbdelAziz al-Saoud

Sur le plan interne, Nasser introduit la théorie de l’évolution dans le milieu scolaire et permit l’ouverture d’écoles mixtes. Il fusionna les tribunaux islamiques et civils, il obligea les oulamas de l’université d’Al-Azhar d’émettre une fatwa permettant une meilleurs intégrations des chiites, des alaouites et des druzes au sein de la société musulmane sunnite qui les voient (à juste titre) comme des mécréants. L’armée, avec Abdel Hakim Amer à sa tête, se montra de plus en plus indépendant vis-à-vis de Nasser qui tenta d’en reprendre le contrôle mais il dû abandonner cet idée suite aux menace de rébellion de la part des officiers.

En 1964, Sayyid Qotb est libéré suite à la demande du président irakien, Abdel Salam Aref, nassériste, auprès de Gamal Abdel Nasser. Sayyid Qotb estime que la non application de la shari’a (loi islamique) par les différents pays arabes faisaient de leur dirigeants des mécréants qu’il fallait destitués au moyen du jihad. Le fait de ne pas gouverné avec les lois d’Allah, c’est revenir à la période de la jahiliya (période pré-islamique). C’est ce qu’il avait reproché à Nasser lorsque se dernier adopta le socialisme à la place de la shari’a. Depuis l’arrestation des Frères Musulmans en 1954, la confrérie est divisée en deux : d’un côté les Frères qui prône la modération, cette frange est dirigée par le Cheikh Hassan al-Hudaybi, qui a été placé en prison pendant la purge de la confrérie en 1954, qui prône la modération. De l’autre côté, il y a les partisans de Sayyid Qotb.

Une fois libéré, Sayyid Qotb va publier les écrits qu’il a rédigés en prison et vont avoir un succès monumental dans le monde musulman jusqu’à nos jours. Ces écrits sont considérés comme un danger pour le gouvernement et en août 1965, Nasser va accuser les Frères Musulmans de comploter contre lui. Il va ordonner l’arrestation et la torture de nombreux membres de l’organisation dont Sayyid et Mohammed Qotb, mais aussi de Zaynab al-Ghazali, la fondatrice de la section féminine des Frères Musulmans. Elle sera torturée en prison (fouet, eau froide, morsure de chiens, brûlures, décharges électriques, isolement, etc…), ainsi que Sayyid Qotb et les autres membres de l’organisation qui ont été emprisonnés. Sayyid Qotb est accusé d’avoir constituer un groupe armé charger d’assassiner Nasser mais Sayyid Qotb s’en défend. Il sera condamner à mort par pendaison le 29 août 1966.

Les divisions sont croissantes entre les membres qui se réclament de Sayyid Qotb et ceux qui se réclame du successeur de Hassan al-Banna : Hassan al-Hudaybi. Ce dernier, incarcéré depuis 1954, rédige l’ouvrage « Prédicateurs, pas juge », dans lequel il s’oppose aux idées de Sayyid Qotb, bien qu’il se garde de le nommer. Contrairement à Qotb, al-Hudaybi ne considère pas Nasser comme un mécréant pour ne pas avoir appliquer la shari’a. Il prône une islamisation pacifique de la société musulmane et non pas la lutte armée comme le prônait Sayyid Qotb. Enfin, il réfute la notion de Tawhid al-Hakimiyya (souveraineté d’Allah dans le domaine temporel) en prétextant que le mot al-Hakimiyya ne se trouve pas dans le Coran. Une affirmation qui n’a aucune valeur puisque ce qui compte en islam, ce n’est pas le terme en lui-même mais ce qu’il recouvre. Le livre de Hassan al-Hudaybi est rédiger en 1969 mais il ne sera publié qu’en 1975.

Le 2 mai 1967, Abdel Hakim Amer reçoit un message d’une attaque israélienne contre l’Égypte, ce dernier déploya l’armée dans le Sinaï. Nasser ne fut informé que le 14 mai par le roi Hussein de Jordanie et demanda à Amer de ne pas attaquer Israël car l’armée égyptienne n’était pas de taille. Amer ne tînt pas compte des avertissements de Nasser et ordonna l’occupation du détroit de Tiran, ce qui donna une excuse à Israël pour intervenir militairement.

Abdel Hakim Amer

Le 5 mai 1967, l’armée israélienne attaqua par surprise l’aviation arabe (coalition de l’Égypte, Syrie et de la Jordanie) et les blindés israéliens réussirent à percé les défenses égyptiennes, ce qui força le retrait de l’armée égyptienne du Sinaï. Israël s’empara du Sinaï, de la bande de Gaza (sous contrôle égyptien), de la Cisjordanie (contrôlé par la Jordanie) et le plateau du Golan. Le 9 juin Nasser annonça la défaite de la coalition arabe, ainsi que sa démission mais des nassériste se réunirent dans tout le monde arabe manifestèrent pour qu’il reste à la tête du pays. Le comité exécutif suprême de l’armée attribua la défaite égyptienne aux tensions entre Nasser et Amer, ainsi qu’à l’incompétence d’Amer. Nasser remplaça Amer par Mohammed Fawzi mais Amer et les officiers qui lui sont restés fidèles préparèrent un coup d’État qui fut évité par Nasser. Amer fut arrêté et se suicida le 14 septembre 1967.

 

Suite à la Guerre des Six Jours, Nasser perdit sa place de leader arabe et Fayçal Ibn ‘Abdel ‘Aziz Ibn Saoud le remplaça dans cette tâche. L’économie égyptienne étant au plus bas depuis la fin de la guerre et la perte du contrôle du canal de Suez obligea Nasser à demander l’aide financière de son ennemi Fayçal. Ce dernier accepta au nom de la fraternité arabe mais cette position permis à Fayçal d’obtenir le retrait des forces égyptienne du Yémen qui soutenait la République Yéménite contre la Monarchie du Yémen du Nord soutenue par l’Arabie Saoudite. En décembre 1969, Nasser nomma Hussein el-Safei et Anouar al-Sadate vice-président. Nasser mourut d’une crise cardiaque le 28 septembre 1970 après une réunion de la Ligue Arabe. Nasser avait un mauvais état de santé mais cela avait été caché au publique, ce qui accentua la surprise. Tous les chefs d’État arabes participèrent à ses funérailles hormis le roi Fayçal. Après le début de la procession, les nasséristes venu assistés aux funérailles se jetèrent sur le cercueil en chantant « Il n’y a d’autre Dieu qu’Allah et Nasser est Son bien-aimé… Et chacun de nous est Nasser ». N’arrivant pas à calmer la foule, les chefs d’État étrangers furent évacués et le cercueil placé dans la Mosquée al-Nasr dont le nom deviendra Mosquée Abdel Nasser.

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Histoire de l’Egypte Partie 4 : Hassan al-Banna et les Frères Musulmans

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Hassan al-Banna

Hassan al-Banna est né le 14 octobre 1906 dans le ville d’al-Mahmudiyya, au nord de l’Égypte. Son père l’a inscrit dans une école coranique durant sa jeunesse. En 1920, il s’oriente vers des études d’instituteur et fréquente l’école du village de Damanhur où il côtoie la confrérie soufi al-Ikhwan al-Husafiyya. Il crée une association avec des membres de la confrérie, dont le but est de lutter contre la propagande des missionnaires chrétiens. Cette association aura un rôle fondamentale dans la création de la confrérie des Frères Musulmans, qui sera créer en mars 1928 à Ismaïlia.

Quel est le but des frères musulmans ? Hassan al-Banna nous l’explique : « Nous voulons l’individu musulman, puis la famille musulmane, la société musulmane, l’État musulman et enfin la Nation [Oumma/Communauté] musulmane. »

Al-Banna misait sur l’éducation religieuse de l’individu, qui a son tour va éduquer sa famille, si la famille est éduquer, la société sera éduquée, puis la société, puis l’État et enfin la communauté musulmane. C’est en cela qu’il s’oppose aux missionnaires chrétiens qui ont déjà fait beaucoup de mal à la communauté musulmane notamment en injectant le nationaliste dans la monde musulman, en plus de prêcher le christianisme. Ils se servaient de leur actes de bienfaisance (ouverture d’orphelinats, d’écoles, d’hôpitaux, fourniture d’aides alimentaire, etc…) pour convertir les musulmans à leur religion. Religion déjà fortement influencé par l’humanisme maçonnique. Suite au premier congrès des Frères Musulmans, dont le thème est consacré à l’action des missionnaires chrétiens en terres musulmanes, les Frères Musulmans demandent au roi Fouad Ier, descendant de Mohammed Ali, de contrôler l’activité des missionnaires.

Hassan al-Banna disait à propos des missionnaires :

« Il est naturel qu’il y ait un conflit entre les Frères et les missions, puisque les uns défendent l’islam et les autres l’attaquent. »

Toutefois, les Frères Musulmans faisaient la différence entre les coptes (chrétiens d’Orient), qui n’étaient pas l’objet de leur attaques, et les missionnaires (chrétiens d’Occident). Dans ses mémoires, al-Banna a rédigé un texte où il donne les causes de l’égarement des musulmans à son époque et la nécessité de ré-islamiser la communauté et ce, en commençant par l’individu :

« Je crois que mes compatriotes, par suite des vicissitudes politiques qu’ils ont traversées, des influences sociales qu’ils ont subies, de l’emprise laïque occidentale, des sophismes européens, de la philosophie matérialiste et de l’imitation aveugle des européens, se sont éloignés des objectifs de leur religion et des buts prônés par leur Livre, ils ont oublié la gloire de leurs ancêtres et les valeurs léguées par les anciens. La saine religion s’est revêtue, chez eux, d’éléments que l’ignorance lui attribue à tort ; sont éclatante vérité s’est dérobée à leurs yeux, ainsi que ses enseignements véritablement libéraux, sous les voiles d’illusions qui arrêtent le regard et paralysent la réflexion. Ainsi la masse des gens est-elle tombée dans les ténèbres de l’ignorance, les jeunes gens et les « enseignés » se sont-ils égarés dans le désert d’un doute fatal, qui a installé la corruption à la place de la saine doctrine et changé la foi en athéisme. »

Hassan al-Banna combattait la vision laïque ou mourjite de l’islam qui affirmait que l’islam est une religion uniquement d’ordre privée, oubliant la sphère public qui est une composante essentielle de la Shari’a. Les laïques, les maçons et les juifs ont pour objectif d’opérer une séparation entre l’ordre temporel et l’ordre spirituel au sein de l’islam, comme ils l’ont fait avec le christianisme. Toutefois, le christianisme sépare déjà le spirituel du temporel, ce qui n’est pas le cas de l’islam. La ruse des ennemis de l’islam était, et est toujours, d’intégrer dans les consciences musulmanes cette séparation entre le temporel et le spirituel. Hassan al-Banna, lors du cinquième congrès de la confrérie mis un point d’honneur à mettre en avant la réunion du spirituel et du temporel au sein de l’islam :

« Nous, Frères Musulmans, considérons que les préceptes de l’islam et ses enseignements universels intègrent tout ce qui touche à l’homme en ce monde et dans l’autre, et que ceux qui pensent que ces enseignements ne touchent que l’aspect cultuel ou spirituel, à l’exclusion des autres, sont dans l’erreur. L’islam est en effet foi et culte, patrie et citoyenneté, religion et État, spiritualité et action, Livre et sabre. Le Noble Coran parle de tout cela, le considéré comme substance et partie intégrante de l’islam, il recommande de s’y appliquer globalement. »

« Les Frères Musulmans ont fréquenté le Livre de Dieu, s’en sont inspirés et guidés et sont arrivés à la conclusion que l’islam c’était cette conception totale, à portée universelle et qui devrait régir tous les aspects de la vie. Ceux-ci doivent s’en imprégner, se soumettre à son pouvoir, suivre ses préceptes et ses enseignements, les prenant comme références, dans la mesure où la nation [communauté musulmane] veut être authentiquement musulmane. Mais si la nation n’est musulmane que dans son culte, suivant pour le reste d’autres modèles, cette nation passe à côté de l’islam. »

Pour Hassan al-Banna, la conquête du pouvoir n’était pas nécessaire, il suffisait aux Frères Musulmans d’éduquer le peuple pour voir l’apparition d’une nouvelle génération de musulman.

Roi Fouad Ier

Hassan al-Banna entre en contact avec le Mufti de Jérusalem, Hajj Amin al-Husseini, et met en place des petits groupes armées qui seront chargé d’une possible défense des musulmans face au colonisateur britannique mais aussi pour aider les palestiniens contre les sionistes. En 1936, une partie de ces groupes sont partie combattre les sionistes. En 1940/1941 est créer le Nizam al-Khass (section spéciale des Frères Musulmans) qui est un groupe charger de la défense des Frères Musulmans. Nizam al-Khass est sous la direction exclusive de Hassan al-Banna mais certains de ses membres vont plusieurs fois agir sans son accord et en cachette. Ils veulent changer la société mais pas comme l’entends al-Banna.

En 1948, le juge Ahmad al-Khazindar est assassiné par un membre de la confrérie pour avoir condamné deux membres des Frères Musulmans à de lourdes peines. Lors d’un discours publique, Hassan al-Banna avait dit concernant le juge : « Que Dieu nous débarrasse de lui ! », ce qui a apparemment été suivi à la lettre par l’assassin bien que ce n’était pas ce que al-Banna avait voulu. Le 15 novembre 1948, deux officiers britanniques sont assassinés par des membres de la confrérie et le 8 décembre, les britanniques annoncent la dissolution de la confrérie. Le 28 décembre, le premier ministre, Mahmoud Fahmi an-Nuqrashi, est assassiné, suite à quoi, des membres important de l’organisation sont arrêtés.

Le 12 février 1949, Hassan al-Banna se rend à un rendez-vous au Caire en taxi. Surgi deux hommes qui lui tire dessus mais il n’est pas gravement blessé. Son acolyte est sévèrement touché et une fois à l’hôpital, il demande à ce qu’il soit soigné avant lui. Toutefois, lorsqu’il est sensé recevoir des soins, un émissaire du gouvernement ordonne au médecin de ne pas le soigné et Hassan al-Banna meurt à cause l’hémorragie.

En 1951, le Cheikh Hassan al-Hudaybi est désigné comme chef suprême des Frères Musulmans et remplace de ce fait Hassan al-Banna. Contrairement au fondateur de la confrérie, le Cheikh Hassan al-Hudaybi n’aime pas les manifestations publique et n’est pas un bon orateur, alors que ces deux choses ont fait le succès des Frères Musulmans du vivant de Hassan al-Banna. Le Cheikh Hassan al-Hudaybi va tenter une dissolution du Nizam al-Khass, mais Abd ar-Rahman al-Sanadi, un des leaders du Nizam, refuse de communiquer la liste des membres. De plus, un bon nombre de l’organisation craignent de devenir vulnérable si le Nizam venait à être dissous.

Histoire de l’Egypte Partie 3 : L’occupation britannique

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Protectorat britannique

En 1882, suite à la défaite de l’armée égyptienne, la Grande-Bretagne occupe l’Égypte. N’ayant pas participer à la bataille, la France critique l’occupation britannique mais ces derniers assurent qu’ils ne resteront que le temps de régler les problèmes intérieur. Le contrôle de l’Égypte est confié à Sir Evelyn Baring, connu sous le nom de Lord Cromer, même si officiellement l’Égypte est toujours considérée comme une province de l’Empire Ottoman sous le contrôle de Abbas II.

En 1907, le mouvement nationaliste retrouve une seconde jeunesse grâce à Moustafa Kamil Pacha qui appelle les égyptiens à la révolte contre les britanniques. Les nationalistes appellent à la création d’une Constitution, d’un Parlement et de l’évacuation des troupes britanniques mais la premier guerre mondial va stopper net leur revendications. En effet, l’Empire Ottoman faisant partie la Triple Alliance, les britanniques en profitent pour imposer un protectorat en Égypte pour couper l’herbe sous le pied des nationalistes. Abbas II est alors dans l’obligation d’abdiquer.

Le partie nationaliste Wafd est créer en 1918 par Sa’ad Zaghlul. En 1919, ce dernier envoi une délégation à Londres pour demander l’indépendance du pays. Demande qui sera rejetée par les britanniques. Mais en 1922, la Grande-Bretagne accorde une autonomie théorique à l’Égypte. Le partie nationaliste Wafd voit le jour, le sultan Fouad devient roi et Sa’ad Zaghlul son premier ministre. Des tensions entre le roi Fouad Ier et le Parti Wafd vont aller crescendo, ce qui provoque une instabilité gouvernementale qui sera exploitée par les britanniques, qui soutiendront tantôt le roi, tantôt le Wafd en fonction de leur intérêts.

Les Frères Musulmans vont constituer la troisième voie. Hassan al-Banna a toujours traité les autorités politiques et religieuses avec le plus grand respect. Son objectif était de toucher les personnes et non à les éloignés. C’est pourquoi il préconisait le bon comportement envers eux, même s’il n’hésitait pas leur faire part de ses recommandation. Cette position n’était nullement une façon de s’attirer les faveurs du pouvoirs mais un moyens pour que ces derniers soient attentifs à son discours. Le Partie Wafd n’hésitera pas à qualifier les Frères Musulmans de collaborer avec le roi et avec les britanniques.

Conseil de lecture : Textes Politiques Tome 2

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Le Tome 2 des textes Politiques édité par les Editions Nawa se concentre sur la Siyassa Shari’yya de Ibn Taymiyya, qui a été entièrement traduite et commentée par Aïssam Aît-Yahya. Pour commencer qu’est-ce que la Siyassa Shari’yya ? Ibn Khaldoun nous dit : « La  siyassa est l’art de gouverner une famille ou une cité conformément aux exigences de la morale et de la sagesse, afin d’inspirer aux masses un comportement favorable à la conservation et à la durée de l’espèce. » Il s’agit donc d’une « conduite politique émanant d’une autorité (sultan) se conformant à la légalité religieuse (shar’) et découlant d’elle ».

Aïssam Aît-Yahya met en avant le contenu et l’utilité de la siyassa à l’époque de Ibn Taymiyya mais aussi son utilité et ses limites à notre temps. Il démontre que les solutions proposées par certains savants à une période donnée ne sont pas forcément à répété à notre époque où la configuration mondiale à changer et ait en faveur de l’Occident laïque. Les islamologues et autre laïques du monde arabe tentent de trouver des voies permettant la sécularisation des sociétés musulmanes en donnant une mauvaise interprétation des textes de certains savants du sunnisme comme Ibn Taymiyya. Ce livre nous en donne un bon exemple mais apporte aussi des réponses à exploité pour revivifier les sociétés musulmanes sans forcément passer par l’insurrection armée qui est, malheureusement, la pratique courante dans le monde musulman depuis la mort de Ali Ibn Abou Talib et qui plonge la société musulmane dans le chaos et la stagnation.

Le livre met aussi en avant la conduite que les dirigeants se doivent d’adopter pour gouverné en respectant le Coran et la Sunna et met aussi l’accent sur les responsabilités des gouvernés qui ne sont pas sans reste dans l’état actuelle des choses. Aïssam Aît-Yahya propose des piste à suivre et des modèles d’institutions islamiques théoriques et à mettre en place pour permettre la bonne gouvernance en se basant sur la siyassa de Ibn Taymiyya mais aussi sur l’exemple des Califes Bien Guidés dont Omar Ibn al-Khattab. Il déconstruit, entre autres, le mythe de l’interdiction de se rebeller contre le détenteur du pouvoir en affirmant, preuves à l’appuie, que cette décision à été prise pour empêcher les révoltes des sectes comme les chiites et les Khawarijs, alors qu’elle n’a aucune valeur à notre époque car n’a de légitimité qu’à son époque. A travers ce mythe, les gouverneurs absorbent le pouvoir religieux en faisant des savants de simple fonctionnaires de l’Etat, ce qui revient à suivre les traces des Occidentaux qui ont donné aux rois le pouvoir religieux (ex : Louis XIV le roi soleil) et qui a fini par entraîner la sécularisation puis la laïcisation de ces pays.